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Full text of "Armorial général, ou Registres de la noblesse de France"

U d'/îf OIIAHA 



39003002778966 






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University of Toronto 



http://archive.org/details/armorialgnralour27hozi 



ARMORIAL 

GÉNÉRAL 



OU 



REGISTRES DE LA NOBLESSE 



DE FRANCE 



REGISTRE SEPTIEME 



SUPPLEMENTAIRE) 



DEUXIÈME PARTIE 



27 e LIVRAISON 







1 






\ 



Xi» 



^ity^C^ 



PARIS 

FIRMIN-DIDOT ET C 

IMPRIMEURS DE L/INSTITUT 

RUE JACOB, 56 

M DCCCC VIII 



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pou ° 



5o5 



POUPART de NEUFLIZE, 

Barons de Neuflize; anciens Seigneurs de Neujli~e, de Brienne -fur -Retour ne, de 
Saint-Marceau-fur-Mont , du Petit-Saint-Remy, du Grand -Gréchant & autres 
lieux, près Rethel-Ma\arin. 

CHAMPAGNE et ancienne principauté de SEDAN. 




D'Azur au Chevron d'Or, accompagné en pointe d'un Rofier garni de trois Rofes d'Argent, 
feuillées & tigées de même & mouvant d'une Terraffe auffi d'Argent; au Chef de même, chargé 
d'un Croiffant de Sable & de deux Etoiles de Gueules. 

La famille Poupart de Neuflize eit originaire de la Normandie. Dès les années 
1272 & 1282, Jehan Poupart poffédait divers biens à Vernon (a) & Guillaume 
Poupart faifait une donation au prieuré du Pleiîis-Grimoult (b). Un grand nombre 
de documents (c) permettent de liiivre cette famille dans les différentes phafes de 
fon exiftence & conftatent qu'après s'être divifée en plufieurs branches, celle des 
Poupart de Neuflize quitta la Normandie pour Tlfle-de-France & embrafla la Ré- 
forme vers le milieu du XVI e fiècle. Elle dut, dans les années qui iuivirentla mort 
de Ton chef, Jehan Poupart, arrivée en i56i (d), quitter Paris pour échapper aux 
perlécutions dirigées contre les proteftants & lé réfugier en Brie, dans la petite 
ville de Lizy-fur-Ourcq. 

Martin Poupart y mourait en 16 17, laiiïant un fils, Matthias, qui fuit, 8c quatre 
filles (e). 

Matthias Poupart eut deux fils : 

1. Louis, qui fuit, continua la defcendance de la branche ainée. 

2. Jehan Poupart, celle de la branche cadette (/). 
Louis Poupart eut un fils, Louis, qui fuit, 8: une fille (g). 

Louis Poupart, deuxième du nom, laifia un fils Isaac, qui fuit, 8c trois filles. Le 
partage de fa fucceffion entre la veuve & les enfants eut lieu à Paris en 1706 {h). 

Isaac Poupart, allié à Madeleine Croyer, était Echevin de Paris en 170c). 11 
mourut en 1729 (z), laiiïant trois fils : 

\a) Cartulaire de l'Abbaye de Vaux-de-Cernay. — Cabinet des Titres, Bibliothèque nationale. 

[b) Extrait des chartes de Normandie. Ibid. 

(c) {d) Doflîer de Poupart. Ibid. 

(e) Partage de la fucceffion de Martin Poupart. Archives de la famille. 

(/) (g) Titres de famille. 

|/i| Dollier de Poupart, aéle palle le i 01. Juillet [706 par Amelin, Notaire à Paris. Bibliothèque nationale. 
Titres de famille. 

(1) Acle de partage de la fucceffion d'Ifaac Poupart. Dollier de Poupart, Bibliothèque nationale, & Titres de 
famille. 



Regijlrc feptième. 




POUPART de NEUFLIZE. 



5o6 



i. André, qui fuit. 

2. Alexandre Poupart, Officier de marine. 

3. Louis Poupart, mort jeune. 
Et trois filles (a). 

André Poupart, né en 1680, réfidait en Brie dans les terres de Beaubourg & d'E- 
champeu qu'il tenait de fes ancêtres. Au commencement du fiècle, vers 1705, il fut 
appelé à Sedan, alors principauté proteftante, par fon grand oncle, Abraham Pou- 
part, qui, n'ayant point d'enfants, lui laiffa, avec fon héritage, fa manufacture de 
draps fins, fondée en i63o (b). Cette manufacture habilement dirigée fut déclarée 
Royale & privilégiée par Lettres patentes délivrées en 1755 (c). Ses produits por- 
taient un écuffon aux armes de France, avec cette devife honorable: « Munus pre- 
« miumque Labori ». André Poupart, allié en 1710 à Marie Béchet (d), mourut en 
1742, laiffant cinq enfants : 

1. Jean-Abraham, qui fuit. 

2. Louis Poupart, mort fans poftérité. 
Et trois filles. 

PREMIER DEGRÉ. 

Jean-Abraham Poupart, Écuyer, Baron de Neuflize, né à Sedan le 8 Février 17 14, 
mort le 3o Janvier 1793. Sa fupériorité perfonnelle & les fervices fignalés qu'il ren- 
dait à l'induftrie françailé appelaient une diftincf ion & une récompenfe. .Louis XV 
les lui accorda en lui octroyant la Nobleife avec le titre d'Efcuyer pour lui & fa 
poftérité, par Lettres patentes d'Avril 1769 (e). Par cet anobliffement, Jean- 
Abraham Poupart, faifant déformais partie de la Nobleffe de France, était appelé à 
jouir de tous fes droits & privilèges. En conféquence, à dater de cette époque, il 
prit & porta dans les actes le nom & le titre de fa baronnie de Neuflize (f), près 
Rethel-Mazarin, en Champagne, & les tranfmit avec fes armoiries à fes dépen- 
dants (g). Jean-Abraham Poupart, Baron de Neuflize, avait époufé, en 1749, Mar- 
guerite Girardot (h), dont il eut deux fils : 

1. Jean-Abraham-Paul, mort jeune. 

2. Jean-Abraham-André, fans enfants. 
Et deux filles. 

//. DEGRÉ. 

Jean-Abraham-André Poupart, Baron de Neuflize, né à Sedan le 18 Juillet 1752, 
époufa, le 24 Juillet 1781 , dans la chapelle de l'ambaffade de Hollande à Paris, 
avec permiffion du Roi Louis XVI , Adélaïde de Vatre (/'), dont il eut deux en- 
fants : 

1. Jean-Abraham-André, qui fuit. 

2. Une fille. 

(à) Mémoire fur Damoifelle Croyer fa veuve. Doffier de Poupart, Bibliothèque nationale & Titres de famille. 

(b) Lettres de nobleffe, Avril 1769. Regiftredes Chartes, p. 2 5q8, Archives nationales. 

(c) Lettres patentes, 1755. Cabinet des Titres, Bibliothèque nationale. 

(d) Contrat de mariage fur parchemin paffé le G Août 1710, devant M e Faucheron, Notaire à Sedan. 
(<?) Lettres de nobleife avec le fceau royal. Regiftre des Chartes, page 2 5o8, Archives nationales. 

(/) Indicateur nobiliaire de M. d'Hozier. — Cabinet d'Hozier, Bibliothèque nationale. 

(g) Règlement d'armoiries pour le S r J.-A. Poupart, Efcuyer, par d'Hozier de Sérigny. Cabinet d'Hozier. Bi- 
bliothèque nationale. 

th\ Contrat de mariage fur parchemin, paffé le 7 Janvier 1740, par M c Hurtrelle, Notaire à Paris. Titres de 
famille. 

(1) Acle de mariage fur parchemin. Titres de famille. 



5o7 



POUPART de NEUFLIZE. 3 



Il fiégea à l'Affemblée de la Nobleffe dans la principauté de Sedan en 178g (a). 
Après la révolution il prit une part acf ive aux affaires politiques de fon pays, confa- 
crant à le fervir fon influence perfonnelle & fa grande fortune. En Août i8o3, il 
reçut du Premier Gonful l'écharpe d'honneur (b) & la même année en Décembre la 
croix de Chevalier de la Légion d'honneur, lors de la première promotion de l'Or- 
dre (c). En 1810 fa terre & baronnie de Neuflize fut érigée en majorât par l'Em- 
pereur Napoléon I er (d). Le Baron de Neuflize mourut le 29 Mai 18 14. 

III. DEGRÉ. 

Jean-Abraham-André Poupart, Baron de Neuflize, né à Sedan le 20 Juillet 
1784 (e), Chevalier de la Légion d'honneur en 18 19, mourut dans fa terre de Neu- 
flize le 2 Juillet i836 (/). Il s'était allié en 1809 à Zilia Sévène (g). De cette union : 

1 . Jean-Abraham-André, qui fuit. 

2. Clémence de Neuflize, mariée en 1 835 à Jules Joly de Bammeville, Cheva- 

lier de la Légion d'honneur (h). 

3. Blanche de Neuflize, mariée en i835 à Louis André (ï). 

4. Zilia de Neuflize, mariée en 1845, en premières noces, à Auguffe Vaillant, 

Vice-Amiral, Miniflre de la Marine, Grand Officier de la Légion d'honneur, 
Chevalier de Saint-Louis, & de l'Ordre du Sauveur de Grèce, Membre de 
l'Ordre du Medjidié, & en fécondes noces, en 1866, au Baron Edouard de 
Prez-Crassier (7). 

IV. DEGRÉ. 

Jean- Abraham-André Poupart, Baron de Neuflize, né à Paris le 19 Mars 1820 (k), 
mort à Paris le 22 Mars 1868 (/), fuivit pendant quelques années la carrière diplo- 
matique. Il s'allia en 1847 à Marie André (m), dont il eut fix fils & fept filles : 

1. André-Ernest-Guillaume, né le i5 Mai 1849, mort le 24 Février i85o. 

2. Jean-Frédéric-André, qui fuit. 

3. Henri-Gabriel, né le i3 Août i852, mort le 5 Avril 1859. 

4. Edouard, né le 1 3 Juin i856, mort le 1 3 Avril 1859. 

5. Robert-Amédée, né le 5 Avril 1860. 

6. André-Marc, né le I er Janvier 1866, mort le 6 Février 1868. 

7. Jeanne-Zilia, née le 20 Juillet i85i, mariée en 1873 à Albert Mallet de 

Chalmassy. 

8. Hélène-Marthe, née le 29 Septembre 1 853, mariée en 1875 à Gallon Kléber. 

9. Henriette-Alice, néele3i Août 1854, morte le 1 5 Novembre 1854. 

10. Isabelle-Lucie, née le 18 Octobre 1857. 

11. Madeleine, née le i3 Février 1839, mariée en 1880 à Théodore Verdet. 

(a) Extrait de l'aéle de comparution à l'Alïemblce de la Nobleffe de la principauté de Sedan. Archives na- 
tionales. 

tb) (c) Brevets de nomination, Chancellerie de la Légion d'honneur. Titres de famille. 

{d) Titre fur parchemin avec le fceau Impérial. Archives nationales. Titres de famille. 

(e) Aék* de baptême. Titres de famille. 

(/) Acte de décès. 

(g) Contrat de mariage fur parchemin, pallé devant MM" Cabal & Schentz, Notaires à Paris. 

(/ï) (il Contrat de mariage fur parchemin, pallé devant M e Chardin, Notaire à Paris. 

(j) Contrat de mariage, paflé devant M Yver, Notaire à Paris. 

[k) Acte de nailfancc. Titres de famille. 

(/) Acle de décès. Id. 

(m) Contrat de mariage fur parchemin paffé devant M Koquebcrt, Notaire à Paris 



4 



POUPART de NEUFLIZE 



DO* 



12. Louise-Jacqueline, née le 17 Mars 1862. 
i3. Marie-Jeanne-Alice, née le 5 Mars 1864. 

V. DEGRÉ. 

Jean-Frédéric- André Poupart, Baron de Neuflize, né à Paris le 20 Août i85o, 
chef actuel de la famille, marié, le 28 Avril 1874, à Demoilelle Madeleine Dollfus, 
dont : 

1. André, né le 16 Avril 1873. 

2. Jacques-Germain, né le 9 Mai 1 883. 







5o9 



de PRACOMTAL, 



Marquis de Pracomtal; anciens Seigneurs d'Ancone, & de Château-Sablier, 

dit de Pracomtal. 



en DAUPHINE et en NIVERNAIS. 




D'Or au Chef d'Azur, charge de trois Fleurs de Lis d'Or. Supports : deux Auges. 

Couronne : de Marquis. 



La généalogie de cette ancienne famille a été dreffée d'une façon très détaillée par 
d'Hozier qui Ta inférée dans le III e Regiftre de cet Armoriai (2 e partie), pages 
909 à 980. Des deux branches dont il a donné la filiation, l'aînée, celle des Sei- 
gneurs d'Ancone & de Château-Sablier, eft actuellement feule repréfentée. La 
cadette, celle des Barons de SouiTey, s'eft éteinte dans la Maifon de Damas, vers 
le milieu du XVII e fiècle, par fuite du mariage de Louise de Pracomtal, Baronne de 
SouiTey, avec François de Damas, Comte de Crux. 

Avant de donner la continuation de la généalogie de la famille de Pracomtal, il 
eft utile de compléter le travail de d'Hozier par quelques documents dont le Juge 
d'Armes n'a pas eu connaifTance lors de la publication de fon ouvrage, & dont 
les titres originaux fur parchemin font entre les mains de la famille. Nous donnons 
ci-après comme preuves la copie textuelle de ces originaux. 

Ces documents prouvent fexiftence de : 

i° Foulques de Pracomtal, Croifé en 1 191 (3 e Croifade), qui, fe trouvant à Joppé 
(aujourd'hui JafTa, en Syrie), avec Guigue de la Poipe & autres Gentilshommes 
Dauphinois, emprunte, au mois d'Octobre de cette année, de Odoardo de Albario, 
Marchand Génois, la fomme de cent-vingt marcs d'argent, fous la garantie de B. de 
Chaffenage ; 

2 Jean, Noble Seigneur de Pracomtal, qui, l'an de grâce 1224, le Dimanche 
après l'Annonciation, fait hommage à la veuve de Girard, Noble Seigneur de 
Vienne, en préfence de D., Évoque de Chàlons; 

3° Noble Homme Jean de Pracomtal, Damoifeau, qui, l'an de l'Incarnation 1298, 
le 3 desNonesde Mars, fait devant Notaire une vente de plufieurs cens de froment 
& avoine, avec Mabile, fon époufe, fille de Philippe de Beaumont ; 

4° Jacques de Pracomtal, fils de Noble Homme Jean de Pracomtal, lequel, le 
20 Janvier de l'an du Seigneur i36o, reconnaît avoir reçu de Noble Homme Amé- 
dée de Chàteauneuf, Chevalier, fon oncle, trente florins d'or que dame Françoife, 
femme dudit Amédée, avait légués dans fon teftament à Marguerite, l'on époufe. 



2 



de PRACOMTAL. 



5 10 



PIECES JUSTIFICATIVES. 
I. 

Du mois d'Octobre i 191. (Copié fur l'original.) 

Univerfis prefentes litteras infpecJuris notuni fit quod nos Arbertus Gelis, Guigo de Popia, 
Falcade Prato Comitali & Guigo Secloris, Armigeri, mutuo recepimus ab Odoardo de Albario; 
Januenfi Mercatore, centum & vigenti mareas argenti reddendas Lugdun(i) ex inftante fefti natalis 
dni in annum. De hoc autem firmiter tenendo fide julTorem dedimus kariffimum noftrum B. de Chaf- 
fenagio tali modo quod, nifi dicJo Mercatori prediclam convencionem tenuerimus, prefatus ride jutïor 
diélo Odoardo gratum fuum faciet de dictis cxx marris infra quadraginta dies poft quam ab eo fuerit 
requifitus. Quod ut ratum & firmum fit, nos Arbertus & Guigo de Popia prefati prefentes litteras 
figillis noftris figillavimus. Aflum appud Joppen anno Domini M . c°. Lxxxx . i°. menfe Oflobri. 

II. 

L'an de grâce 1224, le dimanche après l'Annonciation. ! Copié fur l'original.) 

Ego D. permiffione divina Cabillonenlis Epifcopus, notum facimus univerfis prefentes litteras inf- 
pecturis quod Johannes, Nobilis Dominus de Prato Comitali, in noftra prefentia conftitutus, fecit 
homagium manuale Guiguone Nobili Domine Vienne, relifte Girardi, Nobilis quondam Domini 
Viennenfis, fubeadem forma & maneria qua ipfum fecerat Girardo prediclo. Promilit etiam idem 
Johannes bonà fide ad requifitionem ipfius Domine quod ipfe inquireret a recognitione hominum 
utriufque partis de chafamento & paclionibus quas habuerat cum predicto Domino Viennenfi & 
ipfas recognofceret, teftiricaretur & confirmaret Domine fupra di£le. In huius rei teftimonium, Nos, 
ad utriufque partis inftantiam, fuper hiis que vidimus veritati teftimonium perhibentes prefentes 
litteras figilli noftri munimine duximus roborandas. Aclum anno gracie M. ce. xx. quarto. Datum 
apud Chafel dominica poft Annuntiationem Domini. 

III. 

L'an de l'Incarnation 1298, le 3 des nones de Mars. (Extrait de l'original. 1 

In nomine Domini amen. Anno Incarnationis ejufdem Millefimo ducentefimo nonagefimo oclavo, 

feilicet tertio nonas Martii, indiclione ocJava Johannes Fabri fuper 

venditione fafta per Nobilem Virwn Johannem de Prato Comitali, Domicellum, & per Mabiliam. 
nxorem diâi Johannis, filiam quondam Philip-pi de Bellomonte, mihi Notario publico infraferipto 

recipienti nomine & ad opus prefati Johannis Fabri de quibufdam cenlibus prefatus 

Johannes & Mabilia uxor fua vel eorum heredes & fucceffores 

IV. 

Le 20 Janvier de l'an du Seigneur 1 36o. (Copié fur l'original.) 

Noverint univerfi & linguli quod ego Jacobus de Prato Comitali, Jilins Nobilis Viri Johannis de 
Prato Comitali, confiteor me habuiffe& recepiffe a Nobili Viro Domino Amedeo de Caftro novo , 
Milite, avunculo meo, videlicet trigenta florenos auri boni parvi ponderis occafionecujufdam legati 
facli per bone memorie Dominant Francifcam, quondam ipfius uxorem, quas quidam trigenta flo- 
renos auri prediftos predicla Domina Francifca legaverat in fuo ultimo teftamento Margarete, 
uxori mee. De quibus trigenta florenis auri predictis ex integro perfolutis dicïum Dominum Ame- 
deum & per eum heredes dicle domine Francifce, quitto penitus & abfolvo fub mea fi Je, pro quibus 
meam litteram conceffi meo ligillo ligillatam. Datum die vicefima Januarii anno Domini M. ccc. fexa- 
gelimo. 



La filiation de la branche ainée, dont nous allons continuer la defeendance, s'ar- 
rête dans la notice de d'Hozier aux enfants de : 



5 1 1 



de PRACOMTAL. 



XIII. DEGRÉ. 

Léonor-Armand, Marquis de Pracomtal, iffus de fon mariage, contracté le 
12 Juillet 1723, avec Demoifelle Catherine Boucher-d'Orsay, & dont les noms 
fuivent : 

1. Charles-Jean de Pracomtal, né le 10 Mai 1724, fut Religieux ancien Béné- 

dictin, & fit les vœux le ^Novembre 1746. 

2. Arnoul de Pracomtal, qui continue la defcendance. 

3. Antoine-Charles de Pracomtal, né le 28 Avril 1733, fut reçu Page de la Pe- 

tite Écurie du Roi le 3 Février 1747; Guidon des Gendarmes de la garde 
avec rang de Mettre de camp le 28 Mai 1754; Maréchal de camp le i cr Mars 
1780 {a)', victime de la révolution, il fut guillotiné Barrière renverfée (Bar- 
rière du Trône) le 4 Thermidor An I (22 Juillet 1794). Il n'avait pas con- 
tracté d'alliance. 

4. Anne-Marguerite de Pracomtal, née le 27 Mars 1727, époufa, le 7 Juin 1746, 

Adrien-Antoine Bloquel de Croix, Baron de Wimes. 

XIV. DEGRÉ. 

Arnoul, Marquis de Pracomtal, Sire de Chàtillon-en-Bazois, Baron de Bernière, 
Marquis du Breuil 8c de Luis, Seigneur de Vefvre, de Rouy, de Chevanne-Gazeau, 
de Mouffy, de BufTeaux, &c, né le 2 Avril 1725, a fervi comme Lieutenant au 
régiment d'infanterie du Roi le 18 Mai 1740, pourvu d'une compagnie le 26 Février 
1747; Guidon des Gendarmes de la garde le i5 Mars 1748 (b); mort le 22 Mai 
1754 à Paris; marié, le 19 Février 1753, à Anne-Charlotte Thiroux de Mauregard, 
née en 1736, morte en i8o3 (c), dont un fils, qui luit. 

XV. DEGRÉ. 

Léonor-Claude, Marquis de Pracomtal, Sire de Chàtillon-en-Bazois, &c, né le 
28 Janvier 1754, a fervi comme Gendarme de la garde du Roi le i er Janvier 1769, 
Lieutenant du corps de l'artillerie le 3 Février 177 1 , Capitaine au régiment Royal- 
cavalerie le 7 Avril 1773 (d); mort le 7 Décembre 1776 (e). Il avait époufé, le 18 Mai 
1772, Claude-Gabrielle de Pertuis, née le 6 Août 1754, morte le 17 Juillet 1 83 1 (/), 
fille du Marquis de Pertuis & de Louife-Léonine-Gabrielle Le Clerc de Juigné. 
Elle a été Dame d'honneur de Madame Victoire, fille du Roi Louis XV. De ce 
mariage il eut : 

1. Léonor-Anne-Gabriel de Pracomtal, qui fuit. 

2. Agathe-Claude-Pierre de Pracomtal, née en Octobre 1774, mariée, le 1 7 Alef- 

fidor An VIII (6 Juillet 1800), à Alexandre-Bernard-Pierre, Marquis de Frois- 
sard, Lieutenant-Colonel en 1792, Chevalier de Saint-Louis, Gentilhomme 
honoraire de la chambre du Roi Louis XVIII, Pair de France. Elle efl: 
morte le 23 Novembre 1857. 



(a) Archives de la Guerre. 

(b) Archives de la Guerre. 

(c) Mairie de l'ancien X e arrondiffement. 

(d) Archives de la Guerre. 

(e) (/) Mairie de l'ancien X<- arrondiffement. 



4 



de PRACOMTAL 



I 2 



XVI. DEGRE. 

Léonor-Anne-Gabriel, Marquis de Pracomtal, Chevalier de l'Ordre de Saint- 
Louis & de la Légion d'honneur, né le i L ' r Juillet 1773, fervit d'abord comme Garde du 
corps du Roi à la compagnie de Villeroy en 1788, licencié le 12 Septembre 1791 ; 
émigra pendant la révolution; fut Sous-Lieutenant à la compagnie des Gendarmes 
de la garde du Roi (rang de Lieutenant-Colonel) le i cr Juillet 18 14; Colonel de la 
légion du Puy-de-Dôme le 25 Octobre 181 5 (a); nommé Député de la Nièvre la 
même année. Il mourut le 21 Février 1 838 (b). 11 avait époufé, le 8 Février 1804, 
Amélie-Marie-Louife de Gramont, née le 16 Avril 1781 (c), morte à Paris le 12 Mai 
1840 (d), fille du Marquis de Gramont-Vachères, Duc de Caderouffe, & de Marie- 
Gabrielle de Sinéty. De ce mariage vinrent : 

1. Marie-Gabriel-Edmond de Pracomtal, qui fuit. 

2. André-Léonor-Madeleine de Pracomtal, né le 19 Avril 1808, mort à l'âge de 

cinq ans. 

3. Louis-Alexandre-Rostaing de Pracomtal, né le i5 Mai 1812 (<?), marié, le 

20 Avril i85o, à Jeanne-Caroline-Léa de La Roue (/), fille du Comte de La 
Roue & de Léa Pradier d'Agrain. 11 eft mort au château de Briffault, 
commune de Saint-Hilaire (Nièvre), le 17 Décembre 1859, biffant deux 
enfants : 

I. Charles-Edmond-Rostaing de Pracomtal, né le 20 Janvier 1 85 1 . 

II. Agathe-Jeanne-Marguerite de Pracomtal, née le 7 Février 1854. 

XVII. DEGRÉ. 

Marie-Gabriel-Edmond, Marquis de Pracomtal, Chevalier de l'Ordre de Saint- 
Ferdinand d'Efpagne, né le i3 Novembre 1804, entra dans la Maifon du Roi en 
qualité de Page le I er Juillet 1821 ; fit la campagne d'Efpagne de 1824 à 1826 comme 
Sous-Lieutenant au 3 e régiment de Chaffeurs à cheval; fervit avec le même grade 
au régiment des huffards de la garde, donna fa démifïion le n Juillet 1829 (g), & 
eft décédé le 4 Octobre 1875, à Crefl (Ain). Il avait époufé, le 18 Mai 1829, 
Françoife-Antoinette-Claire Vogt-d'Hunolstein (/z), née le i5 Février 1806, 
fille du Comte Vogt-d'Hunolstein, Pair de France, Chevalier de la Légion d'hon- 
neur, & de Marie-Henriette-Claire de Bourdeille. De cette union font iffus : 

1. Charles-Léonor-Richard de Pracomtal, qui continue la defcendance. 

2. Félix-Pierre-Arthur de Pracomtal, né le 9 Mai 1 836, Engagé volontaire 

au 8 e régiment de Chaffeurs à cheval le 3 Novembre i855, Sous-Lieute- 
nant au i cr régiment de carabiniers le 3i Décembre i863 (i), paffa avec 
Ion grade au 3 e régiment de fpahis, & eft mort à Tébeffa (Algérie) le 
19 Avril 1868. 

3. Christine-Marie-Philippine de Pracomtal, née le 22 Mars i83o, mariée, le 

9 Septembre i852, à François-Joleph-Polydore, Comte de la Rochefou- 
cauld, ancien Miniilre plénipotentiaire, Officier de la Légion d'honneur, 
Chevalier de l'Ordre royal de Charles III d'Efpagne (J). 



[a] Archives de la Guerre. 

(b) (c) (d) (e) Mairie de l'ancien X e arrondiffement. 

(f) Mairiede l'ancien VII 1' arrondiflement . 

(g) Archives de la Guerre. 

(h) Mairie de l'ancien VIII e arrondiflement. 
(î) Mairie de l'ancien X e arrondiflement. 
(_/) Archives des Affaires étrangères. 



5 i 3 



de PRACOMTAL. 



XVIII. DEGRE. 

Charles-Léonor-Richard, Marquis de Pracomtal, né le ig Mars i83i, entré 
au fervice comme Engagé volontaire au 7 e régiment de lanciers en Novembre 184g; 
Sous-Lieutenant au i er régiment de hufîàrds le i er Mai 1854, fît la campagne de 
Crimée 1854 à i856; Lieutenant le 3o Décembre 1837, démiffionnaire le 11 No- 
vembre i858 (à). A fait la campagne de 1870-71 (armée de la Loire puis celle de l'Eft) 
comme Chef de bataillon des Mobiles de la Nièvre; Chevalier de la Légion d'hon- 
neur le 5 Décembre 1870. Marié, le 20 Octobre 1 858 (b), à Amélie-Gabrielle Blerzy, 
fille de Jofeph-Jules Blerzy, Chevalier de la Légion d'honneur, & de Victoire- Amélie 
Delisle, il a de cette union : 

1 . Joseph-Antoine-Marie-Foulques de Pracomtal , né à Paris le 4 Mars 1 860 (c). 

2. Marie-Victor-Paul-Armand de Pracomtal, né, au château de Livry (Seine- 

&-Marne), le 10 Septembre 1 865 . 

3. Marie-Sophie-Henriette-Amélie de Pracomtal, née, au château de Livry, le 

3o Août 1866. 

(a) Archives de la Guerre. 

{b) (c) Mairie du VIII e arrondiffement. 




Regijire feptième. 



05 



5 i 5 



PREVOST 



ou 



PRÉVOST, 



Anciens Seigneurs de Salles, d'Ai^ec, Beau lieu, Boivre, Bourgneuf, BraJJac, le 
Breuil, C ha tonne, la Chaume, Colombier, Lijleau, Londigny, la Michelie, 
Montalembert , la Piogerie, les Poyaux, la Brade, Puybottier ou Puybautier, la 
Roche-Grosbois, Sanfac, Sau^ay, Saveilles, la Simonie, Touchimbert, Traverfais 
ou Traverfay, la Voyelle ou la Vau^elle, &c; Barons de Sanfac; Comtes de Puy- 
bottier ; Marquis de Touchimbert, de Traverfay & de la Vau\elle & Comtes de 
Traverfay, en France; Marquis de Traverfay, en Ruffîe. 

en ANGOUMOIS et en POITOU. 




D'Argent à deux Fajces de Sable, accompagnées defix Merlettes de même, pofécs 3, 2 & i . 
Couronne : de Marquis. Supports : Deux Sauvages armés de maffues. 



Cette ancienne & Noble Maifon eft originaire du Poitou. Le premier de fes mem- 
bres dont il foit fait mention eft Hugues Prevoft (a), qui mourut en 1086 & 
fut enterré à l'Abbaye de Monliierneuf à Poitiers. Dans tout le moyen âge on trouve 
les Prevoft mêlés aux affaires de la France, foit dans les armées de terre & de mer, 
où ils ont eu des Officiers diftingués; foit dans le clergé, auquel ils ont donné deux 
prélats : un Évèque de Poitiers en 12 17 & un Archevêque de Bordeaux en i56o. 
Plufieurs furent Gouverneurs du Bordelais ou de l'Angoumois, Lieutenants Géné- 
raux, Confeillers du Roi en fon Confeil privé, &c; d'autres figurent au nombre 
des Pages du Roi (Grande Écurie), des Chevaliers & des Commandeurs de Malte ; 
deux furent Chevaliers de l'Ordre du Roi & plufieurs Chevaliers de Saint-Louis. Cette 
Maifon fournit auffi à la Ruffîe le créateur de fa marine, le Marquis de Traverfay, 
Grand Amiral de la Mer Noire, lequel donna fon nom à un groupe d'îles (îles du Mar- 
quis de Traverfay), fituées au fud de l'Amérique méridionale, près de la Nouvelle 
Géorgie. C'eft enfin à cette Maifon que fe rattache le nom de l'un des plus valeu- 
reux tenants du Roi-Chevalier, celui de Louis Prevoft, Chevalier, Seigneur de 
Sanfac, Chevalier de l'Ordre du Roi, Capitaine de cent hommes d'armes de fes 
ordonnances, Confeiller en fon Confeil privé, Gentilhomme ordinaire de fa Chambre, 
Gouverneur & Surintendant de la Maifon de M sr le Dauphin (plus tard François II), 
Lieutenant pour le Roi en Picardie, Gouverneur & Lieutenant Général d'Angoumois 
& Grand Fauconnier de France (b), qui fut honoré des titres de coulin 8c ami par 

(a) H. de Boulainvilliers, État de la France, t. V, page 336. 

{b) P. Anfelme, Hijloire des Grands Officiers de la Couronne, t. VIII, p. 756, & t. IX, 2 e partie (continua- 
tion de cet ouvrage, par M. Potier de Courcy ; Paris, Firmin-Didot, 1 8 7 3 - 1 S 8 1 ) , où le trouve la généalogie 
complète de cette maifon. 



2 PREVOST ou PRÉVOST. 



5i6 



le Roi 8: les Princes du fang, commanda plufieurs fois les armées, notamment aux 
iïèges de la Charité & de Vézelay, reprit la ville d'Angoulême fur les Huguenots en 
i562, & mourut en titre de « Maréchal de France », dit Brantôme. Les contempo- 
rains de cet homme remarquable lui rendaient juftice, témoin ce dicton fi connu de 
François I er : « Nous fommes quatre Gentilhommes de la Guyenne qui combattons 
« en lice 8c courons la bague contre tous allants & venants : moy, Sanfac, d'EiTé & 
« Chateigneraye », & cet extrait des Annales d'Aquitaine : « le Roi étant à Ran- 
« cour- fut averti de la prouefTe & valeur des alïïégés à la Mirandole, & de leurs 
« faillies, où le neveu du Pape fut occis & plufieurs autres de fon parti; & que là 
« le Seigneur de Sanfac, qui y commandait, éternifa fon nom dans le fang ennemi, 
« & le tailla un trophée d'immortalité. » 

Son frère, Antoine Prévoit de Sanfac, Archevêque de Bordeaux & Primat d'Aqui- 
taine, Confeiller du Roi en fon Confeil privé, préfida un concile provincial en 
i582,& mourut en i5o,i, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans. Onlifait fur fon tombeau, 
qui exiftait encore dans la cathédrale de Bordeaux à la fin du fiècle dernier, « qu'il 
avait honoré la dignité de Primat par fon illufire naiffance & par la chafteté de fes 
mœurs (a) » . 

Louis de Sanfac avait eu, de fon mariage avec Louife de Montberon (i8 Mars 
1547), un n ^ s ? J EAN > Chevalier, Baron de Sanfac & de Montmoreau, Chevalier de 
l'Ordre du Roi, Capitaine de la porte fous Charles IX & Henri III, Capitaine de 
cinquante hommes d'armes des ordonnances du Roi, Premier Gentilhomme de la 
Fauconnerie de Sa Majefré & Gouverneur de la ville de Bordeaux & du pays bor- 
delais, qui fut un perfonnage confidérable de fon temps. 

L'une des branches de la Maifon Prévoft, celle de Touchimbert de Londigny, 
poffède un affez grand nombre de lettres (reftes mutilés d'une volumineufe corref- 
pondance) adreffées par les Rois Henri II & Henri III, par Antoine de Bourbon, 
Roi de Navarre, par Catherine de Médicis, par le Duc de Montpenfier (Louis de 
Bourbon), le Connétable de Montmorency, &c, à Louis & à Jean Prevoft de 
Sanfac, qui prirent une part glorieufe à toutes les guerres & entreprifes militaires 
de leur temps. C'efï au premier qu'Henri II a adr elfe, entre autres, la lettre fuivante : 

« Mon coufin, pour ce que l'Empereur fe renforce du cofté de la Picardye, & que de ma part je 
« defire bien faire le femblable, non feullement pour luy réfifter mais davantaige pour l'endom- 
« maiger s'il m'eft poffible, à celte caufe je vous prye partir avecques tout votre équippaige inconti- 
« nant après la fin de ce moys pour me venir trouver le plus toit que pourrez, m'affeurant que n'y 
« ferez faulte. Je ne vous feray plus longue lectre fi n'eft pour vous advifer que me ferez en ce faifant 
« très agréable fervice, vous difant adieu, mon coufin, qui vous ayt en fa faincte garde. Efcript à 
« Saint-Germain-en-Laye le xix mG jour d'Avril 1 5 53 après Pafques. » 

(Signé :) « HENRY. » 
Au dos : « A mon coufin le S' de Sanfac, Chevalier de mon Ordre, Gouverneur d'Angoulmoys ». 

C'eft à Jean, fils du précédent, qu'Henri III écrivait : 

« Mons r le Baron de Sanfac. Je vous prie incontinent la préfente receue me venir trouver & prendre 
« la pofte pour arriver tant plus toft, ayant à vous faire entendre aucunes chofes importantz grande- 
ti ment mon fervice. Je prie Dieu, Mons r le Baron de Sanfac, vous avoir en fa faincle garde. Efcript 
« à Paris le v e Septembre v c lx quinze. » 

{Signé:)* HENRY. » 

(Contre/igné :) « Denefville. » 
Au dos : « A Mons'' le Baron de Sanfac, le jeune, Cappitainede ma porte ». 

(ai Thibaudeau, Hijloire du Poitou. 



5l7 PREVOST ou PRÉVOST. 3 

Ce fut aufïi à Jean, en fa qualité de Gouverneur de Bordeaux & du Bordelais, que 
Catherine de Médicis adrelTa de nombreufes miffives (a), parmi lefquelles celle qui 
fuit : 

« Monf. de Sanfac, vous fçavez comme le Roy, Monfieur mon fils, & moy, vous avons tousjours 
« aymé tant pour les fervices de feu votre père que de votre beau-père, & particulièrement pour l'ef- 
« pérance qu'avons que, à leur imitation, vous continuerez à bien faire & fervir comme vous avez 
« faift jufquesicy, félon ce qui nous eft tousjours aparru. Auffy en demeure-t-il à mondit feigneur & 
« fils & à moy tout contantement, & fuivant cela le Roy mondit feigneur & fils vous a encores der- 
« nièrement confirmé à ma requête la pention de 4000 liv. tournois, dont je l'avois requis, & que vous 
« avoit accordé le feu Roy, mon fils, que Dieu abfolve, & fait expédier la lettre patente pour faire 
« enregiftrer le pouvoir qui vous a donné de commandera Bordeaulx & en Bourdelois, & fault efpérer 
« qu'en le bien fervant, comme je fuis affeurée que vous ferez tousjours, il n'oubliera pas vos fervices ; 
« & à ce propos, je vous diray que j'ay certainement fceu que l'entreprinfe de la furprinfe qui a efté 
« faicle de la Réolle a efté projetée par quelfques-ungs de Bordeaulx, qui ont tousjours depuis fait 
« & font encore tous les jours des menées pour empêcher que ceulx qui font dans le dedans du château 
« le rendent, & davantaige inclinent à de très mauvaifes menées, à quoy aucuns qui ne demandent 
« qu'à empefcher reftabliiïement delà paix, & à nous remettre aux troubles, les pouffent. Cela m'a 
« cuidé & à ceulx qui font avec moi coufier bien cher, & a faicl ung très grand préjudice au fervice 
« du Roy, mondit feigneur & fils, pour ce que lors que la nouvelle de ladite Réolle vint; ceulx de la 
« Religion prétendue refformée en reçurent grand déplaifir pour ce que ceft l'une des villes qui 
« leur feurent baillées en garde par l'ecdit de pacifficacion, & ne s'en fallut guères qu'ilz ne nous 
« le feifent fentir. Auffi a efté & eft ladite furprinfe de la Réolle caufe de reculler & d'interrompre 
« beaucoup noftre conférence & affemblée, & feroit encores plus dangereux à préfent que je fuis icy & 
« pendant que nous ferons notre dicle conférence. 

« A cefte caufe, je vous prie vous enquérir fecrètement, & faire en forte que vous puiffiez fçavoir 
« qui font ceulx qui ont fai£t faire & conduit ladicle entreprinfe, & s'il eft pas vray que depuis 
« ils ont tousjours affifté & efcript & encouraigé ceulx qui font dans le château de la Réolle pour ne 
« le rendre point; & auffy les menées qu'ils font pour en empefcher la redition, affin de m'advertir 
« fecrètement qui y font, & faire de voftre part en forte qu'ils fe déportent de telles choies fi préju- 
« diciables, car il eft certain que telles menées, oultre le dangier où elles me meclent, empefche- 
« ront le bien de la paix, & feroient davantaige caufe de beaucoup de grands maulx auxquels jefpère 
« pourveoir par l'eftabliffement de ladicte paix, fi je n'y fuis poincT: traverfée. 

« Si vous défirez faire fervice au Roi, mondit feigneur & fils, & à moy, comme jefçay que faicles 
« de toute affeftion , advertilïez-moy qui font les detïus dicïs qui ont faict & font lefdicïes menées, & 
« croyez que perfonne vivant ne fçaura que cela vienne de vous ; qui ne fauldrez aulïy de faire en 
« forte qu'ils fe déportent de l'encouraigement, confeil & affiftance qu'ils donnent à ceulx qui font 
a dedans ledit château, & s'ils eftoient en délibération de faire encores quelfques nouvelles & fem- 
« blables menées & entreprinfes ailleurs, comme l'on m'a dift qu'ils font après ; ce qui eft impor- 
« tant à moy & à ceulx qui font avec moy jufques à la vye & retardement du tout de noftre difte 
« négociation. Je vous prie auffy trouver moyen d'en fçavoir la vérité pour pareillement les en def- 
« tourner dextrement, & aulïy m'en advertir avec afleurance que nul n'en fçaura rien, &que je 
« brufleray vos lettres auffy toft que je les auray moi-mefmeleues, vous alîeurant encores une fois 
« que oultre le fervice que ferez au Roy, mondit feigneur & fils, vous ferez auffy choie que 
« j'auray grandement agréable, & fe ferez caufe d'ung très grand bien & d'éviter ung très grand 
« mal. » 

« Priant Dieu, Monf. de Sanfac, vous avoir en fa faincïe & digne garde. » 

« Efcript à Nérac, le 1 6° jour de Décembre 1 5/8 (b). » 

« Je vous prie, feftes moy coneftre en cet feft combien défire aulfier le fervife de notre Roy que la 

« redifiondela Réolle en depant tout que volefme en cet fet & m'obligerez aile m'avcrtir à conti- 

« neuerde plus en plus que je defayr pour vous, & m'avertir alla vérité de ceulx qui le favorife. » 

(Signé:) « CATARINE ». 

Et plus bas : « Pinart ». 

[a) Voir les Lettres de la reine Catherine de Médicis, publiées par le Comte H. de la Ferrière, dans le recueil 
des Documents inédits fur llnjïoire de France , édité par le Miniftère de l'intlruclion publique (en cours de pu- 
blication). 

(b) Ce qui fuit eft écrit de la propre main de la Reine mère. 



4 PREVOST ou PRÉVOST. 5l8 

Le Baron Jean Prevoft de Sanfac avait époufé, le 17 Décembre 1572, Jeanne de 
Maillé-Brézé, grande tante de Madame la Princeffe de Condé, dont il n'eut pas 
d'enfants, & fut le dernier de fa branche. 

La filiation fuîvie & appuyée de titres authentiques peut s'établir ainfi qu'il fuit : 

PREMIER DEGRÉ. 

Pierre Prevoft, Seigneur de Salles, en Angoumois, qualifié Varlet , qui vivait 
en 1140, 8c qu'on croit être le fils de Hugues Prevoft, mort en 1086, cité plus 
haut (à), eut de Jeanne Guyot, de la maifon de Beaulieu : 

IL DEGRÉ. 

Jean Prevoft, qualifié Varlet & Écuyer, Seigneur d'Aifec & de Salles (b), & qui 
eut pour fils : 

1 . Emeric, qui fuit. 

2. Guillaume, Évêque de Poitiers de 12 17 à 1225. 

///. DEGRÉ. 

Emeric Prevoft, qualifié Ecuyer, Seigneur d'Aifec & de Salles, qui vivait en 
1220 (c), eut pour fils : 

IV. DEGRÉ. 

Jean Prevoft (d), qualifié Varlet & Ecuyer, marié à Almodie, fille de Pierre Ma- 
thée. De ce mariage vint : 

V. DEGRÉ. 

Emeric Prevoft, qualifié Chevalier (Ailles), Seigneur d'Aizec (e), eut de Berthe 
d'Ignac, fille de Guillaume : 

1. Jean, qui fuit. 

2. Helye Prévoit, Chevalier, Seigneur de la Force & de Mafduran, en Périgord, 

marié à Catherine Talleyrand de Grignols, dont il eut : 

I. Jean, Seigneur de la Force, mort fans alliance. 

II. Marie, mariée, par contrat du 27 juillet 1440, à Jean de Beaupoil, Sei- 
gneur de Caftelnouvel. 

VI. DEGRÉ. 

Jean Prevoft, Ecuyer, Seigneur d'Aizec, connu par un dénombrement rendu à 
Ruffec en i3gi, le famedi après l'octave de la Pentecôte. Il eut pour fils (/) : 

(a) Le P. Anfelme [Hifioire des Grands Officiers de la Couronne, t. V, p. 568) lui donne pour l'œur N... 
(Philiberte) Prévôt de Salles, dite de la Paftoreflé, épouie, vers 1 1 36, de Bernard I er , Vicomte de Brosse. 

(b) Aveu rendu le jour de la fête de Saint-Pierre i \-'5 à l'Abbaye de Nanteuil-en-Vallée. 

(c) Dénombrement de la terre de Salles en 1220. 

{d) Aveu rendu à Aquilin, Évêque d'Angoulême, en 1281. 

{e) Aveux rendus, l'un en i32oà l'abbaye de Nanteuil, l'autre en i33o à l'évêché d'Angoulême. 

(/) Pour ces fix premiers degrés, voir La Chenaye-Desbois, Diâwnnaire de la NobleJJe. 



5T9 PREVOST ou PREVOST. 5 



VII. DEGRÉ. 

Guillaume Prévoit, Seigneur d'Aizec, mort avant la fête de Saint-Antoine d'hiver 
1402, date d'un acte paffé par Guillaume, lbn fils, où il elt rappelé avec fa femme 
Jeanne Jaye (a), d'une famille noble de Périgord, dont : 

VIII. DEGRÉ. 

Guillaume Prévoit, Varlet, Seigneur d'Aizec & de Sanfac (b), qui vivait encore 
en 1428, eut de Catherine de Sansac, qu'il avait époufée par contrat du lundi 
avant la fête Notre-Dame d'Août i3y5, fille d'Olivier, & d'Agnès de Chambes : 

IX. DEGRÉ. 

Jean Prevoft, Écuyer, Seigneur d'Aizec, de Sanfac & de Touchimbert, Écuyer du 
Duc d'Orléans (c), époufa, en premières noces, Jeanne Pezette, aliàs de la Bois- 
sière, morte en 1446, fille de Guitard Pezette, Seigneur de laBoifïlère, & de Phi- 
lippe de Saint-Martin, dont, entre autres enfants : 

1 . Aymard (d), qui continue la première branche (éteinte en la perfonne de Fran- 

çois Prevolf, lequel n'eut, de lbn mariage avec Marie Chiton de Mont- 
laurier, qu'une fille : Marie-Suzanne, Dame de compagnie de Madame la 
Ducheffe de Chartres, qui époufa, par contrat du 26 Février 1 71 3, Henri, 
Marquis de Bourdeille), &. les branches de Touchimbert de Londigny, en 
France, & de Touchimbert de la Roche-Grosbois, à la Guadeloupe. Il en 
fera parlé plus loin. 

2. Savary, auteur de la branche de Sanfac, dont le dernier repréfentant fut 

Jean Prévolt, Baron de Sanfac & de Montmoreau (dont nous avons déjà 
parlé plus haut), mort au fiège de Chartres en i5o,5. 

3. Jean, Chevalier de Saint-Jean de Jérufalem, Commandeur & Procureur de 

fon Ordre à Poitiers en 1470. 
Et en fécondes noces, Jeanne de Céris, qui était fa veuve le 4 Mai 1477, dont : 

4. Guyot, auteur des branches de Puybottier, la Vauzelle & Traverfay, qui 

fuit. 

5. Jean, auteur de la branche d'Aizec, éteinte au XVI e fiècle. 

X. DEGRÉ. 

Guyot Prévoit, Écuyer, Seigneur de Puybottier, mort avant le 26 Mars 1 5 1 9, 
eut de fon mariage avec Marguerite Tizon, entre autres enfants : 

(a) Mémoire dreffé par Chérin pour les honneurs de la cour. — D'Hozier, Preuves de Pages. 

{b) Aveux rendus les 3 & 4 Mars 1 3q6 à l'abbaye de Nanteuil, & le i cr Août 1 397 à la Baronnie de Ruffec. 

(c) Rôle des Officiers de ce Prince, fait à Péronne le 4 Juillet 1414. 

{d) D'après Beauchet-Filleau (Diâionnaire des familles de l'ancien Poitou), Aymar Prevofl ferait le fixième 
aïeul d'un François Prevofl, chef de la branche ainée des Prévoit, qui s'établit en Angleterre, à la fuite de la 
révocation de l'Édit de Nantes, & y a laiflë des defeendants. Cette famille a fourni à la Grande-Bretagne un 
Major-Général, un Gouverneur & Général en chef du Canada, &c, <Sc elt repréfentée par Sire George Prévoit, 
Baronnet, né le 20 Août 1804, & par les enfants & petits-enfants. La diffemblance des armoiries & les rensei- 
gnements que nous avons pu nous procurer, ne nous permettent pas d'affirmer la parente des Prévoit d'Angle- 
terre avec les Prévoit de France. 



PREVOST ou PRÉVOST. 5 2Q 



XI. DEGRE. 

Jacques Prevoft, Ecuyer, Seigneur de Puybottier, époufa, le 18 Juillet 1 535, 
Robine des Prez, dont il eut plufieurs enfants, parmi lefquels : 
i . Jean, qui fuit. 
2. François, auteur de la branche de la Chaume, éteinte au fiècle dernier. 

XII. DEGRÉ. 

Jean Prevoft, Écuyer, Seigneur de Puybottier, marié, le i er Avril 1567, à Fran- 
çoife d'Archiac, tille de Jean, Ecuyer, & d'Anne des Monstiers, eut de ce ma- 
riage : 

XIII. DEGRÉ. 

François Prevoft, Ecuyer, Seigneur de Puybottier & de la Michelie, marié, par 
contrat du 19 Octobre 1599, à Jacquette de Nouzières, fille de Jacques, Écuyer, 
Seigneur de la Boiffière, & de Françoife Landry, eut de cette union : 

XIV. DEGRÉ. 

François Prevoft, Écuyer, Seigneur de Puybottier, maintenu Noble le 2 Mars i665 
par M. Colbert, Intendant de Poitou, puis le 22 Septembre 1667 par M. Barentin; 
marié, par contrat du 16 Janvier i635, à Madeleine Barbarin, veuve de Jacques de 
Lescours, Chevalier, Seigneur de la Valette, & fille de Jofeph, Écuyer, Seigneur des 
Veftizons, & de Demoifelle Françoife Charpentier, il eut pour fils : 

XV. DEGRÉ. 

François Prevoft, Chevalier, Seigneur de Puybottier, la Michelie, du chef de 
l'on père; de Beaulieu, la Vauzelle, du chef de fa mère; de Traverfay, le Breuil, 
de Vauffay, du chef de fa femme Renée Mandron, qu'il époufa le 21 Janvier 1664. 
Il mourut le 28 Mars 1706, ayant eu de fon mariage neuf enfants, entre autres : 

1 . François, élevé Page du Roi en fa Grande Écurie (a) en i683, Moufquetaire, 

puis Capitaine au régiment de la Reine-cavalerie, & enfin Lieutenant-Colonel 
du régiment de la Rochefoucault-cavalerie, qui mourut célibataire au château 
de Traverfay en 1716. 

2. Achille, Capitaine de cavalerie, tué à Luzzara. 

3. Autre Achille, tué Cornette de cavalerie à la Marfaille. 

4. Louis, auteur de la branche de la Vauzelle, dont la defcendance fera rap- 

portée plus loin. 

5. Gabriel, dit le Chevalier de Traverfay, mort Cornette de cavalerie. 

6. Jean, auteur de la branche de Traverfay, qui fuit. 

XVI. DEGRÉ. 

Jean Prevoft, Chevalier, Seigneur de Traverfay, Puybottier, le Breuil, Officier 
de cavalerie, bleffé à la bataille de Malplaquet, mort en 1773. Il avait époufé, par 
contrat du 6 Mai 1719, Henriette du Quesne-Guitton, fille d'Abraham du Quesne, 
Chevalier, Seigneur de Bellebat, Chevalier de Saint-Louis & Chef d'efcadre des 

(a) La famille polïede dans fes archives le titre manufcrit & authentique, avec fignature autographe de Charles 
d'Hozier, Généalogifte de la Maifon du Roi, Juge général des Armes & Blal'ons de France, des preuves faites alors 
par François Prévolt de Traverfais. 



521 



PREVOST ou PRÉVOST. 7 



armées navales, neveu du grand du Quefne, & petit-fils, par la mère Suzanne 
Guitton, du célèbre Maire de La Rochelle. Il laiffa de ce mariage, entre autres en- 
fants : 

1. Louis-Abraham, né le 4 Septembre 1720, Chevalier de Saint-Louis, Lieute- 

nant-Colonel du régiment de Penthièvre-cavalerie, qui reçut quatre blefïures 
& fut fait prifonnier à Rosbach, & mourut célibataire, laiffant par tefta- 
ment (a), en date du 28 Avril 1784, fon château de Traverfay à fon neveu 
Jean-Baptifte Prévoft de Sanfac (b), Marquis de Traverfay. 

2. Jean-François, qui fuit. 

3. Abraham-Henri, dit Monfieur de Sauzé, né le 5 Novembre 1737, Lieutenant 

des vaiffeaux du Roi, puis Aide-major de la marine. Il commandait en 1767 
la frégate Le David qui fit naufrage fur les côtes de rile-Dieu, & refufa de 
fe fauver, répondant à ceux qui voulaient F y engager : qu'il s'occuperait de 
lui quand la dernière perfonne du vaijj'eau ferait hors de danger (c). 

XVII. DEGRÉ. 

Jean-François Prévoft de Traverfay, né le 6 Septembre 1725, Chevalier de Saint- 
Louis en 1756, Capitaine de vaiffeau en 1765, puis Commandant en fécond la Com- 
pagnie des Gardes de la marine à Rochefort, mort Lieutenant général au gouver- 
nement de Saint-Domingue. Il avait époufé, le 22 Janvier 1753, Claire du Quesne, 
fille de Pierre, Chevalier, Seigneur de Longbrun, & d'Élifabeth-Françoife de Chas- 
tillon, dont il eut huit enfants, parmi lefquels : 

1. Jean-Baptiste, auteur de la branche des Marquis de Traverfay établie en 

RufTie, qui fuit. 

2. Auguste-Jean, auteur du rameau refté en France, qui fera rapporté à la 

fuite. 

3. Marie-Elisabeth-Claire, époufe de Henri-Honoré le Moyne de Sérigny, 

Chevalier de Saint-Louis, Officier dans la marine royale. 

4. Angélique-Laure, mariée à François-Charles-Gabriel Prévoft de Sanfac, 

Marquis de la Vauzelle. 

5. Marie-Pauline, qui époufa Louis-Sylveftre, Vicomte deNesmond. 



BRANCHE DES MARQUIS DE TRAVERSAY 

ÉTABLIE EN RUSSIE. 

XVIII. DEGRÉ. 

Jean-Baptiste Prévoft de Sanfac de Traverfay, qualifié Marquis de Traverfay, 
né à la Martinique le 23 Juillet 1754, fut, en récompenfe des fervices fignalés de 

(a) Archives de la famille. 

(b) C'eft vers cette époque que les membres de la Mail'on Prévoit reprirent le nom ,/< Sanfac qui avait été porté 
par leurs ancêtres & illuftré par eux au XVI e fiècle. 

(c) I.a Chenaye- Desbois, t. XI, p. 533. 



Regijire feptième 



()(> 



8 PREVOST ou PRÉVOST. 522 



fon père, admis à l'âge de quatorze ans dans la Marine Royale. A trente ans il était 
Capitaine de vaifleau, ce qui était alors prefque fans exemple. Peu après, les diffé- 
rentes branches de la famille Prévoit le choifiiTaient pour les repréfenter à la Cour; 
&, après preuves faites d'ancienne Nobleffe, il montait dans les carroffes du Roi & 
accompagnait Sa Majefté à la chaffe. Le Roi à cette occafion lui conféra, à lui & 
aux chefs de chacune des autres branches, le titre de Marquis {a), & celui de Comte 
à fon frère, ainfi qu'en font foi les liftes des Officiers de la marine (b). 

Marin diftingué, le Marquis de Traverfay reçut, à la fin de 1789, de l'Impéra- 
trice Catherine II, par l'intermédiaire de S. A. S. le Prince de NafTau, la propofition 
de prendre du fervice dans la marine ruffe, ce qu'il n'accepta qu'après avoir obtenu 
l'agrément & l'autorifation du Roi Louis XVI. Honoré de l'eftime & de l'affection 
de l'Impératrice & de lés fucceffeurs Paul I er , Alexandre I er & Nicolas I er , il fut 
comblé d'honneurs, devint Grand-Amiral de la Mer noire, Général en chef (ce qui 
équivaut, pour les honneurs & les attributions, au titre de Maréchal de France), 
Miniftre de la Marine, Sénateur, Membre du Confeil de l'Empire, & reçut pour lui 
& fes defcendants des deux fexes le titre d'Excellence. Il refufa le titre de Prince 
ruffe, préférant celui de Marquis qu'il devait à la bonté de fon Roi & qui, prefque 
inconnu en Ruffie, pourrait, difait-il, rappeler à fes defcendants leur origine fran- 
çaife. C'eft lui qui avait fortifié la ville de Sébaftopol, pendant le fiège de laquelle 
l'un de fes petits-fils, qui fervait dans la marine, reçut une bleffure mortelle, & 
que fon petit-neveu le Comte Paul de Traverfay, Officier au 7 e léger, contribua à 
détruire pendant la campagne de Crimée; & c'eft auffi à lui que l'Empereur Nicolas 
écrivait ce qui fuit (c) : 

« Marquis de Traverfay, ayant divifé l'Adminiflration de la Marine en un état-major de marine 
« attaché à ma perfonne & un miniftère qui, d'après la nouvelle organifation, n'aura d'autre at- 
« tribution que la partie économique, j'éprouve une véritable fatisfaclion à vous adreffer les té- 
« moignages de ma reconnaiffance de vos fervices dans la direction du miniftère de la marine fous 
« fon organifation antérieure. Je donne en même temps l'ordre de vous continuer le traitement dont 
a vous jouiflez. 

« Perfuadé que vous vous emprefferez de confacrer de nouveau tous vos foins au fervice de l'Em- 
it pire, auffitôt que l'état de votre fanté vous permettra de vous occuper d'affaires, j'ai jugé nécelTaire 
« de vous conferver la dignité de Membre du Confeil de l'Empire : en afliftant à fes délibérations, 
« vous apporterez fans doute une attention particulière aux affaires relatives à la marine, & conti 
« n uerez ainfi à être utile. » 

« Je fuis votre affectionné » 

(Signé :) « Nicolas. » 
« Saint-Pétersbourg, le 24 Mars 1828. » 

Quelques mois avant, le même fouverain chargeait le jeune Alexandre de Tra- 
verfay, qui venait d'aififter à la bataille de Navarin en qualité d'Aide-major attaché 
à l'Amiral Heyden, de remettre à fon père une lettre autographe conçue en ces 
termes : 

« Vous êtes fans doute impatient, mon cher Marquis, de connaître les détails du glorieux combat 
« de Navarin. A cet effet, je vous envoie mon nouvel Aide-de-camp, qui, s'il eft fidèle dans le récit 
« de ce beau fait d'armes, vous convaincra qu'il s'y eft montré digne de fon père, » 

Retenu en Ruffie par la reconnaiffance, le Marquis Jean-Baptifle ne rentra ja- 
mais dans fa patrie, malgré les offres officielles que lui fit faire l'Empereur Napo- 

[a) Lettre de Chérin, Généalogifte des Ordres du Roi, au Vicomte de la Rochefoueault. Copie certifiée aux 
archives de la famille. — Liftes de la Marine Royale de l'année 1788, page 16. 

(b) Liftes de la Marine Royale de 1788, page 33. 
le) Extrait du Moniteur du I er Octobre 1828. 



52 3 PREVOST ou PRÉVOST. 



léon I er ; mais il fe montra toujours Français dans toutes les occafions qu'il trouva 
d'être utile à fes compatriotes. Il était Chevalier des Ordres de Saint-Louis, de Cin- 
cinnatus, de Sainte-Anne de i re clalTe, de Saint- Alexandre Newsky orné de dia- 
mants, de Saint- Wladimir de i re claffe, de Saint-André de i re claffe & de Saint- 
Georges de 4 e claffe. Il avait époufé, le 3i Août 1783, Marie-Madeleine de Riouffe, 
fille du Chef d'efcadre de ce nom, & mourut en i833, laiffant : 

1 . Alexandre, qui fuit. 

2. Autre Alexandre, né en 1799, Aide-de-camp de S. M. l'Empereur, puis Gé- 

néral-Major en retraite, Chevalier des Ordres de Saint-Georges de 4 e claffe 
& de Sainte-Anne de 2 e claffe, marié à Alexandrine Spassarief, fille de 
l'Amiral de ce nom, dont trois fils & quatre filles : 

I. Nicolas, mort récemment. 

II. Alexandre, né en 1 833. 

III. Autre Alexandre, né en 1854. 

IV. Marie, qui a époufé Alexandre de Patkull, Aide-de-camp général 
de S. M. l'Empereur. 

V. VI. VII. Alexandrine, Barbe & Elisabeth. 

3. Théodore, décédé. 

4. Claire, née en 1792, morte Comteffe de Léontovitch en 1842. 

5. Marie, Marquife de Traverfay, Demoifelle d'honneur de S. M. l'Impératrice 

mère, décédée. 
Théodore & Marie étaient iffus d'un fécond mariage du Marquis de Traverfay 
avec une Ruffe. 

XIX. DEGRÉ. 

Alexandre Prévoit de Sanfac, Marquis de Traverlay, né en 1790, eut d'un pre- 
mier mariage avec Mademoilelle Jasikoff, fille d'un Général, deux fils & trois filles 
qui font tous morts (à). Il fervit dans la Marine, conduifit, comme Capitaine de la 
corvette Tverdaia, l'Empereur Nicolas I er (alors Grand-Duc), depuis Kertch, fur 
la mer d'Azof, jufqu'à Taganrog; fut Capitaine du port de Cherfon; puis, à partir 
de 1842, Commandant en chef du port & Général Gouverneur d'Archangel, & 
mourut au fervice le 18 Février i85o. Il était Chevalier de Saint-Wladimir de 
3 e claffe, de Saint-Staniflas de i re claffe, de Saint-Georges de 4 e claffe, de Sainte- 
Anne décorée de la Couronne impériale de i re claffe. Il avait époufé en fécondes 
noces Mademoifelle de Hellmann, fille du Général-Major de ce nom, & l'a laiffée 
veuve avec quatre enfants : 

1 . Léonide, né le 25 Juin i838, Colonel des cuiraffiers de la Garde de S. M. TEm- 

pereur, puis Commandant du i cr huffards de Poumy, actuellement (1886) Gé- 
néral-Major, Chef de brigade de cavalerie à Kalifch. 

2. Alexandre, né en 1840, Confeiller honoraire. 

3. Nicolas, né en 1845, Affeffeur de collège, Gentilhomme de la Chambre de 

S. M. l'Empereur & Maréchal de nobleffe du diitrictde Louga, mort en 1880. 

4. Marie, née en 1848, mariée en 1866 au Prince Woldemar d'Amilachvaui , 

d'une branche régnante de Géorgie. 

(a) L'aîné fut bielle pendant le liège de Sébaftopol. 



io PREVOST ou PRÉVOST. 



524 



BRANCHE DES COMTES DE TRAVERSAY 

RESTÉE EN FRANCE. 

XVIII. DEGRÉ. 

Auguste-Jean Prévoft de Sanfac de Traverfay, qualifié Comte de Traver- 
fay (à), Chevalier de Saint-Louis, né le 24 Juin 1762, fervit dans la marine jufqu'à 
la Révolution, d'abord comme Garde de la marine (1779), enfuite comme Enfeigne 
de vaiffeau (1781) & Lieutenant de vaiïîeau (1782). Il ceffa d'être infcrit aux ca- 
dres en 1791, fut réintégré en 18 14 avec le grade de Capitaine de frégate, & prit fa 
retraite en 181 8; fut fuccefïivement Sous-Préfet de La Rochelle, Commiffaire 
des guerres, Secrétaire général de la préfecture de la Vienne, &c. 11 eft mort 
le 23 Octobre 1849. ^e f° n mariage avec Catherine-Eugénie Jorna de Lacale, 
font iffus : 

1 . Jules-Alexandre-Marie, qui continue la branche aînée des Prévoft de Sanfac 

de Traverfay en France. 

2. Augustin, rapporté plus loin. 

3. Henriette-Catherine, dite Aline, née le 29 Décembre 1787, mariée à fon 

couiin Ferdinand le Moyne de Sérigny, morte le 6 Septembre 1821. 

XIX. DEGRÉ. 

Jules-Alexandre-Marie Prévoft de Sanfac, Comte de Traverfay, né à Saint- 
Maixent le 18 Septembre 1793, Chevalier de la Légion d'honneur, Lieutenant de 
vaiffeau, Lieutenant des Gardes du pavillon amiral, démiffionnaire en i83o, mort à 
Poitiers le 27 Juin 1840. Il avait époufé en 1829 Louife-Héloïfe-Malvina le Vassor 
de Bonneterre , dont il eut : 

1. Paul-Louis-Claude, qui fuit. 

2. Louis-Jules (b), né le 20 Mars i838, Chevalier de la Légion d'honneur, 

Chef de bataillon au 57 e régiment d'infanterie de ligne, marié le 26 Novem- 
bre 1884, à Jeanne-Eugénie-Thérèfe-Élifabeth de Lartigue, fille d'Aï- 
phonfe-Jofeph, & de Marguerite-Élifabeth-Ida-Lara de Bourrousse de 
Laffore. 

3. Marie-Françoise-Valérie, née en Mars i83o, mariée, le 6 Septembre 1859, 

à Augufte-Emmanuel-Rofe-Marie, Baron de Parcevaux de Tronjoly, dé- 
cédée le 2 Septembre 1876. 

4. Joséphine-Alix-Mathilde, née en 1834, .mariée, le 25 Septembre 1861, au Vi- 

comte Jofeph de Vassal de Sineuil. 

XX. DEGRÉ. 

Paul-Louis-Claude Prévoft de Sanfac, Comte de Traverfay (c), né le 18 No- 
vembre i83i, Officier de la Légion d'honneur, Chef de bataillon d'infanterie en 

(a) Infcription fur la lifte de la Marine Royale, année 1788, page 33. — Acte de notoriété en date du 29 No- 
vembre i825 ; archives de la famille. 

(b) Réfidence : Château de la Salle-d'Auzon, par Mezin (Lot-&-Garonne). 

(c) Réfidence : Bordeaux. 



525 



PREVOST ou PRÉVOST. n 



retraite, marié, le 29 Janvier 1867, à Bordeaux, par Son Éminence le Cardinal- 
Archevêque, dans fon Églife primatiale, à Marie-Antoinette-LouifeCoppiNGER, d'une 
ancienne famille Irlandaife venue en France avec Jacques II. De ce mariage : 

1. Marie -Joseph -Pierre -Paul-Jules -Edmond-Augustin -Ignace -François-de- 

Sales, né le 3i Mai 1868. 

2. Marie-Joseph-Jean-Paul-Edmond-Louis-Antoine, né le 27 Octobre 1884. 

3. Marie-Josèphe-Paule-Louise-Antoinette-Edmonde-Rose, née le 5 Sep- 

tembre 1873. 



XIX. DEGRE. 

Augustin Prévoft de Sanfac de Traverfay, dit le Vicomte de Traverfay (a), né à 
Nantes le 28 Juin 1810, marié, le 7 Mai i833, à Clotilde-Catherine-Modefte Cou- 
lard dePuyrenard, fille de Charles-Auguile, & de Marie-Julie Mallet de Fois; 
elle eft décédée le 14 Octobre i865. De ce mariage : 

1. Auguste-Prosper-Anne, qui fuit. 

2. François-Ernest, rapporté plus loin. 

3. Louis-Charles, né le 28 Juin 1843. 

4. Jules-Marie, rapporté plus loin. 

5. Marie-Emmeran, né le i er Janvier i852, Élève de l'Ecole fpéciale militaire 

de Saint-Cyr; Lieutenant d'infanterie, démiffionnaire. 

6. Clotilde-Berthe, née le 16 Septembre i838, mariée, le i5 Février i865, à 

Anatole de Savatte de la Mothe. 

7. Marie-Clémentine, née le 24 Mars 1846, décédée le 19 Décembre 1871. 

XX. DEGRÉ. 

Auguste-Prosper-Anne Prévoft de Sanfac de Traverfay (b), né le 29 Mai 1834, 
marié, le i5 Février 1860, avec Maria-Auguftine-Élifabeth de Maubué, fille d'An- 
toine, Officier de la Légion d'honneur, Ingénieur en chef des Ponts & Chauffées, 
& de Sabine Prévoft de Sanfac de Touchimbert {voir ci-après, p. i3), dont il a : 

1. Henri-Auguste-Marie-Joseph, né le i3 Avril 1861. 

2. Jehan-Charles-Marie, né le 10 Mars 1864. 

3. Marie-Joseph, né le 12 Juillet 1 865, décédé le 6 Août 1881. 

4. Hilaire-Marie, né le 14 Janvier 1869. 

5. Louis-Marie-Antoine, né le 2 Mars 1880. 

6. Clotilde-Marie-Radégonde, née le 19 Novembre 1862, mariée, le 25 Octo- 

bre 1880, à Georges-Gabriel- Antoine de Lestang. 

7. Marie-Isabelle-Suzanne, née le 6 Avril 1867. 

8. Marie-Sabine-Radégonde, née le 17 Février 1871. 

9. Maria-Suzanne, née le 19 Avril 1873. 

10. Marguerite-Marie, née le 3o Janvier 1876. 

[à] Réfidence : Poitiers. 

[b] Réfidence : Château de Saint-Bernard, par Baignes Sainte-Radegonde (Charente). 



i2 PREVOST ou PRÉVOST. 



526 



XX. DEGRE. 

Francois-Ernest Prévoit deSanfac de Traverfay, dit le Baron de Traverfay (a), 
ancien Garde général des Eaux & Forêts, né le 24 Février i836, marié, à Evreux, 
le 18 Juin 1861 , avec Marie-Berthe de Postel, décédée le 17 Octobre 1869, fille de 
Jofeph-Frédéric, & de Sophie-Pauline Dufour de Quetteville. De ce mariage : 

1. Conrad-Joseph, né le 8 Novembre 1864. 

2. Çharles-Guy, né le 6 Août 1866. 

3. Marie-Pauline, née le 6 Mai 1862, mariée, le 2 Décembre 1882, à Hermann- 

Louis, Marquis de Courseulles, Vicomte de Barbeville. 

4. Henriette-Thérèse, née le i5 Juin 1868. 



XX. DEGRE. 

Jules-Marie Prévolt de Sanfac de Traverfay (b), Lieutenant aux Zouaves Ponti- 
ficaux, décoré de la croix commémorative Fidei & virtuti , dite deMentana, & de 
la médaille d'or Beiie merenti, Chevalier de Pie IX. Né le i cr Mars 1847, ^ entra 
au fervice du Saint-Siège au mois de Février 1867, affûta à la bataille de Mentana 
le 2 Novembre fuivant & au fiège de Rome; puis, après la prife de cette ville par 
les Piémontais le 20 Septembre 1870, rentra en France avec fon régiment, lequel, 
fous les ordres du Baron de Charrette , prit une part glorieufe aux luttes de l'armée 
de la Loire contre les envahiffeurs de la Patrie. Jules-Marie de Traverfay était au 
combat d'Orléans le 1 1 Octobre, à celui de Brou le 25 Novembre, & le 2 Décembre 
à Loigny, où il fut bleffé. Il a été marié, au château de Moncé (Loir-&-Cher), par 
Sa Grandeur M-' Pie, Evêque de Poitiers, le 10 Février 1872, à Charlotte-Catherine- 
Marie-Jeanne de Lavau, fille de Guy-Jofeph-Henri-Gafton, & d'Antoinette-Cathe- 
rine-Valentine Asselin de Villequier. De ce mariage : 

1. Pierre-Marie, né le 10 Janvier 1876. 

2. Marie-Thérèse, née le 24 Janvier 1873. 

3. Yvonne-Marie, née le 21 Juin 1874. 

4. Marie-Germaine, née le 17 Septembre 1877. 

5. Marie-Pia-Madeleine, née le 22 Avril 1879. 

6. Marie-Hubertine-Élisabeth, née le 3o Mars 1881. 

7. Marie-Clothilde-Valentine, née le 19 Août 1882. 

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BRANCHE DE TOUCHIMBERT DE LONDIGNY 

en France (c). 

XIX. DEGRÉ. 

Je an- Auguste Prévoit de Sanfac, Marquis de Touchimbert (d) } dont le huitième 

la) Réfidence : Poitiers. 

(b) Réfidence : Château du Boux, par Rom (Deux-Sèvres). 

(c) Confulter, pour plus de détails fur cette branche & les branches qui iuivent : l'ouvrage de Beauchet-Filleau, 
Did. généal. des familles de l'ancien Poitou, & le Dictionnaire de la Noblejfe de La Chenaye-Desbois. 

(d) Fils d' Auguste-François, dit le Marquis de Touchimbert, Page du Roi en la Grande Ecurie en 1 749. 



527 PREVOST ou PRÉVOST. i3 

aïeul fut Aymard Prevoft, fils aîné de Jean, cité au VIP degré des preuves de no- 

bleffe faites devant d'Hozier en i683 par François Prévoft de Traverfais, & au 

IX e degré de la prélente généalogie, né le 22 Février 1776, eft mort en 1849, & a 

lailTé de Jeanne-Agathe de Lesmerick d'Eschoisy, qu'il avait époufée le 16 Avril 

i8o5 : 

t . Auguste-Léopold Prévoft de Sanfac, Marquis de Touchimbert (a), chef de la 

branche aînée en France, né le 1 3 Avril 181 7, qui époufa, en i85o, Nathalie 

de Loyac , dont une fille : 

Louise-Marie, qui a époufé le Comte Alfred de Lameth. 

2. Charles-Alfred {b), né le 21 Février 1824, marié à Suzanne Sallentin, dont 

une fille : 

Marguerite, mariée au Comte Jean de Sesmaisons, Chef d'efcadrons 
de cavalerie. 

3. Sabine, née le 9 Avril 1807, mariée en 1 833 à Antoine de Maubué, Ingénieur 

en chef des Ponts & Chauffées, décédée le 20 Janvier 1868. 



BRANCHE DE TOUCHIMBERT DE LA ROCHE-GROSBOIS, 

a la Guadeloupe. 

XVII. DEGRÉ. 

Jean Prevoft, Chevalier, Seigneur de la Roche-Grosbois, jeune frère d'Au- 
gufte Prevoft, auteur de la branche de Londigny, en France, & deicendant au 
VIII e degré d'AYMARD Prevoft, fils de Jean (c), fut Fauteur de la branche de la 
Roche-Grosbois, établie à la Guadeloupe, & qui eft repréfentée par : 

Louis Prévoft de Sanfac de Touchimbert & Gabrielle, enfants de fon arrière- 
petit-fils Jean-Casimir-Eloi, né en 1818, Procureur impérial à la Pointe-à-Pitre 
(Guadeloupe), mort à Poitiers le 5 Février 1866. 

Henri, né en 1826, frère puîné de Jean-Cafimir-Eloi. 

Ferdinand, né en i833, marié à N. Reboul, dont un fils & deux filles. 

Adèle, née en 1816, mariée en i836àN. Bentier de Lartigues. 

Eugénie, née en 1822. 

Amélie, née en 1824, & Virginie, née en i83o. 

Et par le coufin germain de Jean-Cafimir-Eloi : 

Jean-Henri-Ferdinand Prévoft de Sanfac de Touchimbert, dit le Comte Sanfac 
de Touchimbert, né le 7 Novembre 1820, ancien Conleiller général du can- 
ton fud de Poitiers, Confeiller municipal de la ville de Poitiers, marié, le 
22 Avril 1832, à Célie de Clervaux. 

(a) Réfidence : Château de Londigny, par Ruffec (Charente). 

(b) Réfidence : Château de Boifchapeleau, par Coulonges-fur-1'Autife (Deux-Sèvres). 

(c) Voir au IX degré de la généalogie ci-defl'us. 



i4 PREVOST ou PRÉVOST. 



528 



BRANCHE DE LA VAUZELLE, 

en France. 

XX. DEGRÉ. 

Cette branche eft repréfentée par la defcendance de Jacques-Thimoléon : 
1. Germain-Pierre-Ernest Prévoit de Sanfac, Marquis de la Vauzelle, dont 
letrifaïeul fut Louis Prévoft, fils de François (a), eft décédé le 2 Avril 1 87 r , 
laifïant de fon mariage avec Stéphanie-Louife-Camille de Drée : 

I. Thimoléon-François-Germain-Henri Prévoft de Sanfac, Marquis de 
la Vauzelle, né le 20 Novembre i85o, Sous-Lieutenant au 19 e régiment 
de chalTeurs. 

II. Charles-Louis-Marie-Georges, né le 8 Décembre 1 853. 

III. Marie-Marguerite, née le 19 Mars i852, décédée le 16 Septembre 
1879. 

IV. Marie-Henriette-Berthe, née le 22 Oclobre 1857, mariée, le 3 No- 
vembre 1880, au Comte Alexandre de la Baume. 

2. Henri-Joseph-Honoré, né le 27 Novembre 1828, qui a époufé Marie-Elvire 

DE LA BORDÈRE. 

3. Marie-Marguerite-Éléonore-Mathilde, mariée à Paul Pallarès de Fer- 

nandez, Officier de Charles V d'Efpagne. 

4. Esther, née jumelle avec la précédente, mariée à Charles Guignard de 

Germond. 

Germain-Pierre-Erneft avait un frère aîné, François-Charles-Cyprien-Thi- 
moléon, marié, le 14 Juillet 1846, à Marie-Yolande-Jeanne Guignard de Ger- 
mond, mort, en Juillet 1 85 1 , au château de Puybottier, dont: 

I. Marie-Marguerite-Jeanne-Rachel, née le 14 Juin 1847. 

II. Anne-Marie-Ernestine-Blanche, née le 29 Septembre 1848, décédée. 

Alliances. — La Maifon Prévoft s'eft alliée aux d'Abzac, d'Appelvoisin (Mar- 
quis delà Roche du Maine), d'Archiac, de Beaupoil, Bellivier de Prin, de Bour- 
deilles, de Brosse (Vicomtes de Limoges), de Chabans, Chapt de Rastignac, 

COULARD DE PuYRENARD, GRIFFON DU BELLAY, DE GrIMOUARD DE VlLLEFORT, DE LA 

Haie-Montbau, Lalluyeau d'Ormay, de Lameth-Bussy, de Maillé-Brézé, de 

MONTBRON, DE MOULINS-ROCHEFORT , LE MOYNE DE SÉRIGNY, DU QUESNE, DE Re- 
CHIGNEVOISIN DE GuRON, DE LA RûCHEFOUCAULT , DU ROUSSEAU DE FaYOLLES, DE 

Talleyrand de Grignols, de Tascher de la Pagerie, DE Turpin, DE Vasselot 
de Régné, de Vassoignes, &c, &c. 

(à) Voir au XV'' degré de cette généalogie. 




529 



de PUTECOTTE de RENÉVILLE, 

Anciens Seigneurs de Réveillon, de Neuvilette , de Renévillc , du Mefnil , 

d'Argences, &c. 

en NORMANDIE et en DAUPHINÉ. 




D'Argent au Chevron de Gueules, accompagné en chef de 6 Rofes, pofées 2 & 1 en chaque 
canton, & en pointe d'un Lionceau, le tout du même émail. Devise : Virtute & Jujlitid. 

La famille de Putecotte, dont le nom eft auffi orthographié dans les titres Putecofle, 
Puttecojle & Pudecofie, poffédait des fiefs en Normandie à une époque reculée. 

Richard de Putecotte fit aveu de fon fief de Réveillon au Comte d'Alencon, le 
28 Janvier 1397. 

Louis de Putecotte, Seigneur de Réveillon & d'Argences, pour fatisfaire à l'or- 
donnance des CommifTaires délégués par le Roi pour les faits de la réformation, 
produifit fes titres, le 29 Juillet 1577, devant Hardy, Greffier en l'élection d'Ar- 
gentan, & y fit dreffer une généalogie où il établit fa filiation non interrompue à 
partir dudit Richard (a). 

On commence ici une filiation régulière de cette famille par : 

PREMIER DEGRÉ. 

Jérôme de Putecotte, petit-fils du précédent, Seigneur de Réveillon, de Neuvi- 
lette, de Renéville, &c, époufa, par contrat du 20 Août 1644, Demoifelle Efther 
de Saint-Germain, fille de Mefïire Jean-Paul de Saint-Germain, Chevalier, Sei- 
gneur & patron d'Athis, & de Demoifelle Gilette de Renéville. 11 fut maintenu dans 
fa nobleffe, comme iffu de noble & ancienne extraction , par jugement des Com- 
mifTaires du Roi, du 27 Août 1666 (b). De fon mariage, il eut un fils, qui fuit. 

IL DEGRÉ. 

François de Putecotte, Ecuyer, Seigneur de Renéville, époufa, par contrat du 
8 Février 1696, Demoifelle Marguerite Gouhier, fille de Jacques Gouhier de 

(a) Une copie du temps de cette généalogie & de fes preuves à l'appui fe trouve entre les mains de la famille. 

(b) Doffier de la famille au Cabinet des titres de la Bibliothèque Nationale. — De Courcelles, Diâionnaire 
univerfel de la Nobleffe de France, t. IV, pp. y3-g4. 



Regijire feptième. 



67 



de PUTECOTTE de RENÉVILLE. 5 3o 



Bonneval. Il fit enregiftxer fes armoiries en la généralité d'Alençon, le 20 Décembre 
1696; lefditcs armoiries font indiquées dans une ordonnance rendue, le 12 Juillet 
1697 Ça), par les Commiffaires généraux députés ad hoc, à la fuite de quoi un brevet 
lui en fut délivré par Charles d'Hozier, le i er Août de la même année. De fon ma- 
riage, il eut, entre autres enfants, un fils, qui fuit. 

///. DEGRÉ. 

Louis de Putecotte, qualifié Marquis de Renéville Çb), Seigneur du Mefnil & 
d'Argences, époufa Demoifelle Henriette-Renée de Marguerie, dont il eut trois 
fils, qui fuivent : 

1. Louis-Charles de Putecotte, Écuyer, Marquis de Renéville, né en 1742, 

Garde du corps du Roi, Capitaine au régiment de Chartres, cavalerie, en- 
fuite Colonel, Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, mort fans enfants en 
1819. 

2. Henri-Charlemagne de Putecotte, Chevalier, qualifié Comte de Renéville, 

dont la defcendance eft encore fixée en Normandie. 

3. Alexandre-François, auteur de la branche cadette, qui fuit. 

IV. DEGRÉ. 

Alexandre-François de Putecotte, Chevalier, & puis, à la fuite du décès de 
faîne de la famille, qualifié Comte de Renéville Çc), né le 24 Septembre 1748. 11 
obtint un certificat de d'Hozier de Sérigny, le 12 Avril 1760, pour être admis à 
fÉcole royale militaire, & devint fuccefïivement Lieutenant au régiment d'Angou- 
mois, infanterie, en 1775, Capitaine audit régiment en 1781, Colonel, Chevalier 
des ordres de Saint-Louis & de Saint-Lazare. Depuis fon mariage, qu'il avait 
contracté, le 21 Mars 1775, avec Demoifelle Marianne Second, fille de M. Second, 
Avocat à Grenoble, il s'était fixé en Dauphiné. 11 eft mort à Touloufe, laiffant de 
fon union, entre autres enfants : 

1. Pierre-Charles-Alexandre, mort vers 1825, fans laiffer de poftérité. 

2. Henri-Charlemagne, qui continue la filiation. 

3. Pierre-Alexandre-César, né le 26 Novembre 1785, auteur de la troifième 

branche, dont il fubfifte encore des repréfentants. 

V. DEGRÉ. 

Henri-Charlemagne de Putecotte, Comte de Renéville, né le 16 Juin 1781, 
époufa, le i5 Novembre 1821, Demoifelle Charlotte Pasquet de Montalban. Il 
mourut en 1 855 à Grenoble, ne laiffant de fon mariage qu'un fils, qui fuit. 

VI. DEGRÉ. 

Charles-Alexandre-Gabriel-Henri de Putecotte, Comte de Renéville, né le 
27 Février 1824, a époufé, en Août i855, Demoifelle Nathalie Giroud-Perier, 
dont font iffus : 



(a) Produite en copie. 

(b) Qualifié ainfi dans le contrat de mariage de fon fils Alexandre-François, produit en copie légalifée. 

(c) Qualifié ainfi dans les contrats de mariage de fes fils, produits en copies légalifées. 



53i 



de PUTECOTTE de RENÉVILLE. 



i. Paul-Henri de Putecotte de Renéville, né à Grenoble le 3o Septembre r 856. 

2. Gabriel-Alphonse-Ludovic, né à Grenoble le 4 Octobre 1857. 

3. Louis-Antoine-Edmond, né à Grenoble le 19 Novembre 1 858. 

4. Jeanne-Antoinette-Valentine, née à Grenoble le 27 Février 1864. 




533 



de REDON, 



Anciens Seigneurs des Fojjes, de Maufonville, des Maifons nobles de la Chapelle 
& de Foujjeries, de Montplaifir & de Las Caffagnes. 

en CONDOMOIS et en AGÉNOIS. 




D'Azur à deux Tours d'Argent, pofées lune à côté de l'autre. 



La généalogie de cette famille, drelTée par d'Hozier, d'une manière affez complète, 
eft inférée dans la 2 e partie du V e Regiftre de cet Armoriai, pages 947-958. 
Cette famille s'efl divifée en plufieurs branches, dont la plupart femblent éteintes. 
Nous ne donnerons ici que la continuation de la branche principale à partir de : 

VIII. DEGRÉ. 



Sébastien de Redon, Écuyer, Seigneur des Foffes & de Maufonville, a fervi dans 
la féconde compagnie des Moufquetaires du Roi depuis le i er Mars 1734 jufqu'au 
i er Janvier ij3j (a). Il époufa, par contrat du 20 Novembre 1738 (b), Demoifelle 
Elifabeth du Long, fille d'Antoine du Long & de Demoifelle Jeanne Baissière. De 
ce mariage font iffus : 

1 . Sébastien-Marc-Antoine de Redon des Foffes, Écuyer, Cornette dans le ré- 

giment de Flamarens-dragons, Chevalier de Tordre royal & militaire de 
Saint-Louis, né le 19 Juillet 1742 (c). 

2. Gratien-Félix de Redon des Foffes, Ecuyer, né le 27 Août 1747 {d), mort 

en 1824, laiffant une fille unique mariée à Tonneins, à M. Arbanèze. 

3. Joseph-Adrien de Redon, Écuyer, né le 3o Octobre 1749 (e), mort fans pofté- 

rité. 

4. Sébastien, qui fuit. 

5. Jeanne de Redon des Foffes, née le 29 Octobre 1739 (J), Religieufe de la 

Vifitation d'Agen, morte en 1816. 

6. Marthe-Marguerite de Redon des Foffes, également Religieufe de la Vifita- 

tion d'Agen, née le 29 Juillet 1741 (g). 



(a) Prouvé par un certificat du 3i Mai 1737, produit en original. 

(b) Original. 

(c) (d) (e) (f) {g) Extraits baptifteres délivrés en forme. 



de REDON. 



534 



7. Thérèse-Foy-Angélique de Redon des Foffes, née le 25 Janvier 1743 (a), 

& morte en 17 — 

8. Jeanne-Anne de Redon des Foffes, née le 16 Mars 1744 (£), décédée en 1824. 

IX. DEGRÉ. 

Sébastien de Redon, Écuyer, né le 28 Janvier 1759 (c), ancien Officier fupérieur 
au régiment de Dauphin-dragons, émigra le 16 Avril 1792 & fervit à l'armée de 
Condé; nommé Chevalier de Saint-Louis le 8 Décembre 1799, il eft décédé à Metz 
(Mofelle) le 23 Novembre i833. Il avait époufé, par contrat du 18 Avril 1789, De- 
moifelle Catherine Hanès. De ce mariage eft iffu : 

X. DEGRÉ. 

Sébastien-Adrien de Redon, Écuyer, né le 26 Février 1790, ancien Officier de 
cavalerie, nommé le 14 Juillet 181 3 Chevalier de la Légion d'honneur. Il eft: décédé 
à Metz le 21 Juillet i858, après avoir époufé, par contrat du 24 Mai 1823, Demoi- 
felle Catherine Pacotte, de laquelle vinrent : 

1. Sébastien-Ernest de Redon, né le 11 Février 1824, décédé le i er Janvier 

1825. 

2. Henri, qui fuit. 

3. Adrienne de Redon, née le 1 1 Mars 1825, mariée, le 17 Janvier 1846, à Ar- 

thur-Alexandre Lefebvre deLadouchamps.EIIc eft: décédée le 28 Mars 1847. 

XI. DEGRÉ. 

Henri de Redon, né le 21 Octobre 1826, marié, le 7 Avril i858, à Demoifelle 
Marie-Albertine Goullet de Rugy (d). Décédé au château de Moncel (Meurthe-&- 
Mofelle), le 28 Mars 1880. De cette alliance font iffus : 

1. Sébastien-Albert, qui fuit. 

2. Madeleine-Amélie, née le 3 Février 1859, mariée, le 7 Juin 1882, à Jofeph 

Esquirou de Parieu. 

3. Marie-Lucie-Elisabeth, née le 20 Avril 1867. 

XII. DEGRÉ. 

Sébastien-Albert de Redon, chef actuel de la famille, né le 5 Juillet 1860, 
a époufé, le 3 Décembre 1 885, Demoifelle Thérèfe-Caroline Piquemal. De cette 
alliance font iflus : 

1. Marie-Charles-Henri, né le 6 Août 1888, décédé le 28 Janvier 1889. 

2. Dieudonné-Jean-Guillaume-Michel, né le 23 Octobre 1898. 

3. Marguerite-Joseph-Odette, née le 24 Février 1891. 

(a) (Jb) (c) Extraits baptiltères délivrés en forme. 

{d) Voir plus haut, dans le même regiltre, la généalogie de cette famille. 




535 



REHEZ D'ISSONCOURT, 

COMTES DE SAMPIGNY, 

Anciens Seigneurs d'ijjoncourt, du Mefnil-la-Horguc, de Sampigny, Marbotte, 
Mi'iering; d'Effiat, BuJJièrcs , Denones , Olhat , Prun, Chantcloup & autres 
lieux. 

en LORRAINE et en AUVERGNE. 




De Gueules au Sautoir d'Argent. 

Cette famille d'ancienne nobleffe eft originaire du Barrois. Elle s'établit d'abord 
à Saint-Mihiel où elle a été maintenue dans fa Nobleffe d'extraction par Lettres 
patentes du 27 Octobre 1661. De là elle vint fe fixer en Auvergne d'où elle s'eft ré- 
pandue en Bourbonnais & en Vivarais. Suivant les Lettres patentes de 1 661, la filia- 
tion non interrompue remonte à : 

PREMIER DEGRÉ. 

Nicolas Rehés, qualifié Écuyer dans fon contrat de mariage vifé dans les 
Lettres patentes de 1661. Il époufa une Demoifelle dont on ignore le nom, & eut 
pour fils : 

//. DEGRÉ. 

Antoine Rehés, Écuyer, Capitaine d'un corps de cavalerie, fut marié par con- 
trat du i5 Novembre 1 5g8 (a). On ignore le nom de fa femme. Il eut de fon mariage : 

///. DEGRÉ. 

Jean Rehés, Ecuyer, baptifé le 4 Mars 1600. 11 eut, d'un mariage contracté le 
20 Oclobre i63o (b) : 

IV. DEGRÉ. 

Jean Rehés, II e du nom, Écuyer, fut déclaré Gentilhomme & maintenu dans fa 
Nobleffe par Lettres patentes données à Bar le 27 Octobre 1661, par Charles de 
Lorraine & enregiltrées le 5 Décembre fuivant à la Cour fouveraine de Lorraine. 

{a) Lettres patentes de 1661, vifées dans les Lettres de reconnaill'anec de Nobleiïe de 1724 ; archives de la 
famille. 
(b) Vifé dans les Lettres patentes de 1724. 



2 REHEZ D'ISSONCOURT. 



536 



11 fit enregiftrer fes armes dans l'Armoriai général de Lorraine, p. 149, n° 19. Il 
époufa Marie Hallot, dont il eut : 

V. DEGRÉ. 

Louis-Ignace Rehés ou Reliez, Chevalier, Seigneur d'Iffoncourt, de Sampigny 
& du Mefnil-la-Horgue, haptifé à Saint-Mihiel le dernier Mai 1671. Il fut Secrétaire 
d'État & Garde des fceaux du Prince de Vaudemont, & Surintendant de fes finances, 
Confeiller au Parlement de Metz & Confeiller d'État du Duc Léopold de Lorraine, 
par brevet daté de Lunéville le 29 Avril 1708. Le Duc Léopold lui fit don & à 
fa femme du village de Marbotte, fitué en la prévôté d'Afpremont, avec haute, 
moyenne & baffe juftice, avec droit de chaffe fur le ban & finage de Mézering, 
dont la haute juftice ainfi que celle du lieu de Marbotte furent unies & incorporées 
à la terre & feigneurie de Sampigny créée en titre & dignité de Comté, par 
Lettres patentes du i3 Juin 171 2, regiftrées le 19 Novembre fuivant en la Chambre 
des Comptes de Lorraine (a). Aux termes de ces Lettres, en cas d'abfence d'héritiers 
mâles, le Comté de Sampigny devait retourner à la Couronne. Il fut pourvu 
du gouvernement des ville & principauté de Commercy, par brevet du 3 Mai 
17 14, regiftré en la Chambre des Comptes de Lorraine le 8 Novembre fuivant. 
Par Lettres patentes en date du 17 Février 17 17, le Duc de Lorraine l'auto- 
rifa à changer fon nom de Rehe\ en celui de Sampigny, pour lui , fa femme & 
fes enfants mâles & femelles (b). Il vint s'établir en Auvergne peu de temps après, 
& il obtint du Roi, le 2 Mai 1723, des Lettres de naturalité (c), pour lui, fa femme 
& fa famille, & l'année fuivante il fut maintenu dans fon ancienne Nobleffe d'ex- 
traction par Lettres patentes données à Verfailles au mois d'Août 1724 (d). Il fut 
pourvu d'un Office de Secrétaire du Roi, par provifions données à Paris le i5 Fé- 
vrier 1725, pour jouir des privilèges attribués audit office. Il obtint du Duc d'Or- 
léans, par retrait féodal, la terre 8c marquifat d'Efflat, qui lui fut adjugée par brevet 
du Duc, en date du 16 Mars 1728. Il mourut avant le 26 Juin 1743. 

Il avait époufé, par contrat paffé le 24 Décembre 1693, devant Robert, Notaire 
royal à Saint-Mihiel, Henriette-Claire Olryot de Jubainville, fille de Meffire 
Charles Olryot de Jubainville, Écuyer, Lieutenant général civil & criminel au 
bailliage de Saint-Mihiel, & de Marie Millet. Il eut de ce mariage : 

1. Gabriel-François, qui fuit. 

2. François-Charles, auteur d'une branche fixée en Vivarais. 

3. Ignace-Hyacinthe, Meftre de camp de cavalerie & Maréchal de logis des 

moufquetairesdu Roi, Chevalier de l'Ordre royal & militaire de Saint-Louis, 
mort fans alliance en 1775. 

4. Jean-Baptiste, mort fans alliance en 1772. 

5. Charles-Henri, mort jeune. 

VI. DEGRÉ. 

Gabriel-François, Comte de Sampigny, Seigneur d'Effiat, Buffières, Denones, 
&c, baptifé le 21 Septembre 1697, fuivit la carrière des armes dans laquelle il fe 
diftingua. Il époufa, par contrat paffé le 17 Mars 1732, devant Verdezun, Notaire 
royal à Riom, Antoinette de Vernaison, fille de Meffire Amable-François de Ver- 

(a) Vifées dans les Lettres de reconnailîance de Nobleffe de 1 724. 
\b) Vifées dans les Lettres de reconnaiffance de Nobleffe de 1 724. 
(c) [d) Expédition en parchemin; archives de la famille. 



5?: 



REHEZ D'ISSONCOURT. 



3 



maison, Chevalier, Tréforier général de France au bureau des Finances de la 
généralité de Riom, & de Jeanne d'EYDiER. De cette union vinrent : 
i. François-Charles, qui fuit. 

2. Ignace-Hyacinthe, Capitaine au régiment de Royal-marine, Lieutenant des 

Maréchaux de France en la SénéchaulTée de Riom, Chevalier de l'Ordre 
royal & militaire de Saint-Louis. Auteur d'une branche fixée en Bourbon- 
nais. 

3. Victor, Chevalier, Lieutenant général en la Sénéchauffée d'Auvergne & fiège 

préfidial de la ville de Riom, mort fans alliance. 

4. Jean-Baptiste, Officier de dragons, mort fans alliance. 

5. Jeanne-Antoinette, mariée, par contrat du 3 Mars 1752, à Michel- Amable 

Ferrand de Fontorte, Ecuyer. 

VII. DEGRÉ. 

François-Charles, Comte de Sampigny, Seigneur d'Effiat, Denones, &c, &c, 
né le 16 Avril 1736, fut Capitaine au régiment de Durfort par brevet du 4 Sep- 
tembre 1750. Il époufa, par contrat paffé devant Nicolas Priard, Notaire royal à 
Chaumont en BafQgny, Louife-Éléonore de Saint-Belin, fille de Louis-François 
de Saint-Belin, Chevalier de l'Ordre royal & militaire de Saint-Louis, & de An- 
toinette-Paule de la Magdeleine-Ragny. De ce mariage font iffus : 

1 . Dominique-Louis-François, Chevalier de l'Ordre royal & militaire de Saint- 

Louis, qui, de fon mariage avec MademoifelleGabrielle-Catherine-Charlotte- 
Amable-Euphrafie de Chardon de Rochedagoux, n'a eu qu'une fille : 
Gabrielle-Catherine, mariée, au mois de Février 1827, à Erneft de 
Rosnyvinen, Comte de Pire. 

2. Ignace-Hyacinthe, qui fuit. 

3. Hyacinthe-Ignace, dont la defcendance eft rapportée plus loin. 

4. Marie-Emilie, mariée à Jean-Louis, Comte de Sarrasin. 

VIII. DEGRÉ. 

Ignace-Hyacinthe, Comte de Sampigny d'Ilfoncourt, Chevalier de l'Ordre de 
Malte & de l'Ordre royal & militaire de Saint-Louis, né le 10 Février 1775, mort le 
26 Juillet i858. Il avait époufé, par contrat paffé le 3o Août 1807, devant Boutai, 
Notaire à Riom, Marie-Thérèfe-Clémentine de Viry du Montheil, fille de Jean- 
Baptifte-André Artaud de Viry & de Marguerite Garnier. De ce mariage font 
iffus : 

1 Louis-François-Dominique, qui fuit. 

2. Marguerite-Clémence, mariée à Charles-Félix Guyot, Marquis de Saint- 

Amand. 

3. Pauline, mariée à Eugène Duroc, Marquis de Brion. 

IX. DEGRÉ. 

Louis-François-Dominique, Comte de Sampigny d'Iffoncourt, né le 1 3 Mars 18 16, 
marié, par contrat du 29 Septembre 1844, paffé devant M es Philibert Mollie & Jé- 
rôme Labroffe, Notaires à Clermont, à Ktiennette-Augufrine de Vichy, fille de 
Marc-Armand-Théodore, Marquis de Vichy, & de Marie-Pauline-Aurélie Thibault 
de la Carte de la Ferté-Senneterre. De ce mariage eft iffu : 



Regifire feptième. 



68 



4 



REHEZ D'ISSONCOURT. 



5 31 



X. DEGRÉ. 

Étienne-Louis-Ignace-Hyacinthe, Comte de Sampigny d'iffoncourt, né le 
28 Juin 1846, marié, le 19 Mars 1881, à Blanche-Pauline-Jeanne Débonnaire de 
Gif, fille d'Adrien Débonnaire, Vicomte de Gif, & de Marie des Maisons. 



VIII. DEGRE. 

Hyacinthe-Ignace, qualifié de Comte de Sampigny, marié en 1798 à Marie- 
Anne-Zulime de Veyny d'Arbouse, fille de Paul-Auguffin, Marquis de Veyny 
d'Arbouse, & de Mademoifelle Malet de Vandègre. De ce mariage font ifïus : 

1. François-Charles-Achille, qui fuit. 

2. Éléonore-Pauline-Augustine-Louise-Malvina-Célinie, mariée, le 6 Janvier 

1822, à Pierre Andrieu, ancien Capitaine des gardes-françaifes. 

3. Claire-Zénaïde, mariée, au mois d'Août 1824, à Jofeph de Beaufort, Baron 

de Gellenoncourt, ancien Capitaine de la garde royale. 

IX. DEGRÉ. 

François-Charles-Achille, Comte de Sampigny, marié, le 29 Janvier 1827, à 
Antoinette-Louife de Trenqualye, fille de Anne-Alexis, Baron de Trenqualye, 
Chevalier de l'Ordre royal & militaire de Saint-Louis, Commandeur de l'Ordre de 
la Légion d'honneur, & de Marie-Amélie Sablon du Corrail. De ce mariage 
eft né : 

X. DEGRÉ. 

Ernest, Comte de Sampigny, marié, par contrat du 3 Mars i856, à Marie de 
Longueil, fille du Marquis de Longueil & de Mademoifelle Verdier du Barrât. 
De ce mariage font nés plufieurs enfants, entre autres : 

Raoul de Sampigny, né en 1837. 

Outre les alliances déjà citées, la famille de Sampigny en a contracté avec les 
fuivantes : 

d'Assigny, de Barthélémy, de Fagand, de Cambis-d'Orsan, de Bengy-Puy- 
vallée, de Forget, de Lelorgne d'Ideville, de Chasteigner, deBovis, 8cc, &c. 




53q 



de REI'SET, 



Famille originaire de Lorraine, établie en BOURGOGNE an XV & fiècle; en 
1470 dans le Comté de Ferrette, en ALSACE; & en NORMANDIE au 
XIX e fiècle. 




D'Azur à un Croijfant d'Argent, fur monté d'un Trèfle d'Or & foutenu d'une Colline de trois 

coupeaux du même. Devise : Faire fans dire. 

Cette famille, ancienne dans la Haute-Alface, où elle rempliflait héréditairement 
plufieurs charges d'adminiftration & de finances, y était établie fur plufieurs 
points, notamment dans le Comté de Ferrette, du Sundgaw, fief relevant primitive- 
ment de l'Empire, & paifé à la Maifon de Bourgogne au commencement du XV e fiè- 
cle, ce qui explique comment on trouve, dès cette époque, des Reifet attachés à la 
Cour des Ducs de Bourgogne & propriétaires dans la Franche-Comté; foit qu'ils en 
foient primitivement originaires, & que les puiffants Princes au fervice defquels ils 
fe trouvaient, aient envoyé quelqu'un d'eux adminiftrer en Alface le Comté de 
Ferrette, où leur poftérité ferait reffée établie; foit que les Reifet, Alfaciens, hono- 
rés ainfi de la confiance des Ducs de Bourgogne, aient été admis à placer quel- 
ques-uns de leurs enfants à la Cour de ces Princes. Cette double ramification dans 
les deux provinces eft de tradition dans la famille de Reifet. 

L 1 'Armoriai général de France de 1697, province d'Alface, & l' Indicateur nobi- 
liaire de d'Hozier font mention de cette famille (a), dont la plupart des parchemins 
font empreints du témoignage de la vérification du Juge d'Armes de la Nobleffe de 
France fous Louis XIV. 

La pièce la plus ancienne remonte à 1394 : c'eft une quittance donnée au nom de 
Robert Reifet, Ecuyer du Comte de Linange; puis vient un acle de 1399, qui porte 
le vifa de d'Hozier de Sérigny : cet acfe a pour objet la reconnaiffance des lieux fur 
lefquels il était dû feize fols de cens au Sire Jehan Reifet de Straubourch, Prêtre- 
Chapelain & Bourfier de la chapelle Saint-Paul fous le cloître de la cathédrale de 
Metz. Cette reconnaiffance, qui fut faite en vertu de l'autorité des Treize, était deftinée 
à fervir de nouveau titre aux Chapelains de Saint-Paul. 

« Le Sirez Jehans Reifet de Straubourch le preile chaippelain &. burcier de la chai- 
pelle Saint-Polz dexure le cloflre / du grand moffier por lui & pour ces compaignons 
Chaipelain de la dite chaippelle ait efteit conduit par Jehan / Aixiet fergent des xm 



(a) Bouillet, Diâionnaire ïlijlorique ; — Nouvelle Biographie générale (Firmin-Didot), tome XLI, col. 
935-936; — Almanachs d'Alface; — Hijloire d'Alface, par Schœpflin-Ravenez ; — Hifloire de la Rejlauration, 
par Vaulabelle; — Hijloire contemporaine, de Dauban; — Almanachs Royaux & Impériaux; le Moniteur &c. 



de REISET, 



340 



a commandement Symonnat Houdebrant pour trefes a la Maxon & a tout / 
ceS~u] qui appant qui cict en ftaixon qui fait Clemanfatte Werrel &a tout ceu enthie- 
rement for coy / les dis Chaipelain de Saint-Polz ont cheftan xvi fols de cens & 
que li firez Otthe li prefte Chaipelain & / borcier des chaippelain de Saint-Saluour 
& plufïieur aultres qui font Chaipelain de la dite chaipelle / Saint-Saivour ont efz- 
curier par les xin au deuant dit borcier de Saint-Polz. En fi tous le parchamin dou 
dit exurement le dift. Cift conduit fuft fais lou fécond iour dou / moix de deffembre 
quant il ot a mill. m. ccc. j", & xix ans / 

Symmonat Houdebrant ait .J. teil parchamin por trefes. 



d'H 



vu 

de Séria. 



Après ce document, fort intéreffant par fon ancienneté, les archives de Reifet con- 
tiennent une quittance du 24 Mai 1406, dans laquelle le Comte Jehan de Linange (à) 
« confeffe avoir reçu du Duc d'Orléans, par les mains de fon cher & féal Efcuyer 
de corps, Robert Reifet, la fomme de deux cents livres tournois ». 

Au 14 Novembre 142g, nous trouvons l'acte d'hommage de Henry Reifet, 
Ecuyer de Philippe-le-Bon, pour fa terre de Saint-Loup. 

« Phelippe / Duc de Bourgoingne / Conte de Flandres / d'Artois / de Bour- 
goingne / Palatin / & de Namur / Seigneur de Salins & de Malines / a tous ceulx 
qui ces prelentes lettres verront / falut : Savoir faifons que noftre ame & féal 
Efcuier d'efcuierie (Jb) Henry Reifet s'eft advoue devenu 6c rendu noftre homme féodal 
& liegc / comme Conte & a caufe de noftre dit Conte de Bourgoingne / & nous a fait 
foy & hommaige lièges de fes chaftel / terre & feigneurie de Saint-Loup (c) / enfem- 
ble de toutes leurs appartenances & deppendances / lefquelles par luy & fes fuc- 
ceffeurs Seigneurs & Dames dudit Saint-Loup feront tenuz perpetuelement en foy & 
hommaige lièges de nous & de nos fucceffeurs Contes & Conteffes de Bourgoingne / 
fauf noftre droit & l'autruy / & duquel fief ledit Henry fera tenu & nous a promis 
de bailler fa déclaration & dénombrement. dedens temps deu / & toutesfoys que 
requis en fera / & pour ce luy avons accorde & accordons de le tenir en fon bon 
droit dudit fief / comme noftre homme & fubget féodal & liège / ainfi corne de 
tous ce que l'en luy vouldra demander & dont on le vouldroit chargier / & auffi de 
obéir & faire tous devoirs / fervices que bon & loyal homme & fubget féodal & liège 
doit faire a fon Seigneur / tant a nous corne a nofdits fucceifeurs Contes & Contef- 
fes de Bourgoingne / & d'en bailler fes lettres / fous fon fcel / de promeffe & 
recepiffe / pour les mettre & garder en noftre treior a Lille ou a Diion / lefquelles 
ceftes feront de mot a mot incorporées. En tefmoing des chofes deffusdictes nous 
avons fait mettre noftre fcel a ces prefentes. Donne en noftre ville de Bruges / le 
xmi e iour de novembre fan de grâce mil cccc vingt & neuf. 

An dos ejî écrit : Par monf r le Duc / prefent le Prince d'Orenge / le Marefchal 
de Bourgoingne / le S r de Croy & plulieurs aultres prefens. » 

(a) Jehan, Comte de Linange, vivait encore en 1414. Il époufa Elfa, fille de Henri, Comte de Lvitzelfïein. 
Il était fils de Godefroy, qui avait époufé Marguerite, fille de Rodolphe, Margrave de Bade. (Johann Hiïbner, 
Genealogifche Tabellen; Leipzig, 1 708-1733 ; t. II, p. 1727.) 

(b) A la même époque le célèbre Lahire portait auffi ce titre. Il lignait ainfi : « Le tout voftre Eftienne de Vi- 
gnolles, dit Lahire, Efcuier d'Efcuierie du Roy. » 

(c) La feigneurie de Saint-Loup, que Henry Reifet poffédait au XV e fiècle, devait être, d'après Schneegans, 
l'ancien Granum, petite ville de la Haute-Saône, à fept lieues nord-oueft de Lure, de nos jours chef-lieu d'ar- 
rondilTement. Saint-Loup efl litué aux pieds des Vofges, fur la rive droite de l'Angronne, au milieu d'un beau 
pays. Louis XIV s'en empara lorfqu'il fit la conquête de la Franche-Comté. De favants généalogiftes belges 
penfent. au contraire, que Saint- Loup était une feigneurie importante des Flandres. 



3 4 I 



de REISET. 



Henry Reifet, Seigneur de Saint-Loup., dont un des fils était Écuyer du bon Roi 
René d'Anjou, fut envoyé en Alface lorfque le Comté de Ferrette fut engagé, de 1449 
à 1474, à Charles le Téméraire par F Archiduc Sigifmond d'Autriche. Il fe fixa dans 
ce Comté où fa poftérité s'établit. 

Les dites archives poïïèdent plufieurs titres concernant Guillaume Reifet, qua- 
lifié Noble & Écuyer, vivant à Ferrette en 1524; Louis Reifet, Lieutenant de 
Malïevaux à la fin du XVI e fiècle; Michel Reifet, de Froidefontaine, en 1622. On y 
rencontre, à la date du i3 Mai i6o3, un titre relatif au fief de Chavanatte qui, ainii 
qu'en fait foi un renouvellement de cette époque, pana, à l'extinction de Henry de 
Chavanatte, à la famille de Reinach, puis, le i5 iMai i685, dans les mains de Claude 
Reifet, qui fuit. 

PREMIER DEGRÉ. 

Claude Reifet, Seigneur de Chavanatte, Bailly de Montreux & de Rougemont, 
mort en 1707, époufa Anne-Efiher de Mougé (a) & en eut deux fils : 

1. Nicolas-Humbert, qui fuit. 

2. François-Joconde, Grand Bailly de Florimont, auteur de la branche des 

Barons de Reifet de Délie (b). 

II. DEGRÉ. 

Nicolas-Humbert Reifet, Seigneur de Chavanatte (c), Subdélégué du Roi à En- 
fisheim, Bailly de Sainte-Croix, du Bas-Landzer & d'Iffenheim, Officier de robe, 
Confeiller du Roi, Juge ordinaire au fiège prévôtal de la maréchauffée d' Alface, 
Infpecreur des forêts, Avocat au Confeil fouverain d'Alface, né en 1693, mort le 
20 Décembre 1758; marié, le 26 Décembre 1719, à Anne-Marie Hirsinger, née le 
i er Novembre 1699, morte le 3i Mars 1785, dont il eut, entre autres : 

1. Jean-Jacques, qui fuit. 

2. François-Xavier Reifet de Rosheim, Bailly d'Oberontzheim, Directeur de la 

Monnaie de Strasbourg, né en 1732, mort en 1793. Il avait époufé Marie 
de Beyerlé, fille du Directeur de la Monnaie de Strasbourg. De fon union 
vint, entre autres : 

Marie-Antoine, Moufquetaire du Roi, Chevalier de Saint-Louis, Gouver- 
neur de Valençay lors de la détention du Roi Ferdinand VII dans cette 
réfidence, mort Chef d'efcadron de gendarmerie. La Baronne d'O- 
berkirch parle de lui dans fes Mémoires. Voici le certificat qu'il reçut 

(a) La famille de Mougé a eu trois de fes membres qui ont occupé des charges de Confeillers au Confeil fouve- 
rain d'Alface. 

(b) La branche de Reifet de Délie était repréfentée dans ces derniers temps par : Edouard-Jean-Népomucène, 
Baron de Reifet, né en 1785, mort le 29 janvier 1867, Lieutenant-Colonel de Cavalerie, ancien Officier d'or- 
donnance du Roi Jérôme de Weftphalie, Aide de camp du Maréchal Ney, marié à Mademoifelle du Temple 
de Mézières. Ce dernier a eu également pour fille M me la Vicomteffe de Grandval, dont les compofitions 
muficales font fi connues & fi appréciées. C'eft fous le nom du Baron de Reifet que fut arrêté, le 5 Août 181 5, 
l'infortuné Maréchal Ney (Voy. Vaulabelle, Hijloire de la Rejlauration). 

(c) Nicolas-Humbert Reifet fut enterré à Colmar en l'églife des Dominicains, en face l'autel de la Sainte- 
Vierge, où fe trouve encore fon tombeau. Le fief de Chavanatte refta, de l'année i685 jufqu'à la Révolution, 
dans la famille de Reifet. Elle en acquit nouvelle pofTeffion au Directoire du diftrict de Belfort, le 26 Fructi- 
dor an III (12 Septembre 1795). Avant Claude Reifet, ce fief appartenait à Jean-Henri de Chavanatte, Ecuyer; 
celui-ci étant décédé fans enfants mâles, ce fief retourna dans la famille de Reinach, qui, à fon tour, le fit paffer 
dans celle des Reifet. — Chavanatte eft fituée à une heure des ruines du château de Florimont (Blumenbergl 
qui appartiennent au Comte de Reifet. En 1786. le Seigneur de Florimont était M. de Salomon, Premier Pré- 
fident du Confeil fouverain d'Alface, allié à la famille de Reifet . Ce fut lui qui tint fur les fonts baptifmaux 
Jacques-Louis-Etienne Reifet, Receveur général de la Seine-Inférieure, père du propriétaire actuel de Flo- 
rimont. 



4 de REISET. 542 

de d'Hozier de Sérigny, après production des preuves de noblefle pour 
obtenir, en 1778, une charge de Lieutenant des Maréchaux de France. 

« Nous Antoine-Marie d'Hozier de Sérigny, Chevalier, Juge d'armes 
de la Noblefle de France &, en cette qualité, Commiffaire du Roi pour 
certifier à Sa Majefté la noblefle des Élèves des Écoles-royales-militai- 
res, Chevalier-grand'croix-honoraire de l'Ordre royal de Saint-Mau- 
rice de Sardaigne, 

« Certifions que le Sieur de Reflet, Écuyer, ancien Moufquetaire de la 
garde du Roi, a prouvé devant nous, par titres authentiques, fa 
noblefle remontée à Guillaume Reifet, qualifié Noble & Écuyer, vivant 
à Ferrette en 1524, & qu'aux termes de la déclaration du Roi, du i3 de 
Janvier 1771, il peut, fous le bon plaifir de Sa Majefté, être pourvu, 
en qualité de Gentilhomme, d'une charge de Lieutenant de nos Sei- 
gneurs les Maréchaux de France. En foi de quoi nous avons délivré 
le préfent certificat, l'avons figné, & l'avons fait contrefigner par notre 
Secrétaire, qui y a appofé le fceau de nos armes. A Paris, le vendredi 
vingt-feptième jour du mois de Mars, de l'an mil fept cent foixante 
dix-huit. » 

{Signé) : 




III. DEGRE. 

Jean-Jacques Reifet, Seigneur de Chavanatte & de Boron {a), Subdélégué & Bailly 
des départements d'Enfisheim, Sainte-Croix, Thann & du Bas-Landzer, Avocat 
au Confeil fouverain d'Alface, Receveur général des Finances du département du 
Haut-Rhin, né le 10 Septembre 1730, mort en Novembre i8o3, avait époufé Marie- 
Thérèfe Carré de Beaudouin, née à Caen en 1732, morte à Colmar le i er Février 
18 17, dont dix-fept enfants, entre autres : 

1. Jacques-Louis-Étienne, qui fuit. 

2. Marie-Antoine, Vicomte (b) de Reifet, Lieutenant général, Lieutenant com- 

mandant des gardes du corps du Roi (compagnie de Gramont), Gentil- 
homme de fa Chambre, Grand-Officier de la Légion d'honneur, Comman- 
deur de l'Ordre de Saint-Louis, Grand'Croix de l'Ordre de Charles ïll 
d'Efpagne, né à Colmar le 29 Novembre 1773, mort à Rouen le 25 Mars 
i836. Son nom eft inferit à Verfailles & fur l'Arc de triomphe de l'Étoile. 
Le Lieutenant général Vicomte de Reifet avait époufé Mademoifelle Amé- 
lie de Fromont, dont il a eu plufieurs enfants, entre autres : 

Henry, Vicomte de Reifet, né à Paris le 16 Février i8i5, Receveur des 

Finances à Mayenne, décédé le 25 Février 1869, marié en i8:3à 

Blanche du Méril de Guiterie, dont : 

I. Henri, Vicomte de Reifet, né en i858. 

II. Blanche de Reifet, née en 1854, mariée en 1878 à André Vilfeu, 

ancien Magiftrat. 

(a) Le fief de Boron, en Alface, entra dans la famille de Reifet en 1776. 

(b) 11 reçut le titre de Baron le 25 Mars 181 3 & celui de Vicomte le 17 Août 1822. 



5 4 3 DE REISET. 



3. Louis Reifet, Capitaine de Dragons de la garde impériale, Officier de la 
Légion d'honneur, Chevalier de Saint-Louis, né en 1779, mort en i852, 
laiffant de fon mariage avec M Ue Branche de Tournus : 

I. Xavier, ancien Marin, né à Paris en 181 1, mort en 1 853. De fon ma- 
riage avec Demoifelle Charlotte Mougin, il a eu : 

1. Louis, Capitaine d'artillerie, né à la Guadeloupe le 2 Janvier 1848. 

2. Frédéric, né à la Guadeloupe le 6 Mars i852, Infpecleur de la 

Banque de France, marié, le 8 Juin 1882, à Jofie Downing. 
IL Augustine-Modeste-Hortense, née à Paris le 26 Août 181 3, mariée 
à fon coufin Marie-Frédéric, ancien Directeur général des Mufées 
nationaux, dont l'article eft plus loin. 

IV. DEGRÉ. 

Jacques-Louis-Étienne Reifet, Receveur général des Finances du département 
du Haut-Rhin, du Mont-Tonnerre & de la Seine-Inférieure, Régent de la Banque 
de France, Directeur de la Caiffe d'épargne de Paris, Membre de l'Académie de 
Rouen, Officier de la Légion d'honneur, Chevalier de Saint-Louis, né à Colmar 
le 29 Décembre 1771, mort à Rouen le 5 Février i835; marié, à l'églife Bonne- 
Nouvelle à Paris, le i5 Meffidor an XII (4 Juillet 1804), à Colette-Défirée-Thérèfe 
Godefroy, née à Paris le 4 Mai 1782, morte dans la même ville le 25 Février 
i85o, fille de Pierre-Profper-Emmanuel Godefroy, de Surefnes, mort à Mayence 
le 25 Novembre 18 19, & d'Ifabelle-Défirée-Jofèphe Laumond, née à Lille le 29 
Avril 1760, morte à Paris le 21 Mai 1847, fceur de Jean-Charles-Jofeph, Comte 
de Laumond, ancien Préfet de Strasbourg, d'Aix-la-Chapelle & de Verfailles, Con- 
feiller d'État, Directeur général des Mines, &c, mort à Paris le 8 Mars 1825. Dont 
font iffus : 

1. Jacques, né à Mayence le 20 Mai 181 1, ancien Receveur des Finances à 

Rouen, marié, le 19 Septembre 1857, à Clémence-Louife-Agélie Wilder, 
fille de M. Wilder, Maréchal de camp, Chevalier de Saint-Louis, Officier 
delà Légion d'honneur. Il eft décédé le 9 Juillet 1869. 

2. Marie-Frédéric, ancien Directeur général des Mufées nationaux, Officier de 

la Légion d'honneur, né à Oifelle, près Rouen, le 12 Juin 181 5, marié à fa 
coufine Augustine-Modeste-Hortense Reifet, Dame du Palais de S. A. 
I. Madame la Princeffe Mathilde. De cette union : une fille, Marie, née à 
Paris le 23 Août i836, mariée, le 9 Juillet 1857, à Adolphe-Louis-Edgard, 
Comte de Ségur-Lamoignon, Officier de la Légion d'honneur, ancien 
Premier Secrétaire d'Ambaffade & Député de la Meufe; dont : 

I. Louis, né le 8 Novembre 1860, Sous-Lieutenant des Spahis. 

II. Eugénie-Hortense-Valentine, née le i3 Avril 1859, mariée, le 1 1 Moi 
1880, à Adolphe-Marie de Moy de Sons, Marquis de Moy. 

III. Mathilde, née à Verfailles le 27 Août 1866. 

3. Jules, né à Bapeaume, près Rouen, le 6 Octobre 18 18, Officier de la Légion 

d'honneur, ancien Membre du Confeil général de la Seine-Inférieure & 
de l'Académie de Rouen, ancien Député de la Seine-Inférieure, Membre 
de rinftitut, Commandeur de TOrdre de Saint-Grégoire-le-Grand, marié, 
le 7 Juin 1847, à Juliette de Germiny, fille du Comte Charles de Germiny, 
ancien Miniftre des Finances, Gouverneur de la Banque de France, Séna- 
teur, & petite-fille de M. Humann, Miniftre des Finances du Roi Louis- 
Philippe. 



de REISET. 



544 



4. Gustave-Armand-Henry, qui fuit. 

5. Colette-Désirée-Thérèse, née à Mayence le 6 Juin i8o5, décédée, au châ- 

teau de Balincourt, le 22 Octobre i833, mariée, le 7 Avril 1823, à Etienne- 
Martin, Baron de Beurnonville (neveu du Maréchal de France de ce 
nom), Général de brigade, ancien Aide de camp de S. A. R. le Duc d'An- 
goulème, Pair de France, Grand Officier de la Légion d'honneur, &c, dont : 

I. Edmond, Baron de Beurnonville. 

II. Maurice de Beurnonville, ancien Capitaine d'État major. 

6. Caroline-Isabelle, née à Mayence le 19 Juillet 1808, morte à Paris le 16 Fé- 

vrier 1849, mariée en 1826 à Félix-Jean-François-Thomas, Comte d'Arjuzon, 
décédé à Paris le 24 Septembre 1874, Député de l'Eure, Chambellan de l'Em- 
pereur, fils du Pair de France de ce nom, dont quatre fils, entre autres : 
Georges, Comte d'Arjuzon, né, au château de Louye (Eure), le 11 No- 
vembre 1834, Chambellan de l'Empereur. De fon mariage avec Ma- 
demoiselle Valentine Cuvelier font iffus : 

1. Louts-Napoléon-Eugène, né le 23 Mars i863. 

2. Félix, né à Paris en 1869. 

3. Caroline, née le 10 Mars 1861. 

4. Henriette, née le 11 Février 1866. 

V. DEGRÉ. 

Gustave-Armand-Henry, Comte de Reifet (à), né au Mont-Saint-Aignan, près 
Rouen, le i5 Juillet 1821, ancien Chargé d'Affaires de France à Turin &à Saint Pé- 
tersbourg, Miniftre de France en Italie, puis à Darmitadt & à Wiesbaden, Envoyé 
extraordinaire & Miniftre plénipotentiaire de l'Empereur près les Cours de Hanovre 
& de Brunfwick, ancien Membre du Confeil général de l'Eure, Commandeur de la 
Légion d'honneur, Chevalier Grand'Croix des Ordres de Philippe-le-Magnanime 
de Helfe & d'Adolphe de Nalfau, Chevalier Grand'Croix de l'Ordre des Guelphes, 
décoré de la Médaille d'or du Mérite de Heïfe, Commandeur des Ordres des Saints 
Maurice & Lazare de Sardaigne, Chevalier de première clalfe de l'Ordre Conftanti- 
nien de Saint-Georges de Parme, Chevalier de Charles III d'Efpagne, &c. Marié, 
le 20 Mai i856, à Marie-Ernelline-Blanche de Sancy de Parabère (b), née le 
i er Août i836. De cette alliance vinrent : 

[a] Le titre héréditaire de Comte lui a été conféré, pendant qu'il était Attaché à l'Ambaffade de France à Rome, 
par bref du Pape Grégoire XVI, le 3i Mai 1842. Le Roi Louis-Philippe a reconnu & fignéles Lettres patentes 
de ce titre, au château de Saint-Cloud, le 14 Novembre 1842. 

« Lu, publié, ouï & ce requérant le Procureur général du Roi en audience publique de la première Chambre 
de la Cour Royale de Paris, fuivant fon arrêt du Vendredi 21 Novembre 1842, & tranfcrit en exécution dudit 
arrêt fur le regiftre à ce deftiné. 

Le Greffier en chef, 

Signé : Lot. 
Enregiftré au Sceau. Reg. T 3, fol. 146. 

Le Maître des requêtes, Directeur des affaires Civiles & du Sceau, 

Signé : Garnier-Dubourgneuf. » 

(b) Fille d'Émile-Alexandre-Célar de Sancy de Parabère, né en 1800, mort, au château de Boran (Oife), le 
I er Décembre i863, marié, le 29 Juin i833, à Charlotte- Lavinie Lefebvre-Desnoettes, Dame du Palais de 
S. M. l'Impératrice Eugénie, née à Paris le 2 Novembre 181 5, fille du Général de divifion Comte Charles Le- 
febvre-Desnoettes, Aide de- camp de l'Empereur Napoléon I er , Commandant des chaffeurs de la garde impé- 
riale, né à Paris le 14 Décembre 1775, mort fur les côtes d'Irlande, près Kingfale, le 22 Avril 1822. Sa veuve, la 
Comteffe Lefebvre-Defnoéttes, eft décédée à Paris le 20 Mars 1880, dans fa 92 e année. — Alexandre de Baudéan, 
Comte de Parabère, fils aîné de Louis-Barnabe, Comte de Parabère & de Pardaillan, & dernier defcendant 
mâle de cette maifon, ne s'étant pas marié, a tranfmis fon nom & fa fortune à Emile de Sancy de Parabère, cité 



545 



de REISET. 



7 



Napoléon-Louis-Eugène-Marie-Jacques de Reifet (a), né à Paris le 14 Fé- 
vrier 1857, Chevalier des ordres de Philippe le Magnanime de HefTe & de 
Saint-Michel de Bavière, marié, à Gand, le 25 Avril i885, à Jeanne-Ghiflaine 
de Smet de Naeyer, d'où : Marie-Eugénie-Esther-Blanche-Colette de 
Reifet, morte à Gand le i5 Avril 1888, à l'âge de 3 mois. Il eft décédé 
le 17 Septembre 1894. 

Marie-Joseph-François-Henry-Florimont de Reifet, né à Darmftadt le 
g Mars i863, marié à Paris, le 1 1 Janvier 1905, à Marie-Mercédès Barberis. 
3. Marie-Joseph-Pentecôte-Edgard-Ch arles de Reifet, né le 5 Juin 1870 au 
château du Breuil-Marcilly (Eure). 

Marie-Jacques de Reifet, né le 6 Juin 1872 au château du Breuil-Marcilly. 

Marie-Thérèse-Colette-Emilie-Hortense de Reifet, née à Paris le 28 Fé- 
vrier 1 858; mariée, le i5 Juillet 1879, dans la chapelle du château du Breuil, 
au Comte Paul de Bouilhac de Bourzac, d'où : 
Jean de Bouilhac de Bourzac, né à Saint-Germain-en-Laye le 26 Sep- 
tembre 1880. 

Marie-Juliette-Walburge-Alice de Reifet, née à Darmftadt le 4 Avril 
1861, mariée, à la chapelle de la nonciature à Paris, le 11 Août 1884, au 
Vicomte de Beaupré, Auditeur à la Cour des Comptes. 

Marie-Marguerite-Juliette de Reifet, née au château du Breuil le 4 Mars 
1878, décédée au Breuil le 22 Février 1880. 



2. 



4- 

5. 



Le Comte Gustave-Armand- Henry de Reifet efl: décédé au château du Breuil 
le 2 Mars 1905. 

plus haut, fils de fa fœur Adélaïde- Julie-Amélie de Baudéan de Parabère, femme de Paulin de Sancy. 
{Voy. pour la généalogie de la famille de Baudéan de Parabère: Y Hijloire généalogique des Grands Officiers 
de la Couronne, du Père Anfelme (t. IX : Ordre du Saint-Efprit, édition de M. P. de Courcy ; Paris, Firmin- 
Didot, 1 885), le Diâionnaire de la Noblejje de La Chenaye-Desbois & le Diâionnaire des familles de l'ancien 
Poitou, par Beauchet-Filleau.) 

(a) 11 eut pour parrain l'Empereur Napoléon III & pour marraine S. M. l'Impératrice Eugénie, & fut bap- 
tifé, dans la chapelle des Tuileries, le 8 Avril 1857, par Monfeigneur Tirmarche, Évêque d'Adras. 




Regijîre] feptième. 



69 



5 47 



RENAUD d'AVÈNE des MÉLOIZES, 

Anciens Seigneurs des Méloi{es, de Berges, du Vignoux, des Neux; de Neuville, 
de Saint- Ju/t, de Neuilly-en-Thelle, de Bornel, de Bâillon, de Frefnoy. 

Marquis de Fresnoy. 
NIVERNAIS, CANADA, ILE-DE-FRANCE. 




D'A\ur au Chevron d'Or, accompagné en chef de deux Quintefeuilles d'Argent & en pointe 
d'une Fourmi de même. Devise : Droit partout. 

Cette famille eft originaire du Nivernais où elle tenait un rang diftingué par 
fes poiTeffions & par fes alliances. En 1354, Hugues de Frétoy, époux de 
Colette des Méloizes, faifait aveu de l'ancienne feigneurie des Frétoy confiftant 
en juftice haute, moyenne & balTe. A la même époque, Guillemette des Méloizes 
époufait Guy des Charnaux & lui portait le fief de Buy, en Morvand , pour 
lequel il fit aveu en i3q8. 

Par des motifs qui feront relatés plus loin, on a peu de détails fur la filiation 
de cette famille avant le milieu du XVII e fiècle. Nous la reproduirons feulement 
à partir de cette époque. 

PREMIER DEGRÉ. 

Edme Renaud d'Avène, Écuyer, prêta foi & hommage en i65o pour les feigneu- 
ries des Méloizes & de Berges en Nivernais. Il époufa, vers 1640, Adrienne de 
Montsaulnin, fille d'Adrien de Montsaulnin, Seigneur des Aubues, & fœur de 
Charles de Montsaulnin, Comte du Montai, Lieutenant général des armées du Roi 
Louis XIV. De ce mariage : 

1 . François-Marie, qui fuit. 

2. N. Renaud d'Avène, S r du Vignoux, Capitaine au régiment de Languedoc, 

mort à Landau en 1694, fans poftérité. 

3. N. Renaud d'Avène, S r des Neux, Lieutenant au régiment de Condé, mort 

fans poftérité. 

4. Marie, Religieufe à Vezelay. 

5. Gabrielle, morte célibataire en 1 73 1 . 

//. DEGRÉ. 

François-Marie Renaud d'Avène, Écuyer, Seigneur des Méloizes & de Berges, 



2 RENAUD d AVENE des MÉLOIZES. 54 s 

né en i655, paffa au Canada en 1 685 comme Capitaine d'une compagnie détachée 
de la marine & Enfeigne de vaiffeau. Il mourut le 21 Avril 1699. Il avait époufé, 
le i3 Mai 1687, Françoife-Thérèfe du Pont de Neuville, fille du Doyen du Con- 
feil fupérieur de la Nouvelle-France. De ce mariage : 

1. François-Nicolas, né le i3 Août 1688, mort en bas âge. 

2. Louis-Nicolas, né le 14 Février 1691, mort en bas âge. 

3. Nicolas-Marie, qui fuit. 

•4. Louise-Thérèse, née le 20 Février 1690, Religieufe à l'Hôtel-Dieu de 
Québec. 

5. Marie-Françoise, née le 25 Août 1693, mariée à Eultache Chartier de Lot- 

binière, & dont le fils, Michel, fut créé Marquis de Lotbinière par Lettres 
patentes du 25 Juin 1784. 

6. Catherine-Magdeleine, née le 6 Août 1697, Religieufe aux Urfulines de 

Québec. 

///. DEGRÉ. 

Nicolas-Marie Renaud d'Avène, Ecuyer, Sieur des Méloizes, Seigneur de 
Neuville, né le 21 Janvier 1696, Capitaine des troupes détachées de la marine, 
fournit le 18 Août 1725, entre les mains de l'Intendant du Canada, l'aveu & dé- 
nombrement de fa terre & feigneurie de Neuville, relevant du Roi. Il avait époufé, 
le 18 Avril 1722, Angélique Chartier, fille de René-Louis Chartier, Ecuyer, 
Seigneur de Lotbinière, Confeiller au Confeil fupérieur de la Nouvelle-France, & 
coufine germaine de la Marquife de Vaudreuil, femme du Gouverneur général du 
Canada. Il mourut le 4 Juillet 1743, laiffant de ce mariage : 

1. Nicolas, qui fuit. 

2. Louis-François, né le 24 Février 1 73 1 , Lieutenant de grenadiers, tué au 

fiège de Québec le 29 Avril 1760, fans poftérité. 

3. Eustache-Louis, né le i i Mai 1734, mort le 26 Mars 1787, célibataire. 

4. Angélique-Geneviève, née le 11 Décembre 1722, mariée à Jean-Hugues 

de Péan, Chevalier de Saint-Louis, Major général des ville & château de 
Québec. 

5. Louise-Elisabeth, née le 22 Septembre 1726, Religieufe aux Urfulines de 

Québec. 

6. Louise-Gillette, née le i3 Mars 1732, mariée à Louis-Antoine, Marquis de 

Lusignan, Chevalier de Saint-Louis, Brigadier des armées navales, Gouver- 
neur général de la Guyane françaife & hollandaife. 



IV. DEGRE. 

Nicolas Renaud d'Avène, né le 21 Novembre 1729, Chevalier, Sieur des Mé- 
loizes, Seigneur de Neuville, Chevalier de Saint-Louis, Capitaine des troupes dé- 
tachées de la marine, revint en France après l'abandon de la colonie & préfenta 
au Roi une requête tendant à faire reconnaître fon extraction Noble, attendu que 
Téloignement de fa famille l'avait fouftraite aux recherches de Nobleffe ordonnées 
en France. 

Un arrêt du Confeil d'État du 2 Avril 1785, & fenregifirement de fes armoiries 
par d'Hozier de Sérigny, Juge d'armes de la Nobleffe, firent droit à fa demande. 

Suit un extrait de ces documents, d'après les originaux en parchemin. 



5 4 9 



RENAUD d'AVENE des MÉLOIZES. 



i° Extrait des registres du Conseil d'État : 

« Sur la requête préfentée au Roi, étant en fon Gonfeil, par Nicolas Renaud d'Avène, Écuyer, 
« Sieur des Méloizes, Seigneur de Frefnoy & de Saint-Juft, Chevalier de l'Ordre royal & militaire 
« de Saint-Louis, ancien Capitaine des troupes détachées de la marine en Canada, contenant que 
« fa famille, établie il y a environ un fiècle en Canada, où le fervice de Sa Majefté l'a appelée & 
« fixée, y a conftamment joui de la NoblelTe & des privilèges qui en font l'appanage & dont elle 
« étoit en poffeffion en France. François-Marie Renaud d'Avène, Seigneur des Méloizes, ayeul du 
« fuppliant, le premier que fcn fervice ait conduit dans le Canada, étoit originaire du Nivernois où 
« il tenoit un rang diftingué par fa naiffance, par fes polTeflions & par fes alliances, 

« le fuppliant a, par contrat du 5 Janvier 1767, époufé Demoifelle Agathe- Louife de 

« Fresnoy (a), d'une très ancienne maifon du Beauvoiiis, qui a fourni plufieurs Chevaliers de 
« l'Ordre de Malthe, & dont un a été Grand-Prieur de Champagne. Le Marquis de Frefnoy avait 
« pour mère Dame Alexandrine de Coligny, fille du dernier de ce nom & fceur de la Marquife de 
« Nèfle. Ce mariage a ajouté de très grandes alliances à celles qu'avoit déjà le fuppliant. Néanmoins, 
« le long féjour que fa famille a fait en Canada où fon ayeul apaflé fort jeune & où, probablement, 
« il a emporté avec lui les titres antérieurs de fa famille; la mort d'un frère qu'il avoit laiiïé au 
« fervice en France & qui a fuivi de près fon paffage en Canada & les longues minorités de fes 
« enfants & de fes petits-enfants, tous nés dans ce païs, les ont fouftraits aux recherches de Nobleffe 
« qui ont été ordonnées en France & au jugement de maintenue qui en auroit été la fuite. . . . 

Vu la dite requête 

Vu auffi les mémoires & certificats du Sieur Chérin, Généalogilte des Ordresde Sa Ma- 

« jefté, portant que les titres produits par ledit Sieur Renaud d'Avène des Méloizes font pour la 
« plupart originaux ou des expéditions en bonne forme; qu'ils prouvent une extraction noble de- 
« puis cent dix-huit ans, fans vertiges de roture antérieure ni trouble de noblelTe pendant ce 
« nombre d'années. Oui le rapport, le Roi étant en fon Confeil a reconnu, tenu & réputé, reconnoit, 
« tient& répute ledit Sieur Nicolas Renaud d'Avène, Sieur des Méloizes, pour Noble d'extraction, 
« comme defcendant & iffu d'EDME ou Amé Renaud d'Avène, Seigneur des Méloizes, de Berges & 
« autres lieux, de la paroiffe de Lormes, en Nivernois, & d'Adrienne de Montsaulnin, fonépoufe. 
« Veuten conféquence & ordonne Sa Majefté que le dit Sieur Nicolas Renaud d'Avène foit regardé 

« comme tel, tant en jugement que dehors Ordonne à cet effet Sa Majefté que le dit 

« Sieur Nicolas Renaud d'Avène foit infcrit,fi fait n'a été, au Cataloguedes Nobles, conformément 
« aux règlement & arrêt des 22 Mars 1666 & 26 Février 1697. Fait au Confeil d'État du Roy, Sa 
<■<■ Majefté y étant, tenu à Verfailles le deuxième d'Avril mil lept cent quatre vingt cinq. 

Le Maréchal de Castries. 



2 Brevet d'enregistrement d'armoiries. 

« Antoine-Marie d'Hozier de Sérigny, Chevalier, Juge d'Armes de la Nobleffe de France, &c 

« Sur ce qui nous a été expofé 

« Vu en original l'arrêt au Confeil d'État du Roi du 2 Avril de la préfente année 1785, par lequel, 



(a) Agathe de Fresnoy apporta en outre à la famille des Méloizes le titre de Marquis de Frefnoy conféré à Henri de 
Frefnoy, fon aïeul, par Lettres patentes du mois d'Août i652, enregiftrées au Parlement le 12 Oclobrefuivant,&dont, 
par une rare dérogation aux règles établies, la jouiffance avait été étendue à la defcendance féminine : « ayant efgard, 
e(t-il dit dans les Lettres patentes, aux grands & recommandablesfervices que noftre cher & bien amé Henry de Frefnoy, 
Sieur de Neuilly, nous a rendus & à ceux que fes père & ayeul ont cy devant fai£ls à nos prédécelleurs Roys en plufieurs 

& diverfes occafions, & défirant iceux aucunement reconnoiftre A ces caufes & autres bonnes & grandes conlidéra- 

tions à ce nous mouvans, Nous avons, de grâce fpéciale, plaine puiffance & authorité royalle, les dittes terres & feigneu - 
ries de Frefnoy, Bornel,Cailloit,Lefpleiiers, Bâillon, Plantoignon& autres fiefs dudit de Frefnoy joint, uni& in- 
corporé en une feule & mefmefeigneurie que Nous avons créée & érigée & eflevée... en tiltre, dignité & prééminance 

de marquifat foubz le nom de Frefnoy, pour en jouir & ufer par ledit Sieur de Frefnoy, fes hoirs, fucceffeurs & ayans 
caufes mafles & femelles, plainement, paifiblement & perpétuellement... permettant audit Sieur de Frefnoy, fes fuc- 
celleurs & ayant caufes mafles & femelles, de porter fur leurs armoicries & blafons les marques & tiltre de Mar- 
quis fy donnons en mandement à nos amez & féaux Confcillcrs que ces préfentes ils faflent lire, publiera 

regi(lrer& que du contenu en icelles jouir & ufer plainement, paifiblement & perpétuellement fes hoirs, fuccefleurs 
& ayans caufes tant mafles que femelles, cédant & faifant ceffer tous troubles & empefehemens, nonobftant tous rcglc- 
mens, ordonnances, defclarations & lettres à ce contraires, auxquelles Nous avons defrogé & defrogeons par ces dittes 
préfentes, car tel e(t noftre plaifir » 



RENAUD d'AVÈNE des MÉLOIZES. 



55o 



« fur la Requête préfentée par Nicolas Renaud d'Avène des Méloizes, Chevalier, Seigneur de 
« Frefnoy & de Saint-Juft, Chevalier de l'Ordre royal & militaire de Saint- Louis, ancien Capitaine 
« des troupes détachées de la marine en Canada, dans laquelle requête font rapportés les fervices 
« & les différentes alliances de fa famille, Sa Majefté le reconnoit pour Noble d'extradion & ordonne 
« qu'il foit infcrit au Catalogue des Nobles, cet arrêt ligné : le Maréchal de Caftries. Nous, en vertu 
« du pouvoir à nous attribué par l'Arrêt du Confeil du 9 Mars 1706, en notre qualité de Juge 
« d'armes de la NoblelTe de France, qui nous donne l'infpection & ordonnance fur le port des ar- 
ec moiries, faifant droit à la réquifition du dit Nicolas Renaud d'Avène des Méloizes, avons enre- 
« giftré en notre dépôt de Nobleffe les armoiries de fa famille telles qu'il nous a dit qu'elle les porte 
«' depuis un temps immémorial, favoir : un Écu d'Azur à un Chevron d'Or, accompagné en chef 
« de deux Quintefeuilles d'Argent & en pointe d'une Fourmi de même. Le dit Écu timbré d'un 

« Calque de front orné de fes lambrequins d'Or, d'Azur & d'Argent 

K à Pa »" is . le mercredi premier jour du mois de Juin de l'an mil fept cent 

« quatre vingt cinq. 




« Par Monfieur le Juge d'Armes 
de la Nobleffe de France 

« Duplessis. » 

Nicolas Renaud d'Avène des Méloizes fut repréfentant de Tordre de la NoblelTe 
pour l'arrondi iTement de Beaumont à l'Affemblée provinciale de rifle de France 
en 1787. Il mourut le n Septembre i8o3. De fon mariage, contracté le 5 Janvier 
1767, avec Agathe-Louife de Fresnoy, naquirent : 

1. Marie-Nicolas, qui fuit. 

2. Louise-Emilie, mariée à Paul-Philippe- Antoine de Menjot. 

3. Rosalie-Charlotte-Antoinette, née le 27 Août 1779, mariée à Pierre-Louis- 

François, Marquis d'Aux. 

V. DEGRÉ. 

Marie-Nicolas Renaud d'Avène des Méloizes, Marquis de Frefnoy, né le 
4 Octobre 1768, mort le 8 Mai 1841, Chevalier de Saint-Louis, Adjudant-major au 
régiment de Bourbonnais, Moufquetaire du Roi, brigade de Vergennes. Il époufa, 
le 29 Novembre 1802, Aimée de Dufort de Cheverny, fille de Bernard-Marie 
de Dufort, Comte de Cheverny, Capitaine au régiment de Bourbon-dragons, 
Gouverneur de la ville de Romorantin. De cette alliance : 

1. Eugène, qui fuit. 

2. Charles-Louis-Ernest Renaud d'Avène des Méloizes, Comte de Frefnoy, né 

le 11 Mai 18 10, décédé le 20 Janvier 1886, Chevalier de la Légion d'hon- 
neur, Directeur des Contributions directes, marié à Demoifelle Anne O'Ken- 
nedy. D'où : 

I. Albert-Eugène-Maxime, reporté à la fin de cette notice. 

II. Gabrielle-Aimée-Zéphirine. 

3. Maxime Renaud d'Avène des Méloizes, Vicomte de Frefnoy, né le 26 No- 

vembre 1812, décédé le 8 Décembre 1887, Grand Officier de la Légion 
d'honneur, ancien Miniftre plénipotentiaire, marié à Demoifelle Clémence 
Poupillier, d'où trois filles. 



55 i 



RENAUD d'AVENE des MÉLOIZES. 



4. Henri, né le 26 Mars 1821, Officier de la Légion d'honneur, Colonel du 

3 e Spahis, mort célibataire le 24 Juillet 1875. 

5. Edme-Gabrielle, née le 12 Octobre i8o3, mariée au Vicomte Menjot de 

Champfleur. 

6. Zephirine, née le 7 Octobre 1807, mariée au Marquis de Crèvecœur. 

7. Félicie, née le 10 Mars i8i5, mariée au Comte de la Bonninière de 

Beaumont. 

VI. DEGRÉ. 

Eugène Renaud d'Avène des Méloizes, Marquis de Frefnoy, né le 12 Fructi- 
dor An XIII (3o Août i8o5), décédé le 3i Janvier 1890, ancien Confervateur des 
forêts, Officier de la Légion d'honneur, marié, le 11 Juillet 1834, à Demoifelle 
Pauline-Nancy Thabaud de Linetière. De cette union font ifius : 

1 . Aimée-Zéphirine-Louise-Élisabeth-Jeanne, née le 22 Septembre i838. 

2. Marie-Henriette, née le 29 Février 1844, mariée à fon coufin germain, qui 

fuit. 



VII. DEGRE. 

Albert-Eugène-Maxime Renaud d'Avène des Méloizes, Marquis de Frefnoy, 
chef actuel de la famille, Chevalier de Saint-Grégoire-le-Grand, né le 19 Sep- 
tembre i83g, marié, le 20 Février i865, à Marie-Henriette des Méloizes, fa 
coufine germaine. De ce mariage : 

1. Marie-Henri, né le 16 Janvier 1866, marié, le 3i Mai 1894, à Marie-Eftelle- 

Alix Carra de Vaux, d'où deux filles. 

2. Marie-Georges, né le 29 Mai 1867, Capitaine d'infanterie, marié, le 20 Fé- 

vrier 1892, à Jeanne-Marie-Elifabeth d'Aubert de Resie, d'où cinq filles. 

3. Marie-Jean, né le 18 Avril 1869, Lieutenant de cavalerie, marié, le 

11 Avril 1901, à Marcelle-Marie-Émilie-Jeanne de Madré, d'où une fille. 

4. Marie-Joseph-Louis, né le 23 Septembre 1878, Docteur en droit, Officier 

de réferve. 




553 



de RENOUARD, 

Comtes de VUlayer, Marquis de Sainte-Croix, Vicomtes de Boisherpin. 

BRETAGNE, ORLÉANAIS, NORMANDIE, BOURGOGNE, 

FRANCHE-COMTÉ. 




^Aû A /S, 



m 




Armes anciennes 



Branche de Villayer. 



D'Argent à la Quintefeuille 

de Gueules (a). 



Branche de la Touanne. 

D'Argent au Chevron de Gueu- 
les accompagné de 3 P en fées 
au naturel; au Chef d'Azur 
chargé de 3 Etoiles d'Or (b). 







Armes actuelles : 

D'Argent au Chevron de 
Gueules; au Chef d'Azur 
chargé de 3 Etoiles d'Or; 
à la Bordure d'Hermines ; & 
en abyme de Renouard an- 
cien, qui eji : d 'Argent à la 
Quintefeuille de Gueules (c) . 



La famille de Renouard (ou Regnouard) } félon la plupart des Généalogiftes, efl 
originaire de Gafcogne. Elle vint s'établir en Bretagne dans les premières an- 
nées du XV e iiècle & fe divifa un peu plus tard en deux branches : celle des Sei- 
gneurs de Villayer, reliée en Bretagne, qui s'éteignit en 1738 dans la perfonne 
d 1 Angélique de Renouard, & celle des Seigneurs de la Motte-Bacon & de la 
Touanne, dont les Membres vécurent d'abord dans rifle de France & plus tard en 
Bourgogne, qui s'eft continuée jufqu'à nos jours. 

On trouve dans l'hiftoire plufieurs perfonnages portant le nom de Renouard : 
l'un eft cité, dans la Réformation de Bretagne de 1426 & 1427 : » puiffhnt de corps & 
de biens, fréquente la guerre » ; l'autre eft cité par Brantôme au nombre des Capi- 
taines français qui fe font le plus diftingués dans les guerres d'Italie fous le Maré- 
chal de Briffac. Ces perfonnages font habituellement confidérés comme failant 
partie de la famille; quelques lignes d'une généalogie ancienne où ils figurent, nous 
prouvent que l'on poffédait autrefois des papiers importants qui les concernaient (d), 
malheureufement ces papiers ont été perdus comme tant d'autres, &, faute de ren- 
feignements fuffifants, nous ne pouvons leur alïigner une place déterminée dans la 
généalogie que nous donnons ici. 

Il eft difficile de fixer d'une manière précife la date de la féparation des deux 

[a] Ces armes font enregiftrées dans l'Armoriai général de d'Hozier de 1696 & fe trouvent dans le regiftre de 
Réformation de Bretagne. 

[b) Elles font enregiftrées dans l'Armoriai de [696 & fe trouvent dans la lifte des Confeillers au Parlement 
de Paris. 

\c) La famille les porte depuis l'extinction en ly.is de la branche aînée de Bretagne. 
(d) Ces documents feront cités à leur place. 



Regiftre feptième. 



2 de RENOUARD. 554 



branches, mais il exifte encore des pièces importantes & authentiques qui prouvent 
leur parenté, 8: la plus lérieufe eft la Lettre patente qui accorde à Claude-Fran- 
çois-Philogène de Renouard, en 1749, l'érection de fa terre de Fertans (en Bour- 
gogne) en Comté de Villayer, pour relever le nom 8c le titre qui étaient dans fa 
famille depuis i655 & qui étaient alors éteints par l'extinction des Renouard de 



Bretagne. 



BRANCHE DE VILLAYER, 

en BRETAGNE. 

Anciens Seigneurs de Longlée, de Villayer, d'Autcuil, de Dr auges, de Gèvres, 

de Procé, de Couvran, &c. 

PREMIER DEGRÉ. 

Guy Renouard, Seigneur de Longlée, Notaire & Secrétaire du Roi en la Chan- 
cellerie de Bretagne en 1576. On ignore fon alliance. 
11 eut pour iils Guy II, qui fuit. 

II. DEGRÉ. 

Guy II de Renouard, Seigneur de Longlée, fut d'abord Notaire 8c Secrétaire du 
Roi en la Chancellerie de Bretagne, puis Confeiller Maître ordinaire de la Chambre 
des Comptes de Nantes par provifions du 14 Juin 1 586. 11 obtint du Roi Henri IV 
des Lettres patentes, en forme de déclarations, données à Fontainebleau le 8 Juin 
1607, enregiftrées à la Chambre des Comptes de Nantes le 12 Novembre de la 
même année, qui, pour enlever tout doute fur fa nobleffe 8c celle de les ancêtres, lui 
donnent pour lui 8c fa defcendance Tautorifation de faire précéder fon nom de la 
particule de. Cette faveur lui fut accordée « par la recommandation des grands 8c 
notables fervices que notre amé 8c féal Guy Renouard, Sieur de Longlée, à préfent 
l'un de nos anciens Confeillers 8c Maîtres ordinaires en notre Chambre des comptes 
de Bretagne, 8c auparavant Notaire 8c Secrétaire en noftre Chancellerie dudict 
pays, 8c défuncl nollre amé 8c féal Guy Renouard, fon père, 8cc, 8cc. (a) » 

Guy de Renouard époufa, par contrat du 28 Mai 1602, Marguerite de Becde- 
lièvre, fille de Meflire François de Becdelièvre, Seigneur du Bouéxic, Confeiller 
au Parlement de Bretagne, 8c de Dame Françoife du Chastellier. 

De ce mariage font iffus : 

1. Jean-Jacques de Renouard, qui fuit. 

2. César de Renouard, Seigneur de Drouges, Confeiller Maiftre ordinaire de la 

Chambre des Comptes de Bretagne par provifions du 7 Janvier i633, enre- 
giftrées le 10 Février, Tréforier général des États en 1 653, Maître des Comptes 
honoraire en 1668. Il comparait au mariage de Meflire Mathieu Renouard 

{a\ I.a copie de cette Lettre patente exifte entre les mains de la famille. 



555 



de RENOUARD. 



de la Touanne (a), le 5 Février 1647, & eft cité au contrat comme coufin pa- 
ternel du marié. 11 vivait encore au moment de la Réformation de Bretagne 
en 1668, fut maintenu dans la nobleffe par Arreft du 21 Mars 1669 (M. des 
Cartes, Rapporteur) & mourut fans poftérité. 

3. René de Renouard, qui fut Confeiller au Parlement de Metz & mourut fans 

poftérité. 

4. Marguerite de Renouard, mariée, par contrat du 5 Mai 16 19, à Meffire Paul 

Hay, Seigneur du Chaftelet, Confeiller au Parlement de Bretagne & plus 
tard Premier Préfident au Parlement de Chambéry, fils aîné de Meffire Da- 
niel Hay, Ecuyer, Seigneur de la Motte, Capitaine des ville & château de 
Laval, & de Dame Gillette de Sellineux. 

5. Françoise de Renouard, mariée à Meffire Touffaint des Nos, fils aîné de 

Meffire Charles des Nos, Seigneur de la Villethebault, & de Dame Jeanne 
du Beyzit. Elle mourut fans enfants. Son mari époufa, en fécondes noces, 
Demoifelle Jeanne de la Piquelaye, Vicomteffe du Chefnaye, & mourut lui- 
même fans enfants de cette nouvelle union. 

III. DEGRÉ. 

Jean-Jacques de Renouard, Seigneur & Comte de Villayer, né le 24 Mai 1607, 
Confeiller du Roi en fes Conleils, Maître des requêtes ordinaire de fon hôtel, fun 
des40 de l'Académie françaife en 1659 (b), obtint, par Lettres patentes du Roi données 
à Paris au mois de Janvier 1 65 5 8c par autres Lettres de furran nation données le 
4 Juillet 1680,, enregiffrées le 3i Janvier 1681, la réunion & l'érection en Comté, 
fous le nom de Villayer, des fiefs de Villayer, Matignon, Lefgren, &c, qu'il poffé- 
dait près de la Guerche avec droit de haute, baffe & moyenne juftice. On le voit, 
comme fon frère, cité en qualité de coufin paternel au contrat de mariage de Meffire 
Mathieu Renouard de la Touanne, le 5 Février 1647. Il mourut Doyen du Confeil 
d'État le 5 Mars 1691, léguant par fon teftament 3o,ooo livres à l'Hôtel-Dieu, 
20,000 livres à l'Hôpital général de Paris & 20,000 livres à fa paroiffe. Ce teftament 
fut contefté & confirmé par arrêt du Parlement de Paris du 8 Mars 1694. 

De fon mariage avec Demoifelle Marthe de Neufbourg, d'une famille originaire 
de Normandie, font iffus : 

1. Jean-Jacques II de Renouard, qui fuit. 

2. Anne de Renouard, mariée à Meffire Claude de Freslon, Chevalier, Seigneur 

de la Freflonnière & de la Touche-Trebry, Confeiller au Parlement de Rennes 
en 1660, fils de Meffire Gabriel de Freslon, Préfident à mortier au même 
Parlement, & de Dame Marie de Francheville. 

IV. DEGRÉ. 

Jean-Jacques II de Renouard, Chevalier,, Seigneur de Drouges, de Couvran, &c. 
Comte de Villayer, Confeiller au Parlement de Bretagne par provifions du 9 Jan- 
vier 1660, fut maintenu dans fa nobleffe 8c confirmé dans la qualité de Chevalier 
par arrêt du i5 Décembre 1668 (M. des Cartes, Rapporteur). Il mourut le i3 Fé- 
vrier 1692, & fut inhumé à la chapelle Saint-Charles, dans féglife des Cordeliers à 
Rennes. 

De fon mariage avec Demoifelle Lucrèce Chapel, Dame de Procé, il lailla un 
tils pollhume, qui fuit : 



[a) Ce contrat cil entre les mains de la famille. 

l> René Kerviler, La Bretagne à l'Académie françaife au xvn 1 fiècle 



4 de RENOUARD. 



556 



V. DEGRÉ. 



Angélique-François de Renouard, né le 16 Juillet 1692, Seigneur de Drouges, 
Pont de Gèvres, Procé, Auteuil, Millemont, &c, Comte de Villayer, fut Page du 
Roi Louis XIV en iyo5, Confeiller au Parlement de Paris en 1716, Maître des re- 
quêtes en 1719. Il époula, par contrat du 26 Janvier 1734, Demoifelle Claude-An- 
gélique de Marescot, veuve de Meffire Adrien de Beaussan, 8c fille de Me (Tire 
Gilles-Michel de Marescot, Seigneur de Thoiry, Mettre de camp de cavalerie, 
8^ de Dame Angélique de Pougny. 

11 n'eut de cette union qu'une feule fille, Angélique-Françoise de Renouard, 
Comteffe de Villayer, qui époufa N... de Rosmadec; c'eft ainfi que tous les biens& 
titres des Renouard parlèrent à cette Maifon. 



BRANCHE DE LA TOUANNE. 

Anciens Seigneurs de la Motte-Bacon, la Touanne, Villeneuve, la Motte, la Re- 
nardière, Chevelle, &c, en Orléanais; de Mé\ières, en Normandie; de Liffy, 
Boifgauthier, Fleury, Sermoife, Sainte-Croix , dans l'Ile de France, en Bresse 
8c en Bourgogne; de Fertans, Amancey, Malans, Défervillers, Anwndans, &c, 
en Franche-Comté. 

PREMIER DEGRÉ. 

Jean Renouard, Écuyer, Confeiller, Notaire 8c Secrétaire du Roi, Maifon & 
Couronne de France, en 1490, cité dans un Jugement du 14 Août 1559. On ignore 
Ion alliance 8c on le croit père de Guy-Michel Renouard, cité par Brantôme, mais 
on n'a de renfeignements très exacts que fur fes petits-fils : 

1. Jean II Renouard, qui fuit. 

2. Michel Renouard, cité 8c qualifié Noble Homme dans un acte fait en juflice 

le 4 Septembre 1 586. Il comparaît dans l'acte de tutelle de les neveux 
Denis 8c Catherine. Il fut reçu Confeiller, Notaire 8v Secrétaire du Roi le 
26 Mars 1 5g6 8c réligna fa charge le 29 Mars 1599. 

III. DEGRÉ. 

Jean II Renouard, Écuyer, petit-fils de Jean I er , Confeiller, Notaire 8c Secrétaire 
du Roi le 19 Octobre 1577. La qualité d'Fcuyer lui ayant été conteftée par Meffire 
Nicolas de Torges, Aumônier du Duc d'Anjou, un arrêt du Grand Confeil, rendu 
le 14 Août i559, le confirma en cette qualité 8c condamna le Seigneur de Torges 
aux dépens (a). 

Il eut pour femme Catherine de Heere, fille de Meffire Noël de Heere 8c de 
Dame Catherine de Miraulmont, réfigna fa charge le 19 Août 1 586 & mourut 
après fa femme, le 28 du même mois, lailfant deux enfants mineurs : 

Denis, qui fuit, 8c Catherine, mariée à Meffire Claude d'Estourneaux. 

\a\ Cet arrêt & fa traduction font entre les mains de la famille. 



d:>7 



de RENOUARD. 



IV. DEGRÉ. 

Denis Renouard,, Écuyer, Confeiller & Secrétaire du Roi, Commiflaire général 
ordinaire des guerres, puis Gouverneur de la ville de Meung-fur-Loire, époufa, 
par contrat, à Paris, le 3o Août 1618, Demoifelle Madeleine Chevallier. 

De ce mariage font iffus : 

1. Jean-Gabriel Renouard, Ecuyer, reçu Confeiller, Notaire & Secrétaire du 

Roi le 10 Juillet i652, obtint des Lettres d'honneur le 17 Juillet 1672 & réli- 
gna fa charge le 12 Septembre 1G72. Il époufa Françoife Barentin & mourut 
fans poftérité. 

2. Mathieu Renouard, qui fuit. 

3. François-Artaud, Écuyer, Capitaine aux Gardes françaifes , tué au fiège 

de Candie (1669), fans alliance. 

4. Denise-Emilie, mariée à Meiïire François le Clerc, Seigneur de Leffeville. 

V. DEGRÉ. 

Mathieu Renouard, Ecuyer, Seigneur de la Touanne avec droit de haute, baffe 

6 moyenne juftice, fuivant un aveu 8: dénombrement du 3 Juin 1680, Confeiller 
Secrétaire du Roi le 12 Juillet 164g, réligna fa charge en faveur de ion fils le 

7 Juillet 1670. Il époufa, à Paris, par contrat du 5 Février 1647, Geneviève Carpen- 
tier, fille de Mefïire Claude Carpentier, Seigneur de Liffy, Gentilhomme ordinaire 
de Monjîeur, frère unique du Roy, & de Dame Madeleine Gallien de Janville. 
Parmi les parents qui lignent au contrat nous voyons Jean-Jacques de Renouard, 
Comte de Villayer, & Céfar de Renouard, Seigneur de Drouges, qui comparailfent 
comme coulïns paternels de Mathieu Renouard de la Touanne. 

De ce mariage font iffus : 

1. Charles Renouard, qui fuit. 

2. Françoise Renouard, mariée à Meflîre Jean de Sauvion, Ecuyer. 

3. Marie Renouard, mariée à Jacques Cordier, Seigneur de Launay. 

VI. DEGRÉ. 

Charles Renouard, Chevalier, Seigneur de la Touanne, &c, reçu Confeiller du 
Roi par rélignation de fon père le 7 Juillet 1670, puis Receveur général des Fi- 
nances de la Généralité d'Orléans, Tréforier général de l'Extraordinaire des guerres 
& cavalerie légère. Il vendit par contrat, à Paris, le 22 Juillet 1684, toutes les fei- 
gneuries qu'il pofledait en Orléanais. Il époufa, par contrat du 16 Mars 1670, De- 
moifelle Catherine Roger, veuve de Mefïire François le Bas, fille de Noble Homme 
Mellire Pierre Roger 8c de Dame Catherine Charlier. 

De ce mariage elt né un fils unique : Charles-François Renouard, qui fuit. 



VII. DEGRÉ. 

Charles-François Renouard, né le i5 Octobre 1672, Seigneur de Mé/iùres, en 
Normandie, obtint en 1692 des Lettres de difpenfe dïige qui lui permirent de le 
faire nommer à 20 ans Confeiller au Parlement de Paris; puis Commiflaire aux 
requêtes du Palais en 169;?, enfin en 1709 Grand Bailli d'épée de la ville 8c bailliage 
de Dreux, en Normandie, office héréditaire. 

Il donna fa démillion du Parlement en faveur de fon fils en 1714, reçut des 
Lettres d'honneur 8; de vétérance en 1715, 8 fut maintenu Confeiller honoraire 



de RENOUARD. 55 s 



Il acheta par contrat en 1719 la terre & feigneurie de Fleury, entre Auxerre & 
Joigny, & fut reçu à foy 8c hommage le 29 Mars 17 19. 

11 époufa, par contrat fait à Verfailles le 20 Juin 1690, en préfence & avec appro- 
bation du Roi 8c de la famille royale, Marie-Thérèfe Bosc, fille de Meflire Claude 
Bosc, Chevalier, Seigneur dlvry-fur-Seine, Procureur général de la Cour des Aides, 
8c de Dame Catherine-Marie Jasques de Vitry. 

11 mourut à Paris le 20 Septembre 1755, laiffant deux enfants : 

1 . Charles-Claude Renouard, Chevalier, &c, Conléiller au Parlement de Paris, 

en 17 14, Préfident de la Cour des Aides, Gouverneur de la ville de Melun, 
marié, par contrat du 3o Juin 171 5, avec Catherine-Françoife le Bas du 
Plessis, fille de Meflire François le Bas, Seigneur du Pleflis. 

2. Claude-François-Philogène, qui fuit. 

VIII. DEGRÉ. 

Claude-François-Philogène de Renouard, Chevalier, Comte de Villayer, Mar- 
quisde Sainte-Croix, Vicomte de Boisherpin, obtint, le 20 Décembre 1748, lacharge 
de Grand-Maître Enquêteur & Général réformateur des Eaux 8c Forêts de France 
au département 8c duché de Bourgogne; réfigna fa charge en 1759, fut nommé 
Lieutenant de Roi pour le grand bailliage d'amont en Franche-Comté en 1769. 

Par Lettres patentes données à Verfailles au mois d'Août 1749, il obtint la 
réunion 8c féreclion en Comté, fous le nom de Villayer, des fiefs de Fertans, Aman- 
cey, Malans, 8cc, fitués dans le bailliage de Refançon 8c qu'il avait acquis en 1737. 
« Cette faveur lui fut accordée en contidération des fervices rendus par fes ancê- 
tres & pour relever le nom & le titre qui étaient dans fa famille depuis 1 655, attendu 
que par le décès du Sieur de Renouard de Villayer, fon parent, le titre de Comte 
fe trouvait éteint pour la terre que pofledait en Bretagne le dit Villayer. » 

Ce fut à cette époque que Claude-François, fe trouvant, par l'extinétion de la 
branche de Bretagne, le feul repréfentant de la famille, modifia fes armes en y ajou- 
tant l'écu d'Argent à la Quintefeuille de Gueules, en abyme. 

Il fut convoqué pour affilier avec voix délibérative dans la chambre de MM rs de 
la Nobleffe aux États de la province de Bourgogne le i5 Novembre 1760, réunis 
à Autun le 21 Novembre 1763, 8c à Dijon le 16 Juillet 1766. 

Il acheta, le 11 Août 1739, la terre 8c feigneurie de Sainte-Croix, qui furent éri- 
gées en Marquifat en fa faveur par Lettres patentes données à Verfailles au mois de 
Mai 1764. 

Claude-François fe maria deux fois : i° par contrat du 10 Juin 1719, avec Demoi- 
felle Geneviève-Pélafgie Baudoin, fille de Meflire Hugues Baudoin, Seigneur de 
Chamoult, Chevalier, Meftre de camp de cavalerie légère, 8c de Michelle-Perrine 
Pépin de Boisherpin. 

De ce mariage font iflus : 

1 . Charles-François-Eléonore de Renouard, Comte de Villayer, né à Saint- 

Malo le 6 Avril 1726, Chevalier de Saint-Louis, Capitaine de cavalerie au 
régiment de Meftre de camp général, Lieutenant-Colonel de ce même régi- 
ment par brevet du 18 Septembre 1760, Lieutenant-Colonel du régiment de 
Royal-Cravatte (cavalerie) par brevet du 28 Avril 1763. Il fit avec diftinction 
les campagnes de Bohème, de Bavière & de Flandres, & mourut fans alliance 
au mois de Mai 1764. 

2. Adelaide-Françoise-Pélasgie de Renouard, Religieufe profefle de TOrdre de 

Cîteaux au monattère d'Orgelet. 



55g 



de RENOUARD. 



7 



3. Charlotte- Adélaïde-Félicité de Renouard, nommée, par brevet du 20 Octo- 

bre 1787, Coadjutrice de l'abbaye de Battant, avec future fucceffion. Elle 
prit poflefiion le 17 Février 1788, avec le cérémonial accoutumé (a). 

4. Armand-Frédéric-Amédée de Renouard, né le 26 Janvier 1734, Chanoine 

régulier de l'Ordre des Prémontrés de Corneux. 

5. Elisabeth de Renouard, née le 18 Novembre 1735, ChanoinefTe du Chapitre 

royal de Montigny le 19 Novembre 1753, fur preuves vérifiées remontant fa 
nobleffe jufqu'au VIF ayeul, fut mariée, à Befançon, par contrat du 5 Mars 
17D7, à Meffire Claude-Alexandre de Tricornot du Tremblay, Enfeigne 
au régiment du Roi (infanterie), fils de Meffire Claude- Alexandre de Tri- 
cornot, Chevalier, Baron du Tremblay, Lieutenant général d'épée au bail- 
liage & liège prélidial de Gray, & de Dame Claude Petit de Saint-Jul- 
lien. 
Geneviève de Chamoult mourut en 1736. Claude-François-Philogène de Re- 
nouard époufa en deuxièmes noces, en 1738, par contrat fait au château de Bois- 
herpin, bailliage d'Etampes, Perrine-Madeleine Pépin, fille unique de Mellire Pierre 
Pépin, Chevalier, Vicomte de Boisherpin, Capitaine des vaiffeaux du Roi, & de 
Dame Anne-Françoife Bodin de Saint-Valbert. De ce fécond mariage font iffus : 

1. Charlotte-Françoise-Dorothée de Renouard, née le 23 Juin 1740, mariée, 

à Befançon, par contrat du 10 Octobre 1762, à Meffire Catherin-Jofeph Mai- 
rot, Ecuyer, Capitaine de cavalerie au régiment de Meflre de camp général, 
Chevalier de Saint-Louis. 

2. Victoire-Pélasgie de Renouard, née le 27 Septembre 1742, époufa, par 

contrat fait à Befançon le 3 Juillet 1769, Meffire Marie-Philippe, Comte du 
Dressier, Chevalier d'honneur au Parlement de Franche-Comté, Chevalier 
de Saint-Louis, Seigneur de Cramant, &c, fils de Meffire Ch.-Ph. -Ignace, 
Comte du Dressier, & de Dame Marie-Eléonore d'Andlau. 

3. Philibert-Louis-Maurice de Renouard, Marquis de Sainte-Croix, qui con- 

tinua la poftérité. 

4. Charles-Léon-Mériadec de Renouard, Chevalier de Fleury, né le 1 1 Octobre 

1750, Capitaine au régiment de Bourbon (cavalerie), tué à l'armée de 
Monfeigneur le Prince de Condé le 2 Décembre 1793, fans alliance. 

5. Charles-Henry-Casimir de Renouard, dit le Chevalier de Mézières, Capi- 

taine au régiment de Poitou (infanterie), Emigré à l'armée de Monfeigneur 
le Prince de Condé en 1792, rentré en France en 18 15, mourut fans alliance 
à Befançon en 1837. 

6. Ferdinand-François-Marie de Renouard, dit le Chevalier de Renouard, né 

en 1753, deftiné à l'Ordre de Malte, fut reçu Chevalier de minorité dans la 
Langue d'Auvergne par bref du Pape délivré à Rome le 7 Novembre 1758 (b). 
Il entra plus tard au fervice de l'Efpagne où il devint Maréchal de camp, 
Lieutenant-Colonel au 2 e régiment des Gardes Royales efpagnoles, Cheva- 
lier Grand-Croix de l'Ordre de Sainte-Hermengilde. Il mourut à Madrid 
en 1822. 
Claude-François-Philogène, Marquis de Sainte-Croix, mourut à Befançon le 
10 Mai 1771, & fut inhumé fuivant la volonté au château de Villayer. Par fon tefla 
ment, ouvert à Befançon le 22 Juin 177 1, il avait inftitué Philibert-Louis-Maurice, 
qui fuit, fon légataire univerfel. 



[a] Toutes les pièces, brevets, quartiers & preuves font entre les mains de la famille. 
\b) Les preuves font aux mains de la famille. 



8 de RENOUARD. 5 6o 



IX. DEGRÉ. 

Philibert-Louis-Maurice de Renouard, Comte de Villayer, Marquis de Sainte- 
Croix, Vicomte de Boisherpin, Chevalier de Saint-Louis par brevet du 3o Avril 
1784, troilième fils & héritier univerfel de Claude-François-Philogène, né le i er Avril 
1746, fut d'abord infcrit comme Cadet aux Moufquetaires gris en 1758. Il devint, 
par brevet du 7 Mai 1760, Cornette au régiment de Meflre de camp général dans 
la compagnie de Fleury, commandée par fon aîné le Comte de Fleury Villayer. 
Nommé, par brevet du i5 Avril 1784, Major du régiment de la Reine (dragons), 
enfin, par brevet du 17 Mai 1789, Lieutenant-Colonel du régiment de Royal-Na- 
varre (cavalerie). 

11 alïifta aux États ordinaires de la province de Bourgogne tenus à Dijon le 
8 Mai 1775 & le 26 Juillet 1784. 

11 fut reçu, comme ayant droit par la naiffance, à la Chambre de MM rs de la 
Nobleffe le 12 Décembre 1788. 

Émigré le 6 Mars 1792, il rejoignit l'armée de Monleigneur le Prince de Condé 
le i5 Avril. 11 fit les campagnes de 1792, 1793, 1794 dans la cavalerie noble, celle 
de 1795 en qualité de Capitaine en fécond, & celles de 1796 & 1797, jufqu'au départ 
de Tannée de Condé pour la Ruffie, en qualité de Lieutenant-Colonel des Cheva- 
liers de la Couronne. 

11 époufa, fur une difpenfe de parenté obtenue en Cour de Rome, & par contrat 
fait à Amiens le 23 Mars 1772, Anne-Charlotte-Jolephine d'Agay, fille de Meffire 
François-Marie-Bruno, Comte d'Agay, Chevalier, Seigneur de Mutigney, &c, 
Conseiller du Roi, Intendant de la province de Picardie, & de Dame Charlotte le 
Bas du Plessis. 

Rentré en France en 1802, il mourut, au château de Sainte-Croix, le 2 Septembre 
i8o3, & fut inhumé dans l'églife de Sainte-Croix. 

Madame la Marquile de Sainte-Croix, née d'Agay, était morte à Paris le 19 No- 
vembre 1802. 

De ce mariage font iffus : 

1. Carloman-Louis-François-Félix de Renouard, qui fuit. 

2. Armand-Louis-François-Eugène, auteur d'une branche cadette, rapportée 

plus loin. 

X. DEGRÉ. 

Carloman-Louis- François-Félix de Renouard, Marquis de Sainte-Croix, Comte 
de Villayer, Vicomte de Boisherpin, Chevalier de Saint-Louis & de la Légion 
d'honneur, né le i3 Février 1773, venait d'entrer au fervice quand la Révolu- 
tion éclata. 

Émigré en Suilfe en 1 79 1 , avec la Marquife de Sainte-Croix, fa mère, il entra 
dans l'armée de Condé en 1792 & rejoignit fon père dans les Chevaliers de la Cou- 
ronne en 1795. 

Rentré en France en 1802, il fit de grands voyages &, à fon retour, il époufa, par 
contrat fait à Paris le 16 Mars 181 1, Demoifelle Marie-Jeanne-Charlotte-Emélie- 
Polly de Jaham de Hautmont, fille de M. Jean-Baptifie-Pierre-Marie de Jaham de 
Hautmont, Aide de camp du Gouverneur général de l'île de la Martinique, 8: de 
Dame Marie-Joféphine Petit de Vievigne. 

Le Marquis Félix de Sainte-Croix mourut à Paris en 1840. 

De fon mariage font iffus trois enfants : 



56i 



de RENOUARD. 



i. Louis-Marie-Philibert-Edgard de Renouard, qui fuit. 

2. Ernestine de Renouard, née en i8i5, mariée à M r Dunoyer de Segonzac. 

3. Eglée de Renouard, née en 1819, mariée à M r Cosne de Cardanville. 

XL DEGRÉ. 

Louis-Marie-Philibert-Edgard de Renouard, Marquis de Sainte-Croix, Comte 
de Villayer, Vicomte de Boisherpin, repréfentant actuel de la branche aînée, né 
le 22 Mai 181 2, en mer, entra à St-Cyr en i83o, fortit dans l'État-Major, fut enfuite 
Officier au i3 e chaffeurs & au 7 e lanciers, quitta le fervice en 1839, s'occupa de fes 
propriétés à la Martinique, les vendit en 1847, fut nommé Préfet en 1848 & Rece- 
veur général des finances en 1857. 

Il époufa, par contrat fait à Paris le 22 Mai 1843, Madame Léontine Savary de 
Rovigo, veuve de M r de l'Héraule, Lieutenant-Colonel du 3 e chaffeurs à cheval, 
fille de Jean-Marie-René Savary, Duc de Rovigo, & de Charlotte-Félicité de Fau- 
doas-Barbazan. Elle eft décédée à Paris le 3 Avril 1887. 

De ce mariage font iffus : 

1. Louis-Henri de Renouard, né le 3 Octobre 1844. 

2. Louis-François-Roger de Renouard, né le 3 Août 1846, entré à Saint-Cyr 

en i865, Officier de cavalerie. Il époufa, le 25 Juin 1878, Marie-Louife 
de Rougé, fille d'Adrien-Jofeph-Bonabes, Vicomte de Rougé, & de Cécile 
de Lespinay. Elle eft décédée le 21 Février i885, laiflant trois filles : 

I. Cécile, née le 23 Avril 1880. 

II. Louise, née le 25 Septembre 1881. 

III. Madeleine, née le 7 Février i885. 



BRANCHE CADETTE 



établie en BOURGOGNE. 



X. DEGRÉ. 

Armand-Louis-François-Eugène de Renouard, Comte de Sainte-Croix, fécond 
fils de Philibert-Louis-Maurice, né le 29 Mars 1774, rejoignit l'armée de Mon- 
feigneur le Prince de Condé le 21 Janvier 1792. Il fit les campagnes de 1792 à 
1794 comme Cavalier Noble, celles de 1795 à 1797 comme Sous-Brigadier dans les 
Chevaliers de la Couronne, dont fon père était Lieutenant-Colonel, enfin celles 
de 1797 à 1801 comme Sous-Brigadier au régiment d'Angoulèmc. 

11 fut bleffé le 2 Décembre 1793 au combat de Bertzheim, où M r le Chevalier 
de Fleury, fon oncie, fut tué. 

Rentré en France en 1802, il fut nommé Chevalier de Saint-Louis, & époufa en 
181 1 A. -Marie-Caroline Eon de Cely, née en 1791, fille du Marquis de Cki.v, 
Lieutenant général des armées du Roi, Grand-Croix de Saint-Louis, Gouverneur 
de Calais, & de Bathilde-Pauline de Saint-Phalle. 

Il mourut au château de Sainte-Croix en i83i. 



Regijlre feptième. 



7i 



io de RENOUARD. 



562 



De fon mariage font iffus : 

i. Philippe-M.-L. -Jules de Renouard, Comte de Sainte-Croix, né en 1812, 

marié en 1837 à Charlotte de Toulongeon, fille de René-Alexandre, Comte 

de Toulongeon, & de Caroline-Françoife-Bemardine Masson d'Esclans. 

Il mourut au château de Sainte-Croix en Mai i858, fans laiffer d'enfants. 

Sa veuve eft décédée en Janvier i885, à Dôle. 
2. Joseph-Paul-Marie-Albert de Renouard, qui fuit. 

XL DEGRÉ. 

Joseph-Paul-Marie-Albert de Renouard, Comte de Sainte-Croix, né en 181 3, 
hérita du château de Sainte-Croix après la mort de fon frère. Il époufa en 1840 
Mathilde Vaillant de Savoisy. De ce mariage font nées deux filles : 

1. Jeanne de Renouard de Sainte Croix, née en 1844, mariée, au mois de Mai 

1862, à Etienne le Goux, Marquis de Saint-Seine, fils aîné de Bénigne- 
Étienne-Jofeph-J. -Philippe le Goux, Marquis de Saint-Seine, & de M. -A.- 
Angélique Berbls de Rancy; d'où plufieurs enfants. 

2. Thérèse de Renouard de Sainte-Croix, née en i85o, époufa en 1871 le 

Vicomte Albert de Mazenod, & mourut à Cannes le 11 Novembre 1876, 
laiffant deux filles. 




5 6 js 



de REYNAUD, 

Comtes de Montlojier, Barons des Roches; anciens Seigneurs de Chandian, 
de Bajlellat, de Lujirac, de Confolent, de Beauregard, des Roches, &c. 

en AUVERGNE. 




De Gueules an Chevron d'Or, accompagné de trois Ro/es d'Argent. 

La maifon de Reynaud, originaire d'Auvergne, a poffédé un grand nombre de 
feigneuries dans cette province, entre autres celles de Monts, de Defges, de 
Grippel, de Chandian, de Beauregard & de Montlofier, qui ont donné leur nom à 
autant de rameaux différents. Le Nobiliaire d'Auvergne de M. Bouillet n'héfite pas 
à lui attribuer une origine commune avec la famille Reynaud de Cordebœuf de 
Beauverger, qui a fait les preuves de cour en 1786. Il donne enfuite un réfumé fuc- 
cinèt des diverfes branches détachées de la fouche. 

Nous ne reprendrons pas ici la filiation de celles de Monts, de Defges & de 
Grippel dont d'Hozier a dreflé en détail la généalogie (voyez Regiftre V). Nous 
nous bornerons à dire pour compléter l'on travail qu'elles n'étaient plus repréfentées 
vers la fin du fiècle dernier que par Marc-Antoine-Scipion de Reynaud de Monts, 
né le 3o Octobre 1738, Page de la Dauphine en 1754, Sous-Infpeèteur des Écoles 
royales militaires en 1783, Maréchal de camp le 9 Mars 1788, dont le fils Gallien 
de Reynaud de Monts, décédé àClermont-Ferrand en 1843, n'a laifïè d'autre enfant 
que M'" e d'Asie, & dont la nièce Jeanne-Pauline de Reynaud de Monts, née le 
3i Août 1753, décédée le 8 Octobre 1778, avait épouïè en 1770 François-Domi- 
nique de Reynaud de Blanchefort, chef de la branche des Roches 8c de Mont- 
lofier, dont nous allons retracer la généalogie, dreffée fur titres originaux 8c au- 
thentiques, & qui a été complètement négligée par d'Hozier. 

PREMIER DEGRÉ. 

Guillaume, Robert & Elie Reynaud, frères, vivaient au milieu du quinzième 
fiècle, lorfque Reynal Reynaud, rapporté par d'Hozier, était le chef de la branche 
de Monts, dont il formait le II' degré. 



//. DEGRÉ. 
Pierre Reynaud, Écuyer, Seigneur de Chandian, fils d'Hlie, qui précède, époufa 



de REYNAUD. 56 4 



Marie des Bordes, Dame de Roys, de Chandelys, &c, dont il eut Michel, qui 
fuit. 

///. DEGRÉ. 

Michel de Reynaud, Ecuyer, Seigneur de Chandian, fit hommage, le 16 Dé- 
cembre i52o, à Charles, Duc de Bourbon & d'Auvergne. Il époufa Marie Avrillon 
de Saint Gerand, dont il eut, entre autres enfants : Claude & Guichard de Rey- 
naud, auxquels il fit le partage de fes biens par acte du 28 Février i55i. La def- 
cendance de Guichard forma la branche cadette, dite de Chandian, maintenue 
dans fa nobleffe le 23 Juillet 1667 & éteinte au commencement du fiècle dernier. 
Elle avait confervé les armes de la branche de Monts : d'Azur au Lion d'Argent, 
armé, lampajfé & couronné de Gueules. 

IV. DEGRÉ. 

Claude de Reynaud, Seigneur de Bartellat , continua la branche aînée & fe 
maria, le 2 Août 1D72, avec Antoinette de Vassel de Villelume, dont il eut : 

1. Antoine de Reynaud, -Seigneur de Bartellat, Lieutenant de la compagnie de 

la Molière, décédé fans poftérité mâle. 

2. Pierre, qui a continué la defeendance. 

V. DEGRÉ. 

Pierre de Reynaud, Seigneur de Bartellat, né en 1574, Gendarme de la compa- 
gnie d'ordonnance de M. de la Guiche, Gouverneur du Lyonnais, époufa, le 
17 Février 1597, Marguerite de Chalus, fille de Claude de Chalus, Capitaine de 
gens de pied, & de Madeleine de Suffren , & remariée à Gilbert Treilhe, Sei- 
gneur de Vilaine, dont elle était veuve lors du mariage de Jean de Reynaud, fon 
fils, qui fuit. 

VI. DEGRÉ. 

Jean de Reynaud, Seigneur de Bartellat, convoqué aux ban & arrière-ban pour 
la compagnie de chevau-légers, le 19 Octobre 1628, nommé Capitaine de cent 
hommes d'armes le 18 Août 1639, avait époufé, le 28 Janvier i63o, Jeanne du 
Régnier du Chambon, dont il eut un fils unique, qui continue la defeendance. Il 
fut maintenu dans fa nobleffe, avec Blaife de Reynaud, Seigneur de Chandian, 
fon coufin, par Henri-Lambert d'Herbigny, Commiffaire à ce départi, le 23 Juillet 
1667. 

VIL DEGRÉ. 

Thomas de Reynaud, Seigneur de Bartellat & de Lultrac, né en i632, Capitaine 
de cent hommes d'armes le 10 Décembre i65i, fervait dans la compagnie de 
Claude d'Alègre, Sénéchal d'Auvergne, en 1674. Veuf fans enfants mâles de Jeanne 
de Reclaine, il fe remaria, le 20 Août 1668, avec Rofe de Blanchefort, fille & 
héritière de Maurice de Blanchefort, Seigneur de Confolent 8c de Beauregard, 
Lieutenant général des armées du Roi, & il eut d'elle, entre autres enfants, Joseph, 
qui a continué la filiation. 



5 65 



de REYNAUD, 



3 



VIII. DEGRÉ. 

Joseph de Reynaud de Blanchefort, Seigneur de Confolent & de Beauregard, né 
en 1669, fit aéte de foi & hommage au Roi le 23 Juin 171 7. Il perdit toutes fes ar- 
chives dans Tincendie du château de Beauregard, comme le conftate un procès- 
verbal du 20 Décembre 171 6. De lbn union avec Françoife Denis, fille d'un Bailli 
de Rochedagoux, il eut, outre Michel-Amable, qui fuit, un autre fils, tué à la 
bataille de Fontenoy. 

IX. DEGRÉ. 

Michel-Amable de Reynaud de Blanchefort, Chevalier, Seigneur de Confolent, 
des Roches, 8cc, né le 14 Mai 1712, Lieutenant des milices d'Audigier en 1734, 
époufa, le 19 Août 1738, Marguerite-Agnès de Rigaud de Malfroy, & mourut 
le 4 Mars 1769. Il avait eu de ion union fept enfants, dont deux, nommés l'un 
& l'autre François-Dominique, ont feuls continué ladefcendance, en formant cha- 
cun une branche à part, comme il fuit. 

X. DEGRÉ. 

François-Dominique de Reynaud de Blanchefort 8c de Château-Renaud, faîne, 
Chevalier, Seigneur Baron des Roches, de Beauregard, de Mareuges, 8cc, né le 
18 Septembre 1742, Lieutenant d'infanterie au régiment de Beaujolais, fit hom- 
mage au Roi, pour fes terres des Roches & de Beauregard, les 178; 18 Mai 1770. 
Il époufa : i° le 25 Février 1770, Jeanne-Pauline de Reynaud de Monts, un des 
derniers rejetons de la branche de Monts, dont d'Hozier a donné la généalogie 
(voyez Reg. V, p. 989); 2 le 23 Juillet 1782, Madeleine-Henriette de Bosredon, 
dont il n'eut qu'une fille, décédée fans alliance. Du premier lit était iffu, entre 
autres enfants, Joseph-Dominique, qui continua feul la deicendance. 

AV. DEGRÉ. 

Joseph-Dominique de Reynaud de Château-Renaud 8c de Beauregard, Baron 
des Roches, né en 1772, marié, le 3 Mai 1810, à Marie-Jeanne de Sarrazin, eil dé- 
cédé le 25 Octobre 1842, laiffant : 

1 . Jocelyn de Reynaud, mort fans alliance le 25 Août 1845. 

2. Marie, qui époufa François de Reynaud, Comte de Montlofier, fon oncle a la 

mode de Bretagne, chef de la branche qui fuit. 



X. DEGRE 



François-Dominique de Reynaud, le cadet, Comte de Montlofier, né le r6 Avril 
1755, fut Lieutenant d'infanterie en 1779, Député aux Etats généraux de 1789, Pair 
de France le 11 Octobre i832, orateur 8c publicifte diftingué, 8c mourut le 9 Dé- 
cembre [838. Sa belle carrière a été retracée par tous les biographes. Il époufa. 



4 



de REYNAUD. 



566 



le 23 Juillet 1782, Jeanne Madeleine de Servières, veuve de Je'an-Baptifte de 
Servières, Capitaine au régiment de Belzunce, & fille de Jacques de Servières & 
de Claire des Aix. 

XI. DEGRÉ. 

François de Reynaud, ion fils, Comte de Montlofier, né en 1809, décédé le 
16 Septembre 1 863, avait époufé, le 20 Septembre 1 835 , Marie de Reynaud, fille 
du Baron des Roches (voyez plus haut). De cette union eft iffu François, qui 
fuit. 

La branche de Montlofier ainfi fondue avec la branche des Roches, a, en rail on 
de l'alliance de celle-ci avec l'héritière de la maifon de Blanchefort, relève le nom 
de cette dernière & en adopta les armes rapportées en tète de cette notice. 

XII. DEGRÉ. 

François de Reynaud, Comte de Montlofier, dernier rejeton mâle de fa maifon, 
né le 2 Septembre 1 836, s'eft marié, le 8 Janvier 1867, avec Marie-Françoife- Jeanne 
Demarçay, fille du Baron Demarcay, Député des Deux-Sèvres en 1846. 

Le Comte de Montlofier eft décédé le 16 AvkïI i885. De fon mariage eft ilïue : 
Francoise-Joséphine-Marie-Yvonne, née le 14 Mars 1868. 




56- 



RICHARD de SOULTRAIT et de LISLE, 

Anciens Seigneurs de Soûl trait, de llfle-de-Mars, de Sornay, de Chamvé, de 
Magny,de Toury-jur-Abron, de Couroux, de Montcouroux, de La Forefl, de 
Ret{, des EfpoiJJes, de Rancy, de Villecourt, de Fleury-fur-Loire, de Merlay, 
de BuJJière, de La Motte-Far chat. 

Originaires du Comtat-Venaiffin. 
en NIVERNAIS et en BOURBONNAIS. 




D'Argent à deux Palmes de Sinople adoffées, accompagnées en pointe d'une Grenade 
de Gueules, tigée & feuillée de Sinople. 



Cette famille eft originaire de La Baume -de-Tranfit(Vauclufe), où, dèslapremière 
moitié du XIV e fiècle, elle était connue comme Noble. En 1349, e ^ e s'établit à 
Valréas par fuite d'un mariage, &ellefe divifa en deux branches qui, au XV e fiècle, 
habitaient les petites villes voifines de Valréas & de Grillon. 

L'origine noble & la filiation des Richard font prouvées par de nombreux actes 
confervés dans les minutes anciennes des notaires de Valréas, dans les archives 
de cette ville & de Grillon, & dans celles de la famille, confervées au château de 
Toury-fur-Abron (Nièvre). 

Les regiftres paroiffiaux & les livres confulaires de Grillon donnent les noms de 
beaucoup de membres de la branche fixée dans cette ville, mais il n'a pas été 
poffible de dreffer la généalogie de cette branche, éteinte depuis plus d'un fiècle. 

La branche de Valréas, feule repréfentée de nos jours, vint s'établir, en 1648, 
dans le Nivernais, où elle contracta toujours de bonnes alliances, & où elle pofféda 
des fiefs importants. Elle fe divifa elle-même, à la fin du XVI e fiècle, en deux 
rameaux. 

PREMIER DEGRÉ. 

Noble (a) Raymond Richard (Nobilis Raymondus Richardi) eft nommé, en 1349, 
dans le contrat de mariage de ion fils. Il était mort à cette époque. 

II. DEGRÉ. 

Noble Raymond Richard s'établit à Valréas après ion mariage, contracté dans 

fa) La qualification de Noble appartenait feulement à la Nobleffe dans leCointat-VenaifTin (d'Hozier, Reg. 
I", 2 1 ' partie, p. 705. — Colleclion Tiflbt, t. II, fol. 23, 27 & 94, à la Bibl. de Carpentras. — Pithon-Curt, 
Hiftoire de la Nobleffe du Comtat-VenaiJJin. — Nobiliaires de la Provence. &c). 



RICHARD de SOULTRAIT et de LISLE. 



568 



cette ville, le 28 Juillet 1349, avec Noble Catherine Dalmas (a), fille de Noble 
Guillaume Dalmas. Il eut pour fils : 

///. DEGRÉ. 

Noble Guillaume Richard, Conful de Valréas en 1398, 1409 & 141 4 (b), qui eut 
quatre fils & une fille : 

1 . Pierre, qui fuit. 

2, 3 & 4. Nobles Pons, Girard & Antoine Richard, Confeillers de ville de Valréas 

en 141 3, 1429 & 1443 (c). 
5. Noble Polie Richard, mariée en 1424 a Noble Pierre Giraud d'Ayguebelle, 
tefta en 1453 (d). 

IV. DEGRÉ. 

Noble Pierre Richard, Conful de Valréas en 1420 (e), n'eut de Marie de Rosset 
qu'un fils : 

V. DEGRÉ. 

Noble Arnaud Richard, qui occupait, en 1461, la charge de premier Conful de 
Valréas, que Ton ne pouvait remplir fans être Noble {/). Il figura encore dans le 
Confeil de la ville de 1463 à i5o6. Il poffédait aux environs de Valréas les deux 
granges (maifons de campagne) de Pifcail & de Puygiron, au fujet defquelles il 
paffa divers actes vers i5oo (g). Il tefta le 22 Janvier i5u (h). Il avait époufé Ca- 
therine Alric, d'où : 

1. Jean, qui fuit. 

2. Noble Bernard Richard, Conful de Valréas & Redteur de l'hôpital de cette 

ville de i5io à 1 526 (/). 

3. Noble Claude Richard, Tréforier, puis Conful de la ville de 1483 à i5 12 (j). 

4. Noble Pierre Richard, Conful de Valréas en 1 5 10 & i5ii, appelé, en i5i3, 

aux importantes fonctions de Juge Mage de la ville (k). 

VI. DEGRÉ. 

Noble Jean Richard, Conful de Valréas en 1479 (/), eft nommé avec fon père & 
fa femme dans un contrat du 14 Janvier 1496 (m), & il figure, comme légataire 
univerfel, dans le teltament de fon père (n). On le trouve qualifié Écuyer (Scutifer) 
dans un ade du 26 Septembre i5i3, paffé devant le Notaire Drivon Prévoit, par 
lequel il vendit à Noble Louife de Sainte-Jalle une feigneurie fituée à Avifan, 

(a) Contrat paffé devant Vincent Ifambert, Notaire à Valréas, aux archives de cette ville. 

(b) (c) Regiftres confulaires aux archives de Valréas, BB.— Minutes du Notaire Balanti. Les minutes des 
anciens Notaires de Valréas, auxquelles nous renvoyons dans cette généalogie, font confervées & fort bien 
rangées dans les deux études de la ville. 

(d) Minutes des Notaires Gay, de Boufquet, Efcoffier & Fabre. 

le) Archives de Valréas, BB. — Minutes du Notaire Efcoffier. 

(/*) Archives de Toury. — Minutes Efcoffier. 

(g) Minutes Drivon Prévofl & Sabateri. 

(/;) Minutes Jean de Boufquet. 

(2) Minutes Sabateri, Jean de Boufquet &. Alazard. 

(;) Minutes Freminati & Drivon Prévoit. 

(k) (/) Minutes de Boufquet & Drivon Prévofl. 

(m) Minutes Hitelli. 

(n) Minutes Prévolt. 



56g 



RICHARD de SOULTRAIT et de LISLE. 



compofée de plufieurs fiefs (a). Il mourut avant 1 5 19, & fut enterré dans le tombeau 
de fa famille au couvent des Frères Mineurs de Valréas (b). Il avait époufé Noble 
Anette Laugier, qui figure, avec fon fils François, dans des actes de i52o à 
i53o (c), & qui, morte en i534, fut enterrée auprès de fon mari (d). Elle avait eu 
fept enfants : 

1 . Noble Guillaume Richard, Tréforier & Conful de Valréas en i53o & 1544 (e), 

qui époufa Noble Anne Fournier, d'où un fils, Pierre, marié en i56o à 
Noble Pierrette Deydier (/). 

2. François, qui fuit. 

3. Noble Suzanne Richard, mariée, en premières noces, en i5 16, à Noble Germain 

de Pons {g), puis, en fécondes noces, en i522, à Louis Mallavielle (h). Elle 
terra en i528, i536 & i543 (z). 

4. Noble Marguerite Richard, mariée à Jérôme Guyot, aliàs Guyotin. Elle 

vivait encore en 1574 (j). 

5. Noble Catherine Richard, fut mariée, en premières noces, en i53o, à Noble 

JeanTouRTON, puis, en fécondes noces, en 1 543, à Noble Claude Chambaud, 
& enfin, vers i555, à Guillaume Vernet(ât). 

6. Noble Françoise Richard, morte fans alliance. Elle inftitua, par fon teltament 

du 3i Juillet 1 535 (/), où elle efi nommée Nobilis Francifca Richardœ filia 
defundi Nobilis Johannis Richardi & Nobilis Annœ Laugier, fon héritière 
univerfelle fa fœur Suzanne, & lailTa des legs à fon frère François & à fa fceur 
Catherine. 

7. Noble Claude Richard, qui entra dans les Ordres facrés & devint Officiai 

de TÉvêque de Vaifon (m). 

VII. DEGRÉ. 

Noble François Richard, mentionné dans des actes de 1 5 ig^ i52o & i52i, où 
il eft dit fils & héritier univerfel de Noble Jean Richard (;*), époufa : i° par contrat 
du 16 Janvier i523 (0), Noble Claire de Bousquet, fille de Noble Jean de Bous- 
quet, Notaire à Valréas, & de Noble Gabrielle Borel; 2 vers i532, Noble Mar- 
guerite Bauchon (p). 

Il tefta le 2 Février 1544 (q), mais il vécut encore longtemps après. Le i5 Janvier 
i55o, il acheta une maifon à Valréas, par un ade dans lequel il eft nommé 
Nobilis Francifcus Richardi Scutifer (r); enfin il était Conful de Valréas en 1 556. 



(a) Copie légalifée aux archives de la famille. 

(b) Minutes D. Prévoit. 

(c) Minutes D. Prévoit & Du Chefne (de Quercit). 

(d) Minutes D. Prévoit. 

(e) Minutes Du Chefne. 
(/) Minutes B. Julien. 

(g) (h) Minutes J. de Boufquet. 
(?) Minutes J. de Boufquet & Du Chefne. 
{j] Minutes D. Prévoit, Du Chefne, Sabateri & D. Jaubert. 

(k) Contrats de mariage aux minutes de Jean de Boufquet, Gafpard Prévoit & Sabateri. 
(/) Minutes D. Prévolt. 

(m) Minutes de B. Julien & Imbert, acles de 1 55 5 à 1557. 
«) Minutes D. Prévolt & Catherin. 
(0) Minutes D. Prévoit. 

\p\ Minutes Julien & de La Pierre [De Petra). 
<q) Minutes J. du Chefne. 
(r) Archives de Toury, A. 7. 



Regijlrc feptième. 



/- 



4 



RICHARD de SOULTRAIT et de LISLE. 



5 70 



Il eut, de fes deux mariages, plufieurs enfants, dont trois garçons nommés dans 
fon teftament : 
1 . Jean, qui fuit. 
2 & 3. Nobles Guillaume & François, nommés dans le teftament de leur père. 

François était Archer des Gardes du corps du Roi de France en 1576 (à). 
4, 5 & 6. Nobles Caroline (aliàs Catherine), Annette & Suzanne, nommées dans 

le teftament de leur père, mariées à Noble Arnaud Aymeric, à Noble Etienne 

Laugier & à Noble Vital Teston (b). 
7 & 8. Nobles Charline & Isabelle Richard, mariées à Nobles Etienne Dalmas 

& Jean Chauvin (c). 
9. Noble Etienne Richard, Fourrier des logis du Roi de France en i5q6 (d). 

VIII. DEGRÉ. 

Noble Jean Richard, nommé dans le teftament de fon père, fut Premier Conful 
de Valréas en 1579 (e). Il fut marié deux fois : i° à Noble Françoife de Barthelier, 
d'où un fils & quatre filles; 2 à Noble Charlotte Peyraud, d'où deux filles (/*) : 

1 . Jean, qui fuit. 

2. Noble Catherine Richard, mariée, avant 1587, à Noble Denis Roux (g). 

3. 48c 5. Nobles Françoise, Hélène & Gillette Richard, qui ne nous font 

connues que par le teftament de leur frère (h). 
6 & 7. Nobles Jeanne & Marie Richard, mariées à Noble Pierre Ripert & au 
Capitaine Mathieu de Magnat (/). 

IX. DEGRÉ. 

Noble Jean Richard, Écuyer, ainfi qualifié dans Tacte baptiftaire de fon fils 
Pierre (7), fut le dernier de fa branche qui habitât le Comtat-VenaifTin. Nous le 
voyons figurer dans un acte de i583 (k), puis faire, le 7 Octobre 1620, un tefta- 
ment dans lequel font nommés fes fils & fes fœurs. Il avait époufé Marie de Bar- 
thomier (/), d'où quatre enfants : 

1 & 2. Nobles Jacques & François Richard, nommés dans le teftament de leur 
père. Ils entrèrent au fervice de la France & furent tués en Piémont. 

3. Pierre, qui fuit. 

4. Noble Marguerite Richard, mariée à Noble Pons Aimini (m). 

X. DEGRÉ. 

Noble Pierre Richard, Écuyer, Seigneur de rifle-de-Mars, de Sornay & de 



(a) Archives de Toury, A. 8. 

(b) Minutes Julien & de La Pierre. 

(c) Minutes Julien & de La Pierre. 

(d) Archives de Toury, A. 9. 

(e) Archives de Toury, A. 6. 

(/) Minutes Cartier. — Archives de Toury. 

{g) Minutes Julien. 

(/z) Archives de Toury, A. 23. 

(i) Minutes Cartier & Julien. 

(j) Archives de Toury, A. 24. 

\k) Minutes Julien. 

(/) Archives de Toury, A. 24. 

(m) Pithon-Curt, Hijloire de la Noblejfe dit Comlat-Venaijffin. 



5 7 . 



RICHARD de SOULTRAIT et de LISLE. 



Chamvé, naquit à Grillon le 27 Février 1608 & fut baptifé le même jour (a). Il entra, 
comme fes frères, au fervice de la France & il devint Capitaine au régiment de Lan- 
geron. Il s'établit en Nivernais par fuite de fon mariage contracté, le 27 Juillet 1648, 
avec Charlotte du Gru du Boys, fille de Jean du Gru du Boys, Écuyer, Seigneur 
d'Ifonne, & de Marguerite de Saguenay (b). Il eut cinq enfants : 

1. Jean Richard, Écuyer, né en 1649, ^ P 1 "^ I e parti des armes & fut retraité, 

jeune encore, avant 1687, comme Capitaine au régiment Meftre-de-camp. 

2. Marie-Madelaine Richard, née en i65i, morte au berceau. 

3. Louise-Marie Richard, née en i655, mariée : i° en 1670, à François Gallaix, 

Écuyer, d'où une fille unique; 2 vers 1695, à Jean Tenon, Chevalier, Sei- 
gneur de Fontfay, ancien Capitaine d'infanterie, puis Préfident-Tréforier de 
France à Bourges. 

4. Joseph, qui fuit. 

5. Pierre Richard, Écuyer, Seigneur de l'Hle-de-Mars & de Sornay, marié à 

Marie-Étiennette Carpentierde Machy, fille d'Etienne Carpentier, Écuyer, 
Seigneur de Mâchy, & de Marie de Neuchèze. Il eft l'auteur de la branche 
cadette, naguère repréfentée en Bourbonnais par Antoine-François Ri- 
chard de Lille, fils unique de Nicolas-Henri Richard de Lille, Chevalier 
de la Légion d'honneur & Membre du Confeil général de l'Allier, marié, 
le 11 Septembre i855, à Louife Souchon d'Aubigneu, dont il n'a point 
laine d'enfants, & par MM. Richard-Defaix, fixés dans le Berry. 

XI. DEGRÉ. 

Joseph Richard de Soultrait, Écuyer, Seigneur de Soultrait, de Tlfle-de-Mars, de 
Chamvé & de Magny, né le 25 Mai 1657, époufa, le 12 Septembre 1680, Claude- 
Jacquette Sallonnier de Nyon, fille de Jean Sallonnier, Écuyer, Seigneur de Nyon 
& de Soultrait, & de Marie Gascoing, dont il eut : 

1 . Pierre, qui fuit. 

2. Jean-Charles Richard de Soultrait, Écuyer, Capitaine au régiment de Pié- 

mont & Chevalier de Saint-Louis. Il époufa Claude-Françoife Pinet de Ta- 
bourneau, fille de Jean Pinet, Écuyer, Seigneur de Tabourneau, & de 
Marie-Madelaine de Cotignon, d'où une fille, nommée Victoire, mariée à 
Gafpard de Chaussin d'Hurly, Écuyer, Capitaine de cavalerie & Chevalier 
de Saint-Louis. 

3. Joseph Richard de Magny, Écuyer, Seigneur de Magny, Officier au régiment 

de Piémont, tué à la bataille de Malplaquet, après s'y être vaillamment 
conduit, comme le prouve un certificat confervé dans les archives de la 
famille. 

4. 5 & 6. Claude-Louis, Marie-Jeanne & Pierrette, morts jeunes. 

XII. DEGRÉ. 

Pierre Richard de Soultrait, Écuyer, Seigneur de Soultrait, de Chamvé, 
de Toury-fur-Abron, de Couroux, de Montcouroux, de Villecourt, de Retz, de La 
Foreft, des EfpohTes, de Rancy, naquit à Nevers le 3o Mai 1682; il fut Confeiller 
à la Cour des Comptes de Franche-Comté. Il époufa Marie-Jacquette Le Bour- 

(a) Extrait légalifé aux archives de la famille. 

{b) Ce contrat de mariage, comme les aétes dont il fera queftion dans la fuite de cette généalogie, exifte en 
original aux archiver de la famille, auxquelles nous croyons inutile de renvoyer a chaque citation. 



6 RICHARD de SOULTRAÏT et de LISLE. 572 

going, fille de Claude-Charles Le Bourgoing, Ecuyer, Seigneur de Toury-fur- 
Abron, & de Marie Bernard de Toury. Il mourut en 1747, ayant eu quatre fils , dont 
deux moururent au berceau. 

1 . Pierre-François Richard de Soultrait, Ecuyer, Seigneur de Toury-fur-Abron, 

appelé M. de Toury, mort en 1786, fans avoir été marié. 

2. Jean-Baptiste-Charles, qui fuit. 

XIII. DEGRÉ. 

Jean-Baptiste-Charles Richard de Soultrait, Ecuyer, Seigneur de Soultrait, de 
Toury-fur-Abron, de Couroux, de Montcouroux, de La Foreft, de Retz, des Ef- 
poiffes, de Fleury-fur-Loire, de La Motte-Farchat, de BufTière, &c, naquit à Nevers 
le 4 Mars 1732. 11 entra, en 1749, dans la première compagnie des Moufquetaires 
de la Garde du Roi, puis il devint Capitaine au régiment de Fleury-cavalerie, 
dans lequel il fit la guerre de Sept ans. Quittant le fervice militaire avec la Croix 
de Saint-Louis, il fut nommé Commiffaire & Infpecteur général des Haras du Roi. 
Charles Richard de Soultrait fiégea à TAfTemblée delà Nobleffe du bailliage de Saint- 
Pierre-le-Moufiier en 1789 & il fe fit repréfenter à celle de la Sénéchauffée de Mou- 
lins. Il mourut peu de temps après. Il avait époufé, en 1760, Marie-Benoite de 
Vaux de Fleury, fille de Jean de Vaux, Ecuyer, Seigneur de Fleury, Buf- 
fière, &c, & de Jeanne de Bèze, dont il eut : 

1. Jean-Jacques-Benoit, qui fuit. 

2. Marie-Françoise-Gabrielle-Agathe, mariée à Gabriel Vyau de Baudreuil 

de Fontenay. 

3. Antoinette-Françoise, mariée à Clément Dollet de Chassenet. 

4. Agathe-Henriette, mariée à Augufie de Champs. 

XIV. DEGRÉ. 

Jean-Jacques-Benoit Richard de Soultrait, Ecuyer, appelé M. de Fleury, na- 
quit à Nevers le i5 Janvier 1768. Sous-Lieutenant dans Condé-dragons en 1786, 
il quitta le fervice en 1792. Il époufa, bientôt après, fa coufine Anne-Françoife de 
Prévost de la Croix, Chanôineffe du Chapitre noble de Leigneux, en Forez, fille 
de Gafpard, Comte de Prévost de la Croix, & d'Agathe de Vaux. Il mourut à 
Montbrifon, en 1829, laiffant deux fils, & il fut enterré à Toury-fur-Abron. 

t. Gaspard-Antoine-Samuel, qui fuit. 

2. Joseph-Étienne-Abel, Garde du corps de la Garde du Roi, marié en 1825 à 
Anne-Marie-Pauline de Champfeu, fille de Pierre, Comte de Champfeu, 
Chevalier de Saint-Louis, & de Pauline Rodier, d'où trois filles : 

I. Constance, mariée à Xavier de Quirielle. 

II. Zélie, mariée au Baron de Potier. 

III. Clémentine, mariée à Charles de Mauraige. 

XV. DEGRÉ. 

Gaspard-Antoine-Samuel Richard, Comte de Soultrait (a), naquit à Nevers le 
3 Juin 1793. Il fortit de l'École militaire, le 20 Novembre i8i3, comme Sous-Lieute- 
nant au 4 e régiment des Tirailleurs de la Garde impériale. Le 22 Janvier de l'année 
fuivante , il était Capitaine au même régiment, ayant fait d'une manière brillante la 

(a) Par Bref Pontifical de i855. 



5 7 3 



RICHARD de SOULTRAIT et de LISLE. 7 



campagne de Saxe. Il fut fuccefïïvement Chevalier de la Légion d'honneur, Briga- 
dier dans la première compagnie des Moufquetaires, puis Chef de bataillon dans 
la Garde royale. 11 quitta le fervice en 1820 & époufa, cette même année, par contrat 
figné du Roi & des Princes, Efther-Hyacinthe Outrequin de Saint-Léger, fille 
d'Alexandre-Philippe-Profper Outrequin de Saint-Léger, Receveur général des 
finances, & de Hyacinthe de la Rivière du Prédauge. Le Comte de Soultrait eft 
mort à Lyon en i858, Officier de la Légion d'honneur, Commandeur de Saint- 
Grégoire-le-Grand & Receveur général des finances du département du Rhône. Il 
a eu cinq enfants : 

1. Jacques-Hyacinthe-Georges, qui fuit. 

2. Agathe-Alexandrine-Adona, née en 1824, mariée : i° à Antoine-Marie-Adol- 

phe Brac de la Perrière; 2 à Alexandre Rocoffort. 

3. Joséphine-Marie-Charlotte-Ernestine, née en 1827, mariée à Victor, Vi- 

comte de Matharel, morte en 1848. 

4. Hyacinthe-Hippolyte-Alix, née en 1829, mariée à Roger, Vicomte de 

Thoisy. 

5. Auguste-Anne-Sidonie-Lucie, née en i835, mariée, le 27 Avril i852, à fon 

beau-frère le Vicomte de Matharel, morte en 1862. 

XVI. DEGRÉ. 

Jacques-Hyacinthe-Georges Richard, Comte de Soultrait (a), Chevalier delà 
Légion d'honneur, Officier de l'Inftruction publique, Chevalier des Ordres de Wafa 
de Suède, de Saint-Grégoire de Rome & d'Ifabelle-la-Catholique d'Efpagne, né, 
au château de Toury-fur-Abron (Nièvre), le 27 Juin 1822, a été Membre du Confeil 
général de la Nièvre & du Confeil général des hofpices de Lyon, Préfident du 
Confeil de la Caiffe d'épargne de cette dernière ville, puis, jufqu'en 1 885, Tréforier- 
Payeur général du département du Doubs. Il eft mort à Toury en 1888. Il avait 
époufé, le 10 Septembre i85o, Déllrée-Louife-Julie-Anne Le Jeans, fille de Louis- 
Lazare, Vicomte Le Jeans, Colonel d'État-major, Chevalier de Saint-Louis, 
Officier de la Légion d'honneur, Chevalier de l'Épée de Suède, &c, & d'Anne 
Malmenaide de Montmillant, petite-nièce & filleule de la feue Reine Défirée de 
Suède & de Norvège. Il a eu de ce mariage : 

1. Gaspard-Anne-Hyacinthe-Désiré-Procule-Roger, qui fuit. 

2. Roger-Adon-Hyacinthe-Désiré-Gilbert, né le 6 Septembre 1859, ancien 

Receveur des finances, Confeiller général de la Nièvre, Vice- Préfident de 
la Société d'agriculture. Marié, en 1887, à Jeanne-Marie-Jofèphe-Philomène 
Le Maire de Marne, fille d'Alfred de Marne, Chevalier de la Légion 
d'honneur, Ingénieur en chef des ponts & chauffées, & de Laurence Tier- 
sonnier de Taurnay. De ce mariage : 

I. Paul- Anne-Marie-Joseph-Alfred-François-Jacques, né le 26 Avril 
1890. 

IL François, né le 28 Février 1891, mort ce même jour. 

III. Charles-Laurent-François-Marie-Gaspard, né le 20 Février 1896. 

IV. Joseph-Marie-François-Alfred-Laurent, né le 25 Octobre 1904. 

V. Jacquette-Laurence-Françoise-Marie-Désirée, née le i3 Août 1888. 

VI. Lucy-Françoise-Marie-Laurence-Antoinette, née le 3i Janvier 

1899. 

(a) Par Bref Pontifical de i85o. 



8 



RICHARD de SOULTRAIT et de L1SLE. 



574 



VII. Marthe-Gaspardine-Bernadette-Jeanne-Francoise, née le 17 Jan- 
vier 1902. 

3. Eudoxe-Alix-Hyacinthe-Désiré-Pierre, né le 12 Avril 1861, mort le 5 Mai 

de la même année. 

4. Charles-Adon-Hyacinthe-Désiré-Pierre, né le 27 Octobre 1864, Agent de 

change près de la Bourfe de Lyon. 

5. Charlotte-Esther-Hyacinthe-Désirée-Anne, née le 19 Mars 1837, mariée, 

en 1891, à Staniflas Arragonès, Vicomte d'Orcet, Commandeur de la Lé- 
gion d'honneur, Général de brigade commandant la 3 e brigade de cuiraffiers. 

6. Antoinette-Isabelle-Adona-Hyacinthe-Désirée-Marthe, née le 21 Avril 

i858, mariée, en 1883, au Baron Albert d'Assignies; morte en 1884. 

7. Victoire-Esther-Hyacinthe-Lucie, née le i3 Novembre 1862, mariée, en 

1890, à Alexis, Marquis de Champeaux. 

XVII. DEGRÉ. 

Gaspard-Anne-Hyacinthe-Désiré-Procule-Roger, né le 4 Juillet 1 855 à Lyon. 
Elève de l'Ecole militaire, il fervit fuccefïivement comme Sous-Lieutenant au 
22 e & au 60 e régiment d'infanterie; Capitaine à ce régiment, il fut promu Com- 
mandant major au 106% puis Chef de bataillon au 121 e . Il prit fa retraite par 
anticipation en 1906. Chevalier de la Légion d'honneur & de Tordre impérial du 
Soleil-Levant. Il époufa, en 1890, Félicie-Gabrielle-Jofèphe de Rivérieulx de 
Varax, fille du Comte Amédée de Varax & de Marthe Bouchet. Il a eu de ce 
mariage : 

1. Georges-Adon-Amédée-Marie, né le i5 Mars 1891. 

2. Jean-Marie-Emmanuel- Anne, né le 11 Juillet 1904. 

3. Roger-Marie-Amic, né le 10 Février 1906. 

4. Marthe-Marie-Charlotte, née le 3 Septembre 1892. 




de RIENCOURT, 

Anciens Seigneurs de Riencourt, d'Orival, de Parfondru, de Dronay, de Tilloloy, 
de V Hier s, d'Andechy, de Lignières, de Boifgeoffroy, &c. 



en PICARDIE et en NORMANDIE. 




D'Argent à trois Fa/ces de Gueules, frettées d'Or. Couronne : de Marquis. 

La généalogie de cette Maifon, dont nous allons donner la continuation (#), a 
été inférée par d'Hozier au V e Regiftre de cet Armoriai, pp. 1007- 1028. Elle 
s'eft divifée fucceiïivement en fept branches. 



PREMIERE BRANCHE 



Éteinte en 1 583 dans la Maifon d'Audenfort. 



DEUXIEME BRANCHE. 

Éteinte au XVIII e fiècle dans la Maifon de Saint-Georges de Couhé-Vérac. 



TROISIEME BRANCHE. 

XV. DEGRÉ. 

François de Riencourt, Seigneur de Parfondru & de Dronay, marié en i63g 
avec Demoifelle Judith-Anne de Joyeuse, tante de Jean-Armand de Joyeufe, Ma- 



(a) Cette continuation comprend tous les repréfentants mâles acliuels de la famille de Riencourt, laquelle 
eft étrangère à toutes autres perfonnes portant le même nom, notamment à une famille établie près de 
Cherbourg, dont le nom patronymique ell Jolivet & qui efl connue fous le nom de Riencourt. 



de RIENCOURT. 



5 76 



réchal de France, & fille de Robert de Joyeuse, Baron de Verpel 8c de Montgo- 
bert, & de Dame Judith Hennequin, fa femme, laiffa poftérité, qui s'éteignit dans 
la Maifon du Baifel en 1739 (a). 



QUATRIÈME BRANCHE. 



XVIII. DEGRÉ. 



Henry-Louis-Ferdinand de Riencourt, qualifié Chevalier, Seigneur de Tilloloy, 
de Vaux, d'Arleux & de Saint-Séverin, Cornette dans le régiment du Meftre de 
camp général (b), époufa, le 16 Juillet 1767, Marie- Anne-Auftrebeth Becquet de 
Touteau ville & eut le fils qui fuit. 



XIX. DEGRÉ. 



François-Marie-Ferdinand, qualifié Comte de Riencourt-Tilloloy, chef de nom 
& d'armes de fa Maifon après l'extinction de la branche des Seigneurs d'Orival, & 
connu fous les deux qualifications de Comte & de Marquis de Riencourt, fut Page 
du Roi en la Petite Écurie en 1774, & Capitaine au régiment du Roi-cavalerie, 
quand il fit les preuves de Cour pour monter dans les carroffes du Roi. Il eft dé- 
cédé à Vaux (Somme) le 29 Mars 1800, fans defcendant mâle. 



RAMEAU PUINE. 
XVIII. DEGRÉ. 

Jean-Roger-Alexandre de Riencourt-Tilloloy, dit le Comte de Riencourt, 
Écuyer, Seigneur du Quefnoy-les-Vauchelles & autres lieux, né le 2 Février 1748, 
reçu Page de la Reine Marie Leckzinska « en conféquence des preuves de fon 
ancienne noblelfe faites le 23 dOdobre 1761 (c) », & Officier au régiment de la 
Reine. Il eft décédé à Abbeville le 27 Juin 1827, laiffant de fon mariage avec 
Madeleine-Adrienne-Thérèfe Tillette de Mautort : 

XIX. DEGRÉ. 

Roger-Philippe-Marie-Adrien de Riencourt-Tilloloy, né à Cambron le 29 Oc- 
tobre 1782, ancien Lieutenant-Colonel, Chevalier de Saint-Louis, Officier de la 
Légion d'honneur, qui a toujours porté le titre de Comte de Riencourt; devenu le 

(a) Voir au V e Regiftre, p. 1017, de cet Armoriai. 

(b) Ibid., p. 1023. 

(c) Ibid., p. 1022. 



577 



de RIENCOURT. 3 



chef de nom & d'armes de fa Maifon, il obtint la confirmation de fes droits au titre 
héréditaire de Marquis. Il eft mort à Paris le 5 Mai 1 865 . Il avait époufé en 1821 
Antoinette-Caroline de Jaquet, fille unique de Jean de Jaquet, ancien Officier 
au fervice des Provinces-Unies, régiment fuiiTe de May, 8c il en eut deux fils : 

1. Adrien-Roger, dit le Comte Roger de Riencourt, Chambellan de l'Empereur, 

Député de la Somme, Chevalier de la Légion d'honneur, né le 14 Juillet 
1822, mort le 20 Octobre 1862. 

2. Anne-Honoré-Olivier, qui fuit. 

XX. DEGRÉ. 

Anne-Honoré-Olivier, Marquis de Riencourt, dit le Comte de Riencourt, né le 
23 Février 1826, Ancien Secrétaire de Légation, aujourd'hui chef de nom & d'armes 
de fa Maifon, marié, le 18 Octobre 1876, à Louife-Caroline de Pollin de Mauni. 
De ce mariage : 

1. Olivier-Joseph-Marie-Raoul, né le 23 Novembre 1879. 

2. Marie-Charles-Alexandre-Guy, né le 1 1 Mars 1884, mort le ij Février 1886. 

3. Marie-Henriette, née & morte le 9 Janvier 1878. 



CINQUIÈME BRANCHE. 

DITE DE LIGNIÈRES. 

XVIII. DEGRÉ. 

Louis de Riencourt, Écuyer, né le 17 Novembre 1738, reçu Page de la Reine 
« fur les preuves de fon ancienne nobleffe faites le 5 Juillet 1753 (a) », mort fans 
defcendance, dans la campagne de Weftphalie. 



XVIII. DEGRE. 

Louis-Henry de Riencourt, Écuyer, frère du précédent, né le 16 Juin 1743, 
reçu aulïi Page de la Reine « en conféquence des preuves de fa nobleffe faites 
le 5 Juillet 1739 (b) », fut marié à Klifabeth-Charlotte de Cassini, d'où : 

1. Louis-Jean-François, père d'une fille, mariée à Cafimir-Marie-Louis, Vi- 

comte du Passage. 

2. Claude-Dominique, tué au fiège de Pampelune. 

3. Louis-Léopold, qui fuit : 

4. Catherine-Élisabeth-Agathe, mariée à Alexandre-Henri Gabriel, Comte de 

Cassini, Pair de France, Membre de l'Académie des fciences, Confeiller à 
la Cour de caffation. Décédés fans poftérité. 

\a) b Voir V e Reg., p. ioa5, Je cet Armoriai. 



Regijïre feptième. 



de RIENCOURT. 5 7 8 



5. Marie-Julie, née en 1784, morte en 1785. 

6. Louis-Henry, né le 17 Fructidor an XIII (4 Septembre i8o5), mort en i858, 

lahTant de ion mariage avec Marie-Clotilde Coppin un fils & une fille : 

I. Louis-Ernest, né le 29 Mars 1823, marié à Marie-CélinaBERTHiER^où : 

1. Louis-Henri-Edgard, né le 24 Novembre 1859, mort le 5 Décembre 

de la même année. 

2. Marie-Louise, née le 24 Mai 1854. 

3. Céline-Amélie, née le i3 Août i855. 

II. Clotilde-Julienne, née le 11 Mai 1824. 

XIX. DEGRÉ. 

Louis-Léopold de Riencourt-Lignières, mort en 1829, laiffa de fon mariage avec 
H. de Villers, deux enfants : 

1. Marie-Alexandre, qui fuit. 

2. Marie-Céline, née le 12 Avril 18 19, morte le 22 Juillet 1881. 

XX. DEGRÉ. 

Marie- Alexandre, dit le Comte de Riencourt-Lignières, né le i er Juin 1817, 
mort fans poftérité à Hyères le 2 Avril 1879; marié : i° à Anna Taylor; 2 à Élifa- 
Anne Couche, fille de feu Thomas Couche, Efquire, Capitaine au fervice de 
S. M. Britannique. 



SIXIEME BRANCHE, 

DITE D'ANDECHY. 

XVIII. DEGRÉ. 

Barbe-Simon de Riencourt, dit le Comte de Riencourt, né le 18 Septembre 1721, 
fut fait Cornette dans le régiment de Saint-Simon au mois de Juillet 1740 & nommé 
Capitaine de cavalerie dans celui d'Archiac le i er Août 1743. Il époufa, le 16 Mars 
1756, Marie-Antoinette Tiercelin de Brosses, fille de Meffire Etienne Tiercelin 
de Brosses, Chevalier, Seigneur de Beaucourt, de la Rue-Prévôt, de Donléger, 
dlgnaucourt en partie, &c, & de Dame Marie- Auguftine-Alexandrine de Créquy- 
Hémond (a). De ce mariage naquirent : 

1. Augustin-René, qui fuit. 

2. Estienne-Simon-Léonard, dit le Vicomte de Riencourt, Evèque nommé de 

Boulogne. 

3. Louis-Fortuné, auteur d'un rameau puîné , mentionné ci-après. 
4 & 5. Deux filles. 

XIX. DEGRÉ. 

Augustin-René, qualifié Comte de Riencourt, Lieutenant général des armées du 
Roi, Commandeur de l'Ordre royal & militaire de Saint-Louis, époufa Marie-Ho- 
norine d'Ainval de Brache, d'où : 

ta) Voir V e Reg., p. 1027, de cet Armoriai. 



5 79 



de RIENCOURT. 



i . Marie-Ludovic-René, Comte de Riencourt, Page du Roi, mort fans avoir été 

marié. 
2. Marie-Léon, qui fuit. 

XX. DEGRÉ. 

Marie-Léon, Comte de Riencourt, époufa Marie-Maxime-Adrienne-Eugénie de 
Lameth, fille de Louis-Charles-Auguftin, Marquis deLameth, & de Zoé-Ambroiline 
de Choiseul-Daillecourt. De ce mariage : 

i. Marie-Augustin-Louis-Hugues, qui fuit. 

2. Marie-Augustine-Marthe, mariée, le 12 Juin i855, à Louis-Alfred, Comte 
de Landemont. 

XXI. DEGRÉ. 

Marie-Augustin-Louis-Hugues, Comte de Riencourt, né le 5 Juillet 1 838, époufa 
en 1870 Marguerite d'Assas, d'où : 

1. Marie-Gentienne-Léontine. 

2. Marie-Marguerite-Louise. 

3. Nicole-Marthe-Marie. 



RAMEAU PUINE DES SEIGNEURS D'ANDECHY. 

XIX. DEGRÉ. 

Louis-Fortuné, dit le Vicomte de Riencourt, Chevalier de Saint-Louis & de 
Saint-Jean de Jérufalem, fut d'abord Page de Madame & fervit enfuite dans l'armée 
des Princes. 11 le retira avec le grade de Lieutenant-Colonel de cavalerie & mourut, 
en fon château d'Andechy, le 10 Août i852. Il avait époufé, par contrat paffé devant 
Claude Prunot & fon collègue, Notaires impériaux à la réfidence de Metz, Louife- 
Catherine-Victoire du Hautoy, fille de Charles-Henri, Marquis du Hautoy, & de 
Louife-Jofeph de Cherisey. Ils eurent pour enfants : 

1. Louis-Léonor, dont l'article fuit. 

2. Louise-Pauline, mariée au Comte de Bertier de Sauvigny. 

XX. DEGRÉ. 

Louis-Léonor, dit le Comte de Riencourt, marié à Léontine-Charlotte-DéfiréeDE 
Maulde, fille unique de Louis-Léon-Adélaïde, Comte de Maulde, Marquis de La- 
buiflière, dernier du nom (a), & de Marie-Victoire-Jeanne de Lasteyrie du Saillant 
(contrat de mariage, du 20 Août i836, paffé par devant Furne & fon collègue, ren- 
dant à Arras). De ce mariage eft iffu : 

XXI. DEGRÉ. 

Léon-Louis-Marie, Comte de Riencourt, né, au château de Labuiffière, le u 
Août 1837, marié, le 2 Mai 1860, à Jeanne-Marie-Élifabeth de Bertoult, fille d'Ar- 
ia) Laîné, Archives généalogiques S hifioriques de la Noblejje de France, t. III, art. Je M.uilde, p. 18. 



de RIENCOURT. 



58o 



noul-Amable-Valentin, Baron de Bertoult, & de Marie-Octavie-Célefte-Jumne de 
Tenremonde (contrat de mariage du i er Mai 1860, pafTé par devant M e Gambart & 
lbn collègue, Notaires à Douai). De ce mariage eft iffu : 

Arnoul-Charles-Louis-Marie de Riencourt, né, au château d'Hulluch, le 7 Juillet 
1861, décédé, au château de Labuifiïère, le 26 Juillet 1884. 



SEPTIEME BRANCHE. 

SEIGNEURS DE BOISGEFFROY ET DARLEUX. 

Cette branche, iiïue de la quatrième & qui avait pour auteur Claude de Riencourt, 
qualifié Chevalier, Seigneur d'Arleux, fécond fils de Nicolas de Riencourt & d'Anne 
d'Ailly, s'eft établie & s'eft éteinte au fiècle dernier en Normandie a . 

Elle avait été maintenue dans la noblefle par M. de la GaliiTonnière, Intendant 
à Rouen, le 19 Mars 1669, en la perfonne de François de Riencourt. 

ia) Voir V e Reg., p. 1027- 1028, de cet Armoriai. 



^Kei& 




58 1 



de RIPERT d'ALAUZIER, 

Anciens Seigneurs de la Bajiie-du- Verre, de la Tour de Mirmande, d'Allan, du 
Puy -Saint-Martin, de Saou, de Rac, de Noveçan, de la Motte, de Saint- 
Vidor-Lacojle, de Barri & autres lieux; Cofeigneurs de Valréas, de la Ba- 
ronnie de la Garde-Paréol ; Marquis d'Alauzier & de Barri. 

en DAUPHINÉ & au COMTAT-VENAISSIN. 



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Ecartelé : aux i & 4, d'Azur à la Fleur de lys d'Or & à la Fa/ce de Gueules brochant fur le 
tout, chargée à dextre d'un Croiffant contourné d'Argent & à fenejlre d'un Soleil d'Or, qui 
e(t de Ripert; aux 2 & 3, d'Azur à la Bordure d'Or & une Croix de Lorraine alaifée de Gueules 
brochant furie tout, qui eft d'Alauzier. — Couronne de Marquis. — Supports : deux Sauva- 
ges armés d'un Arc. —Cimier : un Sauvage armé d'un Arc. — Devise: Chrijle crucem cruentajli. 

LA Maifon de Ripert eft Tune des plus anciennes du midi de la France. 
Hugues de Ripert fe croifa en 1096, fous la bannière des Adhémar. Ceux- 
ci, à leur retour de Paleftine, lui inféodèrent, en confidération des fervices 
rendus en Terre Sainte, les feigneuries de la Baftie-du-Verre & de la Tour & 
fortereffe de Mirmande, par acte paffé le 21 Septembre 109g, en l'églife Sainte- 
Croix à Montélimar (a) ( Adheimarii de Montelio fratres concedunt 

Hugoni Riperti & fucceJJ'oribns eorum in infinituni, Feuda quœ fequuntur, in 

conjiderantia multorum fervitioruni receptoruni a fupradidis quinque nobilibus 

vajj'allis in Terra Sancla fcilicet nob. Hugoni Riperti Feudum Bajlidœ 

del Verre cum Turre & Fortalitio ejufdem atque dijlriclu mandamenti Mir- 
niandœ V alentinens . diocef. ....) 

Les Ripert font, en ce temps, largement pofleffionnés dans le Bas-Dauphiné. 
Ils figurent dans de nombreufes chartes des commanderies de l'Ordre du Temple 
de Richerenches & de Roaix (b) dont plufieurs relatent leurs bienfaits \c . En 
11 38, c*efl le don d'un ferf avec fa famille & les poffefïions (d) par Hugues. 
Seigneur d'Allan, fa femme Petronille & trois de leurs fils, Pierre, Guillaume 
& Raymond (Ego Hugo de Alon & Petronilla. uxor mea, & filii nojtri, videlicet 
Petrus Ripertus, &W. atque Raimundus), que nous retrouverons tous trois dans 
des chartes poftérieures, défignés feulement par leur nom patronymique fans 
adjonction de nom de fief. A Roaix (charte [85) & à Richerenches (charte 129 . 



(a Pithon-Curt, Hijioire de la Noblefi'e du Comté-VenaiJJin (Avignon, 174^. t. III & IV, généalogies 
Adhémar & Ripert. — Roger, la Noblejfe de France aux Croifades. p. 147 (Paris, i s i 

\b) Richerenches, Roaix, Allan (en langue vulgaire Alon), localités voifines dans le Bas-Dauphiné. 
.1 Cartulaires des commanderies de l'Ordre du Temple de Richerenches & de Koai\ ,1 la Bi 

l alvet & aux Archives départementales à Avignon. 
[d] Cartulaire de la commanderie de l'Ordre du Temple de Richerenches, charte n° 2 |. 



de RIPERT d'ALAUZIER. 



D82 



Pierre eft témoin avec un autre de fes frères (tejîibus Petro Riperti 

filio Hugonis d'Alon, cum Hugone fratre /i/o), qui porte/ comme fon père, le 
prénom de Hugues, très fréquent dans l'afcendance des premiers Ripert. Sans 
qu'il foit pofïïble d'identifier absolument les perfonnages, il eft bien probable 
que le Hugues de 1 1 38, alors âgé, puifque trois de fes fils font afïbciés à fa do- 
nation, n'eft autre que celui revenant jeune de la Croifade en 1099. Une charte 
(a) que des fynchronifmes placent vers 1 120, énumère les cofeigneurs de Valréas, 
importante commune voifine d'Allan, & parmi eux ce même Hugues, feigneur 
d'Allan (Hugo Dalon). On fait que les tenures en parage étaient, à cette épo- 
que, l'indice d'une parenté entre les cofeigneurs au degré où le mariage était pro- 
hibé entre eux. Les autres cofeigneurs relatés dans la charte font les Mévouil- 
lon, les Valréas, les Taulignan, les Chamaret & les Guintrand. Il eft intéreffant 
de conftater que ces alliés des Ripert appartenaient aux premières familles 
féodales de la région. Les Mévouillon, notamment; étaient alors tout-puiffants, 
une bulle de Frédéric Barberoulfe allait en 1178 leur conférer le privilège de 
ne relever que de l'Empereur. 

Citons deux faits qui confirment le haut rang des Ripert. En 1181, Guil- 
laume de Ripert, fils de Hugues {Ego Guilelmus Riperti nomine) eft affilié, 
à la fin de fa vie, à l'Ordre du Temple, comme donat laïque (b). A cette oc- 
cafion, il donne à la commanderie tous fes droits fur le château des Tour- 
rettes & fur fon mandement, Montpenfier, Montchamp & une maifon à Saint- 
Paul-Trois-Châteaux. En retour, le Commandeur Hugolen lui fait don d'un 
cheval d'armes d'une valeur exceptionnelle pour l'époque, de 400 fous (eqiium 
cccc folidorum). Vingt-quatre ans auparavant, Géraud Adhémar, à fon avène- 
ment à la fouveraineté de Montélimar, avait marqué fa munificence pour Ri- 
cherenches, par des bienfaits & des concertions de privilèges relatés dans la 
charte i3i. Le cheval qui lui fut donné en reconnaiffance n'eft évalué qu'à 
3oo fous. Le fécond fait eft rapporté dans les Mémoires pour fervir à l'hijîoire des 
comtés de Valentinois & de Diois, par J. Chevallier (pp. 1 5 1 à 162). En n63, 
Guillaume de Poitiers, héritant du comté de Valentinois, dans des circonftances 
difficiles, rendit hommage à l'Evêque de Die, l'un des plus puiffants prélats du 
marquifat de Provence, en lui fournilfant comme « objides & Jidejujjores », avec 
fon propre fils Aimar encore jeune (Ademarulum), neuf autres Seigneurs, parmi 
lefquels Pierre de Ripert & fon coufin, Guillaume Artaud (G. Artaldi, P. Ri- 
perti) (c). La charte 1 3 1 de Richerenches nous montrait déjà Pierre de Ripert, fils 
aîné de Hugues, témoin dans un acte de 1 157 avec" Raymond de Porcellet, Guil- 
laume de Tournon, Guillaume Bérenger, &c. (Hujus rei tejîes... Raimundus 
Porcelleti, Wilelmus de Torno, Wilelmus Berengerii, Petrus Ripertii. 

Raymond de Ripert, le troifième fils de Hugues, apparaît en ii55, avec fon 
aîné Guillaume, tous deux appelés Riperti feulement, dans la charte du Car- 



ia) Le P. Boyer de Sainte-Marthe, Hijl. de l'Eglise cathédrale deVaifon, pp. 97 & fuiv. 1 Avignon 1 7 3 1 ; . 

(b) Cartulaire de la commanderie de l'Ordre du Temple de Richerenches, charte n° 24?. 

(c) Tituli Dienfes, publiés par Ul. Chevallier, 35-36. Ce Guillaume Artaud était fils de Guillaume d'Al- 
lan, lequel avait été garant de la donation faite à Richerenches, en 1 1 38, par Hugues d'Allan (ch. 44). Le 
père & le fils apparaiflènt enfemble, dans plufieurs chartes, à côté de leurs agnats les quatre frères Ri- 
pert, avant que les deux coufins, Pierre Ripert & Guillaume Artaud, fuffent enfemble objides de Guillaume 
de Poitiers en 1 1 63. Guillaume Artaud paraît n'avoir eu qu'une fille. Celle-ci, première femme de Géraud 
Baftet de Cruffol, porta dans cette maifon le riche patrimoine de cette branche des Ripert, Seigneurs 
d'Allan. Ce ne fut pas fans allumer entre les Cruffol & les Poitiers une guerre, qui « din protracta » fe ter- 
mina, en 1242, par une tranfaction. Voir J. Chevallier, Mémoires pour fervir à l'hijîoire des comtes de Va- 
lentinois & de Diois, t. I"', p. 217. 



583 



de RIPERT d'ALAUZIER. 



tulaire de Roaix, n° [25, relatant une donation faite à cette commanderie par 
Pierre de Chamaret. 

En 1140, les Ripert avaient encore donné à la commanderie de Richerenches 
le ferf Pons Novel et fes quatre fils (charte 3g). De pareils dons compor- 
taient, ainsi que la charte le dit expreffément, outre la cefîlon des perfonnes, 
celles des tènements qu'elles cultivaient. Le donateur principal eft ici une 
femme, veuve fans doute, Peregrine de Ripert, qui afïbcie à fa libéralité fes 
deux fils : Pierre & Raoul. Elle prend une appellation d'humilité chrétienne 
qui décèle une profonde piété {Ego Peregrina, peccatrix femina, & ego Petrus 
Riperti & ego Rodolfus, ambo filii illius). 

Aufïï trouvons-nous en 1 1 6g, dans les chartes 98 & 1 19 de Richerenches, Petrus 
Riperti devenu Capellanus. Quant à Raoul, il fut Chevalier de Saint-Jean de 
Jérufalem, à la commanderie de Saint-Gilles, où Bertrand de Ripert fut également 
reçu Chevalier en 1187(0). Bertrand était âgé à cette date. C'était un perfonnage 
confidérable, qui avait eu dans le comté de Touloufe une brillante carrière. En 
1 178, le Comte Raymond V l'avait délégué en qualité de Vicarius à Saint-Gilles, 
cité importante, port d'embarquement fur le Rhône des pèlerins pour la Terre 
Sainte. On peut encore lire en original, aux Archives Nationales (I, 3o4, n° 16), les 
curieux règlements qu'il promulgua pour le bon ordre de la ville & pour mettre 
un terme aux exactions que les changeurs & les hôteliers pratiquaient envers 
les pèlerins (b). 

En 1208, le Comte Guillaume de Forcalquier fait, in extremis, une très im- 
portante donation, celle de la ville de Manofque & de plufieurs châteaux, à 
l'Ordre de Saint-Jean de Jérufalem, & il fait jurer la charte par fes barons, fei- 
gneurs & vaffaux ibarones & proceres). Parmi les premiers, avec Guillaume de 
Sabran, fon neveu, Guillaume de Villemur, &c, figure Raymundus Riperti (c). 

Au xni e fiècle Hugues de Ripert était Grand Juge & tenait la cour du comte 
de Touloufe en Venaiffin (d), où les Chevaliers Bertrand (e), Rostan (d), Ray- 
mond (/), Geltrad (g), de Ripert avaient une haute fituation. Dans les acres 
du temps leurs noms font affociés à ceux des plus grands feigneurs. 

En Dauphiné, les chartes relatent, en 1269, 1273, 1287, i332, 1347, &c, les 
hommages rendus par les Ripert vaffaux des Adhémar & des Poitiers pour leurs 
fiefs & terres nobles de Grignan, Piégros, Omblèze, Saou, pour le château & 
la feigneurie du Puy-Saint-Martin (h). 

Guillaume, Antoine & Jean font â la guerre de cent ans. Guillaume eft l'un 
des Écuyers de la compagnie d'Antoine Hermentier, levée en Provence 8c dans 
le fud du Dauphiné, fur l'appel de Charles VI. Jean fert avec farrière-ban du 



\a\ De la Ville le Roulx, Cartulaire général des Hofpitalicrs de Saint-Jean de Jérufalem. n" ; 2o & 829. 
Voir auffi dans V Inventaire du Grand Prieuré de Saint-Gilles, par le Comte de Graffet (p. 176), & l'Abbé 
Gay, Précis fur la canonifation de faint El^éar, la guérifon de Hugues de Ripert, Chevalier de Saint-Jean 
de Jérufalem. Lorfque Bonaparte s'empara de Malte & en expulfa l'Ordre des Hofpitalicrs de Saint-Jean 
de Jérufalem en 1798, les Ripert y comptaient encore un représentant, le chevalier André de Ripert- 
Barret (Catalogue des Chevaliers de Malte, par L. de la Roque, p. 206 (Paris, 1891). 

\b) Teulet, Layettes du Tréfor des chartes, t. I, n os 288 & 289. —Sur Bertrand de Ripert, voirDom Vaif- 
fète, Hijloire du Languedoc, t. III, preuves, n" s xv, xxnr, xxvi, xxix, xxxvn. 

c) \ oir le texte de la charte dans Y Hijloire de Manofque, de Féraud, p. 187 & l'uiv. 

d) archives Nationales, Tréfor des chartes, I 3oy, n° 17, & Teulet, Layettes, t. Il, p. 376 & fuiv. 

" [g] Revue hi/lorique de Provence, t. I, p. 3og. — D'Hozier, Armoriai général. 1 eg. \ , p. 676. — Pi- 
thon-Curt, t. IV, p. 640. 

[h) Manufcrit des Hommages du Dauphiné. — Inventaire de la Chambre des Comptes de Grenoble. - 
Archives dép. de la Drôme, férié E. — Bibliothèque Nationale, manuferits latins, n° 11081. — LaChenaye- 
Desbois, Diâionnaire de la Nobleffe, généal. de Ripert, t. XII, pp. 406-408. 



4 de RIPERT d'ALAUZIER. 58 4 

Dauphiné, fous les ordres du Baron de Saffenage : il eft tué à Verneuil, le 
6 Avril 1424, aux côtés de ion chef. Son hlaibn & celui des autres guerriers 
nobles, tombés dans le combat, eft peint dans la chapelle de Saint-Antoine, en 
Viennois, où une meffe quotidienne eft fondée pour le repos de leurs âmes (à). 
Antoine, d"abord Écuyer dans la compagnie de Guillaume de Mévouillon, Sé- 
néchal de Beaucaire & de Nîmes, guerroie fous le Comte de Foix. 11 appofe fur 
lés actes l'écu des Ripert (Fleur de lys d'or & fa/ce brochante) (b). 

Les Ripert forment alors trois branches iffues de Hugues, Cofeigneur du 
Puy-Saint-Martin, père de Lambert., qui tefta en 1847 : 

I. Celle d'ARTAUD de Montauban, dont les repréfentants sont aujourd'hui : 
i° Le Marquis de Ripert- Monclar, Miniitrc plénipotentiaire de première 
claffe, Commandeur de la Légion d'honneur, fils d'Amédée 8c de Clé- 
mentine de Jerningham Stafford, marié à fa coufine Françoife de Ri- 
pert-Barret, fille du comte Guftave 8c de Yictorine Pichot de Lefpinaffe; 
2 Mefdemoifelles Thérèfe 8c Cécile de Ripert-Barret. fœurs de la mar- 
quife de Monclar; 

IL Celle de Devez, éteinte au fiècle dernier, dans les Bertrand de Montfort; 

III. Celle des Marquis d'ALAUZIER 8c de Barri, au Cointat-Venaiffin, la feule 
dont f'occupe la préfente notice. Nous la commencerons à Paul de Ripert, 
qui, par fon mariage avec Madeleine d'Alauzier, tranfmit à fa dépen- 
dance un nom aujourd'hui ufuellement fubftitué au nom patronymique. 



XII. DEGRE. 

Paul de Ripert (formant le XII e degré de la généalogie publiée en 1743 
par Pithon-Curt, 8c le IV e de celle établie antérieurement par d'Hozier (c)). fut 
Capitaine de cent hommes d'armes par commifTion du Roi Henri III délivrée 
à Blois le 8 Février 1 58g, 8c fervit fous le Maréchal d'Ornano les années fui- 
vantes en Lyonnais, Forez 8c Beaujolais. Il fuccéda, en 1396, au Duc de Rohan, 
comme Gouverneur du château Trompette à Bordeaux. Il devint Gentilhomme 
ordinaire (1619) 8c Écuyer de Gafton d'Orléans (1621). En 1623 il réfigna fes 
charges en faveur de Charles de Maillé 8c mourut le 10 Octobre 1629, en 
Vivarais, où, avec une compagnie levée à fes dépens, il combattait les religion- 
naires révoltés. 

Il avait époufé, à Bollène, le 20 Avril 1597, Madeleine de Fabry d'Alauzier, 
héritière de cette maifon dont les Ripert ont relevé le nom 8c les armes. Fille 
unique de Claude 8c de Dominique de Gozon, Madeleine appartenait à une fa- 
mille fixée dans le Venaiflin depuis trois générations, mais originaire du Ge- 
nevois (d), où elle avait contracté les meilleures alliances 8c brillé dans TEglife, 
avec Pierre Fabry, Prince-Évèque de Genève en i38o. 8c Aimar Fabrv, fon 
fuceeffeur fur le même liège (<?). Mais le nom d'Alauzier devait furtout fon luftre 

(a) Guy Allard, Didionnaire du Dauphiné, v° Verneuil. 

(b) Bibliothèque Nationale, Manufcrits, Acquifitions nouvelles, n" 8ôo5 : Montres des gens de guerre, 
pièces 98, 101, 104, & Pièces originales, S, 2490, doffier Ripert, &c. 

(c) D'Hozier a drelfé une généalogie (reftée manufcrite) des Ripert d'Alauzier pour l'admiflion aux 
Pages d'un des leurs, Jean-François-Firmin, en 1735. Ce juge d'armes de France n'eut à préfenter offi- 
ciellement que le nombre de degrés exigibles pour cette admiffion. 

d) Alauzier ou Alouzier (de Alaupaco, aujourd'hui Allonzier), érigé dans la fuite en Baronnie, eft fi- 
tué en Genevois, fur la rivière des Petites-Oulfes. 

(e) Spon, Hiftoire de Genève, édit. de 1680, t. I er , pp. 70. 79, 144, 200, &c. : t. H. pp. 114. i-M- 166, &c. 



d8d 



de RIPERT d'ALAUZIER. 



i. Eugène-Louis-Prosper, qui fuit. 

2. Joseph-Amalric, décédé le 2 Mai i865, avait époufé, le 19 Septembre i85o, 

Clotilde, fille du Marquis de Las Cases & d'Erneftine de Raigecourt, 

d'où : 

Ludovic-Emmanuel-Marie-Joseph, chef acluel de la branche cadette, 
marié, le 26 Juillet 1882, à Marguerite, fille de Guftave d'OuvRiER de 
Villégly, Vicomte de Bruniquel, Général de divifton, Grand Officier 
de la Légion d'honneur, & de Anne de Chambert. De ce mariage : 
Marie-Gustave-Raymond-Henri, Marie-Gaston-Anne-Louis, Marie- 
Clotilde- Louise -Sidonie, mariée le 28 avril 1908 au Comte de 
Saint-Exupéry, Marie-Marguerite-Eugénie-Madeleine, 8c Marie- 
Germaine-Gertrude-Gabrielle. 

3. Amélie-Marie-Josèphe, mariée, le 20 Mai i835, au Marquis de Grolée- 

Virville. 

4. Marie-Joséphine, Supérieure du Couvent des Carmélites d'Avignon. 

5. Louise-Marie, mariée, le 25 Octobre 1845, au Comte de Baroncelli- 

Javon. 

XIX. DEGRÉ. 

Eugène-Louis-Prosper de Ripert, Marquis d'Alauzier, décédé le 19 Août 1887, 
avait époufé, le 22 Septembre i832, Delphine, fille de Maurice de Giry & de 
Julie de Colonia. De ce mariage : 

1. Gustave-Marie-Maurice, Religieux Dominicain, ancien Prieur des couvents 

d'Angers, de Carpentras & de Rykolt (Hollande). 

2. Louis- Amalric Marie, qui fuit. 

3. Jules-Marie-Joseph, marié, le 4 Mai 1876, à Marie, fille du Marquis de 

Maillardoz de Rue (a) & de Laure de Chiseuil. De ce mariage : 

Pierre -Marie- Eugène -Jules, Albert -Marie -Emmanuel -François, 
Charles-Marie-Eugène-François, Gonzague-Marie-Albert, Mar- 
guerite-Marie -Joséphine. 

4. Marie-Philomène, mariée, le 25 Mars 1862, à Guftave de Bernardi. 

XX. DEGRÉ. 

Louis-Amalric-Marie de Ripert, Marquis d'Alauzier, chef de nom & d'armes, 
marié, le 23 Février 1870, à Elifabeth, fille de Charles de Surville, Député & 
Préfident du Confeil général du Gard, 8c de Lucie de Ricard. De ce mariage : 

1. Louis-Marie-Maurice, marié, le 4 Août 1904, à Sufanne, fille de Richard 

Girardot & de Lucie Blain des Cormiers, d'où Lucie-Louise-Gertrude- 
Paule. 

2. Louis-Marie-Joseph, marié, le 26 Avril 1904, à Marie-Thérèfe, fille du 

Marquis de l'Espine 8c de Berthe de Pégueirolles. 

3. Marie-François-Joseph-Jean. 

4. Marie-Delphine-Caroline, mariée, le 5 Octobre 1897, à Henri Teissier. 

5. Marie-Alfred-Thérèse, Religieufe Carmélite à Avignon. 

6. Marie-Herminie-Marthe. 

7. Maurice-Marie-Madeleine. 

(a) Vieille famille mille, anciennement alliée en France aux Clermont et aux la Trémoille. Le Lieute- 
nant général Marquis de Maillardoz, Commandant des Gardes Suiffes, & trois officiers de fon nom, furent 
maffacrés aux Tuileries le 10 Août 1792. 



Regijlrc feptième. 



delà RIVOIRE de la TOURRETTE 



Anciens Seigneurs de Baumes , Chadenac & Vernoux; Marquis de la Tourrette , 
Barons & Comtes de Chadenac, Barons de Chalancon. 



en LANGUEDOC. 




E car télé : aux i & 4, de Gueules au Lion d'Argent, armé & lampaffé de Sable, qui eft de 
la Rivoire; aux 2 & 3, d'Or au Lion de Gueules, qui eft de Ginestous-la-Tourrette. 



Cette famille, originaire du haut Vivarais, a pris fon nom de la terre de la Ri- 
voire, fltuée dans la paroifTe de Vanofc, près d'Annonay, au Diocèfe de Vienne. 
Par fuite de nombreux indices, elle doit être regardée comme la même que celle 
des Seigneurs de Rivoire & de Romagneu, en Dauphiné, & de Rivoire du Palais, 
en Forez. Elle était déjà établie au XIII e ûècle en Vivarais, car Noble Martin de 
la Rivoire y fait en 1276, de Guillaumette Mafocre, l'acquifition d'une maifon & 
d'un jardin, & dans Fade de vente figure comme témoin un Noble Jean de la 
Rivoire. Dans un acte paffé en i3oi à Annonay, dans le haut Vivarais, entre Ar- 
taud, Seigneur de la Roche & d'Annonay, & RofTet Cheyrand, eft également men- 
tionné comme témoin Antoine de la Rivoire, Chevalier. 

Une chapelle fut fondée en \3g3 dans l'églife de Vanofc, fous le vocable de 
Saint-Jean l'Évangélifte, par Noble Fée de Lermusière, mère de Noble Guillaume 
de la Rivoire « pour, eft-il dit dans l'acte de fondation, le repos de l'âme de fon 
cher fils décédé depuis peu ». Ses defcendants ont toujours joui de ladite cha- 
pelle jufqu'au commencement du XVIII e fiècle. 

Les terres de la Tourrette & de Chalancon, qui donnaient entrée aux États géné- 
raux du Languedoc, furent poffédées par cette famille par fuite des alliances qu'elle 
contracta avec de Nobles Maifons de la province. Elle fut admife aux honneurs 
de la Cour en 1781 & 1789. Sa filiation fuivie ne commence qu'à Jean de la Ri- 
voire, qui fuit. 

PREMIER DEGRÉ. 



Jean de la Rivoire eft qualifié en 1447 de Noble & PuhTant homme, dans fon 
contrat de mariage avec Noble Damoifelle Jacquette de Cheuvriers, de laquelle 
il eut un fils, qui fuit. 



de la RIVOIRE de la TOURRETTE. 



588 



IL DEGRE. 

Noble Guillaume, I er du nom, de la Rivoire, rendit en 1480 hommage à Jacques 
de Tournon de fa terre de la Rivoire. Il époufa, par contrat du 1 1 Décembre 1463, 
Guiotte de Malins, fille de Noble Girard de Malins & de Catherine de Chambeau, 
Dame de la Tourrette. De cette union vinrent trois enfants : 

1. Guillaume, II e du nom, qui fuit. 

2. Anne de la Rivoire, qui époufa Noble Charles de Borée. 

3. Artaude de la Rivoire, mariée à Noble Claude de la Tour, Seigneur de 

Firminy, en Forez. 

///. DEGRÉ. 

Guillaume, 11 e du nom, de la Rivoire, époufa, par contrat de mariage du 
i cr Octobre i5o8, Marguerite du Peloux de Saint-Romain, de laquelle il eut trois 
enfants : 

1 . Claude, qui fuit. 

2. Jacqueline de la Rivoire, qui époufa Claude de Bonne, Seigneur d'Aus, en 

Dauphiné, famille illultrée par le Connétable Duc de Lefdiguières. 

3. Françoise de la Rivoire, mariée à Pierre de Quain. 

IV. DEGRÉ 

Claude de la Rivoire, marié, le 3i Mai 1 556, à Madeleine Dumas de Chadenac, 
fille de Louis Dumas, Seigneur de Chadenac, & de Madeleine de Porcelet-Mail- 
lane. Il tefta en 1 583, & fut inhumé au tombeau de fes ancêtres dans Téglife de 
Vanolc. Il eut de fon union plufieurs filles & deux fils : 

1. Fleury, qui fuit. 

2. Jean-Baptiste de la Rivoire, Seigneur de Çaufon. 

V. DEGRÉ. 

Fleury de la Rivoire, Seigneur de la Rivoire & de Chadenac, époufa, le 29 Dé- 
cembre 1 583, Demoifelle Judith de Fay, fille de Noble Chrhtophe de Fay, Seigneur 
de Gerlande, & de Noble Guyonne de Saulsac. Il eut de cette alliance deux filles 
8c cinq fils : 

1. Jacques de la Rivoire, mort célibataire. 

2. Christophe, qui fuit. 

3. Louis de la Rivoire, Chevalier de Malte, Commandeur de Chazelles. 

4. Hector de la Rivoire, Chevalier de Malte, Commandeur de Blodez. 

5. Charles de la Rivoire, Seigneur de Baumes. 



VI. DEGRE. 

Christophe de la Rivoire, Seigneur & Baron de Chadenac, Capitaine de cent 
hommes, eut, pendant les troubles qui agitaient le bas Vivarais, le commande- 
ment d'une partie de cette province , ainli que f attendent plufieurs lettres que lui 



58g 



de la RIVOIRE de la TOURRETTE. 



adreifèrent Henry, Duc de Montmorency, & le Maréchal de Schomberg (à). Il fe 
maria, le 29 Juin i636, à Madeleine de Boulieu, fille de Noble Chriftophe de Bou- 
lieu, Seigneur de Jarnieu, & de Louile de Montmorin-Saint-Herem, Dame du 
Breuil, arrière-petite-fille de Jeanne de Bourbon, VicomtelTe de Joyeufe. 
Ils eurent de leur mariage : 

1. Nicolas-Joseph, qui fuit. 

2. Paul de la Rivoire, Chevalier de Malte, Commandeur de Celles, en Berry. 

3. Marie de la Rivoire, mariée à Jacques de Charpin, Comte de Genetines. 

4. Hélène de la Rivoire, mariée à François Saignard, Baron de Queyrières. 

VIL DEGRÉ. 

Nicolas-Joseph de la Rivoire, Seigneur de Baumes & Comte de Chadenac, fut, 
par jugement fouverain du 19 Octobre 1668, maintenu dans fa NobleïTe avec 
fon oncle Charles. Il avait époufé en 1666 Angélique-Antoinette de Ginestous 
de la Tourrette, qui, devenue héritière de fa Maifon, fit donation de les biens à 
fon fils aîné Juif-Antoine, à charge par lui de porter le nom & les armes de la 
Tourrette. Elle était fille de Juft-Henri de Ginestous, Marquis de la Tourrette, 
Comte de Chadenac, Baron de Chalancon, 8c d'Antoinette de Luc. 

De ion union il eut huit enfants : 

1. Just-Antoine, qui fuit. 

2. Nicolas-Antoine de la Rivoire, appelé le Comte de la Rivoire, était Cor- 

nette des carabiniers & fut tué à la bataille de la Marfaille. 

3. Just-Louis de la Rivoire, appelé le Comte de Chadenac, fut Enfeigne de 

vaiifeau, tué à Malaga. 

4. Joseph-Ignace de la Rivoire, Chevalier de Malte, fut pendant 22 ans efclave 

en Turquie. S'étant échappé miraculeufement après cette longue captivité, 
il revint dans fa famille, quitta fOrdre, fe maria avec Marie de Surville, 
& mourut fans poflérité. 

5. Just-Antoine, II e du nom, de la Rivoire, fut d'abord Chevalier de Malte, puis 

Prieur de Gluiras & de Saint-Barthélémy, devint enfuite Commandant de 
bataillon au régiment Dauphin-infanterie. Chevalier de Saint-Louis, mort 
le i5 Janvier 1747, fans avoir été marié. 

6. Françoise de la Rivoire, Abbeffe de Soyons-lès-Valence. 

7. Marie-Antoinette de la Rivoire, Religieufe à Soyons. 

8. Anne de la Rivoire, Religieufe à Sainte-Claire d'Annonay. 

VIII. DEGRÉ. 

Just-Antoine de la Rivoire, Seigneur de Baumes, Chadenac, Vernoux, Mar- 
quis de la Tourrette, Baron de Chalancon & des États du Languedoc, fut reçu en 
1709 aux États généraux; il rendit, en 171 2, hommage au Roi pour les terres. Il 
fe maria en 1717 avec Demoifelle Marie- Violente de Portalès de la Chèze. Décédé 
le 19 Mars 1765, il laiifa de fon mariage fix enfants: 

1. François-Antoine-Alphonse , qui fuit. 

2. Marie-Françoise de la Rivoire, mariée en 1738 au Comte François de 

Rostaing, Capitaine au régiment du Roi-infanterie. 



(a) Dans une de les lettres, le Maréchal de Schomberg lui mande que « comme il ell un des Gentilshommes 
des plus conlidérés de la province, il l'engage à fe mettre à la tête de toute la Noblelle de fon voifinage pour 
venir s'oppolcr à la defccnte des Efpagnols qui menaçaient les côtes, «.V qu'en outre il L'en prie comme fon ami 
particulier ». 



4 de la RIVOIRE de la TOURRETTE 



D90 



3. Marie-Antoinette de la Rivoire, mariée, le 21 Mars 1744, à fon oncle ma- 

ternel, Louis-Hercule de Portalès, Marquis de la Chèze, Capitaine-lieute- 
nant de la première compagnie des Moufquetaires, Lieutenant général des 
armées du Roi & Grand' croix de Saint-Louis. 

4. Marie-Paule de la Rivoire, mariée, le 16 Février 1741, à Louis-François 

Marquis de Vachon, Chevalier d'honneur au Parlement de Dauphiné. 

5. Marie-Marguerite-Suzanne de la Rivoire, mariée en 1748 à Mefïire Alexis 

du Faure, Marquis de Satillieu, Seigneur de Mahun 8c de Saint-Silveftre. 

6. Marie-Justine-Antoinette de la Rivoire, mariée en 175 1 à Mefïire Claude de 

la Forêt, Comte de Divonne, Seigneur de Mongiraud, Colonel en fécond 
du régiment d'Artois-infanterie, puis Maréchal de camp. 

IX. DEGRÉ. 

François- Antoine- Alphonse de la Rivoire, Seigneur de Vernoux, Saint-For- 
tunat, 8cc, Marquis de la Tourrette, Baron de Chalancon 8c des États du Lan- 
guedoc. Décédé en 1768, il avait époufé en 1760 Marie-Louife-Thérèfe de Beau- 
voir de Grimoard du Roure, fille de Louis-Claude-Scipion de Beauvoir de 
Grimoard, Comte du Roure, Lieutenant général des armées du Roi , Chevalier des 
Ordres, & de Marie-Antonine- Victoire de Gontaut-Biron, Dame d'honneur de Ma- 
dame la Dauphiné & fceur du dernier Maréchal de Biron. De ce mariage font iffus 
neuf enfants : 

1. Marie- Just- Antoine, qui fuit. 

2. Marie-Jean- Antoine de la Rivoire, né le i er Mai 1754, Lieutenant général des 

armées du Roi en 181 5, Grand' croix de Saint-Louis en 1829. 11 avait fait 
fes preuves de Cour pour monter dans les carroifes du Roi. Il prit le titre 
de Comte de la Tourrette-Portalès, aux termes de fon contrat de mariage avec 
fa coufine germaine N... de Portalès de la Chèze; il eft mort fans enfants. 

3. Marie-Lolts-Antoine-Hercule de la Rivoire, Commandeur de Malte, mort 

le 5 juillet 181 2. 

4. Marie-François-Antoine-Alphonse de la Rivoire, né le 29 Novembre 1759, 

reçu de minorité Chevalier de Malte, entra dans la Marine en 1773, le 
diflingua fous les ordres du Comte d'Effaing pendant la guerre d'Amérique 
& devint Capitaine de frégate; il rejoignit les Princes à Coblentz en 1791, 
prononça fes vœux comme Commandeur de Malte, &, après la campagne 
de 1792 8c celles de 1793 & 1794 a l'armée deCondé, fe retira à Malte; il prit 
le commandement de plufieurs armements de l'Ordre contre les Turcs &, 
après plufieurs courfes heureufes, fut pris par l'efcadre du Capitan Pacha, 
& emmené efclave à Conftantinople, avec fon fécond, le Chevalier du Poët. 
Délivré par l'influence du Comte Kotchubey, Ambaffadeur de Ruffie, il fut 
comblé de bontés par Paul I er , devint Général major, 8c s'étant plus tard re- 
tiré à Vienne, le Commandeur de la Tourrette y mourut le 24 Mars 1807. 

5. Marie- Auguste-Antoine de la Rivoire, né le 23 Août 1761, Prieur de Saint- 

Michel de Toulongeac ; Officier aux Gardes françaifes, puis Capitaine aux 
dragons de Noailles, il devint en 1783 Sous-Lieutenant des Gardes du corps; 
en 1788 il époufa Catherine-Marie-Louife de Viart de Pimelle 8c prit à 
fon mariage le titre de Vicomte de la Tourrette; il fut préfenté, avec sa 
femme, au Roi 8c à la famille Royale le 3 Mars 1789. Ils partirent tous 
deux pour Saint-Domingue, le Vicomte de la Tourrette y mourut en 
1791 8c fa femme à Port-au-Prince, 3 ans plus tard. Auguste de la Tour- 
rette, leur fils, né en Décembre 1791 à Saint-Domingue, où fa mère avait des 



5 9 i 



de la RIVOIRE de la TOURRETTE. 5 



habitations confidérables; après avoir échappé miraculeufement au maffacre 
des blancs, fut ramené en France en i8o5, entra à l'École de Saint-Germain, 
fut nommé Sous-Lieutenant au 8 e chaffeurs & partit pour la campagne de 
Ruffie, où il trouva une mort glorieufe. 

6. Marie-Joseph-Antoine-Laurent de la Rivoire, né le i5 Septembre 1762, fut 

appelé en 18 17 à l'Évêché de Valence & publia en 1823 un volume d'Ins- 
tructions pour régler la difcipline eccléfiaftique de fon diocèfe; mort en 1840. 

7. Marie-Louis-Antoine-Armand de la Rivoire, Chevalier de Malte, Page du 

Grand-Maître Emmanuel de Rohan, affifta au bombardement d'Alger par 
les galères de l'Ordre, paffa plus tard comme Officier au. régiment de 
Royal-Auvergne, alors en Amérique, commandé par le Marquis de 
Roftaing, fon coufin germain ; le Chevalier Armand de la Tourrette entra 
enfuite au fervice d'Efpagne, où il refta vingt-cinq ans & devint Lieute- 
nant-Commandant de la compagnie flamande des Gardes du corps, dont 
le Capitaine était le Prince de Mafferano, alors Ambaifadeur en France. 
Retiré à Tournon en 18 14, avec le grade de Maréchal de camp, il y eft 
mort en 1842. 

8. Marie-Charlotte-Antoinette-Gabrielle de la Rivoire, époufa, en premières 

noces, le i er Décembre 1795, N. de Monteil de Corsas, & en 1804, en fé- 
condes noces, N... de Blégiers, Chevalier de Saint-Louis. Elle eft décédée 
le 22 Odobre 1816, fans avoir eu d'enfants de fes deux alliances. 

9. Marie-Françoise-Louise de la Rivoire, titrée Comteffe de la Tourrette, dé- 

cédée le 3 Octobre i8o5, fans alliance. 

X. DEGRÉ. 

Marie-Just-Antoine de la Rivoire, Seigneur de Vernoux, Saint-Fortunat, 
Gluiras, Chàteauneuf, Marquis de la Tourrette, Baron de Chalancon & des États 
du Languedoc, né à Tournon le 2 Mars 175 1, entra au fervice à l'âge de quinze 
ans & fut nommé en 1778 Colonel du régiment de l'Ile de France-infanterie, & Che- 
valier de Saint-Louis en 1784. Lors de la révolution en 1790, il fe retira à Tournon 
& fut bientôt élu à l'unanimité Préfident de l'Adminiltration départementale de 
l'Ardèche; fous le règne de la Terreur il fut, ainfi que plufieurs membres de fa 
famille, détenu comme fufpecï . A la réorganifation de TAdminiltration, il fut d'a- 
bord Sous-Préfet de fon arrondiffement, nommé fucceffivement Préfet des dé- 
partements du Tarn, du Puy-de-Dôme & de Gènes, & créé Baron en 1808. 
Sous la Reftauration, promu au grade de Maréchal de camp, il préfida plufieurs 
fois le Collège électoral de l'Ardèche. Décédé dans fa ville natale le 24 Janvier 
18 19. Il avait époufé, au mois d'Avril 1772, Demoifelle Louife-Urfule-Félicité de 
Guérin de Tencin, petite-nièce du Cardinal de ce nom & fille de Antoine de Guérin, 
Marquis de Tencin, & de Jeanne de Monteynard. Ils eurent de leur mariage un 
fils, qui fuit. 

XL DEGRÉ. 

Antoine-Marie-Just-Louis de la Rivoire, Marquis de la Tourrette, né le i5 Fé- 
vrier 1773, fit, dans l'armée de Condé, deux campagnes, prit part aux dernières 
guerres du premier Empire comme Chef d'efcadron des Gardes d'honneur, & fut 
nommé, en Septembre 181 5. Colonel dans la Garde-royale. Il avait époufé, en i8o3, 
Demoifelle Françoife-Vicloire Chaptal, fille de Jean-Antoine Chaptal, Comte de 
Chanteloup, Membre de l'inftitut, Miniftre de l'Intérieur, Tréforier du Sénat, mort 



de la RIVOIRE de la TOURRETTE. 



592 



en i832 Pair de France 8c Tréforier du Sénat, Grand'croix de la Légion d'honneur. 
De cette alliance : 

1. Alphonse de la Rivoire, né le 25 Septembre 1804, Garde du corps du Roi 

dans la compagnie de Grammont, 8c enfuite Lieutenant des Lanciers, 
époufa Demoiiélle Joféphine de Burgues de Missiessy. Il eft décédé fans 
poftérité en 1839. 

2. Marie-Félix-Imbault, qui fuit. 

XII. DEGRÉ. 

Marie-Félix-Imbault de la Rivoire, Marquis de la Tourrette, né le 26 Janvier 
181 2, Officier d'infanterie, fut nommé en 1846 Député de l'Ardèche 8c élu en i85o 
Membre de l'Affemblée légiflative. Il a été longtemps Maire de la ville de Tournon- 
fur-Rhône, Membre du Conleil général & Député au Corps légiflatif en 1864 8c 
1869, & mourut à Tournon le 18 Juin 1886. Il avait époufé, le 2 Juillet 1839, 
Demoiiélle Marie-Henriette-Adrienne Huchet de La Bedoyère, fille du Comte 
Henri de La Bedoyère, Lieutenant des Gardes du corps du Roi, 8c d'Ambroifine 
d'Estampes, 8c nièce de l'infortuné Colonel La Bedoyère. De ce mariage : 

1. Antoine, né le 6 Mai 1840, mort en 1878. 

2. Emmanuel, qui fuit. 

3. Marie, née le 6 Juillet 1841, mariée en 1874 au Comte Melchior de Neuvesel, 

d'une ancienne famille de Savoie. De cette union vinrent quatre enfants : 
Marie, née en 1875, mariée au Comte Pierre de Mas; Jeanne, née en 1877, 
mariée au Baron H. de Framond; Marguerite, née en 1880, 8c Antoinette, 
née en i883, morte en 1890. 

4. Marguerite, née le 3 Juillet 1845, mariée en 1872 à fon coulin, le Baron 

Levavasseur de Précourt, Maître des requêtes au Confeil d'État. De ce 
mariage vinrent deux fils : Raoul, né en 1873, marié : i° à Alix de Vau- 
drimey d'Avout; 2° à Antoinette de Panisse-Passis, 8c Georges, né en 1877. 

5. Félicie, née le 21 Octobre 1849. - 

6. Adrienne, née le 4 Novembre 1 856. 

XIII. DEGRÉ. 



Emmanuel de la Rivoire, Marquis de la Tourrette, né le 28 Août i85i, ancien 
Officier de cavalerie, marié, le 2 Juillet 1884, à Marguerite Aubry, d'où : • 

1. Joseph, né le 28 Janvier 1889. 

2. Emmanuel, né le 11 Mars 1890. 

3. Guy, né le 20 Novembre 1891. 

4. Gonzague, né le 18 Juin 1894, mort en 1901. 

5. Marie, née le 2 Septembre i885. 

6. Thérèse, née le 20 Février 1887. 

7. Béatrix, née le 12 Janvier 1888. 

8. Agnès, née le 7 Mars 1893. 



(fw^S 




5 84a 



de RIPERT d'ALAUZIER. 



à Jean d'Alouzier de Brogny (a), « une des rares figures, dit le proteftant Galiffe, 
« auxquelles le temps & les changements de religion & de régime n'ont rien 
« enlevé de leur preftige ». Succeflivement Evêque de Viviers, Archevêque d'Ar- 
les, Prince-Évêque de Genève, ce prélat avait de bonne heure revêtu la pourpre. 
Doyen des Cardinaux & Vice-Chancelier de l'Églife Romaine, il fut, aux temps 
troublés du fchifme d'Occident, l'arbitre de l'Églife. Il facra de les mains le 
Pape Benoît XIII en 1394. En 141 5, Préfident du Concile de Confiance, il 
prononça la dépofition folennelle de Jean XXIII, &, deux ans plus tard, celle de 
Benoît XIII. Il préfida enfuite le conclave & c'eft fon nom qui, au premier 
tour de fcrutin , réunit le plus grand nombre de fuffrages. Ses mérites & le 
grand rôle qu'il avait rempli lui permettaient de prétendre aux honneurs de 
la tiare. Il préféra ufer de fon influence au profit d'Othon Colonna, qui fut pro- 
clamé fous le nom de Martin V (11 Novembre 1417). C'eft lui qui, une fois 
encore, confacra le nouveau Pape. Il mourut en 1426 (b) & fut inhumé dans 
la cathédrale de Genève (c). 

Du mariage de Paul de Ripert & de Madeleine d'Alauzier naquirent : 

1. Émeri, qui fuit. 

2. Anne. 

XIII. DEGRÉ. 

Émeri de Ripert d'Alauzier fut Capitaine d'infanterie. Par teftament du 
26 Mars 161 5, Marguerite de Moreton, veuve de Claude d'Alauzier, grand- 
oncle d'Émeri, difpofa en fa faveur de tous fes biens au détriment de fa propre 
nièce, Martiane de Moreton, femme de Vital Pelet, des Barons de Combas, 
auteur de la famille des ducs de Narbonne-Pelet (d). La teffatrice impofait à 
Émeri la charge de relever les nom & armes d'Alauzier. Cette libéralité & fa 
claufe trouvent leur explication dans les liens qui unifiaient les Moreton 
& les d'Alauzier, du chef de Catherine de Borne, des Seigneurs de Ligoniers 
& de Beaumefort, belle-mère de Marguerite de Moreton. 

(a) Brogny, hameau près d'Allonzier. 

(b) Les mœurs de Brogny furent toujours pures, & c'eft uniquement pour obtenir un effet dramatique 
que Scribe, dans l'opéra la Juive, lui a fauflément fuppofé des écarts de jeuneffe. 

(c) Auprès de la cathédrale, le Cardinal d'Alouzierde Brogny avait fait conftruire « la fomptueufe cha- 
pelle de Notre-Dame des Macchabées deffervie par un Archiprètre & douze prêtres » (Galiffe, p. 229). Ce 
monument, joyau d'architecture gothique, eft un des ornements de Genève. Les armes d'Alauzier décorent 
les vitraux & chacune des dalles du pavé. Elles font aufli fculptées avec les armes de Genève fur la façade 
de la cathédrale. — Soulavie, dans une biographie publiée au xvm e fiècle (Hijloire de Jean d'Alouzier de 
Brogny, Cardinal de Viviers), a fait du Cardinal le fils d'un domeftique des Seigneurs d'Alauzier; il aurait 
même gardé les pourceaux dans fon enfance. Un ouvrage qui fait autorité pour ce qui touche à l'hiftoire 
locale, la Genève hiftorique & archéologique du Profeffeur J.- B.-G. Galiffe, a fait juftice (t. I, 1869, 
p. 23 1 & fuiv.) de cette allégation, depuis copiée par d'autres. Il accumule les preuves qui démontrent que 
Brogny était de noble extraction; il rappelle qu'un document contemporain, le panégyrique du Cardinal, 
affirme que fes père & mère étaient nobles, & il protefte énergiquement contre « cette légende inventée 
« longtemps après coup & répétée dès lors, avec délices, par les amateurs du merveilleux qui pullulent 
« dans toutes les confefiions ». Bien avant Soulavie, Moréri écrivait, dans fon Diâionnaire hijîorique (édit. 
de 1688, p. 562) : « Le célèbre Cardinal Jean de Brognier fe faifait gloire de tirer fon origine de cette fa- 
« mille (celle de Fabry d'Alauzier) ». Le témoignage de Moréri a d'autant plus de poids qu'il a foin d'avertir 
le lecleur de fon « inclination » pour Jofeph de Ripert d'Alauzier, Député à l'affemblée du clergé en 1690. 
Moréri avait affurément confulté fon ami, fort érudit lui-même, qui mieux que perfonne pouvait l'éclairer, 
fur la véritable origine du cardinal. Les d'Alauzier paffèrent dans le Comtat-Venaiffin au temps du Cardi- 
nal. L'un d'eux, Aymon, fils de Guillaume & de Madeleine de Saint-Sixte d'une famille savoyarde d'an- 
cienne chevalerie, fut enterré dans l'église de Bollène dont il était bienfaiteur. Il avait telté en 1472. 
fondant un obit pour le Cardinal & pour fon frère Pierre d'Alauzier & inftituant héritier un autre de les 
frères, Guillaume, quatrième aïeul de Madeleine rapportée plus loin. 

(d) Laine, Généalogie de la mai/on de Moreton-Chabrillan (Paris, 1841), p. 23 à 25. 



Regijlre feptième. j3 bis 



de RIPERT d'ALAUZIER. 



5846 



Émeri fut marié, par contrat du 3 Août 1624, à Juftine de Faucher, fille de 
Pierre & de Françoife de Chambaud. De ce mariage vinrent : 

1. Pierre, mort fans alliance au fervice du Roi. 

2. André-Simon, Doyen crofTé mitre de l'églife collégiale de Grignan en 

1 65 1 , mort en 1671 . 

3. Louis-François, Lieutenant de cavalerie dans le régiment de Lachaux 

(1661) où il obtint une compagnie par commifTion du 29 Juillet 1667, fut 
exempt des gardes du corps dans la compagnie de Noailles le 24 Jan- 
vier 1669. Le Roi lui donna une commiffion de Meftre de camp d'un 
régiment de l'on nom (d'Alauzier), à la tête duquel il fe trouva dans 
Maeftricht afïiégé par le Prince d'Orange, en 1676. Nommé Brigadier de ca- 
valerie en 1677, il fut tué, àquarante-feptans, devant Wézel, le 14 Août 1679. 

4. Jean de Ripert d'Alauzier, qui fuit. 

5. Gabriel, Lieutenant-Colonel du régiment de Provence le 20 Novembre 1666, 

gouverneur de Taormine, en Sicile, en 1677, Commandeur de l'Ordre de 
Saint-Lazare, en 1681, mort en i685, âgé de quarante-fept ans. 

6. François, Chevalier de l'Ordre de Saint-Lazare, puis pourvu de la Comman- 

derie d'Iffoudun du même Ordre en i685, obtint une compagnie dans 
le régiment de Sault en 1667. Lieutenant-Colonel du régiment de Teffé 
en 1674, Meftre de camp du régiment de dragons d'Alauzier en 1688, il 
commanda, avec les Marquis de Créquy & de la Châtre, l'attaque de 
Kokheim, & fut tué en forçant la place, le 26 Août 1689, à quarante-neuf 
ans. Le xMarquis de Breteuil commanda après lui les dragons d'Alauzier. 

7. Balthazar, Major au régiment Royal des vaiffeaux en 1674, Gouverneur 

de Cafal le 3 Février 1682, Infpeëteur général d'infanterie, Brigadier avec 
prééminence fur tous les Brigadiers de même date que lui. Commandant 
à Mayence, il pénétra avec un bonheur & une audace inouïs, dans la 
place affiégée, malgré le feu des batteries : des feux allumés fur la tour 
de la cathédrale, annoncèrent au dehors le fuccès de lbn entreprife. 
En 1688, il remplaça le Duc de Rohan comme Gouverneur de Nîmes, 
Alais & Saint-Hippolyte & fut frappé d'apoplexie, l'année fuivante, à 
48 ans (a). 

(a) Madame de Sévigné, qui a tracé dans fes lettres un tableau faififfant des funérailles de Balthazar, 
avait écrit à fa fille, en apprenant fa mort : « J'en fus toute émue & fis un cri qui fit peur à mon fils. Il 
« vint voir ce que j'avais à crier, il lut cet endroit, il fut conduit comme moi par les mêmes fentiments 
« qu'il infpire & fe mit à crier, comme j'avais fait & même un peu plus, car il connaiffait fort ce brave & 
« honnête [on fait le fens que le mot honnête avait au xvn e fiècle] homme & nous admirons ce que c'eft 
« que l'incertitude de l'heure & de la manière de notre mort. Toutes les circonftances de celle-ci condui- 
« fent à un étonnement particulier; ces périls continuels où il était exposé, ce dernier fiège de Mayence 
« où il était entré fi romanefquement, le bonheur d'en être échappé, cette force de tempérament, ce ren- 
« dez-vous que M. de Noailles (le duc de Noailles, gouverneur du Languedoc) lui avait donné & où il 
« manque par le trait de la main de Dieu qui le frappe dans la rue, fans qu'aucun remède puiffe le fe- 
« courir, entre les bras de fes deux frères dont il eft aimé... » (Édit. Monmerqué, Lettre 1248). M me de 
Sévigné écrivit aux frères du défunt des lettres de confolation. Ailleurs elle les félicitait de leurs ex- 
ploits : « Mon fils me mande que les frères de Rippert ont fait des prodiges de valeur à la défenfe 
« de Maeftricht; j'en fais mes compliments au bon Doyen [Jofeph, Doyen de Grignan, qui plus tard lui 
« adminiftra les derniers facrements] & à Rippert [Jean, Capitaine des Gardes de Provence] » (Lettre 
« 57?). Elle prenait part à leurs trifleffes : « Les greffes larmes me font tombées des yeux en me repréfen- 
« tant ce pauvre Doyen pénétré de douleur... » & encore (Lettre 1259) : « Je foupire avec Monfieur le 
« Doyen » (après la perte de l'un des fiens) ». Elle a dit des Ripert : « Ces braves ne font pas vieux os » 
(Lettre 12 16). En effet, le Colonel comme les trois Officiers généraux moururent avant d'avoir atteint 
l'âge de cinquante ans. On voit, par les lettres que nous venons de citer, écho de l'opinion du temps, 
en quelle confidération les avaient mis leurs brillants fervices, à une époque où la gloire des armes était 
prifée fi haut. Racontant les belles actions & la mort de François, tombé au champ d'honneur à la 
tête des dragons d'Alauzier, le Mercure de France ajoutait (Août 16S9, pp. 411 & fuiv.l : « Ce nom-là 



58 4 c de RIPERT d'ALAUZIER. 7 

8. Joseph, Doyen croffé mitre de la collégiale de Grignan à la mort de fon 

frère en 1671, Député à l'affemblée générale du clergé en 1690. Il le retira à 
l'abbaye de Sept-Fonts où il mourut en grande vénération en 1708 (a). 

9. Françoise, mariée, le 12 Avril i663, à Jean-François de Roquard. 

10. Delphine, Religieufe Urfuline à Bollène. 

XIV. DEGRÉ. 

Jean de Ripert d'Alauzier, d'abord Lieutenant de cavalerie dans le régiment de 
fon frère, puis Capitaine des Gardes de François d'Adhémar, Comte de Gri- 
gnan (b), Lieutenant général pour le Roi & Gouverneur de Provence. En 1673, 
il eut Tordre d'affiéger avec des compagnies tirées des garnifons voilines le 
château d'Orange appartenant à Guillaume deNalTau; iept cents gentilfhommes 
fe joignirent à l'expédition que le fuccès couronna. Jean fut invefti du com- 
mandement militaire de la principauté d'Orange (c). Il avait époufé, le 28 Mars 
1677, Françoife de Suffize de la Croix, fille & héritière de François, Seigneur 
de Novezan, & de Madeleine de Magnin de Gaste. De ce mariage : 

1. Jean-Joseph, qui fuit. 

2. Jean-Louis, Capitaine au régiment de Sanzai en 171 3, tué en 171 9, à 

vingt-fix ans, au fiège de Saint-Sébaftien. 

3. Françoise, célèbre par fa beauté, dite la Belle d' Alau\ier. 

4 & 5. Marie-Gabrielle & Thérèse, Religieufes Urfulines à Bollène. 

XV. DEGRÉ. 

Jean-Joseph de Ripert d'Alauzier, Page à la petite écurie du Roi en 1 700, fut 
Viguier d'Avignon (d) & reçut le titre de Marquis, par bref du Pape du 10 Mai 
1741. En 1700, le Duc de Berry, petit-fils de Louis XIV, accompagnant fon jeune 
frère, le Roi d'Efpagne, Philippe V, qui allait prendre poffeffion de fon royaume, 
s'arrêta à Bollène & fit à la famille de Ripert d'Alauzier l'honneur de lui de- 
mander l'hofpitalité & de paffer la nuit fous fon toit (e). Jean-Jofeph mourut le 
i3 Septembre 1755. 

Du mariage, contracté le 21 Odobre 1714, avec Marguerite de Fabre, fille 
unique de Jean, & de Marguerite Pelet de Moissac, il eut : 

« eft fameux & tous ceux qui le portent fe fignalent ». L'intéreffante correfpondance de Louvois avec l'un 
d'eux dont Camille RoulTet a donné des extraits dans fon Hijîoire du grand Miniftre (t. III, p. 294 à 296, 
3oi &c), la prééminence accordée à Balthazar fur tous les Brigadiers de fa date, fa défignation d'Inf- 
peèteur d'infanterie, une miffion qu'il reçut en 1689, pour étudier la frontière d'Efpagne menacée, prou- 
vent le cas que le Roi, à qui il vint rendre compte defes travaux, faifait de fes lumières & à quels honneurs 
lui & les fiens pouvaient afpirer fi la mort ne les avait prématurément moiffonnés. 

{a) Confulter encore fur les frères d'Alauzier : Moréri, Diâionnaire hijîorique, édit. de 1688, p. 562. — 
Ménard, Hijîoire de Nîmes, t. VI, pp. 807 à 3i5. — Mémoires de Dangeau & autres du temps. — 
Galette de France, Mars 1686, Mai 1688. — Frédéric Maffon, le Marquis de Grignan, pp. 81, 85,89, 
191. — Marquis de Saporta, la Marquife de Sévigné, pp. 96, 104 à 1 1 2. 

(b) Le Comte de Grignan fut témoin au mariage de Jean, dont le frère, Jofeph, fut témoin au mariage 
du dernier des Grignan, le 2 Janvier 1695. 11 y avait fix fiècles que les rapports des deux familles avaient 
commencé. On échangeait des portraits. Celui de la Comtetfe de Grignan, ceux des père & mère de la 
dernière Marquife de Grignan font à l'Hôtel d'Alauzier, à Bollène. Parmi quelques vieux meubles & fouve- 
nirs du château de Grignan, échappés à l'orage révolutionnaire & réunis dans le feul pavillon confervé du 
château, fe voyait naguère encore le portrait de Françoife d'Alauzier. 

(c) Hijîoire de la principauté d'Orange, par le C lr de Pontbriant, pp. 224 & fuiv. (Avignon 1891). 

(d) Une bulle du Pape Eugène IV ordonnait que le Viguier d'Avignon fût toujours du corps des Barons 
ou de l'ancienne nobleffe (le P. Méneltrier, les Diver/es Efpèces de noblejje, p. 32 1-326). 

(e) Comme fouvenir de l'hofpitalité reçue, le Duc de Berry lit don a Ion hôte de fon portrait qui exifte 
encore, dans l'Hôtel d'Alauzier, à Bollène. 



J 



8 de RIPERT d'ALAUZIER. 



584^ 



XVI. DEGRE. 

Jean-François-Firmin de Ripert, Marquis d'Alauzier, reçu en 1735 Page à la 
petite écurie du Roi, décédé le 25 Mars 1758. Il avait époufé, le i5 Janvier 1749, 
Marie -Madeleine de Castanier, fille de Louis, & de Rofe de Dumas, remariée au 
Comte de Pontbriant, Maréchal de camp. De ce mariage : 

1. Amédée-Jean-François, qui fuit. 

2. Jeanne-Marie, dite Mademoifelle de Riperl, mariée, le 28 Novembre 1775, 

à Louis de Faucher. 

3. Marthe, dite Mademoifelle de Nove^an. 

4. Françoise, dite Mademoifelle de la Garde. 

5. Gertrude, dite Mademoifelle d'Alauzier, Religieuïé Urfuline à Bollène, 

périt, à trente-fix ans, fur l'échafaud révolutionnaire, à Orange, le 8 Juillet 
1794, avec trente & une de fes compagnes, dans des fentiments de foi 
admirables. Leur mémoire eft demeurée en vénération dans le pays, & 
leur procès en canonifation vient d'être introduit en cour de Rome (a). 

XVII. DEGRÉ. 

Amédée-Jean-François de Ripert, Marquis d'Alauzier, Officier aux Gardes 
Françaifes, Marquis de Barri par érection du fief de Barri en marquifat héré- 
ditaire, du 9 Juin 1789 (b), affilia, comme Seigneur de Saint-Victor-Lacolle, en 
Languedoc, de Rac, de Novezan, de la Motte & de la Garde-Paréol, en Dau- 
phiné (c), aux afïemblées de la Nobleffe de ces provinces, pour la convocation des 
Etats généraux. 11 décéda le 23 Février 181 1. 11 avait. époufé, le 11 Février 1768, 
Thérèfe de Domergue de Saint-Victor, fille de Paul, & de Laure de Faucher. 
De ce mariage : 

1. André-Pierre-Louis-Prosper, qui fuit. 

2. Victor, dit Monfieur de Saint-Victor, Page du Comte d'Artois, alfaffiné 

le 18 Octobre 1790, à 19 ans. 

3. Marie, mariée, le 4 Mai 1802, au- Baron de Calvières, Gentilhomme de la 

Chambre du Roi, Député du Gard, Préfet de l'Hère, puis de Vauclufe 
fous la Relfauration. 

XVIII. DEGRÉ. 

André-Pierre-Louis-Prosper de Ripert, Marquis d'Alauzier, Page à la petite 
écurie du Roi Louis XVI, Capitaine des Chaffeurs impériaux ruffes à l'armée de 
Condé. Décédé le 17 Mars i852. Il avait époufé, le 6 Octobre 1801, Mélanie, fille 
du Marquis de Conceyl de Saint-Roman & de Thérèfe de Grillet de Brissac. 
De ce mariage : 

(a) Le même jour était guillotiné à Orange un Officier de vingt ans qui avait été Page de Marie-Antoi- 
nette, Alexandre, fils de « haut & puiffant Seigneur Louis, Marquis de Conceyl Saint-Roman », alors 
émigré. La mère d'Alexandre & l'es fœurs cadettes (futures Marquifes d'Alauzier & de Jocas) étaient dans 
la prifon que Gertrude d'Alauzier venait de traverfer pour le martyre. Le frère de Gertrude, fa belle-fœur 
& fa nièce languiffaient dans cette même prifon. Les Demoifelles d'Alauzier & de Conceyl jouaient en- 
femble & aidaient à pétrir le pain des détenus. La communauté d'infortune, le fang verfé le même jour, 
fur l'échafaud, rapprochèrent les familles, & le mariage d'André d'Alauzier, alors dans les rangs de 
l'armée de Condé, & de Mélanie de Conceyl, fut convenu; il devait fe réalifer fept ans plus tard. 

(b) Archives de la légation d'Avignon, actuellement à la Préfecture, f. 3 1 5 du regiftre 18 de la férié B. 
— Borel d'Hauterive, Annuaire de la Nobleje, 1861, pp. 238-240. 

(c) La Roque, Armoriai delà Nobleffe du Languedoc, t. I, p. 5-j.i. — La Roque & Éd. de Barthélémy. 
Catalogue des Gentilshommes du Dauphiné pour l'éleâion aux États généraux, p. 14. — Procès-ver-bal des 
Etats du Dauphiné réunis à Romans en 1788 ; imprimé a Grenoble. 1788, p. 3 & 3q<"). 



5g3 



du ROURE 



Anciens Seigneurs de Vergières & de Beauchamps, Barons de Beaujeu. 



en LANGUEDOC et en PROVENCE. 




D'Azur au Chêne arraché à trois branches pajfées en fautoir d'Or. 
Devise : A Vetujlate robur (a). 

D'Après certains auteurs, cette famille ferait originaire de Bourgogne. Il parait plus 
vrailèmblable qu'elle ei\ une branche de la famille Beauvoir de Grimoard du 
Roure. On n'a pu l'y rattacher d'une manière certaine, les troubles de religion en 
Auvergne & en Languedoc ayant détruit bien des titres de famille & difperfé un 
grand nombre d'archives de notaires dans le Vivarais. D'autant plus que Claude du 
Roure, dont il fera parlé ci-deffous, & chef de la famille à cette époque, ayant em- 
braffé la religion réformée, les Beauvoir Grimoard du Roure ont pu rompre toutes 
relations avec la branche proteftante de leur famille, de peur d'être pourfuivis & 
perfécutés pour caufe de religion. 

Divers généalogiftes donnent même la filiation qui relie entre elles les deux 
familles (b). L'identité de nom & d'armoiries femble confirmer leur opinion. 

Quoi qu'il en foit, on trouve la famille du Roure établie en Vivarais au commen- 
cement du XVI e tiède. Elle y pofTédait un fief & château de fon nom (c). Plufieurs 
de fes membres embralïërent, comme il vient d'être dit, la religion réformée; &, à la 
fuite de la révocation de l'édit de Nantes, une branche paffa en Angleterre où 
elle occupa un rang conlidérable. L'autre branche émigra dans le bas Langue- 
doc & vint s'établir à Nimes, après avoir perdu la plus grande partie de fes biens, 
pillés par les troupes du Duc de Nemours. 

Le plus ancien membre connu de la famille eil : 

(a) Les armes de la famille du Roure ont légèrement varié a différentes époques. La branche de Nîmes por- 
tait : D'Argent au Chêne de Sinople iffant d'une Terraffe du même. C'eft ainfi qu'elles ont ete blafonnées 
dans les Lettres patentes de confirmation de nobleffe de 17SX. Devise : Ferme en tout temps. Dans l'Armoriai 
manufcritde d'Hozier, vol. Languedoc. n° 2 17, on trouve : « Jacques du Roure, Confeiller du Roy & Maire perpé- 
tuel du lieu de Bellegarde, porte: D'Or à un Chêne de Sinople englantê d'Argent » (c'eft Jacques, fils de Louis). 
— La branche d'Arles a toujours porté : D'Azur au Chêne arraché d'Or, comme on peut le voir d'ailleurs tui- 
les anciennes armoiries fculptées au fronton de la porte de fon hôtel à Arles, avec la devife : .1 Vetujlate robur. 

(b) Voir : Saint-Allais, Nobiliaire univerfel, art. Grimoard du Roure;— La Roque, Nobiliaire de Languedoc, 
art. du Roure; — R. de Gigord, la Nobleffe de la Sénéchauffée de Villeneuve- lier g en 1789, art. Grimoard 
du Roure. 

(c) Voir La Chenaye-Desbois, Diâionnaire de la Nobleffe, t. XII. 



Régi /Ire fepticme, 



2 du ROURE. 



PREMIER DEGRÉ. 



5 94 



Claude du Roure (a), qui vivait au commencement du feizième fiècle, fut un 
des chefs du parti calvinifte les plus diftingués. Il était à la tête des troupes du Comte 
de Cruffol qui s'emparèrent de la ville des Vans, en Vivarais, dont il fit détruire 
féglife catholique au fon des inftruments (b). Mais il fut enfuite obligé de fe retirer 
devant les troupes royales commandées par le Duc de Nemours. Celui-ci, après 
avoir pris la ville d'Annonay, mit le liège devant le château du Roure, qui fut pris, 
mis au pillage & raie. Claude du Roure fe défendit avec la plus grande valeur 8c 
préféra s'enfevelir fous les ruines de fon château, plutôt que de fe rendre. Il avait 
époufé Marie de Rosières, au nom de laquelle il hommagea Charles, Seigneur de 
Joyeufe, le 3o Décembre 1 5 12 (Cabanis, Notaire), & il en eut : 

1. Jean du Roure. 

2. Jacques du Roure, qui fuit. 

//. DEGRÉ. 

Jacques du Roure, à l'exemple de fon père, fuivit le parti des religionnaires & 
s'attacha, en 061, à Jacques de Cruffol. Il époufa, le i5 Mai 1 56 1 (Claude Ri- 
vière, Not. à Joyeufe), Louife de Borne, fille de feu Noble Jacques de Borne, 
Seigneur de Ribes & la Saumès, & de Catherine de la Beaume-Casteljau. Dans 
ce contrat, Louife eft afïïftée par fon frère Charles de Borne, qui lui conftitua en 
dot 700 livres & cinq robes. Jacques du Roure contracta avec raffîftance de fon 
coufin Joachim de Chaldayrac, Seigneur de Valoubière. Il mourut en 1599. 

III. DEGRÉ. 

Jacques du Roure abjura la religion réformée 8c fervit avec valeur dans les guerres 
qu'il y eut en Provence & le Comtat. Il eft cité parmi les Gentilshommes qui fe 
diftinguèrent au fervice du Roi (c) pendant les troubles qui défolèrent ces provinces. 
Jacques du Roure prit part à raïïemblée des notables de la ville de Nîmes, le 17 No- 
vembre 162 1, dans la délibération contre le Gouverneur M r de Brifon (d). Il 
époufa : i° Anne Gerbaud; 2 le 8 Juin i5g8, Claudine d'Adillon, fille de feu 
Jacques, Seigneur de Sampzon, 8c de Louife de Prunet. Il eut pour enfants : 

1. Jean du Roure, qui fuit. 

2. Jacques du Roure, qui vécut fans alliance 8: tefta, le 21 Mai 1637, en fa- 

veur de fes neveux, fils de Jean, fon frère, avec fubftitution à fes autres ne- 
veux, Louis 8c Scipion, fils de fon frère Pierre. Il mourut en Juin fuivant. 

3. Pierre du Roure, dont la poftérité fera rapportée après celle de fon frère 

aîné. 

4. Charles du Roure, Seigneur du Gras, branche terminée en la perfonne de 

fon petit-fils, François, mort en 1700. 

IV. DEGRÉ. 

Jean du Roure, Docteur en droit, fe diftingua par fa prudence 8c fa fageife lors 
des guerres civiles qui mirent aux prifes les catholiques h les réformés dans la ville de 

\a) Ce premier degré eft rapporte d'après La Chenaye-Desbois, Diâionnairc de la Noblejfe. 
\b) Moréri, Diâionnairë hijlorique, édit. de 1732, t. III, p. 963. 

\c louis de Peruflis, Difcours fur les guerres religieufes du Comté Venaiffin; Avignon, 1 563, p. 5. 
(d) Regiitres des Délibérations du Conieil de ville, confervé aux Archives de Nîmes, cité par Ménard. 
Hijloire de Nîmes, vol. V, pièces juftificatives, p. 25 1, 2 e col. 



595 DU 



ROURE. 3 



Nîmes (a). Il avait époufé, par contrat du 23 Avril 1604 (Delagrange, Not. à 
Aubenas), Marguerite des Bonnauds, fille de Noble Jacques, & d'Helips Blanchon. 
De ce mariage : 

1. Jean du Roure, Docteur en droit, Avocat, cohéritier de fon oncle Jacques 

en 1657; mort fans alliance en Décembre 1679. 

2. Alexandre du Roure des Bonnauds, qui, ayant perdu un procès contre fon 

coufin Scipion du Roure, au fujet de la fucceflion de fon oncle Jacques du 
Roure, émigra en Angleterre auprès de les parents qui s'y étaient fixés & 
mourut à Londres au mois de Juin 171 1, après avoir inftitué pour héritiers 
fes petites-nièces de Vignolles. 

3. François du Roure des Bonnauds, mort à Nîmes en Novembre 1694, fans al- 

liance. 

4. Samson du Roure, qui fuit. 

5. Jacques du Roure, Seigneur des Bonnauds. Nous croyons qu'on peut l'iden- 

tifier avec Jacques du Roure, qui époufa, à Nîmes, le 2 Mai 1649, Ma- 
deleine de Cappon, & fut parrain avec fa femme, à Lunel, le 29 Mai i652, 
de Louis de Rieutord, fils de Jacques & de Marguerite du Roure. Il mourut 
fans doute avant 1657. 

6. Suzanne du Roure, mariée à Pierre Roberty, fit, avec fon mari, un teftament 

réciproque le 4 Septembre i635. 

7. Marthe du Roure, qui fit un arrentement, le 6 Novembre i635, au nom de 

fon frère Noble Jacques du Roure, Seigneur des Bonnauds. Elle époufa, à 
Nîmes, le 11 Septembre i652, Philippe Pontaud, de Lunel, & mourut à 
Lunel le 12 Août 1679, âgée d'environ 60 ans. 

V. DEGRÉ. 

Samson du Roure, habitant d'Aubenas, paffa un arrentement, le i er Octobre 1628, 
de la métairie des Combes de Fontanille, paroifle d'Ucel; il y en" dit fils & héritier 
de feu Noble Marguerite des Bonnauds. Il mourut vers 1670. Il avait époufé, par 
contrat du 4 Mars 1659, Gabrielle de Restaurand de Lirac (b), fille de Jean & 
de Louife de Villars, d'une famille noble du Pont-Saint-Efprit, & il en eut : 

1. Anne du Roure, morte jeune. 

2. Madeleine du Roure, mariée à Charles d'Audibert de Lussan, Seigneur de 

la Calmette, de Saint-Jean & d'Aleyrac, d'où un fils, qui époufa Louife du 
Roure, des Seigneurs d'Elze. 

3. Marthe du Roure, mariée, le 2 Mars 1684, à Charles de Vignolles (c), Sei- 

gneur de Prades & de Sainte-Croix, fils de Charles & de Louife de Bas- 
chi, des Marquis d'Aubais, d'où une fille, Marguerite de Vignolles, qui 
époufa, en Angleterre, fon coufin Scipion du Roure, fils de François & de 
Catherine de Rieutord (voir plus loin). 



(a) Ménard, Hifloire de Nîmes, t. V, pièces juftificatives, p. 334, 2 ° c °l- 

(b) Restaurand (de). — D'Azur à un Phénix d'Argent fur un Bûcher de Gueules & qui fe brûle à Var 
deur d'un Soleil d'Or. (D'Hozier, Armoriai général de 1696, Languedoc.) 

(c) D'Hozier, Armoriai général. Ré^. II, p. 1047. 



4 du ROURE. 5 9 6 

DEUXIÈME BRANCHE. 

[ÉTEINTE.] 

IV. DEGRÉ. 

Pierre du Roure habitait Joyeufe 8c y paiïa invefiiture, le 19 Août 1602, à 
Guillaume de la Vernade. 11 tranfigea avec fon frère Charles, le 23 Novembre i6o3, 
fur la lucceffion de Louile de Borne, leur mère. Il fut marié, par contrat du 
i5 Septembre 1608 (Duterond, Notaire à Nîmes), avec Marguerite de Campagnan, 
dont il eut : 

1. Jérôme du Roure, mort le 7 Février 161 8. 

2. Louis du Roure, qui fuit. 

3. Scipion du Roure, auteur de la branche tranfplantée à Arles, & dont la pof- 

térité fera rapportée ci-après. 

4. Marguerite du Roure, morte le 4 Août 161 3. 

5. Suzanne du Roure, mariée à François de la Nogarède, Seigneur de la Garde, 

fils de Jean, & de Madeleine d'Airebaudouze. Elle décéda vers i65o. 

6. Marguerite du Roure, mariée à Jacques de Rieutord, de la ville de Lunel, 

Capitaine au régiment d'Anjou-cavalerie. Etant déjà veuve, elle tefta, à 
Lunel, le 26 Septembre 1679 (Rival, Not.). 

7. Marie du Roure, mariée, par contrat du 5 Juin 1 633 (Monteils, Notaire à 

Nîmes), à Nicolas de Froment, Seigneur de Saint-Jean & de Seyrargues, 
fils de Barthélémy, Seigneur de Saint-Paul, & de Demoilelle Jeanne Chabert. 

V. DEGRÉ. 

Louis du Roure, Docteur en droit, époufa, le 22 Janvier 1 65 j , Marguerite- 
Anne d'Arnaud de la Cassagne (a), fille de Paul d'Arnaud, Baron de la Caffagne 
& du Poujet, Maréchal des camps & armées du Roi, & de Louife de Troupel. 
11 eut de ce mariage : 

1. Jacques du Roure, qui fuit. 

2. Alexandre du Roure, Capitaine au régiment d'Auvergne, par commiffion du 

3 Mai 1673, mort à Colmar en 1674, des bleffures qu'il avait reçues au 
combat de Senef. 

3. Marguerite du Roure mariée, le 16 Février 1674 (Barth. Rival, Notaire à 

Lunel), avec Pierre de Montfaucon, fils d'Etienne, & de Dame Françoife 
de la Baume. 

VI. DEGRÉ. 

Jacques du Roure fervit plufieurs années comme Lieutenant au régiment d'Au- 
vergne, & fut marié, le 3 Juillet 1690, à Madeleine Mourgue (Mazoier, Notaire^, 
qui le rendit père de : 

1. Jacques-Scipion du Roure, qui fuit. 

2. Jacques du Roure, qui commença à fervir dans le régiment d'Auvergne à 

17 ans, parvint au grade de Capitaine, par commiffion du 5 Mai 1731, & 
de Major, par brevet du 28 Août 1735. Sa Majefié, fur les témoignages 
qui lui furent rendus de fes talents & de fa capacité, le nomma en 1740 
Major général de l'armée de Weflphalie commandée par M r le Maréchal de 

(a) Arnaud de la Cassagne. — D'Azur au Chevron d'Or, accompagne d'un Demi-Vol de même en pointe, 
au Chef d'Or, chargé de trois Rofes de gueules. 



597 



du ROURE. 5 



Maillebois, & lui accorda, quelque temps après, le brevet de Colonel d'in- 
fanterie de l'armée de Bavière, par commifïïon du 20 Novembre 1742. Il 
fe montra dans ce pofîe à la hauteur de la réputation militaire que lui avaient 
acquife les talents pendant la guerre d'Italie, où il fervit avec diftinclion, 
particulièrement aux fièges de Milan 8: de Pizzigitone fous le Maréchal de 
Villars, aux batailles de Parme & de Guaftalla fous les Maréchaux de Broglie 
& de Coigny, à la réduction de la Corfe fous le Maréchal de Maillebois; il 
exerça dans cette île en 1739 & 1740 les fonctions de Major général. Mais, 
excédé des travaux & des fatigues attachés à fon emploi, il fuccomba à la 
peine & mourut à Ratisbonne le 19 Janvier 1743, âgé de 43 ans, générale- 
ment regretté de tous les Officiers généraux. 

VII. DEGRÉ. 

Jacques-Scipion du Roure, Confeiller d'honneur au Préfidial de Nîmes & 
Maire perpétuel du lieu de Bellegarde, fut confirmé dans fa Nobleflë par Lettres 
patentes données à Verfailles en Novembre 17D8. Il avait époufé, le 19 Janvier 
1724, Dame Jeanne-Olympe de Chazel, fille de Raimond, & d'Olympe de Boisson. 
La famille de Chazel a donné de brillants Officiers à l'armée. Olympe de Chazel 
avait deux oncles : l'un, Colonel du régiment de Chazel-dragons, mourut en Ef- 
pagne en 1710, à la tête de fon régiment; l'autre, ayant été nommé Intendant du 
Canada, fit naufrage en 1726 fur le vaiffeau du Roi la Baleine, qui le conduifait à 
Québec, pour prendre poffefTion de fa nouvelle charge, & y périt. 

Jacques-Scipion du Roure eut de fon mariage trois enfants : 

1. Charles du Roure, qui embraffa l'état eccléfiafhque. 

2. Jacques-Louis, qui fuit. 

3. Catherine-Emilie du Roure, mariée, le 5 Juin 1764, à Louis-Camille de 

Lescure, Seigneur de Saint-Denis, fils de Louis-Philibert, & de Suzanne- 
Angélique Richard de Vendargues. 

VIII. DEGRÉ. 

Jacques-Louis du Roure, Capitaine au régiment d'Auvergne, par commiflion 
du 17 Avril 1760, fut bleffé, à la tête de fa compagnie, à la bataille de Cor- 
bach, le 10 Juillet 1760, &. plus tard à Cloftercamp, le 16 Octobre de la même 
année. En 1 771, il était Commandant du bataillon des milices d'Anduze. Il fut 
nommé Lieutenant des Maréchaux de France par provifions du i er Décembre 1771, 
& prêta ferment en cette qualité le 16 du même mois entre les mains du Comte 
de Périgord. Il avait époufé, le 19 Octobre 1768, Gabrielle-Henriette du Vivier 
de Lansac, fille de Jofeph-Henri, Marquis du Vivier (a), Comte de Lanfac, & de 
Dame htiennette de Pise de Claret. De ce mariage font ilfus : 

1 Jacques-Hippolyte du Roure, né le 28 Octobre 1772, Officier au régiment 
d'Auvergne, tué d'un boulet au fiège de Lyon en 1793. 

2. Pierre-Scipion du Roure, né le 25 Février 1774, mort le 24 Novembre 

1778. 

3. Henriette-Emilie du Roure, née le 7 Novembre 1769, mariée à N... de la 

Béneraye. 

4. Marie-Xavier-Louise-Sophie du Roure, née le 16 Décembre 1 77G. 

(a) YiviK.R (du). — De Gueules plein. 



6 du ROURE. s 9 8 

TROISIÈME BRANCHE. 

[FIXÉE A ARLES.] 

V. DEGRÉ. 

Scipion du Roure, fils de Pierre du Roure & de Marguerite de Campagnan, 
fut Officier au régiment d'Auvergne, & fit la campagne d'Italie, dans laquelle il 
reçut plulieurs bleffures. 11 acquit de grands biens dans l'île de Camargue & y pofféda 
une terre qui porte encore fon nom. Il vivait encore en 169D. Il avait époufé, par 
contrat du i er Octobre i65o (Odinet, Notaire à Uzès), Domergue de Danger (a), 
fille de Guillaume & d'Anne de Folcher. Il eut de ce mariage : 

1 . Nicolas du Roure, qui fuit. 

2. François du Roure, auteur de la branche tranfplantée en Angleterre & qui 

fera rapportée ci-après. 

3. Henri du Roure, né le 24 Décembre 1676, qui fervit au régiment d'Auvergne; 

fut nommé Lieutenant en 1690, Capitaine par commifïion du 10 Avril 1702, 
Chevalier de Saint-Louis en 17 12, Major en 17 18. Il fit toute la campagne 
d'Italie contre le Prince Eugène & fe trouvait à l'affaut de Chivas où fon 
oncle de Rieutord, Capitaine dans le même régiment, trouva la mort (Juil- 
let 1705). Il fe diftingua par fa valeur à la bataille devant Crémone (Août 
1705) & à celle de .Calcinate (20 Avril 1706). Au fiège de Turin, il fut 
fait prifonnier de guerre, en Septembre 1706, & fut longtemps malade de 
fes bleffures. Il paffaenfuite quatre années à l'armée d'Efpagne & fut griève- 
ment bleffé à la tête à l'affaut de Barcelone, où il chargea avec fa compa- 
gnie en 17 14. Il fe retira à Arles à cette époque & fuccéda à fon frère dans 
la charge de Viguier & Capitaine de la ville, par provifion du Roi Louis XV 
du i5 Janvier 17 17. Remis de fes bleffures, il donna fa démiffion de cette 
charge au profit de Jacques du Roure, fon neveu, & reprit du fervice dans 
le régiment d'Auvergne. En 1 73 1 , Henri du Roure fut nommé à la Majorité 
d'Arras, puis à celle de Saint-Omer en 1735. Il devait être nommé à la 
Lieutenance du Roi en cette place, lorfqu'il y mourut le i3 Novembre 1742. 

4. Jeanne du Roure, mariée, le 18 Août 1678, à Jean Bonnel. 

5. Louise du Roure, née le 2 Janvier i635, mariée, par contrat du 27 Octobre 

1692 (Ducamp, Notaire à Nîmes), à Jean de Carle, fils de Jean, & de Su- 
zanne de Bruguier. 

6 & 7. Anne du Roure & Suzanne du Roure, qui allèrent, en 1707, rejoindre 
leur frère François du Roure en Angleterre. 

8. Elisabeth du Roure, née le 29 Décembre 1671, mariée : i° par contrat du 
i5 Juin 1695 (Ducamp, Notaire à Nîmes), à Pierre de Bosanquet, Capitaine 
au régiment d'Anjou; 2 à N... de Trémons. 

Scipion du Roure tefta le 17 Juillet 1679 (Ducamp, Notaire à Nîmes), & inftitua 
pour fon héritier univerfel fon fils aîné Nicolas (b). 

la) Danger. — D'Azur à une Arche d'Or flottante fur des Ondes d'Argent, furmontè en chef d'une 
Colombe d'Argent à dextre & d'un Soleil d'Or à fenefire; la Colombe volant en bande, portant en fon bec un 
rameau d'Olivier d'Or & fondant fur l'Arche. (D'Hozier, Armoriai général de 1696, Languedoc.) 

(b) La Chenaye défîgne François comme fils aîné, & il eft aulïi qualifié de chef de la branche aînée dans 
les Lettres patentes de confirmation de nobleffe de 1 7 5 8 . 



5qg DU 



ROURE 



VI. DEGRE. 

Nicolas du Roure, né le i5 Avril 16D9 à Nîmes, vint fe fixer à Arles en Pro- 
vence & y fut pourvu de la charge de Viguier & Capitaine pour le Roi en cette 
ville par provifions du 26 Octobre 1701 (a); il donna fa démiffion de cette charge en 
1716, au profit de fon frère Henri; tefta le 8 Novembre de cette année & mourut le 
iôfuivant. Il avait époufé à Arles, par contrat du 5 Janvier 1700 (Vaugier, Notaire), 
Marie-Brigitte deMeyran (b), fille de Meflire Jacques-Jofeph de Meyran, Seigneur 
d'Ubaye & de Saint-Vincent, & de Blanche-Thérèfe de Grille d'Estoublon. Il en 
eut fept enfants : 

1. Jacques du Roure, né le i5 Juillet 1704, Capitaine au régiment d'Auvergne 

& Chevalier de Saint-Louis, fuccéda à fon oncle Henri du Roure dans la 
charge de Viguier & Capitaine pour le Roi dans la ville d'Arles, par provifions 
du 3o Juillet 1728; il s'acquitta de fes fondions avec zèle & prudence, & 
mourut le 6 Novembre 1746, fans être marié. 

2. Jean-Baptiste du Roure, qui fuit. 

3. Jacques-Henri du Roure, appelé le Chevalier du Roure, fut confirmé dans fa 

nobleffe, avec fon neveu Henri du Roure, & fon coulin Jacques-Scipion 
du Roure, par Lettres patentes du Roi datées de Verfailles en Novembre 
1758. Né en 1710, il fut nommé Capitaine au régiment d'Auvergne par 
commiffion du 4 Juin 1734, & Chevalier de Saint-Louis en 1744. Il fut 
bleffé au liège de Prague en 1742, pendant la guerre de fucceffion. En 1746 
il quitta le fervice & fuccéda à fon frère Jacques comme Viguier d'Arles. Il 
fut le dernier Viguier de cette ville, la charge ayant été fupprimée par Édit 
du Roi. Il mourut le 27 Août 1784. 

4. Thérèse du Roure, née en 1701, morte le 29 Mars 1770, mariée, par contrat 

du 26 Décembre 1718 (Vaugier, Notaire à Arles), avec Mellire Charles de 
Laurens, Baron de Beaujeu, fils de Marc-Antoine, III du nom, & de Mar- 
guerite du Long. 

5. Marie-Anne-Louise du Roure, née le 10 Juin 1702, morte le 25 Janvier 1705. 

6. Marie-Suzanne du Roure, née en Septembre 1703, morte le 18 Mars 1714. 

7. Marie-Marthe du Roure, née le 8 Mars 17 14. 

VII. DEGRÉ. 

Jean-Baptiste du Roure, né le 12 Janvier 1707, fervit comme Capitaine dans 
le régiment d'Auvergne. Il époufa, par contrat du 2 Mai 1736 (Fonthieure, No- 
taire à Saint-Juft en Chevalet), Madeleine Ramey de Sugny (c), fille de Claude, & 
de Marie Girard de Beauvoir, d'une famille noble du Forez. De ce mariage font 
iffus : 

i. Henri du Roure, qui fuit. 

2. Brigitte du Roure, mariée, par contrat du 24 Novembre 1756 (Franconv, 

Not. à Arles), à François Brun, Avocat au Parlement, fils de Jacques Brun 
8c de Marthe de Peyron. 

3. Thérèse du Roure, non mariée. 

Jean-Baptifte du Roure tefta le 17 Janvier 1742 (Fermin, Not. à Arles) & mourut 

{à) Arrêt du Parlement de Provence à ce relatif & les provifions en original. 

(b) Meyran (dei. — Paie £■ contrepalé d'Arpent & d'Azur de 5 pièces; à la Fa/ce d'Or brochant fur le tout. 

[c] RAMEY(de). — D'Azur à la Bande d'Argent. (D'Hozier, Rég. V, p. 943.) 



8 du ROURE. 



600 



le 21 Février de la même année. Sa femme lui furvécut jufqu'en 1785. Le Nobiliaire 
manufcrit de l'abbé Bonnemant, confervé aux Archives d'Arles, dit qu'elle décéda 
le 2g Mai, « dame adorée de les enfants, refpectée par tous fes concitoyens, pleurée 
des pauvres ». 

VIII. DEGRÉ. 

Henri du Roure, Seigneur de Vergières & de Beauchamps, pour lequel fief 
il rendit hommage le 24 Avril 1765; Baron de Beaujeu, au diocèfe de Digne, par 
teftament de Meffire Jean-Baptifte de Laurens, Baron de Beaujeu. Né le 2 Août 
1 741 , il fut confirmé dans fa nobleffe en 1758, avec l'on oncle, & éponla, par con- 
trat du 23 Mars 1772 (Francony, Notaire à Arles), Gabrielle de Ginestous (à), fille 
de haut & puiffant Seigneur Jofeph de Ginestous, Comte de Vernon, & de haute 
& puiffante Dame Gabrielle de Villeneuve, des Marquis de Forcalqueiret. Henri 
du Roure fut élu Maire d'Arles en 1800, & mourut le 21 Décembre 1807. Il eut de 
Ton mariage : 

1. Charles-Joseph du Roure, qui fuit. 

2. Joseph-Donain du Roure, né le 10 Avril 1773, mort le 23 Octobre 1779. 

3. Henriette-Joséphine-Gabrielle-Ursule du Roure, née le 18 Avril 1774, 

mariée, par contrat du 24 Avril 1800, à Edouard- Antoine de Lahondès, 
décédée intellat, à Nîmes, le i3 Décembre 1 853. 

4. Ursule-Pauline du Roure, née le i3 Juillet 1778, mariée à Marie-Fran- 

çois Charve, morte à Arles le 18 Janvier i858. 

5. Marie-Thérèse du Roure, née le 23 Mars 1777, non mariée. Elle tefta, à 

Bouillargues, le 8 Décembre 1 855, en faveur de fa fœur Pauline & de Paul 
Laifné, l'on petit-neveu, petit-fils de Pauline du Roure. 

IX. DEGRÉ. 

Charles-Joseph du Roure, Baron de Beaujeu {b), né le 24 Janvier 1773, s'en- 
gagea comme volontaire à l'armée d'Italie, pendant la Révolution; mais, par fuite 
d'une blefïure à la jambe, il fut obligé de quitter l'armée active & paffa à l'Etat- 
major de la ville de Marfeille. Il le retira à Arles en 1802, & époufa, par contrat du 
23 Janvier 1806 (Achard, Notaire à Uzès), Marie-Anne-Jérôme-Conftance Fro- 
ment de Castille (c), fille de Gabrielle-Jofeph Froment, Baron de Caftille, & de 
Marie-Gabrielle-Epiphanie du Long. Il mourut le 14 Janvier 1843. De fon mariage 
font iffus : 

1. Antoine-Scipion du Roure, qui fuit. 

2. Marie-Gabrielle-Céleste du Roure, née le 21 Mai 1812, morte le 3i Juillet 

1849, mariée, le 22 Avril 1844 (Richaud, Notaire à Arles), avec Adolphe 
Pavin de Lafarge, Vicomte de Montélégier. 

3. Joséphine-Herminie du Roure, née le 21 Mai 181 2, mariée, le 10 Février 

i83o, avec Louis-Gabriel-Cafimir de Perrin de Jonquières, fils d'Eflienne- 
Gabriel & d'Augumne-Céfarie-Marie-Charlotte de Perrin de Vert. Elle 
ell décédée le 10 Février 1886. 



[a Ginestous (de). — D'Or au Lion de Gueules. 

[b] Ainfi qualifié dans les actes de l'état civil. 

(c) Froment de Castili.ë. — D'Azur à 3 Épis d'Or lies de même en forme de fleur de lys. 



6ot 



du ROURE, 



X. DEGRE. 

Antoine-Scipion du Roure, Baron de Beaujeu, né le 24 Novembre 1808, 
marié, en premières noces, par contrat du 25 Avril 1846 (Lefer, Notaire à Paris), 
avec Anna-Augufta-Élifabeth de Pierlot, fille de Louis, Baron de Pifrlot, & de 
Palmyre de Sa.int-Cr.icq., veuve en premières noces de Charles Moreau, Baron 
de la Rochette. De ce mariage vint : 

Auguste-Scipion du Roure, né le 21 Mai 1847, décédé le 14 Février 1849. 

Antoine-Scipion du Roure époufa en fécondes noces, par contrat du 3 Février 
1857 (Lefer, Notaire à Paris), Caroline-Rofalie-Mathilde Bluhdorn, née à Vienne 
(Autriche), fille d'Augufte, & de Rofe de Wertheimstein. La Baronne Mathilde 
du Roure, aufïi remarquable par lbn efprit que par les vertus dont elle donna 
toujours le plus bel exemple, décéda à Saint-Raphaël (Var), le 29 Novembre 1884. 
Elle a été inhumée dans la chapelle du château de Barbegal, ainfi que ion mari dé- 
cédé à Arles le 14 Février 1887. De leur mariage font iflus : 

1. Host-Jérôme-Théodore-Scipion, qui fuit. 

2. Herminie-Léopoldine-Anna, née le 5 Décembre 1859, mariée, à Barbegal, 

le i er Mai 1878 (contrat du 24 Mars 1878; Simon, Notaire à Paris), avec 
Charles de la Forest, Comte de Divonne, fils de Louis, 8c d'Alexandrine 
de Perthuis; d'où huit enfants. 

XI. DEGRÉ. 

HosT-jÉRÔME-THÉODORE-ScipioNdu Roure, Baron de Beaujeu, né leo. Janvier 1 858, 
à Barbegal, y époufa, le 22 Juillet 1884 (contrat parle la veille devant Béraud, Not. 
à Aix), Alexandrine-Marie-Marthe-Noélie de Meyran de Lagoy (a), née le 25 Dé- 
cembre 1 863 à Aix, fille d'Augufte- Edmond de Meyran, Marquis de Lagoy, & 
de Marie-Antoinette-Siffrénie des Isnards. De cette union : 

1. Henri-Raphael-Scipion, né à Barbegal le 21 Août 1 885, Élève à TÉcole 

Polytechnique en 1905. 

2. Jacques-Edmond, né à Aix le 16 Mai 1888. 

3. François-Marie, né à Aix le 19 Février 1891. 

4. Charles-Louis-Helen, né à Barbegal le i cr Septembre 1895. 

5. Ernest-Antoine, né à Barbegal le 26 Juillet 1898, mort le 19 Avril 1899. 

6. Jérome-Scipion, né à Barbegal le 14 Août 1900. 

7. Edmond-Louis-Roger, né à Barbegal le 10 Juin 1902. 

8. Mathilde-Charlotte-Brigitte, née à Aix le 3 Décembre 1889. 

9. Marthe-Marguerite-Siffrène, née à Barbegal le 17 Mai 1893. 

10. Marie-Alexandrine-Henriette, née à Barbegal le 9 Septembre 1894. 

11. Cécile-Gabrielle-Yvonne, née à Barbegal le 5 Août 1899. 



QUATRIEME BRANCHE. 

[EN ANGLETERRE.] 

VI. DEGRÉ. 

François du Roure, né le 28 Octobre 1660, époufa fa confine Catherine deRieu- 
tord, fille de Noble Jacques de Rieutord & de Marguerite ou Roure (voir p. 4). 

{a) Meyran. — Comme ci-devant, page 7. 

Regijlre feptième. 76 



io du ROURE. 



602 



Il fit les premières armes au régiment d'Auvergne & pafla en Angleterre après la 
révocation de l'éJit de Nantes. Il y fervit d'abord au régiment de Hamilton & 
obtint enfuite une compagnie de cavalerie. Blefïé à la tête au fiège de Namur en 
1693, il quitta le fervice en 1703 & le retira à Dublin avec fes deux fœurs Anne 
8c Suzanne du Roure. Il mourut à Londres en 1725. De fon mariage vinrent : 

1 . Scipion, qui fuit. 

2. Alexandre du Roure, né en 1692, fervit d'abord cinq ans comme Enfeigne 

dans la marine anglaife & s'acquitta avec fuccès de négociations impor- 
tantes qu'on lui confia en Amérique. Il était Colonel du 4 e régiment infan- 
terie, & fut nommé Lieutenant général des armées royales & Gouverneur 
de Plymouth. Etant allé aux Pyrénées pour fa fanté, il tomba malade à 
Touloufe, & y mourut le 2 Janvier 1765. Son corps fut tranfporté en Angle- 
terre & enfeveli dans le cloître de l'églife de Weftminfter. Il avait été marié, 
en 1733, à Louife de Brushelles, dont il n'eut pas d'enfants. 

VII. DEGRÉ. 

Scipion du Roure, né à Brème le 16 Mars 1689, marié, le 6 Avril 1 71 3, à Dublin, 
avec fa coufine Marguerite de Vignolles, fille de Charles de Vignolles, Seigneur 
de Prades & de Sainte-Croix, & de Marthe du Roure. Il fervit brillamment dans les 
armées anglaifes 8c fut Colonel du 1 2 e régiment royal, infanterie, qui portait fon nom ; 
il était Major général & Aide de camp du Roi Georges II, quand il fut tué à la ba- 
taille de Fontenoy (1 1 Mai 1745). Il eut de fon mariage : 

1 . François du Roure, qui fuit. 

2. Charles du Roure, mort fans alliance, à Londres, le 6 Juin 1752. 

VIII. DEGRÉ 

François. du Roure, né le i3 Juin 1 7 1 5, époufa, le i5 Juillet 1746, N... de 
Crespin, d'une famille noble originaire de Saintonge, & mourut à Kenflngton le 
16 Juillet 1808. De fon mariage, il eut trois filles & un fils, qui fuit. 

IX. DEGRÉ. 

Jean du Roure, Lieutenant-Colonel 8c Capitaine des Coldfiream-Guards, époufa, 
le 2 Juin 1790, à Bath (Sommerfetshire), Sarah Winn, fille de Thomas, Efq. de 
Ackton Hall (Yorkshire), 8c de Mary Duncall. Il mourut à hvyford, près deWin- 
chefier, le 28 -Février 1801, âgé de 5i ans, laiffant deux filles : 

1 . Mary du Roure, mariée à Arthur Heywood, Efq. de Stanley Hall, près de 

Wakefield, morte, fans enfants, le 3 Avril i863. 

2. Eliza du Roure, mariée, à Featherfione (Yorkshire), à Georges Foot, Ca- 

pitaine de cavalerie, morte le i5 Juillet i852, laiffant trois filles : Elisa- 
beth-Sarah, mariée à Rev. Henry-Georges Rolt; Mary-Charlotte, morte 
en 1 858 ; Henriette-Caroline, mariée à Rev. Edward Prickard-Cam- 
bridge, morte le i3 Juillet 1873, laiffant onze enfants. 



6oJ 



RUPELLE (BOUCHER de la), 



Anciens Seigneurs de la Rupellc , Bailly, la Mothe-Bleury, Bois l'Abbé, 

Tréf ont aine , &c. 

en BOURGOGNE, en CHAMPAGNE & a PARIS (a). 




D'Argent à trois Ecreviffes de Gueules, pofées deux & une. 

LA généalogie de cette famille, fuivie depuis le XIV e fiècle par d'Hozier, a été 
expofée dans le fixième Regiftre de l'Armoriai (b). Elle embraffe les cinq bran- 
ches qui font compofée. 

La première branche, celle des Seigneurs de Paflis, s'eft éteinte en la perfonne 
de Louis-Adrien-François, Comte de Boucher, ancien Officier fupérieur de ca- 
valerie, décédé au Mans le 22 Septembre 1880, laiffant deux filles : la Vicomteffe de 
Chabot & Demoifelle Edmée de Boucher (Voir même Regiftre, i re partie, p. 233). 

La féconde branche, celle des Seigneurs de Saint-Andelin & de Baroches, s'eft 
éteinte en la perfonne de Germain-Nicolas Boucher, Ëcuyer, Chanoine régulier 
de la Congrégation de France, Seigneur fpirituel & temporel du Prieure de 
Branche, au diocèfe de Sens, décédé à Auxerre le 12 Octobre 1730. 

La quatrième a pris fin en la perfonne de Alexandre-Nicolas-Loijis de Bou- 
cher, Comte de Flogny, Baron de la Chapelle-Vieille Forefl, &c, Capitaine de 
cavalerie, mort le 21 Août 1801, fans avoir eu d'enfant de fon mariage avec Hen- 
riette-Simone Anjorrant. 

La cinquième a pris fin en la perfonne de Jean-Nicolas-Antoine de Boucher, 
Baron de Milly, Lieutenant-Colonel au régiment de Guyenne-infanterie, décédé 
fans poftérité, 6c dont le frère aine, Edme de Boucher, Comte de Milly, Seigneur 
de Rolfey, n'avait laiffé que deux filles : Edme-Catherine-Jeanne, mariée, le 27 Juil- 
let 1772, à Pierre-Charles, Comte puis Marquis de Bigny, & Suzanne- Edmée, 



{a) La famille Boucher de la Rupellc ayant produit les documents qui la concernent lorfqu'il n'était plus 
poflible de les faire figurer à la fuite de la notice concernant la famille » de Boucher •• l'ortie de la même lou- 
che qu'elle (voir Regiltre feptième, complémentaire, pp. 23i-233), l'article dont elle cil l'objet a été clalfe à la 
lettre R. 

\b) Voiraulli Aiiftide Déy , Armoriai hiftorique de V Yonne (Sens, Duchemin, i863) ; Beaune & d'Arbaumont, 
la NobleJJe aux États de Bourgogne, & l'abbé Lebeuf, Hijîoire civile & eccléfiaflique d' Auxerre, édition de 
i8 4 8-i855, t. IV. 



2 



RUPELLE BOUCHER (delà 



604 



mariée, le 3o Décembre 1776, à Armand-Gafpard de Grenier de Malardeau, 
Baron de Saint-Léger. 

La troifième branche, celle des Seigneurs de la Rupelle 8c de Tréfontaine, con- 
tinue feule la defcendance mafculine, 8: les titres portés par les autres branches 
lui l'ont aujourd'hui dévolus (a). 

XL DEGRÉ. 

Jean-Baptiste-Thomas Boucher de la Rupelle, Chevalier, Seigneur de la Ru- 
pelle, Bailly, La Mothe-Bleury, Tréfontaine, Bois l'Abbé, Chouilly & autres lieux, 
ancien Lieutenant général au bailliage & fiège préfidial d' Auxerre, eft décédé, le 
16 Avril 1807, en cette ville, où Anne Raffin, fa veuve, eft décédée, à fon tour, 
le 26 Décembre 1808. Il figure, à rAffemblée de la Nobleffe du Comté & Bailliage 
d'Auxerre pour l'élection aux États généraux de 1789, parmi les Gentilshommes 
préfents au vote, 8c il a figné les procès-verbaux de cette Alfemblée comme Secré- 
taire de TOrdre de la Nobleffe. 11 a été détenu pendant la Terreur « comme Noble », 
ainli que fa femme 8c trois de lés fils. 

Il a eu neuf enfants : 

1 . Jean-Baptiste-Louis Boucher de la Rupelle, qui continue la defcendance. 

2. Louis-Joseph-Pierre, qualifié Chevalier, né à Auxerre le i er Juillet 1753, 

fut reçu en 1767 Page de S. A. S. Monfeigneur le Prince de Conti, en 
conféquence des preuves de fa nobleffe; il devint Capitaine du régiment de 
Conti-infanterie 8c Chevalier de l'Ordre royal 8c militaire de Saint-Louis, & 
mourut en 1882 à Vaux, près Auxerre, fans laiffer de poftérité. Il figure 
fur la lifte des Gentilshommes du Comté 8c Bailliage d'Auxerre, dans Y Af- 
femblée de 1789, fous le nom du Chevalier de la Rupelle. En 1790, la ville 
d'Amiens lui décerna le titre de « citoyen de la ville d'Amiens », en recon- 
naitfance de ce qu'il avait rétabli l'ordre dans fes murs. Il fut détenu à 
Auxerre « comme Noble 8c frère d'émigré », pendant la Terreur. 

3. André-Joseph, Écuyer, né le 7 Janvier 1758, eft mort en bas âge. 

4. Jean-Baptiste-Charles, Écuyer, né le 24 Janvier 1759, eft mort jeune. 

5. Charles-Jean-Baptiste, Écuyer, né à Auxerre le i3 Novembre 1760, fut 

reçu Page de la Petite-Écurie de S. M. le Roi Louis XVI en 1776, 8c devint 
Lieutenant en premier au régiment des Dragons de la Reine en 1786. Il 
fuivit les Princes dans l'émigration en 1792, 8c mourut à Lyon le 7 Sep- 
tembre 1800. Il n'avait pas été marié. 

6. Thomas-Marie, Écuyer, né le 20 Mars 1762 à Auxerre, entra dans les Ordres. 

Il fut détenu « comme Noble » au Luxembourg pendant la Terreur. Ne 
voulant pas prêter le ferment exigé par le gouvernement révolutionnaire, il 
dut fufpendre l'exercice du faint miniftère. Il eft mort en 1 833, Curé de la pa- 
roiffe de Vaux, près Auxerre. 

7. Demoifelle Anne-Marie, née le 14 Octobre 1700, eft morte jeune. 

8. Demoifelle Marie-Charles, née le 17 Juillet 1752, elt morte jeune. 

9. Demoifelle Marie-Louise, née le 5 Février 1764, époufa, en 1788, à 

Auxerre, Philbert Rousseau, Écuyer, Seigneur de Vermot. De cette alliance 
elt iffue Demoifelle Jeanne-Charlotte Roulfeau de Vermot, née le 5 Juil- 



\a\ Les Archives départementales de l'Yonne, les Archives nationales de France, les Manufcrits de la Biblio- 
thèque nationale (titres de famille, tomes 43o, 43 1 , n» 9792 & regiitre 1 100; & carrés de d'Hozier, tome 117) 
contiennent de nombreux documents concernant les diverlés branches de cette famille. 



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RUPELLE (BOUCHER de la 



let 1791, mariée au Général Jacques-Lazare Savettier de Candras, Baron 
de la Tour de Pré, Gouverneur de la Poméranie fuédoife, tué au paffage 
de la Bérélina, en Rutile, le 28 Novembre 181 2; elle n'a eu qu'une fille, 
mariée au Baron de Bonnefoy. La Baronne de Candras a lurvécu à 
fa fille & à fes trois petits-enfants. Elle eft décédée elle-même à Avallon le 
1 1 Janvier 1888. 

XII. DEGRÉ. 

Jean-Baptiste-Louis Boucher de la Rupelle, Chevalier, Seigneur de Tréfontaine 
& de Saint-Thibaut, en partie, né à Auxerre le 6 Août 1749, avait été reçu, le 
23 Novembre 1764, Page de S. A. S. Monfeigneur le Comte de la Marche, en 
conféquence des preuves de fa nobleffe. Il était Capitaine de cavalerie au régiment 
Royal-Picardie lors de fon mariage avec Demoifelle Marie-Jeanne-Timothée le 
Mire, fille de feu Noble perfonne Louis Le Mire, Seigneur de la Mothe Guimard, 
Prélident en l'élection de Saint-Florentin, & de Dame Geneviève-Henriette de Cock- 
bourne, célébré à Saint-Florentin le 3o Décembre 1782; lequel acte de mariage ont 
figné : Mefîire Pierre de Boucher, Comte de Carifey, & Mefïire Alexandre-Nicolas- 
Louis de Boucher, Comte de Flogny, parents de l'époux; & d'autre part Meffire 
Timothée Defeu de la Mothe, Chevalier de Saint-Louis, & Charles de Cockbourne, 
Baron de Villeneuve, le premier, beau-frère, & le fécond, coulin germain de 
l'époufe. Geneviève- Henriette de Cockbourne defcendait, en ligne directe, de 
« l'illuftre Seigneur » Guillaume de Cockbourne, Baron de Langton, en Écofle, qui 
vivait en fan i3i6, & était de la même famille que Jean de Cockbourne, Comte de 
Dunbar, Confeiller du Roi Jacques Scot, ainû qu'il réfulte des Lettres patentes de 
Charles II, Roi d'Angleterre & d'Écoffe, en date, à Edimbourg, du 9 Septembre 
1664, portant vérification de la defcendance & extraction noble de Edme-Éléonor 
de Cockbourne, Baron de Villeneufve-au-Chemin. 

Dans rAffemblée de 1789, Jean-Baptifte-Louis Boucher de la Rupelle figure fur 
la lifte des Gentilshommes du Comté & Bailliage d' Auxerre fous le nom de de la 
Rupelle de Tréfontaine. 11 fut fait Chevalier de l'Ordre royal & militaire de Saint- 
Louis par le Roi Louis XVI le 23 Février 1791. Pendant la Terreur il fut incar- 
céré à Mont-Armance (Saint-Florentin) « comme Noble & frère d'émigré ». Il eft 
mortle 19 Février i83o àTroyes, où Marie-Jeanne-Timothée Le Mire, fa femme, 
était décédée le 3o Novembre 1829. 

De leur mariage étaient iffus : 

1. Jean-Baptiste-Henri Boucher de la Rupelle, qui continue la defcendance. 

2. Louis-Timothée, né à Saint-Florentin en 1786, mort à Venizy en 1787. 

3. Louis-César-Auguste, né à Saint-Florentin en 1790, mort à Troyes en i8o3. 

4. Louis -Timothée-Théophile, né à Saint-Florentin en 1796, mort au même 

lieu en 1798. 

5. Charles-Louis, né àTroyes en 1800, mort à Troyes en 1802. 

6. Edme-Adolphe Boucher de la Rupelle, né à Troyes le 16 Janvier 1801, dé- 

cédé, en fon château de Cervets, près Saint-Léger (Aube), le r Avril 1862. 
Devenu veuf de Demoifelle de Mengin-Salabert, de qui il n'avait pas eu 
d'enfant, il a époufé, en fécondes noces, Demoifelle Fanny le Marchand 
de Christon d'Auzon, décédée le 2 Octobre 1866, après lui avoir donné 
trois enfants, favoir : 

1. Henri-Marie, né le 3i Juillet 1 838, marié, en i863, à Demoifelle 
Antoinette des Mares de Trébons, décédée le i5 Février 1871; es: en 



4 RUPELLE (BOUCHER de la). 



606 



fécondes noces à Demoifelle Marie Mary. Du premier mariage ibnt 
iffus : 

1 & 2. Edmond & Robekt, frères jumeaux, nés en 1864. 

3. Charles, né en i865, mort jeune. 

4. Stéphane, né en 1866, mort en bas âge. 

5. François, né en 1867, mort en 1 885 . 

6. Marie, née en 1868. 

II. Alix, née en i836, morte en 1854. 

III. Gabrielle, née en 1837, décédée en 1887, veuve de Étienne-Raoul- 
Jean-Chryfoftome Gilbert de Vautibault, de qui elle a eu plufieurs 
enfants. 

7. Louis-Marie-Jules, né à Troyes en i8o3, mort à Troyes en 1807. 

8. Geneviève-Timothée-Pierre, née à Saint-Florentin le 7 Juillet iy85, mariée, 

à Troyes, le 1 1 Février 1809, à M. Amy-François Miron de Pont le Roy, 
ancien Officier de marine; décédée à Sens le 7 Janvier 1810, laiffant une 
fille : Aglaé-Françoise, née à Sens le 7 Décembre 1809, mariée à Paul 
de Vathaire, Officier de cavalerie, de qui elle a eu deux enfants, morts en 
bas âge. Elle eft décédée elle-même, à Orléans, le 11 Avril 1886. 

9. Caroline-Louise-Timothée, née à Saint-Florentin en 1791, décédée au même 

lieu en 1793. 

XIII. DEGRÉ. 

Jean-Baptiste-Henri, qualifié Comte Boucher de la Rupelle, né à Saint -Flo- 
rentin le 9 Janvier 1 784, Élève de l'École Polytechnique en 1 802, Ingénieur en Chef, 
Directeur des Ponts 8; Chauffées à Auxerre, décédé Infpecteur Général honoraire 
au même corps le 3o Septembre 1864, au château de Nizerolles, près Buffy (Cher). 
Il avait été détaché comme Officier du Génie pendant l'inyafion de 18 14. Fait Che- 
valier de l'Ordre royal de la Légion d'honneur par S. M. le Roi Louis XVIII, il 
fut promu Officier du même Ordre par ordonnance du Roi du 26 Avril 1846. 

De fon premier mariage, contracté, le 16 Juillet 1810, à Serrigny, près Tonnerre, 
avec Demoifelle Alexandrine-Henriette-Simone de Saucière de Tenance, fille du 
Marquis de Tenance & fœur de la Marquife de la Porte-Y ffertieux, il avait eu : 

1 . Jean-Baptiste-Marguerite-Ernest, Comte Boucher de la Rupelle, né le 

28 Avril 1812 a Montargis, Élève de l'École militaire de Saint-Cyr, Officier 
d'infanterie, marié, à Bourges, le 1 5 Janvier i836, à Demoifelle Irma Busson 
de Làvèvre; décédé, en fon château de Nizerolles, le 25 Mai 1870. De fon 
mariage font nées trois filles : 

I. Berthe, mariée à Paul Gérouille de Beauvais. 

IL Isabelle, mariée à Camille Rousseau, Vice-Préfident du Confeil gé- 
néral du Cher. 
III. Marie, mariée à Ladiilas Naywosz-Paszkiewicz, petit-fils, par fa 
mère, du Marquis de la Porte- Yffertieux. 

2. Henriette-Claire Boucher de la Rupelle, née à Bourges le 3 Mai 1814, 

mariée en 1834 à Théodore de Molènes, Capitaine d'infanterie, Chevalier 

de la Légion d'honneur; décédée à Auxerre le 11 Juillet 1 835, fans laiffer 

de poftérité. 

En fécondes noces, Jean-Baptifte-Henri Boucher de la Rupelle avait époufé, le 

24 Novembre 1825, à Corquilleroy, près Montargis, Demoifelle Amandine-Émilie 

Mollière, fœur d'Alexandre Mollière, Général de brigade, Commandeur de la 



6o 7 RUPELLE (BOUCHER de la 

Légion d'honneur, qui, après de nombreufes campagnes en Grèce & en Afrique, 
prit part à l'expédition qui rouvrit au Saint-Père les portes de Rome en 1849. 
Elle était nièce, par fa mère, du Général Baron Bardin, Commandeur de la Lé- 
gion d'honneur, Chevalier de Saint-Louis, Aide de camp de Junot, duc d'A- 
brantès. Elle eft décédée à Paris le 27 Février 1862. 

De ce fécond mariage font iffus : 

1. Albert-Émile-Henry, Comte Boucher de la Rupelle, qui fuit. 

2 Charles-Paul-Emile Boucher de la Rupelle, auteur de la branche cadette, 
rapportée plus loin. 

3. Camille-Ambroise-Alphonse, né à Paris en i83i, mort en 1857 a Chevannes 

(Yonne), fans avoir été marié. 

4. Élie-Tristan-Julien, né à Auxerre en 1841, mort à Paris en i852. 

XIV. DEGRÉ. 

Albert-Émile-Henry, Comte Boucher de la Rupelle, né à Cepoy, près Mon- 
targis, le 5 Janvier 1827, ancien Tréforier-Payeur général de la Nièvre, Chevalier 
de la Légion d'honneur, marié, àThauvenay (Cher), le 3 Juillet 1854, à Demoifelle 
Charlotte-Camille de. Tascher, de la famille de Tafcher à laquelle appartenait 
S. M. l'Impératrice Joféphirïe;&, elle-même, fille de Benjamin, Baron de Tascher, 
Officier de cavalerie, ancien Garde du corps du Roi Louis XVIII, & de Joféphine 
Bachasson de Montalivet; petite-fille de Pierre-Jean-Alexandre, Comte de Taf- 
cher, Baron de Pouvray, Sénateur de l'Empire, puis Pair de France, mort en 1822, 
tranfmettant fa pairie à Ferdinand, Comte de Tafcher, Baron de Pouvray, fon fils 
aîné; & petite-fille, par fa mère, de Jean-Pierre Bachaffon, Comte de Montalivet, 
Miniftre de l'Intérieur, Sénateur fous l'Empire & Pair de France fous la Reftau- 
ration; nièce de Camille Bachaffon, Comte de Montalivet, Membre de rinfhtut, 
Pair de France, Grand-croix de la Légion d'honneur, Miniftre de l'Intérieur & In- 
tendant général de la lifte civile fous le Roi Louis-Philippe; coufine germaine, par 
fon père, de Alphonfe de Cardevac, Marquis d'Havrincourt, Sénateur, & de Ma- 
rie de Tafcher, Ducheffe de Valence, veuve du Maréchal Ramon Narvaëz, Duc 
de Valence, Grand d'Efpagne, Chevalier de la Toifon d'Or, Ambaffadeur de la 
Reine d'Efpagne près la Cour de France. Albert-Emile-Henry, Comte Boucher de 
la Rupelle, eft décédé à Paris le 14 Octobre 1886. 

De Ion mariage font iffus : 

1. Jean-Baptiste-Raymond, né à Paris le i5 Mai 1 855, mort à Tulle le 18 Juillet 

i85 7 . 

2. Pierre-Marie-Amable-Alphonse, qui fuit. 

3. Louis-Simon-Laurent, né à Saint-Lô le 14 Juin 1 865. 

4. Marie-Henriette Françoise, née à Paris le 12 Juillet 1 858, mariée, à Paris, 

le 19 Juillet 1881, à Maurice le Breton, Vicomte de Vannoife. De ce ma- 
riage font nés cinq enfants. 

5. Claire-Joséphine-Françoise, née à Paris le I er Août 1859. 

XV. DEGRÉ. 

Pierre-Marie-Amable-Alphonse, Comte Boucher de la Rupelle, chef actuel 
de la famille, né à Paris le 9 Mai 1861, eft Sous-Lieutenant au 6 e Cuirafïiers. 



6 



RUPELLE (BOUCHER de la 



608 



BRANCHE CADETTE. 
XIV. DEGRÉ. 



Charles-Paul-Émile Boucher de la Rupelle, né à Montargis le i3 Août 1829, 
Docteur en droit, a rempli différentes charges de magiftrature , notamment celles 
de Procureur Impérial à Auxerre & de Subftitut du Procureur général à la Cour 
d'appel de Paris. Il a donné fa démiffion le 3 Juillet 1880, lors de l'exécution des 
Décrets qui ont frappé les Congrégations religieufes. Il a époufé, le 12 Juillet 1862, 
à Paris, Demoifelle Émilie-Françoilé-Auguftine Passerat de Silans, fille de Char- 
les- Artus Passerat, Baron de Silans, Ingénieur en chef honoraire des Ponts 8c 
Chauffées, & de Frédérique-Adèle-Cécile de Crousaz-Cretet; petite-fille de Au- 
guftin François Pafferat, Baron de Silans, Membre de la Chambre des Députés 
& Confeiller à la Cour des comptes fous la Reftauration ; nièce du côté paternel de 
la Comteffe Eugène Cofta de Beauregard; petite-fille, par fa mère, de Henri-Louis- 
Frédéric, Baron de Croufaz-Cretet, Tréforier de la Banque de France, Cheva- 
lier de la Légion d'honneur & de l'Ordre de Saints-Maurice & Lazare, neveu 
8: fils adoptif de Emmanuel Cretet, Comte de Champmol, Commandeur de la 
Légion d'honneur, premier Gouverneur de la Banque de France, Miniftre de l'In- 
térieur h Miniftre d'État fous l'Empire. 

Six enfants font nés de ce mariage, favoir : 

1. Paul- Henri-Marie-Joseph, né à Paris le 22 Juin i863, décédé à Paris le 

19 Juin 1878. 

2. Artus-Ernest-Marie-François, né, au château de Saint-Innocent, en Savoie, 

le 19 Juillet 1867, Sous-Lieutenant au 28 e régiment de ligne. 

3. Charles-Emmanuel-Marie-Louis, né à Paris le 6 Décembre 1875. 

4. Marie-Charlotte-Emilie, née à Auxerre le 5 Novembre 1871. 

5. Cécile-Marie-Philomène, née à Auxerre le 5 Novembre 1871, décédée le 

même jour après avoir reçu le baptême. 

6. Geneviève-Augustine-Amélie-Marie, née, au château de Saint-Innocent, le 

21 Octobre 1873. 



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TABLEAU DE PARENTÉ DE LA MAISON DE SABRAN-PONTEVÈS AVEC I 



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I roLn chue ni Pontevès 



GARSINDE Dl Proveni . 
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(LES 1", Comte d'Anjou 



Philippe d'Anjou 
Isabelle de Viixehardouin, Princessi 
(Belle-sœur U'Isnard de Sabran i 



VI. 
VII. 
VIII. 

IV 



Guillaume de Sabran, Seigneui d I zês, d'Ansouis, etc 
Ermessinde N... 



I ' n de Sabra». Seigneur d'Uzès, d'Ansouis. de Vaugines. etc. 
Cécile d'Agoui t de Pontevès, in le d'Isnard III d'Agoult de Pontevès 



Isnard m 1 Igoull tePonlevi 1 1 oui mes I" / Igoult le Pont 
Béatnx de Rians Mathilde di Rhi la 



Cu'ciPc d'Agoult de Pontevès 
I l/car de Sabr in ci-contre.) 



" Femme, I.audune 



ud .1 ■ Saurait, Baron d'Ansouis. Comte d'Ariano, Grand Justicier .lu royaume de Naples 



1' \i m OU d'Aiiiie 



de Sabr, 

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I 



■ rand Justicier du royaume de >aples 

j" Femme, Ylu de Bai \ . fille de Raymond DE Bu s 

A_ . 

IX. Guillaume ./c Sabran, Baron d'Ansouis. Comte d'Ariano 

1" Roberte ne Saint-Georges 2" Françoise m Cm , 

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Sibille de Sabran 

Arnaud m ViruMiv 



Barrai ./c PontevèS-Bargh 
Barrale de i: 



>ul.|ucs il de Pontevès-Bargi 
Marguerite m s p ei lei - 



Ste ROSSOUSÙ Foulques III de Pontevès-B 11 - m 
de Villeneuve Galburge d'Agoui 1 



rg, fille de l'Empereur Rodo 



S mu I 1; 1 Roi de Honcrm 

ELISABETH > I' 



S LOI IS ROBI R I .1 " m Provi m e.Roi de Na 

EVÊQUI VOI *NDE D'An IG0N 
I lUSI , A ^ 

Charles, Duc de Cai ibri 

Marie de Valois 



Jean. Duc de In i< 1, 
Agnes le Pi in.,, un, 



Isabelle de Suer .111. Princesse m la i 
l-minsAMi d'Aragon, fils de Jacques I ■' Ro 



Majorque 



\. Louis de Sabran, Comte d'Ariano Jean deSabran, Baron d'Ansouis 
Branche éteinte au xv> Isoarde de Roquefeuii 



Louis, Comte de Gravina 

MARGUERITE DE SaNSEVERINO 
A 



JACQ1 ES 11. Roi DE Majorque 
ConstanC! d'Aragon, iille J'Ai n»n„ IV, Roi d'Aragon 



Elzéar de Sabran, Baron d'Ansouis 
Baucette m Blai ^ 



CRIE LOI I 

loNGRIl 

M «RIE DE BoSNlE 



IEANNE I" Rein ni Nai 1 i- CHARLES III, Rot de Napi 
M ari.i 1 RITE n \sj,u -In a;s 



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Il ANNE I'". Reine de Naples 



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Isabelle de Majorque 

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SIGSMOND E»"eReur LADISLAS JAGELLON Grand! Litbuanie Roi de Naples Reine de Naples 

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dynastie qui a régné jusqu en 1 668. 



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XIV 

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Jean de Ponteves-Bargème 

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Foulques VI de Pontevès-Bargème 
Atayette de Villeni i vil h, osi 



BermonJ de Pontevès-Bargème 
Catherine d'Obaison 

Honore' de Pontevès-Bargème 

Catherine Hermemtier d'Orgon 

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Jean-Baptiste de Ponlevès-Barg 
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Catherine de Lorraine 



Claude de Pontevès, Vicomte .te Bar 

Marguerite di Castei i im. d'Aï li 

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I unis .1,: Pontevès, Vicomte .ie- Barsème 
Marguerite de Castbllane-Tournon 



XX. CHARLES II de Gonzaou 

Duc DE Monti-erra 

Mari» de Gonzaoue-Ma 



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:-Clèves XX. Jules-César. Marquis deSabran Louis -Hector-Hon.-M 



Anne-Gabrielle de Brémond 

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de Sabran 

Ëvéeiue-Duc de Laon 



Alexandre de Pontevès-Bar, 

Anne de Moreau 



1 INO IE i>e GONZ IGUE MaNTOU 

FERDINAND III. Lmtereur 
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Sophie de Bavière 
- I I Duc puis Electeur de Hanovre 



XXII. CIIN.KI ES IV, Duc de Mantoim Lléosore Marie de Hongrie 

CHARLES IV, Duc de Lorraine 



XXI. 
XXII. 



.LEOI'OI.D. Die de Lorraine 
El isabeth-Charlotte d'Orléai 

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FRANÇOIS I". Empereur d'Allemacne 
Marie-Thérèse d'Autriche 
(Voir leur descendance ci-devant.) 



Mare Edouard Joseph-Léonide 

di Pontevès-Bargème de Pontevès-Bargème 

lilsadoptif— frères jumeaux — fils adoptil 

Duc de Sabran-Pontevès Comte di Sabran-Pontevès 

Régine de Choiseul-Praslin Bonne de Pons-Saint-Ma 



François de Pontevès-Bargème 

Mai ie I lonoree ni I 1MRERT 



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ouis-Balthazar-Alexandre. ("omte de Pontevi 
Marie-Antoinette de Paul 



s, Prince de G 



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1 l'I-.lil RIC V, Roi di lu 



FREDERICII, AUOUSTE-GUILLAUME. Prisc 

Le ciiasii Louise-Amélie de Br 

Roi de Prusse A 



XXIII. Elze'ar, Duc Edmond. Duc 

de è\ipnM-'\,/jict'is de Sabran-Pontevès 

1 ' Marie Julie Chef actuel 

d'Albehtoi I 1 i ses de la famille 

2" Adélaïde. 1 Cliarlotte-Cécile 

Comtesse de la I i li aï i 

de Kalnoky 2" Gersinde 

deSahran-Pos i e\ i s 



Guillaume, ('omte 
de Sabran-Pontevès, 

Chef de la brandie cadette 
Marie DE Panisse Passis 



Marc-Edouard et Joseph-Léonide, 
frères lumcaux (Voir ci-contre 1 



ESf-Al 1,1 si E Caroi.ini !,■ Has.ori 

,1 di Hanovui 1 l'I DERIl I- 

Iaxe-Ai.tenroiiri-. R t \\ 1 un uni rg 



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Charlotte de Danei 

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PRINCi Rioai ui R.iI Dl Ion, 

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FRÉDÉRIC (il II.I.AUME III. Roi de Prl 
Louise de Mecki.emii ... RG 

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Victoria d'Angi eu rre 



GUILLAUME II. Empereur d' Au 



Guillaume, Prince de Pm ssi 

Marie-Anne de Hesse-Homboi rg 

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Marie, Princesse de Prussi 
MWIM1I..IEN II, R e Ilevii.i.E 

LOUIS II etOTHON 



WlLHELMINE, PrIN.ESSE DE P 11 1 ~ s , 

Cl II.I.AUME I". Roi des Pais Bas 



GUILLAUME II, Roi Frédéric d'Oranu 
Asni hé Russie Louise nr Prussi 



GUILLAUME III 
Emma he Waldeek 



Louise d'Orange 
CHARLESXV 

Roi de Si lui 



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de SABRAN-PONTEVÈS, 

Ducs & Comtes de Sabrati, Marquis de Pontevès-Buoux & Giens, Vicomtes de 
Bargème, Barons d'Anfouis & de Beaudinard ; des Comtes fouverains de For- 
calquier; des Comtes d'Ariano, d'Apici & d'Afco/i; des Princes d'Apt; des 
Barons de Sault & de Cotignac, des Comtes de Carcès; des Connétables héré- 
ditaires de Touloufe, &c. 
Qualifiés de Coufins du Roi depuis Saint Louis. 







Ecartelé : aux i (£4 de Gueules au Lion d'Argent, qui eft de Sabran; aux 2 & 3, contrécartelé : 
aux 1 & 4, de Gueules au Pont de deux arches d'Or, maçonné de Sable, qui eft de Pontevès; 
aux 2 & 3, d'Or au Loup ravijfant d'Azur, armé, lampaffé & vilaine de Gueules, qui eft d'A- 
goult. Couronne : de Duc. Cimier : un Lion ilïant. Supports : deux Lions. L'écu entouré du 
manteau de Pair de France, avec la couronne ducale. Devise : Noli irritare leonem! 



La Maifon actuelle de Sabran-Pontevès a été fondée virtuellement par ordon- 
nance du Roi Charles X, du 18 Juillet 1828, en vertu de laquelle Elzéar-Louis- 
Zozime de Sabran, Duc & Pair de France, Lieutenant général des armées du Roi, 
& qui devint dans la fuite le dernier repréfentant de fa maifon, a été autorifé, à 
défaut de defeendant mâle, à adopter deux coufins de la femme, Victorine- 
Amélie-Antoinette de Pontevès-Bargème, alors dernier rejeton de la branche aînée 
de la maifon de Pontevès. Ces deux coufins étaient Marc-Edouard & Joseph- 
Léonide de Pontevès-Bargème-Amirat, frères jumeaux. L'ordonnance ci-delfus 
a fubflitué, en même temps, à la pairie, au majorât & au titre du Duc de Sabran, 
« intégralement & inféparablement », le premier des deux frères & fa dépen- 
dance mafeuline, mpulant que « dans le cas de défaillance de la lignée directe, 
lefdits rang, titre & qualité de Duc & Pair au royaume, avec le majorât, feront 
tranfmifïibles au fécond frère & à fa defeendance ». Cette ordonnance a été 
confirmée par Lettres Patentes du 18 Juillet 1829. L'adoption des deux frères 
eut lieu de la part du Duc de Sabran le 16 Août i832, & la fubftitution reçut fon 
plein effet après le décès de celui-ci le 22 Janvier 1847. 

L'illuftre maifon de Sabran s'éteignant ainli en mâles, fon nom ne pouvait être re- 
levé plus dignement que par des rejetons d'une race non moins ancienne, également 
célèbre dans les fafles de Thiitoire de la Provence & du royaume, & avec laquelle 
d'ailleurs elle était intimement liée par le fang, en raifon de nombreufes alliances 



Regijîre Jéptième 



1 1 



2 de SABRAN-PONTEVÈS. 610 

contractées entre ces deux maifons depuis le treizième fiècle. En effet, il la mailbn 
de Sabran était déjà au premier rang de la Nobleffe dès la fin du X e fiècle, date 
la plus reculée que l'hiftoire nous ait tranfmife à fon égard; celle d'Agoult, dont 
un des membres fonda, vers 121 5, la féconde maifon de Pontevès, à la fuite de 
fon mariage avec une héritière de ce nom, remonte documentairement, & des deux 
côtés, aufli au X e fiècle, époque à laquelle, de part & d'autre, elle occupait éga- 
lement une place importante. 

L'une & l'autre ont prodigué leur fang & fignalé la vaillance de leurs membres 
fur maint champ de bataille. Si, parmi les défenfeurs de la Croix, la maifon de 
Sabran peut préfenter avec orgueil fon ancêtre Guillaume, un des plus valeu- 
reux Chevaliers de la première croifade (1096), auquel les écrivains du temps ont 
confacré des pages élogieufes; la première maifon de Pontevès compte à la même 
croifade, au dire des hiftoriens, deux de fes membres, Pons 8c Isnard, qui comman- 
daient chacun un corps de croifés provençaux, tandis que la maifon d'Agoult-Pon- 
tevès a été repréfentée, en la perfonned'IsNARD d'Agoult, à la troifième croifade (1 191), 
fous la conduite du Roi Philippe- Augufte, & encore par Isnard d'Agoult de Pon- 
tevès, fils ou petit-fils du précédent, ainfi que par fon frère, Foulques d'Agoult 
de Pontevès, le premier à la feptième & à la huitième croifade fous la pieufe ban- 
nière du Roi Saint Louis, le fécond à la feptième croifade feulement. 

Si une fille de la maifon de Sabran hérita, au XIII e fiècle, du Comté de Forcal- 
quier, & fi un de fes coufins jouit temporairement du titre de fouverain de ce 
comté, les ancêtres des d'Agoult-Pontevès exerçaient auffi une fouveraineté réelle 
fur de vaftes domaines à une date beaucoup plus ancienne encore, puifqu'elle 
remonte au début du XI e fiècle; il eiu d'ailleurs prefque certain, comme on le verra 
plus loin, qu'ils étaient iffus de race royale. D'autre part, au point de vue des grandes 
charges, fi la maifon de Sabran a poffédé pendant près d'un fiècle la charge hérédi- 
taire de Connétables des Comtes de Touloufe, 8c li plufieurs de fes membres ont 
exercé celle de Grand Jufticier ou celle de Grand Sénéchal du royaume de Naples, 
la maifon de Pontevès a fourni cinq Grands Sénéchaux de Provence, charge qui 
leur donnait dans la province la première place après le fouverain. Le même paral- 
lélifme exifte auffi pour les hautes charges eccléfiaftiques. Au point de vue des titres, 
elle n'était pas non plus au-deflbus de la maifon de Sabran : au XI e fiècle, les d'A- 
goult étaient qualifiés Princes d'Apt, 8: ils poffédèrent pendant longtemps la puifiante 
baronnie de Sault dont ils portaient le titre ; la branche de Pontevès eut d'abord 
ceux de Barons de Cotignac & de Vicomtes de Bargème, puis elle a obtenu en fa fa- 
veur l'érection de plufieurs terres titrées : le comté de Carcès en 071, le marquifat 
de Buoux en 1 65 1 8c le marquifat de Pontevès-Giens en 1691 . 

Ce qui donne à la maifon de Sabran un luftre exceptionnel, c'eft d'abord l'auréole 
de fainteté qui entoure fon nom, c'eft enfuite l'éclat particulier de fes alliances, fur- 
tout aux XII e , XIII e 8c XIV fiècles. Elle a donné à l'Églife 8c à la chrétienté les perfon- 
nalités lumineufes de Saint Elzéar de Sabran, dont la grand'mère était une d'Agoult 
de Pontevès, 8c de Sainte Delphine ou Dauphine, fon époufe ; il faut encore y ajouter 
Sainte Roffoline de Villeneuve dont la mère, Sibille de Sabran, était la tante de Saint 
Elzéar, 8c auffi Saint Louis d'Anjou, Evêque de Touloufe, qui avait pour trifaïeule 
Garsinde de Sabran. C'eft de cette dernière précifément que defcend une longue 
lignée de Rois, d'Empereurs 8c de Comtes fouverains, qui embraffe l'Europe chré- 
tienne tout entière. Fille unique de Rainon de Sabran, Seigneur d'Uzès, du Caylar, 



bi i 



de SABRAN-PONTEVES. 



&c. (qui était le trifaïeul de Saint Elzéar), & de Garfinde, Comteffe fouveraine de 
Forcalquier & de Nice, Garfinde de Sabran, plus tard aufii Comteffe fouveraine de 
Forcalquier & de Nice, époufa (1193) Alphonfe II, Comte de Provence, fils d'Al- 
phonfe 1 er , Roi d'Aragon et Comte de Provence. Leur fils, Raymond-Béranger IV, 
Comte de Provence, de Forcalquier & de Nice, fut père de quatre filles dont chacune 
s'unit à un puiffant fouverain : Marguerite époufa ( 1 234) Saint Louis, Roi de France ; 
Éléonore devint la femme (1 236) de Henri III Plantagenet, Roi d'Angleterre; Sancie 
fut mariée (1244) à Richard de Cornouailles, Empereur (Roi des Romains), frère 
du précédent; enfin, Béatrix, ComtefTe de Provence, époufa (1246) Charles I er , 
Comte d'Anjou, puis Roi de Naples 8c de Sicile, frère de Saint Louis. Dante men- 
tionne ces quatre reines dans fa Divine Comédie, & conlfate que ce quadruple 
mariage fut l'œuvre de Romée de Villeneuve, l'habile miniftre de Raymond-Bé- 
ranger IV : 

Quatro figlie ebbe, e ciafcuna reina, 
Ramondo Beringhieri, e ciô gli fece 
Romeo, perfona umile e peregrina... 

(Paradis, chant VI, vers 1 33-r 3 5.) 

On devine que par fuite du premier de ces mariages toute la maifon de France, 
depuis Saint Louis, avec fes ramifications à l'étranger (Efpagne, royaume des Deux- 
Siciles, duché de Parme), defcend directement en ligne féminine de Garfinde 
de Sabran. Les mariages de fes deux autres petites-filles (celui de Sancie de- 
meura ftérile) furent l'origine de lignées non moins illuftres, mais ce point im- 
portant n'avait jamais été étudié dans fes conféquences. Le tableau joint à la pré- 
fente notice apprendra pour la première fois ce fait curieux d'hiftoire générale dont 
on ne fe doutait point, que tous les fouverains de l'Europe, actuels ou de date ré- 
cente, defcendent également de Garfinde de Sabran. Pour le paffé éloigné, cette 
defcendance englobe tous les grands noms de l'hiftoire du monde : d'abord tous les 
Rois d'Angleterre, depuis Henri III, & d'autre part Marie Stuart, dont font iffus 
tous les autres fouverains de ce pays jufqu'à ce jour; puis Charles le Téméraire, 
Ifabelle de Caftille, célèbre époufe de Ferdinand le Catholique, & leur petit-fils 
Charles-Quint, père de Philippe II d'Efpagne; enfuite tous les Rois de Naples 
& Comtes de Provence de la maifon d'Anjou, y compris le Bon Roi René, ainfi 
que les Rois de Hongrie de la même maifon; enfin tous les Rois de Pologne de la 
dynaftie des Jagellons. Pour l'époque plus récente : la branche royale de la maifon 
de Bragance, y compris les Empereurs du Bréfil; la maifon impériale de Lor- 
raine-Autriche, depuis le père de la Reine Marie-Antoinette, avec fes ramifications 
dans le grand-duché de Tofcane, dans le royaume de Sardaigne & dans le duché 
de Modène; puis, dans le monde germanique, la maifon royale de Hanovre, qui 
occupe auffi le trône de la Grande-Bretagne & qui s'eft ramifiée dans le royaume 
de Wurtemberg; enfuite tous les Rois de Pruffe, depuis le fondateur de cette mo- 
narchie, en paffant par Frédéric le Grand, jufqu'à l'Empereur d'Allemagne actuel, 
& du fait de cette defcendance, les maifons royales de Bavière, des Pays-Bas, de 
Suède, de Danemark, de Grèce, jufques & y compris les trois derniers Empereurs 
de Ruffie. Et fi on voulait pouffer ce tableau à fes dernières conféquences, on verrait 
que certains grands fouverains, comme Louis XIV, par exemple, en defcendent 
auffi bien dans la ligne paternelle que dans la ligne maternelle, & par plufieurs voies. 

Une partie importante de cette defcendance royale dérive encore d'une autre 
branche de la maifon de Sabran, combinée avec le fang des Pontevès. Celte 



4 



DE 



SABRAN-PONTEVÈS. 



612 



branche eft iflue d'un demi-frère de Gartinde de Sabran, qui était Guillaume 
de Sabran, dont le fils Elzéar époufa Cécile d'Agoult de Pontevès. Ceux-ci 
furent d'un côté, les aïeux directs du dernier Duc de la maifon de Sabran ; &, de 
l'autre grand-père & grand'mère de Saint Elzéar & de fon frère aîné, Isnard, dont 
l'exiftence n'a été révélée que récemment. Ifnard de Sabran époufa (1294) Mar- 
guerite de Villehardouin, Princeffe de la Morée, dontlafœur s'était mariée à Phi- 
lippe d'Anjou, frère de Charles II, Roi de Naples. Leur fille unique, Isabelle, Prin- 
ceffe de la Morée. prit pour époux Ferrand d'Aragon, fils de Jacques I er , Roi de 
Majorque. Leur fils fut Jacques II, Roi de Majorque, Prince d'Achaïe & Seigneur 
fouverain du Roufïïllon & de Montpellier, marié avec Confiance d'Aragon, fille 
de Jacques II, Roi d'Aragon. Ils eurent pour enfants : Jacques III, Roi nominal 
de Majorque, marié avec Jeanne I"', Reine de Naples (qui était iffue au VII e degré 
de Garfinde de Sabran, Comteffe fouveraine de Provence, Forcalquier & Nice), & 
Isabelle de Majorque, qui époufa Jean Paléologue, Marquis de Montferrat, 
petit-fils d'Andronic, Empereur de Conftantinople. La maifon de Montferrat 
fe fondit plus tard dans celle de Gonzague-Clèves, Ducs de Nevers & de Man- 
toue, & Eléonore de Gonzague-Mantoue, femme de l'Empereur Ferdinand III, fut 
la bifaïeule de l'Empereur François I er . Il en réfulte, d'une part, que la fille de ce 
dernier, la Reine Marie-Antoinette, avait doublement du fang des Sabran dans les 
veines : par Garfinde de Sabran, & auffi par Ifabelle de Sabran, nièce de Saint El- 
zéar* &, d'autre part, qu'elle était ilTue également d'une demoifelle de Pontevès. 
Par cela même, la maifon de Lorraine- Autriche actuelle, ainfi que les maifons de 
Savoie & de Modène, defcendent auffi bien de la maifon de Pontevès que de celle 

de Sabran. 

Cet enfemble impofant de parenté avec toutes les vieilles dynafties de l'Europe, 
dont il ferait peut-être impoffible de préfenter un autre exemple, met à cet égard la 
maifon de Sabran-Pontevès hors de pair. 




6i3 



DE 



SABRAN-PONTEVES. 



DE PONTEVES D'AGOULT], 

Seigneurs-Princes d'Apt, Barons de Cafeneuve, Barons fouverains de Sault, 
Barons de Cotignac, Barons de Baumes, Vicomtes de Reillane, Vicomtes de Bar- 
gème, Comtes de Carces, Marquis de Buoux, Marquis de Pontevès-Giens, Ba- 
rons de Montfroc, Barons de Saint-Martin de Cajiillon; anciens Seigneurs de 
Bonnieux, de Gargas, d'Agoult, de Cajiillon, de Gordes, de Simiane, de Sai- 
gnon, de Barret, de Tourrettes-lès-Vence , de Bermond, de Mi/on, d' Entre- 
pennes, de Pontevès, de Tavernes, de Callas, de Sillans, de LuJJan, de Comps, de 
Blieux, de Beauve^et, d'Efparron, de Broves, de Selle, de Rians, d'Auriac, de 
Saint-EJtève, de Barjols, de Montmeyan, de Ma\augues, de Durfort, du Muy, 
de Roujfûlon, de Murs, de Lioux, du Reveft, d'Artignofc, de Monils, de Reil- 
lanette, de Montbrun, de Trets, de Forcalqueiret, de CauJJbls, de Cipières, de 
Sijleron, de FlaJJans, de Pennafort, de Moujleiret, des IJJarts, de Tournon, de 
Saint-Laurent , de la Garde-F reynet ,d ' Amirat, de Sainte-Catherine, de Maubouf- 
quet, de Saint-Blaife, de Bayle, de Laforët, de BuiJJe, d 1 Aurons, de Saint- Juers, 
de Saint-Ferréol, de la BajUde d' Efclapon, de Saint- André, de Bauduen, d'A- 
vaye, de Chàteaurenard, de Cabanes, de Lambefc, de la Barben, de la Roque y de 
Janfon, de Tré\emines, de Su\e, de Villelaure, d'Ubraye, du Cajlelar, &c, &c. 

en PROVENCE, en DAUPHINÉ et au COMTÉ-VENAISSIN. 




Ecartelé : aux i & 4, de Gueules au Pont à deux arches d'Or, maçonnées de Sable, qui elt de 
Pontevès; aux 2 & 3, d'Or au Loup ravivant d'Azur, armé, lampajjé & vilaine de Gueules, 
qui eft d'AûouLT. (Courcelles donne à la maifon d'Agoult, qui fut fouveraine, la couronne de 
Prince, & ce même droit appartient évidemment à la maifon de Pontevès qui eft iffue en mâles 
de la précédente & en repréfente la branche aînée.) 

Devises de la Maifon de Pontevès : Separata Ugat. — Fluâuantibus obftat. — Mediis tutus in 
undis. — Devise de la Maifon d'Agoult : Avidus committere pugnam. — Sobriquets donnés 
par le Roi René : Prudence de Pontevès. — Hospitalité & Bonté d'Agoult. 



La Maifon aduelle de Pontevès réfume en elle deux des plus anciennes & des 
plus illultres races de la Provence : celle des d'Agoult, dont elle eft directement 
iffue en mâles, & celle d'une première maifon de Pontevès, dont elle a relevé le nom 
& les armes, vers le milieu du XIII e fiècle, à la fuite du mariage d'un d'Agoult 
avec l'héritière de la branche principale de la race des Pontevès; de même qu'un 
autre d'Agoult avait fondé, au début du même fiècle, la maifon de Simiane. 

Celle qui a confervé le nom d'Agoult, & furtout celle de Simiane, ont été l'objet 
de nombreux travaux, partiels ou généraux, de la part des hiftoriens & de généa- 



6 de SABRAN-PONTEVÈS. 6 H 

logiltes (a), dont le dernier en date eft le Chevalier de Courcelles. Ces travaux ne 
nous intéreffent ici qu'au point de vue de l'origine de cette maifon & de fa filiation 
jufqu'au moment où la branche d'Agoult de Pontevès quitte lbn vrai nom pour 
fonder la féconde maifon de Pontevès. Aucun de ces travaux n'eft fatiffaifant à 
cet égard, les uns ayant cherché l'origine des d'Agoult dans le domaine des tra- 
ditions fantaififtes, d'autres l'ayant paffée fous filence. 

« Les hifloriens les plus anciens, dit Courcelles, c'eff-à-dire les auteurs na- 
tionaux & entre autres Noftradamus & Bouche, ont payé le tribut que femblait 
exiger le temps où ils vivaient, en mêlant le merveilleux aux faits qui fervent à 
conftater l'origine de cette maifon. Dans ces liècles d'ignorance, il était plus aifé de 
chercher le berceau des races illuftres dans des traditions fabuleufes, que de re- 
courir aux chartes 8c au témoignage de l'hiftoire, dont les éléments n'étaient encore 
qu'imparfaitement recueillis. » 

Le point de départ de ces légendes était évidemment le défir d'expliquer l'ori- 
gine des armoiries des d'Agoult, contenant la figure d'un Loup, comme fi les 
armoiries remontaient à une époque auffi ancienne & étaient toujours reftées im- 
muables. On faifait donc delcendre cette maifon d'un prince faxon& d'une prin- 
cefle de Poméranie, dont l'enfant aurait été miraculeufement nourri par une louve, 
comme les fondateurs de Rome. Guy Allard chercha à donner une apparence 
hiflorique au fond de cette légende, en préfentant comme tige de cette famille un 
Saxon du nom de Wolf (mot fignifiant Loup), Maréchal de l'Empire, qui ferait venu 
s'établir dans la vallée de Sault, dont il aurait reçu inféodation par charte de 
l'Empereur Henri II, datée de Saint-Sauveur, près Pavie, le 16 des calendes de 
Mai 1004. Ce Wolf aurait fondé le fief d'Agoult & fubflitué le nom d'Humbert à 
celui de Wolf. Guy Allard, qui reproduit le texte de cette charte, où Humbert 
eft appelé Agoittus de Lupo, n'avait pas réfléchi tout d'abord que les Empereurs 
n'exerçaient à cette date aucune autorité fur la vallée de Sault, qui appartenait 
en fouveraineté à Rodolphe, Roi de Bourgogne 8; d'Arles, & en domaine au Comte 
de Provence; &, au furplus, il ne s'était pas aperçu que le contexte de ce docu- 
ment prouvait clairement, en raifon des abfurdités qu'il contient, que cette pièce 
n'était qu'une falfification, datant probablement de la fin du XIII e fiècle, comme 
Claude le Laboureur l'a victorieufement démontré (b). 

Ce qui relfortait de ces légendes, c'eft la conftatation inconfciente de l'indubita- 

(a) Céfar de Noltradamus, ÏHijloire& chronique de Provence; Lyon, 1G14, in-fol. — Ant. de Ruffi, Hijloire 
des Comtes de Provence ; Aix, 1 655, 1664, in-fol. — Preuves de nobleffe de François de Simiane & de Pou- 
teveq, Marquis de Gordes, Comte de Carcès, faites au Cabinet des Ordres du Roy en 1661, & imprimées par 
les foins d'Ûroncede Brianville. — H. Bouche, la Chorographie ou Defcription de Provence; Aix, 1664, ou 
1736, 2 vol. in-fol. — Traité généalogique de la Maifon de Simiane (par Ch.-E.-H. de Simiane, Marquis de 
Pianeffe) ; s. 1. n. d. (vers i665), in-4. — Le P. J. Colombi, De Simianea Gente, auâore Joanne Columbi. e 
Soc. Jefu (dans fes Opufcula varia; Lyon, 1668, in-fol.). — De Saint-Martin d'Arennes, Généalogifte de 
France, Généalogie de la Maifon de Simiane : Paris, 1669, tableau in-fol. — Guy Allard, Généalogie de la 

famille de Simiane; Grenoble, 1672, ou 1697, in-4. — Le R - p - Dom. Robert (de Briançon), Hijloire généa- 
logique de la Maifon de Simiane; Lyon, 1680, in-12. — L'Abbé Claude Le Laboureur, les Masures de l'ab- 
baye royale de l'Jjle-Barbe, t. II [généalogie des d'Agoult]; Lyon, 16S1 ou 1682, in-4. — L'abbé Dom. Ro- 
bert (de Briançon), l'État & le Nobiliaire de la Provence; Paris, 1698, 3 vol. in-12. — B. de Maynier, 
Hijloire de la principale Noble/Je de Provence; Aix, 1719, in-4. — Le P. Anfelme, Hijloire généalogique de 
la Maifon royale de France, des Pairs, Grands Officiers de la Couronne. &c, t. II igénéalogie de Simiane); 
Paris, 1726, in-fol. — Pithon-Curt, Hijloire de la Noble/fe du Comté-Veuaiffin. I Avignon £■ de la principauté 
d'Orange; Paris, 1743- 1750, 4 vol. in-4, t- HI et IV. — J.-B. Papon, Hijloire générale de Provence: Paris. 
1778-1786. 4 vol. in-4. —.La Chenaye-Desbois, Diâionnaire de la No'blefje, t. XV (III e du Supplément); 
Paris, 1786, in-4. — Le Chev. de Courcelles. Hijloire généalogique des Pairs de France, t. VII: Paris, 
1826, in-4. -■ Nous ne parlons pas des généalogies manufcrites ni des preuves de noblelîe faites par des 
membres de ces maifons devant les Généalogiftes des Ordres du Roi ou les Juges d'armes de France. 

(b) Les Masures de l'abbaye royale de Vlfe-Barbe, t. II, p. 87 & fuiv. 



6,5 D E SABRAN-PONTEVÈS. 7 

ble antiquité de la maifon d'Agoult, point que les généalogitîes poftérieurs ne le 
font pas donné la peine d'approfondir, à l'exception d'un feul, dont le travail 
manufcrit eft refté ignoré à cet égard jufqu'à nos jours. Cet érudit obfcur, mais 
qu'Artefeuil appelle « l'un des plus beaux génies de fontems », eft François-Jofeph 
Remerville de Saint-Quentin, auteur d'un ouvrage confidérable, terminé en 1690 : 
Hifloire de la ville d'Apt (a), comprenant un nobiliaire des familles aptéfiennes, 
au nombre defquelles figure la maifon d'Agoult. Il fut le premier qui ait cherché à 
tirer férieufement partie de l'étude comparée des documents compris dans les dif- 
férents cartulaires de la contrée : ceux d'Apt, de Lérins, de Marfeille, de Saint- 
Gilles, de Montmajour, de Saint-Céfaire d'Arles, &c, alors tous inédits, & il le fit 
généralement avec une grande fagacité. 

Remerville de Saint-Quentin a remarqué qu'HuMBERT, le plus ancien membre 
authentiquement connu de la maifon d'Agoult, occupait une fituation confidérable 
dans la ville d'Apt vers la fin du X e fiècle, fituation qu'il devait néceffairement à 
une haute nahTance. Or il réfulte précifément d'une charte du cartulaire d'Apt, fe 
rapportant (comme on va le voir) à l'année 993, que Varaco ou Guaracho (frère de 
Rotbert, & tous deux puiffants feigneurs à Apt, d'origine comtale), pour terminer 
un procès de fuccefïion ( «. per foras farfum quod tibi feci, ut cum te finem ha- 
beam » ) avec Humbert, lui abandonna différents domaines de fon héritage ( « de 
hereditate mea »), ce qui indique déjà une proche parenté entre eux. Qui étaient ces 
frères Rotbert & Guaraco ou Varaco? Remerville de Saint-Quentin affirme qu'ils 
étaient petits-fils de Bertillon, frère de Hugues, Comte de Vienne 8c de Provence, puis 
Roi d'Italie, mort en 947, ceux-ci fils de Thibaud, Comte d'Arles, 8c de Berthe, fille 
de Lothaire, Roi de Lorraine, laquelle devenue veuve s'était remariée avec Adal- 
bert de Tofcane, Comte 8c Marquis de Tofcane, qui avait gouverné la Provence 
de 871 à 875, au nom de l'Empereur Ludovic (b). 

D'autre part, Humbert fit, à deux reprifes, en ioo5 8c en 1008, donation à l'églife 
d'Apt de certains droits féodaux dans une portion « de l'alleu dont il avait hérité 
de fes parents »; $<, précifément, une quinzaine d'années auparavant, une Dame 
Ema ou Ermengarde, conjointement avec fon fils Bermond, s'étaient déjà dé- 
pouillés de leurs droits « héréditaires » dans le même alleu, en faveur de la même 
églife, d'abord vers 980, puis en 991 (v. IL). Ce dernier acle fut approuvé par Aram- 
berte, qui était la femme de Varaco, tandis que les deux donations de Humbert 
portent en premier lieu l'approbation de Bermond, affurément le fils d'Ermen- 
garde, & celle de Vidrannus ou Guidrannus, fon petit -fils, ce qui établit encore une 
autre parenté très proche. Qui était cette Ermengarde, mère de Bermond? Elle 
s'identifie avec Ermengarde, femme de Pons ou Arbald, lefquels avaient fait do- 
nation à l'églife d'Apt, le II des calendes de Mai 978 (c), des terres de Roffillon, 

\a) Bibliothèque Mazarine, manufcrits, n us 3442-3445, 4 vol. in-fol. 

(b) D'après Remerville, Bertillon époufa Ermengarde, préfumée lbeur de Griffo, Comte d'Apt, fils & 
fille d'un autre Griffo & de Theuviarde ou Theuiarde (Voir Hifloire de Alontmajour, dans Revue hiftorique 
de Provence, 1890, p. 3o, charte de 95 5). Ermengarde futfùrement mère de Rostaing, Évêque d'Apt. D'au- 
tre part, d'après une charte de l'églife de Vienne (Le Livre authentique de Vienne, p. 224), Bertillon était le 
père d'ENGELBERT, qui devint Seigneur fouverain de Callian & eut pour femme Eme, Dame de Roullillon,de 
Saint-Saturnin, &c, fille de Samuel. Ils auraient eu une nombreufe posftérite. — M. le Comte E. Cais de 
Pierlas, qui ignorait le travail de Remerville & s'eft livré à des recherches analogues couronnées de fuccès 
{Le XI e Siècle dans les Alpes-Maritimes, études généalogiques ; Turin, 1S89, in-4), émet l'opinion que Rot- 
bert & Varaco devaient être ilTus de Griffo, Comte d'Api en 955, ce qui fe rapproche fur un point, comme 
on vient de le voir, de la filiation présentée par Remerville, laquelle, tout en étant fort probable, ne revêt 
pas cependant un caractère i'uHifant de certitude. 

(c) Cartulaire d'Apt, fol. 3i v°& 33) v°. Cet acte a été fait fous une forme double (c'eft ce qu'on appelait 
cartuhv identatœ), à la même date, l'un aux noms de Pons & d'Ermengarde, l'autre à ceux d'Arbald & 



8 de SABRAN-PONTEVÈS. 6,6 

au lieu dit « Sil volas », provenant ou devant provenir de l'hérédité de la mère de 
ce dernier (a), & faifant partie de l'héritage de leur fils unique, non dénommé, 
cette donation était faite en échange de la « prœftaria » des dîmes à Saint-Satur- 
nin d'Apt, à Agnane, &c. Ce même Pons-Arbald, conjointement avec fon frère 
Ifnard, fit donation des églifes du château de Roufïillon à l'abbaye de Saint- 
Gilles. Ifnard étant qualifié fils d'Engelbert (Ifnardus, filius quondam Engelberti) 
dans une charte confervée parmi les anciens titres de l'abbaye de Lerins, & portant 
donation faite par lui aux moines de Saint-Vièfor de Marlèille de quelques biens 
litués dans le territoire de Callian, charte vue par Remerville, celui-ci conclut tout 
naturellement que Pons-Arbald était aufïi fils d'Engelbert (b), & frère de Rotbert & 
de Varaco. En ce qui concerne Humbert, notre auteur eft plus hélitant à fon égard, 
& il le regarde tantôt comme frère de Pons-Arbald (c), tantôt comme au moins fils 
d'une femme iffue de la même maifon. En attendant que de nouveaux documents 
permettent d'établir lurement cette rattache, il eft certain qu'Humbert appartenait 
à la même fouche que les grands feigneurs fufnommés, d'origine royale (d). 

L'occupation par les Sarrazins d'Efpagne d'une partie de la Provence, du Dau- 
phiné & du Comté- Venai Ain depuis le commencement du huitième liècle jufque 
vers 975, donna naiffance à l'établifTement dans ces contrées d'un certain nombre 
de fouverainetés particulières, en échange de l'appui que de puifTants feigneurs 
prêtaient aux Comtes temporaires qui gouvernaient ces pays au nom des Rois 
d'Arles, pour repouffer ou contenir les invalions des infidèles. Plus tard, ils refu- 
fèrent de reconnaître la fuprématie des Comtes héréditaires, & ils firent directe- 
ment hommage aux chefs de l'Empire, qui fucceffivement les maintinrent & con- 
firmèrent dans tous les attributs de la fouveraineté. Le nom de « terrés adjacentes » 
fut donné à ces petits états particuliers (e), dont les poffefTeurs jouiffaient d'une 
indépendance abfolue. Ils traitaient d'égal à égal avec les Comtes de Provence & 
autres fouverains de la contrée, impofaient des contributions, levaient des armées, 
déclaraient la guerre en leur nom & faifaient battre monnaie à leur effigie. 

La maifon d'Agoult jouit pendant plulieurs liècles de cette indépendance poli- 
tique, dans fes diverfes branches. Le centre de fes premières poffefîions fut la ville 
d'Apt, dont la fuzeraineté nominale appartenait à l'Evèque. Humbert, tige de cette 
maifon, eft qualifié nobiliffi mus vir & Seigneur d'Apt dans une charte de 1006 (f). 
Ses petits-fils étaient qualifiés par l'Evèque d'Apt, en io56, de « principes » ou fei- 



d'Ermengarde. M. le Comte de Pierlas, qui a publié la féconde de ces chartes (p. g3), déclare qu'on ne peut 
reconnaître s'il s'y agit d'un même individu ou d'un frère de Pons. Mais comme les deux actes font à 
peu près identiques, il ne faurait y avoir de doute fur l'identité du perfonnage intervenant, qui s'appelait 
Arbald & était iurnommé Pons, ce qui réfulte d'un acle de io58 (V. ci-defïbus). Il n'eft d'autre part poflible 
d'admettre une coïncidence bizarre, celle de deux frères paffant le même jour, pour les mêmes motifs, avec 
la même partie, un acte de la même teneur, & ayant au furplus chacun une époufe d'un même prénom. 

(a) Le Cartulaire d'Apt, fol. 44 r°, contient un ade de donation (d'environ 963) par Emma des terres à 
Silvolas, lui venant de fon père Samuel. 

(b) 11 eft à remarquer qu'Engelbert (Ingilbardus) polïédait, vers 960, des biens héréditaires in villa Cele- 
rana {Cart. d'Apt, fol. 43 v°), terres qui, vingt ans plus tard, faifaient partie de l'héritage d'Ermengarde, 
mère de Bermond, & qui, en 1008, fe trouvaient encore partiellement & toujours à titre de biens hérédi- 
taires, entre les mains d'Humbert. 

(c) Dodo ou Déodat, fils de Pons-Arbald, époufa Galburge, que M. le Comte de Pierlas regarde comme 
fille de Varaco, de forte qu'ils fe feraient mariés entre coufins germains. Ce Dodo était le père de Pons 
Pulverel, qui conclut, en io58, avec l'Évêque d'Apt, un accord confirmant celui de fon aïeul Pons-Arbald,. 
de 978, au fujet des mêmes terres (V. ci-deffus). 

(d) Remerville affure que primitivement la maifon d'Agoult portait pour armoiries un Bélier de Sable en 
champ d'Or, & que ces armoiries étaient communes à toute la poftérité mafeuline de Bertillon. 

le) L'Art de vérifier les dates, t. X, p. 3<»2. 
if) Cartulaire d'Apt, fol. 36 v°. 



6, 7 de SABRAN-PONTEVÈS. 9 

gneurs laïques fouverains de cette cité. Leurs defcendants étendirent de plus en 
plus leurs domaines &. s'établirent dans les montagnes de Sault, dont ils firent une 
puiffante baronnie, avec de nombreux arrière-fiefs. Ils la poffédèrent en toute 
fouveraineté jufqu'en 1291, 6c enluite en franc-alleu 8c en toute fuzeraineté, fous 
la feule réferve de l'hommage au Comte de Provence (a). La feigneurie d'Apt 
paffa à la branche de Simiane, & le droit que cette maifon avait de battre monnaie 
leur a été reconnu par les Confuls d'Apt en 12D2. 

Si les branches d'Agoult & de Simiane ont eu de nombreux hiftoriens, comme 
nous l'avons vu, il n'en fut pas de même de celle de Pontevès, formant une Maifon 
diftinde. En dehors de quelques fragments fans fuite, elle n'a été l'objet que de 
deux travaux imprimés de quelque importance : celui de l'Abbé Robert (b) 8c celui 
d'Artefeuil (c). Ces notices ne font malheureufement ni complètes ni exactes. La 
nôtre offrira donc à cet égard une œuvre originale, faite en majeure partie à l'aide de 
documents inédits d'archives & de bibliothèques (d). Elle fera mieux connaître 
l'importance de cette féconde Maifon de Pontevès, dont les nombreufes branches 
ont fourni une quantité d'hommes remarquables dans l'armée & dans TEglife, entre 
autres : trois Chevaliers croifés ( 1 1 9 1 , 1 249- 1 25o 8c 1 270), un grand nombre de Capi - 
taines de cinquante 8c de cent hommes d'armes, cinq Grands Sénéchaux de Pro- 
vence, deux Gouverneurs de Provence par intérim, deux Généraliffimes des armées 
catholiques en Provence, un Chevalier des Ordres du Roi (dont la réception fut 
empêchée par la mort), cinq Lieutenants généraux, des Brigadiers 8c Maréchaux de 
camp des armées du Roi, un Contre-Amiral & nombre d'Officiers de marine, des 
Chevaliers de Rhodes 8c de Malte, des Chevaliers de fOrdre du Roi, des Cheva- 
liers de l'Ordre de Saint-Louis, fept Évèques, un Abbé du Mont-Caffin 8c de 
Montmajour, une Abbeffe de Maubuiffon, 8cc, Sec. 

La Maifon de Pontevès n'eft plus repréfentée que par trois branches : celle de 
Pontevès-Bargème-Amirat, devenue branche ducale de Sabran; celle de Pontevès- 
Amirat, fixée aux Antilles depuis plus d'un fiècle, enfin celle de Pontevès-Mau- 
boufquet. 

En dehors de la généalogie complète que nous donnons de cette maifon, nous 
avons refait à nouveau les premiers degrés de la filiation de la maifon d'Agoult, 
à l'aide de différentes chartes que fes hiftoriens n'avaient pas fu utilifer ou qui leur 
étaient reftées inconnues, 8c avec les contributions apportées par quelques travaux 
récents, généalogiques ou hiftoriques. 

PREMIER DEGRÉ. 

Humbert, Seigneur de la feigneurie d'Apt, de la baronnie de Cafeneuve, du châ- 
teau de Bonnieux, &c, reçut de Guaraco ou Vuaraco, à titre de règlement de fuccef- 

(a) Les franchifes, honneurs, privilèges & immunités delà vallée de Sault ont été confervés aux Seigneurs 
& aux habitants jufqu'à l'époque de la Révolution. 

(b) L'Etat & le Nobiliaire de la Provence: Paris, i6o3, 3 vol. in-12, t. II, pp. 466-473. 

(c) Hijloire héroïque S univerfelle de la Nobleffe de Provence; Avignon, 1 759, in-4 , t. II, pp. 222 à 236. 

(d) Parmi les fources manuferites, il convient de citer en première ligne le Tréfor généalogique de D. 
Villevieille, comprenant l'analyfe d'une foule de chartes dont les originaux n'exiftent plus; les preuves de 
nobleffe faites au Cabinet des Ordres du Roi (devant Beaujon & Chérin), par plufieurs membres de la Maifon 
de Pontevès; le Nobiliaire de Provence, de l'Abbé Robert; le tout confervé à la Bibliothèque nationale. Nous 
devons encore d'importantes contributions à M. le Marquis de Boifgelin, auteur d'immenfes recherches fur la 
Nobleffe de cette province; & nombre de renfeignements nouveaux à M. le Vicomte Erneft de Rozière & à 
M. le Baron du Roure. M. le Marquis de Paniffe-Paffis a bien voulu nous apporter le concours de fa grande 
compétence en cette matière, & auffi comme chargé de repréfenter les chefs de la Maifon de Sabran-Pon- 
tevès, à laquelle il eft allié, dans la direction de ce travail confiderable. 



78 



IO 



de SABRAN-PONTEVÈS. 



618 



fion, comme nous l'avons dit plus haut, la ceïïion de plufieurs fiefs, en totalité ou en 
partie, par acle des ides de Novembre [993], fous le règne de Conrad, Roi d'Arles, 
lixième indidion, acte approuvé par Teuderic, Evêque d'Apt (a). Le XII des ca- 
lendes de Février ioo5 (21 Janvier 1006 n. fL), il fit une donation à l'églife cathé- 
drale d'Apt, de certains droits féodaux dans une portion de l'alleu dont il avait 
hérité de fes parents (ex parte mei alodis qui michi obvenit ex fuccejfione meorum 
parentum), portion comprenant fept villages; &, le X des calendes de Février 1008 
(17 Janvier 1009 n. ft.), une autre donation analogue, en majeure partie dans 
les mêmes lieux & dans plufieurs autres (b). 

Il avait époufé Mauris, ou plutôt Inauris (c), qui confirma la dernière donation 
ci-deffus, avec fon fils aîné, & qui prit encore part, en io3i ou io32, à une donation 
faite par celui-ci à l'abbaye de Saint- Viclor de Marfeille. 

On ne connaît que deux fils iffus de ce mariage : 

1. Guillaume, qui fuit. 

2. Humbert d'Apt, qui prit part à une donation faite par fon frère en 10 19 
(voy. ci deffous). 

IL DEGRÉ. 

Guillaume d'Apt, Baron de Cafeneuve, premier Seigneur d'Agoult, Seigneur 
de Simiane, &.c, confirma, de concert avec fa mère, la donation faite par fon père 
à l'églife d'Apt en 1008 (voy. ci-deffus), & fit lui-même don de plufieurs fonds de 
fon alleu à la même églife, à différentes époques (d), & notamment le 12 Septembre 
(ij° idibus fept.) 1019, avec le confentement de fa femme Adalaïs & de fon frère 
Humbert Ce). Dans une charte de donation, de 1018, faite par Gerberge, Comteffe 
de Provence (veuve de Guillaume II), à l'abbaye de Saint- Vi&or de Marfeille, on le 
voit figurer immédiatement après la fouveraine, & avant les fils même de celle-ci, 
ce qui indique inconteftablement fon haut rang à la cour (/). Le 3o Novembre 
{pridie kal. decembris) io3i ou io32, par acle paffé au château de Simiane, en 
préfence de fes deux fils & de fes deux filles, & avec l'approbation de fa mère, il 
donna, à la même abbaye, plufieurs églifes fituées dans le diocèfe de Cavaillon & 
dans celui d'Apt, charte où, pour la première fois, nous rencontrons le nom du 

la) « ... Sunt ipfas [fie!] res in comitatu Aptenfe in caftro Cafanova... & in villa Calvifias... in Argallo. 
fubtus Gargatio [Gargas]... in Gurgis... in Clavagiana & in Baxo & in Laufnava... fubtus caftro Bonilis 
[Bonnieux], in villa Erfianicus... » (Cartulaire de l'églife d'Apt, copie du dix-huitième fiècle à la Bibl. Nat., 
dép. des Manufcrits, fonds latin n° 17,778; la Revue hijlorique de Provence, 1890, en a publié un Inventaire 
analytique, dont l'exactitude laifie fouvent à délirer). — Cette charte (fol. 10 v°) a été inférée en entier par 
M. le Comte Cais de Pierlas, Le XI e Siècle dans les Alpes-Maritimes, p. 92. La date en a été attribuée Loi t 
à l'année 978, foit à l'année 982. Une fixième indication du règne du Roi Conrad ne peut correfpondre qu'aux 
années 948, 963, 978 & 993, mais comme l'acte ci-deffus fut fait en préfence & avec l'approbation de Teu- 
deric, Évêque d'Apt, qui ne monta fur le fiège épifcopal qu'en 991, il en réfulte que des quatre dates ci-deffus 
l'année 993 eft ici feule applicable. — Une partie des domaines ci-deflus avaient été concédés, fous redevance 
d'un cens annuel (« in prœflaria »), aux frères Rotbert & Guaraco, par Nartold, Evêque d'Apt, en 967 (Cf. Car- 
tulaire d'Apt, fol. 5 v°). 

(b) Cartulaire d'Apt, fol. 32 v° m° jb de Y Inventaire). 

(c) Son nom eft écrit Mauris dans la charte n° jb de la copie du Cartulaire d'Apt [Ego Mauris £■ filius 
meus Vuillelmus, mandante Humberto...), & plus exactement Inauris dans le Cartulaire de Saint-Victor. 
M. le Comte Cais de Pierlas (p. 18, note 3) conjecture qu'elle pouvait être fille de Rotbert, Seigneur d'Apt, 
mentionné plus haut. 

(d) Cartulaire d'Apt, ïo\. i3 r°, i3 v°& 21 (n os 22, 23 & 41 de Y Inventaire). 

\e) Cartulaire d'Apt, fol. 18 v° (n c 35 de Y Inventaire). La donation porte fur une terre allodiale au châ- 
teau « Alpefter ». 

if) Cartulaire de l'abbaye de Saint-Viâor de Marfeille, publié par M. Guerard (Paris, 1SS7, 2 vol. in4 u ), 
n° 226 (<• Ego comiliffa Geiriberga hanc donationem dedi & manu mea jirmavi. Signum Vuilelmus, filius 
Umberti, firmavit...»). 



6l « de SABRAN-PONTEVES. n 

village fortifié (caftrum) & du territoire d'Agoult (à). Enfin, le 24 Décembre (piiij 
kal. januarii) io35 environ, en préfence de fes mêmes fils & filles, il confirma & 
compléta la donation précédente, par une charte datée du château d'Agoult (b). 

De fon mariage avec Adélaïde de Reillane (c), fille de Boniface de Reillane 
& de Constance, on lui connaît les enfants qui fuivent : 

1 . Rostaing, qui continua la filiation. 

2. Guillaume, Cofeigneur d'Apt, qui prit part à plufieurs chartes émanant de 

fon frère, dont la dernière eft de io56. 

3. Alfant ou Elfant, Évêque & Cofeigneur d'Apt vers 1048, qui fit différents 

dons à fon églife (<f), affifta au Concile de Touloufe en io56, à celui d'Avi- 
gnon en 1060, & figna une charte de Raymond-Bérenger, Comte de Barce- 
lone, en 1068 (e). Il mourut vers 1077. Toutefois les généalogiftes ne s'ac- 
cordent pas du tout fur fon origine (/), quoiqu'elle paraiffe certaine. 

4. Constance d'Apt, qu'on fuppofe mariée à un Boniface de Reillane (g). 

5. Inaurs, Enaurs ou Inauris d'Apt, mariée à Hugues de Baux (h), ancêtre 

direct des Comtes d'Orange. Elle vivait encore en 1078, où elle figure avec 
fes fils dans un acle de donation à Téglife Saint-Trophime d'Arles (z). Son 
petit-fils, Raymond de Baux, époufa Étiennette, l'une des filles de Gilbert, 
Comte de Provence, d'où dérivaient les droits de la maifon de Baux fur 
le comté même de Provence. 

III. DEGRÉ. 
Rostaing d'Agoult (premier qui ait pris ce nom), Cofeigneur d'Apt, Baron de 

(a) Cartulaire de Saint- Viâor, n° 425. — Cette donation comprend, entre autres, dans l'alleu dont Guil- 
laume avait hérité de fes parents {ex aliquo alodis rnei, qui mihi ex parentum fuccejfwne obveiiit) : i° l'églile 
Saint-Michel, dans la vallée du Limergues, fur le flanc du mont Caftellar, avec fon territoire dépendant 
du château d'Agoult [fub caftro Agoldi) [Saint-Michel, commune deBeaumettes-lez-Goult, Vauclufe] ; 2 l'églile 
Saint-Domnin, fur le territoire d'Agoult [in territorio Agoldi); 3° l'églife Saint-Michel, au même territoire, 
au lieu dit Rojfehis Podius [le Roffin, commune de Goult, Vauclufe] ; 4 l'églile Sainte-Marie, fur la montagne 
de Camarone (in Amarone monte). — Le château & domaine féodal d'Agoult étaient fitués dans !a commune 
actuelle de Goult, canton de Gordes, à 14 kilomètres d'Apt (Vauclufe). Le cajlrum lui-même appartenait au 
comté ou diocèfe de Cavaillon, mais une grande partie de fon territoire était comprife dans le comté limi- 
trophe d'Apt. 

(b) Cartulaire de Saint-Viâor, n° 428. — Le P. Anfelme (t. II, p. 238) mentionne encore de lui une do- 
nation faite à la même abbaye, « de plufieurs églifes fituées au territoire de Cavaillon, par aile paffé en la 
ville de Cavaillon, le 3 des calendes de janvier 1009 », & il cite en marge ce qui fuit de cetacle : » Ego Vuil- 
lelmus Agolti & uxor mea Adala, cumjiliis noftris Rostagno Jcilicet atqite Wuillei.mo, filiabufque Coms- 
tancia & Maura ». Cette charte ne figure point dans le cartulaire de Saint-Vidor, & tout porte à croire 
qu'elle fe confondait avec celle du n° 428, dont on aurait inexactement relevé les données. Il eft certain en 
effet, que Guillaume ne pouvait pas avoir fes quatre enfants, déjà adultes, en 1009, & il ne dut jamais être 
appelé Vuir.LELMus Agolti. 

(c) C'eft à M. le Comte Cais de Pierlas [l. c, pp. 71 & 75) qu'on doit cette identification. La famille de 
Reillane était valfale des Seigneurs d'Apt & elle remontait à Lambert, Juge du Comte de Provence en 977. 
Raimbald. Archevêque d'Arles, était un des frères d'Adélaïde; celle-ci vivait encore en 1045 [Cartulaire de 
Saint-Viâor, n° 657). 

d Cartulaire d'Apt, n os 38, 42, 60 & 73 de l'Inventaire. 

[e] Gallia chriftiana, t. I er , col. 356. 

(/") Les auteurs de la Gallia chriftiana le difent frère de Roftaing & de Guillaume; le P. Anfelme, Pithon- 
Curt & de Courcelles le fuivent à cet égard. De Remerville le rattache fans preuves à la maifon de Gri- 
maldi. 

(g) M. le Comte Cais de Pierlas, Le, p. 74. 

(h) Cartulaire de Saint-Viâor, n ' 1 85, 21 3, 270. — D r Barthélémy, Inventaire des chartes de la maifon 
de Baux, n° 5 (d'après le Cartulaire de Saint-Céfaire d'Arles) & n° 17 (d'après le Livre authentique du cha- 
pitre d'Arles). Cet auteur, fe bafant fur l'hypothèfe de Pithon-Curt, préfente, fans aucune preuve, la femme 
de Hugues de Baux comme fille d'Artaud, Vicomte de Cavaillon. 

(i) D r Barthélémy, n° 22 (d'après le Livre authentique du chapitre d'Arles). 



i2 DE SABRAN-PONTEVÈS. ^ 



Cafeneuve, Seigneur d'Agoult, de Caftillon, de Gordes, de Barret, de Tourrettes 
de Nice, fkc, &c, partagea avec fon frère Guillaume la cofouveraineté de la ville 
d'Apt, & ils font qualifiés de Princes (principes) de cette cité par l'Evêque Alfant, 
dans un acte de io56 (a). Les deux frères firent en commun plufieurs donations à 
féglife d'Apt : vers 1048, dune maifon au val de « Domus »; le V des calendes 
de Juillet d'en won io56, dans le territoire du château de Caftillon, au comté d'Apt, 
de cinq églifes : celles de Saint-Pierre, de Sainte-Fare, de Sainte-Marie, de Saint- 
Étienne & de Saint-Michel in cajîro (b). Ils firent encore plufieurs donations, dans 
le territoire du château d'Agoult, à l'abbaye de Saint-Viclor de .Marfeille (c). 

On ne connaiffait jufqu'à préfent à Roftaing d'Agoult qu'une feule femme, Gifla, 
mais il réfulte indubitablement d'une charte du cartulaire de Saint-Victor, datée 
d'Apt, du V des calendes de Mai (27 Avril), fans indication de l'année, mais faite 
après io35 & avant 1044, qu'il était d'abord marié avec une Constance, que nous 
fuppofons de la famille des Vicomtes de Marfeille. Par cet acte, Roftaing fait don 
à l'abbaye de Saint-Victor de Marfeille, ou plutôt à l'églife Saint-Sauveur de 
Caftillon, qui en dépendait, d'un manfe de fon alleu héréditaire litué au territoire 
du château de Boulinettes (Boniletas) (près de Valfainte, Baffes-Alpes, &. non 
Bonieux, Vauclufe) 8: d'un moulin au territoire du château de Caftillon. Sa femme 
Confiance fait, dans le même acte, diverfes donations des terres de fon alleu 
héréditaire fitué dans le territoire de Sault, au Comtat-Venaifiin. Ces donations font 
approuvées par Guillaume, frère de Roftang, & par lesjils de Confiance (d). 

Peu d'années après, fans doute, Roftaing fe remaria avec Gisla ou Gilla, fille 
de Raimbauld ou Raimbald de Nice, Cofeigneur de Vence, Seigneur de Barret, de 

{a) Cartulaire d'Apt, n° y3. — Charte publiée dans la Gallia chrifliana, t. I, inltr. 76 : « Ego Alfantus... 
Epifcopus fandc fedis Aptenfis... fie que ad hoc exquirendo fodales invenio, fodales idoneas perfonas duorum 
fratrum mea; civitatis piuNCiPUM. feilicet Rostagnum & Guillelmum... » Le P. Anfelme dit à ce propos que 
« iuivant Du Cange. la qualité de « Prince » fignifie qu'ils a voient des vafi'aux ». M. le Comte de Pierlas conclut 
de cette qualification « qu'ils étaient en ce moment confidérés comme principaux Seigneurs d'Apt ». Ce n'eft 
pas allez dire, car cette qualité indiquait indubitablement la polléfiion de la puifiance lbuveraine. Le favant 
hiftorien déclare lui-même à ce fujet que « Roftaing & Guillaume ont peut-être obtenu à cette époque une 
partie de la juridiction comtale fur la ville par l'Evêque », & la chofe ne peut faire aucun doute. Cette iouve- 
raineté partagée entre l'Evêque d'Apt & les chefs de la maifon d'Apt-Agoult réfulte clairement, entre autres, 
d'une charte du Cartulaire d'Apt (n° 80), de l'an io5o environ, où Pons de Bot déclare faire la donation fti- 
pulée dans l'ade par la volonté de fes fuçerains, c'eft-à-dire de l'Evêque Alfant, de Roitaing & de Guillaume, 
Ion frère (« per voluntatem meorum Seniorur.i id eft Alfantis epifeopi & Rnjlagni & Guillelmifratris ejus »). Or 
on fait que les Evêques d'Apt étaient qualifiés de Princes, fans doute en raifon de cette fouveraineté primor- 
diale. Papon (t. I er , p. 225) qualifie Guillaume & Roftaing de ■< Comtes d'Apt ». 

(b) Cartulaire d'Apt, n os 3o, 24 & y 3. — Le caftrum de Caftillon était fitué dans la commune actuelle de 
Saint-Martin de Caftillon, arrond. & canton d'Apt. 

(cl Cartulaire de Saint-Viâor, n° 428. 

(d) Jbid., n° 433 : « Ego Rostagnus/<ic/o donacionem ex aliquo alodis mee... in territorio cajlelli quod di- 
citur Boniletas... Illum manfum dono totum, cum illis terris & cum vineis que ad meam fraternitatem advenif, 
in illa die qua ego hune manfum cum fratribus. meis equavi, & in meam fraternitatem excepi. » — Il réfulte 
de cette phrafeque Roftaing avait plus d'un frère. — « ... Et ego Constancia, uxor Rostagni fupradiâi, dono 
aliquid ex meo alode, quod obvenit mihi ex projenie meorum parentum... & ejl ipfe alodis in comitatu Ven- 
dacenfi, in territorio ville que dicitur in Salto... » L'acte eft figné : Rostagkus, filius W\lelmi, frmat ; Guil- 
i.elmus, frater ejus, firmat, de forte que l'identité de Roftaing n'eft point douteufe. L'intervention des fils de 
Constance (« filii Conjïantie firmant) prouve que Roftaing était fon fécond époux. Nous fommes portés à croire 
que cette Confiance pourrait être identique avec Confiance de Marfeille, veuve de Bofon de Reillane, de 
qui elle eut deux fils. Ce Bofon était l'oncle maternel de Roftaing d'Agoult, mais rien ne s'oppofe à ce qu'on 
lui ait fait époulèr fa tante par alliance, qui devait être fort riche. L'acte ci-deflus, duquel il réfulte que 
l'héritage de Roftaing était déjà réglé, doit être poftérieur à l'année io35, où fon père vivait encore; & comme 
certains avantages n'y étaient donnés qu'à titre d'ufufruit tant que vivrait Etienne, Évêque d'Apt, cet acte 
eft antérieur au 6 Novembre 1046, date de la mort de ce faint prélat. Or, précifément Confiance était de- 
venue veuve de Bofon en 1042. — Ce document, auquel aucun généalogifte n'avait encore fait attention, a 
de plus cette importance qu'il femblerait prouver que la feigneurie de Sault entra dans la maifon d'Agoult 
par le mariage de Roftaing avec Confiance, & non par celui avec Gifla, comme on le croit jufqu'à préfent. 



621 



de SABRAN-PONTEVÈS. i3 



Tourrettes de Nice ^Tourrettes-lès-Vence ], &c, & cTAccelena, fa première 
femme (a); car, déjà vers io56, nous les voyons, avec une nombreufe poftérité, 
faire à l'abbaye de Saint- Viétor une donation dans le territoire du château d'A- 
goult, par ade paffé à Apt, le jour de la fête de Saint-Maurice [22 Septembre] (b). 

Un peu plus tard, les deux époux, affiliés de leurs fix fils, firent donation à l'églife 
d'Apt d'un manfe à Barret, au comté de Gap, qui venait à Roftaing de fon beau- 
père Raimbauld (c). Gifla ne vivait plus au moment où, vers 1070, fon mari, affifté 
de leurs fils (non défignés), donna au monaftère de Saint-Honoré de Lérins le quart 
du château de Tourrettes de Nice, toutes les églifes qui en dépendaient, Bermond 
& fes manfes, &c, provenant de la dot de fa femme (d). Le 23 Septembre (ix° 
cal. Oclobris) 1076, il fit une nouvelle donation à l'églife d'Apt (e), & enfin, en 
1080, il reçut en fief la châtellenie de Saignon de la part d'Aldebert de Mujoul (del 
Mugol), fils de Varaco & arrière petit-fils de Guaraco, déjà cité, ce qui réfulte 
d'un acte de preftation de ferment féodal par Roftaing (appelé ici pour la première 
fois Roftang d'Agolt) & par quatre de fes fils, Humbert, Raimbaud, Raymond & 
Laugier (/). 

Il appert de la charte de donation à l'abbaye de Saint-Victor citée plus haut 



(a) Cl. Le Laboureur qualifie Cilla de <• lille de Raimbaud & d'Accélène, la femme, & petite-fille de I.auger, 
puiffant Seigneur provenlal, allié des Comtes de Vintimille, mary de la Princelle Odile, fille de Guillaume I er , 
Comte de Provence ». Il rétulte des lavantes recherches de M. le Comte de Pierlas que le nom du père de la 
puiffante Odila eft encore à trouver. Son fécond mari, Laugier, Recteur (reâor) ou Gouverneur du comté de 
Nice, fut tige d'une nombreufe poftérité, dont defeendirent directement les Vicomtes fouverains de Nice, & qui 
s'allia non feulement aux Comtes de Vintimille, mais encore à l'héritière de la maifon d'Orange & pofléda 
de ce fait cet important comté, qui parla enfuite par mariage à la maifon de Montpellier, puis à la maifon de 
Baux. 

(b) Cartulaire de Saint-Vicior, n" 427 : « Ego Rostagnus S uxor mea Guisla & filii nojlri Umbertus, 
Raiambaldus, Raimundus, Laugerius, ^"illelmus, Rostagnus, ceterique, £■ filie nojire... » Comme 1 n'y a 
que les deux fils aînés qui aient nominativement approuvé cet acte, on doit conclure que les autres enfants 
devaient alors être en bas âge. 

(c) Cartulaire d'Apt, n" 27 : « Ego Rostagnus filins Adalais & uxor mea Gisla unaper voluntatem nojlrorum 
filiorum qui vocantur Umbertus, Raiambaldus, Raimundus, Laugerius, Guillelmus, Bertr\îwus, donamus... 
unum manfum in quodam cajlello quod dicitur Barretum, quod ejl in comitatu Guapincenji, & dédit illud milri 
Raiambaldus, focer meus, cum filiafua Gilla ». Cet acte ne porte que la date du 6 Juillet, fans indication 
d'année, & on en fait à tort remonter la rédaction à l'an 1041, date matériellement impoffible. Il eft bien 
certainement d'environ 1060. 

(d) Cartulaire de l'abbaye de Lérins, publié par H. Moris & E. Blanc (Saint-Honorat de Lérins, impr. du 
monaftère, i883, in-4"), n° CLXII. 

(e) Cartulaire d'Apt, n° 55 : « Ego Rostagnus & nati mei hoc vertentes & dignum fore cenfentes da- 
mus... ». — Cette charte prouve que c'clt à tort que les généalogiftes font mourir Roftaing vers 1070. 

(/) « Aldebertus, filius Dileâœ, dona a feudata & afervicio la quajlania del caftel de Sagno a Rostang 
d'Agolt, & ego Rostagnus, filius Adalaice, non te decipiam v net ego Imbertus, nec ego Raimbaldus, nec 
ego Raimondus, nec ego Leodegarius... » {Cartulaire d'Apt, n° 11. — Charte publiée en entier par M. le 
Comte de Pierlas, doc. n» VIII). — Cette charte eft fans date, mais la teneur en eft très clairement rappelée 
dans un autre document du même cartulaire (n° i5 ; publié par M. le Comte de Pierlas, doc. n° X), où on lui 
affigne la date du 16 Juin 1120 (« ... cajlrum prcediclutn... Rostagnus prœdidus de Agolt filiique fui ab 
Aldeberto prœdido [del Mugol] ad fidelitatem & fervitium fibi adqui/ierunt, anno... mille fimo centefimo vice- 
fimo, indiâione tertia, decimo fexto kalendas Julii... »). Cette date elt matériellement fauffe, car Roftaing 
d'Agoult aurait eu alors environ 120 ans! Très certainement elle a été mal comprife & mal tranfcrite par le 
copifte. Tout porte à croire que dans l'original elie a été donnée non pas en toutes lettres, mais en chiffres, 
félon l'ufage le plus fréquent à cette époque, & exprimée félon une formule particulière : M. C. XX. c, 
ce dernier ligne lignifiant minus & indiquant que le dernier nombre (XX) doit être foultrait du précédent, ce 
qui donne 1080 (1000 + 100 — 20 = 1080). Le copilte ne comprenant pas la lignification du figne c, aura 
lu 1 120 & tranfcrit cette date en toutes lettres. Le millélime 1080 ainfi rétabli concorde bien avec la 3 e in- 
diction donnée dans la charte, tandis que l'année 1120 appartenait a la i3 e indiction. Cette date erronée a 
entraîné le favant Comte de Pierlas à ajouter indûment à la généalogie des d'Agoult un Roltaing fils de 
Roftaing & frère utérin de quatre autres membres de cette maifon nommés à fa fuite dans la charte de 
prcltation de ferment, bien que l'autre document démontre péremptoirement qu'il ne s'agit que d'un feul & 
même Roftang (fils d'Adélaïde de Reillane & de Guillaume d'Apt), non pas le frère mais le père des autres. 



H de SABRAN-PONTEVÈS. 6 » 

(n° 427) que Roftaing d'Agoult eut de fon mariage avec Gifla de Nice plus de fix 
fils & plusieurs filles, dont nous ne connaiffons que les fuivants : 

1. Humbert d'Agoult, Cofeigneur d'Apt, Seigneur de Viens, &c, que nous avons 

vu participera plufieurs actes de fon père, & qui ne mourut point fans pofté- 
rité, comme on Ta dit. On le voit apparaître avec fa femme {Imbertus de 
Agolt & uxor ejus) dans une charte de donation à l'abbaye de Lérins, éma- 
nant des membres de la maifon de Chàteaurenard, du 24 Avril (pij° kal. 
maiï) 1094 {a), & tout feul dans une autre charte de la même abbaye, de 
Mars 1096 (b). Remerville préfume que la femme d'Humbert était de la 
maifon fouveraine de Forcalquier, parce qu'il avait pris les armes de cette 
maifon. Leur poftérité fe fubdivifa en deux branches également puiffantes, 
qui portèrent Tune le nom de Viens & l'autre celui d'Apt, & paraiffent 
s'être éteintes vers la fin du quatorzième fiècle, après avoir donné à l'églife 
d'Apt quatre Évèques, des Prévôts du chapitre, &c. (c). 

2. Raimbaud, qui fuit. 

3. Raymond, que nous avons vu figurer dans plufieurs acres émanant de fon 

père & qui reçut, en 1108, de l'Empereur Henri V l'inveftiture de la 
vallée de Sault (d). Il mourut fans poftérité. 

4. Laugier, Évêque d'Apt en 1108, qui fut un des plus infignes bienfaiteurs de 

fon églife, en rachetant les terres qui avaient jadis appartenu à celle-ci & en 
les lui reftituant (e). Dans les premières années de fon épifcopat, il fit don à 
l'abbaye de Cluny de l'églife de Notre-Dame des Ormeaux unie au prieuré 
de Cafeneuve (/); puis, à l'abbaye de Saint- Viclor de Marfeille, des églifes 
du Saint-Sauveur & de Saint-Gervais, avec la paroiffe du château de Bon- 
nieux (g). Il favorifa aufii fes neveux Guiran & Bertrand (fils de Raimbaud) 
par plufieurs donations. Il alîifta, en 1 124, au concile de Vienne, en Dau- 
phiné, & mourut vers 1 1 25. 

5. Guillaume, cité dans deux chartes ci-deffus d'environ io52 & 1060. 

6. Rostaing, cité feulement dans la première de ces chartes. 

7. Bertrand, cité pour la première fois dans la féconde de ces chartes, puis 

dans celle (vers 1070) de donation faite par fon père au monaltère de Saint- 
Honoré de Lérins, où il était alors moine, & où il vivait encore en 
1 109 (h). 

8. Rixende, mariée à fon coufin germain Raimbaud de Nice, fils de Laugier 

le Roux, des Vicomtes de Nice (frère de Gifla & par conféquent oncle de 
Rixende), & d'Amance de Thorame-Glandevès, celle-ci fille du Comte 
Aldebert, 8c petite-fille de Guaraco, déjà cité (/). 

(a) Cartulaire de Lérins, n° 2 38. 

(b) Ibid., n° 289. 

(c) Guiran de Viens, Évêque d'Apt vers 1 186; Geoffroy I er d'Apt, Évêque d'Apt de 1208 à 1229; Geoffroy II 
d'Apt, Evêque d'Apt de 1229 a 1248; Ripert de Viens, Évêque d'Apt de 1268 à 1271. — Voy. Remerville, 
& aufii J. Terris, les Évêques d'Apt, leurs blafons & leurs familles ; Apt, 1877, in-8°. 

id) Cette inveftiture eft rapportée par tous les généalogiftes , mais nous n'en connaiffons pas le texte. Tou- 
tefois le témoignage unanime des écrivains férieux du XVII e & du XVIII e fiècle, entre autres celui du P. 
Anfelme, ne permettent pas de mettre en doute l'authenticité de cet ade d'inféodation, confirmé à plufieurs 
repnfes par les Empereurs d'Allemagne, comme on le verra plus loin. 

[e) Le Cartulaire d'Apt contient de nombreux actes émanant de ce prélat; huit d'entre eux ont été publiés 
par M. le Comte Cais de Pierlas; plufieurs l'avaient été dans la Gallia chrijliana, t. I er , preuves, pp. 77-78. 

f/j De Courcelles, p. 8. • 

(g) Cartulaire de Saint- Viâor, n° 434. 

{h) Cartulaire de Lérins, n° CIX (... « tejle ipfo Abbate & monachis... Bertranno d'Agolt... ») 

(?) M. le Comte Cais de Pierlas, Le XI e Siècle dans les Alpes-Maritimes, pp. 70 & fuiv. 



6-2 3 



de SABRAN-PONTEVÈS. 



IV. DEGRÉ. 

Raimbaud ou Rambauld d'Agoult, Baron de Sault après fon frère Raimond; 
Seigneur d'Agoult, d'Apt, de Cafeneuve, d'Entrevennes, &c, époufa, vers 1090, 
Sancie ou Sanche, que certains difent héritière d'une première maifon de Si- 
miane (a). En vertu de ce mariage, le fils aîné & fa defcendance auraient eu l'obli- 
gation de prendre le nom & les armes de cette maifon (b). Raimbaud ne vivait 
plus en 1 1 13 où fa veuve avec tous fes fils approuva la donation du château de Sai- 
gnon à l'églife d'Apt, par fon beau-frère Laugier, Evêque de cette ville (c). Sancie 
figure encore dans deux chartes émanant du même prélat : Tune, d'environ 
1 123, où celui-ci lui donne à elle, ainfi qu'à Guirand & à Bertrand & aux autres 
fils & filles iffus de celle-ci & de fon frère Raimbaud, la moitié de tout le château 
de Gordes & la grande tour d'Apt, biens provenant de la fucceffion de fon père (d); 
l'autre, un peu poftérieure, où Laugier échange avec les précédents le quart de 
ce même château pour une moitié de Tourrettes d'Apt (e). Sancie dut mourir 
vers n3o (/). De tous les enfants qu'elle avait eus de fon mariage, on ne connaît 
que ces trois fils : 

1. Guiran d'Agoult, tige de la maifon de Simiane, dont les cadets portèrent 

encore pendant quatre générations le nom d'Agoult. Sa defcendance forma 
diverfes branches qui fe répandirent en Dauphiné, en Piémont & au comtat 
Venaiffin. Elle a produit trois Chevaliers des Ordres du Roi, plufieurs Of- 
ficiers généraux au fervice de France & de Savoie, des hommes illuftres 
dans les armes, la haute magiffrature & le clergé, & s'éteignit au début de 
notre fiècle (g). 

2. Bertrand d'Agoult, qui fuit. 

3. Rostaing d'Agoult, qui figure avec les frères dans l'acle de donation de 

leur oncle Laugier, Évèque d'Apt, de n 23 environ. 

V. DEGRÉ. 

Bertrand (h) d'Agoult, Seigneur fuzerain d'Agoult, Baron de la Vallée de Sault 
en partie, Cofeigneur d'Apt, de Gordes, d'Entrevennes, &c, que nous avons vu 

(a) L'exiftence d'une première maifon de Simiane n'eft point prouvée. Il faut remarquer que déjà l'aïeul 
paternel de Raimbaud d'Agoult pofiedait le château de Simiane, vers io3o (voir plus haut). 

{b) Ces armes étaient alors : D'Azur au Bélier d'Or. Or, nous avons rapporté plus haut (p. 8, note d), 
d'après Remerville de Saint-Quentin, que les armoiries primitives de la maifon d'Agoult étaient : D'Or au 
Bélier de Sable. Celles du fondateur de la maifon de Simiane n'en diffèrent, comme on voit , que par les 
émaux, ce qui arrive fréquemment dans des branches d'une même famille, de forte qu'elles s'expliquent fans 
aucune intervention d'une première maifon de ce nom. Elles furent changées vers l'an 1 3oo contre celles que 
les Simiane portèrent depuis cette époque : D'Or,femé de Tours & de Fleurs de lys d'Azur. 

(c) Cartulaire d'Apt, n° 8, charte publiée par M. le Comte de Pierlas, doc. n° XIV. (« & Sancia, uxor 

Raimbaldi de Agolt, cum omnibus filiis fuis, laudavit & conceflit... ») 

(d) Cartulaire d'Apt, n° i3. Charte publiée dans la G allia chrifiiana, t. I, p. 78. 

(e) Cartulaire d'Apt, n° 12. Charte publiée dans la G allia chrifiiana, t. I, p. 77, & par M. le Comte de 
Pierlas, doc. n° XXI. ( « ... Ego Leodegarius, Dei gratia Aptensis Epifcopus, volens cum cognatamea San- 
cia & cum nepotibus meis feilicet Guiranno & Bertranno & cœteris fratrjbus »). 

(/) D'après Pithon-Curt, elle s'était remariée avec Guillaume de Montpellier, Seigneur d'Omelas, puis 
Comte d'( )range. 

(g) La plus récente des généalogies de cette maifon eft celle inférée dans l'ouvrage du P. Anfelme, Hifioire 
des Grands Officiers de la Couronne, t. II, pp. 23X-2.S7. Pour les derniers degrés, voir Borel d'Hauterive, An- 
nuaire de la Nobleffe, 1860, pp. 228-230. 

(h) On l'appelle à tort Bertrand-Raimbaud. Les chartes 4e défignent fous le nom deBertrannus Raimbaudi, 
ce qui veut dire : Bertrand, fils de Raimbaud. 



i6 de SABRAN-PONTEVES. ^ 

avec fes frères dans divers actes de leur oncle Laugier, à qui ils prêtèrent aufïi 
ferment pour le château de Clermont (a). En 1 145, Bertrand rendit hommage au 
Comte de Provence, pour plufieurs fiefs qu'il tenait dans fa mouvance (b). En 
1 149, lorfque Guigues, Comte de Forcalquier, donna aux Hofpitaliers de Saint- 
Gilles la ville de Manofque, il ftipula que fi fes héritiers portaient un jour atteinte 
à cette donation, il les privait dès lors de la partie de fes États qui s'étendait depuis 
Sifteron jufqu'au Rhône, & y appelait Guiran & Bertrand, fils de Raimbaud; & 
plus tard, en 1 168, Bertrand, Comte de Forcalquier, neveu de Guigues, légua éven- 
tuellement une partie du même territoire aux mêmes perfonnages, en les qualifiant 
de coufins (c). A l'occalion d'un plaid entre l'Abbé de Montmajour & Hugues de 
Baux, à propos du château de Miramas, Bertrand d'Agoult figure, avec fon frère 
aîné, en qualité de témoin dans racle de fentence rendue en 1 1 5o (d). Il fuivit le parti 
de Raymond-Bérenger II, Comte de Provence, dans la guerre que ce prince entre- 
prit contre la maifon de Baux (e), & fut un des fignataires du traité de paix con- 
clu à Arles au mois de feptembre de la même année (/'). Enfin, par acte du mois 
d'Octobre fuivant, lui & fon frère Guiran firent donation, à Pierre, premier Abbé de 
Senanque, ordre de Cîteaux, au diocèfe de Cavaillon, de tout ce qu'ils poffédaient 
dans la vallée de Senanque (g). 

Aucun des généalogiftes ne cite le nom de fa femme. Or nous ne voyons pas à 
qui, en dehors de lui, on pourrait attribuer comme époufe une Poncie d'Agoult, 
laquelle, en 1 1 5y, avec fes fils Ifnard d'Entrevennes, Bertrand de Mifon, Ros- 
taing d'Agoult & Raymond d'Agoult, vendit aux Hofpitaliers des propriétés fifes 
à Cabanes (h). En raifon de la tranfmiffion du fief de Mifon à la maifon d'Agoult, 
nous croyons que Poncie était fille de Bertrand de Mison, frère d'Ifoard de Die, 
Vicomte de Gap, ce qui femble être corroboré par le prénom & le furnom du 
fécond fils de Poncie, lefquels il aurait reçus en fouvenir de fon grand-père ma- 
ternel (/). 

Les généalogiftes ne donnent à Bertrand d'Agoult que deux fils : 

(a) Cartulaire d'Apt, n° 16. Très intérefTante charte en provençal, publiée par M. le Comte de Pierlas, doc. 
n' XXIII. Ce château fe trouvait dans la commune actuelle de Buoux, arrond. d'Apt. 

(b) Bouche, Hijloire de Provence, p. 122. 

(c) Ces deux chartes font partie de Y Authentique de la mai/on de l'hôpital du prieuré de Saint-Gilles, dont 
l'inventaire a été publié dans la Revue hijlorique de Provence, 1890. Le P. Anfelme & Pithon-Curt croient 
que Guiran de Simiane, du teftament du Comte Bertrand, défigne un autre Guiran, fils du premier; mais ils 
omettent de dire que ce nom y eft fuivi de celui de fon frère Bertrand {Bertrannus Raimbaudi), qu'ils rempla- 
cent par celui de Roftaing, qui n'y figure point. 

(d) Charte de l'abbaye de Montmajour, inférée dans YHiJloire de Montmajour, par D. Chantelou, publiée 
dans la Revue hijlorique de Provence, 1890. 

(e) Noftradamus, Hijloire de Provence, 2 e partie, p. 1 25. 

(/) Pithon-Curt, Hijloire de la NobleJJe du Comlé-Venaijjin, t. IV, p. 2?-j. — Acle aux archives des Bou- 
ches-du-Rhône. 

(g) Gallia chrijliana, t. I, p. 1 5 5 des preuves. (« ... ego Guirannus de Simiana, S ego Bertranm s 
Raimbaudi, /rater ejus... donamus... quidquid habemlis vel pojjidemus... in valle Sinaquœ... »). 

l/i) « Anno... M. C. L. VII, régnante Frederico Imperatore, ego Poncia de Agolt &filii mei Isnardls de 
Antravenas & Bertrandus de Misone & Rostagnus de Agolt & R. de Agolt, in Dei nomine, donamus... » 
(Archives des Bouches-du-Rhône, Cart. de Trinquetailles, fol. 47. — Charte publiée dans la Revue hijl. de 
Provence, 1890, p. 65). L'authenticité de ce document eft certaine. C'eft évidemment de la même charte que 
fut tiré le renfeignement fuivant, inexact fur un point, donné par Papon (t. II, p. 282, notel : « Bertrand de 
Mifon étoit frère d'Ifnard d'Entrevenes, de Roftang & de Raymond d'Agout, lefquels étoient fils de Pons [au 
lieu de Poncie] d'Agout. C'eft ainfi qu'on le lit dans une charte rapportée parmi les titres de la paroiflé de l'é- 
glife d'Arles, an 1 157, fol. 47. » 

(i) Il ferait intéreffant de découvrir la raifon pour laquelle, à partir de cette époque, le prénom d'Ifnard, 
accompagné du furnom d'Entravennes ou d'Entrevenes, apparaît prefque à chaque génération dans la généa- 
logie de cette maifon. Ce prénom d'Ifnard, inufite auparavant, rappelle indubitablement celui d'un ancêtre im- 
portant. 



6,5 de SABRAN-PONTEVÈS. 17 

1. Raymond, qui fuit. 

2. Guilhem d'Agoult, célèbre Troubadour, Premier Gentilhomme d'Alphonfe I er , 

Roi d'Aragon, Prince de Provence & Comte de Barcelone (a). Il mourut 
vers 1181. De Courcelles le dit père de plufieurs enfants, entre autres de 
deux fils : Raymond & Isnard, qui auraient eu poftérité. Mais la filiation 
de ce Guilhem n'eft nullement prouvée. 
Il eft plus rationnel, cependant, d'admettre comme iffus de Bertrand d'Agoult 
les quatre fils de Poncie d'Agoult : 

1. Isnard d'Entrevennes, qui ne paraît pas avoir fait fouche, car on ne le 

voit plus apparaître dans des actes poftérieurs à 1 157. 

2. Bertrand de Mison, dont le fort eft également inconnu. 

3. Rostaing d'Agoult, qui eft peut-être identique avec Rofiaing de Agolt , le- 

quel, avec fon fils Raimbaud, d'une part, & Bertrand-Raimbaud & Raim- 
baud d'Agoult, fils de Guiran [de Simiane], de l'autre, fe firent mutuelle- 
ment ferment de fe défendre & de fe foutenir tant en guerre qu'en paix, par 
un acte du mois de Février 1178 (b). 

4. Raymond d'Agoult, qui fuit. 

VI. DEGRÉ. 

Raymond I er d'Agoult, Seigneur Baron fuzerain de la vallée de Sault, Cofeigneur 
d'Agoult, d'Apt, de Rouffillon, de Murs, d'Entrevennes, deLioux, de Simiane, du 
Reveft, &o, affifta, en 1 172, à la cour plénière tenue au château de Beaucaire où 
figurèrent, au dire de Papon, environ dix mille chevaliers, & où l'on chercha à né- 
gocier la paix entre le Comte de Touloufe & le Roi d'Aragon (c); puis, à l'acte de 
donation du comté de Melgueil au Comte de Touloufe, le 12 Décembre de cette 
année (d); enfin, à la conclufion du traité de paix, dans l'île d'Argence, le 18 Avril 
1176, en vertu duquel Raymond, Comte de Touloufe, céda tous fes droits fur la 
Provence & le Gévaudan à Alphonfe, Roi d'Aragon (e). Ce traité fut renouvelé en Fé- 
vrier 1 1 85 (v. ft.), avec claufe qu'en cas de conteftations fur le Gévaudan & fur les 
villes d'Albaron (près d'Arles) & d'Avignon, les deux Princes s'en rapporteraient 
à la décifion de Bérenger, Archevêque de Tarragone, de Gaucerand ou Jofferand 
de Pins, de Guillaume de Sabran & de Raymond d'Agoult, qui fignèrent cet acte, où 
ce dernier eft qualifié de Juge du Palais (/). Il avait été nommé, en 1 176, par le 
Comte de Provence, Gouverneur de la ville & comté de Nice (g), & avait reçu, 
le 6 Août 1178, de l'Empereur Frédéric Barberouffe, l'inveftiture de la vallée de 
Sault & de tout ce qu'il poffédait dans le Diois (h). Tout porte à croire que c'eft 

{a) Noftradamus, Hi/ioiré de Provence, 2 e partie, p. 134. 

(b) D. Villevieille, Tréfor généalogique, édit. Pallier, t. I, p. 82. — Nous ne croyons pas que le Roftaing 
d'Agoult vivant en 11 57 foit identique avec Roftaing d'Agoult, fils de Guiran de Simiane, lequel ne mourut 
que vers 1229. 

(c) Geoffroy, Prieur de Vailon, dans Labbe, t. II, p. 322. — Papon (t. II, p. 2 5 1) rapporte que Raymond 
d'Agoult ayant reçu à cette occafion, du Comte de Touloufe, le prélent « de cent mille fols, c'eft-à-dire de 
cent mille quatre cens livres d'aujourd'hui », les diftribua aux dix mille chevaliers réunis alors à Beaucaire. 

(d) D. Vaiffete, Hifloire générale du Languedoc, nouv. edit., t. VIII, col. 295. 

(e) Ibid., t. VI, p. 68, & t. VII, p. 10. 
(/") Ibid., t. VI, p. 3. 

(g) Noftradamus, Hijloire de Provence, 2 e partie, p. 143. 

\h) Acte daté du château de Montélimar, publié en entier par M. l'Abbé Ulyffe Chevalier, Cartulaires dau- 
phinois, t. VI, 2 e livr. (Paris, 187.S, in-8"), p. 77-78. (« ...Nos tibi Raimonde de Agolt totum territorium 
quod dicitur Vallis Saltus... perpetuo habendum concedimus ...cum univerfis bonis qiicv ab imperio legaliier 
tenes vel etiam antecejfores tui... >■). 



8 de SABRAN-PONTEVÈS. 



626 



encore lui qui figure, en tète des témoins laïques, dans l'acte d'hommage rendu en 
Octobre 1189, par Boniface de Caftellane à Alphonlè, Roi d'Aragon, Comte de 
Provence, & auffi parmi les quatre arbitres (avec l'Archevêque d'Aix, Guillaume 
Laugier & Pierre de Lambefc) choifis pour juger les conteftations éventuelles pou- 
vant furvenir entre Alphonlè, Roi d'Aragon, & le Comte de Forcalquier, par aète 
daté d'Aix en Juillet 1 193 (a). Il avait époufé, vers 1 160, Ifoarde de Die, fille 
d'Ilbard II, Comte de Die, Seigneur du Luc, de Baurières, de Lèches, &c, avec 
laquelle il figurerait dans une charte de 1 184 (b). On leur donne pour enfants : 

1. Isnard dAgoult, qui fuit. 

2. Raymond dAgoult (c), Seigneur du Luc, de Savournon, &c, en Dauphiné, 

qui reçut, en i2o3, en préfence de fon frère Ifnard d'Entrevennes, de la part 
de Bermond, Abbé d'Andaon & de Saint-André de Villeneuve, la cefïion 
de la terre du Puy-Saint-Martin appartenant à l'églife Sainte-Marie de Sault. 
C'eft fans doute lui qui figure parmi les témoins {Raymundus de Agolto) 
d'une tranfaclion entre les feigneurs de Simiane & le Comte de Forcalquier, 
par acte daté de Manofque en Novembre 1202 (d). En 1220, il confirma à 
la Chartreufe de Durbon (près de Veynes, en Dauphiné) les droits de pâ- 
turage & autres que fa mère, fon oncle (Pierre, Comte de Die) & fon aïeul 
maternel avaient accordés à ce monaftère, & le 12 Décembre de la même 
année , il confirma encore une donation que fon père & fa mère avaient 
faite aux Templiers du Luc, charte fcellée de fon fceau avec fon écuffon 
chargé d'un Loup pajfant (e). Les auteurs ne font pas d'accord fur fa def- 
cendance. Guy Allard lui donne pour fils un Raymond, père de Reforciat 
& de Raymond, que Courcelles place parmi les defcendants du Trou- 
badour Guilhem dAgoult (voir plus haut). L'Abbé Robert (f), par contre, 
dit que Raymond laiffa des enfants en bas âge, auxquels le Comte de Pro- 
vence fit donner des tuteurs en 1222, mais qui moururent peu de temps 
après. Pithon-Curt & Courcelles lui donnent deux fils dont les prénoms, 
Raymond & Ifnard, font les mêmes que ceux des deux fils attribués à 
Guilhem d'Agoult, d'où vient la confufion. 

Raymond d'Agoult, Seigneur du Luc, &c, né vers 1 186 & vivant encore 
en 1267, eft identifié à tort avec fon père par Chérin. Son fils aîné, 
Raymond, aurait continué, d'après Courcelles, la branche du Luc, 
éteinte dans la féconde moitié du XV e fiècle, branche que Le Laboureur 
fait dériver de celle de Mifon. Le fils cadet, Isnard, dit d'Entrevennes, 
Seigneur de Baurières, de la vallée de Taurêne, &c, eft préfenté par 
Courcelles comme tige d'une branche dont le rameau aîné fe fondit 
vers le milieu du XV e fiècle dans la branche d'Agoult de Curban, tan- 
dis que le rameau cadet donna naiffance aux branches de Montmaur, 
de Voreppe, de Bauvefin, de Chanouffe, &c. La branche de Vorepp 
eft la feule branche directe qui foit repréfentée aujourd'hui (g). 

(a) Papon, Hifloire générale de Provence, t. III, n° i, & t. II, preuves, n° xxix. 

[b) Charte citée par Cl. Le Laboureur, comme appartenant alors (1682) à M. Juvenis. Procureur du Roi à 
Gap. 

(c On ne fait fi c'eft lui ou fon père qui figure parmi les témoins {R. d'Agout\ du traité conclu, en 1 195, 
entre le Comte de Forcalquier & le Comte de Touloufe (D. Vaiffete, nouv. édit.. t. VIII. col. 434). 

[d) Papon, t. III, p. 548, note. 

(e) Courcelles, p. 48. 

(/) Généalogies de Provence, Bibl. Nationale, Cabinet des Titres. 

(g) Voir la filiation de toutes ces branches dans l'ouvrage de Courcelles, & une continuation dans Bore! 
d'Hauterive, Annuaire de la Noblejfe, 1844, pp. 205-207. 



6^-r de SABRAN-PONTEVÈS. 19 

3. Bertrand cTAgoult, dit de Mifon, tige félon, Pithon-Curt, de tous les d'Agoult 

du Dauphiné; mais, d'après Courcelles, feulement du rameau de Curban, 
fondu au XV e fiècle dans la branche de d'Agoult de Barret, qui fera men- 
tionnée plus loin. 

4. Imbert d'Agoult, qui rendit hommage au Comte de Forcalquier, le mercredi 

après l'Epiphanie (7 Janvier) 1182 (v. If.), de tous les fiefs qu'il pofledait 
depuis Sifteron jufqu'au Mont-Alverne (plus tard la Tour-de-Sabran, au 
Comté- Venaitïîn). En 1 194, il rendit hommage au mèmefouverain, avec d'au- 
tres feigneurs de Roulîillon (Vauclufe), pour le château de ce nom (a). En 
12 10, lui & fes trois frères, Cofeigneurs de Monteux, affranchirent l'Évêque 
de Carpentras & les habitants de cette ville du droit de péage qu'ils avaient 
établi dans cette feigneurie, pour laquelle ils rendirent hommage en 121 5 
au nouvel Evêque , leur feigneur fuzerain. Le 19 Décembre (xiv des 
calendes de Janvier) 1242, il rendit un nouvel hommage pour fa part du 
château de Ménerbe à Guillaume de Sabran, Comte de Forcalquier (b). 

5. Sacristaine d'Agoult, qui, le 8 Juin 1208, fit donation à Ifnard d'Entreven- 

nes, fon frère, de tous les droits qu'elle avait fur les biens de Raymond, 
leur père, & d'Ifoarde, leur mère, fe contentant de ce qui lui avait été confti- 
tué en dot lors de fon mariage avec Bertrand-Rambauld de Simiane, Sei- 
gneur de Saignon (c). 

VII. DEGRÉ. 

Isnard I er d'Agoult, dit d'Entrevennes, Baron de Sault, dont il reçut l'inveftiture 
de l'Empereur Philippe de Souabe, par lettres données à Spire le 25 Janvier (vin des 
cal. de Février) 1204 (v. ft.) (d). C'elt fans doute lui qui avait pris part à la troi- 
fième croifade, à la fuite du Roi Philippe-Augufte, ce qui réfulte d'un acte d'Octo- 
bre 1191, par lequel, étant à Joppé, il fe porta garant de cent marcs d'argent em- 
pruntés aux Génois par trois de fes écuyers (e). Ses armes figurent à la falle des 
Croifades du Mufée de Verfailles. D'après le P. Robert, il avait époufé Mabile 
[de Trêts, des Vicomtes de Marfeille], qui, étant déjà veuve, en Décembre 1204, 
autorifa l'engagement qu'Ifnard & Raymond, fes fils, firent du château de Saint- 
Geniez au Comte de Forcalquier. Cette date cependant ne faurait fe concilier ni 
avec celle du 8 Juin 1208, où Ifnard d'Entrevennes reçut une donation de la part 
de fa fœur Sacriftaine (voir ci-deffus), & encore moins avec celle (Mars 1225) d'un 
acte par lequel Bertrand de Mifon, fon frère , lui fit donation « de tous les droits 
qui pouvaient lui revenir fur l'hérédité du Seigneur Raymond d'Agoult, leur père, 
d'heureufe mémoire, & de Dame Ifoarde, leur mère, déclarant le donateur qu'il 
poffédait de l'hérédité de fon père les terres de Curban & du Moneftier, & en 

(a) Archives des Bouches-du-Rhône, B. 296. 

(b) Pithon-Curt (gén. d'Agoult, p. 95-96) eft le premier qui ait introduit la personnalité d'imbert d'Agoult, 
mort très âgé. 

(c) Courcelles, généal. d'Agoult, p. i3. Cette alliance n'eft pas confignée dans la généalogie de la maifon de 
Simiane inférée dans l'ouvrage du P. Anfelme. 

(d) J.-F. Bœhmer, Regejia Imperii; Innsbruck, 1884, t. V, p. 3i. 

(e) « Ego Isnardus de Agouto, miles, notum facio omnibus pre fentes litteras infpeâuris quod me conjlilui 
refponforem erga Odoardum de Albario, Jan. [Januenfem] mercatorem, de mutuo C. marcharum argent i per 
karijjimos armigcros Aj'monem Melati, Poncetum de Lorais & Falconem Ferratum contraâo. tali modo quod 
fi in Jolutione dide pecunie diâi armigeri dejïcerent, ego diâo mercatori gratumfuum facerem de diâis centum 
marcis infra quadraginta dies pojiquam ab eo ejfem inde fubmonitus. In cujus rei tejlimonium prefentes 
litteras figillo meofeci figillari. Aâum apud Joppen anno Domini M" C°. nonagejimo primo, menfe oâobris 
(Sceau en cire blanche-jaune lur queue de parchemin, avec la figure d'un Loup parlant contourné, & la lég n 
S. INA... GOV... — Bibliothèque Nationale, manufcrits, fonds latin, nouv. acq. n° 1604, fol. 121.) 



20 



de SABRAN-PONTEVES. 



628 



outre la terre de Valdrôme, avec deux parts de la vallée de Taurêne, la terre de 
Befaudun & les biens de Die, lefquels biens lui étaient parvenus par traité de 
famille » (a). C'eft en raifon de ces divergences de dates (fi toutefois elles font 
exactes) que Guy Allard ne reconnaît pas cette alliance (admife par Pithon-Curt 
& que Courcelles l'attribue à un Ifnard d'Agoult, qu'il donne pour fils cadet à 
Guilhem d'Agoult le Troubadour. Ces auteurs regardent notre Ifnard d'Entre- 
vennes comme identique avec celui qui époufa, vers 12 10, l'héritière de la branche 
principale de la maifon de Pontevès, tout en s'étonnant d'un mariage contracté 
à plus de foixante ans d'âge. Mais il faut ajouter que comme le mari de cette der- 
nière ne mourut qu'entre 1238 & 1246, l'identification précitée ferait vivre notre 
Ifnard près d'un fiècle, ce qui rend très douteufe cette hypothèfe. Par conféquent, 
on eft obligé de conclure qu'il s'agit là de deux Ifnard d'Entrevennes bien diftincls 
& fans doute l'un le père de l'autre. Le premier aurait eu trois'fils : 

1 . Isnard d'Agoult, qui fuit. 

2. Raymond d'Agoult, mort avant 1222 & dont la poftérité s'éteignit à la troi- 

fième génération (b). 

3. Rostaing d'Agoult, qui fut préfent à l'acte par lequel la ville de Marfeille fe 

fournit au Comte de Touloufe, le 7 Novembre i23o (c). Dans l'acte d'hom- 
mage de Barrai de Baux à l'Archevêque d'Arles, du 4 Janvier 1238, il eft 
qualifié de Prévôt de l'Eglife de Marfeille. C'eft fans doute encore lui qui 
figure en tête des témoins laïques au traité de paix du 9 Juillet 1257, entre 
les habitants de Montpellier & ceux de Marfeille (d). Il donna fes biens à 
Ifnard & à Reforciat de Trêts, fils de fa nièce Mabile, lefquels les échan- 
gèrent, en 1262, avec le Comte de Provence, pour ce que ce prince 
poffédait dans la feigneurie de Trêts (e). 

VIII. DEGRÉ. 

Isnard II d'Agoult, dit d'Entrevennes, Baron de la vallée de Sault, pour la- 
quelle il reçut confirmation de fon inveftiture de la part de l'Empereur Frédé- 
ric II, le 8 Septembre 1238 (/). En i2o5- 1206, de concert avec fon frère Raymond 
d'Agoult, il engagea entre les mains de Guillaume IV, Comte de Forcalquier, la 
terre de Saint-Geniez (Baffes-Alpes), en garantie d'un prêt de 6,000 fous vien- 
nois, &, un peu plus tard, ils engagèrent de même, pour un autre prêt, les terres 
de Simiane, Gignac, les Baumettes & le Reveft (g). Il eut procès avec Raimond, fon 
frère, puis avec les enfants de celui-ci, pour les châteaux de Saint-Martin, Bonnieux, 
Voilet, la Co.fte & Simiane, procès qui fut terminé par des arbitres nommés dans 
une affemblée tenue à Manofque, de l'autorité du Comte de Provence, au mois de 
Février 1222. Il fut le premier Podeftat d'Arles, de 1220 a 1222, au moment où cette 
ville commença à fe gouverner en république fous l'autorité des Archevêques (h). 



(a) D'après un extrait des archives de la Chambre des Comptes de Dauphiné. rapporté par Courcelles. 

{b) Courcelles fait de ce Raymond le fils aîné de Guilhem d'Agoult, le Troubadour (voir plus hautl, & le frère 
d' Ifnard, époux de Mabile de Trêts. 

(c) D. Vaiffete, Hijloire du Languedoc, t. VIII, col. 9J7. — Papon. Hijîoire de Provence, t. II, p. 3o6, note. 

\d) Ibid., t. VIII, col. 1419. — Courcelles, qui fait de Roftaing d'Agoult un cinquième fils de Raimond I er & le 
fait naître vers l'an 1 170 (on ne fait fur quelles preuves), fut obligé par la chronologie de dédoubler Roftaing en 
deux perfonnages diftincls, le père & le fils, & c'eft ce dernier qu'il fait alTifter au traité de 1257. 

\e) Pithon-Curt & Courcelles. 

[f] J.-F. Bcehmer, Regejla Imperii; Innsbruck, 1884, t. V, p. 478. — Huillard-Bréholles, Hiftoria diplo' 
matica Friderici II : Paris, i852-i86i,t. V, p. 1284. 

(g) Archives des Bouches-du-Rhône, B. 3o3 & 3o6. 
(h) Papon, t. III, p. 5i 1. 



D2Q 



de SABRAN-PONTEVÈS. 21 



Il avait époufe, avant 1 2 1 3 , Douceline de Pontevès, Dame de Pontevès, fille 
unique & héritière de Foulques de Pontevès (a), Seigneur de Tavernes, Bargème, 
Callas, Sillans, Brovès, Rians, Auriac, Saint-Eftève, & en partie de Barjols & de 
Montmeyan, & de Mabile de Callian, Dame de Mazaugues, Rouffillon, Arti- 
gnofc, &o, laquelle, étant déjà veuve, tefta en faveur de fa fille en 1233 (Raymond 
Siffredi, Not.). Ifnard d'Entrevennes, fa femme & la mère de celle-ci avaient 
confirmé, par un ade de Janvier 121 3 (v. ft.), un échange fait avec le monaftère de 
Montmajour (b). Devenue veuve, après 1238, Douceline fit donation de fes châ- 
teaux & terres à fes trois fils le 20 Novembre (12 des cal. de Décembre) 1246 
(Pierre de Reilla, Not. (c), fe réfervant feulement certaines jouiffances. Elle tefta 
en 1256 (Pierre Caille, Not.). Ses enfants furent : 

1 . Foulques de Pontevès, qui continue la filiation des d'Agoult de Pontevès. 

2. Raymond d'Agoult (d), Seigneur d'Agoult & du Val de Sault en partie, de Mo- 

nieux, Reillanette, Montbrun, Trets, Forcalqueiret, &c, Baron de Baumes. II 
fut cotuteur des enfants de fon frère aîné, &, en qualité d'arbitre élu, il tran- 
cha un différend de fucceffion qui exiftait entre fon frère Ifnard & leur neveu 
Ifnard d'Ollières (fils de leur fœur Mabile), par fentence du 24 Février 1260 
(v. ft. (e). Il tefta en 1290 & en 1295. De fon mariage avec fa petite nièce 
Galburge de Sabran, Dame de Forcalqueiret, fille d'Elzéar de Sabran, Sei- 
gneur d'Anfouis, & de Cécile d'Agoult de Pontevès (voir plus loin), il eut 
trois fils & deux filles. L'aîné, Reforciat d'Agoult, eut de fon mariage avec 
RaibaudeDE Causols, Dame de Cauffols& de Cipières, deux fils : Raymond, 
qui fuit, & Reforciat, marié, en 1 33s, avec Mathée ou Matheude de Pon- 
tevès, fille d'Ifnard, Seigneur de Pontevès & de Sillans, & deux filles : 
Mabile, époufe de Roffolin de Fos, des Vicomtes de Marfeille, & Galburge, 
époufe de Foulques III de Pontevès, dit le Grand, Seigneur de Carcès, 
de Cotignac & de Bargème. 

Raymond d'Agoult, Seigneur de Trets, de Forcalqueiret, &c, mort en 
i32i, fut un des exécuteurs teftamentaires (i3 17) de Saint Elzéar de 
Sabran, fon coufin iffu de germain. De fon mariage (i3i8) avec 
Ifabelle ou Elifabeth de Baux, fille de Bertrand de Baux, Prince 
d'Orange en partie, & d'Eléonore de Genève, il eut deux fils : Refor- 
ciat, époux, en t 354, d'Agnès de Montlaur, généralement confondu 
avec fon oncle du même prénom, & mort fans poftérité; & Raymond 
d'Agoult, Seigneur de Cipières, Trets, Forcalqueiret, &c, Sénéchal 
de Provence en 1 349, qui n'eut de fes trois mariages que trois filles, 
dont la féconde, Béatrix, époufa Raymond d'Agoult, Baron de Sault, 
Vicomte de Reillane (voir plus loin, p. 24). Les biens de cette branche 
paflèrent dans plulieurs maifons, & une partie échut à la branche de 
Pontevès-Bargème. 

(a) Voir fur cette antique & illuftre maifon, qui avait à l'origine de grandes pofleflions à Salernes & à Bar- 
jols, la notice inférée à la fuite de la préfente généalogie. 

(b) ■< Lsnardus de Antravenis & Doucelina, domina de Ponleve\, uxor ejus. filia Fulconis de Pontevej, 
& domina Mabilia, mater ejufdem domina? Doucelinœ... » Charte comprife dans VHifloire de Montmajour, de 
D. Chantelou, publiée par la Revue hift. de Provence, 1890, p. 3 18, avec Ja fauffe date de 12 18 (elle eft exac- 
tement rapportée dans la Gallia chrijliana, t. I er , col. 314). Elle eft fcellée du fceau d'Ifnard d'Entrevennes, 
repréfentant un Loup paj/ant ; de celui de l'Archevêque d'Aix, &de celui de la maifon de Pontevès, reprélen- 
tant un Pont. 

(c) Charte analyfée par D. Villevieille, Tréfor généalogique, édit. Pallier, t. I er , p. 83. 

(d) Les généalogiftes le désignent comme troifième fils, mais dans tous les ades où figurent les trois frères 
il occupe la féconde place, ce qui eft probant. 

(e) D. Villevieille, /. c, p. 83. 



22 



de SABRAN-PONTEVÈS. 



63o 



Isnard d'Agoult, dit d'Entrevennes 8: de Pontevès, Seigneur d'Agoult en 
partie, eut, dans le partage de la liicceffion de fes parents (1244), les châteaux 
de Selle, Saint-Etienne, Mazaugues, Simiane, Durfort, le Muy, Roufïïllon, 
Rians, &c. D'après les hiftoriens, il prit part avec fon frère Foulques à 

la feptième croifade, fut à la prife de Da- 
miette en 1 249 & à la bataille de la Maffoure 
en i25o. Le 23 Octobre de cette même an- 



=^^^ 




née, il rendit hommage au Comte de Pro- 



vence pour le tiers de la ville d'Apt, pour la 
moitié de la terre d'Agoult & pour les châ- 
teaux de Roulfillon & de Lioux (a). Le 22 
Novembre 125 1, il fut caution, avec fon frère 
Foulques, pour Barrai de Baux, envers le 
Comte de Provence, & fon fceau ci-contre 
figure au bas de cet acte d'hommage (b). Il 
prit part, en 1264, à la conquête de Naples 
par Charles d'Anjou (c), & accompagna ce 
prince, en 1270, fur les plages de Tunis pour 
aller au fecours du Roi Saint Louis. On le 
voit figurer, dans une charte du Roi Char- 
les I er , du 20 Octobre 1273, parmi les Chevaliers chargés de choifir des colons 
pour létablilTement d'une colonie provençale à Lucera ou Nocera, dans la 
Pouille (d); puis dans une charte du même fouverain datée de Rome le 
25 Mars 1276, portant règlement fur la procédure criminelle, relativement 
aux droits de la Cour Royale & des Seigneurs (e); il vivait encore en 1277. 
Il avait époufé, vers 1242, Béatrix de Rians, Dame dudit lieu, près Barjols, 
iffue de la même fouche illuftre que la maifon de Baux, & il eut de ce ma- 
riage trois fils : Isnard, qui fuit, Rostaing & Foulques, & deux filles : 
Rossoline d'Agoult de Pontevès, mariée, le 4 Avril 1267, avec Giraud-Amic 
de Sabran, & Cécile d'Agoult de Pontevès, femme d'Elzéar de Sabran, Sei- 
gneur d'Anfouis, d'Uzès & de Cucuron, & qui fut ainfi l'aïeule de Sain' 
Elzéar de Sabran. 

Isnard d'Agoult, dit d'Entrevennes, Seigneur d'Agoult, Baron fuzerain 
de la vallée de Sault, &c, que Pithon-Curt identifie à tort avec le 
précédent, fut furnommé le Grand, en raifon de la réputation qu'il s'ac- 
quit dans la charge de Grand Sénéchal de Provence (i283-Mars 1284). 
En 1291, il fit volontairement hommage, à Charles II, Roi de Sicile & 
de Jérufalem (f), Comte de Provence, de la baronnie de Sault, que lui 



(a) La Gallia chrijîiana, t. I er , col. 818, mentionne encore un hommage du I er Novembre 1260, rendu par 
« Ifnard de Pontevès, fils d'Ifnard d'Entrevennes d'Agoult », à Charles, Comte d'Anjou & de Provence, pour 
le tiers de la ville d'Apt & le château d'Agoult. 

(b) Archives des Bouches-du-Rhône, L. B. 304 & 24.5. 

(c) Papon(t. III, fuppl., p. I à VI), d'après des documents tirés des Archives de Naples, cite, parmi les che- 
valiers français qui eurent part à la conquête de Naples fous Charles I 01 ' : Agout d'Agoult, Agout Pontevès, 
Amiel d'Agoult, Seigneur de Curban, Hugues & Foulques de Pontevès, ces derniers appartenant fans doute 
à la première maifon de ce nom. 

(d) Papon, t. III, preuves, n° xu, d'après les Archives de Naples, regiftre de 1274, B, fol. 78. « Nos ergo 
Isnardo de Pontevès & Thoardo mililibus... nojiras Litteras deJHnamus. &c. ». 

(e)Jbid., preuves, n° xiv, d'après le même regiftre, fol. 5g. (Isnardus de Pontf.vis, &c.) 

(/) Il eft à retenir qu'après la conquête des royaumes de Naples & de Sicile par Charles I er d'Anjou, la 

Sicile en fut démembrée en 1 382 au profit de la maifon d'Aragon. Cependant les fucceffeurs de Charles I er 

prirent toujours le titre de Rois de Sicile & jamais celui de Naples. 



63 1 



de SABRAN-PONTEVÈS. 23 



& fes ancêtres avaient poffédée jusqu'alors en toute fouveraineté (a); 
fes droits régaliens lui furent confirmés & renouvelés en 1297. Ifnard 
fut l'un des exécuteurs testamentaires (19 Mai i3io) de fon neveu 
Ermengaud de Sabran, Comte d'Ariano, Grand Jufticier du royaume 
de Naples, & il tefla lui-même le 17 Odobre i3i5. Il avait époufé : 
i° vers 1270, Briande Artaud, fille de Guillaume Artaud, Seigneur 
d'Aix, & de Mabile de Montauban, de laquelle il eut plufieurs fils, 
entre autres Agout d'Agoult de Pontevès (b); 2 Béatrix de Baux de 
Lachal (c), de laquelle feraient iffues deux filles : Briande d'Agoult, 
Dame de la Cour d'Avignon en 1 341 , & Isoarde d'Agoult, dont la 
beauté fut chantée par le troubadour Arnaud de Cotignac en i35o. 
Raymond II d'Agoult, fils aîné du précédent, Baron de Sault, Cofeigneur d'A- 
goult, d'Apt, &c, fut Viguier ou Gouverneur de Marfeille en i33o, Grand 
Sénéchal & Capitaine général de Provence, d'abord de 1348 jufqu'à Pâ- 
ques i35o, enfuite depuis 1 35 1 jufqu'à Pâques i352 ou peut-être 1 353. Cour- 
celleslui attribue trois femmes : i°vers i3oo, Confoline de Fos, des Vicomtes 
de Marfeille, fille de RoftaingDE Fos, Seigneur de Bonnes & de Colobrières; 
2 en 1327, Leone ou HélioneDEBAUx, fille de Raymond I er de Baux, Sei- 
gneur de Meyrargues, & tante de Taffette de Baux, qui devint la belle- mère 
de Jean II de Pontevès, Seigneur de Bargème; 3° en 1341, Agnès de Mont- 
pezat. Du premier mariage ferait iffu, entre autres, Foulques d'Agoult, 
qui fuit. Du fécond : Raymond d'Agoult, auteur de la branche des Seigneurs 
de Barret, de la Val d'Olle, de Volonne, &c, qui abforba enfuite celle 
iffue de fon demi-frère Foulques; Réforciat d'Agoult, Chevalier de Rho- 
des, Capitaine général du Comté Venaiffin pour le Pape Benoît XIII en 
1398, & Borghèse d'Agoult, mariée, en 1342, à Ermengaud de Sabran, 
Seigneur de la Tour-d'Aigues. Du troifième mariage, vint Marguerite 
d'Agoult, mariée, en i358, à Balthazar de Pontevès, Seigneur de Lambefc. 
Foulques d'Agoult, Baron de Sault, Seigneur de Reillane, de Sifteron, &c, 
porta le nom de Pontevès du vivant de fon père, & fut Grand Sénéchal 
de Provence en 1 353, i355, 1 358-i 35g, 1 363-i 365, puis Chancelier & Grand 
Chambellan de Sicile. Il tefla le 18 Octobre 1372, & fît des fubititutions 
iucceffives, après deux de fes fils & fon frère, en faveur des branches de 
Pontevès-Lambefc, de Pontevès-Bargème, de Pontevès- Châteaurenard & 
de Pontevès-Pontevès, de préférence aux d'Agoult de Claret, d'Ollières & 
de Cabriès. De fon mariage (21 Juin i323) avec Alix de Baux, fille de 
Raymond II de Baux, Comte d'Avellino, il eut trois fils & trois filles, dont 
l'une, Briande d'Agoult, époufa Loup d'Espagne, Comte de Luna, & en eut 
une fille, Marie de Luna, qui devint (1 3g5) la femme de Martin le Vieux, 
Roi d'Aragon, & mère de Martin le Jeune, Roi de Sicile. L'aîné des fils 

(a) Le texte de cet important acte d'hommage fut donné par Papon, t. III, preuves, n° XXIV. 

(b) Courcelles lui attribue encore une fille, Agathe d'Agoult, féconde femme de Bertrand III, Sire 
de Baux, Comte d'Avellino, Régent du royaume de Naples. Cependant, Pithon-Curt ne cite même pas 
Agathe parmi les enfants d'Ifnard d'Agoult, & dans plufieurs chartes rapportées dans V Inventaire du D r Barthé- 
lémy, la féconde femme de ce Bertrand de Baux (depuis 1283 au moins) s'appelle Agathe de Mévouillon, 
Dame de Caromb, fceur de Raymond de Mévouillon & de Béatrix de Mévouillon, Dame de Vifan, veuve de 
Sicard d'Alaman, le Vieux [fans doute le Sénéchal du Comté de Touloufe]. Or, il paraît certain qu'une branche 
des dAgoult avait pris, vers i23o, le furnom de Mévouillon, à la fuite du mariage de Bertrand de Mifon avec 
une Béatrix de Mévouillon. C'eft donc à cette branche qu'Agathe de Mévouillon devait appartenir. 

\c) Dans l'analyfe faite par D. Villevieille du teftament de Barrale de Baux, femme de Barrai I er de Pon- 
tevès (voir plus loin au X p degré), du 28 Octobre i3o8, on lit que cette Dame •• fonda un anniverfaire pour 
Dame Béatrix de Lachal (Lachau, Hautes-Alpes 1, fa fœur, jadis femme de Meffire Ifnard de Pontevès ». 



de SABRAN-PONTEVÈS. 



632 



fut Raymond, qui fuit; le fécond, Foulques cTAgoult, Vicomte de Reil- 
lane (en 1378), Grand Sénéchal de Provence de 1376 à fa mort, prit part à 
la féconde conquête du royaume de Naples, y reçut le comté de Noie & le 
marquifat de Cotrone, puis les île, ville & marquifat de Corfou (i382); 
fut, avec fon frère Raymond, l'un des exécuteurs teftamentaires du Roi 
Louis I er d'Anjou en 1384, & mourut à Arles, le 29 Décembre i385, fans 
poftérité; le troifième, Jean d'Agoult, fut Archevêque d'Aix du i er Juin 
1379 au 22 Septembre 1394 (a). 
Raymond III cTAgoult, Baron de Sault, Vicomte de Reillane (après fon frère 
Foulques), Comte de Geraci, fut Grand Chambellan du royaume de Naples, 
Grand Sénéchal de Provence de 1 365 à 1371 & Amiral des mers du Levant. 
Il fut un des deux ambaffadeurs chargés, en 1400, de conclure le mariage 
du Roi Louis II avec Yolande d'Aragon, & il mourut peu de temps après (b). 
C'eft lui qui demanda, au nom des États de Provence, au Pape Clément 
VI, la canonifation d'Elzéar de Sabran, Comte d'Ariano (i35i). Il avait 
époufé Béatrix d'Agoult, Dame de Forcalqueiret, fille de Raymond d'A- 
goult, Seigneur de Trets & de Forcalqueiret, dernier de fa branche (voir 
p. 22), dame que Noftradamus a mife au rang des femmes illuftres de fon 
temps. Il ne laiffa de ce mariage qu'une fille : Phanette ou Etiennette 
d'Agoult, mariée, en 1394, à fon coulin Foulques d'Agoult, Seigneur de 
Barret, quatrième fils de Raymond d'Agoult, cité plus haut, auteur de cette 
branche. Raymond d'Agoult, fils unique de ceux-ci & dernier Baron de Sault 
de fa branche, Chevalier de Tordre religieux & militaire du Croiffant, 
inftitué par le Roi René d'Anjou en 1448, n'eut pas d'enfants. & tefta, en 
1461, en faveur de Foulques d'Agoult, Baron de Mizon, fon coufin germain. 
Celui-ci était fils aîné de Raymond, dit Agoult d'Agoult, frère aîné de 
Foulques d'Agoult de Barret, ci-deffus. L'héritier de la baronnie de Sault 
fut un des hommes les plus illuftres de fon époque, & auffi Tami 8: l'un des 
exécuteurs teftamentaires du Roi René d'Anjou (qui a réfumé les vertus 
de cette maifon par l'adage : Hofpitalité & bonté d'Agoult). Il fit fon tefta- 
ment définitif le 19 Août 1491, & inftitua pour fon héritier Raymond d'A- 
goult, Seigneur de Cipières, fon neveu, qui fut le dernier Baron de Sault 
du nom d'Agoult. Il lui fubftitua Foulques Vincens, Seigneur de Rognes, 
près Lambefc, fon filleul, à la charge par lui de porter le nom & les 
armes d'Agoult : D'Or au Loup d'Azur, avec la brifure : au Collier d' Ar- 
gent, cloué d'Or, « afin, dit le teftament, que les autres loups n'étranglaffent 
pas celui-ci ». Par fuite d'une tranlachon de i5ii, Foulques Vincens garda 
pour lui & fes defcendants le nom & les armes d'Agoult, avec plulieurs ter- 
res (c); mais la baronnie de Sault, érigée en comté en i56i, paffa à la 
fœur aînée de Raymond, à Louise d'Agoult, mariée à Claude de Montau- 
ban, dont les héritiers prirent le nom d'Agoult, & s'éteignirent à leur tour 
•à la quatrième génération. La terre d'Agoult échut alors à la maifon de 
Blanchefort de Créquy. 
4. Barral d'Agoult, mort avant 1244. 

\a\ Voy. H. Fifquet, la France pontificale (métropole d'Aix); Paris, s. d., in-8°. 

{b) Pour le grand rôle joué par Raymond d'Agoult, par fon frère & par leurs ancêtres, auffi bien dans le royaume 
de Naples qu'en Provence, à cette époque de guerres continuelles, voir Papon, Hifloire de Provence, t. III. 

(c) Pour la généalogie de la famille Vincens d'Agoult. qui exerça des charges confidérables à la cour, voir 
Pithon-Curt, t. III, p. 571-572, & Borel d'Hauterive, Annuaire de la Noble/Je, 1864, pp. 205-209. Elle f° b " 
fifte encore aujourd'hui en la perfonne de M. Foulques, Marquis d'Agoult, Capitaine de cavalerie démiffion- 
naire, né le 2 Avril 1844, marié, le 3 Juin 1875, à Marie-Batilde de Montrichard. 



633 



de SABRAN-PONTEVES. 



2D 



Mabile d'Agoult ou de Pontevès, Dame de Mazaugues, mariée, vers i23o, 
à Burgondion de Trets, Seigneur de Trets & d'Ollières, ifiu des Vicomtes 
de Marfeille, cadets des Comtes de Provence, fils de Raymond-Geoffroy, 
Vicomte de Marseille en partie. On leur donne pour fille Cécile, mariée 
avec Gaucher de Forcalquier, dit de Salins, fils de Guillaume de Sabran, 
Comte de Forcalquier. Les defcendants de Burgondion de Trets prirent 
d'abord le furnom d'Entrevennes & d'Ollières, & fon fils Ifnard d'Ollières 
eut recours, en 1260, à l'arbitrage de fon oncle Raymond d'Agoult pour 
le règlement de la fuccefïion de fes ayeux maternels (voir p. 21). Jac- 
ques, Seigneur d'Ollières, petit-fils du précédent, prit le nom & les armes 
des d'Agoult, & cette branche, dont les membres fe qualifiaient de « Vi- 
comtes de Marfeille », Barons, puis Marquis d'Ollières, était encore repré- 
fentée au milieu du fiècle dernier. 

Sancie d'Agoult, morte fans alliance, après avoir tefté, le 25 Mars 1258, en 
faveur de Foulques de Pontevès, fon frère. 



IX. DEGRE. 

Foulques ou Fouquet (à) I er d'Agoult de Pontevès, fut héritier principal de Dou- 
celine de Pontevès, fa mère (voir p. 21), à la charge de relever le nom & les armes 
de Pontevès. Le jour des ides (le i3) de Février 1244 (v. ft.), il tranfigea avec fes 
deux frères pour le partage de la fuccelîion paternelle (Bernard Girard, Not. à 
Rians). Il fut Seigneur de Pontevès, Montmeyan, Efparron, Artignofc, Bargème, 
Callas, Brovès, Tavernes, Luffan, Sillans, Barjols, Beauvezet, la Baftide-de-Berfille, 
Comps, Auriac, Blioux, &c, en vertu dudit partage (b). 

D'après un généalogifte (c), il prit part à la feptième croifade, fut à la prife de 
Damiette, avec le Roi Saint Louis, en 1249, & à la bataille de la Maffoure en i25o. 
Le 22 Novembre i25i, il fut caution, avec fon frère Ifnard, pour Barrai de Baux, 
envers le Comte de Provence ; fon fceau ci-contre figure encore au bas de cet acre 
(voir plus haut, p. 22). 

Il époufa, en premières noces, par contrat du 27 No- 
vembre 1240, Mathilde de Rheza, fille unique de Guil- 
laume de Rheza (d), Seigneur & premier Baron de Coti- 
gnac, Seigneur de Carces (e) & de FlafTans, furnommé le 
Grand, Lieutenant général des armées du Comte de Pro- 
vence Raymond-Bérenger IV, fon exécuteur teftamentaire 
(i238), & tuteur (avec Romée de Villeneuve) de la Com- 
teffe Béatrix, fa fille, la future époufe de Charles d'Anjou, 
Roi de Naples & de Sicile. 

Il époufa, en fécondes noces, Philippe des Porcellets, 




(a) Foulquet ou Fouquet n'eft que le diminutif du prénom Foulques; on le donnait, de même que d'autres 
femblables : Barralet, Ifnardet, Jeannet, Louiiet, &c, à des fils mineurs. Il en était de même pour les filles. 
{b) Acle analyfé dans D. Villevieille, Tréfor généalogique, v° Agoult & Pontevès. 

(c) Meynier, Hijïoire de la Noblejfe de Provence, p. 2i5 (qui déclare avoir emprunté fes renfeignements 
au moine Haudoin). 

(d) Il était d'origine efpagnole, & l'on trouve un Garcias de Reza, Viguier du château d'Albaron, pour Ilde- 
fonfe. Roi d'Aragon, &c, faifant au nom de fon fouverain, en Août 1 190, un acte au profit des Hofpitaliers de 
Saint-Gilles (L'Authentique de la mai/on de l'Hôpital du Grand Prieuré de Saint-Gilles, dans Revue hijl. de 
Provence, 1890, p. 95). 

(e) La prononciation locale eft Carcès, & fouvent on écrit ainfi le nom de cette localité. La baronnie de 
Cotignac, ainfi que les feigneuries de Carcès & de FlafTans furent inféodées à Guillaume de Rheza par 
charte du Comte de Provence, des ides de Janvier 1232. 



80 






26 



de SABRAN-PONTEVES. 



63 4 



iffue de Tune des plus vieilles races de Provence, fille de Bertrand des Porcellets, 
Seigneur en partie de la ville d'Arles, de cellede Martigues, de Fos, du château d'Aix, 
de Cuges, &c, & de Bertrande des Porcellets-Lambesc. Son frère, Guillaume 
des Porcellets, Compagnon fidèle du Roi Charles I er & Gouverneur de la ville & 
du château de Pouzzoles, fut le feul Français épargné dans le mafTacre général 
des Vêpres Siciliennes, à caufe de fa haute probité, de la fageffe & de la douceur 
de fon gouvernement. 

Foulques de Pontevès tefta le 19 Août (14 des cal. de Septembre) 1239, nom- 
mant les frères Raymond & Ifnard pour tuteurs & curateurs de fes enfants & de 
fes terres, & alïignant le douaire à fa femme fur le château d'Artignofc (a). Il 
ne vivait plus en 1260 (b), & fut inhumé en l'églife de Barjols. Philippe où Philip- 
pine des Porcellets, Dame d' Artignofc, devenue veuve, alla aider Sainte Douceline 
de Digne, fondatrice des Béguines à Roubaud, près d'Hyères, puis à Marfeille, 
dans la direction de fon œuvre, & elle devint, par fa générofité, la providence de cet 
établiffement. D'abord Vicaire de la fondatrice, elle lui fuccéda (12741 comme Su- 
périeure générale ou Prieure majeure (c), & tefta le 24 Novembre i3i2, ayant 
furvécu à fes filles, dont elle rappelle la mémoire. 

Du premier mariage de Foulques de Pontevès vinrent : 

1 . Barral de Pontevès, qui fuit. 

2. Guillaume de Pontevès (d), Seigneur de Carcès & de Cotignac, Confeiller de 

Charles d'Anjou, Comte de Provence. Il fut père de deux filles : Matheude, 
mariée à Bertrand Rambaud de Simiane (elle fit donation entre vifs, le 17 
Mai 1294, de tous fes biens à fes coufins Foulques III & Barral II de Ponte- 
vès, & tefta en 1 3 1 1), & Béatrix, femme de Raymond de Rocas (de Rocacio). 

3. Maragde ou Marguerite de Pontevès, mariée, par contrat du 27 Novembre 

1270 (e), à Raymond-Geoffroy de Galbert de Trets, fils de Boniface de 



Trets, de la branche cadette des Vicomtes de Marfeille. 



4- 



Guilherme ou Guillemette de Cotignac, mariée, le même jour, à Reforciat 
de Galbert de Trets, frère du précédent. A ce double mariage affûtaient : 
l'Archevêque d*Aix, les Év.êques de Fréjus & de Gap, ainfi que Raymond 
d'Agoult & Ifnard d'Entrevennes, oncles des dites demoifelles. 

Isoarde de Pontevès, qui fut tutrice de fa nièce Matheude de Cotignac. 

Béatrix de Pontevès, citée dans le tefta ment de fon père. 

Marcelle de Pontevès, mariée à fon coufin Raimbaud de Simiane, fils de 
Guidet de Simiane & d'Ifoarde de Signe (/), tante de Sainte Delphine de 
Signe, mariée à Saint Elzéar de Sabran. 
Du fécond mariage de Foulques de Pontevès vinrent trois filles : 
Douceline, Mabile 8c Maragde, mortes jeunes. 

(a) Charte analyfée dans D. Villevieille, Tréfor généalogique, v° Agoult & Pontevès. 

(b) Il en réfulte que ce Foulques de Pontevès ne put accompagner, avec fon frère Ifnard, en 1264, Charles 
d'AnjouàlaconquétedeNaples, comme le veutNoftradamus & ceux qui l'ont fuivi, & encore moins affilier ce 
prince dans un cartel contre Pierre d'Aragon en 1280, comme le marque O. Teiffier, Hijloire de la commune 
de Cotignac (Marfeille, 1860, p. 274), d'après l' Hijloire de Provence de Gaufridy. 

(c) M. l'Abbé J.-H. Albanès, éditeur de la Vie de Sainte Douceline, compofée au XIII e Jiècle en langue 
provençale (Marfeille, 1879, in-8°), attribue, avec la prefque certitude, à Philippine des Porcellets, cette œuvre, 
qui conftitue un monument de la langue. C'eft à fes inveftigations que nous devons les renfeignements utilifés 
ici fur cette dame éminente. 

(d) Il eft très probable que ce Guillaume fut l'aîné des fils. — Parmi les arbitres du différend entre Raimond- 
Bérenger, Comte de Provence, & Guillaume de Sabran, Comte de Forcalquier, au fujet de ce comté (1220), 
figure un Guillaume de Cotignac, qui ne faurait, en raifon des dates, être identifié avec Guillaume de Cotignac, 
de la maifon de Pontevès, & n'était autre que le futur grand-père maternel de celui-ci. 

(c) D. Villevieille, Tréfor généalogique. 

(/) P. Anfelme, Hijloire généalogique des Grands Officiers, t. II, p. 242 (gén. de la maifon de Simiane . 



635 de SABRAN-PONTEVÈS. 27 



X. DEGRE. 

Barral I er de Pontevès, Seigneur de Pontevès, Bargème, Callas, Tavernes, 
Sillans, &c, époufa, vers 1260, Barrale de Baux, fille de Guillaume de Baux, 
Seigneur de Berre, & d'Eugaris de Tournée, & fœur de Bertrand de Baux, qui 
fut l'ancêtre des Ducs d'Andrie & le bifaïeul de Jacques de Baux, Empereur de 
Conftantinople, Prince de Tarente & d'Achaïe. Barral de Pontevès ne vivait plus 
en 1270, lors du mariage de deux de fes fœurs. Sa veuve tefta le 28 Octobre i3o8, 
au château de Sillans (Guill. Gayrolis, Not.), & fît, entre autres, un legs à un 
Jean de Pontevès, Damoifeau (a). Ils eurent pour enfants : 

1. Foulques de Pontevès, qui fuit. 

2. Isnard de Pontevès, Prieur de la Celle (b) en 1 3 1 1, puis Abbé du célèbre mo- 

naftère des Bénédictins du Mont-CafTin, enfuite mis à la tête de l'abbaye 
de Montmajour, qu'il ne gouverna que quelques mois, étant mort avant le 
6 Avril i3i8. 

3. Agnès de Pontevès, mariée, le 22 Janvier i3io (v. (t.), à Rambaud IV de 

Grasse, Seigneur d'Antibes & du Bar. 

XI. DEGRÉ. 

Foulques II de Pontevès, Seigneur de Pontevès, Bargème, Tavernes, &c, 
fut un des cent Gentilshommes choiils par le Roi Charles I er pour affilier à fon 
fameux duel avec le Roi d'Aragon, duel fixé au i er Juin 1283, mais qui n'eut pas 
lieu. Il fut aulïi l'un des 80 otages envoyés au Roi d'Aragon, en 1289, quand Char- 
les II d'Anjou, fon prifonnier, eut recouvré fa liberté (c). Il mourut avant 1294, 
& avait époufé Marguerite des Porcellets, qui vivait encore en i3o8. Ils eurent 
pour enfants : 

1. Foulques de Pontevès, qui fuit. 

2. Barral II de Pontevès, auteur de la branche de Pontevès-Pontevès, rap- 

portée plus loin (p. 56 & fuiv.). 

3. Isoarde de Pontevès, héritière de fa grand'mère en i3o8. 

XII. DEGRÉ. 

Foulques III de Pontevès, furnommé le Grand, Confeiller & Chambellan du 
Roi Robert, Comte de Provence, auquel il avait fait hommage pour fes terres en 
i3i6&en i32o,&lui en rendit encore un le i5 Février i324(v. ft.), pour Tavernes, 
Brue, Auriac, Artignofc, Bargème, Brovès, Cotignac, Carcès & Saint-Etienne-du- 
Clocher, la moitié d'Entrecafleaux, les cofeigneuries de Méouilles, le Caftellet, 
Entrevennes, la Tour de Comps, Barjols, Ifnard, Pontevès, Caflelar, Callas, Pen- 

(a) Ce Jean de Pontevès devait être de la première maifon de ce nom. 

(b) L'abbaye d'Artecelle, ou de la Celle, de l'ordre de Saint-Benoît, était (ituée près de Brignoles (Var). 

(c) Papon (t. III, p. 89), qui emprunte fes renfeignements à Ruffi (Hijîoire de Marfeille, p. 1 52) & à Rymer 
(Fœdera, t. II, 3 e part., p. 44), mentionne ce fait en ces termes : « Il (le Roi Charles II) rit partir quatre-vingt 
otages parmi lefquels on trouve Hugues de Baux, fils du Comte d'Avelin ; Fouques d' Agonit à la place de 
Fouques de Pontevès. fon oncle, &c. » Ce Foulques d'Agoult était le troifième fils d'Ifnard d'Entravennes, 
frère de Foulques I er de Pontevès, aïeul de Foulques II, & par conséquent ce dernier était non pas l'oncle, 
mais neveu iffu de germain de Foulques d'Agoult. — Lorfque Charles II fe préfenta, le i or Novembre 1289, 
au col de Paniffar, pour fe conftituer de nouveau prifonnier entre les mains du Roi d'Aragon, conformément 
aux conventions, parmi les Chevaliers qui l'accompagnaient figurait un Ifnard de Pontevès le jeune [junior , 
dont le point de rattache à fa famille eft difficile à établir, à moins qu'il ne s'identifie avec Ifnard de Ponte- 
vès, fils de Barral II. (Papon, t. III, preuves, n° xx.) 



28 de SABRAN-PONTEVÈS. 



636 



nafort, &c. Il fut l'un des exécuteurs teftamentaires de Saint Elzéar de Sabran, 
Comte d'Ariano (18 Juillet 1 3 1 7) , qui était fon coufin iffu de germain. En i3-28, 
pendant la guerre contre les Impériaux, Foulques de Pontevès fut, avec Ber- 
trand de Baux, à la tête des chevaliers provençaux chargés de garder les paffages 
dans la Campanie (à). Il époufa (avec difpenfe du Pape Clément V, du 3i Décem- 
bre 1 3 1 1 (b), pour caufe de confanguinité) Galburge d'Agoult, fille de Refor- 
ciat d'Agoult, Seigneur de Trets, &c, & de Raibaude de Causols (voir p. 21). 
Dans fon teftament du 18 Juillet i334 (Pierre Matheon, Not.), auquel il ajouta un 
codicille le 25 fuivant, il élit fa fépulture en féglife de Cotignac. Sa veuve tefta le 
10 Janvier i35g (v. ft.). Leurs enfants furent : 

1 . Jean de Pontevès, Seigneur de Cotignac , Carcès, Artignofc, Tavernes, Auriac, 

Brue (Bruëe), Barjols, &c, dont il fit hommage à Robert, Roi de Sicile, 
Comte de Provence, par acte paffé à Nice le i3 Juin i335, étant alors âgé 
de plus de 14 ans, & qualifié deDamoifeau. Il époufa, en 1 33 1 (reconnaiffance 
de 1000 fl. de la dot de fa femme, du 7 Février i33i (v. ft.); Jacques, dit 
Calvin, Not. à Apt), Billette ou Mabile d'Anduze de la Voûte, fille de Guil- 
laume, Chevalier, Seigneur de Saint-Martin de Caftillon, & de Mételine de 
Blacas. Il tefta à Aix le i5 Mars 1340 (v. fl.), & mourut avant le 7 Février 
1348 (v. ft.). Sa veuve vivait encore en 1379, & était alors qualifiée de Dame 
de TEfpine & de Vercoyran. Leurs enfants furent : 

I. Foulquet de Pontevès, Seigneur de Cotignac, Carcès, &c, dont il fit 
hommage à Louis, Roi de Sicile, & à la Reine Jeanne, le 19 Novem- 
bre 1 355 . Il fut tué à la guerre en i356, & fon héritage paffa à Foul- 
ques IV de Pontevès, fon oncle, qui fit faire, le 2 Novembre 1 356, un 
inventaire des meubles & papiers fe trouvant au château de Cotignac. 

II. Galburge de Pontevès. 

2. Foulques de Pontevès, qui fuit. 

3. Raymond d'Agoult de Pontevès, Chevalier de Rhodes en i33o. 

4. Elzéar de Pontevès, d'abord Religieux au couvent des Frères mineurs d'Apt, 

fut élu, le I er Juin 1 358, Évêque-Princed'Apt. Guiran VII de Simiane lui ren- 
dit hommage pour la feigneurie d'Apt en 1359. Il affifta à fon lit de mort, le 
26 Novembre i36o, Sainte Delphine de Sabran, fa coufine, & préfida à fes 
funérailles. Il mourut en Décembre i36i. 

5. Barrale de Pontevès, Prieure du monaftère de la Celle en 1344. 

6. Marguerite de Pontevès, Religieufe à la Celle, vivante en 1359. 

7. Raibaudette de Pontevès, légataire de fon père, morte avant 1359. 

8. Matheude de Pontevès, mariée, par contrat du 7 Février i348(v.ft.), à Hélion 

de Villeneuve, Baron des Arcs & de Trans. Après la mort de fon mari, elle 
entra au monaftère de la Celle, & vivait encore en 1 35g. 

XIII. DEGRÉ. 

Foulques IV de Pontevès, né vers i323, Chevalier, Seigneur de Bargème, Bro- 
vès, Flayofc, &c. , fit foi & hommage lige & ferment de fidélité à Jeanne I re , Reine 
de Sicile, entre les mains de Meffire Raymond d'Agoult, Chevalier, Seigneur du 
Val de Sault, Grand Sénéchal de Provence, dans la ville d'Aix, le 10 Mars 1 35 1 
(v. ft.), en préfence de Meffire Foulques d'Agoult, de Meffire Guiraud de Simiane, 
Seigneur d'Apt & de Cafeneuve , de Meffire Bertrand de Sabran , Seigneur de 

(a) Papon, t. III, p. i33. 

(b) Regiftre de Clément V, aux Archives du Vatican. 



ô3 7 de SABRAN-PONTEVÈS. 29 

Margaritis, & de Meffire Albéric de Tarafcon, Chevalier (a). Héritier fubftitué de 
fon neveu Foulquet de Pontevès , il fit de ce chef foi & hommage au Roi & à la 
Reine de Sicile, le ^Novembre 1 356, pour les feigneuries 8c châteaux de Cotignac, 
Carcès, Tavernes, Artignofc, Brue, Méailles (Méalhe), Fougeret, Saint-Benoît, Au- 
rons, Caftellet, Grimaud, 8cc. En i35g, il hérita encore de fa mère des châteaux 
de Callas & de Pennafort. Il avait été fubftitué, avec fon fécond fils, par Foul- 
ques d'Agoult, Baron de Sault, après Ifnard & Foulques de Pontevès-Lambefc , 
neveux du teftateur (1372). Il était Confeiller au Confeil privé de Marie, Reine 
de Jérufalem & de Sicile, Comteffe de Provence (au nom de fon fils Louis II), 
laquelle, par lettres du 16 Octobre 1 385, lui fit don de toute juridiction dans fes 
domaines, tant fur les vaffaux & les hommes de fes châteaux, que fur les étran- 
gers qui s'y trouveraient délinquants, & cela en confidération des fervices qui 
avaient été rendus par lui, « tant au feu Roi Louis, fon mari d'heureufe mé- 
« moire, qu'à la feue Reine Jeanne, Mère de ce Prince, notamment pendant les 
« troubles 8c les bruits de guerre dont les comtés de Provence & de Forcalquier 
« avaient été agités du temps de ce déteftable traître Charles de Duras ; & depuis à 
« elle-même en la perfonne du Roi Louis, fon fils, tant par ledit Foulques de Pon- 
« tevès , toujours animé des mêmes zèle & fidélité pour le bien & la gloire de fes 
« États, que par magnifiques 8c nobles hommes Foulques de Pontevès, Chevalier, 
« Si Jean de Pontevès, Damoifeau, fes enfants, en faifant la guerre de tout leur 
« pouvoir, à leurs propres frais èi dépens 8c au grand rifque de leurs perfonnes, 
« contre les rebelles 8c les traîtres dudit comté de Provence (b) ». Il réfulte de ce do- 
cument que faîne des fils fut Foulques ou Fouquet de Pontevès , qualifié de Che- 
valier, pendant que fon frère Jean n'était encore que Damoifeau, 8c que par con- 
féquent la branche aînée eft celle de Carcès & non celle de Bargème, contrairement 
à l'affertion d'Artefeuil. Fouquet IV de Pontevès tefta d'abord en i36i, puis le 12 
Octobre 1374, enfin en 1375 (Raymond Augier, Not. à Draguignan), 8c fit un codicille 
le 17 Septembre 1 388. De fon mariage avec Bérengère de Fos, Dame de la Garde- 
Freynet, fille de Geoffroy de Fos, qu'il avait époufée en \3<\5, 8c qui lui furvécut 
de peu , il eut : 

1. Foulques V de Pontevès, qui fuit. 

2. Jean II de Pontevès, auteur de la branche des Seigneurs de Bargème, rap- 

portée plus loin (p. 40 8c fuiv.). 

3. Alayette ou Alasatie (ou même Alexie) de Pontevès, Prieure de l'abbaye 

delà Celle en 1 388, vivante encore en 1396. 

XIV. DEGRÉ. 

Foulques V de Pontevès, Chevalier, Seigneur de Cotignac, Carcès, Artignofc, 
Tavernes, Flaffans, tkc, tranfigea avec fon frère Jean, fous l'autorité de leurs pa- 
rents, le 11 Mai i3ji , au fujet de leur fucceffion refpeétive. Il fut parmi les Sei- 
gneurs qui allèrent, en Juin i385, reconnaître le Roi Louis II à Avignon, 8c, le 
10 Décembre fuivant, il figna l'acte par lequel ce prince confirma les privilèges de la 
ville d'Arles (c) . Son coufin Barrai III de Pontevès le nomma l'un de fes exécuteurs 
teftamentaires , le dernier de Février i3g2 (v. ft.). Il fut Viguier d'Aix en i3g'4, 8c, 
en cette qualité, il commanda, par ordre des États affemblés en Décembre de cette 
année, un des quatre corps de troupes provençales chargés de combattre les routiers 

(a) Archives départementales des Bouches-du-Rhône , H. 460. 

(b) Ces lettres font en latin ; on en trouve le texte complet & une traduction en français parmi les Titres de 
la maifon de Pontevès, au département des Mannfcrits de la Bibliothèque Nationale. 

(c) Papon, t. III, pp. 265 & 269. 






3o 



de SABRAN-PONTEVES. 



638 



de Raymond de Turenne. Il ne vivait plus le 5 Février i3g5 (v. ft.). De fon mariage, 
contracté à Aix le 29 Mars 1370 (v. ft.), avec Mételine d'Anduze de la Voûte, fille 
de Bermond, Seigneur de la Voûte & de Saint- Martin de Caftillon, & de Béatrix de 
la Roche, lequel Bermond était le frère de Mahile de la Voûte, femme de Jean de 
Pontevès, Seigneur de Cotignac (voir p. 28), il eut : 

1. Jacques de Pontevès, Chevalier, Seigneur de Cotignac, Carcès, Artignofc, 

Tavernes, &c, né en 1376. Il prit part à la guerre contre Raymond de Tu- 
renne en 1 3g6-i 398; prêta, à Louis II, Roi de Sicile, Comte de Provence, 
le i cr Octobre 1399, ferment de foi & hommage, qu'il renouvela le 18 Sep- 
tembre 1435, à René d'Anjou, & il fut l'un des cinq députés de la Nobleffe 
envoyés, en 141 7, par les États de Provence, pour rendre hommage à la 
Reine Yolande, tutrice de fon fils Louis III (23 Août), & folliciter d'elle 
diverfes réformes. De 1429 à 1436, il fut tuteur de fon coufin Bertrand de 
Pontevès, Seigneur de Pontevès. Il avait époufé, en Juillet 1406, Alayette de 
Villeneuve, Dame de Vidauban, fille de Giraud de Villeneuve, Seigneur 
des Arcs, & de Bertrande d'Alamanon, fa première femme. N'ayant point 
eu d'enfants, il adopta fon neveu Aulzias, fils de fon frère Jean III. Sa femme, 
par fon teftament fait à Carcès le 18 Juillet 14D0, élut fa fépulture en Téglife 
de Notre-Dame de Carami, au tombeau de fes ancêtres, & inftitua fon mari 
pour héritier univerfel. 

2. Jean III de Pontevès, qui fuit. 

3. Brémond de Pontevès. 

4. Marguerite de Pontevès, mariée, par contrat paffé au château de la Celle le 

5 Mars 1402 (v. ft.), à Bertrand-Raimbaud III de Simiane, Seigneur d'Apt 

6 de Cafeneuve, & plus tard Chambellan du Roi Louis III d'Anjou, Comte 
de Provence; fils de Guinot de Simiane & de Delphine de Sabran. Elle tefta 
le 1 1 Octobre 14D1. L'une de leurs filles, Isabelle de Simiane, époufa Ber- 
trand de Pontevès, Seigneur de Pontevès (voir plus loin, p. 5g). 

5. Baude de Pontevès, Prieure du monaftère de la Celle de 1424 à 1455. 



XV. DEGRÉ. 

Jean III de Pontevès, Cofeigneur de Blioux (aujourd'hui Blieux), au diocèfe 
de Senez, &c, époufa, par contrat paffé à Digne le 16 Novembre 1401 , Marguerite 
d'Esparron, fille de Bertrand d'Esparron, Seigneur de Bellegarde, & de Béatrix de 
Blioux (de Bleuis), & tefta le 5 Août 1420, fubftituant, à fes fils & à fon frère Jac- 
ques, fes coufins Bermond de Pontevès-Bargème, puis Jean de Pontevès, Seigneur 
de Pontevès. Ses enfants furent : 

1. Fouquet de Pontevès, héritier univerfel de fon père; il mourut fans alliance. 

2. Aulzias ou Elzias de Pontevès, qui fuit. 

3. Louis de Pontevès, deftiné par fon père aux ordres facrés, & qui mourut 

fans hoirs. 

4. Mételine de Pontevès, mariée, le 19 Décembre 1429, à Gautier de Ponte- 

vès-Flassans (voir plus loin, p. 36). 

5. Bérengère de Pontevès, légataire de fon père, Religieufe à la Celle. 

XVI. DEGRÉ. 

Aulzias, Elzias, ou Elzéar de Pontevès, Seigneur de Blioux, Senez, Château- 
neuf, Clufe & Saint-Martin, fit foi & hommage pour ces terres & châteaux à René, 



63, de SABRAN-PONTEVÈS. 3i 

Roi de Sicile , le 18 Septembre 1435, puis le 3o Avril 1440 d'une portion de la fei- 
gneurie de Blioux qu'il avait acquife récemment. Par donation entre vifs de lbn oncle 
Jacques de Pontevès, qui précède, & comme héritier fubftitué par fes ancêtres, il 
reçut les feigneuries de Cotignac, Carcès, Tavernes, &c, dont il fit hommage au 
même fouverain le 20 Novembre 1445, puis le 16 Août 1448. Il fut Viguier de Mar- 
feille en 1454. Jean de Lorraine, fils aîné de René d'Anjou, Roi de Sicile, chargé de 
prendre poffeffion, au nom du Roi de France, de la république de Gènes, donna 
commiffion à Elzéar de Pontevès d'occuper Savone, de la gouverner & de rece- 
voir au nom du Roi le ferment de fidélité de ladite ville, le 6 Mai 1458. 

Il avait époufé, par contrat paffé à Avignon le 20 Décembre 1446, Clarette ou 
Claire de Tolon-Sainte-Jalle, fille de feu Siffrein ou Soffrei de Tolon, Sei- 
gneur de Sainte-Jalle. Il tefta le 24 Août 1464, & ne laifla qu'un fils, qui fuit. Sa 
femme vivait encore en 1475. 

XVII. DEGRÉ. 

Jean -Baptiste de Pontevès, Seigneur de Cotignac, Carcès, Artignofc, Blioux, 
Châteauneuf, &c, Confeiller & Chambellan du Roi René d'Anjou, par lettres 
données à Angers le i er Mars 1470 (v. ft.), fut chargé, en cette qualité, par 
commiffion du même fouverain du 26 Septembre 1475, de viiiter les fortereffes de 
Provence, de concert avec un autre Chambellan, Raimond de Glandevès. Par let- 
tres données à Pertuis le 11 Avril 1476, il fut nommé un des Ambaffadeurs pour 
faire le ferment, entre les mains des envoyés du Roi de France Louis XI, au nom 
du Roi René d'Anjou , de n'avoir aucune intelligence ni confédération avec le Duc 
de Bourgogne. Les autres Ambaffadeurs du fouverain de la Provence étaient : 
Foulques d'Agoult, Seigneur de Sault, Chevalier, Confeiller-Chambellan du Roi 
René; Arnault de Villeneuve, Ecuyer, Seigneur des Arcs & de Trans; Jacques de 
Jarente, Seigneur de Montclar; Honorât deForbin. Le Roi de France était repréfenté 
par Antoine de Pontevès, Seigneur de Cabanes, par André des Porcellets 8c par Jean 
de Blanchefort, Chevalier, Maire de Bordeaux. Par lettres du 20 Juillet de la même 
année , données à Tarafcon , Jean-Baptifte de Pontevès reçut de fon fouverain une 
penfion de 1200 florins d'or, en dédommagement des frais & grands dangers qu'il 
avait courus à fon fervice es pays de Sicile & d'Aragon en accompagnant fon 
fils le feu Duc de Calabre, Jean d'Anjou. Il fut Viguier d'Arles en 1479. René II, 
Duc de Lorraine, le prit à fon fervice & le fit Sénéchal de Lorraine, avec le 
confentement de fon aïeul, le Roi René; mais après la mort de celui-ci (10 Juillet 
1480), fon fucceffeur, Charles, Comte du Maine, faifit toutes les propriétés de 
Jean-Baptifte de Pontevès en Provence, en dédommagement de quoi le Duc de 
Lorraine lui donna fes terres & feigneuries de Florines & de Pèches , au pays 
de Liège, en toute haute, moyenne & baffe juftice (1481), puis les terres, ville, chà- 
tellenie & prévôté de Rofières-aux-Salines, avec 700 livres de rente (1482), & la 
commiffion de Capitaine des ville & château d'Épinal. Celui-ci, par acie de dona- 
tion entre vifs, fait au château de Fléville-fous-Nancy, du i er Février 1482 (v. 
ft.), donna fes terres & feigneuries de Florines & de Pèches à fes « coufins ger- 
mains » Durand de Pontevès & Arnaud « Damien » ou d'Amyens. En Août 1481 , 
il fut envoyé en Provence par Yolande d'Anjou, fille du Roi René & héritière légi- 
time de la Provence, pour traiter fecrètement avec Obert de Fiefque & Robert de 
Saint-Séverin des moyens de s'en emparer (a). 

(a) P;ipon, t. III, p. 404. 



32 de SABRAN-PONTEVES. g 4 o 



Après la mort de Charles III, Comte de Provence, il rendit au Procureur du Duc 
de Lorraine toutes les lettres de don des terres de Florines, Rofières, &c, ainfi, 
que fes proviûons de Sénéchal de Lorraine, pour la fureté de fa perfonne & la 
liberté de s'en aller où il voudrait, par traité paffé à Liverdun, en l'évêché de 
Toul, le 28 Mai 1484. Il expofa alors au Roi de France Charles VIII, le nouveau 
fouverain de Provence, que le dernier Comte, « par induction de fes ennemis qui 
défiroient avoir fes biens, les avoit faifis, confifqués, en partie vendus , en partie 
donnés & en partie mis en régie, mais que le dit Charles, Roi de Sicile, avant de 
mourir avoit ordonné par fon teflament que les biens enlevés à fes fujets de Pro- 
vence leur fuffent rendus »; le Roi Charles VIII donna mandement à fes Officiers en 
Provence de lui faire reftituer tous fes biens, par lettres données à E vreux le 1 6 Mars 
1484 (v. ft.). Il le nomma enfuite fon Confeiller & Chambellan, par lettres données 
à Rouen le ï2 Mai 1485. Le Seigneur de Cotignac fut auffi un des deux Députés 
auprès du Roi de France par les trois États des provinces de Provence & Forcal- 
quierpour leur réunion à perpétuité à la Couronne (14 Août i486), réunion qui ne 
fut fanctionnée que le 24 Octobre fuivant. Il fut au nombre des Seigneurs réunis à 
rAffemblée des États le 9 Avril 1487. 

Il avait époufé, par contrat du 8 Juin 1465 (a), Lyone, Leone ou Hélionne Cossa, 
Demoifelle de la Reine de Sicile, & fille de Jean Cossa, Comte de Troye (Troiano, 
en Sicile), Baron de Grimaud, Grand Sénéchal de Provence (Jb), & n'eut pas d'enfants 
de ce mariage. Par fon teflament du 10 Octobre 1490 (Botini, Notaire à Brignoles)^ 
il inftitua pour fon héritier univerfel Durand de Pontevès, fon coufin germain, fils de 
Mételine de Pontèves-Carcès & de Gautier de Pontèves-Flaffans (voir p. 3o). L'un 
de fes exécuteurs teftamentaires fut Pierre de Pontevès, Docteur en droit, habitant 
d'Aix, dont nous ignorons l'attache à la famille (c). Il mourut après le 16 Avril 1491, 
ne laiffant qu'un fils naturel, Louis de Pontevès, qui avait été légitimé par le Pape 
& l'Empereur le 18 Avril 1474; affifta aux États de Provence en 1487, & reçut de 
fon père la fomme de 2000 florins d'or pour tout ce qu'il pouvait prétendre dans 
fa fucceffion, avec i5o florins de penfion viagère. La première branche de Pon- 
tevès-Carcès finit ainfi en la perfonne de Jean-Baptifte de Pontevès. 



BRANCHE DE PONTEVÈS-FLASSANS- 

[éteinte]. 

Nous venons de voir qu'un membre de cette famille, Durand de Pontevès-Flaffans, 
recueillit la fucceffion de la branche de Pontevès-Carcès. Quel eft le point d'at- 
tache des Pontevès-Flaffans avec la maifon d'Agoult de Pontevès? On l'ignore, 
& il n'eft pas téméraire d'affirmer qu'il faut renoncer à une folution pofitive à cet 

(a) Paffé par devant Louis Rebuffelli, Notaire à Aix. Archives de Barbegal, titres de Grimaud, p. 182. (Voir 
auffi Revue kijl. de Provence, 1890, pp. 5-6.) 

(b) « Il étoit Napolitain & originaire de l'île d'ifchia, fituée vis-à-vis de Naples, & neveu de Balthazar Coffa, 
élu Pape au mois de Mai 1410, fous le titre de Jean XXIII. Né avec des talents rares pour la guerre & la poli- 
tique, ce feigneur avait fait le facrifice de fes biens pour s'attacher à la Maifon d'Anjou qu'il fuivit en Provence. 
Il mourut à Tarafcon le 3 Octobre 1476, étant alors Grand Sénéchal. » (Papon, t. III, p. 421.) 

(c) Parmi fes légataires figurent : Arnaud de Damians (voir p. 3 1, où il eft cité fous le nom de Damien), fon 
coufin germain, « qui l'avait toujours accompagné depuis fon enfance & ne l'avait jamais abandonné dans fes 
adverfités, comme dans fa profpérité » (3ooo fl. d'or); Elzéar Artuffe, fon coufin germain, & Jeanne Artuffe, 
fceur dudit Elzéar; Louis de Graffe, Seigneur du château du Mas {de Mafico), fon coufin germain. 



641 



de SABRAN-PONTEVÈS. 33 



égard. En effet, déjà vers 1590, époque à laquelle parut un mémoire, attribué à 
un Sieur de Fabrègues, & intitulé : Véritable difcours de la généalogie & mai/on 
illuflre de Pontevès & de Carces , enfemble des difpofitions tejlamentaires d'icelle, 
tiré au vray des pièces dont fera faicle mention cy après, mémoire établi fur des 
documents authentiques, dont les principaux exiftent encore, on ne favait abfolu- 
ment rien fur l'origine de la branche des Ponte vès-Flalfans. « On n'en peult bien, 
y eft-il dit, au vray trouver la fouche d'où dérive cefte branche. Car la longueur 
de tant d'années avec le peu de foing des déffuncîs l'a tellement obfcurcie qu'il 
eft impoffible la rapporter à fon origine fur les documents qu'on a veus jufqu'à 
préfent. Touteffois il eft hors de tout doubte que cette branche ne foyt dérivée & 
extraicle de cefte illuftre & très ancienne fouche de Pontevès. Auffy, des docu- 
ments dont cy-deffus a efté parlé, on apprend que lors de l'année 1270 cefte fa- 
mille eftoit en fa grandeur & qu'elle avoit diverfes branches. Car Fouquet de 
Pontevès, duquel nous avons premièrement parlé, a produict ceulx dont a efté cy- 
devant parlé jufques aud. Jehan-Baptifte. Et d'aultre coufté voioit-on qu'au mefme 
temps y avoit une aultre branche de Yfnard de Pontevès, Seigneur de la Val de 
Sault, duquel & de fon fils Agoult eft faicle mention en teftament de Barrai, de 
1307, & de Matheudis, de i3ii, & comme prochains parents font fubftitués. Il ne 
faut donc revocquer en doubte qu'il y euit aultre branche de ladite fouche de 
Pontevès lors dudit Fouquet premier. » Le Sieur de Fabrègues émettait donc 
l'opinion que les Pontevès-Flaffans pouvaient eftre iffus de la fouche commune 
des d'Agoult-Pontevès. De nos jours on a cherché à les y rattacher, mais fans 
aucune preuve à l'appui. Parmi les pièces manufcrites confervées à la Bibliothèque 
Nationale, fe trouve un effai de tableau généalogique de la branche de Pontevès- 
Carcès &de celle de Pontevès-Flaffans, dreffé vers la fin du dix-feptième fiècle, mais 
dépourvu de tout caractère officiel ou documentaire. On y fait defcendre cette der- 
nière d'un Barral de Pontevès, furnommé Billotel, Seigneur de Flafïans, veuf de 
P... de Pontevès, & époux en fécondes noces de Mathilde Arthaulphi (d'Ar- 
thulphe). Or, des documents authentiques, dont nous parlerons plus loin, établiffent 
que le mari de Mathilde ou Matheude Atulphe ou Atuffe, & qui fut en réalité un 
des ancêtres des Seigneurs de Flaffans, s'appelait Guillaume de Pontevès, Cofei- 
gneur de Grimaud, mort en 1 383. On a voulu, pour le rattacher à la fouche com- 
mune, faire de lui un fécond fils de Jean de Pontevès, Seigneur de Cotignac, 
Carcès, &c. ; mais, pour mettre à néant cette hypothèfe, il fuffit de rappeler qu'a- 
près le décès de Foulquet, fils de ce Jean de Pontevès, en i356, fon héritage 
ne paffa point à Guillaume de Pontevès, ce qui eût dû avoir lieu, s'il avait réelle- 
ment été fon frère, mais bien à fon oncle Foulques V de Pontevès, conformément 
à la fubftitution faite par Jean de Pontevès-Cotignac, lequel, dans fon teftament de 
1346, ne mentionne môme pas un Guillaume de Pontevès parmi fes nombreux 
héritiers particuliers. 

M. le Baron Scipion du Roure, dans fa Notice fur la famille de Pontevès (a), 
identifie Foulques de Pontevès, Cofeigneur de Grimaud, père de ce Guillaume, 
avec un Foulquet de Pontevès, fécond fils de Béranger de Pontevès, auteur de la 
branche des Ponte vès-Lambefc. Or ce Foulquet de Pontevès-Lambefc, qui n'avait 
que dix ou onze ans en 1372, lorfqu'il fut nommé un des héritiers éventuels de fon 
oncle Foulques d' Agoult, Baron de Sault, ne pouvait en aucune façon être le père 
de Guillaume de Pontevès-Grimaud, mort en i383, laiffant deux enfants au moins. 
Au furplus, d'après les documents connus, Foulquet de Pontevès-Lambefc mourut 
jeune, fans avoir contracté d'alliance. Il nous paraît tout à fait illufoire de chercher 

\a) Bulletin héraldique de France, Août 1888. 

si 



54 de SABRAN-PONTEVES. ^ 

à rattacher les Pontevès-FlaiTans aux d'Agoult-Pontevès, & on ne l'aurait raifon- 
nablement voir en eux que les defcendants de quelque cadet de l'ancienne maifon 
de Pontevès, comme le fuppofaient déjà l'Abbé Robert & Artefeuil. Il ne faut pas 
croire que Douceline de Pontevès, femme (avant 121 3) d'Ifnard II d'Agoult (voir 
plus haut, p. 21), fût la dernière de fa race, quoique fille unique & héritière 
univerfelle de fon père. En effet, nous trouvons à la même époque d'abord un 
François de Pontevès, témoin, en 12 17, à la charte de privilèges accordés aux ha- 
bitants de Forcalquier par Raymond- Béranger IV, Comte de Provence, & par Gar- 
finde de Sabran, là mère. Nous rencontrons enfuite un Pierre de Pontevès, 
Seigneur du château de Bras, qui vendit tout ce qu'il poffédait dans ce château & 
fur l'on territoire à la maifon des Templiers dudit lieu, le 3i Janvier 1235 (v. ft.), 
de concert avec les enfants : Alasatie, Andrée, femme de Jean de M aura, 
Huguette, Laure & Jordane, Guillaume (à). Ce Pierre de Pontevès, qui avait 
en 1235 fix enfants âgés de plus de quatorze ans, félon les termes de fade, était né 
tout au moins vers 1 195, & à cette date il n'y avait pas encore des d'Agoult-Ponte- 
vès. Il en réfulte qu'en 1235 il exiftait des mâlesde la première maifon de Pontevès. 

De la même maifon fans doute était Françoise de Pontevès, mariée vers 1245 
avec Ifnard de Laugier, Cofeigneur de fille (b). 

En 1307, dans le teftament de Barrai II de Pontevès, auteur de la branche des 
Seigneurs de Pontevès, nous trouvons une claufe ordonnant « que Jean de Pon- 
tevès, Écuyer, foit nourri &logé chez lui ». Il, ne lé rattachait certainement à Barrai 
par aucun lien de parenté, car fi elle avait- exifté, elle aurait été affez proche, 
tandis que le teftateur, après avoir appelé fucceffivement à lui fuccèder tous les 
mâles de fa maifon, leur fubftitua fon parent éloigné Ifnard III d'Agoult, Seigneur 
du Val de Sault. Le même Jean de Pontevès, qualifié de Damoifeau, reçut auffi 
en i3o8 un legs de Barrale de Baux, aïeule de Barrai de Pontevès, ci-deffus, &tout 
indique que ce jeune homme, à qui on a fair de faire l'aumône, n'était auffi qu'un 
rejeton pauvre de la première maifon de Pontevès. 

La première mention que nous trouvions d'un Pontevès-Flaffans le rencontre 
dans le teftament (i334) dupuiffanî Foulques III de Pontevès, Seigneur de Cotignac, 
Carcès, Bargème, &c, lequel nomme comme dernier de fes exécuteurs teftamentaires 
un de fes écuyers, François de Pontevès, Écuyer de FlaJJans, qui n'était affuré- 
ment pas de fon fang, attendu qu'il ne figure point dans la férié des fubftitutions 
où il veut que « jufqu'à l'infini le plus proche du fang fuccède ». 

C'eft fans doute le même perfonnage que François Flaffans, Écuyer & un des 
légataires de Matheude de Pontevès, Dame de Cotignac (i3i 1), qui laiffa fes biens 
précifément à Foulques III de Pontevès, fon neveu, lequel aurait ainfi confervé un 
des bons ferviteurs de fa tante. Enfin il faut noter ce fait important que Jean-Bap- 
tifte de Pontevès-Carcès, en léguant fes biens à Durand de Pontevès-Flaffans, lui 
impofa pour condition de porter les armes d'Agoult écartelées avec les tiennes pro- 
pres, claufe qui eût été inutile fi Durand avait été du même fang que lui. 

Il nous femble donc rationnel d'admettre que des defcendants d'une branche 
cadette de la première maifon de Pontevès, le trouvant dans une pofition amoindrie, 
s'attachèrent au fervice des opulents feigneurs de la féconde maifon de ce nom, 
& tout nous porte à croire que François de Pontevès, dont nous venons de parler, 
elt l'auteur de la branche de Flaffans, appelée à grandir avec le temps, grâce à l'ap- 
pui de fes protecteurs. Ce François pouvait être le père de Foulques de Pontevès, 

iai Original aux Archives du département des Bouches-du-Rhône. Publié dans la Revue hift. de Provt 
1890, pp. 66-68. 
\b) Laîné, Archives de la NobleJJe, t. VI II, art. Laugier. 



6 43 DE SABRAN-PONTEVÈS. 35 

à partir duquel la filiation de fa branche s'établit régulièrement, & nous émettons 
l'avis que le prénom de celui-ci put lui venir du maître de lbn père, de Foulques III 
de Pontevès, qui fut peut-être fon parrain. Ce Foulques de Pontevès-FlafTans étant 
devenu plus tard Cofeigneur de Grimaud, il fe rattache néceffairement par des 
liens du fang à Guillaume de Pontevès qui avait fait hommage pour ce même 
fief en 1298 (Papon, t. II, p. 172), & qui s'identifie peut-être avec fon homonyme 
cité par Noitradamus (p. 33j), un Guillaume de Pontevès, fils d'un autre Guillaume 
de Pontevès (celui-ci peut-être identique avec Guillaume, fils de Pierre, Seigneur 
du château de Bras, mentionné plus haut), & qui était Seigneur en partie de 
Fos, de Golobrières &. de Grimaud en i3i6. En raifon de la pofTeffion par ce 
Guillaume de Pontevès de la cofeigneurie de Grimaud, & d'accord avec la chro- 
nologie, on pourrait admettre encore que celui-ci fut linon le père, tout au 
moins l'oncle de Foulques, d'autant plus que le prénom de Guillaume alterne dans 
cette branche avec celui de Foulques pendant les quatre générations fuivantes. 

Les documents analyfés par Dom Villevieille permettent d'établir la filiation 
fuivante : 

Noble Foulques (I er ) de Pontevès, Cofeigneur de Grimaud, fut peut-être le frère 
de Blanche de Pontevès-FlafTans, dite Blanche/leur, qui fit partie de la Cour 
d'amour de Romanil en 1 340-1348 (a). Il époufa Alfatie de Penne, fille peut- 
être de Noble Boniface de Penne, Écuyer, Notaire & un des légataires, en 1340, 
de Jean de Pontevès, Seigneur de Cotignac & de Carcès, pour le repos de l'âme 
duquel Foulques IV de Pontevès fonda, le 14 Mars 1372 (v. (t.), un anniverfaire 
au couvent des Frères-Mineurs de Marfeille. Elle était déjà veuve en i366, & on 
leur connaît deux enfants : 

1. Guillaume de Pontevès, qui fuit. 

2 . Bé atrix de Pontevès, mariée, avant 1 366, à Noble Bertrand Cornuti, Cofeigneur 

d'Amirat, qui ne reçut le dernier paiement de la dot promife à fa femme 
que des mains de Foulques de Pontevès, fon neveu, le i er Avril 1410. 

Guillaume de Pontevès, Cofeigneur de Grimaud, mineur en 1 366, époufa No- 
ble Mathilde ou Matheude Atulfe ou Atuffe, fille de feu Noble Ponce Atulfe, de 
la ville d'Hyères, laquelle, trois ans après la mort de fon mari, obtint du Juge de 
Grimaud, par acte du 5 Mai i386, la tutelle de fes deux enfants mineurs qui fui- 
vent, & donna pour caution Noble Béatrix Riqueria, fa mère. Elle tefta le 3o Octo- 
bre 1436 (Luquet Gardanne, Not. à Hyères). 

1. Foulques de Pontevès, qui fuit. 

2. Alayette de Pontevès. 

Foulques II de Pontevès, Seigneur du château de Flafïans, au diocèfe de Fréjus, 
époufa, vers 1390, Isabelle ou Bellette de Pontevès, fille de Barrai III, Seigneur 
de Pontevès, & d'Ifabelle de Baux. Il mourut en 1419, après avoir donné par tefta- 
ment la tutelle & curatelle de fes enfants mineurs à fa mère « Noble & honnête 
femme Madame Matheude Atuffe » , qui fit homologuer la dite tutelle par le Juge 
& drelTer inventaire des biens meubles & immeubles des mineurs le 24 Avril 141 9. 
Elle nomma fes procureurs pour l'aider dans cette tutelle : Foulques d'Agoult, 
Seigneur de Forcalqueiret; Jean de Pontevès, Seigneur de Pontevès; Jacques de Pon- 
tevès, Seigneur de Cotignac; Jean de Pontevès, Seigneur de Blioux; Noble Jean 
Atuffe, fon frère, &c. Elle fe remaria, le 26 Mars 1423, avec Olivier d'Agoult, 

[a] Pithon-Curt, Hijloire de la Nobleje du Comté- Vcnaijpn, t. III, p. 172. 



36 de SABRAN-PONTEVÈS. 



644 



de Marfeille, & tefta à Pignans le 8 Août 1454. Les enfants ifïus de fon premier 
mariage furent : 

1. Guillaume de Pontevès, Chanoine de Notre-Dame de Pignans & Prieur de 
Caftelréal (aujourd'hui Château-Royal, à Carnoules, Var), puis Chanoine de 
Privas, légataire de fon aïeule & de fa mère, procureur de fon frère Gautier 
dans un procès en 1458, & procureur de fon neveu Confiant en 1474. 

2. Gautier de Pontevès, qui fuit. 

3. Jean de Pontevès, Chapelain de Saint-Pierre de Montmajour, légataire de fon 

aïeule & de fa mère. 

4. Thomas de Pontevès, héritier univerfel de fon aïeule, renonça à toutes les pré- 

tentions fur les biens de fes père, mère & aïeule, en faveur de fon frère 
Gautier, moyennant 400 florins d'or, dont 100 florins en armes, harnais 
de guerre, cuiraffe, bacinet, camail, une pièce blanche fermée, avec des 
gantelets, avant-bras, garde-bras, &c, par acte paffé à Fréjus le 16 Mai 
1438. 

5. Raphaël de Pontevès, ) 00/- 
,- „ , ^ [ morts entre 14m & 1436. 

0. Catherine de Pontevès, ) t ? t 

Gautier de Pontevès, Seigneur de Flaflans, héritier univerfel de fa mère, époufa, 
par contrat paffé au château de Carcès, le 19 Décembre 1429, Mételine de Pon- 
tevès-Blioux, fille de feu Jean III de Pontevès, Cofeigneur de Blioux, & de feue Mar- 
guerite d'Esparron, & fœur d'Aulzias de Pontevès-Carcès. Il tefta le 11 Septem- 
bre 1476, & vivait encore en 1477. De f° n mariage iffurent : 

1 . Constant de Pontevès, Seigneur de Flaflans, par donation entre vifs de fon 

père, du 16 Février 1476 (v. ft.), qui époufa, par contrat du 17 Août 1477, 
Agnès de Villeneuve-Tourettes, fille defeu Antoine, Seigneur de Tourettes, 
& de Paulette du Puget. Il furvécut à fa femme &, par acle du 29 Octobre 
1484, il fit donation de toutes fes terres, feigneuries & poffefiions quel- 
conques à fon frère Durand, à la charge de donner en mariage 1,000 flo- 
rins d'or monnaie de Provence à fa fille unique : 

Honorée de Pontevès-Flaffans, qui époufa, par contrat du 8 Juin 1498, 
Georges de Grasse, Seigneur de Bormes, fils de Pierre. Elle mourut 
en i533, inftituant pour fon héritier fon neveu Jean de Pontevès- 
Carcès. 

2. Durand de Pontevès, qui fuit. 

3. Madeleine de Pontevès-Flaffans, mariée, par contrat du 27 Avril 1470, à 

François Amalric, Seigneur d'Antrages. 



BRANCHE DE PONTEVÈS-FLASSANS-CARCÈS- 

[éteinte. J 

XVII. DEGRÉ. 

Durand I er de Pontevès-Flaffans devint Seigneur de Cotignac, Carcès, Ar- 
tignofc, Tavernes, Blioux, &c, comme héritier de Jean-Baptifte de Pontevès- 
Carcès, fon coufin-germain, fous l'obligation de prendre les armes écartelées 



645 



de SABRAN-PONTEVÈS. 3 7 



d'Agoult-Pontevès, & il fut ainfi la tige de la féconde maifon de Carcès. Il affifta à 
fAffemblée des États de Provence tenue à Aix le 9 Avril 1487, à la fuite de la réu- 
nion de la Provence à la Couronne, & fut nommé Confeiller & Chambellan du Roi 
Charles VIII par lettres patentes données à La Flèche le 3 Septembre 1491 & le 
9 Mai 1492. Il fit hommage au Roi le 20 Mars 1492 (v. ft.) & le 1 5 Novembre 1499. 
Il avait époufé, par contrat du i er Novembre 1484, Catherine de Grasse, fille de 
Pierre, Seigneur de Bormes, & dlfabelle de Rodulf de Limans, & vivait encore en 
1504. De fon mariage étaient iffus : 

1. Jean de Pontevès, Cofeigneur de Flaifans, Seigneur de Cotignac & Carcès, 

marié : i° par contrat du 16 Mai i5o6, à Louife d'Ancezune-Codolet, fille 
de Guillaume IVd 1 Ancezune& de GabrielleDE Montdragon; 2 par contrat 
du 9 Janvier 1 535 (v. ft), à Marie de Crussol, fille de Jacques de Crussol, 
Sénéchal de Beaucaire & de Nîmes, Grand Panetier de France, & de Si- 
mone d'Uzès, 8c veuve de fon beau-frère Jean d'Ancezune. Il mourut en 1540 
& n'eut point d'enfants de ces deux mariages. 

2. Honoré de Pontevès, qui fuit. 

XVIII. DEGRÉ. 

Honoré de Pontevès, Seigneur de Flafiàns, puis de Cotignac, Carcès, Arti- 
gnofc, Blioux, Tavernes, la Baftide d'Efclapon, &c, fut fait prifonnier à la bataille 
de Pavie en 1 523 , s'oppofa en 1524, à la tête d'un régiment qu'il avait levé (a), 
à l'invafion du Connétable de Bourbon en Provence, & affilia à l'Affemblée des 
États réunis, en Juillet i53y, pour demander une diminution d'impôts à la fuite de 
la mifère à laquelle les Impériaux avaient réduit la Provence. Il avait époufé, par 
contrat du 20 Mars i5o4, Clermonde de Forbin, fille de Louis, Seigneur du Luc, 
puis de Solliers, Profeïfeur en droits, & depuis Premier Préfident aux Comptes, & 
de Marguerite de Grimaldi-Bueil, & eut de ce mariage : 

1 . Jean de Pontevès-Carcès, qui fuit. 

2. Durand II de Graffe de Pontevès, Seigneur de Flaffans, né en i5i5, Premier 

Conful d'Aix en i56i & i5Ô2, Chevalier de l'Ordre du Roi en i568, Procu- 
reur du pays en 1590. Catholique ardent, il fe fignala par fon fanatifme à 
combattre les Huguenots qui avaient pour chef le Comte de Tende. Après 
s'être diftingué à la prife d'Orange & au siège de Sifteron, & s'être oppofé, 
comme Conful d'Aix, à l'enregiftrement de l'Édit du Roi Henri II (de Jan- 
vier i5Ô2) qui ordonnait de pacifier la guerre contre les proteftants, il fit 
exécuter tous ceux qui tombèrent fous fa main (b). Il fut nommé le Chevalier 
de la Foi. On ne faurait, fous ce rapport, le comparer à fon frère le Comte 
de Carcès, GénéralifTime des armées catholiques en Provence, dont le ca- 
ractère généreux fit toujours l'admiration de fes adverfaires. De fon mariage 
avec Marguerite de Boniface, Dame de Mazargues, fille de Jean, & de Marie 
de Velaux, il n'eut qu'une fille : 
Marguerite-Louise de Graffe de Pontevès-Flaffans, Dame de Mazargues, 
mariée, par contrat du 2 Juin i57Ô(Ribier, Not. à Marfeille), à Alphonfe 
d'Ornano, Seigneur de Vigne, Baron de Lunel, devenu enfuite Colonel 
général des Corfes, puis Maréchal de France & Chevalier des Ordres 
du Roi (c). Elle tefta le 10 Octobre 161 5. 

(a) Gaufridy, Hijloire de Provence, 1723, p. 41 5. 

(b) Papon, t. IV, p. i52 & fuiv. 

(c) P. Anielme, Hijloire des Grands Officiers de la Couronne, t. VII, p. 391. 






38 



de SABRAN-PONTEVES. 



646 



3. François de Pontevès-Flaffans, Chevalier de Malte en 1540. 

4. Marguerite de Pontevès, mariée : i° à Pierre de Villeneuve, Seigneur d'Efpi- 

nouffe; 2 vers i55o, à Jacques de Boniface, Seigneur de la Molle, Cheva- 
lier de l'Ordre du Roi, frère de Marcelline de Boniface, mariée avec Antoine 
de Pontevès, Seigneur de la Foreft (voy. p. 74). De ce mariage iffut, entre 
autres, Joseph de Boniface, connu fous le nom du jeune la Molle, Maître de 
la Garde-Robe & favori du Duc d'Alençon. Célèbre par fa beauté, il eut une 
fin tragique, & fut décapité en Ô74 avec fon ami le Comte de Coconas (à). 

5. Honorée de Pontevès, mariée, avant 1540, à Gafpard de Garde, Seigneur de 

Vins, Préfident au Parlement de Provence. Leur fils Hubert, Baron de Vins, 
fe rendit célèbre comme guerrier & chef des Ligueurs en Provence (b). 

XIX. DEGRÉ. 

Jean de Pontevès, premier Comte de Carcès (c), Baron de Cotignac & de Senez, 
Seigneur de Flaffans, Tavernes, Artignofc, &c, néà Flaffansen i5i2, futConfeiller 
du Roi en fes Confeils d'État & privé, Capitaine de 100 hommes d'armes, Généra- 
liffime des armées catholiques en Provence & l'adverfaire le plus redoutable & le 
plus généreux des Huguenots commandés par le Maréchal de Retz. C'eft du nom 
de leur chef, le Comte de Carcès, que les catholiques s'appelèrent les Carcijles, en 
oppofition aux proteftants, furnommés les Rabats. Il fut également pendant toute 
fa vie le chef de la Nobleffe de Provence. Sur terre comme fur mer, il acquit de 
bonne heure la réputation d'un grand capitaine : à la tète d'une efcadre, en 1 535 il 
prit la Réale, détruifit le port de Palamos, remporta une victoire fur 60 galères Efpa- 
gnoles; marcha contre le Connétable de Bourbon en i536, le battit dans fa retraite 
(n'ayant encore que 24 ans) & détruifit fur fon paffage toutes fes récoltes & fes mou- 
lins afin d'affamer l'armée de Charles-Quint. A la tête de fa compagnie d'hommes 
d'armes, il donna les preuves de la plus grande valeur à Cérizolles en 1544, défit 
les Huguenots à Orange, Sifteron & Arles en i562 & empêcha le maffacre des 
prifonniers. Il choifit Chriftophe de Villeneuve, Seigneur de Vauclaufe, pour aller 
en ambaffade auprès de Charles IX, afin d'obtenir la révocation de l'ordre con- 
cernant le maffacre général des Proteftants; grâce à lui, & au concours puiffant 
qu'il trouva auprès d'Honoré de Savoie, Grand Sénéchal du pays, le fang ne coula 
pas en Provence à la Saint-Barthélémy (d). Il fut fucceffivement Capitaine général 
des galères, Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, Lieutenant de Roi en 
Provence & aux mers du Levant en i56o, Chevalier de Saint-Michel en i5Ô2, Com- 
mandant de Provence le 3 Août 1 566, enfin Grand Sénéchal depuis le 16 Octobre 
1572. Nommé Chevalier du Saint-Efprit en 1578, il ne put fe rendre à Paris à 
caufe des troubles qui régnaient en Provence & ne fut pas reçu officiellement (e). 



(a) Pithon-Curt, Hijloire de la Noble [fe du Comté -VenaiJJïn, t. IV, p. 3q6. 

(b) Papon, t. IV, pp. 205-284. 

(c) La terre de Carcès, viguerie de Brignoles, fut érigée en Comté, en Mai ibji, en faveur de Jean de Pon- 
■< tevès, « Chevalier de l'Ordre du Roi, Lieutenant général en Provence & aux mers du Levant, Grand Sénéchal 
« & Capitaine de 100 hommes d'armes de Sa Majefté, en confidération de fes grands & recommandables fervices, 
« à l'imitation de fes devanciers, tant en fait des guerres dedans & dehors le royaume qu'autrement, en plu- 
« fieurs manières, avec union de la baronnie de Cotignac, des terres de Flaffans, Pourquerolles, la Clufe, Châ- 
<• teauneuf, Blioux, la Môle, Tavernes, Briïe, Artignofc, Tourtour & du Caftelet de Sauffes, avec pouvoir d'é- 
« tablir un Lieutenant au fiège de ce Comté pour juger les premières appellations, pour de là relïortir au Par- 
<< lement d'Aix. » Voir ces lettres in-extenfo à la fin de la préfente généalogie. 

(d) Voir les Comtes de Tende de la mai/on de Savoie, par le Comte de Panifie- Paffis ; Paris, Firmin-Didot, 
188g, in-4, p. 1 33. 

(e) Beaujon, Mémoire pour les honneurs de la Cour, de 1772. 



647 



de SABRAN-PONTEVÈS. 3 9 



Il avait époufé, le 29 Octobre 1544, Marguerite dp: Brancas, fille de Gaucher de 
Brancas, Baron de Cérefte, & d'Ifabelle d'Agoult de Montauban, 6c mourut à 
Flaffans le 20 Avril i582, à l'âge de 70 ans, laiffant la réputation d'un grand homme 
de guerre & d'un politique habile, ayant fu allier beaucoup de modeftie, de fageffe 
& de prudence à un courage héroïque & à une grande générofité pour les adver- 
faires. Sa ftatue orne la façade de la préfecture de Marfeille. Il eut pour enfants : 

1. Gaspard de Pontevès, qui fuit. 

2. Isabelle de Pontevès, mariée, par contrat du 24 Mai i55g, à Louis de Cas- 

tellane-Adhémarde Monteil, Seigneur de Moiïïac, Baron d'Entrecafteaux, 
Comte de Grignan, depuis Conleiller d'État & Capitaine de 5o hommes 
d'armes & Chevalier des Ordres du Roi, fils de Gafpard de Castellane- 
Adhémar de Monteil, AmbalTadeur à la Cour de Rome, & d'Anne de 
Tolrnon, nièce du Cardinal de ce nom. Elle vivait encore le 5 Août 1592. 

3. Clérice de Pontevès, mariée, par contrat du 24 Janvier 1 586, à Gafpard de 

Forbin, Seigneur de Solliers, Gouverneur de Toulon & un des plus vaillants 
hommes de fon temps, fils aîné de Palamède de Forbin, Seigneur de Soliers, 
Gouverneur de Toulon, & de Jeanne de Garde de Vins, fille d'Honorée 
de Pontevès-Carcès, ci-delTus; elle était veuve en i res noces de Pierre de 
Varadier, Seigneur de Saint-Andéol, fils de Gabriel, & de Louife d'Aube 
de Roquemartine, fa première femme. 

4. Lucrèce de Pontevès, mariée à Jean-François de Castellane, Seigneur de 

la Verdière, fils de Philibert de Castellane, Seigneur de Befaudun, la Ver- 
dière, &c, & de Louife d'Ancezune. 

5. Marguerite de Pontevès, mariée : i° par contrat du i5 Août 1 563, à Claude 

de Villeneuve, Marquis de Trans, tué au fiège de fon château en 1579 
fils aîné de Claude, Marquis de Trans; 2° à Gabriel de Varadier, Seigneur 
de Saint-Andéol, père de Pierre, ci-deffus; 3° par contrat du 22 Février 1 588, 
à Melchior de Forbin, Marquis de Janson, fils de Gafpard de Forbin- 
Janson, Baron de Villelaure, & de Marguerite de Pontevès-Pontevès. 

6. Gabrielle de Pontevès, mariée, par contrat du 5 Septembre 1 583 (H. Ri- 

gaud, Not. à Barjols), à Jacques d'Agoult de Montauban, Seigneur de 
Saint-André, Gentilhomme de la chambre du Roi, tué au combat d'Arqués 
en 1590, fils de François d'Agoult de Montauban, Comte de Sault, Lieu- 
tenant général du Lyonnais, Forez, Beaujolais, Bourbonnais, &c, & de 
Jeanne de Vesc de Montlaur. 

XX. DEGRÉ. 

Gaspard (ou François-Gaspard) de Pontevès, 2 e Comte de Carcès, Baron de 
Cotignac, Seigneur de Tavernes, Artignofc, &c, né à Marfeille en 1548, 
Confeiller du Roi en fes Conléils d'Etat & privé, Gentilhomme ordinaire de 
S. M., Capitaine de 5o hommes d'armes, Généraliflîme des armées catholiques 
de Provence & Grand Sénéchal, après le décès de fon père. Il entra triomphale- 
ment à Marfeille & pacifia cette ville. Comme fon père, il fut l'adverfaire impla- 
cable des Huguenots & comme lui acquit la réputation d'un des plus vaillants 
capitaines de fon époque. Il fe couvrit de gloire à la bataille de Vinon où il com- 
mandait l'aile droite. Le 26 Juillet 1592, fon beau-père, le Duc de Mayenne, lui 
confirma le commandement de toute la Provence, qu'il avait reçu du roi Char- 
les IX; il y fut maintenu par Henri IV le 10 Mai i5g4- Lieutenant général 
pour le Roi en Provence & aux mers du Levant le 16 Avril 1610, il eut le 



40 de SABRAN-PONTEVÈS. ^ 

gouvernement de ce pays en l'abfence du Duc de Guife. Il avait époufé, par 
contrat du 27 Février 1 588 (Guillaume Préfan, Not. à Dijon), Léonore des Prez 
de Montpezat (morte en 1 658), tille de feu Melchior [de Lettes] des Prez, Marquis 
de Montpezat, Sénéchal du Poitou & Gouverneur de Guyenne, & d'Henriette de 
Savoie-Lascaris, Comteffe de Tende, remariée avec Charles de Lorraine, Duc de 
Mayenne. De ce mariage iffurent : 

1. Jean II de Pontevès, qui fuit. 

2. François de Pontevès, baptifé à Salon le 18 Février i5g5, mort en bas âge. 

3. Gabrielle de Pontevès, mariée, par contrat du 19 Février 1612, à Guillaume 

de Simiane, Marquis de Gordes, Chevalier des Ordres du Roi, fils de 
feu Balthazar de Simiane, Baron de Gordes & de Cafeneuve, Gentilhomme 
ordinaire de la Chambre du Roi, & d'Anne d'Avanson de Saint-Marcel, 
fœur de Guillaume, Archevêque d'Embrun. Elle mourut en i656. 

XXI. DEGRÉ. 

Jean II de Pontevès, 3 e & dernier Comte de Carcès de cette maifon, Baron 
de Cotignac, Seigneur de Tavernes, Flaffans, Artignofc, &c, né en 1590, fut 
Grand Sénéchal de Provence le 28 Août 16 10, Colonel d'un régiment de fon nom 
le 1 5 Juillet 1629, Lieutenant du Roi au gouvernement de Provence le 21 Août i635, 
Lieutenant général le 10 Juillet i652. Il avait époufé, par contrat du 18 Juillet 
i65i (De Muret & Richet, Not. au Châtelet de Paris), Marie d'Aloigny de 
Rochefort, fille de Louis d'Aloigny, Marquis de RocHEFORT-fur-Creufe, & de 
Marie Habert de Montmort. N'ayant point d'enfants, il fit héritier de tous fes 
biens fon neveu François de Simiane, Marquis de Gordes, qui continua le nom 
de Carcès (a). Il mourut à Avignon le 14 Août i656 & fut enfeveli à Carcès. 

La Comteffe de Carcès fe remaria, le i5 Mai 1659, avec Jacques Le Coigneux, 
Marquis de Morfontaine, Préfident à mortier au Parlement de Paris, & mourut 
le i3 Mai 167D. 



BRANCHE DES SEIGNEURS DE BARGEME. 

XIV. DEGRE. 

Jean II de Pontevès, Chevalier, Seigneur de Bargème, de Brovès, Callas, Pen- 
nafort, Flayofc, Tournon, Grimaud, La Garde-Fraynet, &c, fécond fils de Fou- 
quet IV de Pontevès & de Bérengère de Fos (v. p. 29), fit d'abord, le 18 No- 
vembre 1 365 (Raimond Augeri, Not. à Carcès), donation générale & univerfelle de 
tous fes biens à fon frère Foulques; puis il époufa, par contrat du i5 Oc- 
tobre i366 (Dalmas, Not.), Sibille Adhémar de Monteil, fille de feu Giraud 
Adhémar, Cofeigneur de Monteil, Seigneur de Montélimar & de Rochemaure, & 
deTaffette de Baux, de la branche des Seigneurs de Meyrargues. Sibille était alors 
veuve de Louis d'Anduze, Seigneur de la Voûte. Jean II de Pontevès devint Grand 
Chambellan de Louis III, Roi de Naples & Comte de Provence, & tefta le 5 Mars 
1410 (Jacques Augier, Not. à Draguignan), laiffant de fon mariage : 

(a) Le Comté de Carcès pafia des Simiane dans la maifon de Rohan-Soubife & par celle-ci arriva à Jofeph de 
Bourbon, Prince de Condé, puis à Louis de Condé, Duc de Bourbon, mort à Saint-Leu en i83o, pour finir 
dans la maifon d'Orléans. C'eft pour cette raifon que les papiers de cette branche paffèrent dans les archives 
des Princes de Condé, où ils furent analyfés par Dom Villevieille pour fon Tréfor généalogique. 



649 de SABRAN-PONTEVÈS. 4* 

1 . Foulques VI de Pontevès, qui fuit. 

2. Elzéar de Pontevès, marié, en 141 1, avec Catherine de Sillans, fille de 

Geoffroy de Sillans (a). 

3. Antoinette de Pontevès, légataire de fon aïeule maternelle le 6 Décembre 

1 3g 1 , mariée à Boniface IX de Castellane, Seigneur d'Allemagne, fils de 
Florent de Castellane & de Florie de Blacas. C'eft en fa faveur que les 
terres de Saint-Jean, de Majaftre & de Creiffel furent aliénées en 1422 par 
Girard de Sade, mineur. 

XV. DEGRÉ. 

Foulques VI de Pontevès, Seigneur de Bargème, de Brovès, Callas, &c, en fa- 
veur duquel fon aïeule maternelle, Taffette de Baux, Dame de Montélimar & de 
Rochemaure, tefta le 6 Décembre i3c)i, époufa, vers i3go, Alayette de Villeneuve- 
Flayosc, fille d'Antoine, Seigneur de Barrême, & de Hermeline de Gourdon 
de Grasse. Il reconnut la dot de fa femme le 19 Septembre 1408 (Fr. Borrilli, 
Not. à Aix), & fut tué dans une rencontre de guerre (avant 141 o), laiffant : 

1 . Bermond de Pontevès, qui fuit. 

2. Foulques (b) de Pontevès, marié, par contrat du 14 Mai 1441, à Catherine de 

Senas, Dame d'Aygalières. Il mourut en 1442 (c). 

XVI. DEGRÉ. 

Bermond de Pontevès, qualifié de Vicomte de Bargème, Seigneur de Brovès, 
Callas, &c, acquit divers droits, juridiction, &c, fur la communauté de Dragui- 
gnan, en paiement de 35oo florins d'or, à lui dûs par le Roi René (acte du 22 No- 
vembre 1442). Il époufa, vers 141 5, Catherine d'Oraison, fille d'Elzéar, Seigneur 
d'Oraifon & de Clumane, & de Catherine Eyguesier, fa troifième femme (d). Elle 
mourut avant 1452 & fon mari tefta en 1465, laiffant : 

1. Honoré de Pontevès, qui fuit. 

2 & 3. Pierre & Antoine de Pontevès, légataires de leur oncle Baudet d'O- 
raifon le 18 Mars 1452. Antoine entra dans l'Ordre de Saint-Jean de 
Jérufalem & était encore Commandeur d'Aix en 1483. 

4. Marguerite de Pontevès, légataire auffi de fon oncle en 1452, mariée, 

par contrat du 7 Janvier 1466 (v. ft.), à Callas (Jean Bompar, Not J, à An- 
toine Buxii, Seigneur d'Albaron, Écuyer du Roi, qui tefta le 21 Mai 1471. 

XVII. DEGRÉ. 

Honoré de Pontevès, Seigneur de Bargème, de Brovès, Callas, &c, fit hom- 
mage de fes terres le 22 Juillet 1480 & affifta, le 9 Avril 1487, aux Etats de Provence 
à la fuite de la réunion de cette province à la Couronne. 11 époufa, par contrat du 
28 Mars 1438 (Rodety, Not. à Marfeille), Catherine Hermentier d'Orgon, fille & 

(a) Note communiquée par M. le Marquis de Boifyelin, d'après l'extenfoire de Jacques Augerii, chez Lan- 
telme, Notaire à Aix. 

(b) Artefeuil lui donne deux fils : Antoine & Fouquet, Chevaliers de Rhodes, pour lefquels nous n'avons 
pas de preuves à l'appui. 

(c) Les renfeignements fur ce perfonnage ont tirés des pièces d'un procès trouvées par M. le Baron du 
Roure. 

\d) L'Abbé Robert dit que Catherine d'Oraifon était fille de Baudet d'Oraifon (fils d'Elzéar & de Catherine 
Eyguefier) & de Billette de Venterol, ce qui paraît douteux. 



82 



42 



de SABRAN-PONTEVES. 



65o 



héritière d'Antoine Hermentier, Chevalier, Seigneur d'Orgon, Confeiller du Roi 
& fon Chambellan, Viguier de Marfeille en 1436, & d'Agnès Spifame; tefta le 
2 Mai 1492 (Honoré Bonifacio, Not. à Callas), & mourut en 1495. De fon ma- 
riage iffurent : 

1. Antoine de Pontevès, qui fuit. 

2. Louis de Pontevès, auteur de la branche des Seigneurs du Muy, rapportée 

plus loin (p. 55). 

3. Alzias ou Elzéar de Pontevès, auteur de la branche des Seigneurs du Cas- 

telar, rapportée après la précédente (p. 55). 

4. Leone ou Éléonore de Pontevès, mariée, en 1497, à Jean d'Astoaud, Sei- 

gneur de Murs, fils de Pons, & d'Éléonore Textoris. 

5. Rapheline de Pontevès, mariée, avant le 23 Mai 1498, à Aymeric d'An- 

dréa, Conleiller du Roi, Chancelier de Provence, Grand Préfident. Elle 
tefla d'abord le 18 Février i5oi, puis le 22 Octobre i53i. 

6. Aloyse de Pontevès, Abbelfe d'Almanarre, au diocèfede Toulon, en 1548 (a). 

XVIII. DEGRÉ. 

Antoine de Pontevès, Seigneur de Bargème, Brovès, Callas, &c, affilia aux 
États de Provence de 1487 avec fon père, & mourut en i5o5. Jl avait époufé, 
par contrat du 19 Mars 1493 (Guill. de Morelli, Not. à Avignon), Honorade de 
Glandevès-Faucon, fille de Raymond de Glandevès, Seigneur de Faucon, 
Grand Sénéchal de Provence, & de Baptiftine de Forbin-Soliers: Elle tefta en 
1497, en i5 17 & le 5 Janvier 1549 (Gilles, Not. à Aix). De leur mariage iffurent : 

1. Joseph de Pontevès, mort à Montpellier en i520, inftituant fon frère pour 

héritier. 

2. Pierre de Pontevès, Chevalier de Malte, Précepteur de Gap en 1 53g. 

3. Jean-Baptiste de Pontevès, qui fuit. 

4. Marguerite de Pontevès, mariée, en 1 528, à Gafpard de Glandevès-Gréoux, 

fils de Hélion de Glandevès, Seigneur de Gréoux, & de Jeanne deJustas. 
Gafpard mourut avant le 5 Janvier 1549, & e ^ e te ^ a ^ e 5 Novembre i556. 

5. Félicité de Pontevès, mariée, le 28 Janvier i535, à François de Brunet, 

fils de Foulques, de la ville de Manofque. 

XIX. DEGRÉ. 

Jean-Baptiste de Pontevès, Seigneur de Bargème, Brovès, Callas, Comps, 
Pennafort, &c, né pofthume, fit hommage pour fes feigneuries le 5 Mai 1548, 
devint Lieutenant général pour le Roi en Provence, fuivit François I er dans toutes 
lès expéditions, & tefta d'abord le 3 1 Mars i53g, puis le 5 Mars 1574 (Etienne 
Aubin, Not. à Bargemon). Il avait époufé : i° Honorée de Foix, fille de Jean de 
Foix, Vicomte de Meille, ancêtre des Ducs de Randan, & d'Anne de Ville- 
neuve-Trans, & fœur de la Comteffe de Tende (b); elle mourut fans enfants; 
2 par contrat du 25 Janvier i5a5 (Honoré Bompar, Not. à Callas), Françoife 
d'Agoult, fille de Jean d'Agoult, Seigneur d'Ollières, & de Marguerite de Glan- 



(a) On attribue encore à Honoré de Pontevès-Bargème une tille Madeleine, qui aurait époufé, en 1487, 
Féraud d'Authier de Sifgau, fils de Fériol, & de Jeanne de Portanery. Ce renfeignement, emprunté à Arte- 
feuil (gén. Dauthien, ne femble pas authentique. 

\b) P. Anfelme, Hijïoire des Grands Officiers de la Couronne, III, 38;. — Artefeuil lui donne à tort pour 
femme Honorade de Fos (au lieu de Foix). 



65 1 



de SABRAN-PONTEVÈS. 43 



devès ; 3° Françoife d'Allagoya ou de Lagoya, Dame de Carmagnoles, au mar- 
quifat de Saluées (a), légataire de fon mari en 1 574. 11 mourut afTaffiné le 24 Mai 1 579, 
par quelques rebelles de Callas, pouffes au crime par les difcordes civiles du temps 
& par des circonftances locales (b). De fon fécond mariage il eut : 

1 . Joseph de Pontevès, Sieur de Callas, puis Seigneur de Bargème, marié, 
par contrat du 16 Novembre 1569, avec Louife de Villeneuve-Trans 
(G. Digne & A. Héraud, Notaires à Bargemon), fille de Claude de Ville- 
neuve, Chevalier, Marquis de Trans, & d'ifabeau de Feltre. Il fit fon 
teftament, où il prit le titre de Vicomte de Bargème, le 16 Juillet 1579 
(Spitalier, Not. à Digne), & fut affafiîné à Bargème peu de temps après, 
par des gens mafqués. Sa veuve époufa, par contrat du 10 Août 1587, 
Marc- Antoine de Foiffard. Elle eut du premier mariage : 

I. Claude de Pontevès, Seigneur de Callas, qui tefta le 27 Juin 1 588 

(J. Collombi, Not. à Callas), en faveur de fon frère. 

II. Antoine de Pontevès, qui fut anaffiné par les habitants de Bargème 

en 1595, laiffant un teftament du 9 Mars i5g2 (Guigou, Not. à 
Callas), où il nomme fa mère fon héritière univerfelle & lègue 
fes biens à fon oncle Foulques. 

III. IV, V. Françoise, Lucrèce (baptifée à Draguignan le 4 Mars 1576) 

& Marguerite (née pofthume & baptifée à Draguignan le 20 Mai 
i58o) de Pontevès, légataires de leur père. 

2. Pierre de Pontevès, Sieur de Brovès, affafTiné à Callas en Avril 1579. 

3. Balthazar de Pontevès, préfenté à Malte en 1573, affaffiné par les habitants 

de Bargème en 1 58 1 (c). 

4. Jean-Baptiste de Pontevès, Sieur de Séail, préfenté à Malte en i5y3, affaffiné 

à Bargème en 1579, avec fon frère Jofeph. 

5. Foulques de Pontevès, Sieur d'Efclans, qui fuit. 

6. Isabeau de Pontevès, mariée, par contrat du 23 Novembre 1572, à Honoré 

dit Ours de Villeneuve, Baron de Barrême & de Brunet, fils de Claude 
de Villeneuve, Marquis de Trans, & d ifabeau de Feltre. 

XX. DEGRÉ. 

Foulques VII de Pontevès, préfenté à Malte en 1 5y3, devint Seigneur de Bar- 
gème, d'Efclans, de Brovès, Callas, &c, comme héritier de fon neveu Antoine, & 

{a) Cette alliance, donnée par Artefeuil, n'elt pas certaine, & Françoife d'Allagoya pourrait ne faire avec 
Françoife d'Agoult (omife par Artefeuil) qu'une feule & même perfonne. 

(b) Soffy, Lieutenant d'une compagnie de gens de pied de l'armée proteftante & le chef des meurtriers de Jean- 
Baptifte de Pontevès & de fes fils, n'expia fon crime que treize ans plus tard, en 1592, où il fut pendu par 
ordre du Comte de Carcès, Grand Sénéchal de Provence. Un arrêt tardif du Parlement de Grenoble, rendu 
le 7 Avril 1607, condamna par contumax trois des auteurs ou complices des affaffinats au fupplice de la roue, 
trois autres au banniffement perpétuel; la peine du bannifiement pour une année fut prononcée contre les quatre 
Confuls de Callas en exercice ; la commune fut condamnée à la privation de fes droits fur les fours & les mou- 
lins, à 3o,ooo livres de dommages intérêts envers le feigneur, à une amende de 12,000 livres envers le Roi, à 
édifier une chapelle près du château pour y être célébrée tous les jours de l'année une meffe baffe, &, tous les 
24 Mai, une haute meffe avec l'office des morts, à laquelle affileraient les Confuls; enfin à rebâtir le château 
feigneurial & fes dépendances, démolis par les rebelles. La commune en appela devant le Conleil privé du Roi, 
lequel, pour ne pas réveiller les vieilles haines déjà affoupies, décida, le i3 Février 1608, que la commune de 
Callas ferait « remife en l'état qu'elle était auparavant & déchargée Je l'accufation & pourfuite pour le meur- 
tre de Jean-Baptilte de Pontevès, & de Pierre de Brovès, fon fils ». 

(c) Laine, Archives généalogiques, t. I er , art. Foresta, p. 7, donne à tort à Jean-Baptifte de Pontevès pour 
fils un François de Pontevès, qu'il qualifie de Vicomte de Bargème, mais qui apartient à la branche dite d'Aix, 
rapportée à la fin de cette généalogie. 



44 de SABRAN-PONTEVÈS. 6?2 

époufa : i° par contrat du 9 Juillet 1 588 (J. Albin, Not. à Caftellane), Lucrèce 
de Demandolx-Trigance, fille de Jean de Demandolx-Trigance & de Claudine 
de Vintimille-Tende-Lascaris((Z); 2 par contrat du 2 Juillet i5q6(B. Teftanier, Not. 
à Fayence), Lucrèce de Villeneuve-Tourettes, fille de Jean de Villeneuve, 
Seigneur de Tourettes-Fayence, & de Pierrette d'Oraison. Il mourut après 1625. 
Du premier mariage iffurent : 

1. Claude de Pontevès, qui fuit. 

2. Diane de Pontevès, mariée, par contrat du I er Mars 1609, à Jean de Gai, 

Cofeigneur du Caftelet & de Villevieille, fils de Louis de Gai, Capitaine- 
Commandant d'Entrevaux, & de Louife de Glandevès de Villevieille. 
Du fécond mariage vinrent : 

1. Charles de Pontevès, auteur de la branche des Seigneurs d'Avaye, rap- 

portée plus loin (p. 54). 

2. Isabeau de Pontevès, mariée, par contrat du 8 Janvier 161 1, à Arnaud 

de Glandevès, fils de feu Jean-Baptifte , Seigneur de Baudiment, & d'Ifa- 
beau de Thomas. 

3. Julie de Pontevès, mariée, par contrat du 17 Février 161 3, à Claude de 

Clari, fils d'Honoré, Seigneur d'Ubraye, & d'Honorade de Glandevès. 11 
prit le nom de Clari de Pontevès, pour fe conformer à la volonté de fa tri- 
faïeule, Honorade de Pontevès-Ubraye (voir plus loin, p. 88). 

4. Baptistine de Pontevès, mariée, par contrat du 19 Avril 161 5, à Alexandre 

de Villeneuve, fils de feu Henry de Villeneuve, Seigneur de Mons, & 
de Confiance Fernandès. 

5. Pierrette de Pontevès, mariée, par contrat du 20 Juillet 1623, à Jules de 

Villeneuve, Seigneur de Saint-Lyons & de Thorenc, fils de Ours de Vil- 
leneuve, Seigneur & Baron de Barrême, & de Sibille de Grasse. 

6. Marguerite de Pontevès, mariée, par contrat du 4 Mars 1627, à Gafpard 

de Vintimille, des Comtes de Marfeille, fils de feu Amadieu de Vin- 
timille, Cofeigneur de Montpezat, & d'Anne de Vintimille. 

XXI. DEGRÉ. 

Claude de Pontevès, qualifié Vicomte de Bargème (b), Seigneur des Iffards, 
Brovès, Callas, Comps, la Garde-Fraynet, la Colle d'Efclans, Pennafort, &c, 
époufa : i°à Draguignan, le 21 Janvier 1622 (contrat pofmuptial du 28 Avril fuivant 
paffé devant Malefpine, Not. à Draguignan), Marguerite de Laurens, fille de 
Pierre de Laurens, Cofeigneur de Tourtour, Confeiller, de la ville de Draguignan, 
& de Madeleine d'Albertas-Villecroze; laquelle mourut fans enfants; 2 par 
contrat du 7 Avril 1625 (Michel Saint-Benoît, Not. à Entrevaux), Marguerite de 
Castellane d'Alluys, fille de René, Seigneur d'Alluys & du Puget de Roftaing, 
& de Marguerite de Marseille, des Comtes de Vintimille. Elle mourut avant 
1659 & lui en 1668. 

Du fécond mariage iffurent : 

1. François de Pontevès, mort fans alliance. 

{a) Elle était iffue, au 8 e degré, de Guillaume-Pierre I er , Comte de Vintimille, & d'Eudoxie Lafcaris, fille de 
Théodore Lafcaris II, Empereur de Nicée. Elle eut pour grand'oncle Honoré Lafcaris, des Comtes de Vinti- 
mille, Comte de Tende, dit le Grand, dont la petite-fille, Anne de Lafcaris, Comtefle de Tende, dernière de 
fa branche, époufa, en i5oi, René, bâtard de Savoie, Comte de Villars, Grand Maître de France. fVoir 
P. Anfelme, t. II, pp. 286-289, & les Comtes de Tende de la mai/on de Savoie, par le Comte de PanifTe-Pafiîs ; 
Paris, Firmin-Didot, 1889, in-4.) 

(b) Dans plufieurs aéles notariés. 



653 de SABRAN-PONTEVÈS. 4$ 

2. Louis de Pontevès, qui fuit. 

3. Gaspard de Pontevès, Chevalier de Malte en 1643, Commandeur de Va- 

hours en 1698, Grand Prieur de Touloufe en 1700, mort à Saint-Lau- 
rent, diocèfe de Riez, le 28 Avril 1720, âgé de 95 ans. 

4. Alexandre de Pontevès, Chevalier de Malte en 1643. 

5. Claude de Pontevès, Chevalier de Malte en i658. 

6. Annibal de Pontevès, Chevalier de Malte en 1661. 

7. Joseph de Pontevès, Chevalier de Malte en i663. 

8. Jean de Pontevès, Chevalier de Malte en i663. 

9. Jacques de Pontevès, Chevalier de Malte en i663. 

10. Pierre de Pontevès, Chevalier de Malte en 1666, mort le 3i Juillet 1701. 

1 1. Marguerite de Pontevès, mariée, par contrat du 20 Juillet i653, à Jean de 
Glandevès, Seigneur du Canet, fils de Jean-Baptifte de Glandevès & de 
Marguerite d'Albert-Régusse. 

12. Isabeau de Pontevès, mariée, par contrat du i5 Février 1659, à Jofeph 
de Raimond d'Eoux, fils d'Honoré, & de Lucrèce de Demandolx-la-Palu. 

i3. Claire de Pontevès, mariée, le 16 Janvier i658, à Marc-Antoine de Fabre, 
Cofeigneur de Riez & de Mazan. 

XXII. DEGRÉ. 

Louis de Pontevès, qualifié Vicomte de Bargème, Seigneur de Brovès, Callas, 
Comps, &c, époufa, par contrat du i5 Novembre 1654 (Guiaud, Not. à Bar- 
gème), Marguerite de Castellane-Tournon, fille de François de Castellane, 
Seigneur de Tournon, & de Jeanne de Vallavoire-Roux. Il fut déclaré Noble 
par jugement des Commiffaires départis pour la recherche de la Nobleffe en Pro- 
vence, rendu le i er Octobre 1667, & mourut en 1681. Sa veuve vivait encore 
en 1703. De leur mariage iffurent : 

1. Jean de Pontevès, qui luit. 

2. Claude de Pontevès, né à Bargème le i er Janvier 1662, Chevalier de Malte 

en 1678 (preuves du 2 Juin), mort avant 1703. 

3. Henri de Pontevès, né à Bargème le 3o Mai 1667. Chevalier de Malte en 

1681, vivant en 1703. 

4. François de Pontevès, né à Bargème le 28 Septembre 1668, Chevalier de 

Malte en i685, vivant en 1703. 

5. Alexandre de Pontevès, Chevalier de Malte {dit le Chevalier de Brovès) 

en 1687, quitta enfuite TOrdre pour fe marier & fut auteur de la branche 
des Coseigneurs d'Amirat, rapportée plus loin (p. 48). 

6. Jeanne de Pontevès, mariée, par contrat du 12 Octobre 1671, à Jofeph 

de Raffélis, Seigneur de Clamagnan, de Brovès, &c, fils de Melchior, 
Seigneur de RégmTe & de Brovès, & de Gabrielle de Demandolx-Tri- 
gance. Elle mourut en i683, & lui fe remaria avec Francoife de Lombard- 
Gourdon. 

7. Marguerite de Pontevès, mariée, par contrat du i5 Août 1684, à Alexan- 

dre d'Arbaud, Seigneur de Fox-Amphoux & dé Châteauvieux, fils de 
Melchior d'Arbaud & de Francoife de Raimond d'Eoux. 

8. Thérèse de Pontevès, mariée, par contrat du 29 Mars i6g3, à Léonard- 

François d'Isnard, Seigneur de Deux-Frères & d'Efclapon, fils de 
Pierre III dIsnard & D'Anne d'Orcier, ou d'Orcière, qu'Artefeuil dit 
iflue des Comtes de Gilette, de la ville de Nice. Elle mourut le 9 Avril 1749. 



4 6 



de SABRAN-PONTEVÈS. 65 4 



XXIII. DEGRÉ. 

Jean III de Pontevès, qualifié de Marquis de Bargème, Seigneur de Bargème, 
Broyés, Callas, Tournon, Comps, Saint-Laurent, 8cc, fournit le dénombrement de 
fes feigneuries le 20 Mai 1681, devint Premier Conful d'Aix & Procureur du pays 
en 1698, tefta le 29 Mai 1718 (Beaufeu, Not. à Aix), & mourut en 1720. Il avait 
époufé, par contrat du 26 Novembre 1678, paffé au château de Tournon 
(Camot & Jordan, Not. à Montauroux & à Bargème), Marguerite de Castel- 
lane-Tournon, Dame de Tournon & de Saint-Laurent, fa coufine-germaine, fille 
de feu Claude de Castellane & de Louife d'Amat de Sigoyer. De ce mariage : 

1. François de Pontevès, qui fuit. 

2. Louis de Pontevès, né à Bargème le 4 Octobre 1680, Chevalier de Malte 

en 1695 (preuves du 26 Mars). 

3. Claude (allas Gaspard) de Pontevès, Chevalier de Malte en 1688. 

4. François de Pontevès-Tournon, Chevalier de Malte en 1700. 

5. Jean-Balthazar de Pontevès, reçu Chevalier de Malte le 3o Mars 1706, 

légataire de fon père, vivait encore en 1728. 

6. Jean-Baptiste de Pontevès-Tournon, Chevalier de Malte en 1706. 

7. Joseph-François de Pontevès, Chevalier de Malte en 1710. 

8. Thérèse-Françoise de Pontevès-Tournon, mariée à Jofeph de Thomas- 

Chateauneuf, Chef d'Efcadre, fille de Melchion, Seigneur de Château- 
neuf, & d'Anne d'Astour. Décédée -à Toulon le 12 Mai 1724, âgée d'en- 
viron 35 ans. 
9 8c 10. Marguerite & Jeanne de Pontevès, Religieufes au monaftère de 
Sainte-Marie à GrafTe, légataires de leur père. 

XXIV. DEGRÉ. 

François de Pontevès, Marquis de Bargème, Tournon, Saint-Laurent, Bro- 
vès, &c, né en 1679, Premier Conful d'Aix & Procureur du pays en 1722, 1723 
& 1740, fit hommage de fes terres au Roi le 20 Février 1723, tefta le 12 Juillet 
175 1 (P. -Cl. Allaman, Not. à Lorgues) & mourut à Lorgues le 27 Janvier 1753. 
Il avait époufé : i° par contrat du 9 Mai 1720 (Giraud, Not. à Quinfon), Ca- 
therine-Claire de Laidet-Sigoyer, fille de Pierre de Laidet, Seigneur de Si- 
goyer, de Chaves & du Bignofc, 8c d'Anne de Laidet; 2° par contrat du 29 Avril 
1746 (H. Vincens Allaman, Not. à Lorgues), Marguerite-Rofe de Raimondis 
d'Alons, fille d'Honoré-Emmanuel de Raimondis, Seigneur d'Alons, Confeiller 
du Roi, 8c de Marie-Lucrèce de Martinenq. Elle décéda, au château de Tournon, 
le 3 Septembre 1768. De ce fécond mariage hTurent : 

1. François-Pierre de Pontevès, qui fuit. 

2. Honoré de Pontevès-Bargème, qualifié de Comte de Pontevès-Tournon, 

né à Lorgues le 24 Juillet 1748, Officier de Marine, quiépoufa, à Toulon, 
en 1770, Rofe-Françoife Corbin, originaire d'Angers, fille de Marcel 
Corbin 8c de Rofe Frasi. Il paffa enfuite à l'étranger, fe fixa d'abord à 
Namur, puis à Maeftricht, ville dont il fe fit recevoir Bourgeois, 8c il 
y fit confacrer à nouveau fon mariage, le i3 Novembre 1779, fous le 
régime des lois du pays. Il reprit du fervice dans la marine françaife en 
1781, prit part à différentes expéditions 8c guerres, ^ mourut à une 
date inconnue, poftérieure à 1787. Sa femme décéda à Liège le 19 No- 
vembre 1828. De leur union vint : 



655 



de SABRAN-PONTEVÈS. 47 



Honoré-Martin-Jules, Comte de Pontevès-Tournon, né à Namur le 

5 Décembre 1771 (a). Il époufa, à Amfterdam, le 8 Avril 1795, 

Jeanne-Marie- Ida Chapelle, fille de Jean-Georges Chapelle & de 

Jeanne-Catherine Boverie. Elle mourut le 5 Mars 181 6, à Liège, 

où il décéda lui-même le 7 Août 1826. De ce mariage iffurent : Jean- 

Baptiste-Honoré, né à Amfterdam le 3i Octobre 1797, mort en bas 

âge, & Rose- Françoise, qualifiée de ComtefTe de Pontevès-Tournon, 

née à Amfterdam le i3 Avril 1799, qui époufa, à Liège, le 3 1 Mai 

i83o, Charles-Jofeph de Soer, & mourut, à Grivegnée-lez-Liège, le 

23 Septembre 1862. Son mari était décédé à Liège le 20 Mars 1861. 

De leur mariage étaient iffues : Rose-Sophie-Henriette, décédée 

fans alliance en 1894, 8c Caroline-Clémence-Honorée, mariée à 

Gilbert Freson (b). 

3. Martin-Jules, Chevalier de Pontevès-Bargème, Officier de marine, fuivit 

fon frère Honoré à l'étranger, vécut à Namur, puis à Maeftricht jufque vers 

1785, puis retourna en France, prit part à la réunion de TAffemblée générale 

des trois Ordres de la fénéchauffée de Draguignan, le 27 Mars 1789, 

pour l'élection des Députés aux États généraux, & mourut fans alliance. 

XX V. DEGRÉ. 

François-Pierre, qualifié de Marquis de Pontevès-Caftellane, & de Vicomte 
& Marquis de Bargème (c), Seigneur de Bargème, Tournon, &c, né en 1747, 
Officier de marine, époufa Charlotte Léger, fille de Jofeph Léger & de Fran- 
çoise Carpillety, tefta le 5 Juillet 1779 (A. Pellicot, Not. à Seillans), & mourut 
à Tournon le 7 Avril 1781, laiffant : 

1. Jean-César de Pontevès, qui fuit. 

2. François-Joseph-Alexandre de Pontevès, né à Callian le 20 Mai 1771, 

mort le 14 Août i835, fans poftérité. 

XX VI. DEGRÉ. 

Jean-César, Marquis de Pontevès-Caftellane, qualifié de Vicomte & de Comte 
de Bargème, Seigneur de Tournon, &c, né à Draguignan le 6 Avril 1770. Sa 
filiation, ainfi que celle de fon frère, a été dreffée au Cabinet des Ordres du Roi 
le 22 Novembre 1785, fur titres communiqués par le Comte de Pontevès du 
Muy, Maréchal de camp (d), & ils reçurent un certificat de nobleffe pour être 
Sous-Lieutenants, le 7 Janvier 1786. Il époufa, le 8 Juillet 1788, Jeanne-Pauline- 
Antoinette de Castellane-Mazaugues, fille du Marquis Antoine-Boniface, & de 
Marie-Catherine de Tallemant-Chaumont , & mourut à Fayence le 14 Août 
181 1. Sa veuve eft décédée à Marfeille le 20 Janvier 1857, âgée de 84 ans. 

De leur mariage étaient iffues : 

r. Célestine-Marie de Pontevès-Bargème, née à Toulon le 6 Juin 1789, morte 
jeune. 

2. Victorine-Amélie-Antoinette de Pontevès-Bargème, née à Nice le 3o Oc- 
tobre 1790, mariée, le 25 Novembre 18 18, à Elzéar-Louis-Zozime, Comte, 

(à) Dans fon acte de baptême, du même jour, il eit infcrit comme : « filins Honorati de Pontevès-Tournon 
& Rofce Francifcœ Corbin, conjugum ». Son parrain fut fon oncle, Martin-Jules de Pontevès-Bargème. 

(b) Cette defeendance d'Honoré de Pontevès-Bargème réfulte des documents communiqués par M. Jules- 
G. Frefon, demeurant à Liège, petit-tils de Rofe-Françoife de Pontevès-Tournon. 

(cl Dans fon a<5te de mariage, dans plufieurs actes notariés, dans fon teftament, &c. 

(d) Bibliothèque Nationale, Départ, des Manufcrits. 



48 



DE 



SA BRAN-PONTE VES 656 



puis Duc de Sabran, Lieutenant général & Pair de France. Leur union 
avant été ftérile, le Duc adopta le 16 Août i832 & la DuchefTe le 29 
Juillet i858, fes deux couûns : Edouard & Léonide de Pontevès-Bar- 
gème, des Cofeigneurs d'Amirat, frères jumeaux, qui continuent cette 
branche. La DuchefTe de Sabran eft décédée le 2 Mars 1862, dans le cou- 
vent des Trinitaires, à Sainte-Marthe, près Marfeille, dont elle avait pris 
l'habit dès fon veuvage (1847). 



BRANCHE DES COSEIGNEURS D'AMIRAT, 

ISSUE DE CELLE DES VlCOMTES DE BaRGÈME ET DEVENUE l'aINÉE. 

XXIII. DEGRÉ. 

Alexandre de Pontevès-Bargème, cinquième fils de Louis de Pontevès, Vicomte 
deBargème, & de Marguerite de Castellane-Tournon (voir p. 45), né en 1672, fut 
reçu Chevalier de Malte en 1687, & quitta l'Ordre, où il était défigné fous le nom de 
Chevalier de Brovès, pour époufer : i° par contrat du 23 Février 1705 (Fanton, 
Not. à GrafTe), Anne de Moreau, fille de Louis de Moreau, Directeur général des 
Gabelles en la ville & comté de Nice, & de feue Françoife de Pizany; 2 le 2 Juillet 
1726, Françoife de Lisle-Callian, Dame en partie d'Amirat, fille d'Antoine de 
Lisle, Seigneur de Callian, & de Gabrielle de Raffélis, & veuve de Céfar de 
Lambert, Cofeigneur d'Amirat. Il mourut à GrafTe le 1 1 Janvier 1756. Son fécond 
mariage fut ftérile, & du premier étaient iffus : 

1. François de Pontevès, né le 11 Janvier 1706, mort en bas âge. 

2. François de Pontevès, qui fuit. 

3. Jean-François-Henri de Pontevès, né le 9 Novembre 171 5, Membre de la 

Compagnie de Jéfus > mort à Carpentras le 3o Décembre 1779. 

4. Elisabeth de Pontevès, née le 7 Décembre 1706, morte fans alliance. 

5. Claire-Roseline de Pontevès, née le 6 Novembre 1709, morte le 29 Octo- 

bre 1764, fans alliance. 

6. Roseline de Pontevès, née en 171 1, morte le i5 Mai 1732. 

7. Anne-Françoise de Pontevès, née le 9 Mai 17 12, morte fans alliance. 

8. Marguerite de Pontevès, née le 3i Mai 171 3, morte fans alliance. 

9. Marie-Marguerite de Pontevès, née le 4 Mai 17 14, morte fans alliance. 

10. Marianne de Pontevès, née le 8 Décembre 1722, morte le 19 Novembre 

179D , fans alliance. 

XXIV. DEGRÉ. 

François de Pontevès -Bargème, Cofeigneur d'Amirat, né à GrafTe le 3o Dé- 
cembre 17 10, époufa, à GrafTe, le 2 Juillet 1726, Marie-Honorée de Lambert, 
fille de feu Céfar de Lambert, Cofeigneur d'Amirat, & de Françoife de Lisle- 
Callian, devenue le même jour la féconde femme de fon père. De cette union : 

1. Louis de Pontevès, né le 28 Juillet 1732, mort le 21 Août 1734. 

2. Jacques de Pontevès, qui fuit. 

3. Joseph-Amable-Arnoulphe de Pontevès, baptifé à Aix le 14 Juin 1739, 

Chanoine de l'abbaye de Saint-Victor de Marfeille en 1761, Abbé de Mont- 
morel, Aumônier de S. A. R. Madame Adélaïde, fille de Louis XV. 



65 7 de SABRAN-PONTEVÈS. 49 



4. Melchior-Alexandre de Pontevès, né le 10 Avril 1745, Aumônier du Roi. 

5. Marguerite de Pontevès, née le 18 Décembre ij5i, Chanoineiïe. 

XX V. DEGRÉ. 

Jacques de Pontevès-Bargème, Cofeigneur d'Amirat, Vicomte de Pontevès, 
né à Gratte le i5 Juin 1735, époufa, le 3 Mai 1779, Madeleine-Gabrielle Dauphin 
de Trébillane, fille de Louis-Balthazar Dauphin de Trébillane & de Claire- 
Gabrielle de Barrigues de Fontainieu. Il mourut le 2 Août 1787, & elle, à 
Grade, le 25 Avril 1842. Ils eurent de leur mariage : 

1. François de Pontevès, né le 3 Mars 1780, reçu Chevalier de Malte le 

5 Avril 1789, mort le 7 Janvier 1791. 

2. François-Joseph de Pontevès, frère jumeau, mort le 18 Juillet 1782. 

3. Louis-Alexandre de Pontevès, né le 9 Janvier 1781, mort en bas âge. 

4. Louis-Balthazar-Alexandre de Pontevès, qui fuit. 

5. Adèle- Marie- Amable de Pontevès, née le 4 Février 1783, mariée : i° le 

5 Juin 1804, à Léopold de Bompard, Chef d'efeadre, fils de Louis de 
Bompard & de Marie-Anne-Thérèfe d'Arquier; 2 le 20 Octobre 1806, à 
Amable, Marquis de Lisle-Taulane, fils de Louis-Augufte de Lisle-Tau- 
lane & de Madeleine-Prudence-Françoife de Forbin-Gardanne. Elle eft 
décédée à GrafTe le 16 Février 1 85 1 . 

XX VI. DEGRÉ. 

Louis-Balthazar-Alexandre, qualifié de Comte de Pontevès-Bargème, né 
à GrafTe le 19 Octobre 1781 8c baptifé le 4 Janvier 1782, Officier de marine, 
fut fait prifonnier fur le Guillaume-Tell à la bataille d'Aboukir en 1799. A 
la mort (181 1) de fon coufin Jean-Céfar, père de la Ducheflè de Sabran 
(voy. ci-defius, p. 47), il eft devenu Faîne de fa maifon, Si, étant iffu directe- 
ment de la même branche de Pontevès-Bargème, il en releva le nom & le titre. 
Chef d'Etat-Major Commandant en fécond la Garde nationale de Marfeilie & du 
département en i8i5, il fut nommé enfuite Chevalier de la Légion d'honneur. 11 
avait époufé, le 16 Avril 1804, Marie-Antoinette de Paul, fille d'Antoine- 
Guillaume de Paul, Capitaine au régiment d'Enghien, & de Marguerite de Paul, 
& eft décédé à Marfeilie le 27 Juillet 1868, veuf depuis le 6 Avril 1854. 

De fon mariage font iffus : 

1. Louis-Jean-Baptiste-Edmond, Comte de Pontevès-Bargème, né à Marfeilie 

le 24 Juin i8o5, Général de brigade, Commandeur de la Légion d'hon- 
neur, Grand 1 Croix de Saint-Grégoire le Grand, bleffé mortellement à la 
prife de Sébaftopol le 8 Septembre i855, à la tête de la 2 e brigade de la 
divifion de la Garde, & décédé le lendemain. Son bufte eft placé dans une 
des galeries de Verfailles. 

2. Guillaume-Eugène de Pontevès-Bargème, né le i3 Janvier 1807, Sous- 

Lieutenant au 3 e de ligne, bleffé au combat de Staouéli (prife d'Alger) le 
28 Juin i83o & décédé à Alger le 27 Juillet fuivant. 

3 & 4. Marc-Edouard 8c Joseph-Léonide de Pontevès-Bargème, frères ju- 
meaux, qui fuivent, enfants adoptifs du Duc & de la Ducheffe de Sabran. 

5. Marie-Sophie-Mathilde de Pontevès-Bargème, née à Marfeilie le 20 Avril 
1816, mariée, le 20 Novembre 1841, à Charles-Paul Meiffren-Laugier, 



Rcgijîre feptième. 83 



v o 



de SABRAN-PONTEVES. 658 



Baron de Chartrouse, fils de Guillaume-Michel-Jérôme & de Marie- 
Charlotte-Perpétue Asselin. Elle eft morte à Marfeille le 23 Mars i85i, 
laiflant une fille : 

Henriette-Marie-Antoinette, née le 18 Mars i85i, mariée, le 23 Avril 

1873, à Victor-Emmanuel de Sabran-Pontevès, fon coufin germain, 

mentionné plus loin. 



BRANCHES DE SABRAN-PONTEVES, 

CONTINUANT LA PRÉCÉDENTE. 

I. — BRANCHE DUCALE. 

XXVII. DEGRÉ. 

Marc-Edouard de Pontevès-Bargème, Duc de Sahran, Marquis de Pontevès- 
Ruoux & Giens, Vicomte de Bargème, &c, &c, &c, né à Marfeille le 25 Avril 
181 1, Page de S. M. le Roi Charles X Je I er Septembre 1827, époufa, à Paris, 
le 12 Février i833, Régine de Choiseul-Praslin, fille de Charles-Raynard-Laure- 
Félix de Choiseul, Duc de Praslin, & de Charlotte-Laure-Olympe le Tonnelier 
de Breteuil. La Ducheffe de Sabran eft décédée à Narbonne le 14 Février 1 855, & 
fon mari, au château du Lac (Aude), le 5 Septembre 1878. De leur union font iffus : 

1. Elzéar-Charles-Antoine de Sabran-Pontevès, qui fuit. 

2. Edmond-Marie-Zozime de Sabran-Pontevès, rapporté ci-après. 

3. Delphine-Laure-Gersinde-Eugénie de Sabran-Pontevès, née à Marfeille le 

17 Février 1834, mariée, à Narbonne, le 24 Juin i852, à Paul-Marie- 
Erneft Comte de Boigne, depuis Député de la Savoie, fils de Charles le 
Borgne, Comte de Boigne, & de Céfarine de Montbel. 

4. Louise-Gabrielle-Laure-Victorine de Sabran-Pontevès, née à Paris le 

2 Juin i835, morte fans alliance, à Marfeille, le 21 Mars i863. 

5. Anne-Marie-Inès de Sabran-Pontevès, née à Marfeille le 3o Novembre i836, 

mariée, à Narbonne, le i er Août i855, à Charles-Félix, Marquis Tredicini 
di Boffalora, Marquis de Saint-Séverin, fils de Jofeph, Marquis Tre- 
dicini di Boffalora, Colonel de Nice-cavalerie au fervice de Sardaigne, 
& de Caroline de Rouer de Saint-Séverin. Elle eft morte à Chambéry le 

18 Janvier 1874. 

6. Marie- Victorine-Charlotte de Sabran-Pontevès, née à Paris le 27 Mars 

1 838, mariée, dans la chapelle du château du Lac, le 25 Octobre i865, à 
Marie-Louis-Jofeph-Alfred, Vicomte, puis Comte de Geoffre de Chabri- 
gnac, fils de Louis-Jofeph-Ferdinand, Comte de Geoffre de Chabrignac, 
& de Marie-Mélanie Boisset, fille de Claude Boisset, Lieutenant-Colonel 
du génie, Chevalier de Saint-Louis, émigré en 1790. Elle eft décédée, au 
château des Roches (Drôme), le 18 Juillet 1867. 

XXVIII. DEGRÉ. 

Elzéar-Charles-Antoine, Duc de Sabran, Marquis de Pontevès-Buoux 8c 
Giens, Vicomte de Bargème, &c, né à Marfeille le 19 Avril 1840, Lieutenant aux 



65 9 de SABRAN-PONTEVÈS. 5i 

Zouaves pontificaux, puis Commandant au i er bataillon des Mobiles de la Sar- 
the, Chevalier de la Légion d'honneur & de Pie IX, Grand'Croix de l'Ordre 
militaire de Saint-Grégoire le Grand, Bailli Grand'Croix de l'Ordre de Malte, &c., 
Sic, Sic. 11 époufa en premières noces, à Paris, le 3 Juin i863, Marie-Julie 
d'Albert de Luynes de Chevreuse, fille d'Honoré-Louis-Jofeph-Marie d'Albert 
de Luynes, Duc de Chevreuse, & de Valentine-Julie de Contades; elle eft dé- 
cédée, au château du Lac (Aude), le i5 Novembre i865, laiffant : 

Louise-Delphine-Marie-Valentine de Sabran-Pontevès, née à Paris le 26 Avril 
1864, mariée, à Paris le 10 Juin 1 885 , à Jules-Jean-Marie de Lareinty, 
Marquis de Tholozan (en vertu d'une difpofition teftamentaire de fon 
grand-oncle maternel, Erneft-René, dernier Marquis de Tholozan, décédé 
le 3 Mars 1890, fans alliance; difpofition qui reçut fa fanction, pour le 
nom, par décret du Préfident de la République du 12 Décembre 1891), 
fils de Clément-Gultave-Marie Baillardel, Baron de Lareinty, Sénateur 
& de Julie de Chastenet de Puysegur. 
Le Duc de Sabran époufa en fécondes noces, à Vienne (Autriche), le 16 Juin 
1881, Adelaïde-Henriette-Louife-Ifabelle, Comteffe de Kalnoky, Baronne de 
Kôrofpatak, Dame de la Croix étoilée, fille de Guftave, Comte de Kalnoky, 
Baron de Kôrofpatak, & d'Ifabelle de Schrettenbach, & veuve, le 3 Juin 1876, 
de Jean, Comte de Waldftein-Wartenberg. De ce mariage : 

Henri-Elzéar-Edouard-Louis-Joseph-Antoine, Marquis de Sabran-Pontevès 

né en Autriche le 11 Mai 1882, mort en Autriche le i3 Février 1 885. 
Le Duc de Sabran eft décédé, au château de Cfiéfo (Hongrie), le 6 Avril 1894. 



XXVIII. DEGRE. 

Edmond-Marie-Zozime de Sabran-Pontevès fuccéda aux titres de Duc de 
Sabran, de Marquis de Pontevès-Buoux & Giens, Vicomte de Bargème, &c, por- 
tés par fon frère, & il eft le chef actuel de la maifon de Sabran & de celle de 
.Pontevès. Né à Marfeille le 16 Septembre 1841, il a époufé en premières noces, 
à Menil (Mayenne), le 9 Février 1870, Charlotte-Cécile de la Tullaye, fille de 
Jules-Auguftin de la Tullaye, Marquis de Magnanne, & de Marie le Cercler. 
Elle eft décédée au château de Magnanne (Mayenne) le 19 Décembre 1884. 

De ce mariage font iffus : 

1. Marc-Augustin-Marie-Elzéar, Marquis de Sabran-Pontevès, né au châ- 

teau de Magnanne le 7 Décembre 1871, mort à Provins le 27 Décembre 1895. 

2. Hélion-Louis-Marie-Elzéar, Marquis de Sabran-Pontevès, né au château 

de Magnanne le 9 Novembre 1873. 

3. Amic René-Louis-Marie-Elzéar, Comte de Sabran-Pontevès, né au châ- 

teau de Magnanne le i3 Septembre 1879. 

4. Alyette-Léonitje-Elisabeth-Régine-Marie-Delphine de Sabran-Pontevès, 

née au château de Magnanne le i3 Novembre 1875. 
Il a époufé en fécondes noces, dans la chapelle du château de Vaugouberl 
(paroiffe de Quinfac, Dordogne), le 29 Mars 1886, Gerfinde de Sabran-Pon- 
tevès, fa confine germaine, veuve du Vicomte de Cofnac, & qui elt décédée 
au château de Magnanne le i3 Juillet 1893. 



52 de SABRAN-PONTEVÈS. 6Co 

II. BRANCHE COMTALE DE SABRAN-PONTEVÈS- 

XXVII. DEGRÉ. 

Joseph-Léonide de Pontevès-Bargème, Comte de Sabran, frère jumeau de 
Marc-Édouard, Duc de Sabran; né à Marfcille le 25 Avril 1811, Garde du corps 
de S. M. le Roi Charles X le 20 Décembre 1829, Grand'Croix de l'Ordre de 
Ferdinand de Caftille, époufa, à Paris, le 25 Août i835, Adélaïde-Bonne-Ga- 
brielle de Pons-Saint-Maurice, fille unique d'Amable- Hyacinthe -Marie-Hélie, 
Vicomte de Pons-Saint-Maurice , & de Marie-Confiance de Fontenu. Elle eft 
décédée, au château de Grignols (Gironde), le 19 Octobre 1854, 8c lui à Mar- 
feille, le 18 Février 1 883. Ils eurent de leur mariage : 

1. Guillaume de Sabran-Pontevès, qui fuit. 

2. Foulques de Sabran-Pontevès, né à Paris le 16 Août 1837, décédé le 10 

Septembre fuivant. 

3. Foulques de Sabran-Pontevès, rapporté â la fuite. 

4. Emmanuel de Sabran-Pontevès, rapporté à la fuite. 

5. Jean-Elzéar-Louis-Marie de Sabran-Pontevès, né à Grignols le 14 Août 

1848, décédé à Grignols le 18 Juillet 1849. 

6. Jean de Sabran-Pontevès, dont l'article viendra à la fin de cette branche. 

7. Gersinde-Marie-Louise-Eugénie de Sabran-Pontevès, née à Marfeille le 

12 Septembre 1 83g , mariée : i° à Grignols, le 12 Juillet 1859, à Fernand, 
Vicomte de Cosnac, fils de Gabriel-Noél-Augufte, Comte de Cosnac, 8: 
d'Erneftine-Pauline-Sophie de Guillaumanches du Boscage, décédé le 
3 Novembre 1869; 2 au château de Vaugoubert (Dordogne), le 29 Mars 
1886, à Edmond, Comte de Sabran-Pontevès, fon coufin germain, devenu, 
en 1894, Duc de Sabran (voir ci -devant). Elle eft décédée, au château 
de Magnanne, le i3 Juillet 1893. 

8. Jeanne-Marie-Delphine de Sabran-Pontevès, née à Marfeille le 23 No- 

vembre 1846, décédée à Grignols le 3o Juillet 1849. 

9. Marguerite-Raymonde-Marie-Delphine de Sabran-Pontevès, née à Grignols 

le 14 Août 1848, mariée, â Grignols, le 4 Décembre 1871, à Olivier, 
Comte de Pontac, Capitaine de cavalerie démiffionnaire, fils d'Agénor, 
Comte de Pontac, &. de I.ouife-Thérèfe-Vicfoire du Vergier de la Ro- 

CHEJAQUELEIN. 

XXVIII. DEGRÉ. 

Guillaume-Elzéar-Marie, Comte de Sabran-Pontevès, chef actuel delà bran- 
che comtale, né à Paris le 26 Juin i836, Commandeur de l'Ordre de Pie IX, 
marié, à Paris, le 26 Avril 1864, â Marie-Caroline-Philomène de Panisse-Passis, 
fille de Henri-Charles-Gafton de March-Tripoli, Marquis de Panisse-Passis, 8c 
de Marie-Louife-Joféphine-Athenaïs de Raigecourt. De ce mariage font iffus : 

1. Marie-Elzéar-Léonide- Augustin (Comte El\ùar de Sabran-Pontevès), 

né au château de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) le 17 Février i865, 
marié, à Paris, le 21 Juillet 1892, â Brigitte Costé de Triquerville, fille 
de Pierre-André, Marquis de Triquerville, 8: de Marie-Edith Grandin de 
l'Eprevier. 

2. Marie-Elzéar-Gaston-Louis de Sabran-Pontevès, né au château de La- 

manon (Bouches-du-Rhône) le 17 Août 1866, mort à Paris le 9 Mai 1893. 



66 1 



de SABRAN-PONTEVÈS. 53 



3. Marie-Elzéar-Henri-Foulques de Sabran-Pontevès, né au château de 

Villeneuve-Loubet le 16 Novembre 1868, Élève de FÉcole militaire de 
Saint-Cyr, décédé à Paris le 26 Mars 1889. 

4. Marie-Delphine-Edwige- Valentine-Pia de Sabran-Pontevès, née au châ- 

teau de Lamanon le 16 Février 1871, morte, au château de Lamanon, 
le i5 Septembre 1873. 

5. Marie-Dauphine-Gabrielle-Pia de Sabran-Pontevès, née au château de 

Lamanon le 28 Septembre 1873, mariée, à Paris, le 29 Juin 1896, à Henri- 
Léopold-Marie-René Comte de Gondrecourt, Lieutenant de dragons, fils 
de P.ené Comte de Gondrecourt & d'Alexandrine-Marie-Noémie d'Ollone. 

6. Marie-Thérèse-Dauphine-Henriette de Sabran-Pontevès, née à Paris le 

i5 Mars 1878, filleule de M ?r le Comte de Chambord & de Madame. 

RAMEAUX CADETS. 

Foulques-Gabriel-Louis-Marie de Sabran-Pontevès (Marquis de Pontevès- 
Sabran), né à Marfeille le 19 Septembre 1841, Capitaine démilîionnaire, Chevalier 
de la Légion d'honneur (7 Février 1871), décoré de la médaille commémorative 
de l'expédition du Mexique (10 Décembre 1 863) & de l'Ordre du Mérite militaire 
mexicain (10 Avril i865); marié, le 28 Septembre 1872, à Antonie-Cécile- 
Marie-Huberte Maissiat de Ploenniès, fille d'Adolphe- Ambroife-Jofeph-Hubert 
Maissiat de Ploenniès, Général de divifion, Chevalier du Saint-Empire, Grand 
Officier de la Légion d'honneur 8c de l'Ordre de Léopold, &c, & de Marie-Thé- 
rèfe Sarran. Il eft décédé, au château de Grignols (Gironde), le 22 Septembre 
1893. De fon mariage font iffus : 

1. Léonide-Edmond-Foulques-Marie de Pontevès-Sabran, né â Montpellier 

le 18 Juin 1873, décédé à Montpellier le 25 Janvier 1 8g 1 . 

2. Gersinde-Adolphine-Renée-Marie de Pontevès-Sabran, née à Montpellier 

le 12 Juin 1874. 



Victor-Emmanuel-Elzéar-Marie de Sabran-Pontevès (Comte Emmanuel de 
Sabran-Pontevès), né à Marfeille le 22 Août 1843, ancien Lieutenant aux Zouaves 
pontificaux, Chevalier de l'Ordre de Pie IX, médaillé de Mentana, marié, au 
château du Lac (Aude), le 23 Avril 1873, à Marie Meiffren-Laugier de Char- 
trouse, fa coufine germaine, fille de Charles Meiffren-Laugier, Baron de 
ChartroUse, & de Mathilde de Pontevès-Bargf.me. De ce mariage font iffus : 

1. Charles-Joseph-Marie-Raymond de Sabran-Pontevès, né â Marfeille le 

16 Février 1875. 

2. Elzéar-Marie-Joseph-Guillaume de Sabran-Pontevès, né â Marfeille le 

25 Mars 1880. 

3. Raymond-Edouard-Elzéar-Marie- Joseph de Sabran-Pontevès, né â Mar- 

feille le 14 Octobre 1882. 

4. Mathilde-Marie-Delphine-Marguerite de Sabran-Pontevès, née â Mar- 

feille le 6 Novembre i883. 

5. Marie-Nathalie de Sabran-Pontevès, née & décédée, au château de Ca- 

feneuve (Gironde), le 23 Octobre i885. 



Jean-Charles-Elzéar-Marie de Sabran-Pontevès (Comte Jean de Sabran- 



54 de SABRAN-PONTEVÈS. 6 Ô2 

Pontevès), né au château de Grignols le 6 Septembre i85i, Chef d'efcadrons au 
3 e cuiraiïïers, Chevalier de la Légion d'honneur, Officier d'Académie, Comman- 
deur du Lion 8c du Soleil (Perfe), Officier du Nifchan-Iphtikar, Chevalier du 
Dragon d'Annam. Il a époufé, à Paris, le 28 Août 1894, Elfie Hainguerlot, 
fille dÉdouard Baron Hainguerlot & d'Alice Blount. De ce mariage : 

Phanette-Gertrude-Alice-Dauphine-Gersinde de Sabran-Pontevès, née à 
Paris le 20 Août 1895. 



BRANCHE DES SEIGNEURS D'AVAYE 

OU DE VAYE ET DE LA GARDE, 

ISSUE DE CELLE DES VlCOMTES DE BaRGEME. 

[ÉTEINTE.] 

XXI. DEGRÉ. 

Charles de Pontevès, Seigneur d'Avaye , fils de Foulques VII de Pontevès, 
Vicomte de Bargème, & de Lucrèce de Villeneuve-Tourettes, fa féconde femme 
(voir ci-devant, p. 44), fut reconnu Noble par arrêt des Commiffaires royaux, le 
19 Avril 1668, & vivait encore en 1671. Il avait époufé, en i63o, Marguerite de 
Boniface la Molle , fille de Jacques de Boniface, Seigneur de la Molle, Con- 
feiller au Parlement de Provence, & de Françoife de Glandevès. De ce mariage : 

1. François de Pontevès, qui fuit. 

2. Marthe de Pontevès d'Avaye, mariée à Céfar de Hondis , Seigneur d'Alons, 

fils d' André, & de Françoife de Flotte- d'Agoult. 

3. Thérèse de Pontevès d'Avaye, née en 1657, mariée, par contrat du 24 Fé- 

vrier 1675, à Jofeph d'Emenjaud de Rabiol, Seigneur de Néoulles& de Châ- 
teauvieux, fils de Jean, & d'Anne de Raffélis. Elle décéda à Draguignan 
le 26 Décembre 171 2. 

XXII. DEGRÉ. 

François (aliàs Louis) de Pontevès, Seigneur d'Avaye, de la Garde-Fraynet & 
de la Mourre, né en 1640, marié, par contrat du 20 Juin 1671 (J. Laurant, Not. 
à Lorgues), à Marguerite de Maty, fille de François de Maty, Seigneur de la 
Garde & de la Mourre, & de Lucrèce de Raimondis. De ce mariage : 

1. Charles de Pontevès-la-Garde, né en 1672, Garde-Marine en 1684, Sous- 

Brigadier en i685, mort fur le vaiffeau le Vaillant le 4 Avril 1686. 

2. Henri de Pontevès-la-Garde, né en 1676, Garde-Marine en 1690, Sous- 

Brigadier en 1693, Enfeigne de vaiffeau le I er Janvier 1696, noyé fur la 
barre de Bayonne, à bord de la frégate la Jolie , en Novembre 1702. 

3. César de Pontevès-la-Garde, né en 1680, Garde-Marine en 1693, Enfeigne 

de vaiffeau le i er Janvier 1703, Chevalier de Saint-Louis le 28 Juin 1718, 
Lieutenant de vaiffeau le 17 Mars 1727, mort à Lorgues le 12 Février 1735. 

4. Marc-Antoine de Pontevès-la-Garde, Officier des vailfeaux du Roi, Che- 

valier de Saint-Louis avant 1729, donataire, le i5 Janvier 1718, de fon 
oncle François de Maty, Seigneur de la Mourre. Décédé fans alliance. 



663 D E SABRAN-PONTEVÈS. 55 

BRANCHE DES SEIGNEURS DU MUY, 

ISSUE DE CELLE DES VlCOMTES DE BaRGÈME. 

[ÉTEINTE.] 

XVIII. DEGRÉ. 

Louis de Pontevès, deuxième fils d' Honoré de Pontevès, Vicomte de Bar- 
gènie, 8: de Catherine Hermentier d'Orgon (voir p. 42), né vers 1460, affilia, 
le 9 Avril 1487, aux États tenus à Aix à la fuite de la réunion de ce pays à la 
Couronne de France. Il époufa, en 1489, Mételine Balb, fille de Philippe Balb, 
Seigneur en partie du Muy (tf), & n'eut de ce mariage qu'un fils, qui fuit. 

XIX. DEGRÉ. 

François de Pontevès, Seigneur du Muy, époufa, en 020, Anne de Grasse, 
fille de Jacques de Grasse, Seigneur du Bar, & de Sibile de Quiqueran-Beaujeu, 
fa deuxième femme. Il fe diftingua avec fon coufin Gabriel de Pontevès-Buoux 
dans plulleurs rencontres de guerre. Il n'eut qu'une fille : 

Anne de Pontevès, Dame en partie du Muy, mariée, le i5 Juillet 040, à Louis 
de Rascas, Seigneur de Châteauredon, fils aîné de François de Rascas, Co- 
feigneur du Muy, Seigneur de Bagarris & de Châteauredon, Confeiller au 
Parlement de Provence. Elle fe remaria, par contrat du 10 Mai i56o, à Fran- 
çois de Lincel, Seigneur de Romoules, fils d'Antoine de Lincel, Seigneur 
dudit lieu. 



BRANCHE DES SEIGNEURS DU CASTELAR, 

ISSUE DE CELLE DES VlCOMTES DE BaRGÈME. 

[ÉTEINTE.] 

XVIII. DEGRÉ. 

Alzias ou Elzéar de Pontevès, troilième fils d'HoNORÉ de Pontevès, Vicomte 
de Bargènie, & de Catherine Hermentier d'Orgon (voir p. 42), né vers 1470, 
époufa, en 1495, Jeanne de Grimaldy de Beuil. De ce mariage : 

1. Honoré ou Honorât de Pontevès, qui fuit. 

2. Louis de Pontevès (cité par l'Abbé Robert). 

XIX. DEGRÉ. 

Honoré de Pontevès, époufa, le 3 Décembre 1 558 (Sauvaire Cartel, Not. à Aix), 
Jeanne de Mottet, fille de Mathurin de Mottet & de Françoife de Clérice, 
celle-ci fille de Claude de Clérice, Auditeur de rote à Avignon. De ce mariage : 

1. Marc-Antoine, qui fuit. 

2 8c 3. Georges & Antoine, dont on ignore les deftinées. 

4. Anne de Pontevès, baptifée à Aix le 12 Janvier i5Ô2, morte le i5 Septem- 
bre i582. 

(a) Cette famille a la même origine que les maifons de Saint-Alhan <V du Puget-Téniers. 



b6 



de SABRAN-PONTEVES. 



664 



XX. DEGRE. 

Marc-Antoine de Pontevès, Seigneur du Caftelar, Confeiller à la Chambre des 
Comptes 6c Cour des Aides de Provence, mort à Aix le i cr Juin 1624. 11 avait 
époufé, à Aix, vers i585, Anne de Simiane, fille de Claude de Simiane, Seigneur 
de la Cotte, Confeiller au Parlement de Provence, 8c de Catherine de Vétéris. 
De ce mariage : 

1. François-Antoine, qui fuit. 

2. Pons de Pontevès-Caftelar, Chevalier de Malte en 162 1. 

3. Jean de Pontevès-Caftelar, Chevalier de Malte, mort le I er Janvier 1623. 

4. Silvie de Pontevès-Caftelar, baptilee à Aix le 3 Février 1094, mariée, le 

12 Octobre 1608, à Jofeph de Robert-Doria , Sieur de Mimet, fils de 
Louis de Robert-Doria, Seigneur de la Baftide & de Saint-Cezari, & 
d'Ifabelle de Justas. Morte à Aix le 18 Octobre 1626. 

5. Anne de Pontevès -Caftelar, baptifée à Aix le 9 Août 1609, mariée, par con- 

trat du i3 Décembre 1624, à Henri de Pontevès-Giens (voir p. 71). 
6 à 1 5 . Sept autres fils & trois filles, tous baptifés à Aix, & morts en bas âge. 

XXI. DEGRÉ. 

François-Antoine de Pontevès, Seigneur du Caflelar 8c de la Baflide d'Efcla- 
pon, né en 1589, époufa, en 1626, Gabrielle d'Oraison, fille d'André d'Oraison, 
Seigneur de Boulbon 8c de Soleillas, Chevalier de l'Ordre du Roi, 8c de Jeanne 
d'Arcy ou d'Arces. Il mourut à Aix le 27 Février 1657, n'ayant eu qu'un fils, 
François, baptifé à Aix le 25 Septembre 1627, 8c mort en bas âge. Par fon tefta- 
ment du 18 Juin 1646, il avait légué tous les biens à fa femme, mais Anne, 
Comteffe de Pontevès-Giens, fa fœur, alors la dernière de cette branche, atta- 
qua ce teftament devant le Parlement de Provence, comme ayant été fabriqué (a). 



BRANCHE DES SEIGNEURS DE PONTEVÈS, 

la première cadette, 
issue de la branche principale. 

[ÉTEINTE.] 

XII. DEGRÉ. 

Barral II de Pontevès, fils puiné de Foulques II de Pontevès, Seigneur de 
Pontevès, Bargème, 8cc, Si de Marguerite des Porcellets (voir p. 27), défigné, 
par donation entre vifs, du 17 Mai 1294, à recueillir la moitié de la fucceffion de 
Matheude de Simiane, Dame de Carcès Si de Cotignac, coufine germaine de fon 
père, donation révoquée ultérieurement, fut Seigneur de Pontevès 8c de Sillans. 
11 tranfigea avec fon frère Foulques III en i3oo, tefla le 16 Août 1307 8c mourut 
avant i3ii. De fon mariage avec Étiennette ou Stéphanie de Blacas, fille de 
Boniface de Blacas, Seigneur d'Aulps, 8c d'Ayceline de Moustiers, il eut les 
enfants qui fuivent. Sa veuve fe remaria avec Guiran V de Simiane-Cafeneuve. 

1. Isnard de Pontevès, qui fuit. 

2. Agout de Pontevès, légataire de fon père 8c deftiné par lui à l'état ecclé- 

a) Les pièces imprimées relatives à ce procès fe trouvent à la Biblioth. Nation., Pièces Originales, vol. 2335. 



665 D E SABRAN-PONTEVÈS. 5 7 

fiaftique, avec fubftitution à fon frère Ifnard, à défaut de mâles. Dans le 
teftament de Matheude de Cotignac (i3ii), il fut fubftitué, comme héritier 
univerfel, à fon oncle Foulques III de Pontevès-Carcès, & immédiate- 
ment avant Agout d'Agoult de Pontevès, fils de Meffire Ifnard d'Agoult 
de Pontevès, Seigneur du Val de Sault. 

3. Foulques ou Fouquet de Pontevès, dont il n'eft fait mention ni dans 

le teftament de Barrai ni dans celui de Matheude de Cotignac, de forte 
qu'il s'identifie peut-être avec Agout de Pontevès, ci-deffus, dont les gé- 
néalogifles taifent le nom, tandis qu'ils mentionnent Fouquet. Il mourut, 
avant le 25 Octobre 1 3 1 g, peu de temps après son mariage avec.Mabile de 
Simiane, Dame de Caftillon, fille de Bertrand-Rambaud de Simiane, Seigneur 
de Saint-Martin & Caftillon, & de Mabile Adhémar de Grignan (a). Elle 
tefta le 5 Juin i33a, & mourut en odeur de fainteté aux Cordeliers d'Apt. 

4. Marguerite de Pontevès, mariée, le 16 Janvier i322 (v. fl.), à Bertrand 

de Marseille (£), Seigneur d'Ollioules, fils de Boniface de Vintimille, 
Seigneur de la Verdière, & de Philippe de Sabran-de-la-Tour-d'Aigues. 
Elle fut légataire de Matheude de Cotignac, & devint veuve avant i33o. 

5. Barrale de Pontevès, Religieufe à la Celle, légataire de fon père. 

XIII. DEGRÉ. 

Isnard de Pontevès, Seigneur de Sillans, puis de Pontevès, la Baftide, Tri- 
gance, le Caftellet, &c, puis Cofeigneur d'Entrecafteaux & de Lambefc, fit hom- 
mage de fes terres à Robert, Comte de Provence, le i5 Février 1324 (v. ft.), à 
Aix. Il accompagna en Italie, en 1340, le Roi Robert en la guerre que celui-ci 
eut à foutenir contre l'Empereur Louis de Bavière. Il fut parmi les Barons de 
Provence qui firent jurer à la Reine Jeanne, le 17 Février 1348, de ne nommer 
aux emplois, tant civils que militaires, que des Provençaux, & de n'aliéner ja- 
mais le comté de Provence; raffurés par fes promeffes, ils lui permirent de fortir 
du château où ils la tenaient prifonnière (c). Il mourut en 1349. De fon mariage 
avec Thomaffe Cantelmi, Gantelmi ou de Gantelme, fille de Jacques & fœur du 
Comte d'Oliveto & du Comte de Popoli au royaume de Naples., vinrent : 

1 . Barral de Pontevès , qui fuit. 

2. Bérenger de Pontevès, auteur de la branche des Seigneurs de Lambesc, 

rapportée plus loin (p. 89). 

3. Blacas de Pontevès, auteur de la branche des Seigneurs de Chateaurenard 

& Cabanes, rapportée plus loin (p. 90). 

4. Matheude de Pontevès, mariée (d) à Reforciat d'Agoult, Seigneur de 

Vergons & de Rouffillon , fils de Reforciat d'Agoult , Seigneur de Trets & de 
Forcalqueiret, & de Raibaude de Causols, & frère de Galburge d'Agoult, 
époufe de Foulques III de Pontevès-Carcès, grand'oncle de Matheude. 

XIV. DEGRÉ. 

Barral III de Pontevès, Seigneur de Pontevès, Sillans, &c, fubftitué dans le 
teftament de Foulques IV de Pontevès (i36i), devint Viguier de Marfeille (e) 

(a) P. Anfelme, Hijï. des Grands Officiers de la Couronne , t. II, p. 241. 

(b) Il prit ce nom en vertu de la claufe teftamentaire de Bertrand de Marfeille, Seigneur d'Evenos & d'Ol- 
lioules, fon grand'oncle maternel, dont il fut l'héritier (P. Anfelme, t. II, p. 292). 

(c) Papon, t. III, p. 175. 

(d) De Courcelles affigne à ce mariage la date de 1 332, ce qui n'eft pas poffible. 

{e) En ce temps, cette charge n'était accordée qu'à des perfonnes de la première diltinclion (Rurfi, Hijloire 
de Marfeille, t. II, p. 222). 



84 



58 DE SABRAN-PONTEVÈS. 666 

en 1369. tefta le dernier Février i3g2 (v. ft.) (Jacques Rebufati, Not. à Sillans), & 
fut enterré dans l'églife de Barjols. Il avait époufé Ifabelle de Baux, qui vivait 
encore en 1417, fille d'Amiel de Baux, Seigneur de Suze, & d'Albaronne d'Agoult 
dOllières (a), & eut de ce mariage : 

1 . Jean de Pontevès, qui fuit. 

2. Bérenger de Pontevès, légataire de fon père en 1392. 

3. Jacques de Pontevès, légataire de fon père en 1392, marié à Laure d'Oraison, 

dont il eut une fille, Antoinette. Il tefta à la Roquette le i5 Juin 1398. 

4. Agout de Pontevès, auteur de la branche des Seigneurs d'Ubraye, rapportée 

plus loin (p. 88). 

5. Isnard de Pontevès, légataire de fon père en i3g2, & deftiné à l'Ordre de 

Saint-Jean de Jérufalem. 

6. Mathiève ou Mathilde de Pontevès, mariée, vers 1390, à Barthélémy de 

Candolle, fils de Bertrand de Candolle, Seigneur d'Auriol, &c, Premier 
Conful de Marfeille, & de Béatrix de Montolieu. 

7. Isabelle ou Bellette de Pontevès, mariée : i° vers 1390, à Foulques II 

de Pontevès-Flaffans (voir plus haut, p. 35); 2 par contrat du 26 Mars 
1423, à Olivier d'Agoult, de Marfeille. Elle tefta à Pignans le 8 Août 1454. 

8. Alaxasie de Pontevès, Prieure de l'abbaye de la Celle en 1392. 

9. Thomasse de Pontevès, mariée, avant 1400, à Jean de Raimond ou Raimondis, 

Seigneur de Coles, d'Eoux, de Briançon, &c. Elle mourut avant 14 17. 

10. Matone de Pontevès, mariée à Bertrand du Puget; leur fils Roffolin du 
Puget, reçut, le 5 Juillet 1429, la dot de fa mère des mains de Jacques de 
Pontevès, Seigneur de Cotignac, tuteur de Bertrand de Pontevès, Seigneur 
de Pontevès (b). 

XV. DEGRÉ. 

Jean I er de Pontevès, Seigneur de Pontevès, de Sillans, &c, fit hommage de fes 
terres, le i er Février 1394, au Roi Louis II de Sicile, dont il devint enfuite Cham- 
bellan & Écuyer. Il fut témoin, le 7 Juillet 1399, au tra ité de paix de Marfeille, 
figné entre le Comte de Provence & le Maréchal Boucicault, repréfentant le Vi- 
comte deTurenne, &, le i3 Octobre fuivant, il fit un nouvel hommage de fes terres 
au Roi Louis II, fous la réferve des privilèges accordés à fes devanciers par les 
prédéceffeurs dudit Comte. Il tefta d'abord le 5 Mars 1410, puis en 1428, & mourut 
peu après. Artefeuil lui donne pour femme Marie de Grimaldy de Beuil, alliance 
dont on ne trouve pas la confirmation, & qui, en tout cas, demeura ftérile. Mais 
Jean de Pontevès, époufa fûrement, vers 141 o, Madeleine de Marseille, fille de 
Bertrand de Marseille, Seigneur d'Ollioules, des Comtes de Vintimille, pour l'ac- 
quit de la dot de laquelle Bertrand de Marfeille paffa une obligation avec fon 
beau-frère, le i3 Janvier 1422 (v. ft.). De cette alliance vinrent : 

1. Bertrand de Pontevès, qui fuit. 

2. Lancelot de Pontevès, auteur de la branche des Seigneurs de Buoux, rap- 

portée plus loin (p. 82). 

3. Phanette de Pontevès, mariée, le 27 Juin 1429, à Noble Charles Sagneti, 

fils de Guillaume Sagneti, Chevalier, Seigneur de Vauclufe, Chancelier & 
Confeiller de Louis III, Roi de Sicile & Comte de Provence. 

'a) Ce mariage eft prouvé par une quittance du 26 Janvier iSby (v. ft.), donnée, devant Pierre Gautier, Not. à 
Aix, par Barrai III de Pontevès, de la fomme de 1160 florins fur la dot de fa femme. C'eftdonc à tort qu Artefeuil 
lui donne pour femme Marguerite d'Agoult, laquelle époufa fon frère Béranger de Pontevès. 

(b) Il eft poffible que Matone foit identique avec Mathiève de Pontevès, qui fe ferait ainfi mariée deux fois. 



667 



de SABRAN-PONTEVÈS 



XVI. DEGRE. 



Bertrand de Pontevès, Seigneur de Pontevès, Sillans, &c, demeura de 1429 à 
1436 fous la tutelle de Jacques de Pontevès, Seigneur de Cotignac; fit hommage 
de fes feigneuries à Charles d'Anjou, Roi de Sicile & Comte de Provence, le 24 Oc- 
tobre 1480; tefta en 1482, & mourut au château de Sillans en 1485. Il avait époufé 
Ifabelle de Simiane, fille de Bertrand-Raimbaud de Simiane, Seigneur de Gordes, 
Cafeneuve, &c, Chambellan de Louis III, Roi de Sicile 8: Comte de Provence, & 
de Marguerite de Pontevès-Carcès (voir plus haut, p. 3o). Elle tefta Je 27 Sep- 
tembre 1463. De leur mariage vinrent : 

1 . Jean de Pontevès, qui fuit. 

2. Antoine de Pontevès, auteur de la branche des Seigneurs de Sillans, rap- 

portée plus loin (p. 80). 

3. Elzéar de Pontevès, Cofeigneur de Sillans, qui vivait encore en i5o3. Il eut 

de Marie Fabre un fils naturel, Reforci at, majeur de 20 ans & mineur de 
25 ans en 1 5 19. 

Honoré de Pontevès, légataire de fa mère en 1463. 

Jacques de Pontevès, Prieur du couvent des Frères Prêcheurs de Sainte- 
Marie-Madeleine à Saint-Maximin en 1469. 

7, 8, 9. Hélène, Madeleine, Catherine & Glaudette de Pontevès, léga- 
taires de leur mère en 1463. (Voir auffi plus loin, p. 99.) 



4- 

5. 

6, 



XVII. DEGRE. 



Jean II de Pontevès, Seigneur de Pontevès, la Baftide, Sainte-Catherine, &c, 
Lieutenant du Roi en Provence, figna comme témoin au traité de 1476 entre 
Louis XI & le Roi René, Comte de Provence ; fut Viguier d'Aix en 1481 , affûta aux 
États du pays tenus à Aix le 9 Avril 1487 & à ceux de 1492; rendit hommage pour 
fes terres le 25 Mars 1499 ; tefta, dans la fortereffe de Pontevès le 1 6 Septembre 1 5o6 
(Boniface Mallet, Not.), & mourut avant 1509. Il avait époufé : i° par contrat paffé 
au château d'Allemagne, diocèfede Riez, le 10 Avril 1469 (Bertr. Guichard, Not.), 
Hélix ou Alix de Castellane-Allemagne, fille d'Antoine de Castellane, Seigneur 
d'Allemagne, & d'Honorade de Glandevès-Cuers; 2 par contrat du 12 Mars 
1485 (v. ft.), Catherine de Castellane-Esparron, fille de Raimond-Geoffroy de 
Castellane, Seigneur d'Efparron, Saint-Jullien, &c, & d'Hélix d'Esparron. Elle 
vivait encore en 1 5 1 3. Du premier lit n îffut fûrement que : 

Madeleine de Pontevès, mariée à Antoine de Pierrefeu {de Petrafoco) , qui 
paffa une reconnaiffance de dot le i5 Avril i5o6. 

Du fécond, félon la déclaration d'Elzéar de Pontevès, en i5i3, vinrent fix lils 
& trois filles : 

1 . Reforciat de Pontevès, qui fuit. 

2. Boniface de Pontevès, auteur de la branche des Marquis de Pontevès-Giens, 

rapportée plus loin (p. 70). 

3. François de Pontevès, Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérufalem avant 

i5o6 (d'après les preuves dreffées par Beaujon). 
Antoine de Pontevès, mineur en i5o6, auteur de la branche des Seigneurs 

de la Forest et d'Amirat, rapportée plus loin (p. 74). 
Elzéar de Pontevès, mineur en i5o6, Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de 

Jérufalem, qui renonça, le 29 Juillet i5i3, à la fucceiïion paternelle en fa- 



4- 



0. 



6o DE SABRAN-PONTEVÈS 



668 



veur de fon frère Reforciat, « en confidération du grand nombre d'enfants 
qu'il y avait dudit Jean, Seigneur de Pontevès , & de Catherine de Caftel- 
lane, fçavoir fix mâles & trois filles ». 

6. Pierre de Pontevès, mineur en i5o6, Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de 

Jérufalem. 

7. Sibille de Pontevès, mariée, par contrat du 5 Décembre i5i2, à Balthazar 

d'Agoult, fils de Louis d'Agoult, Baron d'Ollières, & de Delphine de 
Villeneuve-Vence. 

8. Honorée de Pontevès, mineure en i5o6, qualifiée Dame de Roffet, au 

diocèfe de Gap, dans un accord avec fon frère Reforciat, paffé en 1507. 

9. N. de Pontevès. 

XVIII. DEGRÉ. 

Reforciat de Pontevès, Seigneur de Pontevès, de la Vallée Sainte-Catherine, de 
la Baltide, &c, fut un des Gentilshommes qui reçurent, le i5 Mai 1 543, procuration 
de la Nobleffe de Provence pour défendre fes intérêts auprès du Roi François I er (a). 
Il fut Syndic de la Nobleffe en 1548, & tefta le 5 Août i55o (Criftol Pothonier, 
Not. à Cotignac). Il avait époufé : i° avant i5 19, Marguerite de Forbin-la-Barben, 
fille de Pierre de Forbin, Seigneur de la Barben, & de Marie de Simiane-Gordes, 
& nièce de Palamède de Forbin, furnommé le Grand, Gouverneur général de la 
Provence & du Dauphiné; 2 par contrat du 4 Avril i53o (Hon. Gautier, Not. 
à Aix), Balthazarde de Vintimille, fille de feu Louis Comte de Vintimille, Sei- 
gneur de Turriez, d'Efparron & de Bauduen, & d'Honorée de Vintimille-Mar- 
seille. Devenue veuve, elle fe remaria avec Jean-Antoine de Pontevès, Sei- 
gneur de Sillans (voir plus loin, p. 81). 

Du premier lit iffut une fille : 

Catherine de Pontevès, mariée, par contrat du 16 Janvier 1 537, à Alexis de 
Castellane-Salernes, fils d'Honoré, Seigneur de Salernes, & de Marie 
de Demandolx-Trigance. Elle vivait encore en i6o3. 

Du fécond lit vinrent : 
• 1. François de Pontevès, qui fuit. 

2. Jean de Pontevès, auteur de la branche des Seigneurs de Saint-André et de 

Bauduen, rapportée plus loin (p. 68). 

3. Gaspard de Pontevès, Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérufalem en 

1 563, tué d'un coup de canon aufiège de Malte en i565 (d'après les preuves 
dreffé.es par Beaujon). 

4. Marguerite de Pontevès, mariée, par contrat du 3i Mars i55i, à Gafpard 

de Forbin-Janson, Baron de Villelaure, fils de Jean de Forbin & d'An- 
toinette de la Terre, Dame de Janfon. Elle tefta le 11 Octobre 1597, puis 
le 18 Juillet 1607. 

5. Madeleine de Pontevès, mariée, par contrat du i5 Octobre 1 55g, à Gafpard 

Monier, Cofeigneur de Châteauvieux & du Caftellet, Confeiller du Roi & 
Lieutenant général du reffort d'Hyères. 

6. Sibille de Pontevès, mariée : i° par contrat du 12 Février 1 563, à Balthazar 

de Vétéris, Seigneur du Reveft, fils d'Henri, & de Jeanne de Cavalier; 
2° avant 1597, à François d'Ulme, Seigneur de Montravail, Avocat général, 
fils de Denis, & de Thomaffe de Lauris. Elle décéda à Aix le 14 Octobre 1624. 

(a) Papon, t. IV, p. u3, note. 



t>0O 



de SABRAN-PONTEVÈS. 61 



XIX. DEGRÉ. 

François de Pontevès, Seigneur de Pontevès & de Sainte-Catherine, rendit hom- 
mage pour ces terres le 10 Septembre i55i, & tefta le 24 Mars i56o. (Marcel Ate- 
noux, Not. à Barjols). Il avait époufé, par contrat du 6 Janvier i553 (Laurent de 
Brache, Not. aux Arcs), Marguerite de Villeneuve des Arcs, fille d'Antoine de 
Villeneuve, Seigneur & Baron des Arcs, & de Marguerite Mathieu du Revest. 
De ce mariage vinrent : 

1 . Balthazar de Pontevès, qui fuit. 

2. Reforciat de Pontevès, Homme d'armes dans la compagnie du Comte de 

Carcès, fon parent. Il fut affafïiné, en i5g4, par Hercule de Vintimille, Che- 
valier du Revert, dit Cambernard, & conforts, qui furent condamnés à 
être rompus vifs, par arrêt du Parlement d'Aix du 25 Février 1597, rendu 
à la requête de la mère de la victime. 

3. Louis de Pontevès, Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérufalem en 1574, 

tué le 14 Août 1606 à la prife de Mahomette en Barbarie. 

4. François de Pontevès, Seigneur deRognette, reçu Chevalier de Malte en 1 579, 

marié : i° par contrat du 21 Janvier i5g5 (A. Reynaud, Not. à Aix), à Claire 
de Malespine, fille d'Alexandre de Malespine, 2 e Conful d'Aix, & de Per- 
rinette de Cambis; 2 par contrat du 18 Septembre 1625 (Arnaud de Croix, 
Not. à Salon), à Sibille de Panisse, fille de Claude de Panisse, Seigneur de 
Merveilles, Confeiller au Parlement de Provence, & de Françoife de Con- 
cils. Il avait été nommé, en i6i3, exécuteur teftamentaire de fon frère 
Balthazar. 

5. Melchior de Pontevès, légataire de fon père en 1569, mort avant 1594. 

6. Blanche de Pontevès, mariée, par contrat du 5 Février 1576 (Hon. Thanaron, 

Not. à Cotignac), à André de Blacas, Seigneur de Redortier, quatrième fils 
de Gafpard I er de Blacas, Seigneur d'Aulps, & de Sibille de Pontevès-Sil- 
lans. Elle vivait encore en 1622. 

7. Clermonde de Pontevès, Religieufe au monaftère de Saint-Pierre de la Ma- 

narre à Hyères, fit donation à fon frère Balthazar le 6 Juin 1606, & vivait 
encore en 161 3. 

8. Diane de Pontevès, mariée, par contrat du 22 Juillet i582 (Balth. Rigord, 

Not. à Réguffe), à Jean d'Albert, Seigneur de Réguffe, fils d'Antoine, & 
d'Honorée deBernus, affilié de François de Marfeille, des Comtes de Vin- 
timille, fon beau-frère. Elle était déjà veuve, avec cinq enfants, le 22 Jan- 
vier 1591, & vivait encore en i6i3. 

9. Louise de Pontevès, légataire de fon père en 1569, morte jeune. 

10. Marguerite de Pontevès, légataire de fon père en 1569, morte avant 1594. 

11. Claire de Pontevès, mariée, par contrat du 8 Octobre i586, à Jean de 
l'Évêque, fils de Jean, Seigneur de Rougiers & d'Aiglun, & de Marquife 
de la Cépède. 

XX. DEGRÉ. 

Balthazar de Pontevès, Seigneur de Pontevès, de Sainte-Catherine & de Ro- 
gnette, Baron de Montfroc, fit hommage de fes terres au Roi Henri IV le 18 Dé- 
cembre 1596; fut Viguier de Marfeille en i6o5, Premier Conful d'Aix & Procureur 
du pays de Provence en 1609, Chevalier de l'Ordre du Roi, & tefta le 7 Décembre 
i6i3 (Balth. Durand & Jean Mailhe, Not. à Pontevès & à Cotignac). Il avait époufé 



62 DE SABRAN-PONTEVÈS. ^ 

en premières noces, par contrat du 6 Septembre i5y5 (H. Rougier, Not. à Trets), 
Pelègre de Foresta, fille de François, Baron en partie de Trets, & de Catherine 
de Cabanes-Collongue. Elle mourut fans enfants, & fon mari époufa en fécondes 
noces, par contrat du 10 Février 1592 (Silveftre, Not. à Avignon, & Mailhe, Not. à 
Pontevès), Marguerite de Galéans ou de Galiens des Issarts, fille de feu Melchior 
de Galiens, Seigneur des Iffarts, Chevalier de l'Ordre du Roi, Grand-Maître de 
fartillerie du Saint Père, à Avignon, & de Madeleine de Berton-Crillon, fœur du 
« brave Crillon ». De ce mariage vinrent : 

1 . Jean de Pontevès, qui fuit. 

2. François de Pontevès, auteur de la branche des Seigneurs de Maubousquet, 

rapportée plus loin (p. 63). 

3. Marguerite de Pontevès, mariée : i° par contrat du 2 Juillet 1608, à Henri 

de Rascas, Seigneur du Muy , fils de Jean-Baptifte, 8c de Madeleine d'Aube de 
Roquemartine; 2 par contrat du 12 Novembre 1626, à François de Rascas, 
Seigneur du Muy & de Châteauredon, Premier Conful d'Aix & Procureur 
du pays en 1634 & i636, fils de Guillaume, & de Suzanne d'Isnard. Elle 
furvécut à fon fécond mari, & tefta le 16 Novembre 1660. 

4. Claire de Pontevès, Religieufe à Saint-Pierre de la Manarre à Hyères, 

vivante en 1634. 

Balthazar de Pontevès époufa en troifièmes noces, par contrat du 9 Avril i6o5 

(J. Mailhe, Not. à Pontevès), Catherine de Clapiers, fille de Jacques, Seigneur de 

Colongue, & de Madeleine de Thomas, & veuve de Jean de Clapiers, Seigneur de 

Sambuc & de Vauvenargues, Confeiller à la Cour des Comptes. De ce mariage: 

1. Louis de Pontevès, Seigneur de Saint-Juers & de Saint-Ferréol, marié : 

i° par contrat du 22 Février 1626 (Blancard, Not. à Draguignan), à Anne 
d'Albertas, fille de Jean-Auguftin, Seigneur de Villecroze, & de Julie 
de Forbin-Soliers, d'où : 

I. Julie de Pontevès, mariée, en i655, à Jean-Louis de Sabran, Seigneur 

deChantereine, fils de Charles, & de Marguerite de Monier de Cha- 
teaudeuil; elle tefta le 29 Mai 1699. 

II. Blanche de Pontevès, Religieufe Urfuline, légataire de fa fœur. 

2 par contrat du 19 Janvier i656 (Jaubert, Not. à Marfeille), à Marguerite 
Bionneau, fille de François, Seigneur d'Eyragues, Tréforier général de 
France, & de Théodore-Lucrèce de Gérente, & veuve d'Antoine de 
Beiffan, Seigneur de Saint-Savournin. 

2. Jacques de Pontevès, légataire de fon père en i6i3. 

3. Balthazar de Pontevès, reçu Chevalier de Saint-Jean de Jérufalem en 16 18. 

4. Gaspard de Pontevès, auteur de la branche des Seigneurs de Saint-Blaise, 

rapportée plus loin (p. 67). 

5. Gabrielle de Pontevès, légataire de fon père en 161 3. 

XXI. DEGRÉ. 

Jean III de Pontevès, Seigneur de Pontevès, de Sainte-Catherine, du Muy, &c, 
Baron de Montfroc, tefta le 22 Août 1620. Il avait époufé, par contrat du 29 Juin 
161 6 (Bermond, Not. à Apt), Marguerite de Pontevès-Buoux, fille de Pompée de 
Pontevès, Seigneur de Buoux, & de Marguerite de la Baume-Suze (voir plus loin, 
p. 85). De ce mariage : 

1 . François de Pontevès, qui fuit. 

2. Balthazar de Pontevès, Chevalier de Malte en 1640. 



071 



de SABRAN-PONTEVÈS, 



63 



XXII. DEGRÉ. 

François II de Pontevès, Seigneur de Pontevès, de Sainte-Catherine, &c, Co- 
feigneur du Muy, Baron de Montfroc & de la Baftide d'Efclapon, Premier ConfuI 
d'Aix & Procureur du pays en 1667, fut maintenu dans fa nobleffe par l'arrêt 
des Commifiaires du Roi, du 21 Avril 1668. Il vendit les terres de Pontevès & de 
Sainte-Catherine à fon oncle Pierre de Maurel, & fit donation de fes autres biens, 
par actes du 5 Juin 1674 & du 6 Mars 1681 (Michel Daniel, Not. à Aix), à Jean- 
Baptifte de Forbin-Maynier-Castellane, Chevalier, Marquis d'Oppède, fils 
d'Henri de Forbin, Baron d'Oppède, & de Marie-Thérèfe de Pontevès, de la 
branche de Cucuron, rapportée plus loin (p. 88). Il mourut fans poftérité. 



BRANCHE DES SEIGNEURS DE MAUBOUSQUET, 

ISSUE DE CELLE DES SEIGNEURS DE PONTEVÈS. 

XXI. DEGRÉ. 

François de Pontevès, Seigneur de Mauboufquet, fécond fils de Balthazar de 
Pontevès, Seigneur de Pontevès, & de Marguerite de Galiens des Issarts, fa fé- 
conde femme (voir plus haut, p. 62), né vers 1601, fit fes preuves de nobleffe le 23 
Mai 16 18 pour être reçu Chevalier de Malte; eut, le 2 Janvier 1622, la nomina- 
tion au prieuré d'Entrecafteaux; puis rompit fes vœux pour époufer, par contrat 
du 11 Avril 1625 (Noél Athenoy, Not. à Barjols, & Trucy, Not. à Brignoles), Ifa- 
beau de Meyssonnier, fille de feu Marc-Antoine de Meyssonnier, Écuyer, & 
d'Hélène de Bousquet, de la ville de Brignoles, & mourut avant 1660, laiffant 
de fon mariage : 
. 1 . Lazarin de Pontevès, qui fuit. 

2. Claudine de Pontevès, mariée, en 1670, à Louis de Foresta, Seigneur de 
Château neuf. 

XXII. DEGRÉ. 



Lazarin ou Lazare de Pontevès, Seigneur de Mauboufquet, Cofeigneur du Muy, 
qualifié de Marquis de Pontevès ou de Mauboufquet depuis 1696, baptifé le 3 Octo- 
bre i63i à Brignoles, fut d'abord Capitaine de cavalerie au régiment de Mercœur 
(brevet du 2 Juillet i65g),. puis Capitaine commandant le vaiffeau Le Vivonne, 
armé en guerre contre les corfaires (brevet du i3 Juin 1669). Capitaine des galères 
du Roi par brevet du 17 Février 1671, il participa à la victoire navale rem- 
portée, le 2 Juin 1676, devant Palerme, par le Duc de Vivonne, fur les flottes 
combinées d'Efpagne & de Hollande ; devint Chef d'efcadre des galères de Sa 
Majeflé le i er Janvier 1696, « en confidération des fervices qu'il lui a rendus depuis 
plus de quarante-deux ans, & de fon expérience au fait de la guerre 8: de la naviga- 
tion », &. fut nommé Chevalier de Saint-Louis le 18 Mai 1700. Par fon teftament 
du 3o Mars 1675 (Fr. Julien, Not. à Marfeille), il avait inftitué pour fon héritier uni- 
verfel Jofeph de Pontevès, Seigneur de Saint-Blaife, fon coufin germain. Depuis, 



6 4 



de SABRAN-PONTEVES e 7 , 



il époufa, par contrat du 12 Mars 1676 (Rampai & Roquemaure, Not. à Marfeille), 
Anne d'Agoult d'Ollières, fille de feu Balthazar, Seigneur d'Ollières, & de Louife 
deGueyrard. Il fit fon teflament définitif le 3o Novembre 1688 (Fr. Julien, Not. à 
Marfeille), & mourut le 16 Décembre 1700. Il avait été maintenu dans fa nobleffe 
par arrêt des Commiffaires du Roi, du 21 Avril 1668. De fon mariage iffurent : 

1. Melchior-Lazare de Pontevès, qui fuit. 

2. François de Pontevès, mort à Marfeille le 2 Novembre 1693. 

3. Joseph-Léon, Chevalier de Pontevès, mort à Paris le 24 Décembre 171 1. 

4. Alphonse- Alexandre de Pontevès, né à Marfeille le 1 3 Janvier 1 688, reçu Che- 

valier de Malte le i3 Janvier 1700, puis Commandeur de Durban, mort le 25 
Décembre 1758. 

5. Jean-Louis de Pontevès, dit le Marquis de Tournon, né vers 1691, Chevalier 

de Malte en 1703, quitta fOrdre & devint fucceffivement Sous-Lieutenant de 
galères le 24 Février 1708, Lieutenant le 18 Mars 1725, Chevalier de Saint- 
Louis le 20 Janvier 1727, Capitaine de galères, commandant La Brave, le 
8 Septembre iy33; Capitaine de vaiffeau le i er Janvier 1749, Chef d'ef- 
cadre le i er Janvier 1761, Lieutenant général des armées navales le 18 Fé- 
vrier 1772. Il fe diftingua dans les campagnes de 1747 contre les Anglais, & 
de 1749 contre les Corfaires de Barbarie, & mourut à Marfeille le 4 Avril 1789, 
lailTant la réputation d'un des marins les plus confommés de fon temps. Il 
n'eut pas d'enfants de fon mariage avec Marie-Yolande de la Baume le 
Blanc de la Vallière, fœur du Duc de la Vallière , & veuve de Michel- 
Louis-Charles du Mas, Marquis de Broffay, qu'il avait époufée en Janvier 
1725 & qui mourut à Paris, en Mars 1743, âgée de foixanfe-fix ans. 

6. Jeanne-Françoise de Pontevès, mariée, par contrat du 19 Novembre 1694, 

à Gafpard-Bruno de Foresta, Marquis de la Roquette, fils de Jean-Paul, 
& de Louife de Gaultier-Girenton de Chateauneuf. 

7. Anne-Marguerite de Pontevès, morte jeune. 

XXIII. DEGRÉ. 

Melchior-Lazare de Pontevès, Marquis de Pontevès-Mauboufquet, Chevalier, 
Seigneur de Ners & du Cayla, né à Marfeille le 23 Juillet i685, Enfeigne de ga- 
lères, fut détenu en 1706 prifonnier au fort Saint-Jean à Marfeille, devint Lieutenant 
de galères le 23 Janvier 171 3 & fut retraité le 12 Novembre 1726. Il tefta, au château 
de Ners, en Languedoc, le 26 Décembre 1729 (J. Devèze, Not. à Saint Génies), puis 
le 28 Septembre 1738, & mourut avant le 9 Mars 1741 . Il avait époufé, en premières 
noces, par contrat du 2 1 Novembre 1 7 1 3 (David, Not. à Marfeille), Catherine-Urfule 
deSabolin ou Saboulin, fille de François de Sabolin, Écuyer, Confeiller-Secrétaire 
du Roi, & de Dame Catherine d'Asque ou Dasque, & il eut de ce mariage : 

1 . François-Lazare de Pontevès, qui fuit. 

2. Gabrielle-Venture de Pontevès-Mauboufquet, baptifée à Téglife de Saint- 

Ferréol de Marfeille le 18 Février 1719, d'abord Religieufe du Verbe- 
Incarné à Anduze, diocèfe d'Alais, puis nommée par le Roi, le i er Novembre 
1761, Abbeffe de l'abbaye du Tréfor, ordre de Cîteaux, diocèfe de Rouen, 
enlîn, le i3 Octobre 1765, Abbeffe de Maubuiffon. Elle mourut le 22 Octo- 
bre 1780, après avoir, dit Pihan de la Foreft, « gouverné l'abbaye avec 
beaucoup de fageffe, de prudence & de douceur ». 
Le Marquis de Pontevès-Mauboufquet époufa en fécondes noces, à Marfeille, le 
23 Février 1721 (contrat pofmuptial du 20 Décembre 1727; A. Jonquier, Not. à 



673 



de SABRAN-PONTEVÈS. 65 



Avignon), Anne-Julie Dolon ou d'Olon, Dame de Ners, fille de feu Claude, Sei- 
gneur de Ners, & de Marie de Liot. De ce mariage : 

1. Claude-Henri de Pontevès, né en 1721, tué au fiège de Fribourg, en No- 

vembre 1744. 

2. Jean-Louis de Pontevès, Lieutenant de vaiffeau le 11 Février 1756, mort 

le 5 Août fuivant. 

3. Charles de Pontevès, né le 16 Novembre 1733, reçu Chevalier de Malte le 

i3 Février 1756. 

4. Anne-Julie-Françoise de Pontevès, mariée à N... du Mesnil, Seigneur de 

Villiers ou Villers, en Normandie, Capitaine d'infanterie au régiment de 
Briqueville. Elle mourut à Villiers, le 26 Juillet 1795 (8 thermidor an III). 

5. Françoise de Pontevès, née à Nîmes vers 1725, mariée, par contrat du 

i5 Décembre 1757, à Noêl-Jean-Baptiste-Balthazar de Pontevès, fils de 
Gaspard, Seigneur de Saint-Blaife, & de Marie-Louife de Raffélis-Broves 
(voir plus loin, p. 68). Elle mourut à Barjols le 16 Novembre 1806. 

6. & 7. Jeanne-Marie & Gabrielle-Julie de Pontevès, légataires de leur père 

en 1729. 

XXI V. DEGRÉ. 

François-Lazare, Chevalier, Marquis de Pontevès, né en 17 14, Page du Roi 
le i er Janvier 173 1, puis Garde de TÉtendart Real de galères, fut nommé En- 
feigne de galères par brevet du I er Août 1740, devint Chef d'efcadre, & mourut 
à Marieille le 25 Janvier 1791. Il avait époufé, par contrat du 7 Mars 1741 
(Sibon, Not. à Marfeille), Marie-Anne Remusat, fille de feu Etienne Remusat, 
ancien Échevin, & de Dame Claire Rimbaud; elle lui apporta en dot 1 25, 000 li- 
vres. De ce mariage vinrent : 

1 . François-Alexandre de Pontevès, qui fuit. 

2. Alphonse-Constance de Pontevès, né à Marfeille le 19 Juillet 1750, qui fit, pour 

être reçu dans le chapitre noble de Saint-Victor de Marfeille, fes preuves de 
nobleffe remontant à François, Seigneur de Pontevès, fon cinquième aïeul, 
vivant en i55i; preuves qui furent admifes le 19 Novembre 1765. Il fut 
fuccelTivement Aumônier des Rois Louis XVI, Louis XVIII & Charles X, 
& eft décédé le 4 Mai 1841, Chanoine de l'abbaye royale de Saint-Denis. 

3. Auguste- Léon de Pontevès, né à Marfeille le 7 Août 1753, Chevalier de Malte 

le 21. Novembre 1776, Lieutenant de vaiffeau le 9 Mai 1781, Chevalier de 
Saint-Louis le 2 Août 1788, mort Capitaine de vaiffeau. 

4. Marie-Anne de Pontevès, née le i5 Mai 1742, morte le 2 Janvier 1746. 

5. Marie-Anne-Alphonsine de Pontevès, née à Marfeille le i5 Septembre 1748. 

XX V. DEGRÉ. 

François-Alexandre, Comte de Pontevès du Muy, puis Marquis de Pontevès, 
né le 24 Juillet 1745 à Marfeille, baptifé le 2 Mars 1746, ayant pour parrain 
François de Pontevès, Chevalier, qualifié Marquis de Bargème, Brovès, Tour- 
non, &c. ; fut Page du Prince de Condé & fon Aide-de-Camp dans les campa- 
gnes de 1761 & 1762; devint Sous-Lieutenant au régiment de Bourbon-cavalerie 
le 26 Août 1763, Capitaine-Commandant en la compagnie du Lieutenant-Colonel 
dudit régiment par commiiïïon royale du 28 Avril 1765, Colonel du régiment 
royal d'infanterie italienne corfe le 3 Janvier 1770, Chevalier de Saint-Louis 



Regtjire feptième. 



66 de SABRAN-PONTEVÈS. 



6 74 



le 22 Janvier 1779, Brigadier d'infanterie en 1781, Mettre de camp, Lieutenant-Com- 
mandant en 1782, Maréchal de camp le 9 Mars 1788. B. Chérin, Généalogifte 
des Ordres du Roi, dreffa, en Janvier 1769, la généalogie de fa branche (a) 
faifant remonter fa filiation jufqu'à Barrai III de Pontevès, Seigneur de Pon- 
tevès (XIV e degré). A la fuite d'un mémoire généalogique fpécial dreffé le 
12 Janvier 1772, par Beaujon, Généalogifte des Ordres du Roi (b), il fut admis 
aux honneurs de la Cour le 20 Mars fuivant. Il prit part à l'Affemblée de la 
Nobleffe de la fénéchauffée de Marfeille, le 2 Avril 1789, pour la nomination des 
Députés aux États-Généraux, & mourut en 181 2, laiffant de fon mariage avec 
Suzanne-Adélaïde le Bastier de Rainvilliers, qu'il avait époufée par contrat du 
9 Novembre 1777, auquel Leurs Majeflés 8: la famille royale ont figné : 

1. Jean-Baptiste-Léon de Pontevès, qui fuit. 

2. Rosalie-Christine de Pontevès, née à Marfeille le 19 Janvier 1781, mariée, 

en 1 801, à Jean des Essarts, morte en Juillet 1820. 

3. Constance de Pontevès, née à Marfeille le 14 Mars 1784, mariée, en 1804, 

au Comte Henri de Gyvès, morte en 1843. 

XXVI. DEGRÉ. 

Jean-Baptiste-Léon , Comte (c) de Pontevès-Mauboufquet , né à Marfeille le 
25 Juillet 1779, mort à Paris le 18 Mars 1849, avait époufé, à Senlis, le 22 Septem- 
bre 181 3, Eulalie-Louife Pommeret de Suzange, née à Senlis le i5 Août 1795, 
fille de Jacques-Louis-Nicolas Pommeret, Maire de Senlis, 6c de Marie-Louife- 
Gabrielle Fenis de Suzange; elle eft décédée, au château de Longuetoife, le 18 Sep- 
tembre 1872, ayant eu de fon mariage : 

1. Louis-François-Alfred de Pontevès, qui fuit. 

2. Alphonse de Pontevès, né en 1823, mort à Milan le 28 Octobre 1843. 

XXVII. DEGRÉ. 

Louis-François-Alfred, Comte de Pontevès-Mauboufquet, né à Paris le 26 Fé- 
vrier 1816, a époufé, en premières noces, au château de Valney (Seine-&-Oife), le 
6 Juillet 1839, Antoinette-Zéphyrine de Poïlloue de Saint-Périer, fille d'Auguftin 
de Poïlloue de Saint-Périer & de Joféphine de Tarragon. Elle eft décédée à 
Paris le 22 Mai 1870, laiffant une fille : 

Marie-Lucie de Pontevès-Mauboufquet, née le 23 Mai 1840, mariée, le 3i Juil- 
let 1860, à Augufte-Charles-François, Vicomte puis Comte de Brettes-Thu- 
rin, fils de Charles-Pierre-Jofeph, & de Marie-Joféphine-Madeleine-Adeline 
de Babut de Nogaret. 

Le Comte de Pontevès-Mauboufquet a époufé en fécondes noces, au château 
de Jottes (Haute-Garonne), le 20 Octobre 1882, Marie-Louife-Efther de Lespi- 
nay, veuve de Georges, Marquis de Chavagnac, & fille de Louis-Armand, Baron 
de Lespinay, Général de brigade en retraite, Grand'Croix de la Légion d'honneur, 
& de feue Elther-Marie-Hippolyte-Athénaïs-Fortunée le Tissier. Elle eft décédée 
à Paris le 12 Juin 1888. 



{a) Bibliothèque Nationale, départ, des Manufcrits. 

(b) Archives Nationales. M. M. 812, p. 101 & fuiv. 

(c) S'étant trouvé, par fuite de la révolution, dans une fituation de fortune amoindrie, il ne releva pas le 
titre de Marquis auquel il avait droit, & fon fils l'imita à cet égard. 



6 7 5 de SABRAN-PONTEVÈS. 67 

BRANCHE DES SEIGNEURS DE SAINT-BLAISE, 

ISSUE DE CELLE DES SEIGNEURS DE PoNTEVÈS. 

[ÉTEINTE.] 

XXI. DEGRÉ. 

Gaspard de Pontevès, dernier fils de Balthazar, Seigneur de Pontevès, & de 
Catherine de Clapiers, fa troifième femme (voir plus haut, p. 62), né le 24 Fé- 
vrier 161 3, reçu Chevalier de Saint-Jean de Jérufalem en Mai 1628, fut Seigneur 
de Saint-Blaife, tranligea avec fon demi-frère Jean III de Pontevès en i633, & 
époufa, le 18 Octobre 1 635, Claire de Bagnoly. Il obtint, le 21 Avril 1668, pour 
lui & fes enfants, un arrêt de déclaration de Nobleffe. De fon mariage il eut : 

1 . Joseph-Blaise de Pontevès, qui fuit. 

2. Balthazar de Pontevès, né vers 1657, légataire de fa tante & marraine, 

Marguerite deRafcas, le 16 Novembre 1660, mort à Barjols le 3 Avril 1699. 
Il avait époufé Catherine-Thérèfe de Clapiers, tille de Marc-Antoine, 
Seigneur du Puget, & d'Anne de Glandevès-Cuges. 

3. Marguerite de Pontevès, mariée, par contrat du I er Août 1666, à Dragui- 

gnan, à Jofeph de Raimondis, Seigneur de Combaud, fils de Balthazar, & 
de Claire Robert-d'Escragnoles. 

XXII. DE.GRÉ. 

Joseph-Blaise de Pontevès, Seigneur de Saint-Blaife, né vers 1646, épouia, vers 
1679, Marie- Anne d'Aillaud, de la ville de Graffe, fille de François, Tréforier de 
l'extraordinaire des guerres, & mourut à Barjols le 3 Août 1 706. Il eut de fon mariage : 

1 . Gaspard de Pontevès, qui fuit. 

2. Pompée de Pontevès, né vers 1686, mort à Barjols le 3 Septembre 1692. 

3. François de Pontevès, né à Barjols le 12 Septembre 1692. 

4. Geneviève de Pontevès, née vers 1687, mariée, à Barjols, le 17 Novembre 

1707, à Jean-Baptifte-Balthazar d'Albert, Seigneur des Baumes, fils de 
Balthazar d'Albert, Seigneur de Sillans, & de Thérèfe de Clapiers. 

XXIII. DEGRÉ. 

Gaspard II de Pontevès, Seigneur de Saint-Blaife, né en 1680, époufa, le 
i er Mars 1710, à Barjols, Marie-Louife de Raffélis-Brovès, fille de Jofeph, 
Seigneur de Brovès & de Saint-Roman, 8c de Françoife de Lombard-Gourdon. 
Il mourut à Barjols le 11 Mai 1757. De fon mariage font iffus : 

1. Joseph-Gaspard de Pontevès, né à Barjols & baptifé le 27 Juin 1 71 3. 

2. Noel-Jean-Baptiste-Balthazar de Pontevès, qui fuit. 

3. Jean-François -Pompée de Pontevès, né à Barjols le 27 Janvier 1717, mort à 

Barjols le r r Septembre 1737. 

4. Joseph-François-Xavier de Pontevès, Chanoine de l'églife d'Aix, Prieur de 

Venel, mort à Aix le 3 Juin 1779. 

5. Antoine-César de Pontevès, né à Barjols le 26 Mars 1720, mort à Barjols 

le 24 Avril 1726. 

6. François de Pontevès, né à Barjols & baptifé le i5 Avril 1726. 

7. Marie-Paule-Françoise de Pontevès, née à Barjols le 28 Janvier 171 1 . 

8. Marie-Marguerite-Madeleine de Pontevès, née à Barjols & baptifée le 

16 Décembre 171 5, morte à Barjols le 20 Ociobre 1724. 



68 de SABRAN-PONTEVÈS, 



6 7 6 



9. Marie-Anne-Théodora de Pontevès, affaffinée juridiquement pendant la 

révolution, à Graffe, à l'âge de 71 ans. 

10. Geneviève-Marie-Madeleine de Pontevès, née à Barjols le ^Octobre 1727. 

XXIV. DEGRÉ. 

Noel-Jean-Baptiste-Balthazar de Pontevès, Seigneur de Saint-Blaife, né à 
Barjols le 25 Décembre 17 14, Capitaine de grenadiers au régiment de Flandres le 
12 Janvier 1753, puis Lieutenant du Roi, Colonel-Commandant la citadelle de 
Lille, par brevet du 19 Mars 1763, Chevalier de Saint-Louis le I er Avril 1748, 
décédé à Barjols le 4 Juin 1781. Il avait époufé, par contrat du i5 Décembre 1757 
(Souitelle, Not. à Alais), Françoise de Pontevès, fille de feu Melchior-Lazare, 
Marquis de Pontevès-Mauboufquet, & d'Anne-Julie Dolon, Dame de Ners 
(voir plus haut, p. 65). Elle mourut en 1806. De ce mariage : 

1. Vital- Auguste de Pontevès, né à Barjols le 20 Novembre 1758, mort à 

Barjols le 26 Octobre 1760. 

2. Jean de Pontevès, Seigneur de Saint-Blaife, tué à l'armée des Princes. 

3. Anne-Françoise-Julie de Pontevès, née à Barjols le 16 Avril 1760, mariée, à 

Barjols, le I er Juin 1784, à Jean-Baptifte-Guillaume Estienne-Gaufridy, 
Baron de Saint-Estève, fils de Pierre-Guillaume & de Françoife de Félix 
de Creisset. 

4. Gabrielle-Marie-Josèphe de Pontevès, née à Barjols le 23 Août 1763, morte 

à Barjols le 4 Septembre 1764. 



BRANCHE DES SEIGNEURS DE SAINT-ANDRE 

ET DE BAUDUEN, 

ISSUE DE CELLE DES SEIGNEURS DE PONTEVÈS. 

[ÉTEINTE.] 

XIX. DEGRÉ. 

Jean de Pontevès, fécond fils de Reforciat de Pontevès, Seigneur de Pontevès, 
& de Balthazarde de Vintimille, fa féconde femme (voir plus haut, p. 60), fut Sei- 
geur de Saint-André 8c de Bauduen, dont il rendit hommage au Roi en 1597, après 
avoir hérité de fon frère Gafpard, Chevalier de Malte. 11 fut nommé Gouverneur 
de la ville & viguerat de Colmars le 22 Juillet i58o, devint l'un des chefs du parti 
royalifte à Draguignan pendant la Ligue, & fut élu Premier Conful de cette ville en 
1592. Il y avait tefté le 23 Juin 1 586 (Palayoni, Not.), & mourut à Bauduen, où il 
fut enfeveli le 9 Octobre 1607. De l° n mariage contracté en 1 568 ("Baudrery, Not. 
aux Arcs; infinué à Aix le 3 Juin 1 568) avec Madeleine de Villeneuve des Arcs, 
fille d'Antoine de Villeneuve, Baron des Arcs, & de Marguerite Mathieu du 
Revest (voir plus haut, p. 61), il eut : 

1. Gaspard de Pontevès, Seigneur de Bauduen, marié, par contrat du i er Sep- 
tembre 1602, avec Lucrèce de Reillane, fille d'Antoine, Seigneur de Reillane 
& Sainte-Croix, Confeiller au Parlement, & d'Honorade de Castellane- 
Tournon. Il teffa le 17 Août 16 14, mourut à Aix le furlendemain & fut 
inhumé à Bauduen, laiffant de fon mariage : 



6 77 de SABRAN-PONTEVÈS. 69 

I. Charles de Pontevès, Cofeigneur de Bauduen, baptifé le 22 Février 
i6o5, & déclaré Noble par arrêt des Commiffaires députés par le Roi, 
du 11 Février 1668. Il rendit hommage pour Bauduen en 1672 & 1681, 
& époufa Gabrielle de Ferrier, fille de Claude, Seigneur de Saint- 
Julien & d'Auribeau, & d'Honorade de Cosme. Elle rendit hommage 
pour partie de Bauduen en 1724, étant alors veuve. 

II. Jean-Baptiste de Pontevès, légataire de fon père. 

III & IV. Claude & Angélique de Pontevès, légataires de leur père. 

2. Annibal de Pontevès, qui fuit. 

3. Scipion de Pontevès, légataire de fon père en i586. 

4. César de Pontevès, dit « le cadet de Saint-André », qui fut condamné à mort, 

par contumace, pour meurtre d'un de fes jeunes camarades, commis en 
1601, mais obtint des Lettres de grâce en Mai 1606, & vivait encore en 
Décembre 1607 (a). 

5. Angélique de Pontevès, mariée, par contrat du 2 Juin 1 5g 1 , à Jean de 

Périer, Seigneur d'Argens, fils de Mathieu, Cofeigneur de Saint-Jeannet, 
& d'Anne de Foissard. 

XX. DEGRÉ. 

Annibal de Pontevès, Seigneur de Saint-André, époufa, par contrat du 25 Août 
161 1, Françoife de Castellane, fille de Scipion, Seigneur d 1 Aurons, & de Fran- 
çoife de Mouans, & eut de ce mariage : 

1 . Scipion de Pontevès, qui fuit. 

2. François de Pontevès, Seigneur de Saint-André, baptifé le 28 Novembre 

1621, préfenté comme Chevalier de Malte en 1648, reçu le i5 Octobre 1657. 

3. Madeleine de Pontevès, née en 1627, mariée, en i65o, à Honoré de Roux. 

4. Angélique de Pontevès, mariée à Charles le Camus, Seigneur de Montau- 

dier & de Puypin, Gouverneur du fort de Meouillon, en Provence, fécond 
fils de Nicolas le Camus, Confeiller d'État, & de Marguerite de la Barre. 

XXI. DEGRÉ. 

Scipion de Pontevès, Seigneur de Saint-André, baptifé le 28 Août 1 6 1 2, fut déclaré 
Noble par arrêt des Commiffaires du Roi, du 11 Février 1668. De fon mariage 
avec Françoife de Chalvet ou Chauvet, il eut : 

XXII. DEGRÉ. 

François de Pontevès, Seigneur de Saint-André & de Bauduen, marié, par con- 
trat du 22 Juin 1680 (Juvénal Ripert, Not. à Riez), à Thérèfe de Maurel, fille de 
feu Paul de Maurel & de Marguerite de Graffan, d'Aix. Il rendit hommage pour 
partie delà feigneurie de Bauduen le 12 Novembre 1680. De fon mariage il eut : 
Marguerite de Pontevès, mariée, par contrat du 8 Décembre 1700 (Pelloquin 
Patou, Not. à Bauduen), à Jacques de Gravier, Seigneur en partie de Bau- 
duen (par acquifition de Jofeph d'Autric de Vinti mille), fils de feu Jean, 
Avocat à la Cour de Digne, & d'Honorade Isouard, 



(a) Revue hijïorique de Provence, 1892, p. 7. — M. F. Mireur, Archivifte du départ, du Var, a donne des 
renfeignements inédits fur ce perfonnage & fa branche, dans l'opulcule : Les Pontevès- Saint- André, notes 
généalogiques (Draguignan, i8q3, in-8, 7 pp.). 



/o de SABRAN-PONTEVÈS. e 7 s 

BRANCHE DES SEIGNEURS DE GIENS, 

ISSUE DE CELLE DES SEIGNEURS DE PONTEVÈS. 

(ÉTEINTE. ] 

XVIII. DEGRÉ. 

Boniface de Pontevès, deuxième fils de Jean II de Pontevès, Seigneur de Pon- 
tevès, & de Catherine de Castellane-Ésparron, fa deuxième femme (voir plus 
haut, p. 59), acheta, le 24 Mars 1 5 rg (v. ft.), la feigneurie de Giens (a) à Meffire 
N... d'Agoult, qui Pavait acquife de Pierre de Glandevès; il fut encore Seigneur 
de la Garde, de Beaudoin & de la Vallette 8c rendit hommage pour fes terres 
d'abord en 1540, puis le i er Janvier 1542 (v. ft.). En 043, il marcha, à la tête de 
3,ooo hommes levés par lui, contre l'armée de Barberouffe affiégeant Nice (£), & ne 
vivait plus le 9 Novembre de cette année, où fa veuve fut nommée tutrice de leurs 
enfants. Il avait d'abord tefté le 20 Octobre i52Ô, & époufé, vers 1527, Louife de 
Glandevès, fille puinée de Louis de Glandevès, Seigneur de la Garde, 6c d'Ifa- 
beau de Forbin-Soliers. Elle tefta le i3 Février i55j (H. Ricard, Not. à la 
Garde). Leurs enfants furent : 

1. François de Pontevès, Seigneur de Giens 8c Cofeigneur de la'Garde, qui tefta 

le 10 Novembre 1 543, & mourut jeune. 

2. Pierre de Pontevès, qui fuit. 

3. Claude de Pontevès, Chevalier de Malte en 1540. 

4. Madeleine de Pontevès, mariée à Bertrand Melet [aliàs Mottet), de Mar- 

feille, légataire de fa fceur Marguerite en i56i. 

5. Jeanne de Pontevès, légataire de fon frère aîné en 1 543, non mariée en 1 557. 

6. Marguerite de Pontevès, qui tefta le 3 Mai i56i, 8c entra au monaftère de 

Sainte-Claire d'Aix. 

XIX. DEGRÉ. 

Pierre de Pontevès, Seigneur de Giens, Cofeigneur de la Garde & de la Vallette, 
rendit hommage de fes terres au Roi le 14 Juin i56o, & époufa, par contrat du 
i er Mai i557 (A. Chabaud, Not. à Aix), Jeanne Emenjaud de Barras, fille de Nicolas 
Emenjaud, Seigneur de Barras, Cofeigneur de Riez, Confeiller au Parlement de 
Provence, & de Françoife de Bachis-Saint-Estève. Elle lui furvécut, 8c tefta le 
i5 Mars 1589 (P. Blanc, Not. à Marfeille). Ils eurent pour enfants : 

1. Jean-Nicolas de Pontevès, qui fuit. 

2. Gaspard de Pontevès, Chevalier de Malte en 1567, mort avant 1589. 

3. Louise de Pontevès, mariée à Jean-François Fabri, avec lequel elle figura 

au contrat de mariage de fon neveu Henri de Pontevès (i3 Décembre 1624). 

4. Catherine de Pontevès, légataire de fa mère en 1589 8c de fon frère aîné 

en 1600. Elle époufa, par contrat du 2 Décembre 1599, Jean-Honoré Bour- 
don, Seigneur de Bouc, fils de feu Jean, 8c de Madeleine de Coriolis. 

l'a) Ancienne île, aujourd'hui prefqu'île de Giens, canton d'Hyères. 
(b) Papon, t. IV, p. 1 1 1. 



6 79 de SABRAN-PONTEVÈS. 71 

XX. DEGRÉ. 

Jean-Nicolas de Pontevès, Seigneur de Giens, époufa, par contrat du 19 Mars 
i5g8 (R. Martelly, Not. à Ollioules), Lucrèce Boyer de Bandol, fille d'Eftienne 
Boyer, Seigneur de Bandol, connu fous le nom de Capitaine Boyer, & de Jeanne 
de Beyran. Il tefta le i5 Mai 1606 (L. Couchon, Not. à Toulon), & mourut avant 
le i3 Décembre 1624, laiffant de fon mariage : 

1. Henri de Pontevès, qui fuit. 

2. Claire de Pontevès, légataire de fon père en 1606. 

3. Catherine de Pontevès, mariée, le 10 Août 1624, à Barthélémy de Thomas, 

Seigneur de Châteauneuf, fils d'Antoine, Seigneur de la Valette & de Châ- 
teauneuf, & dlfabelle Berton de Crillon, fœur du célèbre Capitaine « le 
Brave Crillon ». 

XXI. DEGRÉ. 

Henri de Pontevès, qualifié de Comte de Giens , Avocat, puis Confeiller à la Cour 
des Comptes de Provence (3i Janvier IÔ25), fit hommage de fes terres le 17 Mars 
i633. Il eut commiffion, le 20 Mars i638, de Louis de Valois, Comte d'Alais, Gou- 
verneur de Provence, pour lever 5o hommes de guerre, les mettre en garnifon dans 
la Tour de Ribaudas, & y commander en qualité de Capitaine, & fut nommé Gou- 
verneur de cette place par lettres du 6 Octobre 1643. 11 tefta le i3 Août 1 655 
(Fazende, Not. à Aix), mourut le 21 Juin i656, & fut enfeveli aux Auguftins d'Aix. 
11 avait époufé, par contrat du i3 Décembre 1624 (Borrilli, Not. à Aix), Anne de 
Pontevès-Castelar, fille de feu Antoine (ou Marc-Antoine) de Pontevès, Seigneur 
du Caftelar, & d'Anne de Simiane-la-Coste (voir plus haut, p. 56). De ce mariage : 

1. Laurent de Pontevès, baptifé le 11 Mai i63i, à Toulon, Seigneur Vicomte 

de Giens, Docteur es droits, marié, le 7 Février 1667, à Claire de Micaelis, 
fille de Jean-Auguftin de Micaelis, Confeiller au Parlement, & de Marie de 
Boyer d'Aiguilles. Devenue veuve, elle fe remaria, le 29 Juillet i683, à 
Louis de Sabran, Seigneur de Chantereine & d'Aiguines. Du premier ma- 
riage iffurent un fils & deux filles, morts en bas âge, & Gabrielle-Angé- 
lique de Pontevès, baptifée à Aix le 14 Avril 1668, mariée à Jofeph Cambes, 
Seigneur d'Orves, de la ville d'Hyères. 

2. Antoine-François de Pontevès, qui fuit. 

3. Antoine (a) de Pontevès, Chevalier de Malte en 1661, mort Commandeur. 

4. Joseph-François de Pontevès, baptifé à Pertuis le 24 Mai i65o, Chevalier de 
. Malte en 1672, exécuteur teftamentaire de fon frère Antoine-François 

en 1694. 

5. 6 & 7. Claire, Gabrielle & Angélique de Pontevès, Religieufes au mo- 

naftère de Saint-Bernard de Cuers. 

8. Charlotte {aliàs Anne-Marguerite) de Pontevès, mariée, par contrat du 
i3 Février 1672,3 Henri Olivari ou Ollivier, fils de Pierre, Confeiller au 
Parlement de Provence, & de Sibille des Martins de Puylobier. 

9 à 1 3. Deux fils (François & Vincent-Dominique) 8c trois filles, morts enfants. 

XXII. DEGRÉ. 

Antoine-François de Pontevès, Chevalier, Seigneur de Giens, Nibles 8; Cas- 
telar, Marquis de Pontevès-Giens, fut reçu Chevalier de Malte en 1660; mais, 

{a) Artcfeuil l'appelle à tort Henri. 



de SABRAN-PONTEVES. 68o 



/"■ 



après la mort de Ion frère aîné, il quitta l'Ordre, & devint Syndic du corps de la 
Nobleffe de Provence, Premier Conful d'Aix & Premier Procureur du pays en 
169 1 . Il obtint l'érection des terres & feigneuries de Giens-la-Montagne & Roubaud 
en marquifat, fous la dénomination de Pontevès-Giens, par lettres patentes 
données à Fontainebleau au mois d'Odobre 1691, vérifiées en la Cour des Comptes 
à Aix le 17 Novembre fuivant, & rapportées à la fin de cette généalogie. Il tefta 
le 3 Décembre 1694 (Fr. Martin, Not. à Aix). De fon mariage avec Marguerite 
d'Andréa, fille de Jean-Auguftin , Seigneur de Nibles & de Châteaudouble, & de 
Marie de Barcilon de Mauvans, qu'il avait époulee par contrat du 26 Août 1673 
(A. Giboin, Not. à Châteaudouble), il eut pour enfants : 

1 . Elzéar de Pontevès, qui fuit. 

2. Noel-François de Pontevès, baptifé à Aix le 25 Décembre 1692, Lieutenant 

des vaiffeaux du Roi le i er Mai 1741, Chevalier de Saint-Louis le i er Jan- 
vier 1746. Il reçut du Roi Louis XVI, en 1781, une penfion de 400 livres, 
pour fervices rendus en Amérique & au Sénégal. 

3. Charlotte de Pontevès, mariée, le 3o Avril 1699, à Jean-Auguftin de Tri- 

mond, Seigneur d'Aiglun, Confeiller au Parlement d'Aix, fils d'Honoré, 
Confeiller au même Parlement, & d'Élifabeth de Chaussegros. Elle mourut 
à Aix le 23 Septembre 1751. 

4. Gabrielle de Pontevès, mariée à Jean-Baptiffe d'Albert-la-Millière, Com- 

miffaire provincial d'artillerie, Commandant en Provence & à Monaco; 
décédée le 24 Février 1757, âgée de 75 ans. 

5. Thérèse de Pontevès, Religieufe Bernardine, morte à Aix le 5 Avril 1737. 

6. Marguerite de Pontevès, baptifée à Aix le 16 Octobre 1687, mariée à Noël- 

Gafpard de Chabert, Lieutenant de vaiffeau. 

7. Angélique de Pontevès, née à Aix le 2 Octobre 1688, Religieufe Urfuline à 

Draguignan en 1707, vivante en 1730. 
8 & 9. Louise (née en 1686) & Marie de Pontevès, légataires de leur père en 1694. 
10. Sexte de Pontevès, née à Aix le ^Décembre 1691, Religieufe Auguftine à 

Aix, décédée le 22 Mars 1766. 
Un fils & quatre filles, morts enfants. 

XXIII. DEGRÉ. 

Elzéar de Pontevès, Chevalier, Marquis de Pontevès-Giens, Seigneur de Nibles, 
Caftelar, &c, né à Aix le 16 Novembre 1689, fit hommage au Roi pour fon 
marquifat le 17 Mars 1723, devint Syndic de la Nobleffe de Provence avant 1729, 
fut élu, le 14 Novembre 1735, Procureur joint de ladite Nobleffe; nommé Com- 
mandant pour le Roi en fa terre de Pontevès-Giens & en la petite île de Roubaud, 
le 3o Mars 1749; & mourut à Toulon le 28 Mars 1755. Il avait époufé, à Aix, le 
18 Juin 1725 (contrat poltnuptial du 12 Mai 1727; Eftienne, Not. à Aix), Baptiftine- 
Claire de Monier de Chateaudeuil, fille de Jean-Baptifte, Chevalier, Seigneur 
de Chateaudeuil, Confeiller du Roi & fon Procureur général en la Cour des 
Comptes, Aides & Finances de Provence, & de Thérèfe de Rastouin. Elle tefha 
le 22 Juillet 1739 (Rafpaud, Not. à Aix). De leur mariage vinrent : 

1. Jean-Baptiste^-Elzéar de Pontevès, qui fuit. 

2. Henri-Jean-Baptiste de Pontevès, Chevalier, puis Vicomte de Pontevès- 

Giens, né à Aix le i5Mars 1738, Garde de la marine le 23 Mai 1754. En- 
feigne de vaiffeau en 1757, Lieutenant de vaiffeau le 18 Août 1767, Cheva- 
lier de Saint-Louis le 28 Juin 1775, Capitaine des vaiffeaux du Roi le 



68: de SABRAN-PONTEVÈS. ?3 



i3 Mars 1779, Brigadier des armées navales en 1785, Chef de divifion le 
1 e1 Mai 1786, Major général de la marine & des efcadres au port de Breft, 
puis à Toulon. Il fît fes preuves de nobleffe au Cabinet des Ordres du Roi 
pour être admis aux honneurs de la Cour, d'abord en Janvier 1769, devant 
Beaujon, Généalogifte des Ordres du Roi, qui drefTa à cette occafion la 
généalogie de fa branche, remontant à fon auteur, Boniface de Pontevès; 
puis, en Juillet 1780, devant Chérin fils, qui fit remonter fa filiation jufqu'à 
Barrai III de Pontevès, fon neuvième aïeul (à). Il fit encore fes preuves de 
nobleffe le 3 Décembre 1788 pour être admis dans TOrdre de Saint-Lazare, 
où il fut reçu le 16 fuivant. 11 avait époufé, par contrat du 27 Juillet 1788, 
Claude-Marie-Thérèfe-Pauline Bigot de Morogues, veuve de Meflire Éléo- 
nor-Jacques-Marie-Staniflas Perier de Salvert, Chevalier de Saint-Louis, 
Lieutenant des vaiffeaux du Roi, & n'eut pas de poftérité. Il mourut en 
rade de Fort-Royal (Martinique), à bord de Vlllufire, le 23 Juillet 1790. 
3 Charlotte-Baptistine-Marguerite de Pontevès, née à Toulon le 3i Mars 

1728, mariée, à Aix, le 22 Avril 1750, à André d'Aureilou d'Oreil, Écuyer, 
Confeiller CommifTaire ordinaire & provincial des guerres au département 
de Toulon, fils de feu Philippe, & de Jeanne-Catherine Blancheteau. Elle 
mourut à Toulon le 19 Avril 1754. 

4. Charlotte-Baptistine-Antoinette de Pontevès, née à Toulon le 3o Mars 

1729, mariée, à Aix, par contrat du 21 Septembre 1750, à Jean -François, 
Marquis de Gantes, Brigadier des armées du Roi, puis Lieutenant géné- 
ral, Chevalier de Saint-Louis, fils de Michel, Capitaine d'artillerie, & de 
Jeanne-Hyacinthe-Ignace Hannedouche de Rebeque. 

5. Claire-Angélique de Pontevès, née à Toulon le i5 Juin 1730, morte enfant. 

XXIV. DEGRÉ. 

.Jean-Baptiste-Elzéar, Chevalier, Marquis de Pontevès-Giens, né à Aix le 
26 Février 1736, fit hommage de fes terres au Roi le 14 Août 1758, étant alors 
Officier des vaiffeaux du Roi, fut nommé Chevalier de Saint-Louis le 19 Juin 1771, 
Capitaine des vaiffeaux le 4 Avril 1777,8c Major général de la marine le 20 Avril 1784. 
Il prit part à la réunion de l'Aifemblée de la Nobleffe de la fénéchauffée de Marfeille 
le 2 Avril 1789 pour l'élection des Députés aux Etats généraux. Il avait époufé, par 
contrat du i3 Mai 1760 (Coffe, Not. à Marfeille; les articles de mariage avaient 
déjà été arrêtés & lignés le 19 Juin 1758), Madeleine-Cécile Martin de Germain, 
fille de Jofeph, ancien Receveur général des finances de Provence, & de Claire 
de Saint-Michel. Elle eft décédée à Toulon le 17 Mars i83i, âgée de quatre-vingt- 
treize ans. De cette union vinrent : 

1. François-Elzéar de Pontevès, qui fuit. 

2. Joseph-Baptiste-Elzéar-Timoléon de Pontevès-Giens, né à Toulon le 

6 Juin 1766, Chanoine-Comte de Saint-Victor de Marfeille jufqu'à la 
diffolution de ce Chapitre noble en 1791 . 11 eft décédé à Toulon le i5 Sep- 
tembre 1 8 1 1 . 

3. Louis-Henri de Pontevès, né à Toulon le 18 Juillet 1767, mort le i ct Mars 1770. 

4. Joseph-François-Isidore-Elzéar de Pontevès, né à Toulon le 28 Mars 1773, 

décédé le 4 Avril 1776. 

5. Marie-Madeleine-Alexandrine de Pontevès, née à Toulon le 22 Juillet 1 77 1 , 

décédée le 10 Mars 1776. 

(a) Bibliothèque Nationale, départ, des Manufcrits. 



Regi/îre feptième. s '> 



■4 de SABRAN-PONTEVES. 68, 



XXV. DEGRE. 

François-Elzéar, Chevalier, Marquis de Pontevès-Giens, né à Toulon le 
21 Février 1764, Lieutenant de vaiffeau le 28 Octobre 1786, émigra en 1792, fe fit 
recevoir dans l'Ordre de Malte le 6 Octobre 1794, devint Capitaine de vaiffeau 
le 3i Décembre 1814, & fut retraité le 22 Mai 1825, avec le grade de Contre-Ami- 
ral. Il était Chevalier de Saint-Louis & de la Légion d'honneur. Il eft décédé à 
Toulon le 18 Juin 1848, fans alliance. 



BRANCHE DES SEIGNEURS DAMIRAT 

ET DE LA FOREST, 

ISSUE DE CELLE DES SEIGNEURS DE PoNTEVÈS. 

XVIII. DEGRÉ. 

Antoine de Pontevès, quatrième fils de Jean II de Pontevès, Seigneur de Pon- 
tevès, & de Catherine de Castellane-Esparron, fa féconde femme (voir plus 
haut, p. 59), fut Seigneur d'Amirat & de la Foreft, Viguier de Barjols; fit hom- 
mage au Roi du château de la Foreft & de celui de la Molle en i536, tefta 
d'abord le i3 Septembre 1547 (Athénofy, Not. à Barjols), puis le 16 Novembre 
fuivant (Marcel Garnier, Not. à Aix), & mourut avant le 5 Août i55o. Il 
avait époufé, par contrat du 7 Septembre 1527 (Jean Allaman, Not. à Lor- 
gues), Marcelline de Boniface, fille de feu Jean , Seigneur de la Molle & de Colo- 
brières, & d'Honorée de Benaud. De ce mariage vinrent : 

1. Pierre de Pontevès, qui fuit. 

2. Jean de Pontevès, mort fans alliance après 1547. 

3. Honoré de Pontevès, reçu Chevalier de Malte en i552. 

4. Sibille de Pontevès. 

5. Honorade de Pontevès, qui tella le 18 Octobre 1 586. 

XIX. DEGRÉ. 

Pierre de Pontevès, Seigneur d'Amirat & de la Foreft. Viguier & Capitaine 
pour le Roi à Barjols, tefta le 28 Décembre 1 5g6 (Blaife Bruys, Not. à Aix). Il 
avait époufé, par contrat du 8 Juillet r 565 (Jean Tifati, Not. à Aix), Madeleine 
Fabri ou de Fabre, fille de Nicolas, Seigneur de Callas, Confeiller au Parlement 
de Provence, & de Catherine de Chavary ou Chiavari. De ce mariage vinrent : 

1. Jean de Pontevès, Seigneur d'Amirat, marié, vers 1600, à Diane de Cla- 

piers, dont il n'eut qu'une fille : 

Catherine de Pontevès, Dame d'Amirat, mariée , par contrat du 10 Mars 
1624, à François de Rodulph, Seigneur de Beauvezet, fils de Fran- 
çois, & d'Anne de Bruis. 

2. Claude de Pontevès, qui fuit. 

3 & 4. Joseph & Balthazar de Pontevès, baptifés à Aix en 1 5y 1 6c 1572. 

5. Diane de Pontevès, mariée : i° en i58-2. à Antoine d'Emenjaud, Confeiller 



683 



de SABRAN-PONTEVÈS. 7$ 



au Parlement, fils de Nicolas, Cofeigneur de Riez, Confeiller au Parle- 
ment, & de Françoife de Bachis-Saint-Estève, fa féconde femme; 2° 
par contrat du 11 Octobre 1617, Jean-Baptifte de Durand, Confeiller puis 
Doyen de la Chambre des Comptes à Aix, veuf de Claire de Mafargues, 
& fils de Jean de Durand, Confeiller aux Comptes, & de Marguerite de 
Lopis de la Fare. Elle fut enfevelie au couvent des Auguftins à Aix, le 
16 Janvier i652. 
4. Anne de Pontevès, mariée, par contrat du 4 Mai 1 5g 1 , à Jean d'Aguil- 
lenquy ou Agilhenqui, Ecuyer, d'Aix, Seigneur de Châteaufort, Tréforier 
général du Roi, filsde feu Honoré, & de Marguerite Albe. Ils eurent quatre 
fils, parmi lefquels Faîne fut Grand Archidiacre de Notre-Dame de Rouen 
& était confidéré comme Tune des lumières de TEglife, & cinq filles, parmi 
lelquelles la Rév. Mère Agnès d'Aguillenquy (née à Aix le 17 Février 1602, 
morte le 18 Juin 1672), Religieufe Capucine au couvent de Marfeille, & que 
fes hautes vertus firent élire, malgré elle, trois fois Abbeffe (a). 

XX. DEGRÉ. 

Claude de Pontevès, Seigneur de la Forefi, Viguier & Capitaine pour le Roi à 
Barjols, époufa, par contrat du 7 Novembre 1614 (Auifel, Not. à Lanfon), Hono- 
rade de Castellane-Esparron, fille de Pierre, Seigneur d'Efparron du Verdon & 
de Saint-Julien, Chevalier de l'Ordre du Roi, & de Marguerite Sylve de la Batie- 
Verdun, fa féconde femme. De ce mariage itfurent : 

1. Jean- Baptiste de Pontevès, qui fuit. 

2. Diane de Pontevès, mariée, par contrat du 3 Septembre 1645 (Balth. Sermet, 

Not. au Val), à Pierre de Maurel, Tréforier général des États de Pro- 
vence, fils de François, Ecuyer, de la ville d'Aix, & de Sibille de Trouil- 
las. Il acquit de François II de Pontevès, dernier de fa branche (voir 
plus haut, p. 63), les feigneuries de Pontevès & de Sainte-Catherine. 
Leur fils, MefTire Jean-Antoine de Maurel, légua, en i683, i5.ooo florins 
à Lazarin de Pontevès-Mauboufquet, qu'il qualifie de fon « petit-oncle ». 
Elle époufa, en fécondes noces, N. de Pontes, Magiftrat. 

XXI. DEGRÉ. 

Jean-Baptiste de Pontevès, Seigneur de la Forefi, Viguier & Capitaine pour 
le Roi à Barjols. Il époufa, par contrat du 2 Juin 1644, Catherine de Richery, 
fille de Jacques de Richery & de Sibille de Peyruis, & tefia le 14 Août 1 658, 
laiffant de fon mariage : 

1. Joseph de Pontevès, qui fuit. 

2. Jean-Baptiste de Pontevès, Chanoine du Chapitre de Barjols, mort à Bar- 

jols le i3 Mai 1725. 

3. Anne de Pontevès, mariée, en 1670, à Jean-Jofeph de Barrel, Cofeigneur 

du Reveft de BroufTe, fils de Guillaume, & de Madeleine de Ruffi. 

(a) Voir l'ouvrage du R. P. Marc de Bauduen : la Vie admirable & les héroïques vertus de la Révérende 
Mère Agnès dAguillenquj', d'Aix en Provence, Religieufe Capucine du monajlère de Marfeille; Mar 
/eille, 1673, in-16. Ce livre eft dédié « A la très noble & illuftre Dame Diane de Pontevez, Dame de Pon 
tevez, Sainte-Catherine, Rougnète, Mauboufquet. S.Ferriol & autres places »,couline germaine de la R. Mère 
Agnès. — Cf. un autre ouvrage : la Vie de la R. M. Agnès d'Aguillenqui, Abbeffe des Capucines de Mar- 
feille, par le R. P. Hiacinthe de Verclos, d'Avignon, E\ Provincial des Capucins; Vvignon, 1740, in-8". 



7 6 



de SABRAN-PONTEVES. 68 4 



XXII. DEGRÉ 



Joseph de Pontevès, Seigneur de la Foreft, né à Barjols le 19 Novembre 1645, 
Viguier & Capitaine pour le Roi à Barjols, fut reconnu Noble, conjointement 
avec fon frère, par arrêt des Commiffaires députés par le Roi, du 21 Avril 1668, 
& mourut à Barjols le 19 Juillet 1710. 11 avait époufé, par contrat du 5 Juillet 
1672 (Laurens, Not. à Barjols, & Ribiers, Not. à Auriol), Thérèfe de Monto- 
lieu, fille de Jean-Baptifle, Capitaine des galères, 8c d'Ifabelle de Valbelle- 
Saint-Symphorien. Elle décéda le 16 Juin 1743. De ce mariage vinrent : 

1. Louis de Pontevès, Officier des galères le 9 Mars 1692. Il quitta le fervice 

pour entrer dans l'Ordre de Saint-François, devint Provincial de la pro- 
vince de Saint-Louis & Général de l'Ordre, mourut à Barjols le i3 Fé- 
vrier 1768, & fut enfeveli au couvent de Carcès. 

2. Antoine-Benoit de Pontevès, né vers 1675, Religieux de l'Ordre de Saint- 

Auguffin, Chanoine de Saint-Irénée, à Lyon, mort à Barjols le 3i Août 
1755. 

3. Jean-Baptiste de Pontevès, né vers 1682, mort fans poitérité, à Barjols, le 

16 Juillet 1742. 

4. Joseph-François de Pontevès, qui fuit. - 

5. Thérèse de Pontevès, morte fans alliance, à Barjols, le 25 Avril 1763. 

6. Henriette de Pontevès, Religieufe au monaltère de Barjols. 

7. Elisabeth de Pontevès, née à Barjols le 20 Octobre 1692. 



XXIII. DEGRE. 

Joseph-François de Pontevès, Seigneur de la Foreft, né à Barjols le 4 Avril 
1690, Commandant pour le Roi à Barjols, époufa, à Barjols, le 12 Juin 1712 
(contrat du i5 Juin, Trucy, Not. à Barjols), Louife Sandin, d'une famille origi- 
naire d'Italie, fille de Jofeph Sandin, Confeiller du Roi & fon Commiffaire 
en la ville de Draguignan, & d'Anne Martin, de Saint-Tropez. Il mourut à 
Barjols le 3 Octobre 1755, & elle le 26 Mars 1775. Ils eurent de leur mariage : 

1. Jean-Baptiste de Pontevès, né à Barjols le 24 Janvier 1714, mort le 

29 fui van t. 

2. Joseph-Jean-Baptiste-Louis de Pontevès, qui fuit. 

3. Joseph-François-Hermentaire-Alexandre de Pontevès, né à Barjols vers 

1724, Prieur de Zutkerque (diocèfe de Saint-Omer), mort à Barjols le 
26 Novembre 1778. 

4. Étienne-Antoine-César-Claude de Pontevès, établi à la Martinique, & 

rapporté ci-après. 

5. Pierre-François-Auguste (aliàs Jean-François-Auguste) de Pontevès, né 

vers 1729, Officier aux Gardes-Françaifes, Chevalier de Saint-Louis, mort 
à Barjols le i5 Juin 1794 (27 Prairial an II). Il avait époufé, à Marfeille, 
le 20 Février 1776, Marie-Élifabeth de Villet, fille de feu Jofeph-Ber- 
nard de Villet & de Jeanne Amphoux. De ce mariage : 
JosEPH-ÉTiENNE-MARGUERiTEde Pontevès , né à Barjols le 26 Décembre 
1777, mort à Gênes le 29 Juin 1797. 

6. Thérèse-Madeleine-Louise de Pontevès, née à Barjols, baptifée le 10 Mai 

1716, mariée, à Barjols, le 27 Février 1743, à Jofeph-Marc de Lyon de 



685 



de SABRAN-PONTEVÈS. 77 



Saint-Ferréol, Capitaine au régiment de Navarre, fils de feu Jofeph de 
Lyon, Seigneur de Saint-Ferréol, & de feue Suzanne àuquier. 
7. Anne de Pontevès, née à Barjols, haptifée le 4 Mars 17 19. 

XXIV. DEGRÉ. 

Joseph-Jean-Baptiste- Louis (aliàs Jean-Baptiste-Joseph-Melchior) de Pon- 
tevès , Seigneur de la Foreft & en partie de Pontevès, né à Barjols le 3 Mars 
1721, mourut à Barjols le 3 Juin 1752. Il avait époufé, par contrat du 28 Janvier 
175 1 (Bouteille, Not. à Aix), Marie-Angélique de Bruny, fille de Jean-Baptifte de 
Bruny, Marquis d'Entrecasteaux, Baron de Villeneuve, Préfident à mortier 
au Parlement de Provence, & de Dorothée de lEstang-Parade. De cette union : 

1. Louis-Clair-François-Joseph de Pontevès, qui fuit. 

2. Jean-Baptiste-Louis-Sébastien, dit le Chevalier de Pontevès, né pofthume 

à Barjols le 20 Janvier 1753, Lieutenant de vaifTeau le 2 Avril 1780, marié 
à N..., veuve du Chevalier de Bruny, d'où iflurent deux enfants morts 
jeunes. Il décéda à Marfeille vers 1795. 

XX V. DEGRÉ. 

Louis-Clair-François-Joseph de Pontevès, Seigneur de la Foreft, né à Barjols 
le 2 Janvier 1752, Garde de la Marine en 1770, Enfeigne de vaifTeau en 1777, fe 
retira du fervice le 2 Avril 1780 avec le brevet de Lieutenant des vaifieaux du 
Roi, & devint enfuite Maire, Premier Conful de Barjols. Il avait prêté hommage 
au Roi, le 24 Avril 1779, pour partie de la terre de Pontevès; fut admis fui- 
preuves dans le corps de la Noblefie aux Etats généraux de Provence en 1787, 
prit part à l'Affemblée de la NoblefTe de la fénéchauffée de Brignoles en 1789, & 
mourut à Sanary le 25 Septembre i835. Il avait époufé, à Draguignan, par con- 
trat du 11 Avril 1780, Angélique-Marie-Élifabeth de Magniol, fille de feu 
Louis de Magniol, Seigneur de Villehaute 8c Cofeigneur d'Ampus, & d'Anne- 
Urfule de Lombard. De ce mariage : 

1. François (aliàs Jean-Baptiste)-Pierre-Louis-Joseph de Pontevès, né à 

Barjols le 10 Avril 1781, mort à Château-Vert en 181 1. 

2. Delphin-Clair-Dominique-Marie-Paul de Pontevès, né à Barjols le 29 Juin 

1784, mort à Barjols le 16 Juin 1788. 

3. Delphin de Pontevès, né à Barjols le 9 Décembre 1 791, mort le 14 Août 1793. 

4. Marie-Élisabeth-Andrée-Toussainte de Pontevès, née à Barjols le 3i Oc- 

tobre 1782, mariée à Jean-Baptifte-Hyacinthe Bellon de Sainte-Mar- 
guerite, fils de Louis-Auguftin-Antoine, & de Marie-Hyacinthe de Pu- 
get-Bras. Décédée à Barjols le 12 Mars i85i. 

5. Marie-Jean-Baptiste-Louise-Élisabeth de Pontevès, née à Barjols le 

23 Juillet 1786, morte à Vachères en Août 1793. 

6. Marie-Baptistine-Louise-Elisabeth de Pontevès, née à Barjols le 14 Fé- 

vrier 1789, mariée, en 1834, à Barjols, à Jofeph-Louis Castillon. Décédéc 
à Barjols le 25 Mai i856. 

7. Luce-Angélique-Georges (dite Georgette) de Pontevès, née à Barjols le 

10 Mars 1790, décédée à Barjols le 22 Avril 1868, inftituant pour héritier 
fon coufin Céfar de Pontevès- Amirat, de la branche établie à la Martinique. 



7 8 de SABRAN-PONTEVÈS. 686 

RAMEAU CADET, 

FIXÉ AUX ANTILLES. 

XXIV. DEGRÉ. 

Étienne-Antoine-César-Claude de Pontevès-d'Amirat, trentième fils de Joseph- 
François de Pontevès 8c de Louife Sandin, né le 21 Avril 1724, fit comme 
Garde du corps de l'Infant Don Philippe, Duc de Parme, les campagnes de Sa- 
voie en 1742. Il fe diftingua au fiège de Coni. à la bataille de Lamadone, à celles 
de Montalban & de Nice, affilia au fiège de Tortone , fe fignala à Cafal & à 
Plaifance, fut fucceffivement Capitaine de milice en 1746, des Gardes Lorraines 
en 1749. paffa à cette époque à la Martinique où, à la tète du corps de la Nobleffe, 
il combattit vaillamment les Anglais en 1759 à leur defeente dans cette île, & 
en 1762 aux Mornes de Tartamon & de Garnier. 11 fit enregiltrer fes titres de no- 
bleffe par le Confeil fouverain de la Martinique le i3 Mars 1753. 11 était Chevalier de 
Saint-Louis du 21 Juin 1774, & mourut à la Martinique le 23 Janvier 1780, laiffant 
de Rofe de Massias de Bonne, qu'il avait époufée, à Saint-Pierre, le 5 Août 1749, 
8v qui décéda le 8 Août 1783 : 

1. François-Louis-César de Pontevès, qui fuit. 

2. Paul-Rose-César de Pontevès, né en 1732, Capitaine au régiment de la Gua- 

deloupe, mort à la Martinique en i8i5, ne laiffant pas d'enfants de fa 
femme N. Labatis de Romans. 

3. Jacques-Antoine-Joseph de Pontevès, Lieutenant au régiment d'Enghien-ca- 

valerie, Chevalier de Saint-Louis. Il retourna à la Martinique pendant la 
Révolution de 1793, après le licenciement de fon régiment, &y mourut, à 
Saint-Pierre, en 18 14. Il avait époufé Marie-Louife-Thérèfe-Adrienne de 
Laferrière-Constance, d'où : 

I. Françoise de Pontevès, morte vers 1864. 

II. Marie-Louise-Josèphe de Pontevès, née à Saint-Pierre le i5 Sep- 
tembre 1786, mariée, à Saint-Pierre, le 25 Octobre 18 15, à Jofeph- 
Etienne-Félix-Triftan Ruffi, Officier de marine, fils de Félix-Triftan 
Ruffi & d'Anne Blanc. 

4. Marie-Joséphine-Françoise de Pontevès, née au fort Saint-Pierre de la 

Martinique avant 1756, mariée, à Barjols, le 14 Janvier 1788, à Jofeph 
de Lauthier de Labardon, Seigneur d'Aubenas & de Vachères, Garde 
du corps du Roi Louis XVI, fils de Louis-Charles, & de Marie de Sau- 

VANDIER. 

XX V. DEGRÉ. 

François-Louis-César de Pontevès-d'Amirat, né le 16 Mai 1750, Capitaine au 
régiment de la Guadeloupe, Chevalier de Saint-Louis le 6 Novembre 1789. Il 
avait époufé, à la Baffe-Terre, par contrat du 21 Octobre 1774, Luce-Catherine 
Heurtault de Mirande, doù : 

1. Louis-César de Pontevès, qui fuit. 

2. Henry- Anne-Maurice de Pontevès, né le 17 Novembre 1781, mort fans 

alliance. 

3. Marie-Elisabeth de Pontevès, née à Barjols le 5 Mars 1788, morte à Saint- 

xMartin de Pallières le i er Novembre 1789. 



68 7 de SABRAN-PONTEVÈS. 79 



XX VI. DEGRÉ. 

Louis-César de Pontevès-cTAmirat , né le 4 Septembre 1778, fit fes preuves 
de nobleffe pour être admis à l'École royale militaire, devint Commandant du 
quartier de la Baie-Mahault à la Guadeloupe, Chevalier de Saint-Louis le 22 Mai 
1825, &eit décédé le 3o Mars 1846. Il avait époulé, le 20 Septembre 1804, Marie- 
Julie de Lagarde (veuve en premières noces de N. Boyer de Leftang.i, d'où : 

1. Louis-Joseph-César de Pontevès, né en i8o5, mort le 3 Septembre 1843. 

2. Henri-Paul-Jules de Pontevès, qui fuit. 

3. Elzéar de Pontevès, mort en bas âge. 

4. FRANÇois-Louis-ALEXANDREde Pontevès, né le 26 Avril 181 1, rapporté ci-après. 

5. Julie-Hélène de Pontevès, née le 10 Janvier 1809, morte le 6 Mai 1874. 

XXVII. DEGRÉ. 

Henry-Paul-Jules de Pontevès-d'Amirat, dit le Marquis de Pontevès-Amirat, 
Commandant du quartier de la Baie-Mahault & de Sainte-Rofe à la Guadeloupe, 
né le i3 Décembre 1806, mort à Port-Louis le 14 Juillet 1869, a lailïé de Elvire 
Monville de Gardin, qu'il avait époufée le 25 Novembre 1845 : 

1 . Paul-César-Alexandre-Jules de Pontevès-d'Amirat, qui fuit. 

2. Marie-Élisabeth-Louise-Julie de Pontevès-d'Amirat, née le 23 Mai 1848, 

mariée, le 7 Septembre 1872, à fon coufin germain Henri de Pontevès- 
d'Amirat, morte le 8 Novembre 1878. 

XXVIII. DEGRÉ. 

Paul-César-Alexandre-Jules de Pontevès-d'Amirat, né le i3 Mai i853, a 
hérité de la fortune de fa coufine Georgette de Pontevès-Laforeft. 11 réfide au 
Lamentin (Guadeloupe). 



XXVII. DEGRE. 

François-Louis-Alexande de Pontevès-d'Amirat, quatrième fils de Louis- 
César & de Marie-Julie de Lagarde, né le 26 Avril 181 1, mourut à Port-Louis 
le 3o Mai 1876. Tl avait époufé d'abord, en Novembre 1834, Role-Charlotte- 
Adélaïde de Boubers-Vaughenlieu, morte le I er Juin 1848, fille du Baron de Bou- 
bers & d'Adélaïde Lambert de Boubers-Montaulve. De ce mariage : 

1. Charles-François-Louis de Pontevès-d'Amirat, né le 3 Août 1 835, mort jeune. 

2. Edouard-César-Henri de Pontevès, qui fuit. 

3. Louis-Joseph-Elzéar de Pontevès, né le 3i Octobre 1847, mort le 

25 Mars 1866. 

4. Louise-Julie-Élisabeth-Rosalie de Pontevès, née le 20 Novembre 1837. 

5. Julie-Adélaide-Pauline de Pontevès, née le 3o Avril 1840. 

6. Marie-Caroline-Amélie-Sophie de Pontevès, née le 26 Mai 1845. 

Il fe remaria, le 29 Octobre i85o, avec Anne-Marie-Marguerite-Clémentine 
de Bragelongne-Creuilly, d'où : 

Charles-Edmond-Ludovic de Pontevès, né le 23 Mars i858, mort le 21 Sep- 
tembre 1861. 



8o de SABRAN-PONTEVÈS. 



688 



XXVIII. DEGRÉ. 

Édouard-César- Henri de Pontevès-d'Amirat, né le 27 Mars 1843, marié en 
premières noces, le 7 Septembre 1872, à fa confine germaine Marie-Élisabeth- 
Louise-Julie de Pontevès-d'Amirat, morte le 8 Novembre 1878, d'où : 

1. Charles-Marie-Alexandre-Henri de Pontevès, né le 6 Juillet 1875, mort le 

7 Novembre fuivant. 

2. HenrlMarie-Paul-Alexandre de Pontevès, né le 10 Janvier 1877. 

3. Marie-Élisabeth-Caroline de Pontevès, née le 12 Mai 1873. 

Il a époufé en fécondes noces, le 18 Octobre 1881, Louife de la Quintinie. 
Réfidence au Lamentin (Guadeloupe). 



BRANCHE DES SEIGNEURS DE SILLANS, 

issue de celle des Seigneurs de Pontevès 

[ÉTEINTE.] 

XVII. DEGRÉ. 

Antoine de Pontevès, Seigneur de Sillans, fécond fils de Bertrand de Pontevès, 
Seigneur de Pontevès, Sillans, &c, & d'Ifabelle de Simiane (voir plus haut, p. 59), 
fut au nombre des Députés aux États de Provence convoqués à Aix le 9 Avril 
1487, pour la réunion de la Provence à la Couronne. Il époufa, le 2 Avril 1479, 
Yolande de Castellane-Salernes, fille de Reforciat de Castellane, Seigneur de 
Salernes. De ce mariage : 

1 . Russan ou Brussan de Pontevès, Seigneur de Sillans, qui, d'une alliance in- 

connue, eut trois filles : 

I & II. Jeanne & Antoinette de Pontevès. 

III. Yolande de Pontevès, mariée, vers i53o, à Pierre de Laugier, Sei- 
gneur de Beaucoufe & de Thoard, fils de Louis, & de Jacqueline de Gui- 
ramand, Dame de la Penne. 

2. Honoré de Pontevès, qui fuit. 

3 . Sibille de Pontevès, mariée, le 1 8 Février 1 52 1 (v. fi.), à Gafpard I er de Blacas, 

Seigneur d'Aulps, de Vérignon, &c, fils d'Honoré, & de Madeleine de Ville- 
neuve. Elle telta le 26 Juillet 1 567, en faveur de leur 4 e fils, André de Bla- 
cas, qui époufa, en 1576, Blanche de Pontevès, fille de François de Pon- 
tevès, Seigneur de Pontevès, & de Marguerite de Villeneuve des Arcs 
(voir p. 61). 

XVIII. DEGRÉ. 

Honoré de Pontevès, Seigneur de Sillans, époufa, avant i52Ô, Marguerite 
Vincens d'Agoult, fille de Fouquet, Seigneur de Rognes, Saint- Auban, &c, 8c de 
Jeanne de Bouic. Il ne vivait plus le 25 Août 1573, date à laquelle fa femme fit 
fon teftament (Ant. Raimberty, Not. à Fos), où elle demande à être enfevelie en 
Téglife de Sillans, au monument de feu fon époux. De ce mariage : 

1 . Jean-Antoine de Pontevès, qui fuit. 

2. Blanche de Pontevès, mariée, le 26 Mai Ô49, à Efprit Galle de Saint- 

Mandrier, Seigneur de Saint-Mandrier. Elle mourut avant fa mère, laiffant 
une fille, Marguerite, qui reçut de fa grand'mère un legs de 200 florins. 



68o 



de SABRAN-PONTEVÈS. 8 



XIX. DEGRÉ. 

Jean-Antoine de Pontevès, Seigneur de Sillans, dont il rendit hommage au Roi 
le 9 Septembre 1 565, tefta le 16 Février 1 568. Il avait époufé. en 1 55 1 ou i552, 
Balthazarde de Vintimille, veuve de fon coufin Reforciat de Pontevès, Seigneur 
de Pontevès (voir plus haut, p. 6o), & mourut avant 1572. Sa femme tefta le 
6 Octobre i5y3 & l'inventaire de fes biens fut fait le 23 Avril 1575. 

De leur mariage vinrent : 

1. Melchion de Pontevès, Seigneur de Sillans, qui tranfigea, le 16 Janvier i58i, 

avec fon frère utérin Jean de Pontevès, Seigneur de Saint-André, & mourut 
fans enfants (l'inventaire de fes biens eft du 19 Juin 1576). Il avait été 
inftitué, conjointement avec fon frère Gafpard, héritier de fa grand'mère. 

2. Gaspard de Pontevès, qui fuit. 

3. Henri de Pontevès, mort avant 1573. 

XX. DEGRÉ. 

Gaspard de Pontevès, Seigneur de Turriez, Efparron & Reyneil, & Cofeigneur 
de Bauduen & d'Argens, par héritage de fon oncle Gafpard de Vintimille, puis 
Seigneur de Sillans après fon frère, époufa : i° Ifabeau de Blacas, fa coufine iffue 
de germain, fille de Louis I er de Blacas, Seigneur d'Aulps, & de Louife de Sa- 
bran, dont il n'eut pas d'enfants; 2 par contrat du 6 Avril i582 (Collin Tache, 
Not. à Avignon), Hélène de Saint-Sixt, fille de feu Pierre, Gouverneur du 
château de Sorgues au Comté-Venaiffin, & de Pernette de Rastel. De ce mariage : 

1. Jean de Pontevès, qui fuit. 

2. François de Pontevès, Seigneur de Saint-Barnabe : i° marié, par contrat du 

i3 Avril i632, à Suzanne du Revest, Dame du Reveft; 2 à Marguerite Va- 
lansar, qui décéda à Forcalquier le 10 Décembre 1676, étant déjà veuve. 
Du premier mariage : 

I. Anne de Pontevès, baptifée à Forcalquier le 24 Mai i633, mariée, par 
contrat du 3i Juillet i653, à Charles II de Castellane-Adhémar de 
Matheau de Joyes, Seigneur de Pierrerue, en Vivarais, fils de Charles, 
& de Jeanne d'Eyroux. Inhumée à Forcalquier le 7 Avril 17 12. 

II. Catherine de Pontevès, baptifée à Forcalquier le 16 Février 1 635. 

XXI. DEGRÉ. 

Jean de Pontevès, Seigneur de Sillans, préfenté en 16 14 pour être reçu dans 
l'Ordre de Malte, époufa, par contrat du 29 Novembre 1624 (Claude Sube, Not. à 
Pierrerue), Anne de Castellane-Adhémar, fille de Louis, Seigneur de Pierrerue 
(aïeul de Charles II, ci-deffus), Gentilhomme de la Chambre du Roi, & d'Anne de 
Bouliers de Matheau de Joyes. Il vendit la feigneurie & jurifdictions de Sillans, 
le 9 Janvier 1627, à Balthazar d'Albert, Seigneur de Mezel & en partie de Sillans, 
pour le prix de 56.400 livres tournois (J. Bernard, Not. à Salernes); tefta à For- 
calquier le 24 Juillet 1662, & mourut le 24 Novembre fuivant. Il eut pour enfants : 

1. Gaspard de Pontevès, qui fuit. 

2. Laurent de Pontevès, né en 1644, Chevalier de Malte en 1666. 

3. Isabeau de Pontevès, mariée : i° par contrat du 16 Décembre 1641, à Hector 

d'Eyroux, fils de Charles, Seigneur de Ruftrel, & de Marquife de Parisis; 
2 avant le 17 Juillet 1 65g, à Jean de Bellonnet, Surintendant de l'artillerie 
de la république de Venife (en million); 3° le 3o Décembre î 665, à Jean 

Regijlre feptième. 87 



82 DE SABRAN-PONTEVÈS. 



690 



Arnaud, Lieutenant général au fiège de Forcalquier, fils de Scipion, Sei- 
gneur de Miravail, & de Diane d'Audiffret de Silvabelle, & veuf alors 
d'une Claude de Pontevès, qui fut enfevelie à Forcalquier le 3i Juillet i665. 
Elle mourut à Forcalquier en 1681. 

4. Anne de Pontevès, mariée, en i65o, à Jean d'Isoard, Seigneur de Fontienne, 

fils de Charles, & de Lucrèce de Demandolx-la-Palu. 

5. Marie de Pontevès, mariée, à Forcalquier, le 18 Février i656, à Jean de Jau- 

bert, Lieutenant général civil & criminel au fiège de Digne, à qui ion beau- 
frère Gafpard de Pontevès fit une donation le 26 Novembre 1688. 

6. Hélène de Pontevès, mariée, le 14 Octobre 1660, à Paul de Foresta- 

Collongue, Seigneur du Caftelar, Lieutenant criminel au fiège de For- 
calquier. Morte en i685. 

XXII. DEGRÉ. 

Gaspard de Pontevès, Seigneur de Gévaudan, fut déclaré Noble, avec ion frère 
Laurent & ion oncle François de Pontevès, Seigneur de Saint-Barnabe, par arrêt 
des Commiffaires députés par le Roi, du dernier Février 1668. Il époufa, en 1673, 
Madeleine de Feutrier. N'ayant point eu d'enfants, il adopta fon neveu 
Jean d'Eyroux, qui joignit dès lors le nom de Pontevès au fien. Cette adoption 
fut confirmée par lettres patentes, enregiftrées en la Cour des Comptes le 8 Mai 
1748. La deicendance de Jean d'Eyroux de Pontevès s'éteignit en la perfonne de 
fon petit-fils, Jean-Joseph-Gaspard-Eugène d'Eyroux de Pontevès-Gévaudan, 
décédé en 1791, fans poftérité légitime (a). 



BRANCHE DES SEIGNEURS, 

PUIS MARQUIS DE BUOUX, 

ISSUE DE CELLE DES SEIGNEURS DE PONTEVÈS. 

[ÉTEINTE.] 

XVI. DEGRÉ. 

Lancelot de Pontevès, fécond fils de Jean I er de Pontevès & de Madeleine de 
Marseille (voir plus haut, p. 58), reçut, le 12 Avril 1418, à titre de donation, de 
la part de Bérenger de Foulcauquier (Jic) 1 le « chaftel & ville appelle Buoux & la 
terre appelée de la Roque d'Efpeilh » (b), fiefs pour lefquels il rendit hommage au 
Roi René d'Anjou le 10 Juin 1437. Il habitait Cadenet, & tefta le 4 Octobre 1449 
(de la Matroye, Not. à Cucuron). Il époufa : i° Jeanne d'Agoult (citée en 1 3g5) ; 
2 par contrat du 26 Juillet 1424, paffé au château de Cadenet, Marguerite Mala- 

(à) A la requête de fon coufm & héritier teftamentaire, Jean-François-Marie-Alexandre d'Eyroux de Pontevès, 
Capitaine des vaiffeaux du Roi, Chevalier de Saint-Louis (fils de Pierre-Balthazar-François-Xavier d'Eyroux & 
de Victoire de Camoin la Fourbine; né à Simiane le 14 Mars 1762, mort à Apt le 28 Mars 1839, fans enfants 
de fon mariage avec Benoîte-Claudine-Olympe Gerbolet de Chatellard, qui décéda à Apt le 4 Avril 1 858), — 
un arrêt de la Cour d'appel d'Aix, du 18 Avril 1817 (confirmépar la Cour de caffation le 22 Juin 1819), a interdit 
à Félix-Triftan Rufh, fils naturel du défunt & d'Anne-Marguerite Eftelle, d'ajouter à fon nom celui de Pontevès- 
Gévaudan. 

{b) Original en parchemin, fcellé par Guiot Jourdan, Garde du feel de la prévôté de Montargis. Archives de 
M. le Baron Scipion du Roure. 



6 9 i de SABRAN-PONTEVÈS. 83 



baille, fille de Chriftophe Malabaille, de Cadenet (<z); 3° (d'après TAbbé Robert, 
mais cela eft incertain), Marguerite de Pontevès, préfumée fille de Foulques de 
Pontevès & de Suftrète d'Austrie, & nièce dlfnard de Pontevès, Seigneur de 
Lambefc & de la Roque d'Efpeil (voir plus loin, p. 89). Il mourut avant le 
8 Septembre 1450 & fut enfeveli à Marfeille. De ce mariage vinrent : 

1. Gaspard de Pontevès, qui fuit. 

2. Pierre de Pontevès, Seigneur de la Roque d'Efpeil, qui en rendit hommage 

au Roi René le 8 Septembre 1450. Il fut un des Députés de la ville d'Aix 
aux États tenus le g Avril 1487, après la réunion de la Provence à la 
Couronne (b). De lui doivent defcendre les Seigneurs de Cadenet et de 
Cucuron, dont la branche fera rapportée plus loin (p. 87). Il eut en effet pof- 
térité, car on trouve que Jean & Elzéar de Pontevès, fes petits-fils, vendi- 
rent lafeigneurie de la Roque à Louife d'Agoult de Sault le 12 Mai i5ii. 
Elzéar, Seigneur de la Roque, habitait à Cadenet lorfqu'il reçut, le 
25 Janvier 1507 (Bertr. Borrilli, Not. à Aix), quittance de fon beau-frère 
Honoré Nicolay, pour la dot de fa fœur Allayonne, époufe de ce dernier. 
3 & 4. Catherine & Doulce de Pontevès, légataires de leur père. 

XVI h DEGRÉ. 

Gaspard de Pontevès, Seigneur de Buoux, fe fit remarquer parmi les gentils- 
hommes provençaux qui prirent les armes pour Jean, Duc de Calabre, fils du Roi 
René d'Anjou, contre Ferdinand d'Aragon, fon compétiteur au trône de Sicile 
(1458). Il s'établit à Apt & en fut élu Premier Syndic en 1459 (c). Il devint Viguier 
d'Arles en 1473, & mourut avant 1480. Il avait époufé Douce de Bot, fille de 
Louis de Bot, Seigneur de Saignon, & de Marthone ou Marthe de Lubières. Elle 
tefta en 1491, laiffant de fon mariage : 

1. Guillaume de Pontevès, Cofeigneur de Buoux, Syndic d'Apt de 1489 à 1504, 

marié, avant 1483, avec Anne de Baux, fille de Jean de Baux & d'Agnès 
Tegrin. Elle était déjà veuve en 1 5 1 3. 

2. Balthazar de Pontevès, Cofeigneur de Buoux, marié, à Carpentras, avec 

Antoinette d'Isnard. Il mourut en i5 1 1, & fa veuve époufa, en i53o, Ponce 
de Fougaffe. De fon premier mariage vinrent: 

I. MicHELde Pontevès, Seigneur de Caderouffe, qui tefta le 5 Mars 1529 

(J. Dedenat, Not. à Marfeille). 

II. Madeleine de Pontevès, mariée, vers i52o, à Michel de Villages, 
fils de Pierre de Villages, Baron de Fontarèches, Premier Conful 
de Marfeille, & de Noble Madeleine Boucher. Il tefta en 1534. 

3. Ange de Pontevès, qui fuit. 

4. Bitrone ou Béatrix de Pontevès, mariée: i° à Jean de Montolieu; 2 à 

Jean Viger, Écuyer du lieu de Gannat, Seigneur de Fouzerre, en Bour- 
bonnais. Elle tefta le i er Mai i5oi (Bertr. Borrilli, Not. à Aix), en faveur 
de fon frère Ange. 

5. Jeanne de Pontevès, mariée, avant i5oi, à Jean d'Isoard, de la ville d'Aix. 

6. Bilonne de Pontevès, mariée à Alexandre Membotin, de Marfeille. Elle tefta 

le 12 Mars i5o6 (Rembelly, Not. à Marfeille). 

7. Leone de Pontevès, marié à Jean Astoaud, Seigneur de Murs. 

(a\ D'après Remerville de Saint-Quentin, Hijloire de la ville d'Apt (ms. déjà cité), qui donne la filiation de 
cette branche aptélïenne au t. IV, p. 238 & fuiv. 

(b) Papon, t. IV, p. 9, note. 

(c) L'Abbé Boze, Hijloire d'Apt, Apt, 1 8 1 3, in-8, p. 212. 



84 



DE 



SABRAN-PONTEVÈS. 6 Q2 



XVIII. DEGRE. 

Ange I er de Pontevès, Seigneur de Buoux, Premier Syndic d'Apt & Gouverneur 
du château de Saignon en 1 5 1 5 & en id 19, Colonel d'infanterie, marié, en i5o5, 
avec Marguerite de Simiane, fille de Barthélémy, Seigneur de la Cofte, & de Methe- 
line ou Madeleine de Villeneuve-Beauvoisin, & petite-fille de Louis de Simiane, 
Seigneur de Chàteauneuf, & de Louife de Pontevès-Chateaurenard. Us eurent 
pour enfants :• 

1. Claude de Pontevès, Seigneur de Buoux, mort avant le 12 Décembre 1541, 

fans enfants de Marguerite de Jarente, fille de Louis, Seigneur de Monclar. 
Son frère hérita de lui. 

2. Gabriel de Pontevès, qui fuit. 

XIX. DEGRÉ. 

Gabriel de Pontevès, Seigneur de Buoux, affilia à l'Affemblée des États de Pro- 
vence en Juillet i53y, eut commiffion du Roi Henri II de lever une compagnie 
de 3oo hommes en i55i, pour combattre les calviniftes (à); devint Gouverneur 
d"Apt en 1 56 1 & fut nommé Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel par lettres don- 
nées à Amboife le 23 Janvier i5y2. Il avait époufé, par contrat du 8 Octobre 1D40 
(René de Loudin, Not. à Saint-Rémy), Anne de Sade, fille de Balthazar, Seigneur 
d'Eyguière, & d'Honorade de Grimaldy. Elle tefta le 29 Décembre 1574, & lui le 
6 Novembre 1578 (Lazare, Not. à Apt). De leur mariage vinrent : . 

1. Pompée de Pontevès, qui fuit. 

2. Antoine de Pontevès, Chevalier de Malte en 1576, célèbre guerrier, qui fe 

fignala pendant les guerres de la Ligue & fut Capitaine de cavalerie dans le 
régiment de Ramefort. Après le rétabliffement de la paix, il prit l'habit de 
Capucin; mais n'ayant pu foutenir longtemps les auftérités de la vie reli- 
gieufe, il reprit le métier des armes, commanda la cornette blanche lors 
du fiège de Berre par le Duc de Savoie (1590), & fut nommé Viguier de 
Marfeille en 161 1. 

3. Claude de Pontevès, légataire de fon père & deftiné à l'Ordre de Malte, tué 

au château d'Efparron. 

4. Ange de Pontevès, 28 e Abbé commendataire du diocèfe de Graffe en 1592. 

5. Honorée de Pontevès, mariée, par contrat du 14 Juillet 1576, à François 

d'Estienne, Seigneur de Saint-Jean de la Sale, Préfident à mortier au Par- 
lement de Provence, fils de Jean, 8: d'Antoinette Dubaye. 

XX. DEGRÉ. 

Pompée de Pontevès, furnommé le Grand, fut l'un des plus fameux guerriers 
defonfiècle. Il commanda 5oo hommes au fiège deMenerbes (1577), Tune des places 
fortes des calviniltes (&), & fit capituler le château de Buoux en 1578. Lieutenant 

(a) On lit dans YHiJloire d'Apt, de l'Abbé Boze (p. 345) : « Gabriel de Pontevès combattit à la bataille de 
Ravennes, où il acquit beaucoup de réputation, fous le nom de Capitaine Buoux. » Cette bataille ayant eu lieu 
en i5i2, le fait doit fe rapporter non à Gabriel, alors enfant, mais à fon père. 

\b) L'Abbé Boze [Hiftoire d'Api, p. 281) dit qu'à ce fiège périrent « les deux frères de Pompée de Buous ». 
Nous ignorons de qui il veut parler. Le même auteur rapporte (p. 2761 qu'en 1274 le château de Buous, af- 
fiégé par les calviniltes, était défendu par Jean de Pontevès, « qui le dernier de fa troupe fe fit tuer fur le don- 
jon. » Qui eft ce Jean de Pontevès? Il devait forcément appartenir à la même branche &, comme tel, il ne 
pouvait être, en raifon de la date, qu'un frère de Pompée. 



6g 3 



de SABRAN-PONTEVÊS. 85 



au gouvernement de Provence en 1584, Gouverneur cTApt en 1 586, fe diftingua 
à la bataille de Vinon, gagnée contre le Duc de Savoie le 21 Décembre 1591, 
fut Capitaine de 5o hommes d armes des ordonnances du Roi par lettres patentes 
du 20 Mars i5g2, Chevalier de l'Ordre du Roi, & commanda en Provence depuis 
le n Septembre i5g5, en l'abfence du Duc d'Efpernon, qui en était Gouverneur. 
Nommé Capitaine d'une galère par brevet du 26 Janvier 1598, il devint Vi- 
guier ou Gouverneur de Marfeille en 1601, & ne vivait plus en i6o5. Il avait 
époufé, par contrat du 25 Novembre 1589 (E. Maucuer, Not. à Bourg-Saint- 
Andéol), Marguerite de la Baume-Suze, fille de François de la Baume, Comte 
de Suze, Chevalier des Ordres du Roi, Gouverneur de Provence, Amiral des 
mers du Levant, & de Françoife de Lévis, fceur du premier Duc de Ventadour. 
De ce mariage : 

1. Ange de Pontevès, qui fuit. 

2. Catherine de Pontevès, née en i5g3, mariée, par contrat du 8 Février 1607, 

à Dominique de Panisse-Pazzis, Seigneur d'Aubignan, Capitaine au régi- 
ment de Souvré-cavalerie, fils de Jofeph, & d'Élifabeth de Hostun. Elle 
mourut à Aubignan le 8 Août i656, âgée de foixante-deux ans. 

3. Anne de Pontevès, née le 10 Avril 1602, mariée, par contrat du 27 Sep- 

tembre 1620, à Thomas de Riquéty, Seigneur puis Marquis de Mirabeau, 
fils d'Honoré, Gentilhomme de la Chambre du Roi, & de Jeanne de Lenche. 
Elle fut trifaïeule du célèbre orateur, Comte de Mirabeau, 8c tefta le 1 1 Sep- 
tembre 1662. 

4. Marguerite de Pontevès, mariée, par contrat du 29 Juin 1616, à Jean III de 

Pontevès, Seigneur de Pontevès, Baron de Montfroc (voir plus haut, p. 62). 

XXI. DEGRÉ. 

Ange II de Pontevès, Seigneur de Buoux, Baron de Saint-Martin de Caftillon 
en i63o, né le 23 Décembre 1 5gi , Colonel d'infanterie, eut commiffion du Duc de 
Guife pour lever un régiment de 1 .000 hommes en 1629, & une femblable du Roi 
le 8 Août i632. Il était Viguier de Marfeille le 3 Mars 1621. Il époufa en pre- 
mières noces, par contrat du 5 Juillet 1626 (J. Bernard & A. Martin, Not. à Saler- 
nes), Honorade de Castellane-Salernes, fille de Hubert de Castellane, Seigneur 
de Salernes, & d'Anne d'Estienne de Saint-Jean, & eut de ce mariage : 

Marguerite .de Pontevès, mariée, par contrat du 22 Octobre 1639 8c du 
7 Janvier 1640, à Louis de Galiens, Seigneur des IfTarts, puis Marquis de 
Salernes, fils de François, & de Lucrèce de Mistral de Mondragon. 

Il époufa en fécondes noces, par contrat du 14 Juillet i63o, Marguerite de Cas- 
tellane-Adhémar, fille de Louis-François, Comte de Grignan, 8c de Jeanne d'An- 
cezune. De ce fécond mariage vinrent : 

1. Louis de Pontevès, qui fuit. 

2. Gabriel de Pontevès, Chevalier de Malte en 1642, déclaré Noble, avec l'on 

frère aîné, par arrêt des Commiffaires députés par le Roi, du 7 Février 1668. 
Mort Capitaine des Vaiffeaux du Roi. 

3. Marie de Pontevès, mariée, par contrat du i3 Mars i655, à Léon de Val- 

belle, Marquis de Montfuron, Comte de Ribiez, Grand Bailli des Mon- 
tagnes du Dauphiné, fils d'Antoine, & de Françoife Félix de Valfère. Elle 
mourut le 26 Mai 1679. 

4. Marguerite de Pontevès, mariée, en 1660, à Gafpard de Bf.renger, Seigneur 

des Morges, Gentilhomme du Dauphiné. 



86 DE SABRAN-PONTEVÈS. 



694 



XXII. DEGRE. 

Louis de Pontevès, Marquis de Buoux, Baron de Saint-Martin, Seigneur du 
Boiflet, Aurons & Caftillon, né en 1 63 1 , fut Gouverneur de la ville d'Apt & du 
fort de Buoux en i652, Guidon des gendarmes de la Reine-Mère le 4 Juillet i653, 
Colonel du régiment d'infanterie de Meflîne, Premier Conful d'Aix & Procureur 
du pays en 1661, Syndic de la Noblefle de Provence en 1673, Lieutenant de Roi 
en Provence le i er Janvier 1693, & mourut à Apt le 17 Août 1708. Sa terre de 
Buoux fut érigée en marquifat par lettres patentes données à Fontainebleau en 
Juillet i65o (à). Il avait époufé, par contrat du 22 Juillet 1664, Barbe-Marie de la 
Croix de Chevrières, fille de Jean, Comte de Saint-Vallier & de Vais, Marquis 
d'Ornacieux, 8cc, Préfident à mortier au Parlement de Grenoble, & de Marie de 
Saive ou Sayve. Elle mourut à Apt le 26 Avril 171 1, âgée de foixante-neuf ans, 
laiflant de fon mariage : 

Jean-François-Elzéar de Pontevès, qui fuit. 

XXIII. DEGRÉ. 

Jean-François-Elzéar de Pontevès, Chevalier, Marquis de Buoux, Baron de 
Saint-Martin, &c, Moufquetaire du Roi en i6g3, Lieutenant de Roi en Provence 
de 1704 à 171 1, Gouverneur d'Apt & Syndic de la Noblefle de Provence en Juin 
171 1, mort en 1725. Il avait époufé, par contrat du 4 Avril 1699, Louife-Alexan- 
drine-Cornélie du Puy-Montbrun, Dame de Saint-Jean d'Angles, fille & héritière 
de Jacques du Puy, Marquis de Montbrun, Baron de Mévouillon, dernier reje- 
ton mâle de la branche de Montbrun, & de Charlotte du Puy-Saint-André. Elle 
tefta le 20 Décembre 1774. De ce mariage : 

1. Louis-Alexandre de Pontevès, qui fuit. 

2. Pompée de Pontevès, Chevalier de Malte le 12 Juin 1709. 

3. Antoine-Polixène de Pontevès, baptifé à Orange le 29 Oclobre 1706. 

4. Louise-Cornélie de Pontevès, née en i70i,Chartreufe de Salette (Sœur Rofo- 

line), vivante en 1790. 

5. Marie-Thérèse-Octavie de Pontevès, née à Buoux le 22 Décembre 1708. 

6. Louise-Emilie de Pontevès, baptifée à Buoux le 11 Juillet 1710, Religieufe 

Vifitandine à Apt. 

7. Marie-Anne-Livie de Pontevès, baptifée à Buoux le 8 Juillet 171 1 , mariée, 

par contrat du i3 Mars 1726, à Jofeph-Henri de Monspey, Comte de Val- 
lières, d'Argigny, Charentey, &c, en Beaujolais, Capitaine de dragons au 
régiment de Bauffremont, fils d'Antoine de Monspey, Chevalier, Marquis de 
Vallières, Aide de camp des armées du Roi, 8c de Jeanne-Charlotte de Cham- 
pier-Rabutin. 

8. Élise-Marie-Virginie de Pontevès, Dame de Livergnes, non mariée. 

XXIV. DEGRÉ. 

Louis-Alexandre de Pontevès, Marquis de Buoux, Comte d'Agoult, Baron de 
Saint-Martin, &c, Syndic de la Noblefle de Provence, Premier Conful d'Aix, élu 
Procureur de la Noblefle le 9 Décembre 1743, mourut fans alliance, à Buoux, le 
25 Février 1762, « âgé d'environ cinquante-fix ans ». 

[a) Voir le texte de ces lettres patentes à la fin de cette généalogie. 



6q5 



de SABRAN-PONTEVÈS. 87 



BRANCHE DES SEIGNEURS DE CADENET 

ET DE CUCURON, 

ISSUE PROBABLEMENT DE LA PRÉCÉDENTE. 

[ÉTEINTE.] 

Il n'a pas été poffîble de rattacher régulièrement cette branche à la maifon de 
Pontevès, mais il eft indubitable qu'elle en defcend, & très probablement par un 
fils cadet de Lancelot de Pontevès, auteur de la branche de Buoux, qui habitait 
précifément Cadenet & avait des propriétés à Cucuron. Il fe peut que la tige de 
cette branche fût fon fils, Pierre, Seigneur de la Roque d'Efpeil (voir p. 83), terre 
que fes deux petits-fils, Jean & Elzéar de Pontevès, vendirent à Louife d'A- 
goult de Sault, le 12 Mai i5n. La filiation, toutefois, n'en peut être établie qu'à 
partir de Roman de Pontevès, qui fuit, & correfpond chronologiquement au 
XIX e Degré. Il était fans doute frère ou coufin germain de Jean & d'Elzéar de 
Pontevès, qui viennent d'être mentionnés. 

XIX. DEGRÉ. 

Romain ou Roman de Pontevès, Ecuyer, Sieur de Cadenet, époufa Catherine Ma- 
réchal, de laquelle il eut : 

1. Jean de Pontevès, qui fuit. 

2. Jacques de Pontevès, qui fit profeffion à Malte le 19 Mars 1572. 

3. Lucrèce de Pontevès, mariée, par contrat du 21 Février 1574 (Gilly, Not. à 

Cadenet), à Jean de Cardebas de Bot, Seigneur de Saignon & d'Auribeau, 
Gouverneur du château de Forcalquier, fils d'André de Cardebas & d'Anne 
de Bot. 

XX. DEGRÉ. 

Jean de Pontevès, Ecuyer, Sieur de Cadenet, marié, par contrat du 22 Mai i582 
(Fr. Illy, Not. à Cadenet), à Jeanne Olivaux {aliàs Olivarry), fille de Melchion, telta 
le 21 Avril 1621 (Pierre Amat, Not. à Cadenet). Il eut de fon mariage : 

1 . Jean-André de Pontevès, qui fuit. 

2. Claire de Pontevès, mariée, le i er Février 1609, à Claude de Bouliers, Sei- 

gneur de Vaugine, de la grande famille de ce nom. 

XXL DEGRÉ. 

Jean-André de Pontevès, Ecuyer, Sieur de Cadenet & dé Cucuron, époufa, par 
contrat du 3 Décembre i6i7(Jean Fayard, Not. àflsle), Claudine de Gast ou de 
Guast, fille d'Alexandre de Gast, d'une très vieille maifon, & de Catherine de 
Guinets, de la ville de l'Ifle, au comté Venaiffin. De ce mariage iffurent : 

1. François de Pontevès, Carme déchauffé, en religion le P. Ange de l'Annon- 
ciation. 



88 de SABRAN-PONTEVÈS. 



6 9 6 



2. Jacques de Pontevès, qui fit une donation à ion demi-frère Pierre, le 

7 Mars 1645 (Pellanché, Not. à Cadenet). 

3. Marie-Thérèse de Pontevès, née à Cadenet, ondoyée le 19 Avril 1626 (reçut 

le complément des cérémonies du baptême le 18 Mai fuivant), mariée, par 
contrat du 4 Juillet 1637 (Pellanchon, Not. à la Verdière, & Mathieu Mal- 
herbe, Not. à Cadenet), à Henri de Forbin-Maynier, Baron d'Oppède, Pre- 
mier Préfident au Parlement de Provence, fils de Vincent-Anne, Premier 
Préfident au Parlement, & d'Aimare de Castellane-Esparron, fa féconde 
femme. Leur fils aîné reçut par donation les biens de François II de Pon- 
tevès, Baron de Montfroc, dernier de la branche des Seigneurs de Pontevès. 

4. Louise de Pontevès, femme d'Antoine d"Audric, Ecuyer de la ville de Pertuis. 
C'est fans doute ce même Jean-André de Pontevès qui époufa en fécondes noces 

Suzanne de Mailhe, de Cadenet, de laquelle il eut : 

Pierre de Pontevès, Ecuyer, marié, par contrat du 22 Septembre 1 658 (J. Bert, 
Not. à Grambois), avec Anne Ricard, fille de feu Dominique, 8: de Ca- 
therine d'Arnaud, du lieu de Grambois. 



BRANCHE DES SEIGNEURS D'UBRAYE, 

ISSUE DE CELLE DES SEIGNEURS DE PONTEVÈS. 



ETEINTE. 



XV. DEGRÉ. 

Agoult de Pontevès, 4 e fils de Barral III de Pontevès & d'Ifabelle de Baux 
(voir plus haut, p. 5j), époufa, en 1408, Bellette Rostang, Dame d'Ubraye, fille 
unique 8c héritière d'Olivier Rostang, Seigneur d'Ubraye. De ce mariage : 

XVI. DEGRÉ. 

Jacques de Pontevès, Seigneur d'Ubraye, qui vivait encore en 1469, & qui, 
d'une alliance inconnue, n'eut qu'une fille : 

Honorade de Pontevès, Dame d'Ubraye, mariée, par contrat du i5 Novembre 
1467, à Pierre de Clari. Par fon teftament du 26 Février i5o4 v. fi:.), elle 
ordonna à fes defcendants de porter le nom & les armes de Pontevès. Ce 
n'eft que Claude de Clari qui fe conforma à la volonté de fa trifaïeule. 
Il époula, en 161 3, Julie de Pontevès, fille de Foulques VII de Pontevès, 
Seigneur de Bargème, & de Lucrèce de Villeneuve-Tourette (voir plus 
haut, p. 44), Si leurs defcendants continuèrent de porter le nom de Clari 
de Pontevès, jufqu'à l'extinction de cette famille, qui, au dire d'Artefeuil, 
n'exillait plus en 1757. 



697 



de SABRAN-PONTEVÈS. 89 



BRANCHE DES SEIGNEURS DE LAMBESC, 

ISSUE DE CELLE DES SEIGNEURS DE PONTEVES. 

[ÉTEINTE.] 

XIV. DEGRÉ. 

Bérenger de Pontevès, fécond fils dlsNARD de Pontevès, Seigneur de Sillans 
& de Pontevès, & de Thomaffe Gantelme (voir plus haut, p. 5 y), mourut en 
i368. Il avait époufé, en 1 358, Marguerite d'Agoult, fille de Raymond d'Agoult, 
Baron de Sault, & d'Agnès de Montpezat, fa 3 e femme. De ce mariage : 
i. Isnard de Pontevès, qui fuit. 

2. Foulques de Pontevès, fubftitué, après fon frère, dans le teflament (du 
18 Octobre 1 372) de leur oncle maternel Foulques d'Agoult, Baron de Sault, 
après le fils & le frère de celui-ci, mais avant les Pontevès-Bargème, les 
Pontevès-Châteaurenard, &c. Il époufa, le 24 Août i385, Auffrète ou 
Suftrète d'Austrie, fille de Louis d'Austrie (ou peut-être d'Austric ou 
d'Autric, vieille maifon provençale). On leur attribue une fille : Margue- 
rite de Pontevès, qui aurait époufé Lancelot de Pontevès-Buoux(v. p. 82). 

XV. DEGRÉ. 

Isnard de Pontevès, Seigneur de Lambefc & de la Roque d'Efpeil, fit hom- 
mage pour ces deux châteaux au Roi Louis II, Comte de Provence, le 8 Sep- 
tembre i385 (a). Il époufa Phanette de Baux (b), Dame de la Barben, fille de Guil- 
laume de Baux, Seigneur de Marignane, & de Belindone ou Bellinde Hugolen, 
fa féconde femme. Elle était demi-fœur de François de Baux, qui époufa la 
veuve d'Elzéar de Pontevès, Seigneur de Châteaurenard. Elle afïlfta aux États 
de Provence de i3g6, où il fut décidé de lever une armée contre Raimond de 
Turenne, & mourut à Salon; fon frère Guillaume de Baux, dans fon teftament 
de 1432, fit des legs à fes petits neveux Guillaume & Elzéar de Pontevès. De ce 
mariage : 

1. Bérenger de Pontevès, qui fuit. 

2. Elzéar de' Pontevès, Seigneur de la Roque d'Anteron, défigné pour hé- 

ritier, en 141 9, par fon neveu Guillaume de Pontevès, Seigneur de Lam- 
befc. C'eft peut-être à lui qu'il faut attribuer pour femme Dame Bellone 
Raymond, remariée à Honorât de Fournier (Fomeri); elle fe dit veuve d'El- 
zéar de Pontevès, dans une quittance du 21 Juin 1445. 

XVI. DEGRÉ. 

Bérenger de Pontevès, Seigneur de Lambefc, époufa, en premières noces, par 
contrat du 27 Août 1393 (Bernard Dupuis, Not. à Arles), Catherine de Lambesc, 
fille de feu Guillaume, & de Philippine de Lambesc (c). De ce mariage vinrent : 

1. Guillaume de Pontevès, qui fuit. 

{a) Archives du dép. des Bouches-du- Rhône, B. y63. 

{b) Artefeuil la donne à tort pour femme à Béranger de Pontevès- Lambefc, leur fils. 

(c) L. Barthélémy, Inventaire des chartes de la maifon de Baux : Marfeille, 1*82, in-8°. 



Regijîre feptième. 88 



go de SABRAN-PONTEVÈS. 6 9 s 

2. Elzéar de Pontevès, Seigneur de la Roque d'Efpeil, qui époufa Catherine 

de Ricard, fille de Jacques de Ricard, du lieu de rifle, & de Jeanne de 
Roeria. Il mourut avant 1419. 

3. Delphine de Pontevès, mariée, en i43o, à Balthazar de Jarente, Seigneur 

de Montclar, Géménos, Senas, &c, Ambaffadeur de René d'Anjou près la 

République de Gênes, fils de feu Guigonet de Jarente, dit le Grand, Vi- 

guier général de Provence, &c, 8c d'Alemande de Fabriciis. 

Bérenger de Pontevès époufa en fécondes noces, par contrat du 20 Janvier 

1404 (v. ft\), Jeanne de Vivaud, Dame de Cuges, fille de Guillaume de Vivaud, 

de Marfeille, & veuve de Jean de Vivaud, mort vers 1400. 11 fit hommage de 

cette feigneurie à Alix de Baux, Comteffe d'Avellino, le 27 Octobre 1409 (a). De ce 

mariage eit iffue : 

Marguerite de Pontevès, Dame de Cuges, mariée, par contrat du 16 Janvier 
141 6, à Jean d'Armand, Seigneur du Reveft. 

XVII. DEGRÉ. 

Guillaume de Pontevès, Seigneur de Lambefc & de la Barben, tefta le q Août 
141 9, inirituant pour héritier univerfel fon oncle Elzéar de Pontevès, Seigneur 
de la Roque d'Anteron, 8: lui fubfiituant Guillaume de Baux, fon oncle maternel. 
Il acquit en 1430 la fortereffe de Suze, fit hommage pour Lambefc en 1437 & 
mourut fans poftérité (b) de Catherine de Pontevès, fille aînée d'ELZÉAR de Pon- 
te vès-Chàteaurenard, qu'il avait époufée avant 1440, & qui fe remaria, le 23 Fé- 
vrier 1432 (v. ft.), à Arnaud de Damian, lequel fut Viguier de Salon en 1459 
(voir plus loin, p. 92). 



BRANCHE DES SEIGNEURS DE CHATEAURENARD : 

issue de celle des Seigneurs de Pontevès. 



ETEINTE. 



XIV. DEGRE. 

Blacas de Pontevès, Seigneur de Cabanes & de Chàteaurenard , troifième fils 
d'IsNARD de Pontevès, Seigneur de Sillans & de Pontevès, 8c de Thomaffe Gan- 
telme (voir plus haut, p. 57), fut Lieutenant de Foulques d'Agoult, Grand 
Sénéchal de Provence en 1 368, qui le fubftitua, dans fon teftament de 1372, à 
Foulques de Pontevès-Bargème., ainfi que fon fécond fils, lui fubfiituant à fon 
tour Barrai de Pontevès, Seigneur de Pontevès, fon frère aîné. Il fut Viguier 
de Marfeille en 1376; fit hommage des châteaux de Chàteaurenard Si de Ca- 
banes au Roi Louis II, Comte de Provence, le 8 Juin i385, 8c fut un des figna- 

[a) L. Barthélémy, Inventaire des chartes de la mai/on de Baux, n° 1 7 1 9. 

(b) Son coufin Guillaume de Baux, fils de Guillaume, échangea les feigneuries de Lambefc & de la Barben, 
qu'il avait du chef de fon père, avec le Roi René, pour la jouifiance pendant trente ans du péage de Tarafcon, 
puis pour un revenu de 5oo florins d'or. Ce prince donna enfuite la feigneurie de Lambefc au Prince de Vau- 
demont, fon gendre; elle refta dans la maifon de Lorraine jufqu'à la révolution. 



6 99 de SABRAN-PONTEVÈS. 91 

taires de fade par lequel ce prince confirma les privilèges de la ville d'Arles 
le 10 Décembre fuivant. Il fut défigné par fon frère aîné, Barrai de Pontevès, 
pour fon exécuteur teframentaire en i3g2, & mourut vers i3g6. Il avait époufé, 
avant le I er Juillet i362, Marguerite de Gantelme, Dame de Châteaurenard, 
fille unique de Jean de Gantelme, Baron de Châteaurenard, Seigneur de Boul- 
bon & de Romanil, Grand Sénéchal de Provence & Amiral, & de Philippine de 
Real. Elle tefta en 1408, & vivait encore le 4 Décembre 141 1, date à laquelle elle 
ratifia une fentence arbitrale en faveur de fon fils Antoine. De leur mariage vin- 
rent : 

1. Elzéar de Pontevès, Seigneur de Châteaurenard, mort avant fon père, 

après avoir époufé Urbaine de Cabrières, fille de Guillaume, Seigneur 
de Cabrières, au Comtat-Venaiffin. Les uns la croient de la maifon de 
Chiabaud, d'autres de celle d'Agoult. En 1400, elle était déjà remariée à 
François de Baux, Seigneur de Marignane, auquel fon beau-frère, Bérenger 
de Pontevès-Châteaurenard, rembourfa, le 24 Novembre de cette année, 
une partie de la dot. 

2. Bérenger de Pontevès, qui fuit. 

3. Jacques de Pontevès, Seigneur de Cabanes dès i3g6. Il paffa quittance 

au nom de fon frère Fouquet le 5 Août 1405, & mourut avant le i5 
Janvier 1409 (v. ft.). 

4. Fouquet de Pontevès, Seigneur de Cabanes après le décès de fon frère 

Jacques, & qui mourut avant le 27 Mars 14 12 (v. fr.). 

5. Antoine de Pontevès, auteur de la branche des Seigneurs de Cabanes, 

rapportée à la fuite de celle-ci (p. 92). 

6. Thomasse de Pontevès, mariée, par contrat du 5 Mai 1398, à Guillaume- 

Oger de Forcalquier (de la maifon de la Roque), Seigneur de Viens & 
de Grambois, fils de Louis, & d'Aigline ou Ayceline de la Garde (voir 
plus loin, p. 1 35). 

XV. DEGRÉ. 

Bérenger de Pontevès, Seigneur de Châteaurenard & du Caftelar, Viguier 
d'Arles en 1400 & en 1401, mourut avant le 1 e1 ' Décembre 1401. Il avait époufé, 
vers i383, Catherine de Barras, Dame du Caftelar, qui ratifia, le 4 Décembre 
141 1, une fentence arbitrale & vivait encore en 1467. De leur mariage vinrent : 

1. Elzéar de Pontevès, Seigneur de Châteaurenard (a) dès le i er Décembre 1401, 

(a) L'HiJloire de la baronnie royale de Châteaurenard, par le Prince Henry de Valori (3 e édit., Paris, [869, 
in-8), contient une férié d'inexactitudes au fujet du fort de cette terre. L'auteur reconnaît que cette baronnie 
avait d'abord été vendue par la Reine Jeanne, en 1348, à Jean Gantelmi, Grand Sénéchal de Provence, pour la 
fomme de i5,ooo ducats d'or, & tranfmife enfuite par la fille unique de ce dernier à fon mari Blacas de Pon- 
tevès. Il ajoute qu'à la mort de celui-ci un grand différend s'éleva à cet égard entre fes héritiers, différend qui 
fut apaifé vers la fin de l'année 1 378 ; qu'Antoine, tils de Blacas, ne fuccéda pas à fon père, car avant de prêter 
hommage au Roi, il céda/<z terre à Louis, Comte de Provence, & que Châteaurenard fut inféodé, le 1 .Mai 
1 382, par la Reine Jeanne à Gabriel de Valori, qui en aurait reçu hommage le I er Janvier 1 3S 1 ! Il déclare en- 
fuite qu'à la mort du Roi Louis I e1 ', Gabriel de Valori ayant été nommé Vice-Roi de Naples, propofa aux hé- 
ritiers de Blacas de Pontevès de leur céder plufieurs arrière-fiefs à titre de co-feigneuries. offre qui fut accep- 
tée. Il conclut, enfin, que c'elt « à faux que les généalogilles du fiècle dernier ont imaginé plufieurs Barons de 
Châteaurenard du nom de Pontevès. » Pour mettre à néant ces prétentions, il futrira de rapprocher des dates 
ci-deffus celles que nous donnons. 11 en réfulte qu'il n'a pas pu y avoir de différend, en i'^S. au fujet de la 
baronnie de Châteaurenard entre les héritiers de Blacas de Pontevès, puifque ce dernier ne mourut que vei s 
1396; que par cela même Antoine, fils de Blacas, n'a pas pu céder cette terre, qui ne lui appartenait point, au 
Comte de Provence en 1 382, du moment que fon père en fit encore hommage le 8 Juin 1 385 ; i\ que 
quemment auffi Gabriel de Valori n'a pas pu en recevoir L'inféodation le 2 Mai 1 



92 de SABRAN-PONTEVÈS. 



700 



Viguier d^Arles en 141 1, mort cette même année, veuf (a) de N. de Mé- 
vouillon, fille de Guillaume, Seigneur de Barret, au diocèfe de Gap, 
biffant fous la tutelle de fa propre mère fes deux filles : 

I. Catherine de Pontevès, Dame en partie de Châteaurenard, mariée, 
i° avant 1440, à Guillaume de Pontevès, Seigneur de Lambefc; 2 le 
23 Février 1452 (v. If.), à Arnaud de Damian. 

II. Louise de Pontevès, Dame en partie de Châteaurenard, mariée, en 
1424, à Louis de Simiane, Seigneur de Châteauneuf, la Colle, Cau- 
mont & Jonquières, fils de Bérenger, & de Mabile de Sabran-Robion, 
fa 2 e femme. 

2. Philippe de Pontevès, Dame du Caftelar, première femme, en 141 3, de 
Berthold de Bachis, ou Baschis, fils de Guichard, Écuyer du Roi Louis II 
d'Anjou, & de Jacquette de Farneze. Elle mourut avant 1434. 

3 & 4. Bitrone ou Béatrix & Thomassette de Pontevès, légataires de leur 
aïeul Blacas, mortes en bas âge. 

5. Marguerite de Pontevès, mariée, vers 1409, à Arnaud de Villeneuve. Ba- 
ron de Trans, fils d'Hélion, & de Degane de Rostang de Peiresc. Elle 
reçut en dot de fon frère Elzéar 25oo florins, en échange de tous fes 
droits qu'elle lui céda fur les biens de leur père & mère, le 16 Juin 1409. 

On trouve encore comme appartenant à la branche de Châteaurenard : 

Alix de Pontevès, féconde femme, vers 1430, d'Honoré d'Oraison, 
Seigneur de Cadenet, fils d'Elzéar, 8c de Sibille de Castellane-Sa- 
lernes. 



BRANCHE DES SEIGNEURS DE CABANES, 

PUIS DE CHATEAURENARD, 

issue de la précédente. 

[ÉTEINTE.] 

XV. DEGRÉ. 

Antoine I er de Pontevès, Seigneur de Cabanes, Cofeigneur de Châteaurenard, 
fils puîné de Blacas, fut héritier de fes frères & de fon neveu Elzéar, en vertu 
de la fubfhtution au teftament de fon père; obtint une fentence arbitrale en ce 
fens, le 4 Décembre 141 1 (Nie. Alberti, Not. à Arles), à laquelle étaient re- 
préfentés fa mère Marguerite de Gantelme, fa belle-fœur Catherine de Barras & 
fes petites-nièces Catherine & Louife de Pontevès, avec la tutrice defquelles il 
paffa , le 2 Mai 1414 (Veran de Briande, Not. à Cavaillon), une tranfaction au 
fujetde Châteaurenard. Le i5 Août 141 5 , il fit un échange, avec le Roi Louis II, 

(a) Dans le Mémoire hijlôrique fur labaronie de Châteaurenard, par M. d'Aymar de Brès (Ms. n" io52 de 
la bibl. Méjanes à Aix), on lui donne pour femme (qui ferait alors fa première), Alix Saporis ou Sapor, veuve 
de Jean Jaffeau, Seigneur de Caitillon (au diocèfe de Lyon), Baronne de la vallée d'Oye (au diocèfe de Gap), 
Dame de Vitrolles, fœur ou nièce de Léger Sapor, Seigneur d'Eyragues, Évêque de Gap puis de Maguelonne, 
qui acheta enfuite la feigneurie de Châteaurenard du Roi Louis III, dont il fut Chambellan & Chancelier, 
terre qui fut confifquée fur lui en 1427, pour crime de rébellion. 



7 oi de SABRAN-PONTEVÈS. q3 

de tout ce qui lui appartenait dans cette feigneurie contre 200 florins de rente 
perpétuelle. Il époufa : i° vers 1418, Jacquette de Quiqueran-Beaujeu, fille 
de feu Pierre de Quiqueran-Beaujeu & de Belindone Rainaud; 2 vers 1420, 
Nicolafe de Montfaucon, fille de Nicolas, & d'Ifoarde de Gavarron. Il mourut 
vers 1443. De fon fécond mariage vinrent : 

1. Antoine de Pontevès, qui fuit. 

2. Silone de Pontevès, qui fe démit de fes biens paternels & maternels en fa- 

veur de fon frère Antoine & de fon oncle Raynaud de Montfaucon, le 
5 Juin 1445 (Guill. Girard, Not. à Tarafcon), veille de fon mariage, & fa 
dot fut reconnue par fon mari le i5 du même mois; & eut un legs au 
teftament de fon aïeule Ilbarde de Gavarron le 6 Mars 1453. Elle avait 
époufé, le 6 Juin 1445, Jean de Saint-Michel, fils de Jean, Chevalier, 
Seigneur de Buxodone. Elle eft probablement identique avec Sillette de 
Pontevès, des Seigneurs de Châteaurenard, mariée, vers 1480, à Gerondon 
d'Abisse, dont la fille Jeanne époufa, en i5o3, Antoine Flotte de Roque- 
vaire (a). 

3. Jeanne de Pontevès, mariée, en 1448, à Jean de Raymond de la Visclède, 

fils de Raimond de Raymond, Seigneur de la Vifclède, & d'Hélène de 
Pazzis (b), fut légataire de fon aïeule maternelle & eut fa dot reconnue le 
12 Mars 1453. 

XVI. DEGRÉ. 

Antoine II de Pontevès, Seigneur de Cabanes, époufa, par contrat du 27 Septem- 
bre 1441 , Jacquette Monge (Monachi)^ fille de feu Noble Antoine Monge (c), de 
la ville d'Arles, & fut le premier qui s'établit dans cette cité. Il eft mentionné comme 
préfent aux tournois célèbres qui eurent lieu à Tarafcon les 2, 4 & 6 Juin 1449, 
en préfence du Roi René, avec Beauvau & Tanneguy du Châtel, « Écuyer d'un 
gentil efprit », qui entra en champ clos ayant en croupe une Dame de Pontevès- 
Cabanes : 

Une gente Demoifelle nommée 
La Dame de Cabanes vraiment 
Derrière lui portoit moult gayement (d). 

Étant fur le point de rejoindre le Roi & Comte de Provence à Gènes, il donna 
fa procuration à fa femme, le 8 Juin 1461. 

Il fut, avec André des Porcellets & Jean de Blanchefort, Maire de Bordeaux, au 
nombre des Ambaffadeurs du Roi Louis XI préfents au traité pane à Pertuys le 
11 Avril 1476, par lequel les repréfentants du Roi René d'Anjou (parmi lef- 
quels Jean-Baptifte de Pontevès, Seigneur de Cotignac) s'obligèrent & fe rendi- 
rent pleiges de la promelfe faite par ce dernier fouverain de n'avoir aucune in- 
telligence ni confédération avec le Duc de Bourgogne contre les intérêts du Roi 
de France. Il tefta le 16 Juillet 1481 (Hon. Raymond, Not. à Arles), & mourut 
avant le i3 Août fuivant. Sa veuve tefta d'abord le 21 Mai 1483 (H. Raymond, 

(a) Artefeuil, Hiftoire de la Noble fle de Provence, art. Flotte. 

(b) Courcelles, Hijloire des Pairs de France, t. VI, art. Raimond, p. i i. 

(c) C'eft fans doute le même qu'Antoine Monge, fils de Bérenger, & de Raimonde Gantelmi, marié en 1 4 1 5 
avec Marie de Quiqueran-Beaujeu, fœur de Jacquette (femme d'Antoine I or de Pontevès Cabane^. & fille 
de Pierre, & mort en 1429 (V. Pithon-Curt, t. II, p. 452). De cette façon Antoine II de Pontevès-Cabanes 
aurait époufé fa coufine germaine par alliance. 

(d) Papon, t. III, Suppl., p. 7 & fuiv. 



94 de SABRAN-PONTEVÈS. 7 o 2 

Not.), puis le 12 Novembre i5oi (Pierre Barberii, Not. à Arles), & mourut à 
Arles le 16 Août i5o2. De leur mariage vinrent : 
i. Jean de Pontevès, qui fuit. 

2. Tanneguy de Pontevès, Cofeigneur de Cabanes, marié, vers 1498, à Jeanne 

de Villeneuve-Trans, fille de Louis, Seigneur de Flayofc, 8: de Colette 
de Castillon, & veuve de Louis de Viète, Seigneur de Condet. Il tefta 
le 3 Mars 1524, v. ft. (Squiroli, Not. à Tarafcon), & mourut avant 1529, 
laiffant deux filles : 

I. Jeanne de Pontevès-Cabanes, mariée : i° par contrat du 25 Septem- 
bre i5i4, à Lucien Grimaldi, Seigneur fouverain de Monaco, fils de 
Lambert, & de Claude Grimaldi de Monaco, fa coufine; il fut affaf- 
finé en 1 523, & ne laiffa de fon mariage qu'un fils : Honoré; 2 en 
i528, à Antoine-Louis de Savoie, Comte de Pancalier. Ce mariage 
fut déféré en 1 533 à la Cour de Rome pour être invalidé, le Comte de 
Savoie ayant été accufé d'avoir contracté des vœux religieux dans 
fOrdre de Saint-Jean de Jérufalem. Pendant ce procès, la Comteffe de 
Pancalier révoqua, le 5 Juillet 1 537 (Nie. Alberti, Not. à Arles), la 
donation qu'elle avait faite à fon mari , & donna la moitié de fon bien 
à fon fils Honoré Grimaldi, &. l'autre moitié à Françoise de Savoie, 
fa fille du fécond mariage, mais au cas feulement où celui-ci fût dé- 
claré valable, ce qui eut lieu plus tard. Pendant la durée de ce pro- 
cès, & même depuis, les biens de la Comteffe étaient adminiftrés par 
fon oncle Ardoin de Pontevès, & les différends qui furgirent à cet 
égard entré lui & le Comte de Savoie furent fournis à un arbitrage, 
le 20 Mars 1 543 (Honorât de Dons, Not. à Arles). La fentence arbi- 
trale fut rendue le 25 Mai fuivant. 
IL Marguerite de Pontevès-Cabanes, née en i5o2, mariée, le 18 Mai 
1524, à Honoré des Porcellets, Seigneur deMaillane, fils de Pierre, 
& de Marguerite de Piquet. 

3. Pierre de Pontevès, muet, légataire de fon père en 148 1, & mort avant 

i5oi. 

4. Hardouin ou Ardoin de Pontevès, Seigneur de Cabanes, mineur en 1481, 

nommé au teftament de fa nièce Marguerite ( i53i). Etant tuteur de fa nièce 
Jeanne de Pontevès, il eut en 1 543 un différend avec le fécond mari de 
celle-ci, Antoine-Louis de Savoie, Comte de Pancalier. Il mourut le 21 
Octobre 1544. De fon mariage avec Gafparde de Glandevès-Gréoux, il 
ne paraît pas avoir eu d'enfants. 

5. Marguerite de Pontevès, Religieufe à Saint-Cezaire d'Arles, & depuis 1478 

à Sainte-Claire d'Aix. 

6. Garcenette de Pontevès, mariée : i° par contrat du i er Juin 1458, à Jean 

Romieu, fils d'Etienne; 2 le 11 Décembre 1467, à Etienne Balbi, fils de 
Floret, & de Catherine d'AIzène. Elle tefta le 12 Février 1496 (v. ft.). 
7 & 8. Delphine & Madeleine de Pontevès, légataires de leur frère en 1481, 
& mortes avant i5oi. 

9. Louise de Pontevès, mineure en 1481, mariée, par contrat du 14 Février 

1499 (v. ft.), à Jacques Romieu, Profeffeur es droits. Elle tefra le 18 Fé- 
vrier 1 53g (v. ft), étant déjà veuve, & mourut le 28 Mai 1 5 53. 

10. Louise II de Pontevès, muette, morte à Arles le 23 Avril 1 53g. 



7 o3 de SABRAN-PONTEVÈS. 9 5 



XVII. DEGRÉ. 

Jean de Pontevès, Seigneur de Cabanes, dont il rendit hommage en 1481, était 
en 1470 tuteur de Gaucher de Quiqueran, Baron de Beaujeu, qui époufa plus tard 
fa belle-fœur, Louife de Caftellane. Il mourut à Cabanes le 8 Janvier idoi(v. ft.), 
frappé par la foudre, & ion corps fut tranfporté à Arles. De fon mariage avec 
Sibille de Castellane, fille de Boniface, Seigneur de Fos & de la Verdière, & de 
Léonarde de Simiane, qu'il avait époufée vers 1490, & qui fe remaria, le 27 No- 
vembre 1509, à Guiraud X de Simiane, Baron de Cafeneuve, il ne laifïa que deux 
filles : 

1. Pierrette de Pontevès-Cabanes, mariée, le 27 Novembre 1509, à Bertrand- 

Raimbaud IV de Simiane, Seigneur de Gordes, le même jour que fa mère 
fe remaria au père de fon mari. Elle tefta le 1 1 Septembre 1573. 

2. Marguerite de Pontevès-Cabanes, mariée à Claude-Gafpard de Jarente, 

Confeiller au Parlement d'Aix, fils de Thomas, Seigneur de Senas, & de 
Louife de Glandevès-Faucon. Elle tefta à Aix le i5 Avril i53i, mais 
vivait encore le 18 Février i539 (v. ft.), date à laquelle elle fut légataire 
de fa tante Louife Romieu. 



BRANCHE DITE D'AIX 

DONT LA RATTACHE n'a PU ETRE ÉTABLIE. 

[ÉTEINTE.] 

L'origine de cette branche elt inconnue. Il eft fort poiïible qu'elle foit ilfue de 
la première maifon de Pontevès, comme celle de Flalfans. L'Abbé Robert la fait 
remonter à un Jeannet de Pontevès, du lieu de Fuveau, marié, par contrat du 
6 Juin 141 1 (Barbani, Not. à Marfeille), avec Antoinette Olivière. Toutefois ce 
n'eft que par Pierre de Pontevès, qui fuit, qu'il en établit la filiation, que nous 
rectifions & complétons à l'aide de documents authentiques. 

PREMIER DEGRÉ. 

Noble Pierre de Pontevès, Premier Syndic ou Conful d'Aix en 148 1 & Député 
de Charles VIII, Roi de France. D'une alliance inconnue il eut deux fils : 

1. Gaspard de Pontevès, qui fuit. 

2. François de Pontevès, auteur du fécond rameau, rapporté plus loin. 

//. DEGRÉ. 
Noble Gaspard de Pontevès, marié avec Colette de Castillon, d'où : 

///. DEGRÉ. 

Noble Pierre de Pontevès, probablement le même qu'un Pierre de Pontevès, 
Docteur es droits, habitant la ville d'Aix, & qui fut en 1490 l'un des exécuteurs 



q6 de SABRAN-PONTEVÈS 



704 



teflamentaires de Jean-Baptifte de Pontevès, Seigneurs de Cotignac, Carcès, &c. 
D'une alliance inconnue, il eut un fils, Jean de Pontevès, qui fuit, & c'eft à lui 
auffi fans doute qu'il faut attribuer comme fille Marguerite de Pontevès, défignée 
comme « fille de Pierre de Pontevès », mariée, vers i5io, à Pierre d'Arbaud, Co- 
feigneur de Callas, fils de Guillaume d'Arbaud & d'Honorade de Fabri, devenu, 
le 24 Juillet i523, Maître Rational en la Cour des Comptes d'Aix, & en 1 545 
Premier Conful d'Aix & Procureur du pays, remarié en fécondes noces avec 
Honorade de Bourgarel (a). 

IV. DEGRÉ. 

Noble Jean de Pontevès, Deuxième Conful d'Aix en i55o, mort avant i5y5, 
époufa Catherine Fore, de Marfeille, d'où : 

V. DEGRÉ. 

Noble Gaspard de Pontevès, Deuxième Conful d'Aix en 1574, marié, par contrat 
du 23 Janvier i5y5 (A. Nicolay, Not. à Arles), avec Madeleine Bègue, de la 
ville d'Arles, fille de feu Antoine Bègue & d'Hélène Allègre. De cette union eft 
ifîu : 

VI. DEGRÉ. 

Noble Jean de Pontevès, mort avant 1 658, marié à Anne Cosset, d'où : 

VII. DEGRÉ. 

Gaspard de Pontevès, époufa, par contrat du 28 Novembre 1 658 (Ponez, Not. 
à Marfeille), Louife d'Andron, fille de feu Jean d'Andron, Écuyer, & de Margue- 
rite Claret. L'Abbé Robert conftate qu'il renonça à la qualité de Noble & fut 
condamné à 5o 1. d'amende le i5 Novembre 1668; il ajoute qu'il avait des enfants, 
dont la deftinée nous eft inconnue. 



SECOND RAMEAU. 

II. DEGRÉ. 

François de Pontevès, marié à N... (Clapiers?) de Seguiran, d'où : 

///. DEGRÉ. 

Jacques de Pontevès, Avocat à Aix en i5o3, époufa Marguerite Bompar, fille 
de Louis Bompar, 8c « d'honnefte femme » Jacobe, & nièce de Vincent Bompar, 
Maître Rational & Juge des apellations. De ce mariage : 

(a) Laine, Archives de la Nobleffe de France, t. VI, art. Arbaud, p. 1 1 . 



7 o5 de SABRAN-PONTEVÈS. 97 

IV. DEGRÉ. 

Pierre de Pontevès, Procureur au Parlement d'Aix, vivant en 1562, marié avec 
Jeanne Fillol, d'où : 

i . Jean de Pontevès, Procureur au Parlement, marié, par contrat du 2 Octo- 
bre 1572 (Hon. Roman, Not. à Aix), avec Bernardine Hugolen, fille 
d'André Hugolen, Notaire à Aix, & de Louife Laurence (Laurent?). Sa 
veuve le remaria, le 20 Mars i582, avec Jofeph Thihaud, Docteur en droit. 
Elle eut de fon premier mariage : 

I. Jkan-Baptiste de Pontevès, haptifé à Aix le 11 Février 1577. Il eft 

peut-être identique avec Jean-Baptifte de Pontevès, marié avec 
Catherine Mathon, de laquelle il eut un fils, Pierre, baptifé à Aix 
le 25 Novembre 1612. 

II. Hubert de Pontevès, baptifé à Aix le 21 Octobre 1579, Religieux 
Cordelier, mort à Aix le 17 Avril 1 623. 

III. Anne de Pontevès, baptifée à Aix le 26 Octobre 1573. 
2. François-Gaspard, qui fuit. 

V. DEGRÉ. 

François-Gaspard de Pontevès, Avocat puis Procureur à la Cour d'Aix, marié 
en premières noces, en 1576, à Honorade Ollivier, d'où : 

1. Simon de Pontevès, baptifé à Aix le i3 Septembre 1577, Procureur au Par- 

lement, marié, en 1602, à Claire de Gigos ou de Gigot, d'où : 

I. François de Pontevès, marié avec Jeanne de Bonfils, d'où trois filles. 

II. Pierre de Pontevès, Religieux. 

III. Françoise de Pontevès, mariée,, le 25 Septembre i635, à Jean- 
Baptifte Marmet, Avocat à la Cour. 

IV. Anne de Pontevès, mariée, le 8 Mai 1622, à Louis de Villa. 
Quatre fils & deux filles, morts enfants. 

2. Jeanne de Pontevès, baptifée à Aix le 27 Décembre 1 5 79. 

François de Pontevès époufa en fécondes noces, par contrat du 24 Avril 1584, 
Catherine de Foresta, fille de Telme de Foresta, Ecuyer de Dian, & de Cathe- 
rine Melgosi. De ce mariage : 

1 . Hercule de Pontevès, qui fuit. 

2. Jean-Honorat de Pontevès, né en 1 5g 1 3 Procureur à la Cour, vivant en 

1660. 

3. Marc-Antoine de Pontevès, né à Aix en 1600, Chartreux. 

4. Claire de Pontevès, née en i588, mariée, en 1616, à Barthélémy Melliny. 

5. Anne de Pontevès, née en i5g3, mariée à Etienne l'Heraud. 

6. Françoise de Pontevès, née en 1597, mariée à Laurent de Saurat, Con- 

feiller du Roi, Secrétaire en la Chancellerie, puis Tréforier général & 
Garde des fceaux en la généralité de Provence. 
Un fils (Pierre) & une fille (Blanche), morts enfants. 

VI. DEGRÉ. 

Hercule de Pontevès, Avocat en la Cour, Affeffeur 8c Conful d'Aix en 1634, 
époufa : i° Anne de Vivaud, morte fans enfants; 2 par contrat du 24 Novem- 
bre 1619, Anne de Grassy, fille de M e Jean-Louis de Grassy, Conseiller 8c Mé- 
decin du Roi, 8c de Françoife de Boutin. De ce mariage : 

1. François de Pontevès, qui fuit. 



Regiftve feptième, 



q8 de SABRAN-PONTEVÈS. 



706 



2. Madeleine de Pontevès, baptifée à Aix le 8 Novembre i638, mariée à Mel- 

chior Delphin d'Aupays ou d'Hupais, d'où : Louife-Sexte Delphin d'Hu- 
pais, décédée à Toulon le 10 Avril 1762, à l'âge de quatre-vingts ans. 

3. Honorade de Pontevès, baptifée à Aix le 23 Février 1641, mariée, par con- 

trat du 6 Septembre 1660, à François de l'Evesque, Seigneur de Saint- 
Étienne, fils d'Emeric, & de Richarde de Fabry. 
Deux fils 8c quatre filles, morts enfants. 

VII. DEGRÉ. 

François de Pontevès, baptifé à Aix le 23 Juin 1626, Avocat en la Cour, époufa, 
par contrat du 3 Mars 1659 (Claude Alphéran, Not. à Aix), Marie Collumby, 
fille de Claude Collumby, Avocat en la Cour, 8c d'Anne Tisaty. On ne leur con- 
naît pas de poftérité. 

A la même branche paraifïent appartenir les fuivants : 

Pierre de Pontevès, marié avec Honorade de Déons (?), d'où : Antoine, bap- 
tifé à Aix le 24 Mars 1540, 8c Claire, baptifée le 3 Mars 1 543 , morte le 1 1 Dé- 
cembre 1573. Il décéda à Aix le 17 Juillet 1579. 



Gaspard de Pontevès, marié, avant i56o, avec Anne d'Albis, d'où trois 
filles : Elisabeth, Marguerite 8c Catherine, baptifées à Aix en i56o, 1 566 8c 
i568. 



Hélion de Pontevès, marié avec Dianthorome de Matheron, d'où : Gabriel, 
baptifé à Aix le 19 Mars 1578. 



Louis de Pontevès, mort avant 1570, marié avec Honorade de Johannis. On 
Tidentifie avec Louis de Pontevès, fils d'Elzéar de Pontevès, Seigneur du 
Cafielar (voir plus haut, p. 55), mais fans preuves. Il eut de fon mariage : 

1. Georges de Pontevès, Écuyer, marié : i° par contrat du 21 Octobre 1570 
(Catrebard, Not. à Aix), avec Catherine Martin, fille de feu Bernardin Mar- 
tin, Procureur au Parlement, 8c d'Honorade de Relhanne; d'où : Jean, 
Honorade 8c Françoise, baptifés à Aix en 1577, 1574 8c 1576; 2 par contrat 
du 22 Mai 1579 (Blanc, Not. à Marfeille), avec Angélique {aliàs Micheline) 
de Gardiolle, fille de François de Gardiolle, Ecuyer, 8c dlfabeau de 
Rodes; d'où : François, Jean, Matheude Si. Jeanne, baptifés à Aix en 1 582, 
i585, i58o Se 1584. ' 

Ceft peut-être le même Georges de Pontevès qui époufa, en troifièmes no- 
ces, Louife de Renaud, dont il eut une fille, Marthe, baptifée à Aix en 089. 

2. Anne de Pontevès, décédée à Aix le 3i Janvier 1 553. 



Charles {aliàs Michel) de Pontevès, Écuyer (préfumé fils de Gaspard de Pon- 
tevès 8c de Madeleine Bègue, rapportés ci-deffus, p. 96), marié, par contrat du 
12 Mars 1591, avec Bernardine de Bonfils. Ceft probablement lui qui affilia en 
1593, à Aix, au contrat de mariage d'Honoré de Roftagnis (Pithon-Curt, III, 
p. 1441. Il eut trois fils : 



/"/ 



de SABRAN-PONTEVÈS. 99 



1. Gaspard de Pontevès, Écuyer, baptifé à Aix le 29 Décembre 1292, marié, 

par contrat du 23 Octobre 1634 (J. Aymar, Not. à Aix), avec Madeleine 
Doumizan, fille de Claude, & de Catherine Rougier. 

2. Honoré de Pontevès, baptifé à Aix le 2 Octobre 1594. 

3. Jean de Pontevès, baptifé à Aix le 3 Février 1596. 



Hercule de Pontevès, marié avec Lucrèce de Granier, d'où : Jeanne, bap- 
tifée à Aix le 7 Janvier 1629. 



Balthazar de Pontevès, marié avec Madeleine de Méjane (?), d'où : Michel, 
baptifé à Aix le 3o Juin 1 633, & André, baptifé à Aix le 23 Juin 1 635 . 



Gaspard de Pontevès, mort avant 1654, marié avec Marguerite Milan, d'Aix, 
d'où : 

Louis de Pontevès, marié, le 16 Juillet 1654, à Toulon, avec Jeanne Lecui- 
rote, fille de feu Jérôme, & de Marguerite Vigouroux, d'Aix. 



Jean de Pontevès, marié avec Dame Honorade Imbert, d'où 
Melchior de Pontevès, baptifé à Toulon le 9 Avril 1647. 



PERSONNAGES ISOLES 

QUE L'ON N'A PU RATTACHER A LA FILIATION 
D'UNE FAÇON AUTHENTIQUE. 

Catherine de Pontevès, mariée, par contrat du 29 Août 1484 (Charenci, Not.), 
à Antoine de Rivière, Seigneur de Brueix, fils de Giraud de Rivière 8c de 
Jeannette de Saint-Ours, Dame de Chàteaudouble. Elle fut mère de Jean de RiviÈRE, 
l'un des hommes de guerre les plus renommés de fon temps & Lieutenant général 
des galères fous le Comte de Tende (à). 

Madeleine de Pontevès, mariée, vers 1485, à Bertrand de Durand, Seigneur du 
Catfellet, Confeiller au Confeil royal & Maître des requêtes du Comte de Pro- 
vence, puis Confeiller au Parlement de Provence, fils de Louis Duranti ou de Du- 
rand, Seigneur du Caffellet de Sauffes, Maître Rational de la Grande Cour Royale 
de la province (b). 

Ces deux dames femblent pouvoir s'identifier avec deux filles de mêmes prénoms 
de Bertrand de Pontevès, Seigneur de Pontevès, Sillans, &c. (voir plus haut, p. 591. 

(a) Pithon-Curt, t. III, p. 68. — Laine, Archives de la Noble/fe, t. IX, art. Rivière, p. 5. 

(b) Artefeuil, art. Durand. 



ioo de SABRAN-PONTEVES. 7 o8 

•Madeleine de Pontevès, veuve, au 5 Mars 1488, de Guillaume de Chaussegros, 
Seigneur de Mimet, d'après un acte pafTé à Aix devant Jacques Gréafque, Not. 



Madeleine de Pontevès, mariée, le 25 Novembre i5oj, à Antoine de Blacas, 
Seigneur de Taurènes ou Thorène. Etant déjà veuve, elle fit une donation, le 
17 Février 1 566 (Berlier, Not. à Tourtour), à faillie Yolande de Blacas. Le i er Jan- 
vier 1567 (Yffautier, Not. à Aulps), elle fit une donation à fes filles Josèphe, Mar- 
guerite & Honorade de Blacas. Elle était alors femme de Noble Domange Jérosme, 
de Lorgues. Elle avait une fœur Marguerite. 

Ces deux fceurs pourraient avoir été filles d 1 Antoine de Pontevès, Seigneur de 
Sillans (voir plus haut, p. 80). 



Des notes manufcrites de la famille lignaient encore deux membres de la branche 
de Sillans : 

Pierre de Pontevès, marié, en 15.43, avec Claire de Gérente. 
Henri de Pontevès, marié, en Juillet i5q3, avec Jeanne de Simiane. 



CHEVALIERS DE RHODES OU DE MALTE 

SANS FILIATION. 

Fouquet de Pontevès, mentionné en 1490. 

Claude 8: Antoine de Pontevès, mentionnés en 1495. 

Honorât de Pontevès, préfenté ou reçu à Malte en i532. 

Ces indications font tirées de l'ouvrage de M. le Comte de Graffet : Inventaire 
des archives du Grand Prieuré de Saint-Gilles , dans Y Inventaire fommaire des 
archives des Bouches-du-Rhàne ; Paris, 1869, in-4. Il y indique les regiftres où les 
Chevaliers ci-deffus fe trouvent mentionnés. 




7°9 



de SABRAN-PONTEVES. 



IOI 



NOTICE 



SUR LA 



PREMIERE MAISON DE PONTEVÈS, 



La première maifon de Pontevès, dont la branche principale, tombée en quenouille, le fondit, 
vers 12 10, dans la puifïante maifon d'Agoult, en impofant fon nom à l'une de fes branches, était 
d'une origine non moins illuftre. Eteinte depuis plus de deux fiècles, elle n'a été l'objet d'aucun tra- 
vail généalogique, rendu plus difficile aujourd'hui, par le petit nombre de documents fubfiftants. 
Les hiftoriens en ont à peine cité quelques noms ifolés, & cependant il eft encore poffible de faire 
mieux. L'étude des chartes difperfées dans plufieurs cartulaires provençaux permet finon de re- 
monter avec certitude au berceau de cette famille, tout au moins d'en marquer l'importance depuis 
le commencement du XI jufqu'au début du XIII e fiècle, & d'efquiffer un embryon de généalogie, 
à défaut d'une filiation fuivie. Remonter au delà du dernier quart du X e fiècle, eft chofe prefque 
impoffible pour n'importe quelle maifon, à caufe de l'abfence des noms patronymiques à cette 
époque reculée. Et ce n'eft que par des rapprochements fubtils, en fe guidant par la chronologie 
des chartes, la pofleffion des mêmes fiefs & autres indices, qu'on peut, pendant tout le XI e fiècle, 
reconnaître les perfonnages d'une même famille. Cette méthode nous a permis de conftater que 
les ancêtres de la première maifon de Pontevès occupaient, dès la fin du X e fiècle, un très haut 
rang au milieu des grands feigneurs féodaux de la Provence, car nous les voyons participer à des 
actes émanant des membres les plus pui fiants de l'ariftocratie. En ce qui concerne leur origine, 
on ne peut exprimer que des hypothèfes, fans aller jufqu'à la mythologie héraldique qui faifait 
des Pontevès, par analogie du nom (qu'on a écrit auffi Ponteux\ les defcendants des Seigneurs 
du Pont-Euxin! Cette origine était fûrement fort élevée, probablement princière même, comme 
celle de prefque toutes les grandes maifons provençales dont l'antiquité remonte à la même époque. 
On va pouvoir en juger par ce qui va fuivre. 



Dans la féconde moitié du X e fiècle, vivait en Provence un puiffantfeigneur, du nom d'ATHANULFE, 
qualifié de vir illuftrijjimus dans un acte de 1007. Il eut pour mère Belletrus, pour femme Judeta 
(•Judith), & pour enfants au moins fix fils : Pierre, Jonas, Ifnard, Pandulfe, Boniface & Wifred, 
& au moins une fille, Billieldis. Le « très illuftre leigneur » Athanulfe, mort en route revenant 
de Rome, avait donné verbalement à l'abbaye de Saint-Viftor de Marfeille, en 1007, dans le ter- 
ritoire de fon château de Salernes (Var, arr. de Draguignan), le villare de Saint-Jean, Ville- 
crofe, &c. Cette donation, après fon décès, fut approuvée par fa mère, par fa femme, par fes fix fils 
ci-delTus, & immédiatement après par un Arbert [Arbertus firmavit) {Cartulaire de l'abbaye de 
Saint-Viâor, n° 486). Le même Arbert, avec fa femme Adalgarde & leurs fils, approuvent la do- 
nation à l'abbaye de Montmajour d'un quart du village de Varages (diocèfe de Riez), faite, vers 
1008 ou 1009, par Boniface, fils d'Athanulfe ci-deffus, & leur approbation vient immédiatement 
après celle de deux frères du donateur :Jonas, avec fa femme Billieldis & leurs fils, & Ifnard, avec 
fa femme Laviarde & leurs fils. Cet acte fut en outre approuvé par Guillaume, Comte de Pro- 
vence, fa femme Gerberge & leurs fils {Hijloire de Montmajour, par D. Chantelou, publiée dans 
la Revue hijîoriqae de Provence, 1890, p. 100). Le 5 Décembre 10 10, Billieldis, ci-deffus (fous le 
nom de Belletrudis), alors veuve de Jonas, donna à l'abbaye de Saint-Victor le quart du village 
de Saint-Jean, dont il a déjà été queltion (Cartul., n° 487). Lorfque, quarante ans plus tard, une 
autre Billieldis, fa belle-fœur, fille d'Athanulfe, alors veuve en premières noces de Jofferand d'An- 
tibes & remariée à un Athanulfe, fit don à la même abbaye d'une manie fur le territoire de Salernes, 
cette donation fut revêtue de l'approbation de Foulques, l'un des fils d'Arbert {Fulcho, Jiliits Ar- 
bert i firmavit) [Cartul, n° 496). Il réfulte de ces ailes qu'il y avait une certaine communauté 
d'intérêts entre Athanulfe & fa descendance, d'une part, & Arbert & fes héritiers, de l'autre. 



io2 de SABRAN-PONTEVÈS. 



10 



Mais il v avait autre chofe encore. En 1012, un Eldebert & fa femme Mathilde, qu'on dit ilTue 
de la maifon royale d'Arles, firent également don, à l'abbaye de Saint- Victor de Marfeille, d'un 
quart du même village de S. Jean (villa S. Johannis), dont nous venons de parler, & cet acte 
porte l'approbation de leurs fils ou proches parents, au nombre de douze, parmi lefquels figure 
aufïi un Arbert, affurément le même que celui ci-deffus (Cart., n° 488). A la même date, cet Ar- 
bert, avec fa femme Adalgarde & leur fils aîné, Pons, donna de fon côté, à la dite abbaye, « de fon 
propre alleu » \alodem fnum), fis fur le territoire du château de Salernes, un autre quart du vil- 
lage de Saint-Jean (quartonem de villa S. Johannis [Cart., n° 489). 

La poffefiion à une même époque, au début du XI e fiècle, des portions du village de Saint-Jean 
fur le territoire fortifié (cajlrum) de Salernes, par les trois perfonnages cités : Athanulfe, Eldebert 
cv Arbert, démontre évidemment une très proche parenté entre eux. Ce fief divifé provenait néeef- 
fairement d'un héritage commun. Arbert y avait, en dehors de fa part, certains droits héréditai- 
res, puifque fon approbation était néceffaire pour la validité des donations faites par Athanulfe, 
puis par Eldebert. Quelle était la parenté entre eux? réfultait-elle de l'identité d'origine ou feule- 
ment des mariages? Nous l'ignorons. En tout cas, cette origine devait être très haute. Dans la 
charte de 1007, ci-deffus, Athanulfe eft qualifié de « très illuftre feigneur », ce qui fuppofe des 
ancêtres du rang fouverain, attendu que cette qualification était portée par Charlemagne dans fes 
diplômes. Quant à Eldebert, époux de Mathilde, il était fils aîné de Lambert, furnommé Dodons, 
cv de Balda. Celle-ci était une dame de haut parage. Avec la participation de fes fils Eldebert, 
Rainoard & Vitmar, étant alors veuve (pro remedio animarum noftrorum & anime feniori meo 
Lanberto qui vocabatur Dodons}, elle fit donation, à l'abbaye de Montmajour, de la terre de Cor- 
rens, pour y établir un monaftère, par une charte datée d'Arles, le 7 des ides de Décembre 1002, 
cv portant l'approbation de Rotbald, Comte de Provence, de la Comteffe Adélaïde & du Comte 
Guillaume (D. Chantelou, Hijloire de Montmajour, p. 98 ). Eldebert, le fils aîné, ainfi que fon frère 
Rainoard, approuvèrent, le 10 des calendes de Mai 10 1 5, une donation au monaftère de Sainte- 
Marie de Correns fondé par leur mère, donation due à la libéralité d'Emma, Comteffe deTouloufe, 
fille de Rotbald, Comte de Provence, & d'Ermengarde (Ibid., p. 126). Mathilde, femme d'Elde- 
bert, y eft qualifiée de domna, ce qui défigne une très grande dame. Son mari revêtit cette charte 
de fon approbation immédiatement après la Comteffe de Touloufe, & il y prend le furnom de 
Chàteaurenard (Heldebertus Cajlro Rainardo). Il fut en effet la tige de la puiffante maifon de ce 
nom. Sa participation à cet acte démontre qu'il était d'une très haute naiffance, affez proche même 
des Comtes de Provence (a). Des hiftoriens préfument même qu'il defeendait du patrice gallo-ro- 
main Raynardus, lequel, d'après la tradition, ferait ilTu de l'Empereur Avitus. En effet, le prénom 
de Rainoard eft fréquent dans cette maifon. Quant à Rainoard, fécond frère d'Eldebert, M. le 
Comte Cais de Pierlas fait defeendre de lui les Comtes de Vintimille. 

Il y a encore d'autres rapprochements à faire en faveur de l'origine illuftre d'Arbert. Le fils aîné 
de celui-ci, Pons, donna, en Février io32, fon approbation à l'acte de donation d'une terre, fituée 
à Cagnes, au monaftère de Saint- Veran, par Laugier, le puilfant gouverneur Reâor) du comté de 
Nice, & par Odila, fa femme, ancêtres directs des Vicomtes de Nice (Cart. de Lérins, n° 149). L'an- 
née fuivante, il approuva une autre donation faite au même monaftère par les frères Lambert & 
Amie, ainfi que par Raimbald de Nice, fils de Laugier & d'Odila, ci-deffus, tous trois Cofeigneurs 
du comté ou baronnie de Vence. D'autre part, lorfque Foulques, un autre fils d'Arbert, fit, en 
Avril 1049, don de l'églife de Saint-André, avec fon territoire, au monaftère de Sainte-Marie 
de Correns, dans l'acte confacrant cette libéralité, après les fignatures du donateur, de fa femme 
& de fes frères, vient immédiatement celle d'un Rostaing, qui participe à la donation pour ce 
qu'il polTédait fur le même territoire, ainfi que fa femme Odila < Rojl a gnus firmat & qnicquid 
ibi habuit dédit, nxor ejus Odula firmat & qnicquid ibi habuit dédit ; puis celle d'un nommé 
Garago & de fon frère Eldebert, qui agiffent abfolument de même. Or nous eftimons que Rof- 
tagnus doit s'identifier avec l'un des fils du Comte Abellonius, tandis que Garago & fon frère 
Heldebertus font coufins germains de Roftaing, & fils du Comte Eldebert, le propre frère d'Abel- 

[a) Toute une férié de chartes difperfées dans les cartulaires de Saint- Viclor, de Montmajour & de Lérins permettent de Cui- 
vre pendant cinq générations la filiation delà mail'on de Chàteaurenard, qui paraît s'être éteinte au début du XIII" liècle & 
avait formé auffi la branche des Seigneurs de Chateauvert.' La baronnie de Chàteaurenard a été poflëdée pendant quelque 
temps (XIV e -XV p s.) par une branche de la maifon d'Agoult de Pontevès (voir plus haut, pp. 90-92). 



7 ii de SABRAN-PONTEVÈS. io3 

lonius. La communauté d'intérêts entre ces différents perfonnages ne pouvait évidemment pro- 
venir que des liens du fang. Or les deux frères ci-deffus, Abellonius ou Apollon & Eldebert, 
étaient fils de Guaraco ou Varaco, dont nous avons déjà parlé à propos de fa proche parenté avec 
le fondateur de la maifon d'Agoult (voir plus haut, p. 7), & qui, félon toutes les probabilités, def- 
cendait de Thibaud, Comte d'Arles, & plus directement de Bertillon, frère de Hugues, Comte 
de Vienne & de Provence, puis Roi d'Italie. 

De tout ce qui précède, il eft permis de déduire, d'une part, que « le très illuftre» Athanulfe, Elde- 
bert de Châteaurenard & Arbert, tous trois Cofeigneurs de Salernes, étaient de très proches parents, 
peut-être d'une origine commune; & d'autre part, qu'il exiftait auffi des liens de parenté entre 
Arbert & les ancêtres des Seigneurs de Vence & des Vicomtes de Nice, d'un côté, & les defcendants 
du frère d'Hugues, Comte de Provence & Roi d'Italie, de l'autre. Cet Arbert, comme on va 
le voir, eft précifément l'ancêtre de la première maifon de Pontevès, qui fe trouve ainfi iffue d'une 
fouche fouveraine. 

Les defcendants d'Arbert & d'Adalgarde confervèrent pendant longtemps de grandes polfeflîons 
fur le territoire de Salernes, fief qui fervit peut-être de furnom primitif à cette famille. En 1021, 
Arbert & Adalgarde, de concert avec plufieurs autres perfonnages, donnèrent à l'abbaye de Saint- 
Victor une propriété dans un lieu appelé Barjols, au diocèfe de Fréjns, fitué fur le territoire du 
château de Pontevès (... locitm videlicet Barjols cognominatum, in comitatu Forojulienji terri- 
torioqne cajlelli quod dicitur Pontevès fitum) (Cart., n° 602J. C'eft la première mention que 
nous ayons rencontrée de ce fief qui a donné fon nom à cette maifon à partir de la génération 
fuivante. Arbert ne vivait plus en 1029 (a), où fa veuve, avec fes huit fils, donna à l'abbaye de 
Montmajour, pour le repos de l'âme de fon époux (pro remedio anime liber atione fenioris mei 
Arberti), & de l'alleu provenant de l'héritage paternel de celui-ci (de alode ipfnis qui fibi ex parte 
patris evenit), le quart du village d'Hermens, au diocèfe d'Aix. Cette charte, datée d'un château 
appelé en latin Forum (peut-être Forum Julii, Fréjus), porte les lignatures des huit fils d'Al- 
bert & d'Adalgarde, qui furent : Pons, Bertrand, Aldebert ou Eldebert, Foulques, Josfrei, Ar- 
bert, Hugues & Auger ou Oger (D. Chantelou, HiJIoire de Montmajour, p. 92). Le 2 Juin io33, 
les mêmes donnèrent au monaftère de Lérins, l'églife de S. Pierre & la terre de Braug (b), au dio- 
cèfe de Riez | Cart., n" 201). Peu après, ils firent, de concert avec l'abbaye de Montmajour, la dé- 
limitation des territoires de Correns & d'Afpremont (HiJIoire de Montmajour, p. 771, cv enfuite 
nous ne rencontrons plus le nom d'Adalgarde. 

L'aîné des fils, Pons, cité nominativement pour la première fois dans la charte de 1012 émanant 
de fon père, puis dans les actes de 1021, 1029, io32 & io33, dont nous avons parlé, vécut très 
âgé. Il prenait généralement le nom de Poncius Arbertus. En 1060, de concert avec fa femme, 
fes fils & fes petits-fils, il donna au monaftère de Lérins des terres iifes fur le territoire du châ- 
teau de Séranon (commune du canton de Saint-Auban, arrond. de Graffe, Alpes-Maritimes). 
Cet acte [Cart., n° 63 ; n'eit pas allez clair pour qu'on puilTe y diltinguer fûrement les noms de fes 
fils au milieu de tant d'autres membres de fa famille. Une charte non datée du même cartulaire 
(ïi° 71), mentionnant la donation faite par Pons d'une terre fife fur le territoire du château d'Ef- 
clapon (canton de Draguignan, Var), nous apprend que fa femme s'appelait Billieldis. Enfin, 
une autre charte non datée du même cartulaire (n" 69), mais antérieure à 1066, où Pons eft ap- 
pelé le Vieux (Poncius Arbertus vêtus), conltate qu'il donna au même monaftère une manfe à 
Brovès (Brovedes, canton de Comps, arrond. de Draguignan). 

Bertrand, fécond fils d'Arbert, entra dans l'Églife. Nous le voyons cité nominativement pour la 
première fois dans la charte de 1021. En Octobre 1040, il était déjà Evêque de Riez. En cette 
qualité (Bertrannus urbis Regenfis Epifcopus), le 29 Mars ioq3, de concert avec fon frère Foulques, 
il fit don, à l'abbaye de Saint-Victor, d'une églife fife fur le territoire patrimonial de Salernes 

{a) Dans 1 HiJIoire Je la baront-ie royale Je Châteaurenard, par le Prince Henry de Valori, opufcule qu'il ne faut confulter 
qu'avec une grande prudence, cet Arbert eft confondu avec un perfonnage du même pronom, fils d'Eldebert & de Mathilde de 
Châteaurenard, &qui vivait encore vers lo5o. (Voir le Cartulaire Je Saint-Viélor & celui de Montmajour.) 

[b) Saint-Pierre de Brauch, village détruit, autrefois entre Montmcyan & Varages, arrond. de Brignoles. canton de Rians, 
commune de la Verdière. dép. du Var. 



104 de SABRAN-PONTEVÈS. 

(Cart., n" 492). En Avril 1049, ^ approuva la donation de l'églife de Saint-André au monaftère 
Je Sainte-Marie de Correns, faite par Foulques ci-delTus. En io52, il participa à une donation 
faite au monaftère de Lérins des biens fitués fur le territoire du château de Mouftiers-Sainte- 
Marie (arr. de Digne) (Cart.. n° 211). Le Tréfor de chronologie par M. le Comte de Mas-Latrie 
Paris, 1889) l'appelle Bertrand de Barjols & ne le fait refter fur le fiège épifcopal de Riez que 
jufque vers 1066- 1068. Or, ce que les hiftoriens ignorent encore, c'eit que le même Bertrand 
devint enfuite Évêque de Fréjus, ce qui reffort indubitablement d'une charte du cartulaire de 
Lérins (n° 52), non datée, mais d'environ 1080, où Bertrannus Forojulienfis Epifcopiis donne 
l'églife de Saint-Pierre, fife fur le territoire de Salernes, à celle de Sainte-Marie de Barjols, do- 
nation que fon frère Foulques fit aulîi pour fa part à cette même églife (Cart., n° 5i |. Parmi 
les témoins de cet acte, figure un Pondus Fulcherii, probablement Pons, fils de Foulques & 
neveu de l'Évêque. C'eft évidemment le même prélat encore (Bertrannus , Forojiilienfts Epif- 
copiis ) qui fit, en 107?, une donation au monaftère de Lérins [Cart., n" 7). La chronologie des 
évêques de Fréjus du nom de Bertrand elt très incertaine dans l'ouvrage du Comte de Mas-La- 
trie, ci-deffus : on y trouve la mention d'un Bertrand II comme occupant ce fiège épifcopal en 
io56, puis d'un Bertrand III, de io85 à 1090 environ, & point celui que le cartulaire de 
Lérins nomme en 1073. 

Le frère puîné de l'Évêque Bertrand elt Aldebert ou Eldebert. On ne le voit cité nominative- 
ment que parmi les témoins d'une charte de 1028, du cartulaire de Lérins (n° 141) (... Aldeberto, 
fratre Poncii Arberti), puis dans celles émanant de fa mère Adalgarde, de 1029 & io33. 

Le quatrième frère, Foulques, que nous avons déjà vu prendre part aux mêmes actes de 
1029 & io33, apparaît pour la première fois avec fa femme Accelena dans l'acte ci-deffus de ioq3. 
émanant de l'Evêque Bertrand, fon frère (Ego Bertrannus, urbis Regenfis Epifcopiis, & ego 
Fulco, /rater ejus, & uxor mea Accelena). Elle eft appelée Aïcelena dans la charte n" 5i du 
cartulaire de Lérins (voir plus haut), portant donation, à l'églife de Sainte-Marie de Barjols, de 
celle de Saint-Pierre de Salernes, par fon mari Foulques, affilié de leurs fils Aldebert & Guil- 
laume. Le nom de cette femme le préfente encore fous plufieurs autres formes : on la nomme 
Agena dans la charte de donation de l'églife de Saint-André, avec fon territoire, au monaftère 
de Correns, faite par l'on mari en Avril 1049. avec l'approbation de l'Evêque Bertrand, ci- 
deffus (Hifîoire de Montmajour, p. 142.1; on l'appelle Aiena ou Liena dans une charte de 1057, 
par laquelle fon mari donna à l'abbaye de Saint-Victor de Marfeille l'églife de Sainte-Marie 
de Pontevès (que fit a eft in tcrritorio Pontivis), avec les terres qui l'entouraient Cart., n° 635 ; 
enfin on la défigne fous le nom d'AuROSA dans une charte non datée, mais qui doit être des 
environs de l'an 1066, charte portant donation, par Ion mari, leurs fils Eldebert, Pierre, Pons, 
& leurs filles (Ego Fulco & uxor mea Aurofa, filiique noftri Eldebertus, Petrus, Poncius, ac 
filie... ), au monaftère de Saint-Honorat de Lérins, de l'églife de Saint-Pierre de Salernes, avec 
les dépendances, ainfi que des égliles de Saint-Michel, de Saint-André, de Saint-Trophime & 
de Saint-Romain, & aufiî de certains cens à Ville-Croze Cart. de S.-Vidor, n" 1082. cv Cart. 
de Lérins, n° 53/. 

Foulques fut le premier qui prit le nom de Pontevès, fous lequel [Fulco de Pontevès il ap- 
prouva une donation faite à l'abbaye de Saint-Victor (Cart., n° 3oi). Il vivait encore en 1070, 
date fous laquelle on cite de lui une donation à l'églife de Barjols Papon, t. II, p. 181). 

Le cinquième fils d'Arbcrt & d'Adalgarde fut Josfrey ou Geokfrey (Jauffredus ou Gaufredus . 
déjà cité comme ayant participé aux actes de 1029 & de io33, émanant de fa mère, & dans ce- 
lui de 1060, dû à l'on frère aîné Pons (voir plus haut). Perfonnellement (Gaufredus, fil i us 
quondam Arberti), il fit don, à l'abbaye de Saint-Victor, en Mars 1069, de la moitié des lix 
égliles fituées dans la vallée de Salernes ( les mêmes que celles attribuées au monaftère de Lérins 
par fon frère Foulques, avec l'églife de Saint-Martin en plus). Cette donation fut approuvée par 
fon plus jeune frère, Auger (Cart., n° 491 . 

Arbert, le lixièrne fils, n'elt mentionné que dans les actes de 1029 & de io33, ci-deffus. Il 
dut mourir jeune. 



de SABRAN-PONTEVÈS. io5 



Hugues, le feptième fils, qui figure dans les mêmes actes, rit perfonnellement don, vers io55, 
à l'abbaye de Saint-Victor, d'une condamine file fur le territoire du château de Salernes (Cart., 
n°4o3),&, en io56, il donna au même monaftère une manfe fituée au même endroit, pour en jouir 
après fon décès (Cart., n" 494). Nous apprenons dans ce dernier acte que Hugues reçut en 
échange un cheval, de la part de fon oncle Pons, furnommé Sefcalcus, moine de ladite abbaye. 
Enfin, par un acte non daté {Cart., n" 5o8), mais de la même époque (antérieur à 1061), Hu- 
gues fit encore plufieurs autres largeffes, complétant celles que ce monaftère avait reçues de la 
part d'Arbert, fils d'Eldebert & de Mathilde de Ghâteaurenard. 

Auger {Augerius), le huitième fils d'Arbert & d'Adalgarde, déjà cité dans les actes de 1029 
& io33, reftitua au monaftère de Lérins, le 17 Avril 1067, les droits qu'il avait Ufurpés fur 
la terre de Brauch, que fa mère & fes frères avaient donnée audit monaftère en io33. En même 
temps, il lui fit don, à titre de dédommagement, de concert avec fa femme Guilburge (Guilburs), 
d'un quart du hameau Hermès (commune de la Verdière, canton de Rians, arrond. de Brignoles, 
Varj (Cart., n° 202). En 1069, il approuva la donation faite par fon frère Geoffrev à l'abbaye de 
Saint-Victor (voir plus haut). Auger eut plufieurs enfants. L'un d'eux, du même prénom, iem- 
ble devoir s'identifier avec Augerius, qui devint Evêque de Riez vers 1090 & mourut le 14 Mars 
11 33. En effet, celui-ci donna, en Mars iio3 (Cart., n" 2o5), au monaftère de Lérins, l'églife 
Saint-Pierre de Brauch, avec fes appartenances & dépendances, qui avaient appartenu à l'églife 
de Riez & fur lefquelles il avait fans doute des droits patrimoniaux, attendu que cette églife & 
cette terre étaient, en io33, la propriété d'Adalgarde & de fes fils (voir plus haut). Guillaume, fils 
d'Auger (Guillelmus Augerius), légua au monaftère de Lérins, après fa mort, tout ce qu'il pof- 
fédait juftement ou injuftement dans le village de Brauch, y compris l'églife Saint-Pierre, & cela 
pour la rédemption des âmes de fes père & mère, par un acte non daté, mais dont la rédaction 
fe place entre 1 100 & 1 1 i5 (Cart., n° 208). Il participa encore, comme témoin, en 1 1 i3, à deux 
donations en faveur du monaftère de Lérins (Cart., n os 214 & 280), & vers la même époque (en 
1 1 1 5 au plus tard), fa femme Guillemette (Guillelma, uxor Guillelmi Augerii , conjointement 
avec fes fils, dont l'acte ne cite pas les noms, donna au même monaftère l'églife de Sainte-Marie 
de Vaux des Meuniers (Sancte Marie Vallis-Munie. commune de Quinfon, canton de Riez) 
& celle de Saint-Pierre d'Albiofc (S. Pétri de Albiols, commune du canton de Riez) (Cart., 
n° 220). Un autre fils d'Auger, Pierre (Petrus Augerius), figure comme témoin, avec fes fils 
Altran & Raimond (... filii ejus Altrannus & Raimundus Augerius), d'abord dans une charte 
du 24 Avril 1094, puis dans celle de Mars 1096, portant donation, au monaftère de Lérins, de 
divers biens par les Seigneurs de Chàteaurenard (Cart., n" 238 & 239). 

C'eit fans doute de Foulques de Pontevès, le quatrième fils d'Arbert & dAdalgarde, que 
defcend la première maifon de ce nom. Nous n'avons pas de renfeignements pofitifs fur le 
fort de fes fils déjà cités : Aldebert, Guillaume, Pierre & Pons. L'aîné doit s'identifier avec 
Aldebertus^/z/Zz/s Agena, lequel, avec fa femme Austrude (Aujlrus , tk. leurs fils, non dénom- 
més, donna, au monaftère de Lérins, l'églife de Sainte-Marie avec fes appartenances, fituée fur 
le territoire du château de Montagnac (canton de Riez), par une charte non datée (Cart., n" 221), 
& que les éditeurs de ce cartulaire rapportent au XII e fiècle, mais qui pourrait être tout auffi 
bien de la fin du XI e . Aldebert aurait ainfi reçu le prénom de fon grand-père (Arbert n'étant 
qu'une abréviation du nom d'Aldebert), ufage qui fut très fréquent à cette époque à l'égard des 
aînés des fils. 

Dans une charte non datée, mais d'environ 1080, portant donation à l'abbaye de Montma- 
jour d'une églife par Pierre, fils de Rainoard [Petrus Rainoardoi, Seigneur de Châteauverr, l'un 
des petits-fils de Mathilde de Chàteaurenard, figure parmi les approbateurs un Garachus Pon- 
tavenfis, avec fa femme Aiglina (Hijîoire de Montmajour, p. 181). Il dut auffi appartenir à !a 
maifon de Pontevès, & ce prénom de Garaco eft allez fignificatif, li l'on fe rappelle le Comte 
Guaraco, avec les petits-fils duquel Foulques de Pontevès avait des intérêts communs (voir 
plus haut, p. 7). 



Regijtre feptième. 90 



o6 de SABRAN-PONTEVÈS. 



714 



A partir du douzième fiècle, nous ne rencontrons que des mentions ifolées. Dans un acte du 
i3 Juillet 1 1 16, concernant l'abbaye de Saint-Vicior de Marfeille (Cart., n° 8o5), & fait en pré- 
fence de Raimond-Bérenger, Comte de Barcelone & Marquis de Provence, figure parmi les té- 
moins un Arbert de Pontevès, moine de ladite abbaye, que nous retrouvons encore, en la même 
qualité, dans deux autres chartes relatives à ce monaftère, l'une de 1 1 19 (Cart., n° q85) & une 
autre de 1120 (9 Janvier 11 19, v. ft.) (Cart., n° 923), Cet Arbert elt affurément un petit-fils 
d'Arbert & d'Adalgarde, mais nous ne favons qui fut fon père. 

Noflradamus mentionne (p. 1 i5) un Foulques de Pontevès, comme ayant doté l'églife de Bar- 
jols en 1120. Celui-ci pourrait bien être fils d'Aldebert & petit-fils de Foulques, ci-deiTus. Le 
même auteur cite (p. 148) un Guigues de Pontevès, comme préfent à l'accord intervenu, en 1 178, 
entre le Comte de Provence & le Comte de Forcalquier. 

Il fignale encore (p. 126) un Guillaume de Pontevès, comme ayant fuivi le parti du Comte de 
Provence contre Raymond de Baux en 1 iq5 & 1 1 5 o . 

Un Adalbert ou Eldebert de Pontevès, qu'on dit fils de Guillaume, ci-delTus, apparaît dans 
des aftes & hommages de 1180. C'eft lui qui époufa, en 1172, Mabile, fille de Hugues-Geof- 
froy II, Vicomte de Marseille, Seigneur de Tretz, & delà femme Cécile (Papon, t. II, p. 5 3 1 ) . 
Elle efl nommée, pour fa beauté, ainfi que fa feeur Laure de Saint-Julien, par le célèbre trouba- 
dour Folquet ou Foulques de Marfeille. 

Leur fils, Foulques de Pontevès, poffeffeur de nombreufes feigneuries, époufa Mabile de Cal- 
lian, de laquelle il n'eut qu'une fille, Douceline, qui. vers 12 10, tranfmit par mariage fa grande 
fortune & fon nom à Isnard dAgoult d'Entrevennes (voir plus haut, p. 21). 

Mais la première maifon de Pontevès ne finit point en la perlbnne de Douceline. Elle s'eft 
continuée dans des rameaux cadets, fans que nous puifïions en établir une filiation fuivie. Si- 
multanément avec Foulques de Pontevès, ci-delïus, nous rencontrons un François de Pontevès, 
témoin, en 121 7, à la charte de privilèges accordés par le Comte de Provence aux habitants 
de Forcalquier (a). Un Pierre de Pontevès vendit, le 3i Janvier 1235, aux Templiers tout ce 
qu'il poffédait au château de Bras & fur fon territoire, de concert avec fes cinq filles & fon fils 
Guillaume. Un Guillaume de Pontevès (peut-être petit-fils du précédent) fit hommage pour le fief 
de Grimauden 1298. Noftradamus (p. 337) cite un Guillaume de Pontevès, fils d'un autre Guillaume 
(probablement le même que le précédent), en qualité de Seigneur en partie de Fos, de Colobriè- 
res & de Grimaud, en i-3i6. Ce Guillaume fut peut-être le père de Foulques de Pontevès, 
aufli Cofeigneur de Grimaud, mort avant 1 366, laiffant un fils mineur, du prénom de Guillaume, 
qui devint Cofeigneur de Grimaud. Celui-ci eut pour fils Foulques de Pontevès, Seigneur du 
château de FlatTans (b), qui époufa, vers 1390, Isabelle ou Belette de Pontevès, de la maifon 
d'Agoult de Pontevès. Un de leurs fils, Gautier de Pontevès, Seigneur de FlalTans, prit aufli 
alliance (en 1429) dans la même maifon (avec Mételine de Pontevès), & le fils cadet de ceux-ci, 
Durand de Pontevès-FlalTans, héritier de fon coufin germain, Jean-Baptifte de Pontevès-Car- 
cès, fous l'obligation de prendre les armes écartelées d'Agoult-Pontevès, fut le continuateur 
de la branche de Carcès. Le frère aîné de Durand ne laiffa qu'une fille, de forte que cette 
autre branche de la première maifon de Pontevès, fe fondit également dans la maifon d'Agoult. 

Hugues & Foulques de Pontevès, cités par Papon (t. III, Suppl., p. I à IV), d'après des docu- 
ments des Archives de Naples, comme ayant pris part à la conquête de Naples par Charles d'An- 
jou, Comte de Provence, en 1264, appartiennent inconteftablement à la même branche. 

Enfin, c'elt probablement auffi à un rameau de la première maifon de Pontevès que fe rat- 
tache la branche dite d'Aix (voir plus haut, p. 95), dont on peut fuivre la filiation jufqu'à la 
féconde moitié du XVII e fiècle. 

{a) Pour les détails de ce qui fuit, voir plus haut, p. 34 & fuiv. 

(b) Ce fief femble lui être venu de François de Pontevès (peut-être fon oncle), qualifié d'Écuyer de Flalfan en i334. 



de SABRAN-PONTEVÈS. 



°7 



de SABRAN, 



Comtes Jouverains de Forcalquier, Barons d^Anfouis, Barons de Lunel, Barons 
de Rochefort, Barons de Cérejle , Barons de Baudinard , Barons de Mata- 
grifon {en Grèce), Comtes d'Ariano, d'Apici, d'Afcoli & d'Anglone, Marquis de 
Foumaix (en partie), Vicomtes de Majjat, &c; anciens Seigneurs Barons de 
Sabran, d'Usés, du Caylar, de Bagnols, de Saint- Vidor, de Cavillargues, du 
Thor, de Châteauneuf, de Jonquières, de Caumont, de Robion, d' Airagues , de 
Cavaillon, de Fournès, de la Tour -d' Aiguës, de Cucnron, de Vaugine, de la 
Motte, de Cadenet, de Puylobier, de Montalvagne, de Cabrières, de la Salle, 
d' Aiguines, de Cadarache, de CreJJia, de Janfon, de Villelaure, de Tréfemines , 
de Goult, des Baumettes, de Dauphin, de Nio{elles, de Labrillane, de Peyruis, 
de Château-Amoux, de la Roche, de Saint-Saturnin, d'0\e, de Vitrolles, de 
Viens, de Grambois , de Lourmarin, de Voix, de Saint- Martin de la Brafque, de 
Gignac, de Saint-Chrifiol, d'Ongles, de Mer/a, de Mirabeau, de Saint-Vincent, 
de Chantereine , de Villeneuve, de Montblanc, de Villevieille, de Canjuers, de 
Roumoules, du Biofc, de Beauregard, de Sardon, de Salleperine, &c, &c. 

DUCS HÉRÉDITAIRES ET PAIRS DE FRANCE. 

EN LANGUEDOC, PROVENCE, DAUPHINÉ, BOURGOGNE, 
AU COMTÉ-VENAISSIN, et AU ROYAUME DE NAPLES. 




De Gueules au Lion d'Argent. — Couronne : de Duc. — Cimier : un Lion ijj'ant. 
Supports : deux Lions. — Devise : Noli irritare leonem! 



Nous avons déjà fait reffortir brièvement la grandeur & l'antiquité de la Mailbn 
de Sabran. Dès le X e fiècle, elle occupait Tune des premières places dans l'ariflo- 
cratie du Languedoc, afïurément en railbn d'une illufîre origine, &, avant le milieu 
du XIII e fiècle, elle avait exercé les plus hautes charges à la cour, poffédé la 
fouveraineté du comté de Forcalquier & conclu des alliances royales. ImpuhTants 
à établir documentairement, ou tout au moins avec apparence de probabilité, cette 
haute origine, quelques généalogiftes du XVI e & du XVII" fiècles, plus enthou- 
fiaftes qu'érudits, tels que Noftxadamus, ont voulu l'expliquer à leur façon, exclu- 
fivement par le blafon. Ils font donc defeendre la maifon de Sabran de Stilicon, 
le célèbre général de TEmpereur Théodofe, dont il épouia la nièce, Serena, & qui 
fut Régent de l'empire d'Occident pendant la minorité d'Honorius (IV e fiècle). Cette 



io8 de SABRAN-PONTEVÈS. 7Ï 6 



prétendue defcendance n'eft balëe que fur ce fait que Stilicon aurait porté fur fon 
bouclier un Lion d'Argent fur fond de Gueules. D'autres généalogiftes la font dériver 
d'un cadet de la maifon de Luxembourg qui portait également un Lion dans fes armoi- 
ries: d'autres encore la préfentent comme iffue des anciens Rois de Bohème. Pour 
fortir du domaine des légendes, nous conftaterons que le fagace hiftorien Remer- 
ville de Saint-Quentin, dont nous avons déjà parlé, ert fans doute autrement près 
de la vérité en foutenant que les Sabran étaient iifus des anciens Ducs d'Aquitaine, 
dont le Lion continuait le fymbole. Il les fait defcendre d'un Emenon, Comte de 
Périgueux, père d'Arnaud, lequel fuccéda au comté de Bordeaux vers 864. Il y a 
là, lèmble-t-il, quelque méprife fur les perfonnages, à confidérer les dernières in- 
verti gâtions hiftoriques fur cette matière. Sans abandonner le principe pôle, on peut, 
croyons-nous, préfenter la queftion fous un autre afpect. Il eft certain qu'un Émenon 
fuccéda, avant 838, à fon père Bernard, comme Comte de Poitiers. Il en fut révo- 
qué par Louis le Débonnaire en 83o, devint Comte d'Angoulème en 863 8c fut 
tué en 866. Néanmoins fon fils Adhémar recouvra le comté de Poitou en 8g3 & le 
conferva juf qu'en 902. Le fucceffeur du Comte Lmenon avait été inverti du titre 
de Duc d'Aquitaine en 84D. Un autre Emenon, neveu du Comte, fut excommunié 
en 878 pour s'être emparé d'Évreux. Qu'ert-il devenu? On l'ignore. D'autre part, 
fon frère aîné, Bernard, était, depuis 864, Marquis de Gothie, ou de Septimanie 
réduite, dont la capitale fut Narbonne. Il devint Comte d'Autun en 872, mais fut 
dépouillé de fes dignités en 876, 8c périt, croit-on, vers 880. Ils avaient pour père 
Bernard, châtié de Poitiers en 83g (frère puîné du Comte Émenon 1, 8c pour mère, 
Richilde, fille de Roricon 1 er , Comte du Maine. 

De tout ce qui vient d'être dit, il faut rapprocher ce fait que le membre de la 
maifon de Sabran par lequel on commence la filiation 8c qui vivait dans le premier 
quart du XL fiècle s'appelait aulïî Emenon, 8c il eft frappant que ce prénom, fort 
peu ufité, fut porté, dans fa defcendance immédiate, pendant trois générations fuc- 
celfives. D'autre part, Emenon I er de Sabran occupait déjà on peut dire le premier 
rang à la cour du Comte de Touloufe, Guillaume-Taillefer III. La lituation de fon 
fils Guillaume I", illuftre guerrier 8c compagnon du Comte Raimond de Saint-Gilles 
à la première croifade, fut encore plus élevée, 8c lorfque fon petit-fils, Guillaume III 
de Sabran, devint, en 1 157, Connétable héréditaire des Comtes de Touloufe, il fai- 
fait précéder fon titre, ainfi que fon fils 8c fucceffeur, de la formule fouveraine, 
« par la grâce de Dieu ». Du moment qu'ils le faifaient, c'eft qu'ils en avaient fans 
doute le droit; mais d'où leur venait-il? La réponfe qui s'impofe, même à défaut 
des documents, c'eft qu'ils étaient eux-mêmes d'origine fouveraine. Et en fe repor- 
tant à ce que nous avons dit plus haut, rien n'empêche d'admettre qu' Emenon, 
frère de Bernard, Marquis de Septimanie, le trouvant excommunié, le foit réfugié 
à la cour du Comte de Touloufe 8c qu'il ait pris alliance dans la famille de celui-ci, 
si toutefois des liens de parenté ne l'y unifiaient déjà, 8c qu'il ait pu ainlî fonder 
la puilfante maifon de Sabran. Un liècle, en effet, c'eft-à-dire trois générations à 
peine, féparent feulement cet Emenon du premier membre authentique de cette 
famille. Si l'on écarte l'hypothèfe de fon origine fouveraine, comment expliquer 
que les Sabran étaient déjà coufïns des Comtes de Forcalquier avant 1 1 68 8c que 
deux coufïns germains de la même fouche époulèrent encore, vers 1 178-1 180, deux 
filles de la maifon de Forcalquier? L'une d'elles donna naiffance à Guillaume de 
Sabran, qui fut de fait pendant quelque temps le fouverain de ce comté, tandis que 
l'autre, Garlinde, qui en était l'héritière réelle, eut pour filles : i° Garsinde de Sa- 
bran, laquelle, devenue veuve d'ALPHONSE, Comte de Provence, gouverna elle-même 
ce comté pendant la minorité de fon fils 8c fut l'aïeule de quatre reines puilfantes; 



7 ,7 de SABRAN-PONTEVÈS. 109 

2° Béatrix, qui époufa André de Bourgogne, Dauphin de Viennois. D'auffi hautes 
alliances ne peuvent fe juftiner que par une extraction femblable. 

En raiibn de ces alliances, les Sabran jouèrent un rôle auffi confidérable auprès 
des Comtes de Provence, leurs coufins, qu'à la cour des Comtes de Touloufe jul- 
qu'à la mort du dernier, Raimond VII (1249). La branche des Barons d'Anfouis, 
illuftre entre toutes, fut formée par Guillaume, frère confanguin de Garfinde de 
Sabran, ComtefTe lbuveraine de Forcalquier. Son fils, Elzéar de Sabran, fuivit 
Charles d'Anjou, Comte de Provence, petit gendre de Garfinde, à la conquête de 
Naples en 1266, & y implanta une branche, dont les membres exercèrent fucceiTive- 
ment les fondions de Grand Jufticier du royaume, de Vice-Roi de la terre de La- 
bour, de Grand Sénéchal & de Maréchal du royaume. Elle y pofféda les comtés 
d'Ariano, d'Anglone, d'Apici & d'Afcoli. L'un des petits-fils d'Elzéar fut le vertueux 
Elzéar de Sabran, Comte d'Ariano, qui mérita d'être élevé au rang des faints & 
qui avait pour époufe Sainte Delphine. Le frère aîné de celui-ci, Isnard, devint par 
mariage un des hauts Barons de la Morée, en Grèce, & fa fille, Isabelle de Sabran, 
époufa un Infant de Majorque, d'où iffurent deux Rois de Majorque, dont la des- 
cendance, comme on Ta déjà vu, fe ramifie dans plulleurs maifons Souveraines. 

La branche fixée dans le royaume de Naples s'éteignit dans le premier quart du 
XV e fiècle. Celle des Barons d'Anfouis, détachée de la précédente en la perfonne d'un 
neveu de Saint Elzéar, difparut dans la ligne aînée deux iiècles plus tard. La lignée 
cadette, celle des Barons de Baudinard, fondée vers le milieu du XV'' fiècle, s'elf 
perpétuée jufqu'au milieu du nôtre, après avoir fourni plufieur s rameaux ou branches 
qui s'éteignirent avant la précédente. Le dernier rejeton fut, ainfi que nous l'avons 
dit (p. 1), Élzéar-Louis-Zozime de Sabran, Lieutenant général, Duc 8c Pair de 
France, mort le 22 Janvier 1847, a P r ès avoir adopté les deux coufins de fa femme, 
Marc-Edouard & Joseph-Léonide de Pontevès-Bargème, que l'ordonnance royale 
du 18 Juillet 1828, confirmée par Lettres patentes, avait déjà iubftitués à la pairie, au 
majorât 8c au titre du Duc de Sabran. 

La maifon de Sabran ne fut en réalité l'objet que d'un feul travail développé, in- 
féré dans les Généalogies hiftoriques des Rois, Ducs, Comtes, &c, de Bourgogne, 
par Chazot de Nantigny {a), à la fuite des Comtes de Forcalquier. Ce travail con- 
fiée en fept tableaux généalogiques, accompagnés d'une notice hilforique, tirée 
des renfeignements épars dans Y Hijîoire du Languedoc de Dom VaifTète, dans 
l'Hiftoire de Provence, par Bouche, dans Y État de la Provence de l'Abbé Robert, 
8c dans quelques autres fources. C'eft cette notice qui fervit de bafe à celle 
comprife dans le t. XV du Dictionnaire de la NobleJJe de Lachenaye-Desbois (1786) 
8c au réfumé qui en a été donné par Courcelles au t. VIII de ion Hiftoire généa- 
logique des Pairs de France (1827) (b). Le travail de Chazot, très méritoire d'ailleurs 
comme une première tentative de généalogie complète, laifle cependant beaucoup 
à défirer. L'auteur n'eut à fa dilpofition que peu de matériaux, généralement de 
féconde main, fouvent erronés & dont il ne fut pas toujours bien fe fervir, de forte 
qu"il commit nombre d'inexaclitudes ou laiffa des lacunes regrettables. Nous avons 
été plus heureux grâce à de riches archives appartenant au chef de la maifon de 

(a) Paris, 1738, in-4, pp. 5i--53i. Ce volume forme le t. IV des Généalogies hiftoriques des Maifons f< 
raines du même auteur. 

(b) Le travail le plus récent, bafé fur ceux ci-deffus, eft la généalogie confacrée à la maifon de Sabran par 
M. P. de Courcy dans fa continuation de VHiftoire de la mai/on de France, des Pairs, Grands Officiers de la 
Couronne, &c, du P. Anfelme & les continuateurs (Paris, Firmin-Didot. 1873-1881, in-4 , x - IX, -"partie. 
pp. 98 à 107). 



no DE SABRAN-PONTEVÈS. 



718 



Sabran-Pontevès, comprenant en originaux ou en copies authentiques des docu- 
ments intéreffant la famille depuis le milieu du XII e fiècle. En y joignant les pièces 
confervées dans les archives 8c bibliothèques publiques ou privées, qui font parvenues 
à notre connaiffance, & une foule de renfeignements inférés dans des cartulaires & dans 
des ouvrages imprimés de date récente, nous avons pu refaire de fond en comble 
cette grande généalogie. Si quelques points n'en font pas encore tout à fait élucidés, 
cela tient à rinfuffifance des documents connus fur certaines branches. Tel qu'il 
eft, ce nouveau travail permettra de bien fe rendre compte de la grandeur de la 
Maifon de Sabran. On y verra combien confidérable était le rôle que fes membres 
ont joué, pendant des fiècles, dans les affaires politiques & guerrières, & jufqu'à 
quel point ils ont prodigué leur fang fur les champs de bataille. Elle compte de 
nombreux Chevaliers de Malte, des Chevaliers de Saint-Louis, toute une férié 
d'Officiers de marine, dont un Lieutenant général des armées navales, puis un 
Lieutenant général des armées de terre, enfin un Ambaffadeur de France au 
XVII e fiècle. Elle fournit un bon nombre de Dignitaires de TÉglife : un Archevêque, 
Légat du Pape (X1 C -XII' fiècles), un Patriarche de Jérufalem (1348), un Cardinal 
(1378), un Abbé de Saint-Victor de Marfeille (XIII e s.), fept Evêques, parmi lefquels 
le dernier Evêque-Duc de Laon, dont la fœur fut la dernière Abbeffe de Chelles, 
enfin une Abbeffe d'Origny-Sainte-Benoîte. 

Le plus ancien membre que les généalogiftes de cette maifon aient connu jufqu'à 
préfent eft Emenon I e ', vivant en 1029. Cependant le Cartulaire de Cluny (t. III, 
n° 1987) nous en fait connaître un qui vécut au moins trente ans auparavant. C'eft 
Rostaing de Sabran, qui fut un des témoins de l'acte par lequel Rotbald, Comte 
& Marquis de Provence, fa femme Eimildis, la Comteffe Adélaïde (femme de Guil- 
laume 1", Comte de Provence, frère aîné de Rotbald) & fon fils Guillaume, donnent 
à la célèbre abbaye de Cluny le château de Podium Odinum, dans le comté d'O- 
range. Cette charte n'eft pas datée, mais elle fe place chronologiquement entre 993 
& 1002 au plus tard. Roftaing y porte déjà fon nom patronymique (Roflagnus de 
Sabran). Il y figure à côté des plus grands perfonnages, & même avant le Comte 
Abellonius, fun des fils de Guaracho ou Varaco, iffu des anciens Comtes d'Apt, 
dont nous avons déjà parlé (voir plus haut, p. 7), ce qui démontre qu'il occupait 
un rang très élevé (a). Le château dont il tira fon nom (en latin de Sabrano ou de 
Sabra) était fitué dans le diocèfe d'Uzès (b). Déjà au XII e fiècle il relevait de l'Évêque 
d'Uzès. Il eft fort poffible que ce Roftaing fût le père d'ÉMENON I er de Sabran, par 
lequel commence la filiation fuivie. 

(a) Voici ce que dit Papon (t. II, p. 170, note) : « Rotbold régna fur toute la Provence après fon frère. Gaufridi 
ajoute que les chartes lui apprennent que Roftain de Sabran était un des principaux feigneurs de fa cour. Cela 
n'a rien qui répugne à l'ancienneté de la maifon de Sabran, mais nous n'avons point connaiffance de ces chartes. » 
Celle ci-deffus confirme le dire de l'hiftorien Gaufridi. 

(b\ « Sabran, commune du canton de Bagnols, centre d'une petite portion de l'Ufège, appelée la Sabranenquc, 
qui fut, au moyen âge, le fiège de la baronnie de Sabran. On voit encore, fur une montagne qui domine la Sa- 
branenque, les ruines du vieux château de Sabran. » (Germer-Durand, Diâionnaire topographique du départe- 
ment du Gard ; Paris, 1869, in-4, p. 192.) — Cette baronnie fortit de la maifon de Sabran au XV e fiècle. Albert Hen- 
rici ou Aîriaci (des Alrics) était en 1423 Cofeigneur de Sabran. Antoine Heur ici, dit de Sabran, Cofeigneur d'Ai- 
guines& de Saint-Julien, poilédait en commun avec Giraud Artaud des héritages dans l'Isle du Bofc-Sabranenc, 
que celui-ci aliéna le i3 Septembre 1482 (Pithon-Curt, t. III, p. 584-585). Dans la féconde moitié du 
XV e fiècle, la feigneurie de Sabran a appartenu à deux membres de la maifon d'Albert de Luynes (P. Anfelme, 
t. IV, p. 265), partiellement fans doute, car à la même époque Roftaing de Banne en était feigneur en partie. Sa 
fille & héritière, Catherine de Banne, époufa,le 29 Septembre 1479, Louis Nicolay, qui rendit hommage à l'Evêque 
d'Uzès, le 2b Avril 1488, pour une partie de fes terres de Sabran & du Colombier. Leur fils, Jacques de Nicolay, 
& fes defeendants ont porté le titre de Baron de Sain-an juiqu'à la révolution (d'Hozier, Armoriai général, 
regiftra V e , p. 872 & fuiv.i. 



7'9 



de SABRAN-PONTEVÈS. m 



PREMIER DEGRÉ. 

Émenon I er de Sabran futpréfent, le 18 Décembre 1029 (xp° cal. Januarii), avec 
le Comte de Touloufe (Guillaume-Taillefer III) & plufieurs grands Seigneurs, 
à l'acle de fondation du monaflère de Saint-Pierre-de-Sauve (alors diocèfe de 
Nîmes, puis celui d'Alais), par Garfmde, Vicomteffe de Béziers, veuve de Ber- 
nard, Seigneur d'Anduze & de Sauve (a). On peut lui attribuer trois fils : 

1. Guillaume de Sabran, qui fuit. 

2. Émenon II de Sabran, qui futpréfent, avec fon frère Guillaume (« ... Wil- 

lelmo & Emenone fratre ejus de Sabran »), à l'acle par lequel Almodis, 
ComtefTe de Touloufe (veuve du Comte Pons), & fon fils Raimond, dit 
enfuite de Saint-Gilles, alors Comte de Rouergue , de Nîmes & de Nar- 
bonne, unifient l'abbaye de Saint-Gilles à celle de Cluny; aète paffé, dans 
une affemblée provinciale, tenue dans l'églife de Saint-Baufile, près de 
Nîmes, le i5 Décembre (odavo decimo cal. Januarii) 1066. Les deux 
Seigneurs de Sabran, y figurent au premier rang parmi les témoins laï- 
ques (b). On eft autorifé à croire que c'eft Émenon (c) qui fut père de 
Gibelin II de Sabran qui figure comme témoin (à la troifième place 
après Guillaume de Sabran, ci-deffous), dans un ade de donation faite, 
en 1088, par Raimond de Saint-Gilles, Comte de Touloufe, à l'ab- 
baye de Saint-André de Villeneuve, près d'Avignon (d). — Par contre, 
on ne faurait affirmer, comme le fait Pithon-Curt, & Courcelles qui 
le fuit, que ce Gibelin eut pour frère Giraud Amic (Giraudus Amiens), 
lequel fut préfent, à la fuite de Guillaume de Sabran, à l'adte d'une 
donation faite par le même prince, à la même abbaye, 8c la même 
année (e). Rien ne prouve, en effet, que ce Giraud Amic était de la 
maifon de Sabran, car il pouvait tout auffi bien être le beau-frère de 
Guillaume de Sabran (qu'on fuppofe avoir pris femme dans la maifon 
des Amies), ou même n'avoir eu aucune parenté avec celui-ci. 

3. Gibelin I er de Sabran, élu Archevêque d'Arles par le concile tenu à Avi- 

gnon en 1080, & facré à Rome. Envoyé, comme Légat du Pape, en 1107, 
pour préfider un concile à Jérufalem, il fut nommé Patriarche de cette 
ville, & Légat du Saint-Siège en Orient. 11 mourut en Paleftine en Dé- 
cembre I I 12 (f). 

(a) Dom VailTète, Hiftoire du Languedoc, nouv. édit., t. III, p. 267. L'original de cet ade eft aux archives 
de l'abbaye de Saint-Guilhem-du-Défeft; reproduit dans D. VailTète, t. V, col. 388-3go. 

{b) D. VailTète, t. III, p. 35o. L'original aux archives de l'abbaye de Cluny; reproduit dans D. VailTète, t. V, 
col. 542-544. 

(c) Des génèalogiftes & des hiftoriens doués de peu de fens critique, pour ne pas dire fantaififtes, font époufer 
à cet Émenon, qui vivait en io56, une fille du Comte de Savoie, titre qui n'exiltait pas encore à cette date, & ils 
lui attribuent trois fils : Rollaing, le Connétable (voir plus loin, au V e degré), qui mourut vers i 209; Guillaume, 
qu'on préfente comme le père de Giraud-Amic II, qui époufa, vers 1 180, Alix de Forcalquier, & Louis, perfon- 
nage imaginaire qu'on dit marié, vers 1 i5o, avec une Urfule d'Autriche, tout auffi inconnue, tille du Duc d'Au 
triche, nièce germaine du Duc de Bavière, du Roi de Hongrie & de Bohème; enfin, on lait de ce Louis le 
père d'Elzéar de Sabran, marié, un ftècle plus tard, avec Cécile d'Agoult! 

{d) D. VailTète, t. III, p. 452. Acte reproduit au t. V, col. 707-708. 

(e) Ibidem, t. V, col. 708-709. — Pithon-Curt, t. I, p. 27. 

(/) Gallia chrijliana, t. I"'. — Papon, Hiftoire de Provence, t. I er , p. 3o8. — Comte de Mas-Latrie. Tréfor de 
chronologie, Paris, 1889, in-fol., col. 1 375. — Ce prélat était refté inconnu aux génèalogiftes de la maifon de Sa- 
bran. On poffède aux archives des Bouches-du-Rhône une lettre de lui, écrite en 1 1 12 à fes adminiftrés en 
Provence. 



Li2 de SABRAN-PONTEVÈS. 



720 



II. DEGRE. 

Guillaume I er de Sabran, le compagnon inféparable de Raimond de Saint- 
Gilles, qui devint Comte de Touloufe en 1088, naquit vers 1040. En Août io65, on 
le voit ligner, immédiatement après ce prince, l'acte d'union du monaftère deGou- 
dargues à l'abbaye de Cluny (a). Dans l'acte du i5 Décembre 1066, cité plus 
haut, il occupe le premier rang parmi les témoins laïques. Vers 1077, il fut un 
des neuf otages donnés par le Comte Raimond à Ermengarde, Vicomteffe de Bé- 
ziers, en gage de la promette de l'aider, elle & lbn fils, contre les Vicomtes de 
Narbonne (b). En 1084, il figure parmi les témoins de l'acte d'abandon fait par 
le Comte Raimond du droit qu'il avait fur les dépouilles des Evêques de Bé- 
ziers (c). En 1088, il foufcrivit en qualité de premier témoin du Comte Raimond, 
& avant Elzéar d'Uzès, à une donation faite par ce Prince à l'abbaye de Saint-An- 
dré d'Avignon, &, la même année, à une autre charte de même nature, actes 
dont nous avons déjà parlé à l'article de Gibelin II de Sabran. Le 28 Juillet (i>° cal. 
Augujîi) 1094, il fut un des fignataires (« ... Willelmus de Sabra firmavit ... ») d'une 
charte du Comte de Touloufe en faveur de l'abbaye de Saint- Victor de Mar- 
feille (d). En Juin 1095, il figure comme témoin au contrat de mariage de Bernard, 
fils du Comte de Touloufe, avec Hélène de Bourgogne, fille d'Eudes I er , Duc de 
Bourgogne (« Guillermus de Sabrano firmat in œternum ») (e). Le 6 Juillet (« pridie 
nouas Julii ») 1096, il appofa lbn fceau (« Sig. Guillelmi de Sabrano ») à une charte 
de dotation de l'églife de Nîmes par le Comte de Touloufe (f). 

Raimond de Saint-Gilles, Comte de Touloufe, fut le premier des Princes qui 
répondit immédiatement à l'appel du PapeUrbain II & du Concile de Clermont où 
fut décidée la première croifade. Guillaume de Sabran fut tout naturellement le 
premier des grands Seigneurs dont la place était à côté de fon fouverain. Peu de 
temps avant leur départ, ils allèrent faire un pieux pèlerinage à l'abbaye de la 
Chaife-Dieu en Auvergne, 8: à cette occafion le Comte Raimond donna à cette 
abbaye les églifes de Saint-Pafque, de la Vierge & de Saint-Nazaire de Beaucaire. 
L'acte qui confacre ce fait témoigne autti de la haute fituation de Guillaume de 
Sabran; il porte en effet que le Comte fit cette donation « du confeil d'illuftres 
feigneurs : de Bertrand, fon fils, de Guillaume de Sabran, &c. (« cum confilio viro- 
rian illujîrium, Bertrandi , filii fui, & Guilhelmi de Sabrano... »), le plaçant ainfi 
immédiatement après l'héritier du trône (g). Gibelin de Sabran, Archevêque d'Ar- 
les, frère préfumé de Guillaume, confirma la donation de ces églifes, limées dans 
fon diocèfe (h). 

Raimond de Saint-Gilles était le plus âgé de tous les princes croifés, 8c ne cé- 
dait à aucun en valeur. Il fut donc reconnu pour généralifïime de toute l'armée 
des chevaliers de la Croix fournie par les provinces méridionales de la France, 
armée d'environ cent mille hommes. Guillaume de Sabran, du même âge à peu 
près que le Prince, fut fon lieutenant. L'armée fe mit en route pour la Terre 
Sainte vers la fin d'Octobre 1096, par voie de terre, & arriva devant Nicée le 6 Mai 

ia) D. Vaiffète, t. V, col. 53i-53a. 

(b) Ibidem, t. V. col. 635. 

(c) Ibidem, t. V, col. 685-688. 

(d) Ibidem, t. V, col. -3 1-732. — Carlulaire de S.-Viâor, n° 686. 

(e) Ibidem, t. V, col. 738-739. 

(f) Ibidem, t. V, col. 742-743. 
\g) Ibidem, t. V, col. 746-747. 
[h] Ibidem, t. III, p. 490-491. 



721 



de SABRAN-PONTEVÈS. n3 



fuivanî. On fait le grand rôle que Raimond de Saint-Gilles joua dans cette croi- 
fade. Les hiftoriens contemporains rappellent auffi certains hauts faits de Guil- 
laume de Sabran. Il contribua beaucoup à la prife d'Antioche (3 Juin 1098), & y 
fit prifonniers la mère & les fils de Dacien (Agh'oucian), Gouverneur de cette place ; 
dans la fuite , il en tira une rançon de trois mille befans d'or (a). En Juin 109g, neuf 
vaifTeaux génois étant arrivés au port de Joppe (Jaffa) pour venir au fecours des 
croifés, le Comte de Touloufe, dans le but de favorifer le débarquement, y envoya 
trente cavaliers & autant de fantaffins, qui le trouvèrent aux prifes avec fix à fept 
cents infidèles. Raimond Pelet & Guillaume de Sabran, furvenus à la refcomTe avec 
cinquante cavaliers, « donnèrent fur l'ennemi avec tant de fureur qu'ils en laiiïè- 
« rent deux cents fur la place, pourfuivirent les autres pendant quatre milles, & 
« leur prirent cent chevaux... Le détachement joignit enfuite fans obftacles les 
« Génois au port de Joppe » (b). Le jour de la prife de Jérufalem, le Comte de 
Touloufe, qui commandait l'attaque du côté fud, efcalada la muraille l'épée à la 
main, « fuivi d'Ilhard, Comte de Die, de Raimond Pelet, de Guillaume de Sabran, 
« de l'Evêque d'Albara & de plufieurs autres Seigneurs, qui, après avoir écarté 
« les ennemis, ouvrent auflitôt la porte du midi au refte de l'armée » (c). Le fort 
ultérieur de Guillaume de Sabran demeure inconnu; mais comme le Comte de 
Touloufe avait fait le vœu de ne plus retourner dans fa patrie & d'employer le 
refte de fes jours à combattre contre les infidèles, vœu qu'il obferva fcrupuleu- 
fement, tout porte à croire que fon compagnon inféparable fit de même, & qu'il 
mourut auffi en Terre-Sainte, probablement avant fon fouverain, car il ne figure 
pas dans le teftament de celui-ci, fait au Mont-Pèlerin, en Syrie, le 3i Janvier 1 io5 
(v. IL), où l'on voit parmi les témoins Decan de Pofquières, de la maifon d'Uzès, 
qui avait foule rit, à côté de Guillaume de Sabran, la charte de 1094, citée plus 
haut. Toujours eft-il qu'on ne trouve plus aucune mention de lui après la prife 
de Jérufalem. L'écuffon de fes armoiries eft peint fur la frife dans la Salle des 
Croifades au palais de Verfailles. 

On ignore le nom de fa femme, mais on eft autorifé à fuppofer qu'elle était 
héritière d'une branche de la maifon Amic (<i), attendu qu'à partir de la génération 
fuivante nous trouvons régulièrement des membres de la maifon de Sabran pren- 
dre ce nom d'abord en guife de prénom, puis à titre de nom patronymique dans 
une de fes branches. Guillaume de Sabran eut au moins quatre fils : 

1. Guillaume de Sabran, qui fuit. 

2. Émenon III de Sabran, qui s'affocia, avec fon frère aîné, aux actes de violence 

exercés par Bertrand, Comte de Touloufe, contre l'abbaye de Saint-Gilles, 
& fut frappé de l'excommunication en 1107. Après en avoir été relevé, il 
femble s'être tenu à l'écart des conflits ultérieurs entre les mêmes partis. 
En 1 125, il appofa fon fceau (« S. Emenonis de Sabra »), immédiatement 
après Alphonfe -Jourdain, Comte de Touloufe, au bas d'un acte d'engage- 
ment fait par Gauzbert de Fumel, Abbé féculier de Moiffac, à l'égard de ce 
monaftère (e). Enfin, en 1 1 38, avec Roftaing, fon autre frère, il eft en tête 
des témoins dans un acte de donation au profit du Comte de Touloufe (/). 

(a) D. Vaiffète, t. III, p. 5i2, d'après le chroniqueur Albert d'Aix (livre 5, chap. 24). Chanoine & Gardien de 
l'églife d'Aixen Provence, mort après 1110. 

(b) lbidem,t. III, p. 53o, d'après Raimond d'Agiles, Chapelain du Comte de Touloufe & témoin oculaire. 

(c) Ibidem, t. III, p. 532. 

(<i) Voir fur cette maifon la notice inférée à la fuite de la préfente généalogie, 
(e) D. Vaiflète, t. V, col. 939-040, & t. III, p. 661. 
(/) Ibidem, t. V, col. 1026-1027. 



RegiJIrc feptième. 91 



ii4 de SABRAN-PONTEVÈS 



22 



3. Pierre de Sahran, qui était auprès de Bernard-Aton, Vicomte de Béziers. Le 

9 Janvier 1 1 16 (v. ft.), il appofa fon fceau fur un acte de donation fait à ce 
prince (<z), & de même fur le teftament de celui-ci , fait à Carcaffonne le 
7 Mai 1 1 18 (b). On eft porté à croire que ce perfonnage entra enfuite dans 
les ordres & qu'il eft identique avec Pierre de Sabran qui figure, en qualité 
de Doyen (« Petrus de Sabrano, Decanus »), dans une charte de dona- 
tion faite par le Comte de Touloufe à l'abbaye de Saint-André d'Avi- 
gnon, en 1 1 33. Le même eft encore au nombre des témoins, avec le titre 
de Prieur de Todone, dans deux autres donations faites par le même 
prince à la même abbaye, en 1 140 8c 1 142. Elu en 1 143 Evêque de Sifteron, 
il figure comme tel, à côté de Guillaume de Sabran, le Connétable , dans un 
acle de 1 1 57, portant conceffion à l'Ordre de Saint-Jean d'une chapelle file 
à Saint-Gilles, &:, en 1 168, à l'acte d'acceffion à cet Ordre par Guillaume & 
Bertrand, frères, Comtes de Forcalquier (c). Il fit un pèlerinage à Jéru- 
falem, & mourut à Forcalquier le 7 Décembre 1171 (d). 

4. Rostaing I er de Sabran, qui fut, en u3o, un des témoins du ferment fait 

par Alphonfe, Comte de Touloufe, aux trois fils de Bernard-Aton, Vicomte 
de Béziers & de Carcaïfonne, de les maintenir dans la paifible pofFefïion 
de leurs domaines (e). En ii3i, il figure parmi les témoins d'un juge- 
ment rendu par le Comte de Touloufe, au fujet du différend qui était entre 
l'Evêque & les Vicomtes de Béziers (/'). En 11 32, il affilia au traité inter- 
venu entre le Comte de Touloufe & Guillaume de Montpellier, au fujet 
du comté de Melgueil (g). En 11 33, il ibufcrivit le premier, avec fon fils, 
Pierre-Amic, de la part du Comte de Touloufe, une charte de donation à 
l'abbaye de Saint-André d'Avignon, parmi les témoins de laquelle figure 
Pierre de Sabran, Doyen (voir ci-deffus) (h). En Août 1 134, il figure parmi 
les témoins de la charte par laquelle le Comte de Touloufe reconnut offi- 
ciellement dans fes domaines l'Ordre des Templiers (/). En 11 38, on le 
voit en tête des témoins, avec fon frère Emenon, dans un acte de donation 
au profit du Comte de Touloufe (voir ci-deffus). Il apparaît encore, tou- 
jours en tête des témoins, dans deux actes de donation par le Comte de 
Touloufe à l'abbaye de Saint-André d'Avignon, en 1140 & en 1142(7"), 
8c enfin dans un accord, paffé à Fourques fur le Rhône le 2 Septembre 
1143, entre le même prince & l'Archevêque d'Arles, au fujet de la terre 
d'Argence (k). Nous ne croyons pas pouvoir attribuer d'autres actes à ce 
Roffaing de Sabran, qui dut mourir peu de temps après (/). 

(a) D. Vaiffète, t. V, col. 852. 
{b) Ibidem, t. V, col. 863-867. 

[c) Authentique de la tuai/on du prieuré de. Saint-Gilles, dans la Revue hijl. de Provence, 1890, n° 3, p. g3. 

[d] Ce prélat n'eft point mentionné dans les généalogies. Il pourrait tout auffi bien avoir été fils de Gibelin II 
ci-deffus & petit-neveu de Guillaume I er de Sabran. 

le) D. Vaiffète, t. III, p. 673, & t. V, col. 962-963. 
(/*) Ibidem, t. V, col. 975-977. 
[g) Ibidem, t. V, col. 984-988. 

(h) Ibidem, t. III, p. 687, & t. V, col. 993-996. << Rojlagnus de Sabra & Petrus Amiens, filius ejus ». 
(i) Revue hijlorique de Provence, 1890, n ù 1, pp. 1-2. 
j) D. Vaiffète, t. III, p.. 724, & t. V, col. 996-998. 
(k) Ibidem, t. III, p. 729. 

(J) Les généalogiftes ont confondu ce Roflaing de Sabran avec un autre Roftaing, qui ne peut être que fon 
neveu & qui fut tige de là branche d'Uzès. 



7 »3 de SABRAN-PONTEVÉS. n5 



III. DEGRÉ. 

Guillaume II de Sabran, né vers 1080, appuya, avec fon frère Émenon & d'au- 
tres feigneurs, les actes de violence auxquels Bertrand, Comte de Touloufe, fe 
laifla aller, en uo5, à l'égard de l'abbaye de Saint-Gilles. Le Pape Palcal II, 
après avoir ufé de ménagements, adrefïa à ceux-ci, le 4 Février 1107 (v. ft.), 
une bulle leur intimant Tordre, fous peine d'excommunication, de changer d'at- 
titude, &, deux jours après, il chargea Gibelin de Sabran, Archevêque d'Arles, 
de prononcer l'excommunication contre le Comte & fes complices (a). Le Comte 
Bertrand finit par fe ioumettre, mais les querelles recommencèrent fous le règne 
de fon fuccefîeur, Alphonfe-Jourdain. Guillaume de Sabran emb rafla le parti de 
celui-ci contre fon compétiteur, Raimond-Bérenger, Comte de Barcelone & héritier, 
par mariage, du Comte de Provence. Hugues, Abbé de Saint-Gilles, s'étant dé- 
claré en faveur de ce dernier, le Comte de Touloufe s'empara de force de cette 
abbaye & en chafla l'Abbé & les religieux. Le Pape Calixte II, par une bulle du 
22 Juin 1122, le menaça d'excommunication, lui & fes adhérents : Raimond de 
Baux, Guillaume de Sabran, Elzéar de Caftries, Rainon du Caylar, &c, s'ils ne fe 
foumettaient pas dans un délai de quarante jours (b). Guillaume de Sabran con- 
tinua à refter fidèle au Comte de Touloufe dans fa guerre contre le Comte de Barce- 
lone pour la pofleflion de la Provence, juf qu'au traité de partage du 16 Septembre 
ii25. Poftérieurement à ces faits, nous ne rencontrons plus aucune mention 
de Guillaume de Sabran (c) pendant plus trente ans, mais c'eft lui évidemment 
qui figure, à la date du VI des ides d'Avril (le 8) 11 58, fous le nom de Guil- 
laume de Sabran l'aîné {fenior), & immédiatement avant fon fils, le Connétable, 
dans un acte d'échange entre Raimond V, Comte de Touloufe, 8c le Prieur de 
Saint-Gilles (d). On peut lui attribuer trois fils, dont l'ordre de primogéniture eft 
incertain : 

1 . Guillaume de Sabran, auteur de la branche des Connétables héréditaires 

des Comtes de Touloufe, qui fuit. 

2. Giraud-Amic de Sabran, auteur de la branche dite des Amics, qui fera 

rapportée à la fuite. 

3. Rostaing de Sabran, auteur de la branche des Seigneurs d'Uzès, dite du 

Caylar, dont il fera queftion plus loin. 



BRANCHE DES CONNETABLES HEREDITAIRES 

DE TOULOUSE. 

IV. DEGRÉ. 

Guillaume III de Sabran joua, auprès de Raimond V, Comte de Touloufe. 
un rôle aufll important qu'avait été celui de fon aïeul auprès du Comte Rai- 
fa) D. Vaiffète, t. V, col. 171 1- 171 3. 

{b) Ibidem, t. III, pp. 654-655, & t. V, col. 901-902 & 1 7 1 5 . 

(cl Chazot de Nantigny confond ce Guillaume II avec Guillaume I er . le Croifé, & ne fait des deux qu'un 
feul perfonnage, ce qui n'cll point admiffible en raifon de leurs actions refpeétives, iV furtout en raifon 
des dates, qui ne permettent pas d'attribuer au Croifé une exiftence aulli prolongée. Par conti me au- 

teur dédouble ce dernier, bien à tort, en lui donnant pour père un Guillaume. 
(d) Authentique de la maifon du prieuré de Saint-Gilles, dans la Revue hift. de Provence, 1 890, p. 8 1 -82. 



n6 de SABRAN-PONTEVÈS. 



7 2 4 



mond de Saint-Gilles. Né vers iii5, il n'apparaît dans les a&es connus qu'à 
partir de ii5j. Au mois de Novembre de cette année, il affilia au mariage de 
Ton frère Giraud-Amic, avec lequel il figure poftérieurement dans nombre de 
chartes. En 1 1 55, ils furent caution de l'accord fait par le Comte de Touloufe 
avec Raimond, Evêque de Carpentras, lui reconnaifTant la pofTefïion de la 
moitié de cette ville (a). En 1 1 56, Guillaume, avec Roftaing de Sabran, fut 
en tête des feigneurs qui fe rendirent caution pour Hugues de Baux & fes frè- 
res, dans le traité de paix conclu avec le Comte de Barcelone, traité ayant pour 
principal objet la remile, à celui-ci & au Comte de Provence, ion neveu, du 
château de Trinquetaille (b). En 1 1 57 , le Comte de Touloufe créa, en faveur 
de Guillaume de Sabran, la charge de Connétable, à titre héréditaire. En cette 
qualité {conjîabularius), il figure en tête des témoins laïques dans un acte de 
cette année, portant concefïîon d'une chapelle à Saint-Gilles, par l'abbé de ce 
monaftère, à l'Ordre de Saint-Jean de Jérufalem (c). En 11 58, il eft témoin 
dans une charte de fon fouverain confirmant l'abbaye de Plalmodi dans fes 
poffeffions (d). Le 11 Janvier 1 1 5c> (v. ft.), il fut caution, avec fon frère Giraud- 
Amic 8: d'autres feigneurs, de l'abandonnement fait par le Comte de Touloufe 
à l'Evêque de Carpentras des châteaux & fiefs de fon églife (e). Le i er Juin 1 1 63, 
les deux frères figurent les premiers parmi les fix vaffaux donnés par le Comte 
de Touloufe pour caution de fa promeffe de protéger les chevaliers des Arènes 
qui lui prêtèrent ferment de vivre en paix avec lui jufqu'à ce que Bernard-Aton VI, 
Vicomte de Nîmes, leur fouverain, eût atteint l'âge de quatorze ans (/). Le 8 Juin 
fuivant, il eft au nombre des témoins du traité de paix entre le Comte de Tou- 
loufe & Raimond-Trencavel, Vicomte de Béziers, ainfi qu'à l'acte additionnel à 
ce traité, paffé le même mois, à l'églife de Saint-Etienne, au bourg d'Olmes ou 
d'Ormes {apud Ulmos)., comme le précédent (g). En Juin 1 164, il figure en tète des 
témoins de l'acte de ferment réciproque, paffé à Montpellier, entre le Comte de 
Touloufe & Guillaume VII, Seigneur de Montpellier (A), & aufïi à l'acle de 
donation de la ville de Saint-Martin de Jonquières par le Comte de Touloufe 
aux Hofpitaliers de Saint-Gilles (/). La même année, on le voit, avec la qualité de 
Connétable, dans la charte octroyée par fon fouverain au monaftère de Saint- 
Saturnin-du-Port (aujourd'hui le Pont-Saint-Efprit fur le Rhône) (j). Puis il 
adreffa au Roi Louis-le-Jeune , de même que plufieurs autres grands perfonnages, 
une lettre de plainte au fujet des péages levés par le Comte de Melgueil, lettre 
où il fe qualifie de « Chevalier du Roi » (k). En Juin 1166, il afïifta à l'acte par 
lequel le Comte de Touloufe confirma la donation des marais de Fontcouverte 
au chapitre de Nîmes (/). Le I er Avril 1171, il figure parmi les témoins de l'acle, 
paffé au château de Melgueil, par lequel Béatrix, Comteffe de Melgueil, nomma 

(a) Gallia chrijliana , nouv. édit., t. I e ", preuves, p. 14S. — D. Vaiffète, t. III, p. 796. 

(b) D. Vaiilete, t. III, p. 804. — Barthélémy, Inventaire des chartes de la mai/on de Baux, n° 54. — Pithon- 
Curt it. III, p. 290) dit que dans ce traité figure aufïi : « Raines du Caftellar (Sabran) ». Or ce perfonnage 
(« Rainerius aut Raineus de Caftellar ») eft Raines du Caviar. 

(c) D. VaitTéte, t. V, col. 1211-121 3, & t. VII, p. 128. 
{d) Ibidem, t. V, col. 1205-1206. 

(e) Ibidem, t. III, p. 812, & t. V, col. 1 2 3 2 - 1 2 3 3 . 
(/) Ibidem, t. III, p. 840, & t. V, col. 1205-1267. 
(g) Ibidem, t. III, p. 835-836, & t. V, col. 1267-1268, & 1270-1271. 
(h) Ibidem, t. III, p. 848, & t. V, col. 1285. 

(i) Authentique de la maifon du prieuré de Saint-Gilles, dans la Revue hift. de Provence, 1890, p. 90, n° 3. 
\j) D. Vaiilete. t. III, p. 848, & t.V, col. 1293-1295. 

{k) Duchefne, Recueil des hijloriens de France, t. IV, p. 709. — D. Vaiilete, t. III, p. 848. 
/ D. Vaiffète, t. VI, p. 22. 



de SABRAN-PONTEVÈS. 



1 1 



7 



pour les héritières Ermelïinde, fa fille, & Douce, fa petite-fille, deftinée en ma- 
riage au fils du Comte de Touloufe (a). En Novembre fuivant, il prit part, avec 
la qualité de Connétable, à la conclufion d'un engagement par le Comte de 
Touloufe de vivre en paix avec Roger, Vicomte de Béziers, aéte fait dans « la 
maifon commune » (in aida communi) à Saint-Gilles (b), & peu de temps après 
il figure, en tète des témoins laïques, au contrat de mariage du Vicomte de 
Béziers avec Adélaïde, fille du Comte de Touloufe (c). En Décembre de la 
même année, il affifta à l'accord entre Bertrand de Baux, Prince d'Orange, & 
Raimond de Baux, fon neveu, au lu jet du partage des biens (d). En 1173, il fut 
prélent à une tranfaclion palfée entre Raimond de Bolène, Archevêque d'Arles, 
& les enfants de Pierre de Lambefc au fujet du château de Salon (e): En Août 
1 174, le Connétable de Sabran fut chargé d'aller à Gênes pour jurer au nom de 
fon fouverain l'obfervation des privilèges octroyés par lui à cette république (f), 
pendant le peu de temps que celui-ci fut le maître de la Provence. En Décem- 
bre fuivant, il affifta au ferment fait par le Comte de Touloufe de vivre en 
paix avec Guillaume, Seigneur de Montpellier, aéte pafle « in villa de Medullo » 
(Mezouls, Hérault) (g). En 1176, il fut un des plénipotentiaires du Comte de 
Touloufe pour la conclufion de la paix avec le Roi d'Aragon, dans l'entrevue 
qui eut lieu dans l'île de Gernica (Jarnègues, près Tarafcon (h). En Novembre 
1177, il figure en tête des témoins, & en qualité de Connétable, avec fon 
frère Giraud-Amic, dans l'acte d'exemption de tous droits de péage accordé 
dans fes états par le Comte de Touloufe en faveur des Hofpitaliers de Saint- 
Gilles (1). En Février 1 178 (v. fi.), lui & fon frère Giraud-Amic furent choifis par 
Roltaing d'Agoult & Raimbaud, fon fils, ainfi que par Bertrand-Raimbaud & Raim- 
baud d'Agoult, fils de Guiran d'Agoult-Simiane, « pour arbitres éventuels en cas de 
ditférend » (/). En Février 1 1 85 (v. (t.), Guillaume de Sabran fut, avec Raimond 
d'Agoult, Juge du palais, un des quatre arbitres délignés par le Comte de Tou- 
loufe & le Roi d'Aragon pour trancher les différends qui pourraient s'élever en- 
tre eux (k). Au mois de Mars fuivant, il fut témoin, à Aix, à une charte du Roi 
d'Aragon & Prince de Provence en faveur de la cathédrale de cette ville (/). 
En Août n 86, il affilte à la donation faite, à l'Hôpital de Saint-Gilles, par Rof- 
cie, veuve de Roltaing de Sabran, & fes fils Rainon & Elzéar, de tous leurs 
droits fur le château de Saint-Maurice; puis, le 7 Mars 1 186 (v. ft.), à l'inféodation 
de ce château aux Hofpitaliers par le Comte de Touloufe (m). En Août 1 187, il eft 
en tête des témoins dans un acle de donation fait par le Comte de Touloufe â 
l'abbaye de Franquevaux (n). En 1 1 88, il affifta à l'acle par lequel Alphonfe, 



(a) D. Vaiffète, t. VI, p. 45, & t. VIII, col. 281. 

(b) Ibidem, t. VI, p. 4*3, tk t. VIII, col. 276-277. 

(c) Ibidem, t. VI, p. 43, & t. VIII, col. 278. 

{d) Barthélémy, Inventaire des chartes de la maifon de Baux , n" 66. 

le) Pithon-Curt, t. IV, p. 2G0. 

l/) Bouche, Hifloire de Provence, t. II, p. 18, & D. Vaiffète, t. VI, p. 62. 

[g] D. Vaiffète, t. VI, p. 62, & t. VIII, col. 3o2. 

(h) Ibidem, t. VI, p. 68. 

(1) Ibidem, t. VIII, col. 33o. — Authentique de la maifon du prieuré de Saint-Gilles, dans la Revue hifl. de 
Provence, 1890, p. 90. 

[j\ D. Villevieille, Tréfor généalogique, v° Agoult. 

(k) Gallia chrijliana, nouv. édit., t. I er , p. 16. — D. Vaiffète, t. VI, p. m. 

(/) Bouche, t. II, p. 170 & fuiv. — D. Vaiffète, t. VI, p. 1 13. 

(m) Authentique de la maifon du prieuré de Saint-Gilles, dans la Revue hifl. de Provence, 1890. p. 89, n 05 3 10 
& 314. 

(«j Gallia chrijliana, nouv. édit., t. V, Initrumenta, col. 197. — D. Vaiffète, t. VI, p. 124. 



uS 



de SABRAN-PONTEVES. 



726 



Roi d'Aragon & Comte de Provence, confirma la donation du bourg de Saint- 
Sauveur de la ville d'Aix au Prévôt de cette églife (a). Le 29 Mai (vj° cal. 
Juniï) 1194, il figure, avec fon fils Roftaing, parmi les témoins de l'acle par le- 
quel le Comte de Touloufe donne en fief Frontignan à Guillaume, Seigneur de 
Montpellier (b). En Décembre 1198, il fcella le premier, en fa qualité de Con- 
nétable, l'ordonnance du nouveau Comte de Touloufe (Raimond VI) rendue au 
palais épifcopal de Nîmes, au fujet de l'éleétion des Confuls de cette ville (c). 
Accablé d'années, il obtint, de fon vivant, la tranfmiffion de fa charge hérédi- 
taire à fon fils. & tous deux ils donnèrent, en 1 199, pour le falut de leurs âmes, 
le domaine de Montezargues (Gard) au prieuré de ce nom. Dans cet acte, ils fe 
qualifient : « par la grâce de Dieu Connétables du Seigneur Raimond, Comte de 
Touloufe » (« ... ego Willelmus de Sabrano& ego Rostagnu s, fi 'lins ejus, Dei gra- 
tta domini R. Comitis Tolofani Constabuli... » (d). Le fceau ci-deffous du Con- 




nétable Guillaume figure au bas d'une enquête au fujet de plufieurs droits fei- 
gneuriaux dus à Guillaume, Comte de Forcalquier, dans le comté de Provence, 
document fans date, mais qui femble être de l'an 1200 (e). Guillaume de Sabran 
mourut cette année même, âgé d'environ quatre-vingt-cinq ans, après avoir 
exercé la charge de Connétable du comté de Touloufe pendant quarante-trois 
ans. 

On ne connaît pas le nom de fa femme, qui dut appartenir à une maifon puif- 
fante, probablement à celle des Comtes de Forcalquier, attendu que lui 6c fes 
frères font qualifiés de « coufins » par Bertrand II, Comte de Forcalquier, qui leur 
léguait un territoire confidérable dans fon teftament de 1 168 (voir plus loin, p. 125, 
note a). On peut lui attribuer trois enfants : 

1. Rostaing de Sabran, qui fuit. 

2. Raimond de Sabran, Prêtre, témoin à un acte du mois de Mai 1 192 (/). 

3. Ermengarde de Sabran, mariée à Guillaume de Baux, dit au Cornet, Prince 



(a Noftradamus, Hijloire de Provence, p. 1.S7. — Courcelles, Hijloire des Pairs de France, t. V, art. 
Blacas, p. 5. 
(b\ D. Vaiffète, t. VI, p. i5g, & t. VIII. col. 427. 
(a Ibidem, t. VI, p. 189, & t. VIII, col. 450. 
(d) D. Vaiffète, t. VI, p. ig3, & t. VIII, col. 461. 
(e\ Original aux Archives des Bouches-du-Rhône. 
(/) Authentique de la maifon du prieuré de Saint-Gilles, n° 9 5. 



de SABRAN-PONTEVES. 



1 1 



9 



d'Orange (a), fils de Bertrand I er de Baux & de Tiburge, Comteffe d'Orange. 
Il eft l'ancêtre de la maifon d'Orange-Naflau, à laquelle appartient Guil- 
laume le Taciturne, libérateur des Pays-Bas. 

V. DEGRÉ. 

Rostaing I er de Sabran, Connétable du Comte de Touloufe depuis 1 199, fut, en 
cette qualité, préfent à l'hommage rendu par Guillaume-Pierre de Bedoin au 
Comte deTouloufe, aclepaifé en Janvier i2oo(v.ft.), à Carpentras(b). En Juin 1202 
il fut témoin à un acle fait par Elzéar de Sabran du Caylar, le mari de fa nièce 
Guillemette(voir plus loin, p. i5o). Le 20 Mai 1202, il affilia à une vente faite au 
Prieuré de Saint-Gilles par le même. Le 2 Novembre 1202, le Connétable Rof- 
taing, ainli que Giraud II-Amic de Sabran, fon coulin germain, Guillaume de 
Baux & Guillaume-Laugier de rifle, furent des arbitres défignés par le Comte 
de Touloufe pour apaifer les différends entre Guillaume, Comte de Forcalquier, 
& plufieurs de fes vaiTaux. Ces derniers furent condamnés à rendre hommage 
à leur fouverain, &, après la mort, à l'on héritier & petit-gendre, Alphonfe, 
Comte de Provence, époux de Garfinde de Sabran, & cette fentence d'arbitrage, 
faite à Manofque, eft revêtue du fceau ci-delTous de Roffaing de Sabran (c). Le 




11 Septembre i2o3, celui-ci fut prélent, à Nîmes, à l'acte de confirmation par 
Raimond VI, Comte de Touloufe, d'un diplôme du Roi Charles le Simple, ac- 
cordé au .monaftère de Pfalmodi (d). En Mai 1204, c'eft entre fes mains que le 
Comte de Provence remit les châteaux de Saint-Gabriel & d'Orgon en garantie 
de l'exécution du traité de paix conclu entre lui & le Comte de Forcalquier au 
fujet du château & ville de Sifteron. Après cet accord, il fut un des quatre arbi- 
tres, avec fon coulin germain Giraud II-Amic de Sabran, qui terminèrent les dé- 
mêlés furvenus entre le Comte de Forcalquier & quelques feigneurs d'O- 



(a) Les hiiloriens font d'accord fur cette alliance, mais M. Barthélémy {Inventaire des chartes de la maifon 
de Baux) ne reconnaît à ce prince qu'une époufe, Ermengarde de Mévouillon (fille de Raymondl, dont 
Guillaume d'Orange le fépara en 1204, pour eaufe de parenté {ibid., n° u5), époufe que le l'avant fufmen- 
tionné confond, en raifon de l'identité du prénom, avec Ermengarde de Sabran, la féconde femme du 
Prince d'Orange, & qui vivait encore en 1224 (ibid., n° 21 11, avec fes trois fils. 

(b) D. Vaifiète, t. VI, p. 192. 

le) Ibid., t. VI, p. 199 (où il faut lire •< à caufe de Garfinde, fa petite-fille » & non « fa fille »). — Bouche, 
t. II, p. i84&fuiv. — L'original eft aux Archives des Bouches-du-Rhône. 
(d) D. Vaiffète, t. VI, p. 209. 



i2o DE SABRAN-PONTEVES. 



!*■<■ 



range, de Reillane & de Simiane, au fujet des hommages (a). En Octobre 1206, 
il fut, avec Pierre d'Aragon, Comte de Barcelone, arbitre entre le Comte de 
Provence 8c Hugues de Baux, Vicomte de Marfeille, au fujet du château de 
Saint-Gabriel ou de Martigues (b). Le 27 Octobre de la même année, lors de la 
paix faite entre le Roi d'Aragon & les habitants de Montpellier, il fut ftipulé que 
« les prifonniers faits de part & d'autre feront rendus & en particulier ceux qui 
ont été emmenés dans les terres de Roftaing de Sabran » (c). 

Il avait époufé, en premières noces, en 1199, Clémence de Montpellier, fille 
de feu Guillaume VII, Seigneur ibuverain de Montpellier, & de Mathilde de 
Bourgogne, fille d'Hugues II, Duc de Bourgogne; elle mourut vers 1204, fans 
laiffer d'enfants (d). Vers i2o5, Roftaing de Sabran époufa, en fécondes noces, 
Adalmodie (Adalmua ou Aalmos) de Mévouillon, fœur de Raimond de Mévouil- 
lon (<?). Il ne vivait plus le 19 Juin 1209, au moment où Guillaume, Prince 
d'Orange, l'on beau-frère, fe porta garant « pour les fils de Roftaing de Sabran », 
de garder fidèlement le château de Vitrole, l'un des fept que le Comte de Tou- 
loufe avait livrés à l'Eglife romaine (f). On peut même affirmer que fa mort eft 
antérieure au 16 Février 1208, date à laquelle, en raifon du bas âge de fes fils, fa 
charge héréditaire de Connétable était déjà exercée par Giraud-Amic II, fon cou- 
fin germain (voir plus loin). Sa veuve vendit, le 25 Juillet (viij cal. Augujîi) 
I2i5, à la chartreufe de Valbonne, le domaine de Cadenet, du confentement du 
Prince d'Orange, tuteur de fes fils mineurs (g) qui fuivent, & elle vivait encore 
en Juin 1227, comme on vient de le voir (note e, ci-deffous). Les deux fils qu'elle 
eut du Connétable Roftaing de Sabran font : 

1 . Rostaing de Sabran, qui fuit. 

2. Guillaume de Sabran, dont la poftérité ne faurait encore être rétablie d'une 

manière rigoureufe, faute de documents (h). Chazot de Nantigny, fur la 

(a) Papon, t. II, p. 277. 

(b) Pithon-Curt, t. IV, p. 626, d'après D. Mabillon, & d'après Noftradamus, p. 166. 

(c) D. Vaiffète, t. VI, p. .247, & t. VIII, col. 536. 

(d) Par un acte fait à Montpellier en Septembre 1 199, Roftaing de Sabran reconnaît avoir reçu de Guillaume 
(VIII), Seigneur de Montpellier, frère de Clémence, la fomme de 5ooo fous de Melgueil, à titre de dot, & il 
affigne à fon époufe un douaire fur le château de Trefcas (Trefques, Gard, arr. d'Uzès) & la ville de Calvia- 
nicis (Cavillargues, ibid.) (D. Vaiffète, t. VIII, col. 460). — Roltaing & Clémence font mentionnés dans le 
teftament de Guillaume de Montpellier, du 4 Novembre 1202 (Ibid., t. VI, p. 2o3). Ce premier mariage de 
Roftaing a échappé aux recherches de Chazot de Nantigny. 

(<?) Les généalogiftes préfentent cette Adalmodie comme fille de Bertrand I er de Baux & de Tiburge, héri- 
tière du comté d'Orange, fans qu'il exifte des preuves à l'appui de ce dire. Par contre, elle eft défignée comme 
fœur de Raymond de Mévouillon (Ego domina Aalmos, foror domini Raymundi de Medullione) dans fade 
de vente des châteaux de Genfac & de Barnave à l'Ëvêque de Die (Drôme), aèle du 4 des ides de Juin 1227. 
dreffédans l'Eglife Notre-Dame de Die & reproduit dans la Gallia chrijliana, t. XVI, preuves, col. 201. Ce Ray- 
mond de Mévouillon eft probablement identique avec le père d'Ermengarde qui fut la première époufe du 
Prince d'Orange, devenu le beau-frère de Roftaing de Sabran. La maifon de Mévouillon femble s'être fondue au 
XIII" fiècle dans le rameau dauphinois de celle d'Agoult. — Adalmodie, féconde femme du Connétable Roftaing 
de Sabran, était mariée en premières noces avec un membre de la maifon Artaud, que l'on croit iffue des Com- 
tes de Forcalquier. De ce premier mariage, elle eut au moins un fils : Hugues d'Aïs, qui fut reçu Clerc régulier 
à l'abbaye bénédictine de Saint-Marcel de Die en Septembre 121 1 & ne vivait plus en Juillet 1224, où fon oncle 
Guillaume Artaud (Artaudij eft mis en caufe, au nom du défunt, par l'Evèque de Die (Gallia chrijliana, t. XVI, 
p. 533, & preuves, p. 199). Les terres vendues au même Évêque, en 1227, par la mère d'Hugues d'Ais, avaient 
précifément appartenu à ce dernier. Elle y promet de faire ratifier cette vente par fon fils Rostaing de Sabran 
& par fa fille Aalaais. On ignore fi celle-ci était iffue du premier ou du fécond mariage d'Adalmodie. 

(/) D. Vaiffète, t. VI, p. 281 . — Pithon-Curt, t. IV, p. 3oS. — Barthélémy, n° 140. 

(g) D. Vaiffète, t. VI, p. 207. «... Ego domna Adalmua, uxor quondam domini Rostagni de Sabrano. conflabu- 
larii domini comitis Tolofani, mandata & confenfu domini Guillelmi de Baucio, Dei gratia principis Auraficw, 
tutoris liberorum quondam diâi R. de Sabrano... falvo jure meo & filiorum meorum Ro. et Guillelmi de 
Sabrano ... » l.D. Vaiffète, t. VIII, col. 56o.) « 

(h) Chazot de Nantigny donne encore, d'après une généalogie manuferite, un troifième fils au Connétable 



7 2 9 



de SABRAN-PONTEVÈS. 121 



foi d'une généalogie manufcrite, dit que Guillaume eut de la femme 
Alzacia, devenue veuve en 1228 (a), un fils : Guigue de Sabran, père de 
Rostaing, qui vivait encore en 1324 & ne laifTa qu'une fille : Bérengère 
de Sabran, Dame de Montlaur, morte avant 1 341. On ne trouve aucune 
autre mention de ce Guigue, tandis que Roftaing doit être identique avec 
Roflaing de Sabran, qui rendit hommage à l'Abbé de l'Ille-Barbe, ainfi que 
Alix, Comteffe de Vintimille (peut-être la femme;, à caulè de la terre de 
Vauclufe, le 29 Avril i3o6 (b). Roftaing eut deux filles : 

I. Bérengère de Sabran, qui époufa Pons III de Montlaur, lequel la 
nomme dans l'on teftament de 1 334 ( c )- Leur fils, Pons IV, prit le nom 
de Montlaur-Sabran, & époufa, vers i35y, Raimbaude de Sabran, fille 
aînée de Giraud VI-Amic de Sabran, Seigneur duThor & de Château- 
neuf (voir plus loin, p. 141 j, de laquelle il n'eut pas d'enfants. L'une 
des fœurs de Pons IV, Agnès de Montlaur, avait époufé, en 1 354, 
Reforciat d'Agoult, Seigneur de Tretz & de Forcalqueiret (voir plus 
haut, p. 21); une autre, Paule ou Polie de Montlaur, fut la troifième 
femme de Guillaume III, Sire de Tournon, ci-defTbus (d), dont elle 
n'eut pas d'enfants. 

II. Azelmonde de Sabran, mariée avec Guillaume III, Sire de Tournon, 
fils de Gui II de Tournon & d'Alix de la Roche-en-Renier. Elle n'eut 
pas d'enfants & mourut avant 1340 (e). 

VI. DEGRÉ. 

Rostaing II de Sabran, né vers 1206, apparaît dans les acres dès 1226. A la fuite 
de la croifade entreprife par le Roi Louis VIII contre le Comte de Touloufe, &. 
en préfence de nombreufes foumifiîons, Roftaing de Sabran alla auffi faire hom- 
mage-lige au Roi, au camp d'Avignon, en Juin 1226, reconnahTant tenir de lui 
la ville de Bagnols [de Balneolis), le château de Saint-Victor, la ville de Cavil- 
largues (de Cavillanicis), & tout le refte de lbn domaine, excepté les châteaux 
qu'il tenait à hommage des évêques d'Avignon & d'Uzès (f). Le 4 Mars 1229, il 
ratifia la vente faite par fa mère, en 1 227, à l'Evêque de Die (g). C'eft fans doute lui 
qui fit, le 28 Février 1232 (v. ft.), un compromis avec Berléon ou Bellon, Evêque 
d'Uzès, au fujet de la juftice dans la ville de Saint-Marcel (h). Le 3 Juillet 1 236, 

Roftaing : Elzéar de Sabran, père de deux fils : Pierre-Elzéar (1282) & Pons, dont le premier aurait eu un 
fils : Elzéar". Comme ce troifième fils n'en: point mentionné parmi les enfants du Connétable dans l'acte de 
121 5, ci-deffus, cette filiation eft évidemment erronée, fans que nous niions l'exiftence de ces perfonnages, 
qui defeendent probablement de Guillaume de Sabran. Un Pons de Sabran (fans doute celui ci-deffus) fit plu- 
fieurs tranfactions avec la communauté d'Aiguines, en 1283, 1292, &c. (Archives du dép. du Var.) 

(a) Cette date eft néceffairement fauffe, attendu que Guillaume de Sabran vivait encore le 26 Avril 1240, 
date à laquelle il fut compris, avec fon frère, dans l'excommunication lancée contre le Comte de Touloufe 
(voir à la page fui vante). 

(b) Pithon-Curt, t. III, p. 162. 

(c) Diane de Poitiers, Ducheftè de Valentinois, defeend en ligne directe de Pons de Montlaur & de Béren- 
gère de Sabran. 

(d) Claude Le Laboureur, Les Masures de l'abbaye royale de l'JJle-Barbe, 1682, t. II. p. tioo. — La Che- 
naye-Desbois, Diâionnaire de la Noblejfe, t. X. p. 398. — Courcelles, Hijloire des Pairs de France, t. II, ait. 
Tournon, p. 7. 

(e) Le Laboureur & Courcelles, ibid. Le père d'Azelmonde y eft appelé : ■• Roftaing de Sabran, Seigneur de 
Saint-Victor ». 

(/) D. Vaiffète, t. VI, p. 608, & t. VIII, col. 85i-852. 
[g) Gallia chrijliana, t. XVI, p. 527. 
[h) D. Vaiffète, t. IV. p. Joo. 



Regiftre feptième. 



122 de SABRAN-PONTEVÈS. 



73o 



il fut [Rojiagnus de Balneolis) au nombre des témoins d'une charte du Comte de 
Touloufe en faveur des Seigneurs de Caderouffe, acle fait à Orange (a). Il fut 
compris, avec fon frère Guillaume, dans l'excommunication lancée, le 26 Avril 
1240, par l'Archevêque d'Arles, contre le Comte de Touloufe & fes adhérents. 
Il était, en etfet, un des principaux fidèles de Raimond VII. Aulïi, après la 
mort de ce prince (27 Sept. 1249), lorfque le marquifat de Provence devait parler 
entre les mains d'Alphonfe, Comte de Poitiers & époux de Jeanne, fille & héritière 
de Raimond VII, Roftaing de Sabran, pour ôter tout foupçon fur fon loyalifme, 
déclara-t-il, le 21 Octobre 1249, à Saint-Saturnin-fur-le-Rhône (au], le Pont- 
Saint-Efprit), devant le Cardinal Pierre, Ëvêque d'Albano, Vice-Gérant du Pape 
dans le pays de Provence, « qu'il était réfolu de demeurer toujours dans la 
« fidélité du Roi, &, pour en donner des preuves, il remit, au Sénéchal de 
« Beaucaire & de Nîmes, fon château de Saint-Victor, dans le diocèfe d'Uzès, 
« chef-lieu de fes domaines; & le pria d'en faire abattre les fortifications » (£), ce 
qui fut fait. Le 29 Janvier i25o (v. ft.), il obtint, pour la deftruclion de fon 
château, une indemnité de 25o livres tournois, par un accord fait avec ledit Sé- 
néchal (c). On le voit figurer pour la dernière fois le 5 Mai 1262, parmi les arbitres 
dans une tranfaclion paffée entre la maiibn de l'hôpital de Saint-Jean & la maifon 
du Temple â Saint-Gilles (d). D'après la généalogie manufcrite dont s'eft fervi 
Chazot de Nantigny, Roftaing de Sabran aurait époufé, avant 1227, Berengaire 
N., de laquelle il aurait eu un fils : Bertrand-Maurice, époux d'ALMODiE, & père 
de Pierre de Sabran. Ces deux nouvelles générations font bien douteufes, attendu 
qu'une fille de Roftaing, d'un prénom inconnu, qui époufa, vers 1235, Guil- 
laume II, Sire de Tournon fur le Rhône, fils de Gui I er , eft qualifiée d' « héritière 
de Roftaing de Sabran » (e). De ce mariage vinrent deux fils : Guigonnet de 
Tournon, fourd-muet, qui eut en partage les biens de fa mère (_/), & Hugues de 
Tournon, moine de l'Ille-Barbe & Chanoine-Comte de Lyon, en 1261. Leur père 
époufa en fécondes noces Aymare d'Adhémar, fille de Giraud d'Adhémar, Seigneur 
de Rochemaure, & de Tiburge-Amic de Sabran, & fut par ce mariage grand-père 
de Guillaume III de Tournon, époux d'Azelmonde de Sabran (voir p. 121). 



BRANCHE DITE DES AMICS. 



IV. DEGRE. 

Giraud I er -AMic de Sabran (g-),. 'frère de Guillaume III, le Connétable, figure 
avec celui-ci dans nombre d'actes déjà cités plus haut, tels que ceux de 1 1 55, 
11 Janvier 1 1 5g (v. ft.) (où il eft qualifié de Seigneur du Thor), I er Juin u63, 

(a) D. Vaifiète, t. VIII, col. 996. 

(b) Ibid., t. VI, p. 8i3-8i 4 , & t. VIII, col. 1268. 

(c) Ibid., t. VIII, col. 1269. 

(d) Archives de M. le Duc de Sabran- Ponte vès. 

(e) Guichenon, Hijloire deBugey. — Claude Le Laboureur, les Masures de l'abbaye de l'IJle-Barbe, t. IL 
p. 600. — Courcelles, t. II, art. Tournon. 

(/") La feigneurie de Saint- Viélor palfa dans la branche iffue de fon frère cadet, & appartenait au début 
du XIV e fiècle à Roftaing de Sabran (voir p. 121. note e). 

[g) Les membres de cette branche & de celles qui en font iffues ne portaient point le nom de Sabran, mais 
feulement le furnom Amic à la fuite du prénom. 



73 i 



de SABRAN-PONTEVÊS. i 2 3 



i cr Avril 1 171, Novembre 1 171, Novembre 1177, Février 1 178 (v. fr.). On le trouve 
encore préfent à une concelïion oclroyée par le Comte de Touloufe à TÉvêque 
8: à l'églife de Cavaillon, ade dreffé dans cette ville en Mai 1171 (a). 

Il époufa, en Novembre 1 i52, Galburge du Caylar, Dame de Châteauneuf & du 
Thor, fille de Guillaume-Rainon du Caylar-Uzès. Dans le contrat de mariage, 
dreffé fous la préfidence d'Aldebert, Evêque de Nîmes, il conftitua à fa femme, 
à titre de douaire, autant qu'elle en apportait en dot, a fuivant l'autorité de la 
loi romaine » (b). 

Courcelles & ceux qui l'ont fuivi le font mourir à tort avant u65, puifqu'il 
figure encore, comme nous l'avons vu (p. 117), dans une charte de Février 1178 
( 1 179 n. ft.), où il eft qualifié de frère de Guillaume, le Connétable (c). 

On ne lui connaît que deux enfants : 

1. Giraud-Amic de Sabran, qui fuit. 

2. Guillemette-Amic, qui époufa fon coufin Elzéar de Sabran, fils de Roftaing 

de Sabran & de Rofcie d'Uzès (voir plus loin). 

V. DEGRÉ. 

Giraud II-Amic, Seigneur de Châteauneuf (df), du Thor & de Jonquières, fut 
préfent au traité conclu en 1 195, entre Guillaume, Comte de Forcalquier, & Rai- 
mond VI, Comte de Touloufe, traité par lequel ces princes fe remirent leurs 
prétentions réciproques fur le marquifat de Provence (comprenant les pays fitués 
entre laDurance & l'Ifère)&le comté de Forcalquier (limité par le mont d'Alverne 
jufqu'au Pont-Haut & le col de Cabre, & comprenant auffi la moitié de fille & 
d'Avignon), prétentions réfultant de ce fait que le Comte de Forcalquier 8c 
Raimond V, Comte de Touloufe, s'étaient appelés mutuellement à la fuccefïion 
l'un de l'autre, s'ils venaient à mourir fans poftérité mafeuline (e). Il reçut, en 
1 198, l'hommage de Raimond de Lunel pour quelques biens fitués à Saint-Vincent 
de Lunel-Vieil (f). En 1202 & en 1204, il fut l'un des quatre arbitres, avec fon 
coufin germain, Roftaing de Sabran, le Connétable, pour terminer les contefta- 
tions entre le Comte de Forcalquier & plufieurs grands feigneurs (voir p. 1 19). Au 
mois d'Avril 1206, il fe rendit caution pour l'exécution de l'engagement fait par 
le Comte de Touloufe au Comte de Provence de l'aider à faire la guerre au 

(a) D. Vaiffète, t. VI, -p. 42, d'après Bouche, t. II, p. io5g & fuiv. 

(b) Ibidem, t. III, p. 796, & t. V, col. 1 1 5 1 . 

(c) D. Vaiffète (t. III, p. 796) dit, à propos de Galburge, femme de Giraud-Amic I er : « II paraît qu'elle etoit 
veuve en iiG5, lorfqu'elle engagea à Rainon du Caylar, fon oncle, pour la fomme de dix mille fols melgo- 
riens, les droits qu'elle avoit fur le lieu ou village de Galdanenque & fur les châteaux de Châteauneuf & de la 
Tour (du Thor) ». Courcelles qui, à l'appui de fon dire, ne fe réfère qu'à ce feul document, a transformé 
l'hypothèfe de D. Vaiffète en une affirmation. 

(d) « La terre de Châteauneuf d'Amie ou de Monfieur Giraud étoit de l'ancien patrimoine d'une branche 
de la Maifon de Sabran furnomée à' Amie & dans laquelle le nom patronimique de Giraud étoit en ufage. 
Les Seigneurs de cette terre jouiffent d'une prérogative fingulière qui eft de ne rendre homage que dans 
leur château, où le Reéteur du Comté-Venaiflin fe tranfporte pour le recevoir, à la différence des autres 
feigneurs de la province qui font obligés de l'aller rendre dans le Palais Redorai de Carpentras entre les 
mains de ce prélat ». (Pithon-Curt, t. II, p. i3, note.) 

(e) D. Vaiffète, t. VI, p. 170, & t. VIII, col. 4J4. Il eft défigné dans l'aéte comme G. Amiens, de forte qu'on 
fait de lui un Guillaume-Amie, que Courcelles (qui ne fait qu'un perfonnage de Giraud I er & de Giraud II- 
Amic) préfente comme troifième fils de Giraud I er . Cependant l'abréviation G. ne défigne pas obligatoire- 
ment un Guillaume, puifque dans l'acte de 1220 émanant de Giraud IV-Amic (voir plus loin, p. 1 3 7 ) le nom 
de celui-ci eft d'abord écrit tout au long: Ger audus Amiens, & enfuitc à plufieurs reprifes, fous la forme 
abrégée de G. Amiens. 

|/)D. Vaiffète, t. VI, p. 199. 



1-4 de SABRAN-PONTEVÈS. i^ 

Comte de Forcalquier (a). Aprèsla mortdefon coufin germain. Roftaing de Sabran, 
qui ne laiflait que des entants en bas âge, la dignité de Connétable lui fut dévolue 
temporairement, 8: c'eft en cette qualité qu'il affilia, le 16 Février {xiv° cal. 
Martii) 1208, à l'acte de rémiffion accordée par le Comte de Touloufe aux habi- 
tants révoltés de Nîmes, acte fait dans l'églife de St-Sauveur de CaitTargues (de 
Cayfanicis), où il eft appelé Giiiraldus Amici, 8c il mourut cette année même (b). 
11 avait époufé, vers 1 180, Alix ou Adélaïs de Forcalquier, fille de Bertrand I er 
d'Urgel, Comte de Forcalquier, 8c de Joflerande de Flotte, 8c fœur de Ber- 
trand II 8c de Guillaume IV, Comtes de Forcalquier, chacun pour moitié. Elle 
était déjà veuve & le qualifiait de Comteffe de Forcalquier en Décembre 1208, 
où elle affilia à l'acte d'affiliation de l'on fils Guillaume, Comte de Forcalquier, à 
l'Ordre des Templiers, 8c elle vivait encore le 9 Avril 121 2, où elle confirma le 
don de la ville de Permis aux Abbé 8c couvent de Montmajour, par acte fait 
à Forcalquier (c). De leur mariage ifïurent : 

1. Guillaume de Sabran, auteur de la branche des Comtes de Forcalquier, 

qui fuit. 

2. Giraud III-Amic de Sabran, continuateur de la branche des Seigneurs du 

Thor &l de Chateauneuf, qui viendra enfuite. 

3. Pierre-Amic de Sabran, auteur préfumé de la branche des Seigneurs de 

Caumont 8c de Robion, rapportée après la précédente. 

4. Guillaume-Amic de Sabran, qui, en qualité de Podeftat de Taralcon, fut pris, 

le 25 Octobre 1233, pour arbitre d'un différend entre les Nobles 8c les Bour- 
geois (d). 

5. Giraud-Amic, Commandeur d'Orange en 1257, Châtelain d'Empoite (e). 



BRANCHE DES COMTES DE FORCALQUIER, 

CONTINUANT LA PRÉCÉDENTE. 

VI. DEGRÉ. 

Guillaume de Sabran (/), après la mort, en 1209 (g"), ^ e f° n oncle Guillaume IV, 

.dernier Comte de Forcalquier de la maifon d'Urgel. prit le titre de « Comte 

de Forcalquier, par la grâce de Dieu », bien que ce comté fût alors réuni 

au domaine de Provence, en vertu du contrat de mariage (iiqJi de Garfinde de 

(a) Archives des Bouches-du- Rhône, B. 32b. 

(b) D. Vaiffète, t. VI, p. 274, & t. VIII, col. 517. 

(c) Bouche, t. II, p. 20(5. — D. Chantelou, Hiftoire de l'abbaye de Montmajour, publ. dans la Revue hift. de 
Provence, 1890, p. 'io-j. 

\d) Papon, t. III, p. 547. 
c Ibidem, t. III, p. 426. 

If) C'eft probablement lui qui hgure, fous le nom de Guillermus de Sabrano. parmi les otages donnes par 
Guillaume IV, Comte de Forcalquier, Ion oncle, en garantie du traite de paix conclu avec le Comte de Pro- 
vence, à Aix, en Mai 1204 (Papon, t. II, p. 277). 

(g) Les hiiloriens modernes font mourir Guillaume IV le 7 Octobre 120g, ou tout au moins avant le mois 
de Novembre de cette année.. Papon dit 't. II, p. xn que ce prince fit fon teftament la veille des nones de Fé- 
vrier i 208, l'année commençant alors au 25 Décembre en Provence. D'autre part, il donne (ib., n XXXIV des 
preuves) le texte d'une charte d'affiliation de Guillaume de Sabran à Tordre des Templiers, qu'il date de Décem- 
bre 1208, & où celui-ci fe qualifie déjà de Comte de Forcalquier « par la grâce de Dieu ». & de fils de feu Giraud- 
Amic(... ego Guillelmus, Dei gratiâ Cornes Forcalquerii, filius quondam Geraldi Amici... . Or Papon a mal 
lu cette dernière date, qui eft 1209. L'original, en parchemin, de cette charte, appartient a M. le Comte de 
Sabran-Pontevès. chef de la branche cadette. 



Sabran, petite-fille & héritière du dernier Comte de Forcalquier ci-deffus avec 
Alphonfe ou Ildefonfe d'Aragon, Comte de Provence. Guillaume de Sabran 
faifait valoir les droits fur le comté d'abord du chef de la mère & lurtout en rai- 
lbn de la donation que lbn fécond oncle maternel, le Comte Bertrand de Forcal- 
quier. lui avait faite de fa part à lui a). Pour foutenir lès prétentions, il dut 
recourir aux armes. Son coufin, Guillaume I er de Baux, Prince d*Oran a e (au- 
quel l'Empereur Frédéric II concéda, en 1216 le titre de Roi d'Arles & de 
Vienne), prit fait&caufe pour lui. Pour le bien de la paix, Raimond-Béran^er, 
Comte de Provence, fils de Garfinde de Sabran, ComteïTe de Forcalquier, con- 
fentit à un accommodement, & le différend fut fournis à un arbitrage. Les arbitres 
Bernard, Archevêque d'Aix, Bertrand de Baux, Geoffroy de Trets (des Vicomtes 
de Marfeille), Raymond de Dauphin & Guillaume de Cotignac (Guillaume de 
Rheza), rendirent, le 29 Juin (iij° cal. Julii) 1220, une fentence en vertu de la- 
quelle on accorda à Guillaume de Sabran les lieux de Daufins, de Niozelles, de 
Labrillane, de Peyruis, de Châteauneuf, de Château-Arnoux, de la Roche le 
domaine de Saint-Saturnin, & tout ce qui appartenait au comté de Forcalquier 
depuis la Roche (aujourd'hui Villeneuve, Baffes-Alpes) par toute retendue de 
l'archevêché d'Aix, excepté les domaines de Beaumont, de Mont-Juftin & de 
Granbois; de plus, les Baumettes & les domaines de Villemus, de Reillane, de 
Saint-Michel, de Vachières, de Sainte-Croix, de Céreffe, de Volz, d'Aubenas & 
d'Oppedette (b). Il conferva fa vie durant le titre de Comte de Forcalquier 8c 
la juridiction fouveraine fur lès domaines, à charge d'hommage au Comte de 
Provence. Et, en effet, le 26 Janvier (pif cal. Febr.) [228, il fît « pour lbn 
comté », hommage & dénombrement à Raimond-Bérenger; dans cet aète 
figurent, en qualité de Juges du Comte de Provence pour le comté de Forcal- 
quier : Roftaing [de Sabran], Évêque de Riez, & Guillaume [de Sabran] de 
Maltortel, &, parmi les témoins, Guillaume de Cotignac, ci-deffus (c). C'eft aufîi 
en qualité de Comte fouverain de Forcalquier qu'il avait érigé, en 1225, la terre 
de Cadenet en vicomte. 

Très autoritaire, prompt à s'enflammer, il ne ceffa de mener une exiftence fort 

. (a) Dans la fentence arbitrale de 1220 au fujet du comté de Forcalquier, fentence dont il fera queltion 
plus loin, les réclamations de Guillaume de Sabran font formulées en ces termes : « Dicebat etiam fe jus 
« habere in fepediclo comitatu fucceffione matris fue & ex donatione Comitis Bertrand:, quondam avunculi 
« fui ». Courcelles prétend que ce fécond droit « réfultait d'un teftament que Bertrand II, Comte de Forcal- 
« quier, avait fait dès l'année 1168, en partant pour la Terre Sainte, teftament par lequel Guillaume de 
« Sabran, fon neveu, fe trouvait appelé à recueillir la moitié de les biens ». Or l'acte auquel il fait allufion 
(& qui a été fort inexactement analyfé par D. Vaiffète, t. VI, p. 32) efl compris dans une donation de plu- 
fieurs châteaux au\ Hofpitaliers de Saint-Gilles. Pour le refte de fon comté, Bertrand II fait héritier fon 
frère Guillaume, à condition qu'il exécute fidèlement fes dernières volontés; dans le cas contraire, il laiffe 
tout le territoire de Sifteron aux Alpes à Raimond, Comte de Touloufe, & celui de Sifteron au Rhône a sks 
cousins [confanguineis fuis) Guillaume de Sabran & fes frères, ainfi qu'à Guiran de Simiane & à fon frère 
Bertrand-Rambauld (d'Agoult) ; de plus il laille, à fon coufin Raimond de Mévouillon, Sifteron, le val de 
Noyers & celui de Saint-Vincent; &, à fa fœur Adalaïs, les châteaux de Saint-Martin de la Brafque, de la 
Motte & de Cucuron. [Authentique de la mai/on de l'hôpital du prieuré de Saint-Gilles , dans la Revue Iiijl. 
de Provence, 1890, p. 91. — Copie aux Archives de famille.) Guillaume de Sabran cité avec fes frères dans 
cet a<fte ne faurait être que Guillaume III le Connétable, & nullement Guillaume de Sabran, neveu de 
Bertrand II, par cette raifon péremptoire qu'étant le petit-fils de Giraud I°'-Amic de Sabran, marié en 1 1 52, 
il ne pouvait pas être au monde feize ans feulement après cette date. La donation du Comte Bertrand en 
faveur de fon neveu, dont il eft queftion dans la fentence de 1220, fut donc d'une date de beaucoup pofté- 
rieure, en tout cas forcement poftérieure à l'année 1 [80, date approximative de la naiffance de ce neveu, >\ les 
hiltoriens affirment en effet que Bertrand II vécut jufqu'en 1208. 

(b) Archives des Bouches-du-Rhône. — Document reproduit in extenfo dans la Notice hifiorique fur une 
branche de la famille de Sabran, par M. le Baron du Roure; Marfeille, 1888, in-4. 

(c) Archives des Bouches-du-Rhône. — Archives de M. le Duc de Sabran. Papon, t. 111, preuves, p. i\. 



26 D E SABRAN-PONTEVÉS. 



7 3 4 



agitée, principalement en raifon de fes longs démêlés avec la puifTante abbaye 
de Montmajour, au fujet de la porTeffion de la ville de Pertuis, fur la Du- 
rance. Cette ville avait été donnée à l'abbaye de Montmajour par Guillaume I er , 
Comte de Provence, en 979. Guillaume III, premier Comte de Forcalquier, s'en 
empara, mais ordonna en mourant (1129) de la refhtuer, recommandation qui 
ne fut pas obfervée par fes fucceffeurs. Guillaume de Sabran, refté maître de 
Pertuis, mit encore la main fur plufieurs poiTeffions de l'abbaye de Montmajour, 
appelées condamines, fituées dans fes terres de Gravefon. Tous les efforts pour 
les faire rendre furent vains. Il fut alors excommunié & fon comté mis en interdit. 
Néanmoins le Comte ne fe fournit point, difant ne relever que du tribunal de 
l'empire, au nom duquel il poffédait fon comté & toutes fes terres. Mais l'Em- 
pereur Othon IV le tourna contre lui & prit l'abbaye de Montmajour fous 
fa protection, par un diplôme du 29 Mars (iv° cal. Aprilis) 12 10, & il or- 
donna à l'Evêque & aux Confuls d'Avignon de faire reftituer à l'abbaye les 
poffe fiions dont le Comte de Forcalquier s'était emparé. Les Confuls n'en firent 
rien & embraffèrent le parti du Comte qui réunit autour de lui les grands Sei- 
gneurs du pays, dont les Princes de Baux. Enfin, accablé par les fentences 
d'excommunication, & fur le confeil de fes amis, le Comte fe décida à faire la 
paix avec l'Abbé par un acte d'accord du 7 Avril {vij° idus Aprilis) 121 2, fait à 
Pertuis, en préfence de l'Evêque de Cavaillon (a). La Comteffe Adalaïs, mère 
du Comte, approuva cet accord deux jours après, à Forcalquier, & il fut confir- 
mé par une bulle du Pape Innocent III du 5 Juillet 121 3. Le Comte reflitua à 
l'abbaye Pertuis & les. condamines ufurpées & lui vendit la ville de Gravefon 
pour la fomme de 25. 000 fous de Raimondins neufs. Moins de dix ans après, le 
conflit recommença pour s'aggraver de plus en plus. L'Empereur Frédéric II prit 
fous fa protection l'abbaye avec toutes fes dépendances, par diplôme donné en 
Mai 1223; mais, comme parle paffé, le Comte ne s'en foucia point & reprit la 
poffeflion entière & fouveraine de Pertuis. Les admoneftations des légats & des 
évêques, l'interdit même de fes Etats, n'ébranlèrent point le fier Comte. Enfin, 
le Pape Grégoire IX, par une bulle du 3o Avril 1240, enjoignit à l'Archevêque 
d'Arles (Jean de Baux) de faire renouveler folennellement l'excommunication 
& l'interdit lancé contre le rebelle à l'autorité de l'Eglife, tous les dimanches 
& jours de fête, au fon des cloches & après extinction de toutes les lumières, 
jufqu'à fa foumifiion complète. En même temps le Pape demanda au Comte de 
Provence de prêter aide à l'Archevêque d'Arles, auflitôt qu'il en ferait requis, 
pour dompter le vaffal récalcitrant. Toutes ces rigueurs démontrent la grande 
puiffance & le caractère belliqueux du Comte de Forcalquier. Il fe décida cepen- 
dant àfoumettre la queftion à l'arbitrage de l'Archevêque d'Arles. Le compromis 
à cet égard fut conclu entre l'Abbé de Montmajour & le Comte de Forcalquier, 
à Arles, le 3i Décembre 1240, en préfence du Comte de Provence lui-même, 
qui dans cette circonstance s'abflint de prendre la qualité de Comte de Forcal- 
quier, lalaiffantà fon vieux coufin. Deux des fils de Guillaume de Sabran, Gi- 
raud & Gaucher, approuvèrent ce compromis dans l'acte même. Deux jours 
après (iiij norias Jamiarii), Mabile, femme du Comte, & Guillaume, fon troifième 
fils, s'engagèrent aufli à fe foumettre à la décillon de l'arbitre. Le 14 Janvier 



la) Authentique du prieuré de S. Gilles, dans Revue hifl. de Provence, 1 890, pp. 3o5-3o7. Le fceau du Comte 
de Forcalquier dont cette charte eft munie repréfente d'un côté un cavalier armé de toutes pièces, & de l'autre 
un cha fleur à cheval, comme le fceau de fon oncle & prédéceffeur. (V. Blancard, Iconographie des fceaux & 
bullesdes archives des Bouches-du-Rhône ; Marfeille, 1860, in-4, pi. XXIII, n° 3.) 



73 3 



de SABRAN-PONTEVÈS. 



127 



fuivant (xix° cal. Febr. 1240, v. fi\), Bertrand, Guillaume & Gilbert de Baux 
(de la branche de Berre), ainfi que Pierre-Amie de Sabran, Seigneur d'Airagues 
(qui femble être le frère du Comte de Forcalquier), fe portèrent caution pour 
ce dernier. Le 21 Janvier, Guillaume [de Sabran] de Maltortel le joignit à eux, 
puis fon frère Raines, Seigneur de la Tour-d' Aiguës. L'arbitrage dura un an 
& demi 8c la lentence arbitrale, fuivie d'un accord folennel entre les parties, 
n'intervint que le 27 Juillet (pj° cal. Augujii) 1242. Guillaume de Sabran y eft 
encore qualifié « par la grâce de Dieu, Comte de Forcalquier ». 11 s'engagea à 
obferver les conventions ftipulées conjointement avec fes trois fils Giraud, Guil- 
laume & Gaucher, & ils prêtèrent ferment fur les faints Évangiles. Cet acte, 
très important pour l'hiftoire du comté de Forcalquier dont il rappelle longue- 
ment les fouverains, fut dreffé au château de Salon (de Cellonis), appartenant à 
l'Archevêque d'Arles (a). Ainfi finit le conflit deux fois féculaire entre l'abbaye 
de Montmajour & les fouverains de Forcalquier au fujet de la poffefïion de Per- 
mis, qui païfa, au XIV e fiècle, à la maifon d'Anjou-Sicile. 

Rappelons encore quelques faits antérieurs. 
Par un acte fait à Silvacane le 3 Août i23o, 
Guillaume de Sabran ratifia l'accord pafle entre 
les moines de Silvacane & Guillaume de Lam- 
befc, au fujet de la propriété d'un tellement 
de Villelaure; cette charte, confervée aux Ar- 
chives des Bouches-du-Rhône , porte le fceau 
ci-contre du Comte de Forcalquier. 

L'accommodement de 1220 avec Ion coufin le 
Comte de Provence n'affura pas entre eux une 
paix durable. En effet, en 1232, de concert avec 
le Comte de Touloufe, les chefs de la maifon de 
Baux, &c, il fit à fon fuzerain une guerre achar- 
née. Par acte du 29 Mars 1233, où il fe qualifie 
« par la grâce de Dieu, Comte de Forcalquier », 
il fe fournit à l'arbitrage de l'Empereur Fré- 
déric II (b), qui impofa une trêve aux belligérants le 18 Septembre fuivant. 

Le Comte Guillaume de Sabran reçut, le 19 Décembre 1242, à Ménerbes, 
dans le cimetière de Sainte-Marie, hommage & ferment de fidélité des divers 
Cofeigneurs de Ménerbes, pour ce château, fa juridiction & dépendances (c). 
Le 21 Juin (xj° cal. Julii) 1245, il paffa convention avec fon neveu Bertrand- 
Amie de Sabran, au fujet des terres de Cadarache & de Cérefte, qui refièrent 
au Comte moyennant le paiement de 25. 000 fous (d), & c'eft le dernier acte connu 
où il figure de fon vivant. Il dut mourir vers 1250, âgé de 70 ans environ, 
& en tout cas il ne vivait plus le 18 Juin i25i, lorfque fon fils Guillaume, qualifié 
de filius quondam Guillelmi Comitis Forcalcherii, prêta hommage & ferment de 
fidélité à l'Abbé de Montmajour pour ce qu'il tenait de lui en fief à Permis 8c dans 




(a) D. Chantelou, Hijioire de Montmajour, dans Revue hijî. de Provence, 1,890, pp. 334-34.3. — Voir auffi 
dans le même travail (depuis la p. 281) toute une férié de documents relatifs aux détails de cette longue 
querelle, fous la réferve de nombreufes erreurs dans le texte hillorique de l'auteur. — La charte de 1242 ell 
reproduite en fac-fimilé dans la Notice, déjà citée, de M. le Baron du Roure, qui, au furplus, en a publié le texte 
parmi les pièces juftificatives. 

{b) Papon, t. II, preuves, p. lxvi. 

(c) Barthélémy, Inventaire des chartes de la mai/on de Baux, n° 3oi. 

\d) Document reproduit dans la Notice, déjà citée, de M. le Baron du Roure. 



I2 8 de SABRAN-PONTEVÈS. 



7 36 



fon territoire. Le titre de Comte de Forcalquier difparut avec lui, & il netranfmit 
à fes entants que le nom & les armes de Forcalquier (a). 

Il s'était marié trois fois. D'abord avec Bertrande-Sacriftane des Porcellets, 
fille d'Hugues-Sacriftan, qu'il répudia vers 1209, & qui, à la date du 19 No- 
vembre (xiif cal. Dec.) 121 5, étant alors femme de Bertrand des Porcellets, 
Seigneur de Senas, donna, à Raimond de Balmis, Prieur de Montmajour, quit- 
tance de 25.ooo fous de Raimondins neufs, dus par le monaftère au Comte de 
Forcalquier, ion premier époux, pour Tachât de la ville de Gravelon, fomme 
qui lui revenait en reflitution de fa dot (b). Elle mourut avant i23y. 

En fécondes noces, le Comte de Forcalquier époufa, avant 121 1, une demoi- 
felle de fang royal, Marguerite de Vienne de Salins, dite de Bourbon, tille de 
Gaucher de Vienne, Sire de Salins, & de Mahaud, Dame de Bourbon, héritière 
de cette baronnie. Du côté paternel, par la maifon de Bourgogne, elle remontait 
directement à Gerberge, héritière du comté de Bourgogne, fa feptième aïeule, 
mariée avec Adalbert, Marquis d'Yvrée, ex-Roi d'Italie (de gbo à 961 ), lequel 
defeendait directement de Charlemagne. Du côté maternel, par fon aïeule Alix 
de Bourgogne, fille d'Eudes II, Duc de Bourgogne, elle était iffue au neuvième 
degré de Hugues Capet, Roi de France. Sa mère, dont elle devait hériter de la 
baronnie de Bourbon, avait été féparée de fon mari, en 1196, par le Pape Calixte III, 
pour caufe de parenté, ayant eu l'un & l'autre pour tril'aïeul Guillaume II, Comte 
de Bourgogne. Marguerite de Bourbon fut à l'on tour féparée du Comte de For- 
calquier, « parce qu'ils étaient auffi parents du quatrième au cinquième degré » (c), 
8c elle époufa alors, vers 1220. Jofferand, dit Gros, Seigneur de Brancion, dont 
les hauts faits d'armes pendant la croifade de Saint Louis furent immortalités par 
fon neveu, le célèbre chroniqueur Jean, Sire de Joinville (d). Marguerite & fon 
époux le Comte de Forcalquier, dès le début de leur mariage, durent tranfiger, 
en Février 121 1 (v. il.), avec leur mère & belle-mère, Mahaud de Bourbon, & 
fon fécond mari, Gui de Dampierre, pour reconnaître que félon l'ufage 8c la cou- 
tume de France, la baronnie de Bourbon ne pouvait être partagée, ni les filles 
y prétendre qu'au défaut des mâles, & pour renoncer à toutes leurs prétentions 
à cet égard, moyennant 1.200 marcs d'argent, ce qui fut confirmé par lettres du 
Roi Philippe-Augufte, à la cour duquel ce différend avait été porté. 

En troifièmes noces, le Comte de Forcalquier époufa Mabile N., que nous 
avons vu approuver, le 2 Janvier 1240 (v. ft.), l'arbitrage entre fon mari & 

\a) Les armes de Forcalquier étaient, depuis environ le milieu du XII e fiècle, identiques avec celles des 
Comtes de Touloufe : De Gueules à la Croix de Toulouje, attendu que Raimond V, Comte de Touloufe, &. 
Guillaume IV, Comte de Forcalquier, s'étaient appelés mutuellement à la fucceflion, à défaut de poftérité 
mafeuline. 

{b) D. Chantelou, hiftorien peu exael d'ailleurs, fe trompe en difant {Hijloire de Montmajour. dans Revue 
hijl. de Provence, p. 3io) que Bertrande était veuve du Comte de Forcalquier à la date de cette quittance, 
dont il ne donne pas le texte, & où elle était fans doute qualifiée d' « uxor quondam Guilielmi de Sa- 
brano, &c. <>, ce qui veut dire ici iïmplement : ex-époufe, & nullement veuve, puifque fon premier mari 
vivait encore fûrement trente ans plus tard. 

\c) Chazot de Nantigny, les Généalogies hifioriques, t. IV, p. 99. Cet auteur conftate, mais n'explique pas 
cette parenté; nous avons cependant pu établir que Guillaume de Sabran, Comte de Forcalquier. avait, du 
côté maternel, pour 4 e aïeul Etienne de Bourgogne, Comte de Vienne & de Mâcon, qui était d'autre part 
trifaïeul de Marguerite de Vienne. Il y a à remarquer ici cette curiolité hillorique que fi le mariage de Mahaud 
de Bourbon avec Gaucher de Salins n'avait pas été cafté, c'eft leur fille unique Marguerite qui eût hérité de- 
là baronnie de Bourbon & l'eût portée dans la maifon de Sabran en raifon de fon premier mariage, tandis que 
cette puiffante feigneurie parla au fécond mari de Mahaud de Bourbon, à Gui de Dampierre, dont les defeen- 
dants prirent le nom de Bourbon. 

(il Chazot de Nantigny, ibid., p. 101 , & le P. Anfelme, Hijloire des Grands Officiers de la Couronne, t. III. 
p. 154, & t. VIII, p. 425. 



73; 



de SABRAN-PONTEVÈS. 129 



l'abbaye de Montmajour. Elle n'eut pas d'enfants, ou du moins on ne lui en 

connaît aucun. 

Du premier mariage était ilTu : 

Giraud de Forcalquier, ce qui réfulte d'un acte d'accord conclu par lui, le 
19 Février (xj° cal. Martii) 1237, avec l'Abbé de Montmajour, au fujet 
de ce qui pouvait lui être dû par le monaftère du fait de fa mère (a). 
Il affilia au compromis intervenu entre fon père & l'Abbé de Montmajour. 
le 3i Décembre 1240, & à l'accord définitif du 27 Juillet 1242. Il eft men- 
tionné, avec le furnom de Guers, dans la fentence arbitrale rendue, le 
3 Novembre 1 2 5 6 , par le Roi S. Louis, entre Charles d'Anjou, Comte de 
Provence, & Béatrix de Savoie, fa belle-mère, charte où le Comte de Pro- 
vence reçoit, au milieu de nombreufes ftipulations, l'ordre de prendre 
fous fa protection Guillaume & Gaucher de Forcalquier, frères de Giraud, 
& où il eft conftaté que celui-ci avait vendu au Comte de Provence fes 
droits à la fucceffion paternelle (b). Plus tard, Giraud vendit à l'abbaye 
de Montmajour la condamine de Tournemire & un petit bourg auprès de 
Pertuis, vente que fon frère Guillaume confirma après fa mort, le 18 Avril 
{xiv° cal. Mail) 1280 (c). Chazot le fait mourir avant 1263 & lui donne 
pour femme une Ixmile ou Emilie;, dont il aurait eu quatre fils, morts 
fans lignée : Montolivet, Bertrand, Guillaume & Raimbaud, renfeigne- 
mentqui ne repofe fur rien. D'ailleurs, cet auteur dédouble à tort Giraud 
en deux perfonnages, l'un réel, Giraud, & l'autre imaginaire, « Guillaume, 
dit de Salins », auquel il attribue une alliance qui, d'après le P. Anfelme, 
s'applique à Giraud, de même que les trois enfants. Giraud de Forcalquier 
était allé fe fixer en Bourgogne où il époufa Agnès de Mont-Saint-Jean, 
Dame de Crellia, fille de Guillaume de Mont-Saint-Jean & de Marie des 
Barres. Il eut de cette alliance trois enfants : 

I. Pierre de Forcalquier, Seigneur de Cérefte & de Creffia, mort fans 
lignée. 

II. Isabeau de Forcalquier, Dame de Creffia après fon frère, mariée, vers 
1275, à Etienne de Coligny, Seigneur d'Andelot, fils d'Amédée II de 
Coligny & d'Alix de Cuseau, & ancêtre direct de l'Amiral de Coli- 
gny (d). 

III. Louise de Forcalquier, mariée à Guillaume Laydet, Seigneur de 
Sigoyer & de Briançon (e). 

De fon fécond 'mariage, Guillaume de Sabran, Comte de Forcalquier, eut deux 
fils : 

t . Guillaume de Forcalquier, dit de Pertuis, qui fut fans doute le principal héri- 
tier de fon père dans fes fiefs du comté de Forcalquier. On le voit apparaître 
pour la première fois dans l'acte du 2 Janvier 1240 (v. ft.) portant enga- 
gement de fe foumettre à la décifion de l'Archevêque d'Arles au fujet du 
différend entre le Comte de Forcalquier & l'abbaye de Montmajour, & 



(a) « ... GviRAVDus^lius quondam Domina- />'., uxoris quondam Guillelmi de Sabrano, Comitis Forcalche- 
renfes... » Acle fait in caflro Sallonis, in curin archiepijcopali. (D. Chantelou, Hifioire de Montmajour. dans 
la Revue hijl. de Provence, 1890, p. 322.) 

(b) Archives de Turin; charte publiée dans la Revue hijl. de Provence. 1892, pp. 1-7. 

(c) Archives des Bouches-du-Rhône, B. 1420. 

(d) « Ifabeau de Forcalquier, Dame de Creffia, fille aînée de Gérard de Sabran. dit de Forcalquier, Seigneur 
« de Creffia, au comté de Bourgogne, & d'Agnès de Mont-Saint-Jean, &c. >• (P. Anfelme, t. VII, p. I47- 1 

(e) Cette grande maifon était une branche de celle de Fos, ilTue des Vicomtes de Marleille. 



.3 



Regijivc feptième. 9 



i3o de SABRAN-PONTEVÈS. 



7 38 



enfuite dans l'accord définitif entre les parties, conclu le 27 Juillet 1242, 
accord qu'il confirma, après la mort de fon père, par une convention à 
la date du 16 Juin (xp° cal. Julii) i25i, &, deux jours après, il prêta 
hommage 8c ferment de fidélité à l'Abbé de ce monaftère pour ce qu'il 
tenait en fief à Pertuis & dans fon territoire (à). Depuis 1246, la Provence 
était déjà en la pofïeflion de Charles d'Anjou. A l'époque de la guerre 
entre ce prince & les Marfeillais, Guillaume de Pertuis lui fut donné en 
otage par Barrai de Baux, fon beau-frère, comme gage de la promeffe de 
celui vis-à-vis de fon fouverain de l'aider dans cette guerre avec fes valfaux 
& amis, promelfe ftipulée par actes du 3o Octobre & du 19 Novembre 
1 25 1 (b). Le 22 Novembre fuivant, il fut encore caution, avec Guillaume 
de Sabran, frère de Giraud IV-Amic (voir plus loin), Foulques de Pontevès 
& fon frère Ifnard d'Entrevennes (voir plus haut, p. 22), dans l'acte folennel 
d'hommage prêté par Barrai de Baux au Comte de Provence (c). Il avait 
époufé peu d'années auparavant Alafacie ou Adalaïs (d) de Baux, fœur de 
Barrai, ci-deffus, 8c fille de Hugues I er de Baux & de Barrale, Vicomteffe 
de Marseille, lequel Hugues était un des frères du célèbre Guillaume, 
Prince d'Orange, époux d'Ermengarde de Sabran (voir plus haut). A 
l'exemple de fes prédéceffeurs, Guillaume de Pertuis eut des difficultés 
avec l'abbaye de Montmajour. Excommunié pour avoir envahi les « ifcles » 
de Pertuis, il en fut relevé le i er Juillet 1285. Il furvécut à fa femme (morte 
avant 1274) & tefta, le 10 Février 1289, en faveur de fon frère Gaucher de 
Forcalquier, après avoir perdu fon fils unique, Bertrand de Baux de 
Pertuis, qui fuit. 

Bertrand prit le nom de Baux (celui de fa mère), & fut émancipé par 
fon père, qui lui fit alors donation de fes biens, c'eft-à-dire de deux 
parties du château & de la juridiction de Pertuis, de la baffide de 
Samfon & de fon territoire, des droits fur les fiefs de la Baftide-des- 
Jourdans, les châteaux de Samfon, Villelaure, Tréfemines, Goult & 
Baumettes, le tout fous la réferve de l'ufufruit. Bertrand fuivit 
Charles d'Anjou à la conquête de Naples; reçut la feigneurie de Troja 
en 1268, fut nommé, le 5 Octobre delà même année, Capitaine de la 
milice en Campanie (e); reçut, le 2 Avril 1269, la donation de la ba- 
ronnie& terre de Trogeffana, dans la principauté des Abruzzes(/);puis, 
le 25 Décembre fuivant, la donation en fief noble des terres Si châ- 
teaux d'Archi, Santo-Valentino, Filetto, Miglianico, Corbara, Ripa 
Teatina, Santo-Eufanio, Caramanico, Sparpaglia de Thetis, Santo- 
Giorgio, fitués dans le reffort judiciaire des Abruzzes, avec tous leurs 
droits 8c dépendances, repréfentant un revenu annuel de 2.3oo onces 
d'or (g). Il tefta d'abord le i3 Avril 1274, à rifle-en-Venaimn, 8c élut 

la) D. Chantelou, Hijloire de Montmajour, dans la Revue liijl. de Provence, 1890. pp. 348049. Dans ces deux 
chartes Guillaume eft appelé : « Guillelmus, ^//i/s quondam Guillelmi Comitis Forcalcherii ». Plus tard, il 
n'eft généralement défigné que fous le nom de Guillelmus de Pertujïo. 

(b) Barthélémy, Inventaire des chartes de la mai/on de Baux, n os 36o & 36 1. C'eft par erreur que cet 
auteur appelle Guillaume de Pertuis le neveu, au lieu de beau-frère de Barrai de Baux. 

(c) Ibid., n° 362. — Il y eft encore défigné fous le nom de : Guillelmus, filius quondam Comitis Forcalquerii . 
Au bas de cet aéte figure fon fceau avec la croix de Touloufe & la légende : Sigill. W. de Folcalquerio (voir 
Blancard, Iconographie des Jceaux des archives des Bouches - du-Rhône , pi. 24, fig. 1). 

id) Pithon-Curt (t. IV, p. 335) l'appelle à tort Marie. 

(e) Barthélémy, Inventaire des chartes de la mai/on de Baux, n° 538. 

(/) Ibid., n° 547. 

[g) Ibid., n° 5 5 G. 



7 3g 



de SABRAN-PONTEVÈS. i3 



la fépulture dans l'églife des Frères Mineurs de Reillane, au comté de 
Forcalquier, près du tombeau de fa mère (a); il fit un fécond teftament, 
à Naples, en 1275, léguant deux tiers de fes biens à fon coufin germain 
Bertrand de Baux, Comte d'Avellino, & l'autre tiers à fon père, à la 
condition de l'abandonner au Comte, s'il mourait fans enfants, & il 
décéda avant le mois de Juillet de cette année, fans laiffer de poftérité. 
Conformément aux défirs de fon fils, Guillaume de Pertuis abandonna 
de fon vivant au Comte d'Avellino la nu-propriété de fa part d'hé- 
ritage par convention du 4 Mai 1277 (£), puis par une autre conven- 
tion, du 6 Octobre 1284 (c). Bertrand de Baux de Pertuis devait 
d'abord époufer Galburge de Mévouillon, veuve de Guillaume III 
de Baux (fils de Guillaume, Co-Prince d'Orange), & fille de Bertrand 
d'Agoult, Seigneur de Mifon, &c, & de Béatrix de Mévouillon (d). 
Ce projet de mariage n'ayant pas abouti, il époufa, en 1262, Dra- 
gonette de Montdragon, fille de Dragonet de Montdragon, Seigneur 
de Montauban (e). Elle fe remaria à Giraud Adhémar de Monteil, & 
tefta le 27 Janvier 1291. 
2. Gaucher de Forcalquier, qui fuit. 

VII. DEGRÉ. 

Gaucher de Forcalquier, dit de Salins, Seigneur de Cérefle, reçut le pré- 
nom de fon grand-père maternel. Il figure dans le compromis conclu, le 3i Dé- 
cembre 1240, entre fon père & l'abbaye de Montmajour, & enfuite dans la con- 
vention du 27 Juillet 1242 (voir plus haut); puis, dans la fentence arbitrale 
rendue par le Roi S. Louis, le 3 Novembre 1256. Le 14 Octobre 1275, il jura 
mutuellement avec Raymond de Baux, Prince d'Orange, de défendre contre toute 
attaque la ville de Montélimar, dont le Seigneur en partie était alors Giraud Adhé- 
mar, fils de Giraud Adhémar & deTiburge Amie, coufine iïïue de germain de Gau- 
cher (f). Les États de Provence affemblés à Sifteron le 14 Mai 1286 le députè- 
rent, avec Ifnard d'Agoult d'Entrevennes, Baron deSault, ancien Grand Sénéchal, 
vers le Roi d'Angleterre pour traiter de la délivrance du Prince de Salerne (le 
futur Roi Charles II), prifonnier du Roi d'Aragon (g). Il hérita de fon frère 
Guillaume en 1289 & dut mourir peu de temps après. 

De fon mariage avec Cécile de Trets, fille de Burgondion I er de Trets, d'une 
branche des Vicomtes de Marfeille (h), & de Mabile d'Agoult de Pontevès, on ne 
lui connaît qu'un fils, qui fuit. 

VIII. DEGRÉ. 

Guillaume-Oger I er (i) de Forcalquier, Seigneur d'Oze, fit hommage pour ce 

{a) Barthélémy, Inventaire des chartes de la mai/on de Baux, n° 5 78. 
ib) Ibid., n° 599. — Voir auffi les n os 610 & 620. 

(c) Ibid., n°b46. — Bertrand de Baux, Comte d'Avellino, vendit, en 1294, la feigneurie de Pertuis au Roi. 
qui la donna au couvent de Nazareth d'Aix. 

(d) Ibid., Suppl., n° 18. — Courcelles, t. VII, art. Agoult, p. 81. 
{e) Barthélémy, Suppl., p. 527, n° 1 5. 

</) Ibid., n° 588. 

(g) Papon, t. III, p. 87. — Trois feigneurs de la mailbn de Sabran furent enfuite donnés en otages pour ga- 
rantir l'exécution du traité intervenu à cet égard, en 1289 : un Sabran de Forcalquier (probablement le lils de 
Gaucher), Elzéar de Sabran, Baron d'Anfouis, & Giraud-Amic, Seigneur du Thor. 

(h) L'Abbé Robert, Généalogies de Provence, ms., t. II, fol. 97. — Papon, t. II, p. 532. 

(i) Chazot l'appelle à tort Gaucher & le fait vivre jufqu'en î 3oo. 



i32 de SABRAN-PONTEVES. 



740 



fief & pour les châteaux de Barcelonette, Efparron& Rochefort au Grand-Prieur 
de Saint-Gilles le i er Octobre 1247. 

Il fut Podeftat d'Arles en i23o, puis Juge 8c Chancelier de Raimond, Comte de 
Touloufe, dans le pays Venaiffin de i23y à 1244. D'une alliance inconnue, il eut 
un fils, qui fuit. 

IX. DEGRÉ. 

Guillaume-Oger II de Forcalquier, Seigneur d'Oze & de Vitrolles, renouvela 
l'hommage rendu par fon père au Grand-Prieur de Saint-Gilles, pour les fiefs fuf- 
mentionnés, le 6 Janvier 1292 (v. lt.). Chazot dit qu'il fut encore Seigneur de 
Cérefle & de Viens. 

Il avait époule, vers 1280 (à), Rofcie ou Rofe de Simiane, fille de Bertrand- 
Rambaud de Simiane, Seigneur de Saint-Martin, Boiffet, Caftillon, &c, & de 
Mabile Adhémar de Grignan, & fceur de Mabile de Simiane, époufe de Foulques 
de Pontevès (voir plus haut, p. 5j). De ce mariage font iffus : 

1. Guillaume-Oger III de Forcalquier, Seigneur d'Oze, de Vitrolles, de Viens 
& de Cérefle, qui renouvela l'hommage ci-deffus le 21 Janvier i3oo(v. lt.), 
étant alors âgé de plus de 18 ans & de moins de 25 ans, & mourut avant le 
3i Juillet i322. Il époufa, vers i3io, Tiburge de Simiane, fille de Guiran V 
de Simiane, Seigneur d'Apt en partie, & d'Etiennette de Blacas, & fceur 
de Raibaude de Simiane, époule de Roftaing de Sabran, Seigneur de 
Châteauneuf (voir plus loin, p. 1 39). Elle fut héritière particulière de fon 
père le 3i Juillet 1 322, étant déjà veuve (b). De ce mariage vint : 

Guillaume-Oger IV de Forcalquier, Seigneur d'Oze & de Vitrolles, qui 
eut pour tuteur Grégoire de Rozanne, lequel fit en fon nom, au Dau- 
phin de Viennois, hommage du château d'Oze le i er Octobre i32Ô. Le 
20 Mars 1329 (v. fi.), le difant majeur de 14 ans & mineur de 25, il 
demanda au Grand-Maître de Malte de Tinveltir du Plan de Crigha- 
fous- Vitrolles , au diocèfe de Gap. Le 3o Novembre 1 363, il fut témoin 
au traité de ligue, fait à Avignon, entre les Provençaux, les Dauphi- 
nois, le Recteur du comté Venaiffin & le Comte de Savoie, pour s'op- 
pofer aux courfes des Compagnies (c), & le 4 Mai 1364, il fut inverti 
du Plan ci-deiïus par le Grand-Prieur de Saint-Gilles. Il avait époufé 
Gillette Ainard ou Eynard, Dame de la Motte, fille unique de Pierre 
Ainard, Chevalier, Seigneur de la Motte, de Theys, &c. {d). Son mari 
rendit, en i33o, hommage pour la terre de la Motte. On ne leur con- 
naît qu'un fils : 

Georges-Oger de Forcalquier, qui fit hommage pour Vitrolles, 
au Grand Prieur de Saint-Gilles. D'une alliance inconnue, il eut 
deux filles : 

I. Marguerite de Forcalquier, mariée avec Jean de Varey. 

II. N... de Forcalquier, mariée avec N... Sapor, dont la fille 
Alix Sapor, Dame d'Oze & de Vitrolles, époufa Jean de 
Jossard, Seigneur de Caflillon de Sargues, au diocèfe de 
Lyon. 

(a) P. Anfelme, t. II, p. 241, & Pithon-Curt, t. III, p. 292. Ces auteurs donnent la date de 1 3o2 comme celle 
du mariage, ce qui eft impoflible puifque leur fils aîné avait déjà en i3oo plus de 18 ans. 
{b) P. Anfelme, t. II, p. 242. 
(c) Pithon-Curt, t. III. p. 207. 
{d) Ibidem, t. IV, p. 53g. 



74i 



de SABRAN-PONTEVÈS. i33 



2. Guillaume de Forcalquier, Seigneur de Lourmarin, Voix, Roquefpeluque 

8c Saint-Martin de la Brafque, qui époufa Jacquette des Porcellets, fille 
de Guillaume des Porcellets, des Seigneurs de Senas & de Lambefc, & 
de Porcelette de Cadenet. Il mourut avant 1340, laiffant deux fils : 

I. Jean de Forcalquier. 

II. Gaucher de Forcalquier, qui tranfigea avec ion frère, ci-deffus, le 
17 Août 1340, au fujet de l'héritage paternel, & eut les feigneuries 
fusmentionnées. 

De lui defcend un Gaucher de Forcalquier, auquel lbn parent 
Gaucher de Forcalquier, Évêque de Gap (voir ci-deffous), légua, 
en 1484, une penfion de cent florins d'or fur la terre de Cérefte. 
Il eut pour enfants : 

I. Guillaume de Forcalquier, Jurifconfulte , habitant à Manof- 
que, père de Georges de Forcalquier, qui eut de la femme Ma- 
deleine Mérot : 

1. Georges de Forcalquier, qualifié « Georges de Sabran, des 
Comtes de Forcalquier » , qui époufa, par contrat paffé à Apt, 
le 1 5 Février i535 (v. ft.), Marguerite des Laurents, fille de 
Louis Laurenti ou des Laurents, Docteur en droit, Magiftrat 
éminent d'Avignon, & d'Anne de Carence. Il mourut fans 
poftérité. 

2. Guillaume de Forcalquier, père d'ARNAUD de Forcalquier. 
marié, à Roquemaure, en Languedoc, avec Philippine de 
Marais, dont il n'eut que des filles. 

3. Anne de Forcalquier, mariée avec Jacques Garnier, fils de 
Louis Garnier, Noble Marfeillais. 

II. Jeanne de Forcalquier, mariée : i° avec André d'Yson, du lieu 
de Cérefte; 2 par contrat paffé au château de Maubec. le 19 
Avril i53o, avec Jean d'Aurel, Lieutenant au gouvernement 
de Provence, Capitaine de Monteux. Elle fe conftitua alors en 
dot 1200 florins d'or, du confentement d'Ifabelle de Forcalquier 
& de Gaucher de Brancas, les plus proches parents (à). 

3. Mabile de Forcalquier, dite d'Oze (fille aînée de Guillaume-Oger II), qui 

rendit hommage, le 14 Octobre i32i (b), pour le château de Gignac & lbn 
territoire, au diocèfed'Apt; pour la moitié du château d'Ongles, audiocèfe 
de Sifterori; pour la moitié du château 8c territoire de Saint-Chriftol, 
au diocèfe d'Apt; & pour la moitié du territoire de Merfa; le tout pro- 
venant de la fucceffion de fa mère Rofcie de Simiane. Elle aurait époufé 
Raimond d'Agoult de Sault. 

4. Metheline ou Mathurine de Forcalquier, dite d'Oze, qui rendit, en même 

temps que fa fceur, hommage pour l'autre partie des châteaux & terres 
ci-deffus. Dans cet acte eft cité fon mari Gaucher de la Roque, Seigneur 
de Cérefte (c). Leurs defcendants prirent le nom de Forcalquier. 

(a) Chazot de Nantigny ignorait prefque complètement la defeendance de Guillaume-Oger II. Elle a été 
rétablie, en partie, par M. le Baron du Rouie, à l'aide des documents du Prieuré de Saint-Gilles ( V des 
renfeignements fournis par Pithon-Curt, t. IV, p. 5o8. 

(b) Archives des Bouches-du-Rhône, B, 453. 

(c) Chazot l'appelle « Gaucher de Forcalquier, III' du nom, dit de Roquet », ignorant qu'il était complète- 
ment étranger, avant fon mariage, à la maifon de Sabran. 



134 de SABRAN-PONTEVES. 742 



X. DEGRÉ. 

Gaucher de la Roque, dit de Forcalquier, eut de Metheline de Forcalquier, 
ci-deflus : 

i. Gaucher de Forcalquier, qui luit. 

2. Guillaume-Oger V de Forcalquier, dont la poftérité fera rapportée à la 

fuite. 

3. Marguerite de Forcalquier, qui tefta, le 12 Juillet 1348, en faveur de fes 

frères, & fut enterrée au couvent des Frères Mineurs d'Apt. 

XL DEGRÉ. 

Gaucher de Forcalquier, Seigneur de Cérefte, &c, époula Marguerite d'Agoult, 
Dame de Forcalqueiret, fille probablement de Raymond d'Agoult & d'Élifabeth 
de Baux (voir plus haut, p. 21). De ce mariage : 

1. Guillaume de Forcalquier, qui fuit. 

2. Marguerite de Forcalquier. 

XII. DEGRÉ. 

Guillaume de Forcalquier, Seigneur de Cérefte, &c, qui vivait encore en 
i382, eut d'une alliance inconnue le fils qui fuit. 

XIII. DEGRÉ. 

Louis de Forcalquier, Seigneur de Cérefte, n'étant encore que Damoifeau, 
fut fait prifonnier dans une rencontre de guerre avec les partifans de Louis, 
Duc d'Anjou, frère de Charles V, qui avaient envahi la Provence en i366. Le 
vainqueur, Guiot le Porc, Damoifeau, du diocèfe de Rennes en Bretagne, fans 
doute l'un des lieutenants de Duguefclin, lui impofa une rançon de 5oo florins 
d'or, dont 400 lui furent verfés par Bermond de la Voûte, Chevalier, le 8 Sep- 
tembre 1 368 à Bagnols (a). Il fut un des exécuteurs teftamentaires de François 
de Baux, Seigneur d'Aubagne, le 8 Septembre 1 38 1 (b). L'un des quatre Députés 
chargés de folliciter du fecours au Roi de France contre les brigandages du 
Vicomte Raymond de Turenne, en 1396, il commanda enfuite un détachement 
dans les troupes de Provence, & fut un des témoins du traité de paix conclu 
avec le rebelle le 7 Juillet 1399 ( c )- H époufa Alafie ou Alayette de Villeneuve, 
de laquelle il eut : 

1. Raimond de Forcalquier, qui fuit. 

2. Marie de Forcalquier, mariée avec Barthélémy de Brancas, fils de Bufile 

Brancaccio ou de Brancas, fixé à Avignon. 

XIV. DEGRÉ. 

Raimond de Forcalquier, Baron de Cérefte, époufa, par contrat du 12 Février 
1407 (v. IL), Angélique de Brancas, fille de Bufile Brancaccio, ou de Brancas, 

(a) Renfeignement inédit, d'après la quittance de cette fomme, faifant partie de la colle&ion de M. Garcin, à 
Apt. Parmi les témoins, figure Pons de Sabran, Cofeigneur du château de Sabran, qui doit être le même que Pons 
de Montlaur-Sabran, gendre de Giraud VI-Amic (voir plus haut, p. 121, & auffi p. 141). 

{b) Barthélémy, Inventaire des chartes de la mai/on de Baux, n° 1567. 

(c) Papon, t. III, pp. 292-295. 



743 



de SABRAN-PONTEVÈS. i35 



Chevalier, Comte d'Agnano, au royaume de Naples, Maréchal de l'Églife Ro- 
maine, Chambellan de Louis II d'Anjou, Roi de Naples & de Sicile, Comte de 
Provence, & de Marcelle ou Mariette de Amorosis. De ce mariage : 

i. Jacques de Forcalquier, Baron de Cérefte, qui fonda, le 12 Mai 1461, une 
chapelle à Cérefte, & mourut en 1479. De fon mariage avec Marguerite 
d'Arpajon, fille probablement d'Hugues d'Arpajon, Vicomte de Lautrec, 
& de Jeanne de Sévérac, il n'eut qu'une fille : 

Honorade de Forcalquier, mariée à Louis de Vintimille, Seigneur de 
Montpezat. 

2. Gaucher de Forcalquier, Baron de Cérefte après fon frère, Évêque de 

Sifteron le 5 Février 1441 (v. ft.), Evêque de Gap en Octobre fuivant, 
mort le 5 Avril 1484. Par fon teftament du 22 Juillet 1483, il donna 
à Gaucher de Brancas, fon coufin germain, les châteaux de Robion, de 
Taillades, de Lagnes & de Bouilles, au comté Venaifïin, & fa Baftide 
près de rifle-en-Venaiffin ; & il inftitua pour héritier en fes autres biens 
fon neveu Georges de Caftellane, fils de fa fœur Alix, à la charge de por- 
ter fon nom & fes armes, & il lui fubftituafon coufin Gaucher de Brancas, 
ci-deffus, dont le fils Gaucher II, recueillit en effet cette fucceffion (a). 
Les Ducs de Villars defcendent directement de celui-ci. 

3. Marie de Forcalquier, mariée, avant 1432, avec Reforciat de Castellane- 

Salernes, fils de Georges de Castellane & de Marguerite de Trians. Sans 
poftérité. 

4. Alix de Forcalquier, mariée avec Honoré de Castellane, Seigneur de 

Montmeyan, frère de Reforciat, ci-deffus. Leur fils Georges de Castel- 
lane, dit de Forcalquier, recueillit la fucceffion de fon oncle Gaucher de 
Forcalquier, mais il mourut fans poftérité. 



XI. DEGRE. 

Guillaume-Oger V de Forcalquier, Seigneur de Viens, fils puîné de Gaucher 
dé la Roque & de Mételine de Forcalquier (voir ci-devant, p. 134), tefta le 6 No- 
vembre 1377. De fon mariage avec Saure de Gantelme (qui tefta le 14 Juil- 
let i35i), il eut un fils, qui fuit. 

XII. DEGRÉ. 

Louis de Forcalquier, Seigneur de Viens, mort en i385, eut de fon mariage 
avec Aigline ou Ayceline de la Garde (qui tefta le i5 Août i38o), un fils, qui fuit. 

XIII. DEGRÉ. 

Guillaume-Oger VI de Forcalquier, Seigneur de Viens 8c de Grambois, aflifta, 
comme un des Députés de la Nobleffe, aux États de Provence de 1396, réunis 
pour mettre un terme aux brigandages du Vicomte de Turenne. Il époufa : 
i° le 5 Mai 1398, Thomaffe de Pontevès, fille de Blacas de Pontevès, Seigneur 
de Châteaurenard, & de Marguerite de Gantelme (voir plus haut, p. 91); 2 Jac- 
quette Farnèse, fille de Ranuce Farnèse, Seigneur de Montalte, Général des Flo- 
rentins. Du premier lit iffurent : 

(a) P. Anfelme, t. V, p. 278. — Pithon-Curt t I"". p. 200. 



i36 de SABRAN-PONTEVES. 



744 



i 8c 2. Louis & Elzéar de Forcalquier, morts fans poftéritë. 
3. Guillemette de Forcalquier. 

4 8c 5. Marguerite & Saure de Forcalquier, Religieufes au couvent de Sainte- 
Catherine à Apt. 
Du fécond lit vint un fils, qui fuit. 

XIV. DEGRÉ. 

Antoine-Oger de Forcalquier, Seigneur de Viens, Mirabeau, Saint-Vincent, 
Grambois, &c, fut marié, vers 1425, avec Jeanne d'Agoult, fille de Raimond 
d'Agoult, Seigneur de Barret & de Mifon, 8c de Louife de Glandevès-Faucon. 
De ce mariage : 

1 . Marquise (aliàs Thomasse) de Forcalquier, Dame de Grambois, mariée : i° à 

Antoine de la Croix, Seigneur de Corbières; 2 à Raimond d'Estienne, 
Cofeigneur de Lambefc 8c de Venelles, fils de Guillaume d'Estienne. 

2. Marguerite de Forcalquier, Dame de Mirabeau, mariée : i°le24Mars 1460, 

à Guillaume de Sabran, Baron d'Anfouis (voir plus loin); 2 à Jacques 
Targues, d'une ancienne maifon de Provence, auquel elle porta les fei- 
gneuries de Mirabeau 8c de Redortier. 

3. Louise de Forcalquier, Dame de Viens, mariée à Jean de Villemùs, Sei- 

gneur de Villemùs 8c de Sainte-Tulle. 



BRANCHE DES SEIGNEURS DU THOR 

ET DE CHATEAUNEUF, 

ISSUE DE CELLE DES AMICS (a). 

VI. DEGRÉ. 

Giraud III-Amic de Sabran, fécond fils de Giraud II-Amic, Connétable de Tou- 
loufe, 8c d'Alix, Comteffe de Forcalquier (voir p. 124), fut Seigneur du Thor& 
de Châteauneuf, Cofeigneur de Caumont, puis Seigneur de Robion 8c de Jonquiè- 
res. On le voit fe porter garant, avec ion frère Pierre-Amie, d'une vente faite par 
Elzéar [de Sabran] du Caylar ou de Caftelar, à la Maifon de l'Hôpital de Saint- 
Thomas, de l'Ordre de Saint-Jean de Jérufalem, le 20 Mai (xiif cal. Junii) 
1202 (b). Il figure, fous le nom de Giraudetus Amici, parmi les témoins au contrat 
de mariage (Juin 1202), de fa couline Béatrix de Sabran avec André de Bour- 
gogne, Dauphin de Viennois (voir plus loin, p. 147). En Décembre 1209, il affilia 
Ion frère, le Comte de Forcalquier, dans l'acre de fon affiliation à l'Ordre des 
Templiers (voir plus haut, p. 124). Il fut témoin au traité intervenu, à Saint- 
Gilles, le 14 Juillet 12 10, entre Guillaume I er de Baux, Prince d'Orange, 8c Rai- 
mond VI, Comte de Touloufe (c). En Mai 121 2, il provoqua une fentence 
arbitrale entre lui 8c Raimond Renoard, au fujet de la tour de Vedènes (rele- 
vant de la ville d'Avignon), qu'il avait achetée à Geffroy, père de Raimond; 

{a) Cette branche demeura ignorée de Chazot de Nantigny. 

[b) Authentique du prieuré de Saint-Gilles, dans la Revue hijl. de Provence, 1890, p. 14. 

ici D. Vaiffète, t. VIII, col. 591. — Pithon-Curt, t. IV. p. 3o8. 



74 5 de SABRAN-PONTEVÈS. i3 7 

fentence qui fut rendue par Guillaume de Baux, au Pont-de-Sorgue, en faveur 
de Giraud-Amic & de fon frère Pierre-Amie (à). Le 26 Septembre (vj° cal. Odo- 
bris) 121 5, il rendit lui-même une fentence arbitrale entre Guillaume de Baux, 
Prince d'Orange, & les Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérufalem, au 
fujet des biens qu'ils réclamaient dans Orange & fon territoire (b). Il mourut 
avant le mois d'Août 1220 (voir ci-defTous). 

De fon mariage avec Tiburge de Baux, fille de Guillaume I er de Baux, Prince 
d'Orange, & d'Ermengarde de Sabran, qu'il avait époufée avant 1208, il eut : 

1. Giraud IV-Amic de Sabran, qui fuit. 

2. Guillaume de Sabran, lequel, de même que fon frère, prit une part active 

à la guerre qui s'engagea, en 1232, entre le Comte de Touloufe, celui de 
Forcalquier, &c, contre le Comte de Provence (voir plus loin). Le 
10 Avril 1244, il fut au nombre des Seigneurs donnés pour cautions par 
Barrai de Baux à Aymar de Poitiers, Comte de Valentinois, au fujet du 
mariage projeté entre le fils de l'un & la fille de l'autre (c). Le 18 Décem- 
bre fuivant, il afMa au mariage célébré par procuration à Orange, entre 
Cécile de Baux, fille de Barrai de Baux, ci-deffus, & Amé IV, Comte de 
Savoie (d). Le 22 Novembre i25i, il fut un des feigneurs donnés pour 
caution du ferment de fidélité fait par Barrai de Baux à Charles I er d'An- 
jou, Comte de Provence (<?). Il eft fans doute identique avec Guillaume- 
Amie, Seigneur de Châteauneuf, qui tefta le I er Septembre 1264. On ne 
lui connaît pas de poftérité. Toutefois il eft pofTible qu'il s'identifie avec 
fon homonyme, de la branche de Sabran-Montdragon (voir plus loin, 
p. 142). 

3. Giraudet-Amic de Sabran, Commandeur de l'Hôpital de Saint-Jean de Jé- 

rufalem à Orange, qui fit un acte d'échange le i3 Avril 1240 &affifta à cejui 
du 26 Mai 1247, par lequel Raimond I er & Guillaume III de Baux, Prince 
& Co-Prince d'Orange, pardonnèrent aux habitants d'Orange révoltés, 
grâce à l'intervention d'Amie, Évêque de cette ville, qui était probable- 
ment iffu de la même branche (/*). 

4. Tiburge-Amic de Sabran, mariée, vers i23o, à Giraud Adhémar, Seigneur 

de Rochemaure, fils de Giraud Adhémar, Seigneur de Rochemaure, & de 
Meraude de Beauvoir(^). Elle vivait encore le 14 Octobre 1275, étant déjà 
veuve (h). 

VII. DEGRÉ. 

Giraud IV-Amic de Sabran, Seigneur du Thor, de Châteauneuf, &c, né 
vers 1208, eft qualifié de fils de feu Giraud-Amic dans l'acte du 27 Juillet (pj° cal. 
Augujlï) 1220, par lequel, étant encore mineur, & en préfence de fa mère, de 
concert avec fon oncle Pierre-Amie, ils reconnurent aux Confiais d'Avignon la 
donation que Raimond, Comte de Touloufe, avait faite aux Avignonnais de tous 
fes droits fur Caumont, le Thor, Girmaignanègues, Thofon & Jonquières, terres 

(a) M. le Baron du Roure, Notice hiflorique fur une branche de la famille de Sabran, p. 12. 

(b) Pithon-Curt, t. IV, p. 307. — Barthélémy, Inventaire des chartes de la maifon de Baux, n° i; s . 

(c) Barthélémy, Inventaire des chartes, n° 3i3. 

(d) Barthélémy, n° 3i5. — Pithon-Curt, t. IV, p. 342. 
(<?) Barthélémy, n° 3b2. — Pithon-Curt, t. IV, p. 338. 
(/) Barthélémy, n° s 285 &33i. 

(g) Pithon-Curt, t. IV, p. 56. 
(h) Barthélémy, n° 588. 



Regijtre feptième. ( .)4 



38 



de SABRAN-PONTEVES. 



746 



& châteaux poffédés par les Amie, pour lefquels ils firent en conféquence hom- 
mage (à). Il appofa le fceau ci-deflbus à Pacte de publication, par témoins, du 
teftament dTfnard de Rouhion, Chevalier du Temple, en Mai 1221. Il eut une 
conteftation avec l'Abbé de Saint-André d'Avignon au fujet des prés de Todono, 
qui furent adjugés à l'Abbé par fentence arbitrale du g Mai 1222 (b). En 1232, il 
s'engagea à fond dans la guerre qui éclata entre le Comte de Touloufe, celui de 
Forcalquier (Guillaume de Sabran, oncle de Giraud IV-Amic), les chefs de la 




maifon de Baux, d'autres feigneurs de Provence, la ville bafTe de Marfeille & 
Tarafcon, d'une part, & Raimond-Bérenger, Comte de Provence, & la ville d'Ar- 
les, d'autre part. Il figure comme belligérant dans le traité de trêve conclu entre 
les parties, le 18 Septembre 1233, par arbitrage de Frédéric II, Empereur des 
Romains, trêve qui devait durer jufqu'à la fête de Saint-Michel de l'an 1234 (c), 
& il eft encore cité comme un des chefs, avec fon frère Guillaume; dans l'acfe de 
promeffe, de Mars 1233, faite à l'Empereur par le Comte de Forcalquier & fes 
adhérents d'obéir à les ordres touchant la guerre en queftion (df), puis dans un 
acle femblable du 24 Avril fuivant par le Comte de Touloufe (e). Le 23 Mars 1 234, 
étant majeur de vingt-cinq ans, il conclut avec la communauté d'Avignon un 
traité relativement aux fiefs qu'il tenait de la dite ville (f). Il figure enfuite 
comme témoin, fous-le nom de Giraudus-Amicus Dalfinetus , dans un acte de do- 
nation par le Comte de Touloufe à Guillaume de Sabran, dit Maltortel, du 20 Mai 
1237 (voir plus loin, p. 1 53). Le 10 Avril 1244, on le voit, avec fon frère Guillaume, 
au nombre des feigneurs donnés pour cautions par Barrai de Baux à Aymar 
de Poitiers (voir plus haut), & le 22 Novembre fuivant, il fut, avec les Comtes de 
Comminges & de Rodez, le Vicomte de Narbonne, le Prince d'Orange & d'autres 
puiffants feigneurs, caution de la dot conftituée par Raimond VII, Comte de 
Touloufe, en faveur de Cécile de Baux, petite-nièce de celui-ci, fiancée à Amé IV, 
Comte de Savoie (g). Pour punir la défection de la ville d'Avignon à l'égard du 
Comte de Touloufe, l'Empereur Frédéric II enleva à cette cité les fiefs que Gi- 
raud-Amic & fon oncle paternel (patruus) Pierre-Amie lui avaient donnés, & intima 
ordre à ces deux barons de retourner fous fon hommage immédiat, par diplôme 
daté de Pile en Août 1244 (1245 félon le calcul pifan) (h). Le i er Juin 1248, Giraud- 



(à) M. le Baron du Roure. Dans cet acte figure parmi les témoins un W. Raimundus de Sabrano, que nous 
ne voyons nulle part ailleurs & qu'il nous eft impoifible de rattacher à la filiation. 

{b) Barthélémy, Inventaire des chartes de la maifon de Baux, n° 2q5. Dans cet ade il eft défigné comme fils 
de feu Giraud-Amic & de Tiburge de Baux. 

(c) Barthélémy, fuppl., p. 526, n° 11. 

(d) Papon, t. II, preuves, p. lxv. — Barthélémy, n° 2q5. 

(e) Papon, t. II, preuves, p. lxix. 

(/) Cet intéreffant document eft aux Archives des Bouches-du-Rhône. 

(g) Pithon-Curt, t. IV, p. 342. — Barthélémy, n° 3 14 (réfumé trop écourté). 

{h) D. Vaiffète, t. VI, p. 770, & t. VIII, col. 1 160. 



747 de SABRAN-PONTEVÈS. ,3 9 

Amie fut nommé l'un des exécuteurs teftamentaires par Guillaume III de Baux, 
Co-Prince d'Orange, lbn coufin germain du côté maternel (a). Il fut préfent, dans 
le château de Beaucaire, à la ratification de l'accord paffé, le ioMai 1231, entre 
les Avignonais & Alphonfe, Comte de Poitiers & de Touloufe, ainfi que fon frère 
Charles, Comte de Provence, auxquels la ville d'Avignon a fait fa foumhTion(&). 
Le 6 Septembre (pij° idus Sept.) 1263, il acheta une partie de Cavaillon, de Ber- 
trand de Cavaillon, Cofeigneur de cette ville, par acte paffé au château de 
Pernes (c). 

Il avait époufé Thérèfe-Gaucelin de Sabran-Uzès, fille de Rainon de Sabran- 
Uzès & de Guillemette de Lunel, de la grande famille de ce nom (voir plus loin, 
p. i5i), & il eut de ce mariage : 

i. Giraud V-Amic de Sahran, qui fuit. 

2. Rostaing de Sabran, Cofeigneur de Châteauneuf, & l'un des Seigneurs qui 

fe portèrent caution d'une dette contractée par feu Ifnard de Pontevès, 
Abbé du Mont-Caffin (voir plus haut, p. 27), par acte paffé à Avignon 
le 6 Avril i3i8 (d). Il fut fubftitué, avec fon frère Giraud-Amic, pour 
égale part, par fon beau-père Guiran III de Simiane, à Guillaume-Oger IV 
de Forcalquier, fon petit-fils, par teftament du 3i Juillet i322, au fujet du- 
quel ils tranligèrent le i5 Octobre fuivant. Son autre frère, Giraudet- 
Amic, lui légua fa part du fief de Caumont le i er Janvier 1329. Il fut 
Viguier de Marfeille en 1324. Il avait époufé, vers i3i5, Raibaude de 
Simiane, fille de Guiran V de Simiane & d'Etiennette de Blacas (veuve 
de Barrai de Pontevès). Elle était fœur de Tiburge de Simiane, époufé de 
Guillaume-Oger III de Forcalquier (voir plus haut, p. i32). On ne leur 
connaît pas d'enfants (e). 

3. Giraud ou Giraudet-Amic de Sabran, Cofeigneur de Robion & de Caumont, 

époux en premières noces de Gaufride Gantelme, fille de Roftaing Gan- 
telme. Elle tefta à Arles le 6 Juillet i3io, laiffant de fon mariage : 

Béatrix de Sabran, mariée à Barrai de Roanas, morte avant i32g. 

Il époufa en fécondes noces Marquife de Montueilh, fille de Sicard 
de Montueilh. Elle tefta à Arles le 23 Mai 1 325. De ce mariage : 

Cécile & Sibilone de Sabran, mortes jeunes. 

Giraudet-Amic tefta lui-même à 'Arles le i er Janvier i32o, (v. ft.), & lé- 
gua Robion à Giraud V-Amic, & Caumont, à Roftaing, fes frères. Dans ce 
teftament il rappelle fes deux femmes. 

On attribue encore à Giraud IV-Amic un quatrième fils : 

Saint Gérard ou Géri, dit de Lunel, Ermite, puis Pèlerin, mort, à la fin 
du XIII e fiècle, près du château de Montorfi, en Italie. Son corps fut 
tranfporté à Monte-Santo, près de Lorette, & il fut canonifé en 1742 (/). 



la) Barthélémy, n° 341. 

{b) D. Vaiffète, t. VI, p. 818. — Pithon-Curt, t. I, p. 296. 

(c) Pithon-Curt, t. I, p. 296; t. II, pp. i63 & 166; t. III, p. 5. 

(d) Original en parchemin, aux archives de M. le Baron du Rouie, à Barberai. 

(e) M. le Baron du Roure (Notice fur une branche de la famille de Sabran, p. 14" identifie ce Roftaing, Cofei- 
gneur de Châteauneuf, avec un Roftaing de Sabran, Prieur de Saint-Nazaire en i32Ô, ce qu'il elt difficile d'ad- 
mettre. 

(/■) G.Charvet, la Première Maifon d'Usés; Alais, 1870. — L'Abbé A. Rouet, Notice fur la ville de Lunel au 
moyen-âge, & vie de faint Gérard; Montpellier, 1878. — La rattache de [S. Gérard à la maifon de Sabran, 
malgré certaines probabilités, ne l'aurait être prouvée d'une manière rigoureufe, & les opinions des hiltoriens 
à cet égard font loin d'être concordantes. 



i 4 o de SABRAN-PONTEVÈS. 748 



VIII. DEGRE. 

Giraud V-Amic de Sabran, Seigneur du Thor & de Chàteauneuf, Cofeigneur 
de Robion, &c, fut fubftitué, par fon coufin Raimond-Gaucelin , Seigneur de 
Lunel (mort en 1269), pour la moitié de fes domaines; mais ce n'eft qu'après 
la mort fans poftérité du fils unique de celui-ci, Roffelin de Lunel, qui tefta le 
21 Décembre 1294, que Giraud-Amic entra en poffeffion de cet héritage, tandis 
que l'autre moitié de la baronnie de Lunel échut à fon coufin Raimond-Gau- 
celin de Sabran-Uzès. Toutefois le Roi Philippe-le-Bel ne tarda pas à ordonner 
au Sénéchal de Nîmes & Beaucaire de faifir la baronnie de Lunel comme étant 
tombée en main-morte, & d'empêcher que les deux cohéritiers euffent recours 
aux armes. Enfin, pour les mettre d'accord, le Roi s'appropria cette feigneurie, 
8: donna en échange à Giraud-Amic la baronie de Rochefort, au diocèfe d'Avi- 
gnon, & autres lieux, & à Raimond-Gaucelin plusieurs feigneuries, par deux 
actes féparés, datés de Vincennes, le famedi après la fête de S. Denis (i5 Octo- 
bre) 1295 (a). Il avait été, en 1289, un des otages pour la délivrance du Prince de 
Salerne (voir plus haut, p. i3i). 

On ne peut appliquer qu'à ce Giraud-Amic l'alliance conclue, par contrat du 
4 Avril 1267, où il eft qualifié de « Damoifeau » (ce qui prouve qu'il était alors 
tout jeune homme), avec Roffoline d'Agoult de Pontevès, fille d'Ifnard d'Agoult 
de Pontevès, dit d'Entrevènes, & de Béatrix de Rians (&), & fœur de Cécile d'A- 
goult de Pontevès, qui fut l'aïeule de S. Elzéar de Sabran (voir plus haut, p. 22). 
Il ne femble pas qu'il y eut poftérité de ce mariage. 

Il époufa, en fécondes noces, Tiburge de Baux, fille de Bertrand IV de Baux, 
Prince d'Orange, & d'Eléonore de Genève. En i3oo, il fut fondé de pouvoirs de 
fon beau-père pour la conclulion d'un traité d'alliance ofienfive & défenfive avec 
Amédée V, Comte de Savoie, contre le Dauphin de Viennois, traité que le Prince 
d'Orange ratifia à Orange le 5 Mai i3oo (c). Giraud V-Amic était déjà veuf le 
21 Juillet 1 3 14, date- du teftament de fon beau-père, & reçut la feigneurie de Ro- 
bion par teftament de fon frère Giraudet-Amic, du i er Janvier 1329. 

Il eut de fon mariage avec Tiburge : 

1. Giraud VI-Amic de Sabran, qui fuit. 

2. TiBURGE-AMicde Sabran, mariée avec Hugues II des Porcellets, Seigneur de 

Galignan & de Gildon, fils d'Hugues I er des Porcellets, Seigneur de Sénas, 
& de Jacquette de Ceccano. 

IX. DEGRÉ. 

Giraud VI-Amic de Sabran, Seigneur du Thor, de Fournès, Cofeigneur de Chà- 
teauneuf, Baron de Rochefort, &c, fut un des légataires au teftament du Prince 
d'Orange, fon grand-père maternel, du 21 Juillet 1 3 14 (d). En 1 325, il paffa avec 

(a) Ces acles font inférés in-extenfo dans l'ouvrage de l'Abbé Rouet, déjà cité, pp. 417-429. Il en réfulte 
très clairement que Giraud-Amic, qui reçut en 1295 la baronie de Rochefort en échange de la moitié de celle 
de Lunel, eft le même que celui qui avait étéfubltitué en 1269 par Raimond-Gaucelin de Lunel. Mais ces 
deux faits ne fauraient être attribués, comme certains généalogiftes l'ont avancé, à Giraud IV-Amic, qui 
était déjà adulte en 1220 & qui aurait ainfi vécu plus d'un fiècle, mais bien à fon fils, Giraud V-Amic. D'au- 
tre part, la fubftitution de 1269 en faveur de ce dernier s'explique tout naturellement par des liens du 
fang, tandis que Giraud IV-Amic n'était qu'allié à la maifon de Lunel. 

{b) Courcelles, Hijloire des Pairs de France, t. VII, art. Agoult. 

(c) Barthélémy, Inventaire des chartes de la maifon de Baux, n° 810. 

(d) Ibidem, n" 992. 



749 



de SABRAN-PONTEVÈS. 141 



les Confiais de Fournès un traité concernant la garde du château & des rem- 
parts (a). Il vendit la baronnie de Chàteauneuf à Guiran V de Simiane, le 24 Juil- 
let 1 371 (b), & dut mourir peu de temps après. 

Il avait époufé, vers 1 341, Marguerite Adhémar de Monteil, fille de Lambert 
Adhémar, Coièigneur de Monteil, & de Douce Gaucelm, fille de N..., Seigneur 
de Gravelbn (c). Elle tefta le 26 Septembre 1387. On ne leur connaît que deux 
filles : 

1. Raimbaude de Sabran, mariée, vers i35y, avec Pons IV de Montlaur-Sa- 

bran, fils de Pons III de Montlaur & de Bérengère de Sabran, héritière, 
à ce qu'il iemble, de la branche dite des Connétables de Touloufe (voir 
plus haut, p. 121). Il efi qualifié de Cofeigneur du château de Sabran dans 
des actes de i368 & de i386. 

2. Burgie ou Bourguette de Sabran, qualifiée de Dame du château du Thor 

dans l'acle fait à Draguignan le 29 Janvier 1369 (v. fi.), par lequel Arnaud 
de Villeneuve, Seigneur des Arcs & de Trans, émancipe fon fils aîné 
Raimond de Villeneuve, alors époux de Burgie (ci) (Raimond Ifnardi de 
Barcilonia, Not.). 



BRANCHE DES SEIGNEURS DE CAUMONT 

ET DE ROBION, 

ISSUE DE CELLE DES AMICS. 

Cette branche était reftée inconnue à Chazot de Nantigny. Le point de départ 
n'en efi: pas bien certain. Cefi Pithon-Curt qui la fait dériver de Pierre-Amie, 
mais chronologiquement elle pourrait tout aufïi bien être ififue de Guillaume 
de Sabran, fécond fils de Giraud III-Amic, & avec d'autant plus de probabilité 
que le prénom de Guillaume efi: fréquent dans cette branche, tandis qu'on n'y 
rencontre point celui de Pierre-Amie, pas plus que le furnom d'Amie. Les docu- 
ments probants faifant fouvent défaut, c'efi à titre d'efiai & nullement d'une façon 
affirmative que nous préfentons la filiation de cette branche complexe, qui en 
conftitue peut-être deux différentes : celle de Caumont & Robion, & celle de 
Montdragon. 

VI. DEGRÉ. 

Pierre-Amic de Sabran, Cofeigneur de Caumont, Seigneur de Robion & d'Ai- 
ragues, troifième fils de Giraud II-Amic, Connétable du Comte de Touloufe, 
& d'Alix, Comteffe de Forcalquier (voir p. 124), le porta garant, avec fon frère 
Giraud III-Amic, d'une vente faite par Elzéar de Sabran, Cofeigneur du Caylar, 
le 20 Mai 1202, avec l'approbation du Comte de Touloufe *(voir plus haut). Le 
i5 Juin 1204, il fut au nombre des feigneurs donnés, par Pierre, Roi d'Aragon, 
pour caution des fiipulations du contrat de mariage de celui-ci avec Marie de 

[a) Charvet, la Première Mai/on d'Usés. 

[b) Pithon-Curt, t. III, p. 298. 

[c) Pithon-Curt, t. IV, p. 49. 

[d) « Ex-ipib inftrumento pàtet eumdem Nobilem Raymundum pridem contraxifle matrimoniu Nobili 
Burgia de Sabrano, Domina eallri de Thoro... » (Archives de M. le Baron du Roure.)— En 1401"», les châteaux 
du Thor & de Caumont appartenaient à Alix de Baux, Comteffe d'Avellin, qui en prêta hommage au Pape le 
27 Août de cette année. 



i4a de SABRAN-PONTEVÈS, 



720 



Montpellier {a). Le 3i Novembre 120g, il figure parmi les témoins de la dona- 
tion du comté de Forcalquier par Garfinde de Sabran, Comteffe de Provence & 
de Forcalquier, à fon fils Raymond-Béranger (b). En Mai 121 2, il fut objet, avec 
fon frère, d'un acte d'arbitrage (voir plus haut). Le 27 Juillet 1220, il fit hommage 
aux Confuls d'Avignon pour certaines de leurs terres, de concert avec fon neveu 
Girard IV-Amic (voir plus haut). Le 17 Octobre i23i, il fut préfent à un acte de 
donation de fa fille Poncie (voir ci-deffous). Le 14 Janvier 1240, il fe porta, avec 
d'autres feigneurs, caution du compromis paffé, le 3 1 Décembre 1240, entre fon 
frère, Guillaume, Comte de Forcalquier, & l'Abbé de Montmajour (voir plus 
haut, p. 127); dans cet acte il eft qualifié de « Seigneur d'Airagues » (Domimts de 
Airagà). En Août 1244 (1245 félon le calcul pifan), il reçut ordre de l'Empereur 
Frédéric II de retourner fous l'hommage immédiat de ce prince, avec fon 
neveu Giraud IV-Amic, pour des fiefs qu'ils avaient donnés à la ville d'Avi- 
gnon (voir plus haut, p. i38). Il fut encore préfent, avec fon neveu, à l'hommage 
rendu par les Avignonnais à Alphonfe, Comte de Poitiers, dans le château de 
Beaucaire, le 10 Mai i25i. 

Il avait époufé, avant 12 16, Garcende d'Agoult, fille de Roftaing d'Agoult- 
Simiane & de Rofe ou Rofcie de Marseille, qui était fille d'Hugues-Geoffroy, 
Vicomte de Marseille (c). Elle était morte au moment de la rédaction de 
l'acte de i23i, ci-deffous. De ce mariage iffurent : 

1. Bertrand-Amic de Sabran, qui paffa convention, le 21 Juin 1245, avec fon 

oncle Guillaume, Comte de Forcalquier, au fujet des terres de Cadara- 
che & de Cérefte (voir p. 127). 

2. Poncie de Sabran, mariée avec Raimbaud d'Agoult, fils de Guiran II d'A- 

goult-Simiane &d'HuguetteN... (d). D'accord avec fon mari, elle céda tous 
fes droits fur le château de Gravefon au monaftère de Montmajour, par 
acte du 17 Octobre (xpi° cal. Novembris) i23i, fait au château de Ca- 
feneuve; fa mère y eft mentionnée comme défunte, & fous fon prénom 
feul (e). Elle dut mourir avant 1245. 

3. Blacassie de Sabran, qui jura le pacte de 1245 conclu par fon frère. 
Nous croyons qu'il faut encore lui attribuer un ,fecond fils : Guillaume de 

Sabran, qui fuit (/). 

VII. DEGRÉ. 

Guillaume de Sabran, probablement identique avec celui qui fut l'objet, le 
25 Septembre 1264, d'une fentence arbitrale ayant pour but de limiter les par- 
ties afférentes à lui & à Arnaud de Montdragon, tous deux Cofeigneurs de Der- 
boux (arr. d'Orange), dans le château & fort de ce nom, à l'exception de la tour 
commune aux parties, & fous la réferve des droits de vaffelage poffédés par Ray- 
mond de Baux II, Co-Prince d'Orange, Seigneur de Suze, par les habitants du 
lieu (g). C'eft fans doute le même Guillaume de Sabran à qui Amaury d'Uchaux, 

(a) D. Vaiiîète, t. VI, p. 2i3. 

(b) Papon, t. II, preuves, p. xxxvin. 

(c) P. Anfelme, t. II, p. 240. — ■ Pithon-Curt, t. III, p. 291. 
{d) P. Anfelme, t. II, p. 241. 

(e) D. Chantelou, Hijioire de Montmajour, dans la Revue hijî. de Provence, 1890, p. 32o. 
(/) Il eft cependant poffible que ce Guillaume de Sabran s'identifie avec fon homonyme, le fécond fils de Gi- 
raud III-Amic (voir plus haut, p. 1 37). 

(g) Barthélémy, Inventaire des chartes de la mai fon de Baux, n° 492. 



7 s, de SABRAN-PONTEVÉS. , 4 3 

Raymond de Bolène {de Abolena) & Raimbaud du Pin (de Piano), avaient rendu 
hommage, le 24 Avril (8 des cal. de Mai) 1258, pour le fief d'Uchaux avec fes 
dépendances (a). Roftaing du Pin lui rendit hommage, pour la fixième partie 
de ce fief, le jour de Sainte-Cécile 1270. Guillaume de Sabran vendit enfuite les 
château, juridiction & feigneurie d'Uchaux, ainfi que la quatrième partie de la 
feigneurie d'Octavion (Drôme), à Giraud de Verdel, qui en rendit hommage aux 
Princes d'Orange, fuzerains, pour la première, les 6 Septembre & 18 Décembre, 
& pour la féconde, le 14 Septembre 1281 (b). Dans ces actes, il eft qualifié de 
« Seigneur des Taillades » (arr. d'Avignon). L'Évêque d'Orange tranfigea avec 
lui, avec Bertrand de Jarono, qualifié de Seigneur de Derboux, & avec Giraud 
de Verdel, qualifié de Seigneur du château d'Octavion, au fujet de la divifion 
defdits lieux de Derboux, d'Aurenge {fie) & d'Octavion (c). En 1270, il fit do- 
nation à ïbn fils Roftaing de tous les droits qu'il pouvait avoir au château de 
Montdragon (df), &, le 1 1 Mars 1273, il fit un compromis avec Arnaud de Mont- 
dragon {e). 

D'une alliance inconnue, il eut un fils : 

Rostaing de Sabran, qui fuit, 
& peut-être auffi une fille : 

Giraude ou Geraude de Sabran, Abbeffe du monaftère de Sainte-Claire à 
Avignon, fondatrice, en 1285, d'un couvent des ClarifTes à Sifteron, hors 
de la ville (/"). En qualité d'Abbefie de Bouchet (Drôme), de l'ordre de 
Cîteaux, elle reconnut, en Juin 1286, au nom de ion monaftère, tenir en 
fief, fous la fuzeraineté des Princes d'Orange, le terroir appelé Barbaras, 
dans le diocèfede Trois-Châteaux {g). 

VIII. DEGRÉ. 

Rostaing I er de Sabran (A), Cofeigneur de Caumont & de Montdragon, Baron 
de Robion, époufa, vers 1270, Laure de Montdragon, fille d'Arnaud de Mont- 
dragon. Il eut le tiers du château de Montdragon dans l'acre de divilion du 
mois d'Août 1272 & le tiers des biens de fon beau-père dans le partage du 5 Sep- 
tembre 1273. Il eut fùrement pour fils : 
Guillaume de Sabran, qui fuit, 
& peut-être auffi : 

Rostaing de Sabran, qui tefta, le I er Mai 1340 (Bertrand Damiel, Not. à 
Robion), en faveur de fon fils Raymond. Celui-ci femble identique avec 
un Raymond de Sabran, qui tefta le 3 Septembre i36o, inftituant pour 
fon héritier Roftaing de Sabran, fon confanguin 8c Seigneur de Robion 
(voir plus loin, p. 145). 

(a) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran- Pontevès. 

(b) Barthélémy, Inventaire, n os 625 & 626. 

(c) Inventaire, rédigé au XVI e fiècle, des titres de la maifon de Sabran en tant que Seigneurs de Montdragon, 
aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. La transaction ci-deffus y eft citée fous la date de 1200, qui 
eft manifeftement fauffe, en raifon des noms & des qualités des perfonnages intervenants. C'eft fans doute 1280 
qu'il faudrait lire. 

{d) (e) Même inventaire. 

(/) Papon, t. I er , p. 28G. 

[g) Barthélémy, n°66i. 

[h) Pithon-Curt (t. II, p. 277) le dit fils de Pierre de Sabran, Cofeigneur de Caumont, Seigneur de Ro- 
bion, &c, & petit-fils de Giraud-Amic II. Or Roftaing, le mari de Laure de Montdragon, eft pofitivement indi- 
qué dans deux actes comme fils d'un Guillaume de Sabran. Pithon-Curt fc trompe aufli pour fa defeendance. 



i 4 4 de SABRAN-PONTEVÈS. 7 s 2 



IX. DEGRE. 

Guillaume de Sabran-Montdragon, Cofeigneur de C au mont, de Montdragon, 
de Châteauneuf & du Vernègues, Baron de Robion, rendit hommage à l'Ar- 
chevêque d'Arles pour un tiers de Montdragon le 27 Mars 1 3 16 & le 2 Mars i322. 
Il avait époufé fa coufine Rofïbline Adhémar-Rochemaure, fille de Giraud 
Adhémar, Seigneur de Rochemaure, & de Tiburge-Amic de Sabran (voir plus 
haut, p. 137). Il tefta à Orange le 3i Mars i320, en faveur de fes deux fils : 

1. Guillaume de Sabran-Montdragon, qui fit un échange avec l'Evêque d'O- 

range le 5 Avril i32o & reçut, le 5 Avril 1344, un hommage de la part 
de Guillaume de Montagut. 

2. Raymond de Sabran-Montdragon, qui époufa, le 3 Avril \33j (a), Porcelette 

de Montdragon, fille de Dragonet de Montdragon. Il avait fait hommage à 

l'Archevêque d'Arles, pour fes biens de Montdragon, le 27 Juillet i324(&). 

Guillaume femble avoir contracté un fécond mariage, duquel feraient iffus : 

1. Rostaing de Sabran, qui fuit. 

2. Raynes de Sabran, qualifié de Seigneur de Montdragon, en 1 333, & qui fit 

hommage, pour le tiers de ce fief, à l'Archevêque d'Arles, le 3o Sep- 
tembre 1342. 

X. DEGRÉ. 

Rostaing II de Sabran-Montdragon, Cofeigneur de Caumont & de Robion, 
mourut en 1 355. Il eft très probable qu'il époufa la veuve de Raymond de Sa- 
bran, ci-deffus, Porcelette de Montdragon. En effet, le 3o Avril i355, il donna 
quittance à Dragonet de Montdragon, « pour le fait de la dot de Porcelette », 
laquelle, le 28 Août fuivant, fe dit déjà veuve de Roftaing de Sabran, & prend 
cette qualité encore dans un acte du 5 Janvier 1 356 & dans un autre du 25 Mars 
i36o (c). Il eut deux enfants : 

1. Raynier ou Raynes de Sabran, qui fuit. 

2. Philippine de Sabran-Montdragon, mariée avec Bertrand de Mourmoiron, 

Seigneur de Modène, d'Urban & de la Roque-Henry, fils de Latil de 
Mourmoiron. Ce Bertrand donna quittance, le i er Mars i354, de plufieurs 
paiements effectués, à titre de dot de fa femme, par fon beau-frère (d). 
Le 26 Février 1376, étant déjà veuve, elle tranfigea avec fon fils aîné, 
Latil de Mourmoiron (e). 

XI. DEGRÉ. 

Raynier ou Raynes de Sabran-Montdragon, Cofeigneur de Caumont &. de 
Robion, fervit d'intermédiaire à fa fœur dans la tranfaction de 1376 ci-deffus. 
C'eft probablement lui qui eft qualifié de Seigneur de Lourmarin en 1 385 {/). 
D'une alliance inconnue, il eut deux fils : 

1 & 2. Guillaume & Bertrand de Sabran, qui tranfigèrent, le 25 Avril 1 354, 

(a) Inventaire des pièces cité plus haut. 

(b) Gallia chriftiana, t, I er , p. 576. 

(c) Inventaire des pièces cité plus haut. 

(d) (e) L'Abbé Robert, Généalogies de Provence, Ms. 
(f) Papon, t. III, p. 264. 



au fujet des fubftitutions faites par leur père. Bertrand doit s'identifier avec 
Bertrand de Sabran, Seigneur de Margaritis, qui fut témoin dans un 
acte du 10 Mars i35i (voir plus haut, p. 28). Il vendit la moitié de la 
cinquième partie de Montdragon à Aimeric de la Garde, qui en fit hom- 
mage à l'Archevêque d'Arles le 7 Mars i388, puis le 26 Avril 1405. Il 
mourut avant le 21 Août i363, où fa veuve Gaufrède de Cayres adreffa 
une réquifition au Juge de la Cour épifcopale au fujet du teftament de 
ion mari. Aucun de ces deux frères ne femble avoir laiffé poftérité. 
M. le Baron du Roure, dans le travail déjà cité (a), attribue à Raynes de 
Sabran-Montdragon encore deux autres fils : 

3. Rostaing de Sabran, Cofeigneur de Caumont, Seigneur de Robion, marié 

à Rixende de Fos, fille de Roftaing de Fos & de Catherine Laget. Ils 
auraient eu pour fille : Mabile de Sabran, deuxième femme de Bérenger 
de Simiane, Seigneur de Châteauneuf, dont le fécond fils, Louis de Si- 
miane, époufa, en 1424, Louife de Pontevès-Châteaurenard (voir plus 
haut, p. 92). 

4. Pierre-Amic de Sabran, Cofeigneur d'Airagues (b), marié avec Jacquette 

ou Jacine de Sade, fille d'Hugues de Sade & de Raimonde Garnier. 
Dans fon teftament, il fubftitua à fa fille aînée, à fes deux petits-fils & 
à fa féconde fille, fon « très cher coufin Sabran d'Airagues », qui fut 
l'un des exécuteurs teftamentaires, & à celui-ci, Roftaing de Sabran, fon 
frère, Cofeigneur de Caumont (c). Les deux filles en queftion furent : 

I. Saure de Sabran, alors veuve de Jacques de Bénévenc. 

II. Métheline de Sabran, non mariée. 

A cette même branche doivent appartenir encore : 

Guillaume-Amic de Sabran, Évêque d'Apt le 3 Octobre 1 341 , Évêque de 
Chartres le 7 Octobre 1342, Adminiftrateur de l'évêché de Fréjus en 1349, 
Patriarche de Jérufalem, mort le 9 Juin i36o. 

Rostaing de Sabran, Seigneur de Robion, marié avec Blanche de Vassadel, 
dont la fille, Luce de Sabran, époufa, vers i38o-i390, Philippe de Raimond de 
Mourmoiron, fils de Latil de Raimond & de Jeanne d'Agoult de Vesc (d). 

Renommée {Famés) de Sabran, mariée, vers i320, à Guillaume de Rémusat, 
Chevalier, Seigneur de Roffet (e). 



BRANCHE DITE DU CAYLAR, 

issue de la souche principale. 

IV. DEGRÉ. 

Rostaing de Sabran, dit du Caylar, fils de Guillaume II de Sabran (voir plus 
haut, p. 1 15), époufa, vers 1 135, Rofe ou Rofcie du Caylar d'Uzès, Dame d'Uzès 

[à] Notice fur une branche de la famille de Sabran. 

(b) PithoivCurt (t. III, p. i63) l'appelle « Guillaume- Pierre-Amic, Sieur du Colombier ». 

(c) La feigneurie de Caumont appartenait en 1406 à Alix de Baux, Comtelïe d'Avellin. 
{d) Courcelles, Hijloire des Pairs de France, t. VI, art. Raimond-Modène, p. 11. 

(e) Moréri, Did. hijlorique, t. VI, p. 194. — Laine, Archives de la Nobleffe, t. VIII, art. Laugier, p. 12. 

Regijîre feptième. 95 



en partie (pour un quart) & du Caylar, fille & héritière de Raines ou Rainon du Cay- 
lar & de Béatrix d'Uzès. En 1143, il afïifta à l'acte par lequel Alphonfe- Jour- 
dain, Comte de Touloufe, prêta hommage à l 1 Archevêque d'Arles. En 11 55, lui 
& fa femme, ainfi que leur fils aîné Rainon, confirmèrent la donation de la ville de 
Saint-Maurice, avec toutes les dépendances, & de 4,000 fols, par les père & mère 
de Rofcie, à Pierre de Vezenobre (a). En 1 1 56, il le rendit caution, avec fon frère 
Guillaume III, dans le traité de paix conclu entre le Comte de Barcelone & Hugues 
de Baux & fes frères (voir plus haut, p. 1 16). Roftaing joua un grand rôle dans la 
guerre que le Comte de Barcelone, oncle & tuteur du Comte de Provence, eut 
àfoutenir contre la maifon de Baux, de 1 1 55 à 1 161, pour la pofTeffion de la Pro- 
vence. Il ne vivait plus en Août 1 180, lorfque fa femme, de concert avec leur fils 
Rainon, approuva la vente d'une terre (b). Elle vivait encore en Avril 1192 (c), 
mais mourut avant 1206. 

On ne leur connaît que deux fils : 

1. Rainon de Sabran, qui fuit. 

2. Elzéar de Sabran, auteur de la branche de Sabran-Uzès, rapportée plus loin. 

V. DEGRÉ. 

Rainon I er ou Raynes de Sabran, dit du Caylar ou du Caftellar, Seigneur du Cay- 
lar & d'Anfouis, & Cofeigneur d'Uzès, figure déjà dans fade de 1 1 55 ci-deffus. En 
Août 1 186, lui & fon frère Elzéar, ainfi que leur mère, abandonnèrent à l'Hôpital du 
Grand Prieuré de Saint-Gilles tous leurs droits fur le château de Saint-Maurice, en 
préfence de leur oncle Guillaume de Sabran, Connétable de Touloufe (d). Le 
21 Juillet (xij° cal. Augujli) 1204, il approuva un acte de vente faite par fon 
frère (e), &, le 3 1 Novembre 1209, il prit part à l'acte de donation du Comté de 
Forcalquier par fa fille (voir ci-deffous). 

Il avait époufé, en premières noces, vers 1 178, Garfinde ou Garfende, Comteffe 
fouveraine de Forcalquier, fille & héritière de Guillaume IV, dernier Comte de 
Forcalquier de la maifon d'Urgel. Elle décéda avant 1 193, n'ayant eu de fon ma- 
riage que deux filles : 

1. Garsinde de Sabran, Comteffe fouveraine de Forcalquier, née vers 1180, 
mariée, par traité paffé à Aix, en Juillet 1 ig3 (le mariage n'eut lieu que 
quelques années après), à Alphonfe (II ) ou lldephonfe, Comte de Provence, 
fils d'Alphonfe (II), Roi d'Aragon & (I or ) Comte de Provence. Par ce traité, 
le grand-père de Garfinde lui afïîgna en dot le comté de Forcalquier. Le 
fceau ci-après, dont nous donnons une reproduction réduite & où Gar- 
finde porte le double titre de Comteffe de Provence & de Comteffe de For- 
calquier, figure au bas de l'engagement des feigneuries de Simiane, Gignac 
& le Reveft par Raymond d'Agoult & Ifnard d'Entrevennes entre les mains 
de Guillaume IV, Comte de Forcalquier, en garantie de 1200 fols guille- 

(a) Authentique du prieuré de Saint-Gilles, dans la Revue hift. de Provence, 1890, n° 3i3 de l'inventaire. 

(b) Ibid., n° 22. 

(c) Ibid., n" 20. 

(d) Acte fait à Saint-Gilles, dans la maifon de l'Hôpital, en l'églife Saint-Jean, pour le ferment de Rofcie & 
d'Elzéar. Le ferment de Rainon fut fait au château d'Anfouis. {Authentique du prieuré de Saint-Gilles, 
n° 3 10 de l'inventaire.)- 

(e) Authentique du prieuré de Saint-Gilles, n° 3 de l'inventaire. — Dans ce traité, en dehors de Garfinde 
de Sabran, eft mentionnée fa fœur & un fils (fans prénom) de « Raines de Sabran, gendre du Comte de 
Forcalquier », qui était fans doute Rainon II de Sabran-Uzès. 



7 55 



de SABRAN-PONTEVÈS. 



H7 



mins qu'il leur a prêtés; acre pafTé à Manofque en Juin 1208 (voir plus haut, 
p. 20). Devenue veuve en 1209, elle gouverna la Provence pendant la mino- 
rité de Théritier du trône. Après avoir, le 3o Novembre de cette année-là, fait 
donation du comté de Forcalquier à fon fils (a), elle foutint une longue lutte 
contre fon coufin Guillaume de Sabran, qui revendiquait ce comté, & c'eft 
elle qui provoqua la fentence arbitrale du 29 Juin 1220 qui a clos le diffé- 




rend entre les parties (voir plus haut, p.i25). Elle le fit, en 1222, Religieufe 
à l'abbaye de la Celle. De fon mariage elle eut un fils 8c une fille : 

I. Raymond-Bérenger IV, Comte de Provence & de Forcalquier, né 
vers i2o5 (b), marié, en 1220, avec Béatrix de Savoie, fille de Thomas, 
Comte de Savoie. Il mourut à Aix le 19 Août 1245, & fa femme lui fur- 
vécut jufqu'en 1266. De leur mariage iffurent quatre filles, dont cha- 
cune époufa un Roi puiffant 8c qui furent : 

1. Marguerite de Provence, mariée, en 1234, à Saint LOUIS, Roi de 
France. 

2. Eléonore de Provence, mariée, en 1 236, à HENRI III Planta- 
genet, Roi d'Angleterre. 

3. Sancie de Provence, mariée, en 1244, à RICHARD, Duc de Cor- 
nouailles, frère du Roi d'Angleterre, 8c depuis Roi des Romains. 

4. Béatrix de Provence, Comteffe de Provence 8c de Forcalquier, 
par donation de fon père, mariée, en 1246, à CHARLES d'Anjou, 
frère de Saint Louis, Si depuis Roi de Sicile. 

II. Garsinde de Provence, née en 1207, mariée à Guillaume, Vicomte de 
Béarn. 

Béatrix de Sabran, Dame du Caylar, née vers 1 182 (c), mariée en Juin 1202, 
à André de Bourgogne, dit Guigues, Dauphin de Viennois, fils puîné de 
Hugues III, Duc de Bourgogne, & de Béatrix, Dauphine de Viennois, Com- 
teffe d'Albon, fa deuxième femme. Dans le contrat de mariage, paffé à Sainte- 
Firmy fur le Buech, Guillaume IV, Comte de Forcalquier, aïeul de la future, 
lui donna en dot les Comtés de Gap 8c d'Embrun (d). Ils furent féparés 



{a) Papon, t. II, preuves, p. xxxvm. 

(b) Les hiftoriens prétendent que Raymond-Bérenger avait onze ans lorfqu'il fuccéda à fon père en 1209. Ce- 
pendant, dans la fentence arbitrale de 1220 au fujet du comté de Forcalquier, il eft mentionné comme étant 
majeur de 14 ans c'eft-à-dire qu'il n'en avait pas encore quinze. 

(c) Elle eft portée comme âgée de moins de douze ans dans le contrat de mariage de fa foeur en 1 193. 

(d) Le P. Anfelme (t. I, p. 564) l'appelle : « Béatrix de Sabran-Caftellard, dite de Clauflral, féconde fille de 
Raines ou Renier de Sabran, Seigneur de Caftellard, furnommé de Clauftral, & de Garfendc, i rc du nom, 
Comteffe de Forcalquier ». 



48 



de SABRAN-PONTEVÈS. ?56 



en 1210 pour caufe de parenté (a), mais Béatrix laifla fes terres à fon mari 
qui offrit à l'Archevêque d'Embrun de tenir en fief de lui le comté de ce 
nom. De leur mariage eft iffue une fille unique : 

Béatrix de Viennois, mariée, en 12 14, à Carcaifonne, à Amaury VI, 
Comte de Montfort, plus tard Connétable de France, fils aîné du cé- 
lèbre Simon de Montfort, Duc de Narbonne, Comte de Touloufe & 
de Leyceftre, & d'Alix de Montmorency. Elle vivait encore en 1248. 
Ils eurent un fils (qui fut le dernier de fa branche) & quatre filles (b). 
Rainon I er de Sabranépoufaen fécondes noces Guillerme, dont le nom de famille 
eft inconnu (c), & qui vivait encore en 1207. Il eut de ce mariage deux fils : 

1. Rainon II de Sabran, auteur de la branche des Seigneurs de la Tour- 

d'Aigues, qui fuit. 

2. Guillaume de Sabran, auteur de la branche des Barons d'Ansouis, rapportée 

plus loin. 



BRANCHE DES SEIGNEURS DE LA TOUR D'AIGUËS, 

continuant la précédente. 

VI. DEGRÉ. 

Rainon II de Sabran, dit du Caylar ou du Caftellar, Seigneur de la Tour-d' Ai- 
guës (d), Cofeigneur d'Uzès (pour 1/8), &c, vendit en fon nom & en celui de fon 
frère Guillaume, à la chartreufe de Valbonne, ce qu'ils poffédaient in manfo de 
Eu\eto (Euzet, Gard, arrond. d'Alaisj, par acte du 8- Juillet 1223 (e). Il vendit, en 
1242, fa portion de la feigneurie d'Uzès à l'Évèque d'Uzès, &, le 5 Août de la 
même année, il fit hommage au même prélat de toutes les terres qu'il poffédait de- 
puis le Pont-du-Gard jufqu'à Alais (/). Le 24 Mars 1247, fous le nom de Raines 
du Caftellar, il fut caution, avec fon frère, en faveur de Bertrand-Rambaud d'A- 
goult-Simiane (g). 

Il avait époufé Philippe de Mamolène, fille de Raimond de Mamolène, Cofei- 
gneur de Saint-Privat, laquelle ratifia la vente faite par fon mari, en 1242, de fa 
portion de la feigneurie d'Uzès (h). De leur mariage eft ilfu : 

Rostaing de Sabran, qui fuit. 

{a) Cette parenté, que les "auteurs n'ont pas encore expliquée, confiftait en ce que André, Dauphin de Vien- 
nois, avait pour trifaïeul (du côté maternel) Guigues VII (III), Comte d'Albon, lequel, par fa fille Garfende, 
époufe de Guillaume III, Comte de Forcalquier, était à fon tour 4 e aïeul de Béatrix de Sabran. 

(b) L'une de ces filles époufa Jean III, Comte de Soiffons; une autre fut mariée avec Ferdinand de Caltille, 
fils de faint Ferdinand, Roi de Caftille; une troifième époufa Simon II de Clermont. qui fut l'un des Régents 
duroyaume pendant l'expédition de faint Louis enAfrique,en 1270. Leur frère ne laiffa qu'une fille, qui époufa 
Robert IV, Comte de Dreux, iffu en ligne droite de Hugues-Capet. (Le P. Anfelme, t. I, p. 428, & t. VI, p. 76.) 

(c) Les généalogiftes ont ignoré le nom de cette féconde femme de Rainon, qui figure cependant dans un 
acïe de 1207, rapporté par D. Vaiffète (t. VIII, col. 55q-56o), mais mal interprété par lui (t. VI, p. 207). 

(d) Cette feigneurie, fituée dans le dép. de Vauclufe, arrond. d'Apt, canton de Pertuis, fut apportée dans la 
maifon de Sabran par Garfinde, Comteffe de Forcalquier. Elle paffa plus tard aux d'Agoult (Papon, t. I, 

p. 2l5). 

(e) D. VaifTète, t. VI, p. 206, & t. VIII, col. 532. (« Ego Raino, dominus Ucetiœ, filius quondam domini 
Rainonis, per me & per Guillei.mum de Martortel {fie), fratrem tneani... vendo... ») 

if) Ms. d'Aubais, p. 32 1. 

\g) Pithon-Curt, t. III, p. 289. 

(h) D. Vaiffète, t. VIII, p. 837. 



7 5 7 de SABRAN-PONTEVÈS. 149 



VII. DEGRÉ. 

Rostaing de Sabran, Seigneur de la Tour-d 1 Aiguës, ratifia, en 1243, la vente du 
huitième de la feigneurie d'Uzès faite par fon père Tannée précédente (a). D'une 
alliance inconnue, il eut deux fils : 

1. Ermengaud de Sabran, qui fuit. 

2. Rostaing de Sabran, Seigneur de la Tour-d' Aiguës pour moitié, qui eut pour 

fils : 

Elzéar de Sabran, lequel rendit hommage pour ce fief & pour le château 
de Puipin (de Podio), le 25 Février i332 (v. ft.) (b). 

VIII. DEGRÉ. 

Ermengaud de Sabran, Seigneur de la Tour d'Aiguës pour moitié, eut deux fils : 

1 . Guillaume de Sabran, qui fuit. 

2. Reynier de Sabran, Seigneur de la Tour d'Aiguës en partie, qui époufa 

Delphine ou Dauphine de Turrier, laquelle était déjà veuve en i3o2, & 
tefta en 1 3 16 (c), après avoir perdu fes deux enfants, qui fuivent : 

I. Rostaing de Sabran, Seigneur de la Tour d'Aiguës en partie, marié 
avec Agnès d'Esparron-Montpezat, pour la dot de laquelle fa 
mère reçut, le 22 Décembre i3o2, une fomme des mains de Guillaume 
d'Efparron, Seigneur de Montpezat, frère d'Agnès (d). C'eft proba- 
blement lui qui fut Viguier de Marfeille en 1304. Il fut enfeveli dans 
l'églife Saint-Jacques du Vernègue, fans avoir lahTé de poftérité (e). 

II. Philippe de Sabran, mariée à Boniface, Comte de Vintimille, Sei- 
gneur de la Verdière, fils d'Emmanuel, Comte de Vintimille, Seigneur 
de Saint-Martin, & de Sibille de Signe de Marseille, qui était fœur 
de Bertrand de Marfeille, Seigneur d'Ollioules, Vice-Sénéchal de Pro- 
vence. Leur fils aîné, Emmanuel de Vintimille, fut infatué héritier uni- 
verfel par fon aïeule maternelle, en i3i6. Leur fécond fils, Bertrand 
de Vintimille, héritier de fon grand oncle maternel, dont il prit le nom 
& les armes, fut tige de la maifon de Marfeille, des Comtes de Vinti- 
mille. Il époufa Marguerite de Pontevès (voir plus haut, p. 5y). 

IX. DEGRÉ. 

Guillaume de Sabran, Seigneur de la Tour d'Aiguës en partie & de Niozelles, 
pour lefquels il fit hommage le 16 Juin \33j. En i3i6, il avait reçu un legs de fa 
belle-fœur, Dauphine de Turrier, « pour les bons traitements & fervices qu'elle 
avait reçus dans la maifon dudit Guillaume de Sabran, par lui & par fes parents. » 
Par lettres du i5 Novembre 1 327, datées de Florence, de Charles, Duc de Calabre, 
fils du Roi Robert, il fut nommé fon Chambellan, en reconnaiffance des fervices 

(a) D. Vaifiète, t. VIII, p. 83 7 . 

(b) L'Abbé Robert, Généalogies de Provence, ms, de la Bibl. Nat.,t.III. (« Homagium pro nobili Elziario de 
Sabrano, filio quondam nobilis Rostagni de Sabrano, domini medietatis cajïrontm de Torre & de Podio.») 

(c) L'Abbé Robert, Généalogies de Provence, t. III. 

(d) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran- Pontevès. 
{e) Teftament de la mère, de 1 3 1 6 , cité ci-deflus. 



i5o de SABRAN-PONTEVÈS. 7 ss 



que lui & fes ancêtres avaient rendus aux Comtes de Provence, Rois de Sicile (a). 
C'eft peut-être lui qui fut Viguier de Marfeille en 1 332. De fon mariage avec 
Élifabeth de Moustiers, Dame de Niozelles, il eut : 
i. Ermengaud de Sabran, qui fuit. 

2. Raines ou Rainon de Sabran, Prieur d'Agoult, témoin dans un acte du 2 Dé- 

cembre 1 337 ip). 

3. Agnès de Sabran, qui époufa, le 18 Août 1 353, Elzéar d'Oraison, Seigneur 

d'Oraifon & de Clumans, fils de Jean d'Oraison & de Blacafïie d'A- 

GOULT (c). 

X. DEGRÉ. 

Ermengaud de Sabran, Seigneur de la Tour d'Aiguës en partie, fervait fous le 
Connétable de Brienne en Gafcogne & fut en i33y Viguier de Marfeille. Il époufa, 
par contrat du 3 Septembre 1342 (Ifnard, Not.), Borghèfe d'Agoult, fille de Rai- 
mond III d'Agoult, Baron de Sault, Grand Sénéchal de Provence, & de Leone de 
Baux de Meyrargues, fa féconde femme (d). Elle tefta en 1 366 en faveur de Foul- 
ques d'Agoult, fon frère. Il eut un fils : 

Rostaing de Sabran, qualifié de Cofeigneur de la Tour d'Aiguës en i353, mort 
fans doute fans poftérité (e), & probablement auffi : 

Louis de Sabran, Seigneur de la Tour d'Aiguës, l'un des Députés de la Nobleffe 
aux États de Provence de 1396 (f). 



BRANCHE DE SABRAN-UZES, 

ISSUE DE CELLE DITE DU CAYLAR (g). 

V. DEGRÉ. 

Elzéar de Sabran, dit du Caylar, fécond fils de Rostaing de Sabran & 
RofcieDu CAYLAR-UzÈs(voirplushaut,p. 146), fut Cofeigneur d'Uzès (pour un quart), 
dont il rendit hommage à l'Évêque d'Uzès en 1208. Au mois d'Août 1 186, de con- 
cert avec fa mère & fon frère aîné, il abandonna à l'Hôpital du Grand-Prieuré de 
Saint-Gilles fa part des droits fur le château de Saint-Maurice. On le voit figurer, 
fous le nom d'Elzéar du Caylar, dans divers actes en 1 198 & en 120 1 (h). Le 
20 Mai (xiif cal. Junii) 1202, il vendit divers ifcles (probablement fur le petit 
Rhône) à la maifon de l'Hôpital de Saint-Gilles, vente qui fut confirmée par fa 
femme Guillemette, fous la garantie de Giraud III-Amic & de Pierre-Amie, ne- 
la) Papon, t. III, preuves, p. lu 
\b) Pithon-Curt, i. I, p. 297, & t. IV, p. 121. 

(c) Ibid., t. III, p. 297, & t. IV, p. io5. — Artefeuil, t. II, p. 184. — P. Anfelme, t. II, p. 242. 

(d) Courcelles, Hiji. généal. des Pairs de France, t. VII, art. Agoult, p. 22 

(e) L'Abbé Robert, Généalogies de Provence, t. III. 
(/") Papon. t. III. p. 292. 

\g) Bien que, dans l'Ordre de primogéniture, cette branche foit la dernière de toutes, nous la plaçons ici pour 
ne pas trop la féparer des branches contemporaines & rompre ainfi leur cohéfion hiflorique. 

(h) Authentique du prieuré de Saint-Gilles, dans la Revue hiji. de Provence, n os 5, 21, 25, 3o, 33, de l'In- 
ventaire. 



7 5 9 de SABRAN-PONTEVÈS. i"5i 



veux de celle-ci (a), & en préfence de Roilaing de Sabran, l'on oncle, vente approu- 
vée enfuite (le 21 Juillet) par Rainon du Caylar, frère d'Elzéar, puis par le Pape 
Innocent III, en Décembre 1204 (£)• 

Il avait époufé Guillemette-Amic de Sabran, fa coufine, fille de Giraud I er -Amic 
& de Galburge du Caylar. On ne leur connaît qu'un fils (c) : 

Rainon de Sabran-Uzès, qui fuit. 

VI. DEGRÉ. 

Rainon de Sabran-Uzès, Seigneur d'Uzès en partie, mort avant 1254, époufa 
Guillemette ou Guillelme de Lunel, fille de Raimond-Gaucelin IV, Seigneur de la 
baronnie de Lunel, & de Guise N... (& non de Sybille de Montpellier) (d). De 
ce mariage ilïurent : 

1 . Elzéar de Sabran-Uzès, qui fuit. 

2. Rainon de Sabran-Uzès, Seigneur d'Uzès en partie, qui époufa, après 1254, 

Guiberte N... Il fut fubftitué, en 1234, par fon frère Elzéar aux deux filles 
de ce dernier. Le 7 Mai 1272, il vendit la terre de Blanzac à l'Évèque 
d'Uzès (e). Il ne paraît pas avoir laiffé de poftérité. 

3. Raimond-Gaucelin de Sabran-Uzès, qui viendra après fon frère aîné. 

4. Thérèse-Gaucelin de Sabran-Uzès, mariée à Giraud IV-Amic de Sabran, 

Seigneur du Thor, de Chàteauneuf, &c. (voir plus haut, p. 139). 

5. Alazacie de Sabran-Uzès, mentionnée dans le teflament de fon frère Elzéar. 

VII. DEGRÉ. 

Elzéar de Sabran-Uzès, dit le Jeune, Seigneur d'Uzès en partie, reçut en fief de 
Barrai de Baux le château &. la juridiction d'Entraigues, près d'Avignon, pour lef- 
quels il lui rendit hommage le i3 Février 1248 (/). Il époufa Guillelme N..., fille 
de Gualfredus, & il tefta, à Uzès, le 6 Mai 1254 (g). S'il faut en croire D. Vailfète 
& Chazot de Nantigny, c'eit encore lui qui aurait rendu hommage pour Uzès le 16 
Octobre 1272. Il ne parait avoir laiffé que deux filles, Alamande & Guise, qu'il 
inftitua fes héritières univerfelles en 1234, en leur fubitituant fuccelilvement les 
frères Rainon & Raimond-Gaucelin (A)., 

(a) Authentique du prieuré de Saint-Gilles, n° i. 

(b) Ibid.. n° 6. 

(c) Chazot lui attribue encore un fécond fils ■< Rojlaing, Evêque d'Uzès le i3 Janvier 1284 », qui n'a ja- 
mais exifté, à moins qu'il ne s'identifie avec Roftaing de Sabran, élu Évêque de Riez en Décembre 1223 & 
mort le 9 Août 1240. Celui-ci figure, en qualité d'un des Juges du Comte de Provence pour le Comte de For- 
calquier, dans l'hommage rendu, le 26 Janvier 1228, par Guillaume de Sabran, Comte de Forcalquier, au 
Comte de Provence (voir p. 1 25 & 1 53). 

(d) L'Abbe Rouet, Notice fur la ville de Lunel. p. 401 & fuiv. L'auteur de ce livre foutient qu'il faut écrire 
Gaucelm & non Gaucelin le prénom porté par les membres de la mai fon de Lunel, & d'autres. Cette opinion 
n'a pas prévalu. 

(e) Charvet, Première Mai/on d'Usés, d'après le ms. d'Aubais, p. 322. 

(f) Barthélémy, Inventaire des chartes de la mai/on de Baux, n° 33y. 

(g) D. Vaiffète, nouv. édit., t. VIII, col. [320.-I233, d'après l'original confervé aux archives de M. le Mar- 
quis de Maillane-Porcellets. Elzéar y eft défigné fous le nom de Heliziarius, dominus Ucetie. 11 élit fa fépul- 
ture à Saint-Nicolas de Campagnac (dép. du Gard, commune de Sainte-Anaftafie), où étaient enfevelis tous 
les Seigneurs d'Uzès. Il y reconnaît la dot de fa femme Guillelme, & une dette à fa mère Guillelme. 

(h) D. Vaiffète (t. IV, p. 228) lui attribue un fils, Béranger, dont la petite-fille, Blanche, aurait porté fa part 
d'Uzès dans la maifon de Laudun. M. Charvet démontre que c'eit une erreur & que Béranger était fils de 
Jacques d'Uzès, de la première maifon de ce nom. 



i5"2 de SABRAN-PONTEVÈS. 



760 



VII. DEGRE. 

Raimond-Gaucelin I er de Sabran-Uzès, deftiné d'abord à l'état eccléfiaftique, 
époufa, après 1254 (a), Béatrix de Frédol, fille de Guillaume de Frédol, Seigneur 
de la Vérune, au diocèfe de Maguelonne. Le i5 Avril 1272. il rendit hommage à 
l'Évèque d'Uzès, & il ne vivait plus le 17 Février 1279, où fa veuve donna pour 
tuteur, à leur jeune fils Rainon, Bérenger de Frédol, ion frère, lequel, le 14 Juillet 
1280, fit hommage à l'Évêque d'Uzès pour fon neveu de tout ce que celui-ci poffé- 
dait à Uzès 6c à Jalong près de Fournès (b). On leur connaît deux fils : 

1 . Raimond-Gaucelin II de Sabran-Uzès, qui fuit. 

2. Rainon de Sabran-Uzès, mineur en 1279, & qui mourut probablement fans 

laiffer de poftérité. 

VIII. DEGRÉ. 

Raimond-Gaucelin II de Sabran-Uzès, Seigneur d'Uzès en partie & de Lédenon, 
fut inftitué héritier dans la moitié de la baronnie de Lunel par le teftament de fon 
coulin iffu de germain, Roffelin II, dernier Baron de Lunel, en date du 21 Décem- 
bre 1294. Il dut céder cet héritage, de même que Giraud V-Amic de Sabran, fon 
coufin, héritier de l'autre moitié de cette baronnie, au Roi Philippe-le-Bel, parade 
du i5 Octobre 1295, & il reçut en échange d'autres terres dans la fénéchauffée de 
Beaucaire (voir plus haut, p. 140). Il époufa : i° Cécile N..., morte fans enfants; 
2 Garsinde N..., & tefta le 3o Juin i3i6, à Fourvières, près de Lyon (c), ne lahTant 
de fon fécond mariage qu'une fille : 

Béatrix de Sabran, dite d'Uzès, mariée à Reforciat de Montauban. 



BRANCHE DES BARONS D'ANSOUIS, 

PUIS COMTES DARIANO, 

ISSUE DE LA BRANCHE DITE DU CAYLAR. 

VI. DEGRÉ. 

Guillaume de Sabran, dit de Mal-Tortel (de Malo Tortello), par corruption 
Martorel, fécond fils de Raynon I er ou Raines de Sabran, dit du Caylar, & de 
Guillerme, fa féconde femme (voir plus haut, p. 148), né vers 1190, fut Seigneur 
d'Uzès en partie (pour un huitième), d'Anfouis & de Cucuron, au Comtat-Venaiflin. 
Au mois d'Avril 1207, par un acte fait à Saint-Paul-lès-Conneaux, il vendit à la 
chartreufe de Valbonne, pour 3oo fols neufs raimondins, l'enclos de Cabraceriis, 
dit Sabranencs, fitué dans la paroiffe de Saint-Clément de Seleraco (Cabareffe, 
commune de Salazac, dép. du Gard). Il s'y engage de faire approuver cette vente 

{a) Dans le teftament de fon frère Elzéar, il eft fubftitué à Rainon, « fi toutefois il n'entre pas dans les or- 
dres » (fi religionem non intraffet). 

(b) Charvet, Première Mai fon d'Usés, d'après lems. d'Aubais, p. 33o. 

(c) Ibid., p. 349. 



7 6r de SABRAN-PONTEVÈS. i53 

par fa mère Guillerme (a) fans mentionner fon père, qui vivait cependant encore 
à cette date. En 121 3, il octroya à la même chartreufe de Valbonne & à Tordre des 
Chartreux tout entier le privilège de faire pafler par le bois Sabran per bofcum 
Sabranenfem), fans payer aucun péage, tout ce qui leur ferait nécefTaire (b) . 

Il figure parmi les témoins de la fentence arbitrale du 29 Juin 1220 au fujet du 
comté de Forcalquier, fous le nom de « Guillaume de Maltortel, Dauphinois » 
(... Guillelmo de Malotortello, Dalfineto), & de même dans fade d'hommage de 
Guillaume de Sabran, Comte de Forcalquier, au Comte de Provence, du 26 Jan- 
vier 1228 (v. ft.), auquel il fut préfent en qualité d'un des deux Juges inftitués par le 
fouverain (Roftaing de Sabran, Evèque de Riez, fut l'autre Juge) pour le comté de 
Forcalquier (voir plus haut, p. 125). Le 20 Mai (xiij cal. Junii) 1237, Raimond, 
Comte de Touloufe, en guerre contre le Comte de Provence, donna la baftide de 
Montalvagne ou de Montealavernèque (de Monte-Alvernico) à Guillaume de Sabran 
& à fes enfants, par acte parle à Avignon en préfence du Comte de Forcalquier, 
de Roftaing d'Agoult, Chanoine de Marfeille, 8c de Giraud lV-Amic de Sabran, 
« Dauphinois » (c). Le 24 Mars 1247 (v. ft.), lui & fon frère « Raines du Caftellar », 
fe portèrent garants de Bertrand-Rambaud d'Agoult-Simiane à l'occafion de l'hom- 
mage que celui-ci fît à l'Evêque d'Apt pour la terre de Saint-Martin & une partie 
de la ville d'Apt (d). En Mai 1231, il rendit hommage à Alphonfe, Comte de Poi- 
tiers & de Touloufe, Marquis de Provence, pour le château neuf 8c vieux de 
Montalvagne (e). Il avait époufé Ermessinde N... (/), qui était veuve 8c tutrice de 
fes petits-enfants le 12 Juillet 1260. On ne leur connaît que deux fils : 

1. Elzéar de Sabran, qui fuit. 

2. Ermengaud I er de Sabran, mort avant le 12 Juillet 1260, laiffant deux enfants 

mineurs fous la tutelle de leur oncle Elzéar 8c d'Ermeftinde, leur grand- 
mère (g). L'un de ces enfants fut Bertrand de Sabran, mort avant 1276, 
date à laquelle fon oncle fit hommage pour tout ce que ceiui-ci avait poffédé 
à Ollières (h). 

VII. DEGRÉ. 

Elzéar de Sabran, dit de Maltortel, Seigneur d'Uzès en partie, d'Anfouis, de 
Cucuron, de Vaugine, de la Motte, 8cc, fuivit le Comte Charles d'Anjou à la con- 
quête de Naples en 1266. Le 12 Janvier 1276 (v. ft.), il rendit hommage du château 
d'Anfouis {de Aftidino) 8c de fes autres fiefs, à Gauthier d'Aunay, Sénéchal de For- 
calquier, pour Charles, Roi de Sicile, Comte de Provence (/). Le 29 Juin 1280, il 
vendit fa part de la feigneurie d'Uzès à l'Évêque de cette ville. 11 vivait encore le 

(a) " ... promittens quoi hoc laudare faciam domnam Guillelmam, matrem meam •> (D. Vaillete. t. VIII, 
col. 359-56o). Dans le texte, où l'effence de cet acte ell rapportée, D. Vaillete |t. VI, p. 2071 qualifie 
Guillerme de femme de Guillaume de Sabran. erreur qui fublilte dans la nouvelle édition de cet ou 

{b\ Ibid.. t. VIII, col. 56o. Acte fait apud Aquedunem (Aiguèze, arr. d'Uzès). Dans cette charte & la pi 
dente Guillaume eft appelé Guillelmus de Sabrano, fans aucun furnom. 

(c) D. Vaillete, t. VI, p. 704. — Archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. 

{d) Pithon-Curt, t. III, p. 289. 

(e) « Guillelmus de Sabrano de hoc quod habet in baftida vetera & nova de Monte-. 1 Ivernii > ». (Tréfor des 
chartes, Touloufe, lac 7, n° 52. — D. Vaillete, t. VI, p. 818. 

|/ï Ermellinde était probablement d'une raaifon noble du Dauphine, ce qui expliquerait le furnom de Dau- 
phinois donne depuis 1220 à fon mari, qui réfidait fans doute dans cette province. 

(g) Ms. d'Aubais, p. 3ai. — Chazot le trompe en émettant l'hypothèfe que l'un de ces deux entants « pou- 
vait être Elzéar de Martorel, Seigneur de Bious & partie d'Uzès en 1274 ». qui n'eft autre qu'Elzéar, livre 
d'Ermengaud I er . 

[h) " Item & illud totum quod habebai Bertrandus de Sabrano quondam in caflro de Oleriis ». 

(i) Expédition notariée du XVII e fiècle, fur parchemin, aux archives de M. le Duc de Sabran- Pontevès. 



Regijlve J'eptième. '.'" 



i54 de SABRAN-PONTEVÈS. i^ 

18 Mars 1297 (v. fi.), où ion fouverain adreffa à ion Sénéchal de Provence des 
lettres patentes accordant « à Elzéar de Sabran, Chevalier >>, la permiffion de ne 
payer que 5oo ducats par an à fes créanciers (a). 

Il avait époufé, avant 1260, Cécile d'Agoult de Pontevès (b), fille d'Ifnard III 
d'Agoult de Pontevès, Baron de Sault, Cofeigneur d'Apt & d'Agoult, &c, & de 
Béatrix de Rians, & dont la fœur, Roifoline, fut mariée, en 1267, à Giraud V- 
Amic de Sabran (voir plus haut, p. 22 & p. 140). De ce mariage vinrent : 

1. Ermengaud de Sabran, qui fuit. 

2. Guillaume de Sabran, Abbé de Saint- Victor de Marfeille dès 1293, élu en 

1 323 Evêque de Digne. Il reçut l'hommage de cette ville le 3o Septembre 1 324; 
rendit une fentence arbitrale entre cette communauté & celle de Courbon le 
10 Mai 1325, & mourut peu de mois après. 

3. Bertrand de Sabran, Prieur de l'abbaye bénédictine de Saint-Geniez, qui vi- 

vait encore en 1329. 

4. Rostaing de Sabran, Religieux Dominicain en i3iy, puis Évèque de Nice 



du 22 Mai i322 au 9 Mai 1329 (c 



5. Alayette de Sabran, mariée, vers i3oo, à Jean des Porcellets. 

6. Sibille de Sabran, mariée à Giraud-Arnaud de Villeneuve, Seigneur des Arcs, 

de Trans, de Flayofc, &c, d'où, entre autres enfants : sainte Rossoline 
(nom transformé enfuite en celui de Roseline) de Villeneuve, née au château 
des Arcs le 27 Janvier 1263, Religieuie dans l'ordre des Chartreux, Prieure 
du couvent de la Celle-Roubaud en i3oo, morte le 17 Janvier i32g (d); 
Elzéar de Villeneuve (e), Evêque de Digne en 1 334, mort le 7 Octobre 1341 , 
en odeur de fainteté; & Hélion de Villeneuve, célèbre Grand-Maître de 
l'Ordre de Saint-Jean de Jérufalem. 

7. Galburge de Sabran, mariée, vers 1280, à Raimond d'Agoult de Pontevès, 

3" fils d'Ifnard II d'Agoult, dit d'Entravènes, & de Douceline de Pontevès 
(voir plus haut, p. 22). 

8. Douceline de Sabran, mariée, avec difpenfe du Pape Clément V, datée de Lyon, 

le 17 Décembre i3o5, à Robert d"Uzès, ion coufin germain au 4 e degré, fils 
de Bermond, Seigneur d'Uzès (f). Il mourut, fans doute fans laiffer d'en- 
fants, avant le 3 1 Octobre i3i5, où Bermond d'Uzès reftitua à Elzéar de Sa- 
bran, Comte d'Ariano, la fomme de 40.000 livres tournois, reçue en dot (g). 
Elle vivait encore le 18 Juillet i3i7, où elle figure au tefiament de fon 
neveu, faint Elzéar de Sabran. 

(a) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. 

(b) Chazot de Nantigny l'appelle « Cécile d'Agoult, ou de Villeneuve », ce qui eft une erreur abfolue. Des 
auteurs modernes la défignent incomplètement fous le nom d'Agoult tout court, tandis qu'elle était de la 
branche de Pontevès & petite-fille d'Ifnard II d'Agoult & de Douceline de Pontevès, defquels defcend la mai- 
fon de Pontevès actuelle. 

(c) L'Abbé Albanès, Jean Artaudi, dominicain, Evêque de Nice; Marfeille, 1878, in-8° (Artaudi était le 
fucceffeur de Roftaing de Sabran fur le fiège épifcopal de Nice). 

(d) Aâa Sanâorum des Bollandiftes, 11 Juin, t. II, p. 489. — L'Abbé Arnaud, Sainte Rofeline des Arcs; 
2 édition illuflrée; Ollioules (Var), 1890, in- 12. 

le) H. Fifquet, dans la France pontificale, diocèfe de Digne, appelle la mère d'Elzéar de Villeneuve « Burgole 
ou Sibille de Sabran ». 11 ajoute en plus ce qui fuit : « Gaflendi rapporte que François de Villeneuve, Baron 
de Flayofc, qui connaiffait parfaitement fa généalogie, lui avait dit que ce prélat était fils de Raimond & neveu 
de Giraud. Or la généalogie de la famille de Sabran, communiquée par le favant Peyrefc au même Gaflendi, 
montre Elzéar comme un fils de Giraud & de Burgole de Sabran ». Il y a là, à cet égard, confufion avec Burgie 
ou Bourguette de Sabran, Dame du château du Thor, mariée, avant 1369, avec Raimond de Villeneuve, fils 
d'Arnaud, Seigneur des Arcs & de Trans (voir plus haut, p. 144). 

If) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. 

(g) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. — Toutefois Courcelles (t. III) dit 



7 6: 



de SABRAN-PONTEVES. 



100 



9. Béatrix de Sabran (a), mariée, après i3io, à Raimond d'Oraison, Seigneur 
d'Oraifon & de Clumans, fils d'Imbert d'Oraison, Viguier du comté de For- 
calquier en 120 j, & de Garfende de Castellane. 




VIII. DEGRÉ. 

Ermengaud de Sabran, Baron d'Anfouis, Seigneur de Cadenet, Puylobier, Cucu- 
ron, Vaugine, la Motte, 8cc, fut créé Comte d'Ariano (b) en 1283, & Grand Jufticier 
du royaume de Naples par Charles II en 1285, en récompenie de fes grands fer- 
vices. Cette charge lui conférait le privilège de battre monnaie avec fes armes 8c 
celles du Roi (voir la pièce ci-contre). Le même fouverain lui concéda auffi la fa- 
culté de retenir à fon fervice 25 foldats à cheval 
8c 5 o fantafïins. Dans des Lettres du 9 Septembre 
1293, ordonnant de lui payer 400 onces d'or, ce 
prince le qualifie de fon « parent & fidèle con- 
feiller ». Le Roi Charles II lui accorda encore une 
penfion de 400 onces d'or, par lettres du 20 Mai 
i3o5, & il le défigna parmi fes exécuteurs tefia- 
mentaires en i3o8. 

Il époufa, en premières noces, vers 1275, Laudune d'Albe ou d'Aube de Ro- 
quemartine; &, en fécondes noces, vers 1290, Alix ou Elife de Baux de Puy- 
ricard, fille de Raimond de Baux, Seigneur de Meyrargues, & d'Euftachie l'Es- 
tendard, dont le frère, Guillaume l'Eftendard, était alors Maréchal de Sicile (c). 
Il tefia à Naples le 19 Mai i3io, nommant pour fes exécuteurs Bertrand de 
Baux, Ifnard III d'Agoult de Pontevès, Baron de la Vallée de Sault, &c. (d) } & il 
ne vivait plus le 27 Juillet fuivant, où fa veuve obtint une lettre du Vicaire du 
royaume de Sicile ordonnant la reftitution de fon douaire (e). Le i er Février 1 3 1 1 
(v. fi.), le Roi Robert confirma la convention palfée à cet égard entre elle 8c fon 
beau-fils, Elzéar de Sabran, Comte d'Ariano (f). 

Du premier mariage, Ermengaud de Sabran eut deux fils 8c une fille : 
1. Isnard de Sabran, qui époufa, en Septembre 1294, Marguerite de Villehar- 
douin, née en 1266, fille de feu Guillaume II de Villehardouin, Prince de 
la Morée, en Grèce, 8c d'Angèle Comnène, qui était fille du Defpote d'É- 
pire. Marguerite reçut en dot deux tiers de la baronnie d'Acova ou Mata- 
grifon h la feigneurie de Catochi (g). Sa fœur aînée, Ifabelle, Princeffe de 

qu'elle fut la féconde femme de Bermond de Sabran (?), Vicomte d'Uzès, & que leur fille Dalmase de Sabran 
époufa, après i32Ô, Giraudet Adhémar, Baron de Grignan. 

(a) Artefeuil (t. II, p. 1 8 5 ) appelle à tort Béatrix du nom patronymique de Saint-Même, tout en la difant 
fille d'Elzéar, Seigneur d'Uzès. 

(b) Au royaume de Naples, dans les Apennins, principauté ultérieure, fiège d'un évêché. 

(c) Barthélémy, Inventaire des chartes de la mai/on de Baux, n° 728. — Chazot de Nantignv & Pithon- 
Curt fe trompent en la préfentant comme fille de Bertrand de Baux, Comte d'Avellino, & comme veuve en 
premières noces de Dalmas de Tarafcon, dit de Beaucaire. 

(d) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. — Ermengaud de Sabran élut la fé- 
pulture à l'églife de Saint-Laurent de Naples. Il laiffa à fon fils Elzéar. alors l'aîné, fes terres du royaume de 
Naples & de Provence, à l'exception de Cadenet, de Puylobier & de toutes les propriétés files en la fénéchaul- 
fée de Beaucaire outre le Rhône & dans l'évèché d'Uzès, qu'il légua à fon. autre fils, Guillaume. De plus il 
laiffa à fes autres enfants & diflribua en legs pieux 7.000 onces d'or, qui repréfenteraient aujourd'hui plus de 
5oo.ooo fr. 

(e) Barthélémy, n° 955. — Papon (III, p. i3i) fe trompe donc en le faifant vivre en 1 3 2 G . — La Com- 
teffe d'Ariano fe remaria en 1 3i 2 avec Jean, dit Ruffo, de Subbiaco, Seigneur d'Albarona (Barthélemj , ir 

elle mourut en i32o. 

if) Barthélémy, n° 964, d'après les regiftres angevins aux archives de Naples. 

(g) L'exiftence de cet Ifnard de Sabran n'a été révélée qu'en 1867, d'après des documents des archives ange- 



i56 DE SABRAN-PONTEVÈS, 



764 



la Morée de 1289 à 1307, avait époufé : i° Philippe d'Anjou, Roi titu- 
laire de Salonique, frère de Charles II, Roi de Naples; 2° Florent d'Avef- 
nes-Hainault; 3° Philippe I er de Savoie, Comte de Maurienne & du Piémont; 
elle mourut en i3ii. Marguerite, devenue veuve de bonne heure (1297), 
le remaria en 1298 avec Richard Orfini, Comte palatin de Céphalonie, Baile 
de la Morée, & elle décéda en Février i3i5, prifonnière des Barons de la 
Morée, ne laiffant de fon premier mariage qu'une lille : 

Isabelle de Sabran, née en 1297, héritière de Matagrifon, mariée, en Fé- 
vrier 1 3 14, à Mefline, à Ferdinand ou Ferrand, Infant de Majorque, 
fils de Jacques 1 er d'Aragon, Roi de Majorque, & d'Efclarmonde de 
Foix (à). Iiabelle mourut le 7 Mai 1 3 1 5 de fuites de couches, & fon 
époux lui fit élever un magnifique monument dans l'églile de Sainte- 
Agathe à Catane (b). Ferrand de Majorque, qui était à la tète de l'expé- 
dition des Catalans dans la principauté de Morée, fut proclamé par 
eux fouverain de ce pays au mois de Juillet de cette même année, en 
compétition avec Louis de Bourgogne, qui était foutenu par l'enfemble 
des Barons de Morée, en fa qualité d'époux de la fille aînée d'Ifabelle 
de Villehardouin, ci-deffus. Ferrand fut vaincu par fon adverfaire à la 
bataille d'Efpéro, près Clarentza, au mois de Juillet i3i6, 8c décapité, 
& Louis de Bourgogne mourut empoifonné le 2 Août fuivant. Du ma- 
riage de Ferrand avec Iiabelle de Sabran était iiïu un fils, qui fuit. 
Jacques (II) d'Aragon, né à Catane le 5 Avril i3i5, fut reconnu fouve- 
rain de la Morée par le parti catalan. Il fuccéda, en 1324, à fon oncle 
D. Sanche au trône de Majorque, 8c reconnut, en 1327, tenir ce 
royaume (qui comprenait auffi le Rouffillon & Montpellier) en vaf- 
falité de la couronne d'Aragon, fauf pour la feigneurie de Mont- 
pellier, relevant du Roi de France, & qu'il vendit, en Avril 1349, à 
Philippe VI de Valois. En 1344, à la fuite d'une a mba Iliade des 
Barons de Morée, il reprit les anciennes prétentions & ajouta à fon 
titre royal celui de Prince d'Achaïe. Il fut tué le 25 Octobre 1349, 
dans une bataille livrée à Majorque contre l'armée de Pierre IV, 
Roi d'Aragon, fon beau-frère, qui réunit les Baléares à fa cou- 
ronne. Il avait époufé, en premières noces, vers 1 335, Confiance 
d'Aragon, née en i32o, morte à Montpellier en 1346, fille d'Al- 
phonle IV, Roi d'Aragon, & de Thérèfe d'Enteça; 8c en fécondes 
noces, par contrat du 10 Novembre 1347, conclu à Montpellier, 
Violant ou Yolande deVillaragut, fille deBérenger de Villaragut, 
coufin du Roi & fon Camerlingue, de laquelle il n'eut qu'une fille. 
Esclarmonde, morte enfant. Du premier mariage étaient ilTus : 

I. N. de Majorque, né vers i336, mort avant i3q2. 

II. Jacques (III), Roi nominal de Majorque, né en Août 1 338, 
& retenu en captivité, pendant douze ans, par le Roi d'Aragon, 
qui le fit enfermer dans une cage de fer. Délivré, en Mai 1 362, 
8c réfugié à Naples, il y époufa, le 14 Décembre fuivant, 

vines de Naples, par un (avant hiftorien allemand, Charles Hopf, dans fon hiltoire de la Grâce au moyen âge 
faifant partie de Y Allgemeine Encyclopédie d'Erfch & Gruber, i ,e fection, t. 85 (Leipzig, Brockhaus, 1867, 
in-4' J '. Voir auffi du même auteur le précieux ouvrage Chroniques Gréco-Romanes (Berlin, 1873, in-8"), accom- 
pagné de nombreux tableaux généalogiques. Le mariage d'ifnard elt configné dans les documents fuivants des 
archives de Naples : Reg. Ang., n° j5, fol. 1 18 v°, & Fafc. Ang.. n°49, fol. 66. 

[a) La fœur de Ferrand, Sancie d'Aragon, avait époufé, en 1 309, Robert le Sage. Roi de Naples. 

[b] Ch. Hopf, la Grèce au moyen âge, citée ci-deffus, p. 399. 



7 65 de SABRAN-PONTEVÈS. t5 7 

Jeanne I re , Reine de Naples, dont il fut le troifième mari. N'é- 
tant admis par elle à jouer aucun rôle important dans le 
royaume, & défireux d'ailleurs de reconquérir le trône de les 
ancêtres, il s'allia contre lbn fpoliateur avec Pierre le Cruel, 
Roi de Caftille, & avec les Anglais, auxiliaires de celui-ci. Il 
le fignala par fa bravoure dans maintes occafions au cours de 
cette campagne, & prit une part active à la bataille de Nava- 
rette (3 Avril i ^67), où Du Guelclin fut fait prifonnier. Six 
mois plus tard, il fut obligé de fe rendre à Henri de Tranfla- 
mare, qui le céda au Connétable Du Guelclin en paiement 
des gages qu'il lui redevait. Retenu captif à Montpellier, il fut 
racheté par la femme 8c par la fœur (16 Avril 1 3yo). Après 
avoir fait donation de les droits fur le comté de Routïillon à 
Louis, Duc d'Anjou, frère de Charles V, à charge par lui de 
l'aider à reconquérir le royaume de Majorque, il entreprit une 
nouvelle expédition avec des troupes levées dans le Comtat- 
Venaiflin, dans le Languedoc 8c en Provence, 8c avec le con- 
cours de Henri de Tranftamare, Roi de Caftille. Atteint d'un 
mal myftérieux, il lit lbn teftament, le 16 Février i3j5, dans la 
ville de Soria (Vieille-Caftille), 8c défigna pour lbn héritière uni- 
verfelle au royaume de xMajorque fa fœur Ifabelle, n'ayant 
point eu d'enfant de lbn mariage avec la Reine Jeanne. 11 mou- 
rut peu après. 
III. Isabelle de Majorque, née en x'i'i'j. Emmenée captive en 
Aragon en 1349, elle renonça, par acte fait à Barcelone le 
4 Septembre 1 358, à tous l'es droits fur la fucceliion de Major- 
que en faveur de Pierre IV d'Aragon, lbn oncle. Peu après, elle 
époufa Jean Paléologue, Marquis de Montferrat, petit-fils 
d'Andronic Paléologue, Empereur de Conftantinople, 8c fils de 
Théodore Paléologue, Marquis de Montferrat, 8c d'Argen- 
tine Spinola. Devenue veuve en Mars i3/2, elle féconda ion 
frère dans toutes les entreprifes. Femme virile, elle l'accom- 
pagna même dans fa dernière expédition contre le Roi d'Ara- 
gon, 8c, après la mort de l'Infant Jacques, elle prit fur elle de 
ramener en France les foldats reftés fidèles à fa caufe, fous 
la conduite de Jean de Maleftroit. Le Roi d'Aragon n'ayant 
pas rempli à fon égard les engagements contractés en 1 358, 
elle céda à Louis, Duc d'Anjou, par acte fait à Narbonne le 
3o Août i3y5, tous les droits au royaume de Majorque 8c 
les dépendances, excepté le comté de Cerdagnc 8c la terre 
de Confient, moyennant une fomme 8c la jouilïànce, fa vie 
durant, de la ville 8c du château de Lavaur, dans la féné- 
chauffée de Touloufe, chàtellenie qui fut remplacée enfuite 
par la baronnie de Lunel. Le 19 Septembre i3y6, elle céda 
encore au même prince les droits fur le comté de Cerdagne, 
ainli que ceux fur le duché de Clarence, fur les principautés 
d'Achaïe 8c de Morée, fur certaines terres en Romanie 8: en 
Italie, le tout ayant appartenu momentanément a Ion aïeul 
Ferrand de Majorque. En Septembre 1 3g5, elle conclut avec 
le Roi Charles VI un accord en vertu duquel elle reçut la 



ï58 de SABRAN-PONTEVÈS. 7 66 

châtellenie de Gaillargues, avec i .200 livres de rente 8c 5. 000 fr. 
d'or une fois payés, pour folde de ce qui avait été dû à fa fa- 
mille pour la ceffion de Montpellier. Elle mourut après 1403 (a). 
De fon mariage avec le Marquis de Montferrat, elle eut qua- 
tre fils & une fille. Les trois premiers furent lucceiîivement fou- 
verains de Montferrat, 8c feu) le troifième, Théodore II, laiffa 
pofférité, qui finit en la perfonne de Marguerite de Montferrat, 
mariée, en 1 532, à Frédéric II de Gonzague, Duc deMantoue. 
Le marquifat de Montferrat fut ainfi réuni, en i533, au du- 
ché de Mantoue. Ces derniers fouverains font ancêtres, dans 
la ligne féminine, de François 1 er , Empereur d'Allemagne, 
époux de la Reine Marie-Thérèfe, père & mère de la Reine 
Marie-Antoinette, 8c de l'Empereur Léopold II, bifaïeul de 
l'Empereur d'Autriche acluel (voir le tableau annexé). 
2. Elzéar II de Sabran (Saint Elzéar), fécond fils d'ERMENGAUD de Sabran, 
Comte d'Ariano, naquit au château de Robians, près d'Anfouis, en 1285. 
Dans fon enfance, il demeura cinq ou fix ans de fuite dans l'abbaye de 
Saint-Victor de Marfeille, fous la direction de Guillaume de Sabran, fon 
oncle. A l'âge de dix ans 8c demi environ (1296), il fut fiancé, à Marfeille, 
fur le défir & en préfence de Charles II, Roi de Naples, avec Delphine de 
Signe, de la maifon de Marseille, âgée alors de treize ans, féconde fille, 
puis héritière de Guillaume de Signe 8c de Delphine de Barras, héritière des 
feigneuries de Puy-Michel, Barras, Saint-Etienne, le Caflelet, l'Hofpitalet, 
Lincel, 8cc. (b). Leur mariage fut célébré le 22 Novembre 1299. Elzéar de 
Sabran fuccéda, en i3io, à fon père, dans le comté d'Ariano 8c dans la ba- 
ronnie d'Anfouis, ainfi que dans les principaux iiefs du royaume de Naples 
8c de Provence. Il féjourna depuis à la cour du Roi Robert. En i3i 1, il fut 
nommé chef fuprème de l'armée envoyée contre Henri VII, qui avait envahi 
Rome, 8c il. mit en déroute les troupes impériales. Chargé enfuite de l'édu- 
cation de Charles, Duc de Calabre, fils unique du Roi Robert, 8c auprès 
duquel il refta environ douze ans (c), il fut invefti, en i323, de la miffion 
d'aller demander pour fon ancien élève la main de Marie de Valois, fille de 
Charles, Duc de Valois (d). A peine fa miffion achevée avec fuccès, il mou- 
rut à Paris le 27 Septembre 1 3s3, fous l'habit de religieux de Saint-Fran- 
çois, conformément à fa volonté; il s'était fait auparavant recevoir du 
tiers ordre. Son corps, dépofé provifoirement au couvent des Cordeliers de 
Paris, fut porté enfuite à l'églife des Frères Mineurs d'Apt, où il fut inhumé. 
Il avait teflé le 18 Juillet i3 17, à Toulon (Nie. Cornilla, Not.), inftituant pour 

lai L'hiftoire détaillée de l'exiftence mouvementée de cette petite dynaftie des Rois de Majorque fe trouve 
dans l'ouvrage intéreffant de M. A. Lecoy de la Marche, les Relations politiques de la France avec le royaume 
de Majorque ; Paris, 1892, 2 vol. in-8°. 

(b) Delphine de Signe était la nièce d'Ifoarde de Signe, qui avait époufé Guidet d'Agoult-Simiane, Seigneur 
d'Apt, &c. arrière-petit-fils de Raimbaud d'Agoult, ancêtre aufii de la maifon d'Agoult-Pontevès; & cette 
Ifoarde fut la mère de Raimbaud de Simiane, qui époufa Marcelle de Pontevès, fille de Foulques I er d'Agoult 
de Pontevès (voir plus haut, p. 26). 

(c) Dans cet intervalle, il fe rendit à plufieurs reprifes en Provence. On poffède d'abord, à cet égard, la 
permiflion qui lui fut accordée par le Roi Robert le 29 Janvier 1 3 1 5 (v. ft.),à condition de rentrer pour Noël. 
Il fut enfuite de ceux qui fe portèrent caution, par acte fait à Avignon le 6 Avril 1 3 18, d'une dette contractée 
par feu Ifnard de Pontevès, Abbé du Mont-Caflin (voir plus haut, p. 27). Ce dernier aéte figure, en original, 
fur parchemin, dans les archives de M. le Baron du Roure. 

(d) La procuration officielle du Duc de Calabre pour laconclufion de ce mariage, datée de Naples. le 18 Août 
i32'3, eft confervée aux Archives des Bouches-du- Rhône. 



7*7 de SABRAN-PONTEVÊS. 



i?i 



loti héritier univerfel ion frère confanguin Guillaume de Sabran, Comte 
cTApici, & lui fubftituant, à défaut d'héritiers, fou coufin germain Elzéar de 
Villeneuve, le futur Évêque de Digne, puis la tante Douceline de Sabran, 
Dame d'Uzès, & les héritiers. Il légua à lbn époufe, la Comteffe d'Ariano, 
tout ce qu'il polfédait aux châteaux & territoires de Puy- Michel, de Saint- 
Étienne de BrolTe, de Cabrières & de Robians, ainfi que l'ufufruit de fon 
château & territoire de Maddaloni, au royaume de Naples; de plus, en 
toute propriété, toute fa vailTelle d'or & d'argent, tons les joyaux, vête- 
ments, &c. Ses legs pieux s'élevèrent à la fomme de 3.ooo livres reforciats. 
qui feraient environ i5o.ooofr. de notre monnaie. Il nomma pour les exé- 
cuteurs teftamentaires : ion époufe, Foulques de Pontevès, Raymond d'A- 
goult-Trets, Hélion de Villeneuve, les coufîns; Hugues de Branculis, ion 
confeiïeur d'alors, & Iihard Alfanti, Chevalier, fon compagnon (a). 

Sa vie pieufe & offrant le modèle de toutes les vertus lui valut, de lbn 
vivant, la vénération de fes contemporains. Dès i32j, Raymond Bot, Évê- 
que d'Apt, de concert avec lbn clergé & les magiftrats de la ville, préienta 
en cour de Rome une requête afin d'obtenir du Pape Jean XXII la cano- 
nifation de l'illuftre Comte, requête rédigée par le P. François Meyronis, 
Francifcain, dernier confelfeur du défunt, Profeifeur de théologie à l'Univer- 
fité de Paris & l'une des plus grandes lumières du XIV e fiècle. Les troubles 
du temps ne permirent pas de donner immédiatement fuite à cette affaire. 
Une nouvelle requête fut préfentée au Pape Clément VI, en i35i, par Ber- 
trand de Meiffenier, Evêque d'Apt, & les Etats généraux de Provence; mais 
pour aboutir, il fallut attendre le pontificat d'Urbain V, filleul du Comte 
Elzéar (b). C'eft le i5 Avril 1 36g que celui-ci fut infcrit officiellement parmi 
les faints confeffeurs, & le Pape prononça à cette occafion fon panégy- 
rique dans la bafilique de Saint-Pierre de Rome. Toutefois la mort du Sou- 
verain Pontife (19 Décembre i3yo) retarda la promulgation de la bulle de 
canonifation, qui ne fut faite que par fon fucceffeur, Grégoire XI (Pierre 
de Beaufort), le 5 Janvier 1 37 1 , dans l'églife collégiale de Saint-Didier d'A- 
vignon, où le corps de Saint Elzéar avait été d'abord dépofé lors de fa 
tranflation de Paris (c). Dès lors la ville d'Apt & celle d'Ariano le prirent 
officiellement pour leur faint patron, & fon culte le répandit dans toute la 
Provence & même dans tout l'Ordre de Saint-François (d). Sa fête fut fixée 

(a) L'original de ce teftament, qu'on croit perdu & qui n'était connu que par une copie confervée à la biblio- 
thèque de Carpentras parmi les manufcrits de Peirefc, fe trouve en parfait état de confervation, fur parchemin, 
aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès, ainfi qu'une expédition en forme & deux traductions. — C'eft 
d'après la copie de Peirefc qu'il a été publié dans l'ouvrage de M'"° la Marquife de Forbin d'Oppède, la 
Bîenheureufe Delphine de Sabran (Paris, i883, in-8°). 

(b) Le Pape Urbain V, de fon nom de famille Guillaume de Grimoard, était fils de Guillaume II de Gri- 
moard, Seigneur de Grifac, & d'Ifabelle ou Amphélife de Montferrand, du diocèfe de Mende. Moréri appelle 
cette dernière Félice-Arriphélife de Sabran, Dame de Montferrant, & la dit « fille du Comte d'Arrian, de la 
mailon de Sabran en Provence, & fœur de faint Elzéar de Sabran », qui aurait par conséquent été l'oncle 
maternel d'Urbain V. Cependant le procès de canonifation de ce dernier eft formel à cet égard, &défignc ainfi 
fa mère : domina Amphelisia de Monteferando, ejafdem [Mimatenjts] diocefis. Néanmoins il eft certain 
que faint Elzéar fut non feulement parrain, mais encore affez proche parent du futur Urbain V, fans qu'on 
puille précifer la nature de cette parenté. Voir à ce fujet les Recherches fur la famille de Grimoard, par 
M. l'Abbé J.-H. Albanès (Mende, 1866, in-S°). 

(c) On trouve dans cette églife l'infcription fuivante : In hac parochiali S quondam collegiata ecclejîa SS m0 
homimtm Salvatori fub titulo S. Defiderii, Lingonenfis epifcopi martyris, dedicata, S. Elzearium de Sabrano, 
patruum suum, B. Urbanus PP. V interfanâos confeffores rilufolemmi adfcripfit. D'après ce qui précède, on 
voit que cette infcription eft contraire à la vérité hiftorique. 

{d) Ce n'eft que le 18 Juin i3j3 que les reliques du faint furent tirées de leur tombeau et placées dans un 



6o DE SABRAN-PONTEVÈS. 



7 68 



à la date de l'anniverfaire de la mort, au 27 Septembre. Elle était célébrée. 
jufqu'à la Révolution, avec une grande pompe, non feulement à l'églilé des 
Cordeliers d'Apt, mais encore à Avignon & à Marléille. 

La Comtefle d'Ariano, qui. de commun accord, avait vécu dans la con- 
tinence avec fon mari, continua, après la mort de celui-ci, fa vie pieufe 
& exemplaire. Elle féjourna encore plufieurs années à Naples, & on pof- 
fède de cette époque deux actes, on ne peut plus précieux, faits en fon nom. 
Le premier de ces ades, daté du i3 Septembre 1327, eft une quittance de 
3.000 livres donnée par la Comtefle. de concert avec Ifnard d'Alfant 
(Alfanti), d'Anfouis. Chevalier, au profit de Guillaume de Sabran, Comte 
d'Ariano, frère 8c héritier de S. Elzéar, en exécution du teftament de ce der- 
nier. A cet aéte eft appolé le cachet aux armes de la Comtefle : celles de fon 
époux parties des fiennes propres. De plus, en raifon de l'ufage générale- 
ment pratiqué à cette époque dans le royaume de Naples, de faire ligner 
les acles à tous les participants , on y trouve l'approbation autographe de la 
fainte époufe de faint Elzéar, & nous donnons une reproduction fidèle de 
cette unique ligne qu'on poffôde de fon écriture (a). Le fécond acte, daté 

du 3 Septembre 1329, eft une donation des châteaux de Cabrières & de 
Robians faite par elle en faveur de fon beau-frère, Guillaume de Sabran. 
Comte d'Ariano. Cet acle eft aufli muni du cachet de la Comtefle dont 
nous donnons le fac-fimilé (b). 

Elle fe retira enfuite à Apt 8c diftribua prefque tout fon avoir en 
œuvres pies, ne gardant que le ftrict néceflaire pour vivre pauvre- 
ment. Elle y mourut le 26 Novembre i36o, à l'âge d'environ 
foixante-feize ans. Son corps, vêtu de l'habit du tiers ordre de Saint- 
François, fut d'abord porté à l'églilé du monaftère de Sainte-Ca- 
therine, où elle demeurait quelquefois des mois entiers pour faire 
lés retraites 8c les exercices fpirituels. Ses funérailles eurent lieu 
le lendemain, dans l'églilé des Frères Mineurs, 8c elle fut enfevelie à côté 
de fon mari. Elzéar de Pontevès, Evêque-Prince d'Apt, fon coufin, cé- 
lébra les obfèques; Philippe de Cabalfoles, Evèque de Cavaillon, prononça 
fon orajlbn funèbre. Trois ans après fa mort, à la fuite d'une requête 
adreffée au Souverain Pontife par les États généraux de la Provence, par 
l'Évèque d'Apt, le corps de la ville, 8cc, Urbain V chargea une com- 
miflion de trois Évêques de procéder aux informations de la vie de la 
fainte Comtefle en vue de fa canonifation (5 Mars 1 363). Le Pape mou- 
riche maufolée élevé dans le ianctuaire des Cordeliers d'Apt aux frais d'Anglic de Grimoard, Cardinal-Evêque 
d'Albano, frère du Pape Urbain V. A cette même époque, Jeanne, Reine de Naples &de Sicile, légua une lbmme 
de 1000 florins d'or pour l'exécution d'un bulle en argent repréfentant S. Elzéar. 11 fut achevé en i'38i & le 
crâne du faint y fut enfermé. Son bras droit le fut dans un reliquaire en vermeil enrichi de pierreries, donné 
par le bienheureux Pierre de Luxembourg. Delphine de Sabran, petite-nièce du faint Comte & époule de Gui- 
not de Simiane, Seigneur d'Apt, &c, légua, en 1407, fes perles & pierres précieufes pour la décoration & l'enri- 
chiflement du bulle. Louis II, Roi de Naples & Comte de Provence, légua à fon tour, en 1420, une fomme 
confidérable pour embellir le même bufte; il paraît même qu'on y ajouta alors une châfl'e en argent pour 
lui fervir d'appui. 

(a) (b) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. 




7 6 9 de SABRAN-PONTEVÈS. 16 



rut avant l'achèvement de toutes les formalités & la procédure n'a jamais 
été reprife. La Comteffe Delphine de Sabran eft cependant honorée comme 
fainte 8: TP^glife a toujours toléré fon culte (a). 

3. Cécile de Sabran, mariée : i° en i3oi, à Hugues de Baux (b), Seigneur de 
Lauro, fils de Bertrand de Baux, Comte d'Avellino, & de Philippine de 
Poitiers, mort Tannée fuivante; 2" en i3o3, à Guillaume Bollard, Grand 
Maréchal de Sicile. Son douaire était aiïigné fur le château de Caftiglione 
qu'elle vendit en i3o6 (c). Elle mourut avant fon père, &, le 20 Août i3n, 
fon frère, Elzéar de Sabran, Comte d'Ariano, fe fit reflituer fa dot, mille 
onces d'or, par ordre du Roi Robert (d). 

Du fécond mariage d'Ermengaud de Sabran, avec Alix de Baux, vinrent : 

1. Guillaume de Sabran, qui fuit. 

2. Eustache de Sabran, marié à Hilarie de Sus, Dame de Saint-Julien (San 

Giuliano), fille d'Amaury, laquelle, après la mort de fon premier mari 
(avant i3io), convola encore quatre fois. 

3. Sibillette de Sabran, mariée à Thomas d'Aquino, fils de Landulfo d'A- 



(a) Le corps de Sainte Delphine fut tiré de fon fépulcre en 1410, & fes reliques furent mifes dans une 
châfle placée fur le maître-autel. Bientôt après, Delphine de Sabran, petite-nièce de S. Elzéar &. époufe de 
Guinot de Simiane, dont nous avons déjà parlé, fit bâtir, en l'honneur de fes faints parents, une belle cha- 
pelle dans le choeur de l'églife des Cordeliers, & les reliques de S. Elzéar & de Ste Delphine y furent des 
lors dépofées. En 1G42. celles de la fainte furent placées dans un bulle en argent femblable à celui de fon 
faint époux. Vers le milieu du XVIII e fiècle, ces reliques furent réunies dans une châffe unique, revêtue 
de lames d'argent. Les bulles ayant fervi de reliquaires repofaient fur l'autel. En 1 79 1 . le couvent des Corde- 
liers ayant été fupprimé, les reliques & les bulles furent transférés proceffionnellement dans la cathédrale 
d'Apt. Trois ans plus tard, toute l'argenterie de cette cathédrale ayant été faifie par l'autorité révolution- 
naire, les châffes & les buftes y parlèrent. Les faintes reliques, dépofées alors dans les archives de la com- 
mune, ne furent réintégrées qu'en 1801, après le rétabliffement du culte catholique. On conferve encore, 
dans le tréfor de la même cathédrale, une chemifette portée par S. Elzéar, fon livre de prières & celui de 
Ste Delphine, ainfi que deux bas-reliefs en marbre repréfentant les miracles du faint & provenant de fon 
maufolée détruit pendant les guerres de religion. On y trouve également un tableau repréfentant les funé- 
railles de Ste Delphine, peint à l'époque même, à ce qu'on croit. — Les deux buftes reliquaires ont été re- 
produits par la gravure au XVII e fiècle (pièces non fignées, dans un recueil d'eftampes de la Bibliothèque 
Sainte-Geneviève]. L'image de S. Elzéar a été gravée bien des fois, entre autres : i° par Philippe Galle (à mi- 
corps, tenant une difcipline); 2° par A. Collaert, d'après P. de Jode (en pied, entouré de divers petits fujets 
repréfentant la vie du faint) ; 3° par Ch. de Mallery dans l'ouvrage : Imagines beatijjimi P. Francifci AJJifiatis 
illujlriumque virorum & feminarum qui ex tribus ejus ordinibus relati Junt inter fanâos (Antverpiae, 1614;; 
4 ,J dans la fuite des faints de l'ordre de S. -François, publiée dans Collis Paradifi, feu Sacra conventus Affi- 
Jiencis iiijloria, de F. -M. Angeli (Montefalifco, 1740, in-fol.). — La vie & les aéles de S. Elzéar & de fa fainte 

époufe ont été l'objet de nombreux écrits, dont nous fignalerons les principaux : le P. M.-J. Raphaël, Prieur 
des Dominicains d'Aix. Vie de M% T faint Aul^ias de Sabran... & de ma dame fainâe Dauphine. fon époufe & 
vierge (Paris, s. d.. avant Ô14, pet. in-4, goth.) ; ouvrage fait à la requête de Pierre de Sabran. Seigneur de 
Beaudinar, & dédié à Louis XII. — Le P. Et. Binet. Jéiuite. la Vie & les éminentes vertus de S. Elzéar de 
Sabran St. delà bienheureufe Comteffe Dauphine (Paris, 1622, 1625, 1629, 1725, in-12; trad. en anglais, 
Londres, t638, in-8). — Le P. Suyfkens. dans les Acla Sanâorum des Bollandiftes, feptembre, t. VII 
(travail très important). — Le P. Elzéar Borély, les Miracles de la grâce vidorieufe de la nature, ou 
Vie de fainte Delphine, vierge & époufe de faint Elzéar. comte d'Arian (Aix, 1654; 3 e édition, revue, corri- 
gée & augmentée de notes, de deux cantiques & d'un précis hiftorique fur la canonifation & le culte de S. El 
zéar, par l'Abbé Gay ; Carpentras, 1 844, in-8). — L'Abbé Boze, Hijloire de faint Elzéar & de fainte Delphine ; 
Avignon, 1821, in-iS; Paris, 1862, in-12. — M mc la Marquife de Forbin d'Oppède, la Bienheureufe Del- 
phine de Sabran (Paris, i883, in-8). 

(b) Barthélémy, n° s 83 1 Si 85o, d'après les archives de Naples. 

(c) Ibid., n° 896. 

(d) Ibid., n° 967. Cette affaire de rellitution traîna en longueur, & Elzéar de Sabran, Comte d'Ariano, ob- 
tint de fon fouverain un nouvel ordreadreflé à cet égard au Grand Jullicier du royaume Je Sicile le 1 7 Oflobre 
1 3 1 7. — Deshiftoriens & généalogiftes français prétendent que S. Elzéar de Sabran n'eut jamais de fœur. Par 
contre, I'hiftorien napolitain Caméra lui donne deux frères & deux fœurs, fans plus de détails. Pour Cécile de 
Sabran, la queftion femble être hors de doute, en raifon de la date de fon premier mariage. Si en effet, elle 
n'était iffue que du fécond mariage de fon père, contracte vers 1290, elle n'aurait eu qu'une dizaine d'annt 
i3oi, lorfqu'elle époufa Hugues de Baux. 



Regijlre feptième. 



i62 de SABRAN-PONTEVES. 



770 



quino, Comte del Aura, frère aîné de Saint Thomas d Aquin. Elle mourut 
avant i3io. 
4. Béatrix de Sabran, feule des iilles citée au teftament de fon père, mariée, 
félon Chazot, après i3io, à Bertrand de Vintimille, dit de Marseille, Sei- 
gneur d'Ollioules, du Luc & d'Evènes, apparemment le même que celui qui 
époufa enfuite, en i322, Marguerite de Pontevès (voir plus haut, p. 37). 

IX. DEGRÉ. 

Guillaume de Sabran, Comte d'Ariano, après la mort de fon demi-frère, S. El- 
zéar, puis Comte d'Apici, Seigneur de Padulo, d'Anglone, &c, au royaume de Na- 
ples; Baron d'Anfouis, Seigneur de Cadenet, Puylobier, &c, fut Vice-Roi & Capi- 
taine général de la Terre de Labour, au royaume de Naples, du comté de Molizi 
& de l'Abruzze, en 1 3 1 9 . Par Lettres du i er Décembre i323, il obtint du Roi Robert 
la confirmation de la penfion de 400 onces d'or, dont avait joui fon père. En i32Ô, 
les Florentins ayant offert leur Etat au Roi Robert, le Comte d'Ariano fut du nom- 
bre des principaux Barons du royaume qui y accompagnèrent le Duc de Calabre. 
En i32a, il reçut de fa belle-fœur, Comteffe d'Ariano, veuve de Saint Elzéar, la 
donation des châteaux de Cabrières & de Robion (voir plus haut, p. 160). Le 6 Mai 
1329, il donna procuration à fon oncle, Bertrand de Sabran, Prieur de Saint-Geniez, 
& à Raymond d'Agoult, Seigneur de la Vallée de Sault, pour créer en fon nom 
des notaires & tabellions dans fes terres de Provence & Forcalquier (a). Le 20 No- 
vembre 1 336, Sancie, Reine de Sicile, lui vendit la cité de Montecorvino, avec tous 
les édifices, fortereffes, hommes, vaffaux, territoires,, tkc, pour la fomme de 2.400 
onces d'or & 46 onces d'or de redevance annuelle (b). Le 10 Octobre i343, il fut 
l'un des quatre Délégués chargés par la Reine Jeanne de fe rendre àMarfeille pour y 
recevoir l'hommage des habitants (c), & par Lettres du I er Décembre fuivant, il fut 
invefli, avec Hugues de Baux, Comte d'Avellino, Sénéchal de Provence, d'une 
miffion auprès du Pape Clément V, à Avignon (d). Tl tefta le 8 Odobre 1 353 (e) à 
Sulmone [Solmona] (N. Barthélémy, Juge, & B. Vafconus, Notaire). 

Il avait époufé, en premières noces, avant i3og, Roberte de Saint-Georges (San- 
Giorgio), Comteffe d'Apici, fille de Bertrand de Saint-Georges & d'Ifabelle Mattei, 
Dame d'Apici. 

11 fe remaria, en fécondes noces, en i323 (/), avec Françoife de Celano, fille 
de Thomas, Comte de Celano, à laquelle il laiffa dans fon teftament l'ufufruit 
des châteaux de Cabrières & de Robion, ikc. Elle devint Dame de compagnie de 
Jeanne de Sicile, Ducheffe de Duras, dont le mari Louis de Navarre, Comte de 
Beaumont-le-Roger, Duc de Duras, confirma en fa faveur, par Lettres du 29 Sep- 

(a) (b) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. 

(c) Papon, t. III, p. i5o. 

(d) Barthélémy, n os 12 32 & 1240. 

(e) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. — Il veut être inhumé à l'églife 
de Saint-Laurent de Naples, où repofent les corps de fon père, de fa mère, de fa première femme & de fes deux 

fils, dont nous ignorons les prénoms. 11 déshérite fon fils aine, & inftitue pour fon héritier univerfel Guillaume, 
fon fécond fils ; il fait des legs à fes deux autres fils & à fes fept filles furvivantes. 

(/) La bulle du Pape Jean XXII, du 20 Juin i323, accordée à la demande de Sancie, Reine de Sicile, porte 
l'autorifation, pour Guillaume de Sabran & Françoife de Celano, de refter dans le mariage, les époux ayant dé- 
claré ne s'être aperçus que trop tard de leur parenté au degré prohibé. Une nouvelle bulle d'indulgence, 
du 14 Juin 1 336, a été motivée par ce fait que les époux ont déclaré poftérieurement qu'ils n'ignoraient point 
leur parenté au quatrième degré au moment de contracter mariage (Originaux en parchemin aux archives de 
M. le Duc de Sabran-Pontevès). Cette parenté dérivait de celle de l'époufe avec la première femme de Guil- 
laume de Sabran. 



77 i de SABRAN-PONTEVÈS. i63 



tembre 1 366, des droits de douaire fur les terres des princes de la maifon d'Anjou, 
qui avaient appartenu à Thomas de Trogifio, fon premier mari; lettres confirmant 
celles de Jean, Duc de Duras, du 21 Septembre 1 333, & celles de Marie, Ducheffe 
de Duras, du 19 Février 1 353 (a). Par Lettres de la Reine Jeanne, du 22 Février 
1374, la Comtefle d'Ariano fut envoyée en pofleflion du comté d'Anglone (b). Elle 
ne vivait plus le 7 Avril 1379. 

Du premier mariage de Guillaume de Sabran vinrent (c) : 

1. Louis de Sabran, qui fuit. 

2. Augustine de Sabran, Religieufe, légataire de fon père en 1 353. 
Du fécond mariage iffurent : 

1. Guillaume de Sabran, né en i332, émancipé par fon père le 28 Février 

1 338 (d). Il fut infïitué fon légataire univerfel en i353, mais ne conferva que 
le comté d'Anglone (ou d'Agnone) en partie & la feigneurie de Padulo. Il 
mourut au début de 1 375 . De fon mariage avec Jacquette de Saint-Séverin {e), 
il n'eut qu'une fille : 

Laudune de Sabran, Comteffe d'Anglone, Dame de Padulo, mariée, le 
i5 Mai 1377, à Jean d'Arcussia, Comte de Cupre, fils de Jacques d'Ar- 
cussia, Comte de Minerbino, Grand Chambellan de Sicile, & de Morette 
de Valva. 

2. Jean de Sabran, auteur de la branche des Barons d'Ansouis, rapportée plus 

loin (p. i65). 

3. Elzéar de Sabran, donataire de fon père, en commun avec fon frère Jean, 

de la terre d'Anglone, par acle du 29 Janvier 1346 (f). Il entra enfuite dans les 
ordres, en i356 (g), prit poffeillon des églifes des Saints-Archanges & de 
Saint- Sauveur, à Naples, le i3 Odobre 1 363 (h), devint Évêque de Chieti 
avant i3ji, puis Cardinal prêtre le 18 Septembre 1378, & Grand Pénitencier. 
Privé du Chapeau en 1 385 , il mourut en 1394. 

4. Jeanne de Sabran, mariée, vers i332, à Naples, à Nicolas des Ursins, Comte 

de Nola, fils de Robert des Ursins, Comte de Nola, Palatin du royaume 
de Naples, & de Suève de Baux (/). Elle fut légataire de fon père en i353, 
& vivait encore en 1379. 

5. Isabelle de Sabran, mariée à Pierre de Tocco, Comte de Martina, Grand 

Sénéchal de Naples; légataire de fon père en 1 353. 

6. Françoise de Sabran, mariée, à Naples, par contrat du i3 Mars 1 338, étant 

(a) Original en parchemin, avec (beau en cire rouge, aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. 

(b) Original en parchemin aux mêmes archives. 

(r) Nous ignorons fi les deux fils décédés dont il parle dans fon teftament, fans les nommer, étaient ifius du 
premier ou du fécond mariage. 

(d) Original en parchemin aux mêmes archives. 

(e) Chazot lui donne pour femme Guillemette d'Anglone, on né fait d'après quelles preuves; tandis que 
l'alliance que nous lui attribuons réfulte pofitivement de l'acte du 24 Mai 1376 où les vaflàux d'Anglone re- 
fufent de rendre hommage & de prêter ferment de fidélité à Noble Dame Laudune de Sabran, « fille de magni- 
fique Dame Jacquette de San Severino, fa tutrice », attendu qu'elle n'était pas encore en âge de recevoir cet 
hommage. (Original en parchemin aux mêmes archives.) 

(f) Ratifié par la Reine Jeanne le i3 Juin 1347. (Original en parchemin aux mêmes archives. I 

(£•) Mandement de l'Archevêque de Bénévent du 2 Novembre i356. (Original aux mêmes archives.) 

(h) Original en parchemin aux mêmes archives. 

(i) Leur fils puîné, Raimond des Urfins, dit de Baux, fut Prince de Tarente & Duc d'Andrie (P. Anfelme, 
t. VI, p. r3i). Leur fille, Suève, dite Justine, époufa, en 1 38 1 , le fameux François de Baux, Duc d'Andrie, 
veuf de Marguerite d'Anjou, Impératrice titulaire de Conflantinople, & fut mère de Guillaume. Duc d'Andrie, 
&de Marguerite de Baux, qui époufa Pierre I er de Luxembourg, Comte de Brienne. Le fils aîné de ceux-ci fut 
le célèbre Connétable de Saint-Paul, décapité en 147?. (Voir P. Anfelme, t. VI, p. 726 tk fuiv.. c\- Pithon-Curt, 
t. IV, p. 272 & fuiv.) 



164' de SABRAN-PONTEVÈS. 



77 



encore enfant (puella), avec Nicolas de Joinville, Comte de Sant' Angelo, 
fils de feu Nicolas de Joinville & de Jeanne de Baux, fille d'Amiel de Baux 
d'Orange (a). Légataire de fon père en 1 353. 

7. Catherine deSabran, mariée à N..., Comte de Stritto. Légataire de fon père 

en 1 353. 

8. Laudune de Sabran, mariée, à Naples, par contrat du 19 Février 1 334, avec 

Charles Ruffo, Comte de Montalto (âgé alors de moins de dix-huit ans), 
fils de feu Jourdain Ruffo (b). Elle était déjà veuve le 27 Septembre 1346, 
où fon père réclama la dot de 1.200 onces d'or qu'il lui avait donnée. 
9 & 10. Claire & Marguerite de Sabran, légataires de leur père, puis Reli- 
gieufes Clariffes d'abord à Anglone, enfuite à Naples (1372). 

X. DEGRÉ. 

Louis de Sabran (appelé Jean par quelques hifloriens italiens), né vers i3i5, 
d'abord Comte d'Apici, par héritage de fa mère, puis Comte d'Ariano & d'Afcoli. 
Partifan déclaré de Louis d'Anjou, Roi de Hongrie, qui avait envahi l'Italie, pour 
venger la mort de fon frère André, mari de la Reine Jeanne I ie , il s'empara de 
force, en i35i, de la ville d'Ariano & en chaffa fon père & fa famille, ce qui lui 
valut, de la part de Guillaume, Archevêque de Braga, Nonce du Saint-Siège, des 
lettres comminatoires, fous peine d'excommunication, du 3o Juillet i352 (c), & en- 
fuite d'être exhérédé par fon père. Ce teftament demeura cependant fans effet 8: 
le Comte d'Ariano devint un des plus chauds partifans de la Reine Jeanne I re . Le 
17 Février i375, à la fuite de la mort de fon demi-frère Guillaume, il paffa, avec 
fon autre demi-frère, Jean de Sabran, Baron d'Anfouis, une tranfaction portant, entre 
autres, que les biens féodaux doivent appartenir à toute la maifon de Sabran, 
les filles perpétuellement exclues (d), & il lui fit à cette occafion la ceflion de la 
moitié du comté d'Anglone (e), dont avait hérité leur nièce Laudune de Sabran, fille 
unique de Guillaume, à laquelle cependant les vaffaux de ce comté demeurèrent 
fidèles (/). Par Lettres patentes du 12 Mai i38i, il reçut de la Reine Jeanne en don 
la ville de Troyes (Troiano), au royaume de Naples, avec toutes fes dépendances, 
en confidération des grands fervices qu'il avait rendus à la couronne (g). Peu de 
mois après, il fut un des chefs de l'armée qui, fous la conduite d'Othon de Brunf- 
wick, quatrième mari de Jeanne I re , perdit la bataille contre Charles, Duc de Duras, 
(26 Août i38i), à la fuite de laquelle la Reine devint prifonnière de fon compétiteur, 
qui la fit étrangler (h). Il mourut avant 1 388. 

Il s'était marié trois fois : i° avec Marie de Marzano, Comtefïe d'Ascoli, fille 
unique de Richard de Marzano, & de Marguerite d'Aquino, Comteffe d'Ascoli; 
2 le 3o Janvier i352 (v. ft.), avec Marguerite de Saint-Séverin, fille de Roger 
de Saint-Séverin, Comte de Mileto & de Terranuova, Grand Maréchal du royaume, 

[a) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. 

(b) Copie du XVI e fiècle aux mêmes archives. Le mariage a été célébré dans la chapelle du nouveau château 
royal. 

[C) Original en parchemin aux mêmes archives. 

(d) Expédition notariée du XVI e fiècle aux mêmes archives. — Cette tranfadion a été ratifiée par Lettres 
patentes de la Reine Jeanne, du 5 Mai i3jb. (Original en parchemin.) 
<e\ Original en parchemin aux mêmes archives. 

(/) Deux aflesà cet égard, du 21 & du 24 Mai i3y6. (Originaux en parchemin.) 
(g) Expédition notariée du XVI e fiècle aux mêmes archives. 
(h) Papon, t. III, p. 233. 



77 - 1 



de SABRAN-PONTEVÈS. i65 



8: de Jeanne d'Aqjjino (a); 3° avec Jeannette de Joinville, tille d'Amiel de Join- 
ville, Comte de Sant 1 Angelo, & de Yolande d'Hospruch. 
Du premier mariage vint une tille : 

Rovere ou Roberte de Sabran, Comtefle d'Afcoli, mariée à Benoît Acciaioli , 
de Florence, fils de Nicolas Acciaioli, Comte de Melfi, Seigneur de Corinthe, 
en Grèce, Grand Sénéchal du royaume. 
Du fécond mariage eft iflu : 
Elzéar de Sabran, qui luit. 

XI. DEGRÉ. 

Elzéar II de Sabran, Comte d'Ariano & d'Apici, Grand Sénéchal du royaume de 
Naples le 22 Juillet i3$j, époufa Catherine d'Arcussia, fille de Jacques d'Arcussia, 
Comte de Minerbino, Grand Chambellan, 8c de Morette de Valva, & lœur de Jean 
d'Arcuiïia, qui devint plus tard le mari de Laudune de Sabran, couline germaine 
d'Elzéar (voir plus haut, p. 1 63). En vertu du traité paffé par celui-ci, le 21 Septembre 
i388, avec fon beau-père, ils s'engagèrent à fonder la ville dite Acerna 8c plufieurs 
autres châteaux, avec une partie de la dot de 33. 000 ducats, conftituée à Catherine 
d'Arcuiïia (b). Le 21 Septembre 1390, ils paffèrent un accord au lu jet du paie- 
ment de ladite dot (c). 

On ne connaît de ce mariage qu'un fils : 

Ermengaud de Sabran, qui luit. 

XII. DEGRÉ. 

Ermengaud II de Sabran, Comte d'Ariano 8c d'Apici, Seigneur de Montecalvo, 
de Cafielfranco, de Caftelduro & de Monteleone, Maréchal du royaume de Naples, 
prit parti contre la Reine Jeanne II en faveur de fon compétiteur Louis III d'An- 
jou & vit fes biens confifqués le 2 3 Février 141 7 au profit de François Sforce. Il 
mourut, dit-on, en prifon, fans laiffer de poltérité de fon mariage avec Altobelia 
Caraffa, fille de Pierre Caraffa & de Marie Guidazza, qu'il avait époufée vers 1 389. 



BRANCHE DES BARONS D'ANSOUIS. 

X. DEGRÉ. 

Jean de Sabran, Baron d'Anfouis, Seigneur de Cabrières, de Robion, de la Salle, 
de la Motte, de Cucuron, de Vaugine 8c de Cadenet en partie, 8cc, c'elt-à-dire de 
toutes les terres héréditaires en Provence, dans le Forcalquier 8c en Languedoc, fils 
puîné de Guillaume de Sabran, Comte d'Ariano 8c d'Apici, 8c de Françoife de 

la) La date de ce mariage cit rappelée dans la quittance de la dot reçue par Louis de Sabran, du i5 Avril 
1 3Ô4. (Original en parchemin.) 
\b, Expédition du XVI e fiècle. 
c) Expédition du XVI e fiècle. 



i66- de SABRAN-PONTEVÈS. 774 

Celano, la féconde femme (voir plus haut, p. 1 63), fut Grand Chambellan de la Reine 
Jeanne avant 1.365. Le 19 Avril 1 37 1 , de concert avec fon frère, Elzéar, Évêque de 
Chieti, il adrefla une requête au Souverain Pontife au fujet de certaines terres du 
royaume de Sicile que leur père avait tenues en fief (a). A la fuite de la tranfacîion 
paffée, le 17 Février i3y5, avec fon demi-frère Louis, alors chef de la maifon de 
Sabran, il reçut la moitié du comté d'Anglone, &c, dont les habitants le reconnu- 
rent pour leur feigneur le 29 Juin fuivant (b). Le 19 Avril précédent, il avait reçu 
de fa fouveraine la confirmation de la penfion annuelle de 400 onces d'or, dont 
avaient joui fes père & aïeul (c). Il fut Viguier de Marfeille en i38i, tefta à Forcal- 
quier le 26 Septembre 1 383 (d), & fut inhumé aux Frères Mineurs d'Apt. 

Il avait époufé Ifoarde de Roquefeuil, Dame de Puylobier, fille d'Ilhard & de Ca- 
therine du Puget, & dernier rejeton de la maifon de ce nom, ilfue de Raymond de 
Roquefeuil, fils de Burgundion I er de Trets & d'Ollières, des Vicomtes de Mar- 
feille (e). Devenue veuve, elle époufa en fécondes noces Ifnard-Féraud, Baron de 
Glandevès, Seigneur de Cuers, dit le Grand, Lieutenant général en Provence, fils de 
Guillaume-Féraud de Glandevès & de Louife de Villeneuve, fceur de Sainte Roffo- 
line. Elle tefta à Aix le 17 Septembre 1389. 

De fon premier mariage, elle eut : 

1. Elzéar de Sabran, qui fuit. 

2. Isnard de Sabran, dit de Roquefeuil, héritier univerfel de fa mère. Il était, en 

1390, fous la tutelle dlfnard de Glandevès, le fécond mari de fa mère, & 
mourut jeune. 

3. Jean (f) de Sabran, né pofthume, Seigneur de Puylobier après fon frère Ifnard. 

Il époufa Delfine Gaucelin ou Gaucelm, fille de Béranger Gaucelm, Cheva- 
lier (g), 8c tefta le 14 Octobre 141 5. Elle vivait encore en 1437. De ce ma- 
riage : 

Isnard de Sabran, mort enfant. 

4. Delphine de Sabran, mariée, par contrat du 4 Avril i38o, à Guy, Guinot ou 

Guiraud de Simiane, Seigneur d\Apt, de Cafeneuve, de Gordes, &c, fils de 
Guiraud de Simiane & de Marie de Marseille. Elle tefta le 29 Octobre 1407, 
laiffant de quoi conltruire dans féglife de S. -François d'Apt une chapelle 
en fhonneur de Saint Elzéar de Sabran, fon grand- oncle, 8c fes perles 8c 
pierres précieufes pour la décoration du chef Si des reliques de ce faint (h). 

5. Françoise de Sabran, mariée, entre 1 383 8c 1389, à Jaume de Gantelme, Sei- 

gneur d'Albaron. 

6. Catherine de Sabran, mariée, le 18 Septembre 1389, à Bertrand d'Agoult, 

Seigneur de Calviez, fils de Raimond d'Agoult, Seigneur de Barret 8c de la 
Val-d'Olle.' 

7. Béatrix de Sabran, mariée : i° en Janvier 141 o, à Jacques de Gantelme, ne- 

veu de Jaume, ci-deffus; 2 à Jean Laidet, Seigneur de Sigoyer. 
8 8c 9. Marione 8c Philipone de Sabran, légataires de leur père en 1 383, Si defti- 
nées par lui à être Religieufes à Sainte-Croix d'Aix. 



[a) Original fur papier aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. 

(b) (c) Original en parchemin aux mêmes archives. 

(d) Expédition fur parchemin, datée du 22 Mars 141 9, aux mêmes archives. 

(e) Papon, t. II, p. 5.32. 

(/) Chazot l'appelle à tort Louis & lui donne pour époufe Delfine de Cantelme, remariée dans la maifon de 
Glandevès, ainfi que plufieurs enfants, ce qui conititue autant d'erreurs. 
(g) D. Villevieille, Tréfor généalogique, v" Sabran. 
[h) P. Anfelme, t. II, p. 243. 



775 DE SABRAN-PONTEVES. 167 



XI. DEGRÉ. 

Elzéar II de Sabran, Baron cTAnfouis, Seigneur de Cabrières, de la Salle, de la 
Motte, de Cucuron, Cofeigneur de Bras, de Levens, &c. Le 5 Mars 1400, pour li- 
bérer lbn frère Jean, alors mineur, Seigneur de Puylobier par héritage de Va mère, 
il donna à rente ledit château de Puylobier (a). Le 24 Octobre 1430, il fit faire par 
le Juge cTApt une enquête établiffant fa filiation depuis ion grand-père jufques & y 
compris fes quatre fils (b), & enfuite, le 18 Février 143 1, il donna, à fon fils Al- 
bert, procuration dans le but de recouvrer plufieurs villes & châteaux au royaume 
de Naples (c) ayant appartenu à fon aïeul & à fa defcendance alors éteinte. De- 
venu héritier de fon neveu Ifnard de Sabran, il tranfigea avec la mère de celui- 
ci au fujet de cette fucceiïion, à Marfeille, le 14 Février 1437 (d). 

Il avait époufé, étant encore mineur, par contrat du 16 Mai 1389 (e), Baucette 
de Blacas, fille unique & héritière univerfelle de feu Albert de Blacas, Seigneur 
d'Aiguines, de Chantereine, &c, & de Catherine de Gantelme, Dame de Baudi- 
nard, laquelle tefta en faveur de fa fille le 20 Septembre 1403. 

De ce mariage iffurent : 

1. Louis de Sabran, qui fuit. 

2. Albert de Sabran, Cofeigneur cTAnfouis, Seigneur de Cucuron. Il fuivit 

le Roi Louis III en Italie en 1420 & y refta douze ans. Il époufa enfuite, le 
25 Mai 1432, Léonore de Chateauneuf, fille d'Armand-Guérin de Chateau- 
neuf, Seigneur de Tournel, & de Marquife de Beaufort-Canillac. Il vivait 
encore le 8 Mai 1452, où il était adminiftrateur des biens de fa fille unique : 
Marquise de Sabran, Dame de Cucuron, mariée enfuite à Jean de Cas- 

TILLON. 

3. Jean de Sabran, auteur de la branche des Seigneurs de Baudinard, rapportée 

plus loin (p. 169). 

4. Ermengaud de Sabran, Chevalier de Saint-Jean de Jérufalem avant 1430 (/"). 

XII. DEGRÉ. 

■ Louis de Sabran, Baron d'Anfouis, &c, époufa, le 25 Mai 1432, Marguerite de 
Chateauneuf, fœur aînée de Léonore, ci-detfus. 
De ce mariage : 

1. Guillaume de Sabran, Baron d'Anfouis, marié, le 24 Mars 1460, avec Mar- 

guerite de Forcalquier, fille d'Antoine-Oger de Forcalquier, Seigneur de 
Viens & de Grambois, & de Jeanne d'Agoult (voir plus haut, p. 1 36). Il mou- 
rut fans hoirs. 

2. Hélion de Sabran, qui fuit. 

3. Ermengaud de Sabran, mort avant 1 525. 

4. Jeanne de Sabran, mariée, vers 1460, à Jean de Gay, Officier dans l'armée 

de Louis XI, Chevalier de TOrdre du Roi (g). 

5. Madeleine de Sabran, mariée, en 1472,3 Pierre d'Allamanon. 

{a) D. Villevieille, Tréfor généalogique. 

[b) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevcs. 

(c) Expédition légalifée aux. mêmes archives. 

[d) D. Villevieille, Tréfor généalogique. 

(e) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. 

(0 Enquête faite par le Juge d'Apt au fujet de la filiation d'Elzéarde Sabran, le 24 Octobre i4'3o. 
(g) Pithon-Curt, t. II, p. 38. 



68 DE SABRAN-PONTEVÈS. 7-6 



XIII. DEGRÉ. 

Hélion I er de Sabran, Baron d'Anfouis après fon frère aîné, Seigneur de Vau- 
gine, Cucuron, la Motte, &c, fut au nombre des Députés aux États convoqués à 
Aix, le 9 Avril 1487, pour la réunion de la Provence à la Couronne (a). Il donna, le 
5 Novembre i5oi, à fon coufin Pierre de Sabran, Seigneur de Baudinard, procu- 
ration générale pour fe rendre dans le royaume de Naples & réclamer les biens 
provenant de la fucceffion de leur trilaïeul (b). A la fuite d'une requête adreffée au 
Roi Louis XII, ils obtinrent de ce fouverain, le 7 Août i5o2, des Lettres, datées de 
Milan, ordonnant en leur faveur la reftitution du comté d'Ariano & autres cités dans 
le royaume de Naples (c). Ils furent néanmoins obligés d'engager contre le flfc un 
procès, & le 26 Mars i5o3, Hélion de Sabran céda à fon coufin tous fes droits aux 
biens de leurs ancêtres en Italie (d). Il tefta le 29 Décembre id25, & ne vivait plus 
le 22 Février i53o. 

Il avait époufé : i° par contrat du 20 Janvier 1493 (Bertr. Borrilly, Not. à Aix), 
Catherine d'Aube, fille de Jean d'Aube, Seigneur de Roquemartine, & d'Hélix d'O- 
raison; 2 par contrat du 17 Ocfobre i5o5 (A. Fontefii, Not. à Salon), Catherine 
d'Aube, confine de fa première femme & fille d'Elzéar d'Aube, lequel était fils de 
Thomas d'Aube, Seigneur de Roquemartine. Elle mourut avant 1 525. 

Du premier mariage iffurent : 

1 . Hélion de Sabran, qui fuit. 

2. Alziasse de Sabran, mariée, avant r525, à Baudouin de Barras, Seigneur de 

Mirabeau. Elle tranfigea. avec fon frère le 21 Décembre 1547. 
Du fécond mariage vinrent : 

1. Benoit de Sabran, Prieur de Clumans. 

2. Claude de Sabran, Seigneur de Sanesen i525, reçu Chevalier de Malte en 1 53 1 , 

& qui tranfigea avec fon frère aîné le i5 Mai 1 533 . 

3. Ermengaud de Sabran, dit Esprit, qui tranfigea, le 23 Mai i583, avec fon 

neveu Honoré. De fon mariage avec Delphine Rodulfe, il eut trois filles : 
Claire, Catherine 8c Alexandrine, mortes jeunes. 

4. Eudes de Sabran, Chevalier de Malte. 

5. Andrée ou Andrinette de Sabran, légataire de fon père en 1 5s5 . 

6. Antoinette ou Antononne de Sabran, mariée, par contrat du 18 Avril i52g, 

à Thomas Agar, fils de Foulques Agar, Cofeigneur du Puy-Ricard, 8c de 
Marguerite Bérenger de Peyruis (e). 

7. Philippe de Sabran, mariée, après i525, à Antoine de Rochas, Seigneur d'Ai- 

glun. 

8. Marguerite de Sabran, mariée à Pierre Emeric. 

9. Laudune de Sabran, mariée à Marc Merindol. 

10. Alziasse de Sabran, mariée à Antoine Guigonnet. 

XI V. DEGRÉ. 

Hélion II de Sabran, Baron d'Anfouis, Seigneur de Cucuron, de la Motte, de 
Vaugine, &c, époufa : i° par contrat du 22 Février i53o (Bertr. Juge, Not. à Cu- 

(a) Papon, t. IV, p. g. 

(b) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. 

(c) (d) Original en parchemin aux mêmes archives. 
(e) Expédition du XVI e fiècle aux mêmes archives. 



777 



de SABRAN-PONTEVÈS. 169 



curon), Delphine de Sabran, fille de Pierre de Sabran, Seigneur de Baudinard, & 
de Françoife de Vintimille, & veuve de Thomas de Ferrier; elle tefta le 28 Oc- 
tobre 1364; 2 Catherine de Bouliers, Dame de Vaugine. 
Du premier mariage vinrent : 

1 . Honoré de Sabran, qui fuit. 

2. Melchior de Sabran, Chevalier de Malte en 1546. 

3. François de Sabran, Prieur d'Alcin. D'une alliance inconnue, il avait eu une 

fille, Françoise, qui fut légataire de fa grand'mère en 1564. 
De la féconde union iffut : 
Antoine de Sabran. 

XV. DEGRÉ. 

Honoré de Sabran, Baron d'Anfouis, &c, époufa, par contrat du3oOctobre i5Ô2 
(Martial Bellot, Not. à Lanfon), Marguerite de Forbin, fille de Vincent de Forbin, 
Seigneur de la Fare, & de Catherine Doria. Il fut au nombre des Députés royaliftes 
convoqués à Aix le 8 Mars 1594, fur l'invitation du Comte de Carcès, pour venir 
à bout de la Ligue (a). Il décéda en 1608, 6c elle en 1627. 

De leur mariage vinrent : 

1. Gaspard de Sabran, qui fuit. 

2. Jeanne de Sabran, Dame de Cucuron, mariée, par contrat du 25 Décem- 

bre 1389, à François dé Castillon, Seigneur de Cucuron, fils de feu Louis, 
& de Marguerite de Gérente. Morte à Cucuron le 27 Mars 16 10. 

XVI. DEGRÉ. 

Gaspard de Sabran, Baron d'Anfouis, &c, Viguier de Marfeille en 1604, époufa, 
par contrat du 22 Novembre 1592, Honorade de Papassaudi, fille de Jean de Pa- 
passaudi, Ecuyer, & d'Anne Dalmas. Il tefta le 14 Mai 1614, en faveur de Sextus 
d'Escalis, Baron de Bras, qu'il qualifie de coufin (b), avec fubttitution à Vincent- 
Anne de Forbin-Maynier, & mourut le i3 Mai 1616. 

Il eut de Jeanne Merindol un fils naturel : Etienne. 



BRANCHE DES BARONS DE BAUDINARD. 

XII. DEGRÉ. 

Jean de Sabran, troifième fils d'ELzÉAR II de Sabran, Baron d'Anfouis, 8c de 
Baucette de Blacas (voir plus haut, p. 167), reçut en donation de fa mère, le 27 Jan- 
vier 1435, les lieux & châteaux de Baudinard (l'orthographe ancienne elt Beaudinar), 
Cottelas ou Couttelas & Villeneuve & tout ce qu'elle poffcdait aux lieux de Châ- 

(a) Papon, t. IV, p. 352, note. 

(b) Un arrêt de la cour du Parlement, du i3 Février i633, a reconnu le droit des d'Efcalis-Sabran contefté 
par les Sabran-Baudinard, qui furent déboutés. Les d'Efcalis-Sabran, Barons d'Anfouis, s'éteignirent avec 
Henri, mort à Aix, Préfident au Parlement. Sa fille unique époufa, le 21 Juin 1690, Hyacinthe de Villeneuve, 
qui devint par fon mariage Baron d'Anfouis & de Bras. Il fut l'aïeul de M""' de Sannes en qui s'éteignit la 
famille de Villeneuve-Anfouis. 



Regiflre feptième. 98 



iTO de SABRAN-PONTEVÈS. 77 s 



/ 



teauneuf-Trigance, de Bauduen, d'Aiguines, 8cc. (a). Il tefta le 27 Janvier 1476 (b), 
8c fut inhumé dans l'églife paroiffiale de Baudinard. 

Il avait époufé : i° par contrat du 6 Mai 1439, Phanette d'Agoult, fille de Ray- 
mond d'Agoult, Seigneur de Barret, &c, 8c de Louife de Glandevès (c); elle tefta 
le 6 Août 1441 ; 2 le 9 Janvier 1444, Yolande de Saint-Marcel, fille de François 
de Saint-Marcel, Seigneur de la VaufTière, 8: de Louife de Mévouillon. Elle fur- 
vécut à fon mari. 

Du fécond mariage ifTurent : 

1 . Pierre de Sabran, qui luit. 

2. Elzéar de Sabran, Seigneur de Cabriès, puis Chevalier de Rhodes, mort 

après i5o8. 

3. Louis de Sabran, Chevalier de Rhodes en 1491, que le Roi Charles VIII re- 

commanda au Cardinal Pierre d'Aubuffon, Grand-Maitre de l'Ordre, par 
lettre du 3i Janvier, probablement 1492 (d). 

4. Isabeau ou Elisabeth de Sabran, mariée, par contrat du 29 Novembre 

1489 (e), à Bertrand d'Oraison, Seigneur deClumans. 

5. Marguerite de Sabran, légataire de lbn père. 

XIII. DEGRÉ. 

Pierre de Sabran, Seigneur de Baudinard 8c d'Aiguines, fut au nombre des Dé- 
putés aux Etats convoqués à Aix le 9 Avril 1487 pour la réunion de la Provence 
à la Couronne (/), 8c devint Eçuyer décurie du Roi Charles VIIL II figure parmi 
les témoins au teftament de Jean-Baptifte de Pontevès, Seigneur de Cotignac 8c 
de Carcès, le 10 Octobre 1490 (voir plus haut, p. 32). Chargé, en i5oi, d'une procu- 
ration générale de fon coufin germain, Hélion I er de Sabran, pour réclamer en leur 
nom la reltitution des biens de leurs ancêtres en Italie, il reçut de lui, le 26 Mars 1 5o3, 
le cefïïon de tous fes droits à cet égard. Il fut un des principaux officiers de l'armée 
de François I er en Italie, 8c, à la fuite d'une requête qu'il préfenta au Roi, il obtint 
de lui des Lettres patentes, datées du 16 Janvier 1524, devant Pavie, 8c ordonnant 
aux officiers du royaume de Naples de faire rendre à Pierre de Sabran les biens 
réclamés. Le Roi de France adrelfa, le 20 fuivant, une lettre milîive, dans le même 
fens, au Duc d'Albone, Vice-Roi de Naples, 8c il y qualifie Pierre de Sabran de 
« coufm » 8c de « Duc d'Arian » (g). Dans une fentence d'excommunication pro- 
noncée, le 4 Mars i525, en vertu d'un mandement du Pape Clément VII par l'Ar- 
chevêque de Worms, contre Antoine de Medullion, pour avoir refufé de payer 
600 écus d'or à Pierre de Sabran, celui-ci eft également qualifié de Duc d'A- 
riano (h). 

Il avait fait lbn teftament le 2 Janvier i5o8 (ï), y ajouta un codicille le 8 Octobre 

(a) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. 

(b) Expédition notariée du XVII e fiècle aux mêmes archives. 

(c) Affirmation en reltitution de douaire faite à fes héritiers par Pierre de Sabran, le 23 Avril 1490, à la 
fuite de laquelle elt tranfcrit le contrat de mariage de Phanette d'Agoult. Original en parchemin aux mêmes 
archives. 

(d) Original en parchemin, figné du Roi, daté du Bois de Vincennes le 3i Janvier, fans indication d'année; 
aux mêmes archives. 

(<?) Original en parchemin aux mêmes archives. 
(/) Papon, t. IV, p. 9. 

(g) Copies du temps aux mêmes archives. — Papon, t. IV, p. 47, note. 
(h) Original en parchemin aux mêmes archives. 

(f) Expédition notariée du XVII e fiècle aux mêmes archives. — Il y fit un legs à Melezionne, fa fille na- 
turelle. 



79 



de SABRAN-PONTEVÈS. 



/ 






1 52 1 (a), & ne vivait plus en i53o. Il elt l'auteur d'une Chronique abrégée des Rois de 
Sicile & de leur lignée, imprimée à Avignon en i52o & dédiée au Roi. 

De fon mariage avec Françoife de Vintimille, fille de François de' Vintimille, 
Seigneur de Turriez, & d'Ifabeau de Gérente, il eut : 

i . Louis de Sabran, qui fuit. 

2. Yolande de Sabran, mariée, en 1493, à Alexis de Villeneuve, Marquis de 

Trans, Seigneur de Barrême, qui tefta en 1327. Elle vivait encore en 1 541 . 

3. Delphine de Sabran, mariée : i° après i5o8, à Thomas de Ferrier, Seigneur 

de Sorps, fils de Jean de Ferrier, Cofeigneur de la ville de Riez, & de 
Catherine d'Arcussia-Tourves; 2 par contrat du 22 Février i.53o, à Hé- 
lion II de Sabran, Baron d'Anfouis (voir plus haut, p. 169). Elle tefta le 
28 Octobre i56/\.{b). 

XIV. DEGRÉ. 

Louis de Sabran, Seigneur de Baudinard & d'Aiguines, qualifié de Comte d'Ar- 
rian, tefta le 25 Mars 1 558 (c), & fit un codicille le 3 Octobre fuivant. Il avait 
époufé, par contrat du 27 Octobre 1529 (P. Fabre, Not. à Aups), Antoinette de Ga- 
maches ou Gamages (d), dite de Chevrières, fille de Catelin de Gamaches, Seigneur 
de Sury-lès-Bois, en Berry, & d'Antoinette de Bongards. Elle vivait encore, étant 
déjà veuve, au moment du mariage de fon fils aîné. Ils eurent pour enfants : 

1 . Antoine de Sabran, qui fuit. 

2. Claude de Sabran, auteur de la branche des Seigneurs d'Aiguines, rapportée 

plus loin (p. 177). 

3. François de Sabran, légataire de fon père en i558, mort fans enfants. 

4. Louise de Sabran, mariée, le 16 Février i556, à Louis de Blacas, Seigneur 

d'Aulps, fils de Gafpard de Blacas, Seigneur d'Aulps, 8c de Sibille de 
Pontevès-Sillans (voir plus haut, p. 80). Ils font ancêtres directs des Ducs 
de Blacas. 

5. Antoinette de Sabran, mariée, après 1 558, à Jean de Blacas, Seigneur de 

Thorène, coulin du précédent. 

6. Françoise de Sabran, mariée, en 1 565, à Guillaume de Malespine, Premier 

Conful d'Aix, fils de Laurent de Malespine 8c d'Honorade Aguillinqui. 

7. Blanche de Sabran, mariée, le 2 Mai 1 568, à André de Gautier, Cofeigneur 

de Senez, fils de Louis, Seigneur Baron de Senez. 



XV. DEGRÉ. 

Antoine de Sabran, Baron de Baudinard, Seigneur d'Aiguines & de Villeneuve, 
8cc, Colonel des troupes de Provence, époufa, par contrat du 3 Septembre 1577 
(H. Rigaud, Not. à Barjols), Marguerite de la Garde-Chambonas, fille de Guy de 
la Garde, Seigneur de Chambonas, 8c de Claude de Langlade, 8c veuve de Guil- 
laume de Rognac, dit Alleman. Il tefta le 17 Février 087 8c y ajouta un codicille le 
7 Juillet 1 588 (Bourges, Not. à Baudinard). Il laiffa de fon mariage : 

1. Jean de Sabran, qui fuit. 



{a) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran-Pontevc^. 
{b) Copie collationnée aux mêmes archives. 

(c) Expédition en forme aux mêmes archives. — Il y lit un legs à Agnette, fa fille naturelle. 

(d) Chazot de Nantigny l'appelle « Antoinette Gemages, de la ville de Lion ». — La Chenaye-Desbois fuivi 
par P. Potier de Courcy) la dédouble en deux perfonnes diltincles : Antoinette de Gamaches & Antoinette 
de Chevrières, qu'il fait époufer fucceflivement à Louis de Sabran, ce qui elt une erreur. 



i7 2 de SABRAN-PONTEVÈS. 78o 

2. Catherine de Sabran, mariée, par contrat du 16 Août i6o3, à Gafpard de 

Villeneuve, Seigneur de Clamenfane, fils de feu Pierre de Villeneuve & 
de Honorade de Demandolx. 

3. Claude de Sabran, mariée, le 20 Octobre 1608, à Jean du Buysson, Seigneur 

dudit lieu, de Boutonargues, &c, Capitaine au régiment de Provence, fils 
de Jean-Pierre du Buysson &. de Marie de la Rodde-Séneujols. 

4. Blanche de Sabran, mariée, par contrat du 9 Janvier 161 1, à Paul de Glan- 

devès, Seigneur du Puy-xMichel, fils de feu Hélion de Gl.vndevès. Elle tefta 
le 27 Décembre 1644. 

5. Suzanne de Sabran, mariée à Gafpard de Villeneuve, Seigneur d'Avain. 

XVI. DEGRÉ. 

Jean de Sabran, Baron d'Anlbuis, après la mort de ion coufin Gafpard de 
Sabran, dernier de la branche aînée (a), Baron de Baudinard, &c.,né vers 1 583, 
Viguier de Marfeille en 1626, maintenu dans fa nobleffe par arrêt des CommifTaires 
du Roi, du 27 Janvier 1668; mort à Baudinard le 14 Décembre 1673. Il avait 
époufé, par contrat du 25 Octobre 1620 (Barrillier, Not. au Bar), Marie de 
Grasse, fille d'Annibal de Grasse, Comte du Bar, & de Claire d'Alagonie de 
Meyrargues. De ce mariage : 

1 . Elzéar de Sabran, qui fuit. 

2. Honoré de Sabran, dit le Chevalier de Baudinard, reçu Chevalier de Malte 

en i652. Il tefta le 10 Septembre i656, étant grièvement bleffé, & fut 
inhumé dans féglife de Saint-Antoine à Cafale (Sardaigne). 

3. Claire de Sabran, Religieufe à Riez. 

XVII. DEGRÉ. 

Elzéar de Sabran, Baron de Baudinard, Syndic de la Nobleffe de Provence, 
époufa, par contrat du 20 Novembre i653 (Boutard, Not. à Aix), Elifabeth ou 
Ifabeau de Cabanes de Viens, fille de Balthazar de Cabanes, Baron de Viens, 
Préfident à la Cour des Aides & Chambre des Comptes de Provence, & de Made- 
leine de Vallavoire, & tefta le 8 Juin 1707. Il eut de fon mariage : 

1 . Jean-François de Sabran, qui fuit. 

2. Charles de Sabran, reçu Chevalier de Malte en 1668. 

3. Nicolas de Sabran-Baudinard,reçu Chevalier de Malte en 1674. Il entra enfuite 

dans la marine, devint Capitaine de vaiffeau avant 1709, & tefta à Toulon 
le 3 Mars 1720. Il avait époufé, par contrat du 2 Mai 1701 (Moutton, Not. à 
Toulon), Claire Dasque, fille de feu Antoine Dasque, Commiffaire général 
de la marine, & de Catherine de Ripert. De ce mariage : 

I. Elzéar de Sabran, né à Toulon le 24 Juillet 1703, reçu Chevalier de 
Malte en 1704, légataire univerfel de fon père. 

II. Nicolas de Sabran, frère jumeau du précédent. 

III. François-Elzéar de Sabran, légataire de ion père. 

(a) Malgré le teftament de Gafpard de Sabran, le Parlement de Grenoble rendit, le 3 Juin i<533, un arrêt 
par lequel la baronnie d'Anfouis fut adjugée à Jean de Sabran, avec pouvoir de fe qualifier Baron. & cela en 
vertu du fidéi-commis appofé au teflament d'Hélion I er de Sabran. Baron d'Anfouis, petit-fils d'Elzéar II de 
Sabran, Baron d'Anfouis, 4 e aïeul commun de Gafpard & de Jean de Sabran. Mais antérieurement, le 1 3 Fé- 
vrier 1623, le Parlement d'Aix avait rendu un arrêt en faveur des d'Efcalis (voir plus haut, p. 1691. & les 
Barons de Baudinard finirent par renoncer au titre de Barons d'Anfouis. 



7 8i oe SABRAN-PONTEVÈS. iy3 

IV. Isabeau ou Elisabeth de Sabran, mariée à N. de Grimaudet de 
Montheux. 

4. Balthazar de Sabran, reçu Chevalier de Malte en 1676. 

5. Joseph de Sabran, auteur de la branche de Sabran-Gramont, rapportée plus 

loin (p. 175). 

6. Pierre de Sabran, reçu Chevalier de Malte en 1692, 

7. Michel de Sabran, reçu Chevalier de Malte le i3 Janvier 1693. 

8. Elzéar de Sabran, Docteur en théologie, Sacriftain de féglife cathédrale de 

Vence, qui tefta le 8 Janvier 1721. 

9. Jean-Lambert de Sabran, reçu Chevalier de Malte en 1694. 

10. Claire de Sabran, mariée, en 1680, à Claude de Barcillon, Seigneur de 

Cuébris, fils de Scipion-Jofeph de Barcillon, Seigneur de Roquefort, & de 
Marguerite de Raymond d'Eoux. 

1 1 . Madeleine de Sabran, mariée, en 1688, à Jean-François de Bertet, Seigneur 

de la Clue. 

12. Gabrielle de Sabran, mariée à N. de Pras, Cofeigneur de Carros. 

XVIII. DEGRÉ. 

Jean-François de Sabran, dit le Comte de Sabran & d'Ariano, Baron de Baudi- 
nard, Seigneur de Montblanc & de Villevieille, fut Capitaine de vaiffeau, Chevalier 
de Saint-Louis, & fe diftingua à la défenfe de Toulon affiégé en 1707 par le Duc de 
Savoie & le Prince Eugène (a). Il avait époufé, par contrat du 22 Août 1679 (b), Ifa- 
beau de Glandevès-Montblanc, fille & héritière de feu Charles de Glandevès, Sei- 
gneur Baron de Montblanc, & de Françoife de Demandolx, alors femme de Jean- 
Louis de Sabran, Seigneur d'Aiguines (voir plus loin, p. 178). Il tranfigea avec fes 
frères Nicolas & Jofeph, le 5 Décembre 1709, au fujet de la fucceffion paternelle. 
Il furvécut à fa femme & vivait encore en ij3i. De fon mariage il eut : 

1 . Joseph-Jules-Louis-Maxime-Honoré de Sabran, qui fuit. 

2. Nicolas-Augustin de Sabran, dit le Marquis de Sabran, reçu Chevalier de 

Malte en 1703, Enfeigne de vaiffeau en 1726. 

3. Elzéar de Sabran, reçu Chevalier de Malte en 1704, Capitaine de vaiffeau 

en 1712, Chevalier de Saint-Louis le i er Décembre 1727, tué à l'ennemi 
en 1736. 

4. François de Sabran, reçu Chevalier de Malte en 1709. 

5. Pierre-Bruno, dit le Chevalier de Sabran, reçu Chevalier de Malte en 1714, 

Officier des milices coloniales à Saint-Domingue, Chevalier de Saint-Louis 
le 1 e1 ' Janvier 1733. 

6. CHARLES-HERMÉkÉGiLDE de Sabran, mort à Paris en 1716. 

7. Delphine de Sabran, mariée à Jofeph de Clary de Pontevès. 

8. Ingonde de Sabran, mariée à N... de Broglie, fils de Jean-François de Bro- 

glie, Confeiller à la Cour des Comptes, Aides & Finances de Provence. 

XIX. DEGRÉ. 

Joseph-Jules-Louis-Maxime-Honoré de Sabran, Baron de Baudinard (c), qualifié 
de Comte de Sabran, Seigneur de Montblanc & de Villevieille, né à Aix le 18 

(a) Papon, t. IV, p. 634, note. 

(b) Ce contrat, figné des parties, a été fait à Riez, fans la participation d'un notaire. Original, fur papier aux 
archives de M. le Duc de Sabran-Pontevès. 

(c) Lui & fes defeendants s'intitulaient : des Comtes de Forcalquier & d'Ariano. 



i 74 de SABRAN-PONTEVÈS. 



782 



Mars 1702, Syndic de la Noblefle de Provence, époufa par contrat du 8 Septem- 
bre 1 73 1 (Vaugier, Not. à Aix), Marie-Thérèfe d'Arlatan de Lauris, fille de Jean 
d'Arlatan, Marquis de la Roche, Baron de Lauris, & de Marie-Anne de Vene- 
rosy, & veuve de Pierre-Henri de Puget, Baron de Saint-Marc. Il était Lieute- 
nant des Maréchaux de France en 1759, & mourut à Baudinard le 29 Mai 1781. 
Sa femme tefta le 1 1 Septembre fuivant & décéda le 9 Mars 1786, à Riez. Ils eurent 
de leur mariage : 

1 . Jules-César de Sabran, qui fuit. 

2. Louis-Hector-Honoré-Maxime de Sabran, Évêque & Duc de Laon, Pair de 

France, né au château de Baudinard le 4 Décembre 1739, lucceflivement 
Grand Archidiacre de l'églife de Chartres en 1762, Vicaire général de Char- 
tres en 1763, Grand Vicaire en 1767, Abbé de Joiaphat en 1767, Evêque de 
Nancy & Premier Aumônier de la Reine Marie-Antoinette en 1774, facré 
Évêque de Laon le 26 Avril 1778, Grand- Aumônier de la Reine le 20 Jan- 
vier 1780, Abbé commendataire de Saint-Nicolas-du-Bois (diocèfe de Laon) 
en 1788, Député du Clergé du baillage de Vermandois aux États-généraux 
de 1789. Il émigra d'abord à Bruxelles, puis à Brunfwick, enfin en Pologne 
où il mourut, à Lançuta, diocèfe de Przemysl (Galicie), le 23 Mars 181 1. 

3. Madeleine-Elisabeth -Delphine de Sabran, née à Riez le 11 Mars 1734, d'a- 

bord Religieufe Urluline à Riez, puis Prieure du prieuré de Boran (diocèfe 
de Beauvais), avant 1781. Nommée Abbeffe de Chelles le 5 Juillet 1789, 
après la mort d'Anne de Clermont-Geffan, elle fut la dernière Abbeffe de 
cette célèbre abbaye, fondée au VIP fiècle par fainte Bathilde, femme de Clo- 
vis II, & détruite par la révolution. Elle reçut du Roi Louis XVIII le brevet 
d^ne penfion de 3, 000 livres le 24 Février 1817, & mourut à Narbonne le 23 
Janvier 1820. 

4. Marguerite-Henriette-Garsinde de Sabran, née à Riez en 1736, mariée, par 

contrat du 3i Mars 1765, à François d'Antoine, Comte de Belvédère, Sei- 
gneur de Pontevès, Chevalier de Saint-Louis, Gentilhomme du Duc de 
Parme, fils d'Elzéar d'Antoine & de Marie-Anne de Blacas d'Aulps. Elle 
tefta en faveur de lbn neveu, le futur Duc de Sabran, le 5 Janvier 1802 (an XII), 
ajouta un codicille le 2 Janvier 1809, & mourut à Narbonne le 19 Mars 18 17. 



XX. DEGRE. 

Jules-César, Marquis de Sabran, Baron de Baudinard, Seigneur de Montblanc 
& de Villevieille, Cofeigneur de Pontevès, Sainte-Catherine, Rognette, &c, baptifé 
le 3o Juillet 1735, Lieutenant des Maréchaux de France à Riez en 1786, émigra en 
Efpagne, où il fervit comme Maréchal de camp. Il avait époufé, par contrat du 
i3 Août 17D9 (Auteract, Not. à Montpellier), Anne-Gabrielle de Bremond, fille de 
feu Claude de Bremond & d'Anne Hérault de Bremond. Elle mourut au monaftère 
de Sainte-Marie-Saint-Pierre de Chieti (royaume des Deux-Siciles) le 6 Septem- 
bre i8o3, & lui, à Narbonne le 14 Août 1829. De leur mariage vinrent : 

1. Elzéar-Louis-Zozime de Sabran, qui fuit. 

2. Anne-Thérèse-Joséphine-Eugénie de Sabran, née à Aix le i3 Septembre 1760, 

mariée, le 20 Octobre 1784, à François-Louis-Aimard, Baron de Monteil, 
Baron du Lac, Seigneur de Mattes, Roquefort & Montpezat, Lieutenant gé- 
néral des armées navales, Commandeur des ordres royaux & militaires de 
Saint-Louis & de Saint-Lazare. Elle eft morte à Marfeille le 3o Octobre 1848. 



de SABRAN-PONTEVÈS. i?5 



3. Camille-Geneviève-Pauline-Dauphine de Sabran, née à Aixle 3 Janvier 1764, 

morte le 10 Février fuivant. 

4. Aglaé-Thérèse-Adélaïde-Dauphine de Sabran, née à Aix le 1 6 Décembre 1 766. 

5. Irène-Hélène-Henriette-Françoise de Sabran, née à Aix le 18 Août 1769, 

morte à Naples le 23 Mars i836. 

6. Sabine-Anne-Claire de Sabran, née à Aix le 24 Octobre 1772, morte le i5 

Novembre fuivant. 

XXI. DEGRÉ. 

Elzéar-Louis-Zozime, Comte, puis Duc de Sabran, Baron de Baudinard, né à 
Aix le 3 Janvier 1764, Cadet au régiment Dauphin (cavalerie) le 3i Octobre 1781, 
Sous-Lieutenant le 7 Juillet 1789, émigré en 1791, Aide-de-Camp du Comte d'Ar- 
tois à l'armée des Princes en Juin 1792, & Capitaine à la fuite de la cavalerie par 
brevet du 20 Novembre fuivant, daté de Liège. Volontaire au fervice de l'Efpagne 
en 1794, puis attaché comme Officier à l'État-Major général du Capitaine général 
de la Catalogne (1795-1808). Chevalier de Saint-Louis le i er Janvier 1795, Maréchal 
de camp le 9 Novembre 18 14, Commandant fupérieur à Neuf-Brifach le 3o Décem- 
bre fuivant, envoyé en million à Madrid le 25 Avril 181 5, commanda enfuite fuc- 
ceffivement les départements de la Haute-Garonne (10 Août 181 5), de la Drôme (18 
Septembre 181 6), des Pyrénées-Orientales (16 Avril 181 7). Comte 8c Pair de France 
le 17 Août 181 5, il devint Lieutenant général le 3o Juillet 1823, Commandeur de 
Saint-Louis le 23 Mai 1825, Duc héréditaire par ordonnance du 3o Mai 1 825, Che- 
valier de la Légion d'honneur le 29 Octobre 1826. Il prit fa retraite en i83o, 8c mou- 
rut à Marfeille le 22 Janvier 1847, dernier rejeton de fon illuitre maifon (a). 

Il avait époufé, le 25 Novembre 18 18, Victorine-Amélie-Antoinette de Pontevès- 
Bargème, fille de Jean-Céfar, Marquis de Pontevès, Vicomte de Bargème, Seigneur 
de Tournon, 8cc, 8c de Jeanne-Pauline-Antoinette de Castellane-Mazaugues (voir 
plus haut, p. 47). 

N'ayant point eu d'enfants de ce mariage, le Duc de Sabran adopta, le 1 6 Août 1 832, 
deux coufins de la femme, Edouard 8c Léonide de Pontevès-Bargème, frères jumeaux, 
en faveur defquels il avait obtenu, le 18 Juillet 1828, une ordonnance royale les 
fubftituant aux nom, armes 8c pairie ducale de Sabran. La Ducheffe de Sabran les 
adopta à fon tour, en vertu de l'arrêt de la Cour d'Aix, du 29 Juillet i858. Elle dé- 
céda le 3 Mars 1862, au couvent des Dames Trinitaires de Sainte-Marthe (banlieue 
de Marfeille), dont, devenue veuve, elle avait pris l'habit fous le nom de Marie-Sainte- 
Delphine. 

(Pour la continuation de la maifon de Sabran, voy. p. 5o 8c fuivantes.) 



BRANCHE DE SABRAN-GRAMONT. 

XVIII. DEGRÉ. 

Joseph 1 er de Sabran-Baudinard-Gramont, qualifié de Vicomte de Forcalquier 
8c d'Ariane, cinquième fils d'ELZÉAR de Sabran, Baron de Baudinard, 8c d'Ifabeau 

(a) Le Duc de Sabran, à L'exemple de les ancêtres, portait les armoiries fuivantes : Ecartelé : aux 1 S 4, de 
Gueules à la Croix de Touloufe d'Or, qui efl de Forcalquier ; aux 2 & 3, d'Azur au Rucher de trois pointes 
de Sable, celle du milieu fupérieure,fitrinontée d'une 11 toile d'Or, qui eft d'Ariano ; fur le tout : di Sai 



de Cabanes (voir plus haut, p. 172), né en 1670, reçu Chevalier de Malte en i685 
& appelé alors Chevalier de Bagnols, devint enfuite Capitaine-Lieutenant d'une 
compagnie franche, & époufa, le 17 Janvier 1702, à Montfort (diocèfe de Lec- 
toure), Jeanne-Marie du Bouzet, Dame deRoquépine, fille de Guillaume du Bouzet 
& de Marguerite de Fourrier de Seguinville. Il fut légataire de fon frère Elzéar 
en 1722. De fon mariage iffurent : 

1 . Joseph de Sabran, qui fuit. 

2, 3 & 4. Isabeau (ou Elisabeth), Jeanne (ou Anne), vivantes encore en 1722, 

& Madeleine de Sabran, née le 2 Octobre 1704, toutes trois décédées fans 
alliance. 

XIX. DEGRÉ. 

Joseph II de Sabran-Gramont, dit le Comte de Sabran, né en 1702, Garde-Ma- 
rine en 171 8, Garde du pavillon en 1727, Enfeigne de vaiffeau en 1 73 1 , Aide-Ma- 
jor en 1738, Chevalier de Saint-Louis le i cl Janvier 1742, Lieutenant de vaiffeau 
en 1746, Capitaine de vaiffeau en 1748, Chef d'efcadre le i er Octobre 1764, Com- 
mandeur de l'Ordre de Saint-Louis le i er Janvier 1773, Lieutenant général des 
armées navales le 4 Novembre 1774. Il occupe une belle page dans l'hiftoire de 
la marine françaife par fa conduite héroïque au combat de Sancta Maria ou de 
Lagos, furies côtes du Portugal, le 17 Août 1759, où il commandait le vaiffeau le 
Centaure. Sans voiles ni agrès 8: avec onze pieds d'eau dans fa cale, ce vaiffeau 
tint jufqu'à la dernière extrémité pour protéger la retraite de fefcadre françaife : 
le commandant ne fe rendit qu'après avoir épuifé fes munitions & chargé fon der- 
nier canon avec fon argenterie. Louis XV le félicita de cet exploit devant toute 
la Cour. Le Comte de Sabran mourut à Paris le 1 1 Juin 1775, le jour même du 
facre de Louis XVI. 

Il avait époufé, en 1768, Françoife-Éléonore Dejean de Manville, née à Paris 
le 3 Mars 1749, fille de Charles-Claude Dejean, Seigneur de Manville, & de Ge- 
neviève-Éléonore Mignot de Montigny, fa première femme. Elle fut admife aux 
honneurs de la Cour le 2 Février 1769. Après vingt-deux ans de veuvage, elle le 
remaria, en Mai 1797, à Breflau, à Staniilas-Jean, Marquis de Boufflers, ancien 
Lieutenant général des armées du Roi, Gouverneur du Sénégal, Membre de l'A- 
cadémie françaife, mort en i8i5. Elle décéda à Paris le 27 Février 1827 [a). De 
fon premier mariage elle eut : 

1. Louis-Marie-Elzéar de Sabran, qui fuit. 

2. Louise-Delphine-Eléonore-Mélanie de Sabran, née à Paris & baptifée à 

Saint-Roch le 18 Mars 1770, mariée, à Anify, le 3i Juillet 1787, à Armand- 
Louis-Philippe-François, Comte de Custine, fils d'Adam-Philippe, Comte 
de Custine, Général en chef de l'armée du Rhin en 1792 (dont il fut alors 
Aide de camp), & d'Adélaïde-Louife-Céleffe Gagnât de Logny. Il fut déca- 
pité le 3 Janvier 1794, & elle décéda en Suiffe le 29 Juillet 1826 (b). 

(a) Son portrait, peint par M me Vigée-Le Brun, a été gravé par Rajon, pour l'ouvrage intitulé : Corref- 
pondance inédite de la Comteffe de Sabran & du Chevalier de Boufflers, 1 778-1 788, recueillie & publiée par E. 
de Magnieu & Henri Prat (Paris, Pion, 1875, in-8). — M. Paul Prat a publié un fécond recueil de Lettres 
du Chevalier de Boufflers à la Comteffe de Sabran (Paris, Pion, 1 891 , in-8). — M. Pierre de Croze a conti- 
nué la biographie de ces deux perfonnes au moyen de leur correfpondance , qu'il intercala dans un commentaire 
intéreffant : le Chevalier de Boufflers & la Comteffe de Sabran, 1788-1792 (Paris, Calmann-Lévy , 1894, 
in-8). 

(b) Elle a été l'objet d'un livre magiftral : Madame de Cujline, par M. Bardoux., Sénateur (Paris, Calmann- 
Lévy, 1888, in-8). 



:85 



de SABRAN-PONTEVÈS, 177 



XX. DEGRÉ. 

Louis-Marie-Elzéar, Comte de Sabran, né à Paris le 18 Mai 1774, émigra avec 
fa mère & rentra en France en 1800. Compromis fous le premier empire par fes 
relations avec M mo de Staël, il fut enfermé, en i<Si3, au donjon de Vincennes, d'où 
il ne fortit que pour être exilé à 5o lieues de Paris. Il mourut à Fonds-de-Saint- 
Léger, près de Saint-Germain en Laye, le 5 Septembre 1846, fans avoir contracté 
d'alliance [a). PafTionné, dès fon enfance, pour la poéfie & le théâtre, il compofa 
des drames, des tragédies, des poèmes & des pièces de vers de circonftance, qui 
font demeurés inédits. 



BRANCHE DES SEIGNEURS D'AIGUINES. 

XV. DEGRÉ. 

Claude de Sabran, Seigneur d 1 Aiguines & de Chantereine, fécond fils de Louis 
de Sabran, Baron de Baudinard, & d'Antoinette de Gamaches de Chevrières (voir 
plus haut, p. 171), époufa, par contrat du i3 Juin 1377, Sibille de Castellane-Sa- 
lernes, fils d'Alexis de Castellane, Seigneur de Salernes, & de Catherine de Pon- 
tevès (voir plus haut, p. 60). Il devint veuf avant 1597. De ce mariage : 

1 . César de Sabran, Seigneur d'Aiguines & de Chantereine, marié, par contrat 

du 10 Novembre 1397 (J. Bernard, Not. àTourtour), à Victoire d'Albertas, 
fille de feu Gafpard d'Albertas & de Claude de Blacas. Il mourut entre 1626 
& i633, fans poftérité. 

2. Honoré de Sabran, qui fuit. 

3. Antoine de Sabran, auteur de la branche des Seigneurs de Sardon, rap- 

portée plus loin, p. 1 83. 

4. Marc-Antoine de Sabran, auteur de la branche des Seigneurs de Sallepe- 

rine, rapportée plus loin, p. 1 83. 

XVI. DEGRÉ. 

Honoré de Sabran, Seigneur de Canjuers (ou Canjuès), & en partie de Rou- 
moules(diocèfe de Riez) & du Biofc, époufa, par contrat du 3o Août 1604 (Pons, 
Not. à Roumoules), Anne de la Tour, fille d'Honoré de la Tour, Seigneur de Rou- 
moules, & de Louife Malard. Étant fur le point de faire un voyage en Italie pour 
le fervice du Roi, il teita le 1 1 Janvier 1626 (Pierre Robin, Not. à Roumoules), & 
mourut avant i63o. Elle teita le 6 Février 1647 (Bertrandy, Not. à Riez), 8: fut 
inhumée dans la cathédrale de Riez. De leur mariage vinrent : 

1 . Charles de Sabran, qui fuit. 

2. Marc-Antoine de Sabran, auteur de la branche des Seigneurs du Biosc, 

rapportée plus loin, p. 179. 

[a) Par fon teftament du 18 Mai 1842, il légua tous fes papiers à Marie-Erneft, Vicomte de Magnieu, en le 
chargeant de publier la correfpondance de fa mère avec le Chevalier de Boulflers. Cette recommandation n'a 
été réalifée, & partiellement encore, comme on l'a vu plus haut, qu'en 1875. M. de Magnieu donna une partie de 
ces papiers à fon collaborateur M. H. Prat, & légua le refte au Comte Charles de Rcffcguier, qui en ht don à 
fon tour, en 1889, au Colonel Gibert. C'elt de cette double fource que M. P. de Croze a tiré la fubftance de fon 
ouvrage, qui comprend auffi une biographie du Comte Elzéar de Sabran. 



Regijlre fepticme. 99 



i7 8 de SABRAN-PONTEVÈS. ^ 

3. César de Sabran-Canjuers, reçu Chevalier de Malte en 1628. 

4. Éléonore de Sabran, baptifée à Aix le 18 Mai 161 3. 

5. Sibille de Sabran, Religieufe Urfuline, qui tefta le 2 Mai 1624, en faveur 

de fa mère, 8c ne vivait plus en 1626. 

6. Gabrielle de Sabran, mariée, à Riez, le i3 Février i635, à Jean Fabre, 

Seigneur de Mazan 8c de Pontfrac, fille de Pierre, 8c de Françoife Albert 
de Régusse. 

7. Angélique de Sabran, légataire de fon père 8c de fa mère, Religieufe Urfu- 

line. 

XVII. DEGRÉ. 

Charles de Sabran, Seigneur de Canjuers 8c de Roumoules, puis d'Aiguines 
8c de Chantereine, par lucceffion de Céfar de Sabran, fon oncle. Il fe diftingua à la 
prife de TiledeLérinsen 1637 (a), 8c fut maintenu dans fanobleffe par arrêt des Com- 
miffaires du Roi, du 27 Janvier 1668. 11 avait époufé, par contrat du 28 Août i633 
(Bertrandy, Not. à Riez), Marguerite de Monier-Chateaudeuil, fille de Jean-Louis 
de Monier, Seigneur de Chàteaudeuil, Préfident à mortier au Parlement de Pro- 
vence, 8c d'Anne de Garron. Il tefta le 25 Juin 167 1 (P. Cogordan, Not. à Ai- 
guines). De leur mariage iffurent : 

1. Jean-Louis de Sabran, qui fuit. 

2. César de Sabran, Chanoine 8c Capifcol de la cathédrale de Riez, nommé 

Évêque de Glandèves le 3 Juin 1702-, mort à La Sedz le 19 Juin 1720, après 
avoir tefté le 1 1 Mars précédent. 

3. Jean de Sabran, reçu Chevalier de Malte en i658, Capitaine des galères de 

la religion en 1684. Il tefta le 22 Janvier 1699. 

4. Elzéar de Sabran, reçu Chevalier de Malte en i658. Capitaine des galères 

de l'Ordre, mort Commandeur. 

5. Madeleine de Sabran, mariée, le 10 Février 1657, à Jean de Castellane, 

Seigneur d'Efparron, fils de Pierre, 8c de Madeleine de Castellane- 
Maj astres. Elle mourut en 1674. 



XVIII. DEGRE. 

Jean-Louis de Sabran, Seigneur de Canjuers, d'Aiguines 8c de Chantereine, 
Confeiller du Roi 8c fon Sénéchal au liège 8c reffort de Digne, époufa : i° par 
contrat du i3 Juillet 1 655 (Cogordan 8c Potevin, Not. à Aiguines), Julie de Ponte- 
vès, fille de Louis de Pontevès, Seigneur de Saint-Ferréol, 8c d'Anne d'Albertas 
(voir plus haut, p. 62); elle tefta le 29 Mai 1669 (Pons Cogordan, Not. à Aiguines); 
2 par contrat du 7 Mars 1671 (Aruel, Not. à Riez), Françoife de Demandolx, 
fille de Jean de Demandolx, Viguier de Marfeille, 8c d ifabeau de Raymondis d'Eoux, 
8c veuve de Charles de Glandevès, Baron de Montblanc. Il paffa, le 14 Novembre 
i685, une tranfaction avec fes frères Jean & Elzéar, Chevaliers de Malte, 8c vivait 
encore le 22 Novembre 1695. De fon premier mariage il eut : 

1. Louis de Sabran, qui fuit. 

2. César de Sabran, légataire delà mère en 1669, mort jeune. 

3 8c 4. Anne-Marguerite-Delphine-Madeleine-Aimare de Sabran 8c Claire 
de Sabran, légataires de leur mère. 

(a) Papon, t. IV, p. 4S5. 



7 8 7 de SABRAN-PONTEVÈS. 179 

Du fécond lit l'ont ilfus : 

1. César de Sabran, Seigneur de Canjuers & de Chantereine, né en 1674, 

Lieutenant de galères en 171 3, Chevalier de Saint-Louis en 17 12, mort le 
3o Avril 1732. Il avait vendu la feigneurie de Chantereine le 6 Février 
1720. De fon mariage avec N. Fabre de Mazan-Pontfrac, il eut : 
Balthasar de Sabran, Chanoine-Comte de Saint-Victor de Marfeille, 
vivant en 1768. 

2. Elzéar de Sabran, né en 167D, Lieutenant de vaifleau en 1703, Chevalier 

de Saint-Louis le 28 Juin 1718, après vingt-fept ans de fervices; bleffé à la 
jambe d'un coup de moufquet à la defcente de Gènes & amputé; mort 
en 1747. 

3. Thérèse de Sabran, mariée, en 17 14, à Pierre d'Aymini, Officier de vaifleau 

à Toulon, fils de Jofeph d'Aymini 8c de Marie Richieu d'Argens (a). 

4. N. de Sabran, mariée à Calilte de Villevieille. 

XIX. DEGRÉ. 

Louis de Sabran, Seigneur d'Aiguines, Sénéchal de Digne en 1722, époufa, 
par contrat du 29 Juillet 1 683 (Graffeau, Not. à Aix), Claire de Micaelis, fille de 
Jean-Auguflin, Confeiller au Parlement, 8c de Marie de Boyer d'Aiguilles, 8c 
veuve de Laurent de Pontevès, Vicomte de Giens (voir plus haut, p. 71). Il 
mourut fans pofrérité (b). 



BRANCHE DES SEIGNEURS DE BIOSC. 

XVII. DEGRÉ. 

Marc-Antoine de Sabran, Seigneur de Canjuers, de Biofc ^ de Beauregard, 
fils puîné d Honoré de Sabran 8c d'Anne de la Tour (voir plus haut, p. 177), ac- 
quit la terre d'Aiguines de fon frère Charles le 29 Décembre i63g (acquifition qui 
n'eut pas de confécration définitive), puis celles de Biofc Sl de Beauregard, du Sieur 
de Caftellane, le iq Septembre i658. A Toccafion de cette dernière acquifition, il 
obtint de Louis XIV, le 3i Décembre fuivant, des lettres patentes le déchargeant 
des droits de lods, en confidération des fervices qu'il avait rendus au Roi c . 
Il avait époufé : i° par contrat du 3 Février i636 (Robin 8c Afofly, Not. à 
Roumoules), Madeleine de Gaffarel, fille de Mathieu de Gaffarel, Ecuver, 
de Moue, 8c de feue Marguerite de Monier, de la ville d'Aix; elle était veuve de 
Gafpard de Parilis, Confeiller du Roi, Lieutenant des Submiflions au fiège de 
Forcalquier; 2° par contrat du 4 Août 1664, avec Anne de Gasqui-Brégansson, 
fille de feu Honoré de Gasqui, Seigneur 8c Gouverneur de Bréganflbn, 8. de 
Marguerite de Castellane-Montmeyan. Il céda les terres 8c feigneuries de Beau- 
regard 8c de Biofc, le 8 Mars 1673, à fon fils unique, iffu du premier mariage : 

Elzéar de Sabran, qui fuit. 

(a) Pithon-Curt, t. I. p. 22. — D'Hozier, Armoriai général de France, II" Reg., art. Aymini. 

(b) Chazot de Nantigny ne lui donne pour femme que Noble de Savignon, de Marfeille, dont nous ne trou- 
vons mention nulle part ailleurs. 

(c) Original en parchemin aux archives de M. le Duc de Sabran Ponu 



8o DE SABRAN-PONTEVÈS. 



XVIII. DEGRE. 

Elzéar ouElzias de Sabran, Seigneur de Canjuers, de Biofc 8c de Beauregard, 
né vers 1644, émancipé par fon père le 19 Mars 1669, après avoir atteint fa vingt- 
cinquième année (Goffendy, Juge à Riez); époufa, à Brignoles, le 7 Février 1672, 
Madeleine de Requiston, fille de Balthafar de Requiston, Seigneur de la Foreft, 
d'Alons & de Roquebrune, 8: de Lucrèce-Thérèfe deColonia. Deux jours après, 
étant fur le point de s'en aller faire la campagne de Flandre pour le fervice du 
Roi, il fit fon teltament (Nonnet, Not. à Brignoles). Il mourut avant 17 14, & fa 
femme lui furvécut. De leur mariage vinrent : 

1. Elzéar-Balthasar de Sabran, né le 22 & baptifé à Brignoles le 24 Mars 

1676, mort enfant. 

2. André de Sabran, qui fuit. 

3. Joseph de Sabran, Officier d'infanterie, chargé de la procuration de fon père, 

le 2 Octobre 1700, pour les affaires de la fucceffion de fon grand-père Marc- 
Antoine. 
4 & 5. Jacques & Charles de Sabran, Officiers de marine, morts fans pof- 
térité. 

6. Jean-Honoré de Sabran, dont la poftérité fera rapportée plus loin. 

7. Gaspard de Sabran, dont la pojlérité fera rapportée à la fuite de celle du 

précédent. 

8. Hélène de Sabran, mariée, le 19 Juillet 17 14, à Jean-Jacques de Montes- 

quiou, Marquis de Saintrailles, fils de Jean- Jacques, & de Marie-An- 
gélique de Montpezat. Elle décéda en 1746. 

9 & 10. Delphine & Catherine de Sabran, mortes fans alliance. 

11. Madeleine de Sabran, mariée à Gafpard Fabre, demeurant à Marfeille, 
fans enfants en Juillet 1725. 



XIX. DEGRE. 

André de Sabran, Seigneur de Biofc 8c de Beauregard, dit le Comte de Sabran, 
Capitaine au régiment de Touloufe en 1714, marié : i° en 1703, avec Marie-Anne 
de Granfils; 2 avant 1724, avec Henriette Melline. Du premier mariage font 
iffus : 

1. André-Antoine de Sabran, qui fuit. 

2. Pierre de Sabran, mort Lieutenant d'infanterie. 

3. Catherine-Hélène de Sabran, née le 12 Mai 171 2, 8c admife à l'École 

royale de Saint-Cyr en 1723, après avoir fait les preuves de nobleffe 
devant d'Hozier. Elle prit enfuite le voile 8c devint Abbefie de l'abbaye 
royale d'Origny-Sainte-Benoîte, en Vermandois (diocèfe de Laon) en Dé- 
cembre 1753, 8c mourut en 1778 (a). 

Du fécond mariage vint : 

Angélique-Antoinette de Sabran, née le 3i Janvier 1724. 

(a) Son oraifon funèbre a été prononcée le i3 Décembre 1778 par le R. P. Mefurolle :Saint-Quentin. 1 - 
in-4°). Il exifte d'elle un portrait figné par Chevalier & daté de 1 764. Elle portait Écartelé de Forcalquier & de 
Sabran. Pendant la Terreur, cette abbaye tut livrée au lac & au pillage; le corps de TAbbeffe de Sabran. ar- 
raché de fon cercueil, était traîné facrilègement par les cheveux dans les rues d'Origny. (Ch. Gomart. Ori- 
gny- Sainte-Benoîte & fon abbaye; Saint-Quentin, 1869, in-12.) 



7§9 



de SABRAN-PONTEVÈS. 



i8i 



XX. DEGRÉ. 

André-Antoine de Sabran, Seigneur de Biofc, dit le Vicomte de Sabran, né le 
7 Novembre 1705, Meure de camp de cavalerie en 1746, Major & Infpecteur de 
gendarmerie en 1757, Brigadier des armées du Roi en 1759, Chevalier de Saint- 
Louis le 25 Avril 1746, mort à Paris le 18 Décembre 1786, fans poftérité de lbn 
mariage avec Marie-Julie de la Jaille, qu'il avait époufée en Février 1746, & 
qui décéda à Paris le 23 Décembre ij55, âgée de 45 ans. 



XIX. DEGRE. 

Jean-Honoré de Sabran, dit le Comte ou le Marquis de Sabran, puis qualifié 
de Comte de Forcalquier, Vicomte de Maffat, Baron de la Roque, &c, Cham- 
bellan de S. A. R. le Duc de Lorraine, puis Premier Chambellan du Duc d'Orléans, 
Régent du royaume; mort à Paris en Janvier 1750. Il avait époufé, par contrat du 
i3 Juillet 1714 (Foucault 8c Liévin, Notaires au Châtelet de Paris), Louife-Char- 
lotte de Foix, fille de feu François-Gafton de Foix, Marquis de Fournaix, Comte 
de Rabat, & de Dorothée-Théodore de Podenas de Villepinte, fa troilième 
femme. Elle mourut à Paris le 3i Mars 1768. De leur mariage vinrent : 

1. Elzéar-Gaston-Louis de Sabran, qui fuit. 

2. Charlotte-Elisabeth-Philippine de Sabran, née à Paris le 11 Novem- 

bre 171 5, baptifée le 25 Juin 1716, à Saint-Euftache, ayant pour parrain le 
Régent & pour marraine, la Ducheffe de Lorraine. 

3. Hélène-Louise-Madeleine, née à Paris le 18 Août 1718, mariée, le 27 Fé- 

vrier 1737, à Charles-Michel-Anne d'Arcussia, Baron de Fos, Capitaine au 
régiment de Piémont, fils de Charles-Michel d'Arcussia, Seigneur de Boif- 
vert, & de Madeleine de l'Isle. Elle fut préfentée à la Cour en Mars 1737, 
& mourut à Marfeille le 7 Octobre fuivant. 

4. Hélène-Madeleine-Louise de Sabran, née à Paris le 18 Août 1721, morte à 

Paris le 23 Février 1722. 

5. Marie-Anne de Sabran, née à Paris le i3 Novembre 1722. 



XX. DEGRE. 

Elzéar-Gaston-Louis-Marie, Marquis de Sabran, né en 171 7, Colonel du ré- 
giment de Condé (infanterie) le 6 Janvier 1741, tué à la bataille de Dettingen le 
27 Juin 1743. Il avait époufé, par contrat des 10 8c 12 Janvier 1741 (Bruchant 8c 
Roger, Notaires au Châtelet de Paris), Charlotte-Marie-Agathe-Françoife de Coet- 
logon, fille de Charles-Élifabeth, Comte de Coetlogon, Seigneur de RohTy, en 
Brie, 8c de Marie-Catherine-Françoife de Vétéris, Dame du Reveft, en Provence. 
Elle eut en dot la moitié des feigneuries de Romilly 8c de Nilly-fur-Seine, du fief 
des Granges, &c; fut Dame d'honneur de S. A. R. la Ducheffe de Chartres 8c 
mourut à Paffy le 14 Juillet 1748, lahTant de fon mariage,: 

Louis-Auguste-Elzéar de Sabran, qui fuit. 

XXI. DEGRÉ. 

Louis-Auguste-Elzéar, Comte de Sabran, Marquis de Fournaix, Vicomte de 
Maïfat, Baron de la Roque, 8cc, né à Paris le 19 Janvier 1743, baptifé au 



82 DE SABRAN-PONTEVÈS. 



■90 



château de Saint-Cloud le 22 Août 1745, ayant pour parrain 8: marraine 
M ur le Duc et M œe la Duchelle de Chartres , fut Guidon de gendarmerie , 
Aide de camp de S. A. R. le Prince de Condé dans les campagnes de 176 1 & 
1762, puis Officier au régiment de Chartres (cavalerie) , Chevalier de Saint- 
Louis le 25 Novembre 1773, Brigadier- Colonel du régiment du Cap à Saint- 
Domingue le 5 Janvier 1780, Brigadier des armées du Roi le 10 Mars fuivant, 
Maréchal de camp le i cr Janvier 1784. On ignore la date de fon décès. 11 avait 
époufé, par contrat paffé à Verfailles, à l'égard' de Sa Majelté & de la famille royale, 
les 14 & i5 Février, &:, à l'égard des parties contractantes, à Paris, le 18 Fé- 
vrier 1762 i.Fournel & Bricante, Not. au Châtelet), Marie-Antoinette-Elifabeth 
Coste de Champeron, fille de feu Jofeph-Alexandre Coste de Champeron, Che- 
valier, Seigneur de Soupire, &c. , & de Marie-Geneviève Terré. Elle fut reçue 
le mois fuivant aux honneurs de la Cour, & à cette occafion Beaujon, Généalo- 
gitte des Ordres du Roi, dreffa un mémoire fur la maifon de Sabran. De leur 
mariage vint : 

Louise-Marie-Delphine de Sabran, née en 1778, morte à Paris le 7 Juin 1782. 



XIX. DEGRÉ. 

Gaspard de Sabran, qualifié officiellement de Comte de Sabran ou de Forcal- 
quier, puis de Marquis de Sabran, né le 2 Mai 1693; nommé Exempt aux Gardes 
du corps de la DuchefTe de Berry le 6 Novembre 171 5, puis Lieutenant au 
régiment de Chartres (cavalerie) ; reçu Chevalier de juftice dans l'Ordre royal 
militaire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel 6c de Saint-Lazare le 16 Mars 1716, 
Capitaine réformé à la fuite du régiment de Chartres le 10 Novembre fuivant, 
Lieutenant des Gardes du corps de la Ducheife de Berry le I er Octobre 171 7, 
Meure de camp réformé à la fuite du régiment de Chartres le 18 Août 17 19, Capi- 
taine au régiment de cavalerie de Saint-Simon en 1727, Mettre de camp au régi- 
ment de cavalerie de fon nom le 16 Avril 1738, Brigadier des armées du Roi le 
i cr Janvier 1740, Chevalier de Saint-Louis. 11 avait époufé, le i cr Janvier 1719, 
Marie-Louife Regnault, fille d'Ifaac Regnault, Tréforier des Gabelles de France 
& Fermier général, & de Françoife Moreau (a). De ce mariage : 

1. Isaac-Elzéar, Comte de Sabran, né le 28 Septembre 1720, Cornette dans le 

régiment de Saint-Simon le 3i Mars 1734. Capitaine le 26 Août 1738. tué à 
l'affaire du Thin, dans la retraite de Frauenberg (Bohême;, en 1742. 

2. Louis-François de Sabran, qui fuit. 

XX. DEGRÉ. 

Louis-François, Vicomte, puis Marquis de Sabran, né le 17 Février 1 73 1 , Ca- 
pitaine des gendarmes d'Orléans le 5 Novembre 1758, Chevalier de Saint-Louis 
le 25 Février 1738, bleffé grièvement à la bataille de Minden le 1 e1 Août 1759, & 
fait prifonnier de guerre; Mettre de camp de cavalerie en 1768, Brigadier des 
armées du Roi le 3 Janvier 1770. Il époufa, cette année même, Marie-Madeleine 
Charlet d'Esbly, fille de feu Louis-Henri Charlet, Chevalier, Seigneur d'Esbly, 

iai M me Regnault poiTéJait une précieufe collection de bijoux & de tapilïeries qui fut vendue aux enchères 
en 1743. Le catalogue en tonne un volume in-folio, de 3oo pp. 



79i 



de SABRAN-PONTEVÈS. 1 83 



Préfident aux Enquêtes au Parlement de Paris, & d'Élifabeth-Charlotte Bédé de 
Fougerais, & mourut fans poftérité. 



BRANCHE DES SEIGNEURS DE SARDON. 

XVI. DEGRÉ. 

Antoine de Sabran, Seigneur de Sardon, troifième fils de Claude de Sabran, 
Seigneur d'Aiguines, 8: de Sibille de Castellane-Salernes (voir plus haut, p. 177), 
époufa, par contrat du 3o Octobre 161 8 (Bonard, Not. à Riez), Louife de Ferrier, 
fille de Jules de Ferrier & de N. Rondelet. 

De ce mariage : 

Claude de Sabran, qui fuit. 

XVII. DEGRÉ. 

Claude de Sabran, Seigneur de Sardon, fut maintenu dans fa nobleffe par arrêt 
des Commiffaires députés par le Roi, du 27 Janvier 1668. Il époufa, par contrat du 
19 Décembre 1664 (André, Not.), Anne de l'Église, fille de Thomas-Etienne de 
l'Eglise, Seigneur de Melan. De ce mariage : 

1. Pierre de Sabran, reçu Chevalier de Malte en 1 685 . 

2. Charles de Sabran, Enfeigne de vaiffeau le i cr Janvier 1696, Chevalier de 

Saint-Louis le 23.,Septembre 1727, mort fans alliance. 



BRANCHE DES SEIGNEURS DE SALLEPERINE. 

XVI. DEGRÉ. 

Marc-Antoine de Sabran, Seigneur de Salleperine, quatrième fils de Claude de 
Sabran, Seigneur d'Aiguines, & de Sibille de Castellane-Salernes (voir plus 
haut, p. 177), fut maintenu dans fa nobleffe, avec fon fils, par arrêt des Commiffaires 
députés par le Roi, du 27 Janvier 1668 (a). Il époufa, par contrat du 10 Janvier 
16 14, Françoife de Demandolx-Trigance, fille de Melchior de Demandolx, Sei- 
gneur de Trigance, 8c de Diane de Villeneuve. De ce mariage : 

1. César de Sabran, qui fuit, 

2 8: 3. Antoine & Jean de Sabran, reçus Chevaliers de Malte en 1649. 

XVII. DEGRÉ. 

César de Sabran, Seigneur de Salleperine, époufa, par contrat du 4 Septembre 
i658 (Roubaud, Not. à Aups), Marguerite d'Arp.aud, fille de François d'Arbaud, 

[a) Un Jean-Baptijle de Sabran, de la ville d'Arles, qui vifiblement n'appartient pas à cette maifon, fut con- 
damné, le 14 Avril r668, a une amende de 3<>o livres, pour s'c'tre qualifié Noble & Ecuyer & n'avoir pas j 
fa noblelfe. 



8 4 



de SABRAN-PONTEVÈS. 



79 2 



Seigneur de Saint-Jean-de-Brefc, & de Marguerite de Fabri-Fabrègues. Il teita 
le 24 Octobre 1690 (Carbonnel, Not. à Mouftiers), & fa femme le 9 Février 1693. 
Elle mourut le mois fuivant, tandis que fon mari vécut jufqu'au 24 Janvier 1694. 
Us avaient eu de leur mariage : 

1 . Elzéar de Sabran, qui fuit. 

2. François de Sabran, reçu Chevalier de Malte en i6y5, Enfeigne de vaiffeau 

en 1686, légataire de fa mère en 1693, mort fans poftérité. 

3. Jean de Sabran, reçu Chevalier de Malte en 1682, vivant en 1700. 

4. Pierre de Sabran, Chevalier de Malte (appelé le Chevalier de Vernis), léga- 

taire de fa mère en 1693, mort avant 1700. 

5. Marc-Antoine de Sabran, baptifé à Mouftiers le 16 Mai 1680, deftiné àTOrdre 

de Malte, légataire de fa mère en 1693, vivait encore en 1697 (a). 

6. Madeleine de Sabran, mariée, par contrat du 3o Septembre 1699, à Jean, des 

Comtes de Vintimille, Seigneur de la Traille. 

7. Anne de Sabran, née le 18 Avril 1674, légataire de fa mère en 1693. Elle vi- 

vait encore en 1700. 

XVIII. DEGRÉ. 

Elzéar de Sabran, Seigneur de Salleperine, époufa, à Graffe, le 24 Novembre 
1695, Anne de Valette, fille d'Honoré de Valette. 11 fut tué au combat du Devez, 
dans les Cévennes, contre les Camifards, le 24 Mars 1704 (b), fans laiffer de pofté- 
rité. 



A Tune de ces branches se rattachent fans doute les deux frères : 

1. N. de Sabran, Confeiller en la Cour des Aides de Montpellier, mort en 1736, 

inftituant pour légataire univerfel François Périé, Négociant à Montpellier. 
Il eut d'une Demoifelle de Robin plufieurs enfants naturels, dont l'un était 
nommé Saint-Louis. 

2. Pierre de Sabran, Capitaine d'infanterie, qui attaqua le teftament de fon frère, 

comme conftituant un fidéicommis tacite en faveur de fes enfants natu- 
rels (c). 

{a) Des notes de famille attribuent encore à Céfar de Sabran-Salleperine deux autres fils : Henri de Sabran. 
Lieutenant au régiment royal des vaiffeaux le 3o Octobre 1681, & André de Sabran, Capitaine au régiment 
de Monfieurle Dauphin le 4 Mai 1684. Comme ils ne figurent point dans le teftament de leur père, ils feraient 
morts avant 1690. 

(b) Rofchach, Études fur l'hiftoire du Languedoc (t. XIII de la nouvelle édition de VHiJloire générale du Lan- 
guedoc de D. VailTète), p. 816. 

(c) Pièces imprimées du procès. Les deux frères poffédaient des domaines à Saint-Brès, près de Montpel- 
lier. 



7 g3 



de SABRAN-PONTEVÈS. i85 



BRANCHE DES SEIGNEURS DES ALPIES, 

EN GÉVAUDAN. 

Il n'a pas été poffible de rattacher régulièrement à la fouche commune cette 
branche fur laquelle nous ne poifédons que des renfeignements détachés, fans filia- 
tion fuivie. Il eft à préfumer qu'elle dérive du perfonnage qui fuit. 

Un Pons-Alpays de Sabran fut préfent, le 10 Août 1349, à un acte paffé à 
Chàteauneuf de Mazenc (Drôme) par Godefroy Guigues, aliàs Moreton (a). Peut- 
être defcend-il de Pons de Sabran, qui vivait à la fin du XIII e fiècle (voir plus haut, 
p. 121, note), & était iffu de Rofraing I er de Sabran, Connétable du Comte de Tou- 
loufe, & d'Adalmodie de Mévouillon, fa féconde femme. 

Antoine de Sabran, Écuyer, Seigneur du Tor, &c, « natif de Blaifmart, pa- 
roiffe de Saint-Jean, au diocèfe de Mende, fénéchauffée de Beaucaire », régla à 
Paris, le 6 Septembre i554, une créance, comme héritier de fon neveu Antoine 
de Sabran, lequel était fils & héritier de Michel de Sabran, Écuyer (b). 

Etienne de Sabran, Écuyer, Seigneur des Alpies, époufa, par contrat du 

22 Avril 1567, Lucrèce d'Altier, fille de Jean d'Altier (de la maifon de Borne), 
Seigneur du Champ, & d'Anne de Mancelle (c). Leur fille, Jeanne de Sabran, 
époufa, le i3 Mai 1597, Jacques de Fayet, fils d'Antoine de Fayet. Elle tefta le 

23 Octobre 1637, & mourut avant le 1 1 Février 1643. 

Le tombeau de ces Sabran était dans la chapelle de Notre-Dame de l'églife 
paroifïiale de Saint-Jean du Bleimar, au diocèfe de Mende (d). 

Héraille de Sabran (peut-être une fœur de Jeanne ci-deffus), époufa Elzéar de 
Serres, du Vivarais. D'eux defeendit Antoinette de Serres, fille de Pierre, & de 
Marie de Gafcon, mariée, en 1676, avec André de Malmazet (e). 

Claude de Sabran, Seigneur des Alpies, donna, à Paris, le 3o Mai i58o, au 
Tréforier de l'Épargne, quittance de la fomme de « fept vingts dix efeus foleil », 
pour frais de fon voyage de Lunel à Paris, aller & retour, pour le fervice du Roi (/). 

C'efl aufii affurément à cette même branche que fe rattache « Noble Guillaume 
de Sabran, Sieur de Graveins », marié avec Jeanne Valleton, fille & héritière 
de Claude Valleton, Sieur de Graveins, Échevin de la ville de Lyon en 1579 & 
en 1584, charge qui conférait la nobleffe(^). Elle ne vivait plus le 26 Octobre 1601, 
où fon mari donna, à Lyon, quittance d'une fomme au nom de leur fils mineur 8c 
unique enfant (h), Melchior, qui fuit. 

(a) Laine, Archives de la Noblejfe, t. VII, art. Moreton, p. 8. 

(b) Bibliothèque nationale, Manufcrits, Pièces originales. 

(c) Laine, Archives de la Noblejfe, t. III, art. de Borne, p. 20. — Courcelles, Hijloire des Pairs de France, 
t. XI, art. de Borne, p. 17. 

(d) D'Hozier, Armoriai général, V e regiftre, art. de P'ayet, p. 1. 

(e) Laine, Archives de la Noblejfe, t. IV, art. Malmazet, p. 8, note. 
(/) Bibliothèque nationale, Manufcrits, Pièces originales. 

(g) Le Livre d'or du Lyonnais; Lyon, 1866, in-8°, p. 1 36- 
(h) Bibliothèque nationale, Manufcrits, Pièces originales. 



Regiftre feptième. ioo 



86 de SABRAN-PONTEVÈS. 



794 



Melchior de Sabran devint Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi avant 
1629. Au mois de Juillet de cette année-là, il fut envoyé par le Cardinal de Riche- 
lieu en miffion à la Cour de Vienne « pour fe plaindre de l'invafion des Grilbns 
par le Général de l'Empereur » (a), &. aufll pour folliciter de Ferdinand II les 
inveftitures des duchés de Mantoue & de Montferrat en faveur de Charles de 
Gonzague-Clèves, Duc de Nivernois & de Rethelois, Pair de France. Le grand 
miniftre de Louis XIII ne cefTa de lui témoigner fa confiance. En Décembre fuivant, 
il l'envoya en ambaffade à Gênes, où il réfida jufqu'en i638. L'objet de cette 
miffion fut de former une ligue des petits Etats d'Italie, rendue néceflaire par 
la guerre de la fucceffion du duché de Mantoue, ouverte après l'extinction de 
la branche aînée des Gonzague, & qui revint enfuite à la branche cadette, natu- 
ralilee en France depuis i55o. 

En récompenfe de fes éminents fervices, le Cardinal Mazarin lui fit accorder, 
le i5 Novembre 1643, une penfion viagère de 3, 000 livres, puis, le 20 Avril 1644, 
le fit nommer Confeiller d'État, & l'envoya, le mois fuivant en ambaffade en An- 
gleterre, avec miffion de réconcilier le Roi Charles I er avec fon parlement. 

La relation détaillée de toutes les négociations de Melchior de Sabran eft con- 
fervée en manufcrit à la Bibliothèque Nationale (b). Une note de fon fecrétaire, 
confignée au dernier volume de cette relation, nous apprend que l'Ambaffadeur 
eut un fils : Claude-Elzéar de Sabran, qui fut baptifé à l'églife Saint-Euftache 
à Paris le 17 Septembre 1648, ayant pour parrain Claude de Mefmes, Comte 
d'Avaux, un des négociateurs de la paix de Wefîphalie (c). Nous ne connaiffons 
point le fort ultérieur de ce fils, qui dut mourir jeune ou fans pofïérité, de forte que 
la branche dont il était ilTu s'éteignit au XVII e fiècle. 

(a) P. Griffet, Hiftoire du règne de Louis XIII; Paris, ij58, 3 vol. in-4 , t. I, p. 686. — Avenel, Lettres, 
injlruâions diplomatiques & papiers d'Etat du Cardinal de Richelieu; Paris, 1863-1874, 7 vol. in-4 , *• HI> 
p. 529. 

{b) Bibliothèque Nationale, département des Manufcrits, fonds français, n os 4i33 à 41 38. Les cinq pre- 
miers volumes font confacrés à la miffion de Melchior de Sabran en Italie, & le fixième à celle en Angle- 
terre. Un long inventaire analytique des pièces qui compofent cet ouvrage a été publié dans le Catalogue 
des manufcrits français de cette bibliothèque, t. III (1881), pp. 433-446. 

(c) Cette note étant très intéreffante, nous la publions en entier : « A onze heures & trois quarts le jour 
de la Nativité de Noftre-Dame, huicliefme de Septembre en l'année 1648, eft né le premier enfant, filz 
à Mons. de Sabran. Le 17 du fufdiét mois & an a efté baptizé le fufdicl fils de Mons. de Sabran dans l'é- 
glize de Saint-Euftache; le parrain a efté M. le Comte d'Avaux, Surintendant des finances du Roy, & 
la marrayne M me la Marquife de Varennes, fille de feu M. le Marquis de la Baume, coufine de mondicT: S r 
de Sabran. Les dits parrain & marrayne ont nomé le fufdict filz Claude-Eléazar {fie!) : Claude eftant le 
nom du parrain, & Eléazar, celuy du chef de la mayfon de Sabran, qui a efté canonifé faint. » — Cette 
note ne nous fait pas connaître le nom de la femme de Melchior de Sabran. Sa coufine & marraine de 
fon fils était Henriette d'Hoftun, fille de Balthazar d'Hoftun, Marquis de la Baume, Sénéchal de Lyon, 
& femme de Roger de Nagu, Marquis de Varennes, Lieutenant général des armées du Roi (V. le P. An- 
felme, t. V, p. 267, & t. IX, pp. i65-i66). 




795 



de SABRAN-PONTEVÈS. 187 



CHEVALIERS DE SAINT-JEAN DE JÉRUSALEM 
DE LA MAISON DE PONTEVÈS 



33o Raymond d'Agoult de Pontevès, p. 28. 

483 Antoine de Pontevès-Bargème, Commandeur d'Aix, p. 41. 

490 Fouquet de Pontevès, p. 100. 

495 Antoine de Pontevès, p. 100. 

495 Claude de Pontevès, p. 100. 

5o6 François de Pontevès-Pontevès, p. 59. 

5o6 Elzéar de Pontevès-Pontevès, p. 59. 

5o6 Pierre de Pontevès-Pontevès, p. 60. 

532 Honorât de Pontevès, p. 100. 

539 Pierre de Pontevès-Bargème, Précepteur de Gap, p. 42. 

540 François de Pontevès-Flaffans, p. 38. 
540 Claude de Pontevès-Giens, p. 70. 
552 Honoré de Pontevès-Amirat, p. 74. 
563 Gaspard de Pontevès-Pontevès, p. 60. 
567 Gaspard de Pontevès-Giens, p. 70. 

572 Jacques de Pontevès-Cadenet, p. 87. 

573 Balthazar de Pontevès-Bargème, p. 43. 

573 Jean-Baptiste de Pontevès-Bargème, p. 43. 

574 Louis de Pontevès-Pontevès, p. 61. 
576 Antoine de Pontevès-Buoux, p. 84. 
579 François de Pontevès-Pontevès, p. 61. 
614 Jean de Pontevès-Mauboufquet, p. 81. 
618 François de Pontevès-Mauboufquet, p. 63. 
618 Balthazar de Pontevès-Pontevès, p. 62. 
621 Pons de Pontevès-Caftelar, p. 56. 

621 Jean de Pontevès-Caftelar, p. 56. 

628 Gaspard de Pontevès-Saint-Blaife, p. 67. 

640 Balthazar de Pontevès-Pontevès, p. 62. 

642 Gabriel de Pontevès-Buoux, p. 85. 

643 Gaspard de Pontevès-Bargème, Commandeur de Vahours en 1698, Grand-Prieur 

de Touloufe en 1700, p. 45. 
643 Alexandre de Pontevès-Bargème, p. 45. 
643 Claude de Pontevès-Bargème, p. 45. 

657 François de Pontevès-Saint-André, p. 69. 

658 Claude de Pontevès-Bargème, p. 45. 
661 Annibal de Pontevès-Bargème, p. 45. 
661 Antoine de Pontevès-Giens, p. 71. 
663 Joseph de Pontevès-Bargème, p. 45. 
663 Jean de Pontevès-Bargème, p. 45. 
663 Jacques de Pontevès-Bargème, p. 45. 
666 Pierre de Pontevès-Bargème, p. 45. 
666 Laurent de Pontevès-Sillans, p. 81. 

672 Joseph-François de Pontevès-Giens, p. 71. 
678 Claude de Pontevès-Bargème, p. 45. 
681 Henri de Pontevès-Bargème, p. 45. 
685 François de Pontevès-Bargème, p. 45. 
687 Alexandre de Pontevès-Bargème, p. 45. 



88' DE SABRAN-PONTEVÈS. 



796 



1682 Claude-Gaspard de Pontevès-Bargème, p. 46. 

1(595 Louis de Pontevès-Bargème, p. 46. 

1700 François de Pontevès-Tournon, p. 46. 

1700 Alphonse-Alexandre de Pontevès-Mauboufquet, Commandeur de Durban, p. 64. 

1703 Jean-Louis de Pontevès-Mauboufquet, p. 64. 

1706 Jean-Balthazar de Pontevès-Tournon, p. 46. 

1706 Jean-Baptiste de Pontevès-Tournon, p. 46. 

1709 Pompée de Pontevès-Buoux, p. 86. 

1710 Joseph-François de Pontevès-Tournon, p. 46. 
1756 Charles de Pontevès-Mauboufquet, p. 65. 
1776 Auguste Léon de Pontevès-Mauboufquet, p. 65. 
1789 François de Pontevès-Bargème, p. 49. 

1794 François-Elzéar de Pontevès-Giens, p. 74. 



CHEVALIERS DE SAINT-JEAN DE JÉRUSALEM 
DE LA MAISON DE SABRAN 



1240 Giraudet-Amic de Sabran, Commandeur à Orange, p. 137. 

1430 Ermengaud de Sabran-Anfouis, p. 167. 

1491 Louis de Sabran-Baudinard, p. 170. 

i5o8 Elzéar de Sabran-Baudinard, p. 170. 

1 53 1 Claude de Sabran-Anfouis, p. 168. 

1 535 Eudes de Sabran-Anfouis, p. 168. 

1546 Melchior de Sabran-Anfouis, p. 169. 

1628 César de Sabran-Canjuès, p. 178. 

1649 Antoine de Sabran-Salleperine, p. i83. 

1649 J ea n de Sabran-Salleperine, p. i83. 

i652 Honoré de Sabran-Baudinard, p. 172. 

i658 Jean de Sabran-d'Aiguines, p. 178. 

i658 Elzéar de Sabran-d'Aiguines, p. 178. 

1668 Charles de Sabran-Baudinard, p. 172. 

1674 Nicolas de Sabran-Baudinard, p. 172. 

1675 François de Sabran-Salleperine, p. 184. 

1676 Balthazar de Sabran-Baudinard, p. 173. 
1682 Jean de Sabran-Salleperine, p. 173. 
1684 Pierre de Sabran-Salleperine, p. 184. 
i685 Pierre de Sabran-Sardon, p. i83. 

i685 Joseph de Sabran-Baudinard, p. 176. 

1692 Pierre de Sabran-Baudinard, p. 173. 

1693 Michel de Sabran-Baudinard, p. 173. 

1694 Jean-Lambert de Sabran-Baudinard, p. 173. 

1703 Nicolas-Augustin de Sabran-Baudinard, p. 173. 

1704 Elzéar de Sabran-Baudinard, p. 172. 
1704 Elzéar de Sabran-Baudinard, p. 173. 
1709 François de Sabran-Baudinard, p. 173. 

1 7 1 4 Pierre-Bruno de Sabran-Baudinard, p. 173. 



797 



de SABRAN-PONTEVÈS. 189 



NOTICE 



SUR 



LA MAISON DES AMIC, 



Dans la première moitié du XI e fiècle, vivaient deux frères, Amic & Lambert, qui poffédaiem 
le comté de Vence de commun avec les fils de Laugier, Recteur ou Gouverneur du Comté de 
Nice, & fécond mari d'Odila, héritière de fiefs confidérables & qui eft regardée comme fille de 
Guillaume I er , Comte de Provence. De l'union de ceux-ci, defcendirent directement les Vicomtes 
fouverains de Nice & la maifon d'Orange. Les deux frères ci-deffus, à en juger par les chartes 
parvenues jufqu'à nous, appartenaient vifiblement à une branche de cette même maifon, fans 
qu'on connailTe les noms de leurs père & mère. Peut-être faudrait-il voir leur père en la perfonne 
d'un Amic qui approuva une donation des marais de Montmajour, faite au monaftère de ce nom, 
entre 968 & 992, par un Lambert (qui doit s'identifier avec Lambert, Juge du comté de Pro- 
vence, comme on le verra plus loin) & fa femme Galburge (D. Chantelou, Hijloire de Montma- 
jour, dans la Revue hijîorique de Provence, 1890, p. 49). Ils avaient encore une fœur, Odila, 
mariée, avant 10 14, à Foulques, Vicomte de Marseille, ce qui témoigne une fois de plus de leur 
haute naiffance. Nous voyons tout d'abord les deux frères figurer comme témoins, & en première 
ligne, dans une charte du 12 Août 10 12, portant donation, au monaftère de Notre-Dame-la-Do- 
rade & à celui de Saint- Véran (fur les bords du Loup, près de Cagnes), par Pierre & fa femme 
Ermengarde, d'un manfe & d'une vigne, confinant aux propriétés de Laugier & d'Odila (Cartu- 
laire de Lérins, n° 1 54). On les revoit, en la même qualité, dans une autre charte de donation par 
les même Pierre & Ermengarde, datée du 3i Décembre 10 16 (Cart. de Lérins, n" i56). Dans la 
même année, ils prirent encore part, non plus comme témoins, mais comme approuvant l'acte 
de donation, au monaftère de Montmajour, de terres fituées au val d'Ollières (comté d'Aix), par 
Adélaïde, Comteffe de Provence, veuve de Guillaume I er , conjointement avec fon fils, Guil- 
laume II, Comte de Provence, & fa fille Confiance (a). 

Le comté de Vence dont ils étaient les Cofeigneurs, & où Lambert exerçait même la juri- 
diction vicomtale (£), comprenait à cette époque, comme principaux lieux : Gattières, Tourret- 
tes-les-Vence, Gréolières (village fortifié), Mas (village fortifié), Crotton, la Salette de Saraman & 
Cagnes (village fortifié). Nous les verrons difpofer des terres fituées dans plufieurs de ces locali- 
tés, mais ils poffédaient encore d'autres fiefs ailleurs. C'eft ainfi que, le 27 Novembre 1028, Amic, 
avec fa femme Ermengarde & leur fils Pierre & Guillaume, firent don, au monaftère de Saint- 
Victor de Marfeille, d'une terre fituée fur le territoire de Palayfon, château fort près de Roque- 
brune, au diocèfe de Fréjus (Cart. de S.-Vidor, n° 56 1 ). Ce fief de Palayfon appartenait en com- 
mun aux deux frères. C'eft dans une chartedu 2 Février 1 o3o (v. ft.) que nous rencontrons pour la 
première fois le nom de la femme de Lambert de Vence, appelée Austrude (elle était fille de 
Guillaume I er , Vicomte de Marfeille, le père de Foulques, qui époufa Odila, la fœur de Lambert), & 
ceux de leurs fils, Foulques, Guillaume & Hugues; ils donnent conjointement, au même monaftère, 
tout ce qu'ils poffédaient au mont Mala Veila, au diocèfe de Fréjus (le Veylau (?), canton de 
Graffe) (Cart. de S.-Vidor, n° 599). En Mai io33, Amic, avec fon fils Pierre, approuva une do- 
nation faite au monaftère de Saint-Véran par fon frère Lambert, de concert avec Auftrude & 
leurs fils Foulques & Guillaume (Cart. de Lérins, n° 1 53). Les biens qui faifaient l'objet de cette 
donation étaient fitués dans le comté de Vence & confinaient à ceux de leur parent Raimbaud 

[a] Cet acte, rapporté dans VHiftoire de Montmajour de D. Chantelou, p. 70, y elt claffé à tort parmi les chartes remontant à 
l'an 990 environ. 11 ne porte d'autre date que la mention qu'il fut fait fous le règne de Rodolphe (III, Roi d'Arles), indiclion \IY. 
Or fous ce règne, qui embraffe une période s'étendant de 993 à io32, l'indiilion XIV ne corrcfpond qu'aux années 1001 & ioi(5 
Si l'on ajoute que dans cette charte ligure un Évoque Rado, qui ne faurait être que Rado, Iivêque d'Embrun de 1016 a 1027, la 
date de fa rédaition fe rapporte obligatoirement à l'année 1016. 

[b) Comte E. Cais de Pierlas, le XI" Siècle dans les Alpes-Maritimes, p. 4 5. 



190 de SABRAN-PONTEVÈS. 79 s 

de Nice, fils aîné de Laugier & d'Odila, mentionnés ci-deffus [a). Dans la même année, les deux 
frères avec leurs époufes, ainfi que Raimbaud de Nice avec fa femme Gifla, firent une autre do- 
nation au même monaftère, avec l'approbation, entre autres proches parents & intéreffés, de 
Pons, fils aîné d'Arbert, l'ancêtre de la première maifon de Pontevès (voir plus haut, p. 102) 
(Cart. de Lérins, n° 154 bis). Le 21 Novembre io34, Lambert de Vence, avec fa femme & leurs 
deux fils ci-deffus, donnent, à leur tour, à l'abbaye de Saint-Victor, une terre fituée fur le ter- 
ritoire de Palayfon {Cart. de S.-Viâor, n° 558), & le 8 Juin fuivant, une autre propriété au 
même endroit (Ibid., n° 556). 

Le 4 Avril io36, Amie apparaît pour la première fois avec fa féconde femme, Jauceara (qu'on 
appelle ailleurs Hieucvara, & qui était fille de Laugier & d'Odila, & fœur de Raimbaud de Nice), 
dans un acte de donation, au monaftère de Saint-Véran, en mémoire de fa première femme, Er- 
mengarde [pro redemptione & abfolutione anime nxoris fue Ermengarde), d'un manfe fur le terri- 
toire de Cagnes {Cart. de Lérins, n° 1 55). 

Amic& Lambert poiïédaient encore en commun, fur les bords du Var, le territoire de Gattières, 
dont ils aliénèrent une terre au profit de l'abbaye de Saint-Victor, en io3-, de concert avec leurs 
femmes & leurs fils {Cart. de S.-Viâor, n° 789). En io38, Lambert de Vence {Lambertus Vien- 
cienfis) figure parmi les plus grands perfonnages qui donnèrent leur approbation à l'acte par lequel 
Geoffroy, Comte de Provence, fit des dons à cette même abbaye {Cart. de S.-Viâor, n° 447). Vers 
1040 (b), Amie donna encore, au monaftère de Lérins, un manfe fur le territoire de Palayfon 
{Cart. de Lérins, n° 17). A la même époque fe rapportent deux documents importants, non datés. 
Dans le premier, fait à Toulon, Foulques, Vicomte de Marfeille, & fa femme Odila, confirment & 
donnent à Lambert, frère de celle-ci, & à fa femme Auftrude, ainfi qu'à leurs fils & filles, les droits 
qu'ils poiïédaient à Tourves (diocèfe d'Aix), à Sclans & à Mazaugue (diocèfe de Fréjus) (c). Par 
la féconde charte, peut-être un peu antérieure à la précédente (d), la même Odila donne au mo- 
naftère de Saint- Victor de Marfeille les propriétés fuivantes provenant de fon héritage paternel {de 
alode meo, qui mihi jure hereditatis paterne obvenit) : un quart de Rougiers (arrond. de Bri- 
gnolles), un huitième de la Gayole {ibid.), un manfe à Félines (arrond. d'Aix), trois huitièmes 
de Mautïane (arrond. d'Arles) & deux manfes à Mazaugue (Cart. de S.-Viâor, n° 109). Cet acte 
porte l'approbation de Lambert, frère d'Odila {Lamber tus, f rater Odila, firmavit), & il nous éclaire 
encore plus amplement fur l'étendue des biens héréditaires de la famille de Vence. 

En 1041, Amie, avec fa femme Hieucvara, & fes fils Pierre & Guillaume, iffus du premier 
mariage, ainfi qu'avec Bertrand, Hugues & Miron, iffus de fon fécond mariage, firent donation, 
à l'abbaye de Saint-Victor, d'un quart de la feigneurie de la Salette de Saraman, fur les bords 
du Var, au comté de Vence. Cette donation eft approuvée par le frère d'Amie, Lambert {Lam- 
bertus, f rater Amici) , & par les deux fils de ce dernier, Foulques & Guillaume {Cart. de S.- 
Viâor, n" 791). Le 14 Novembre 1042, Lambert, fa femme Auftrude & leurs fils : Guillaume l'aîné 
{Guillelmus), Foulques, Guillaume le jeune (Vilelmus) & Hugues, donnèrent à la même abbaye 
l'églife de la Sainte-Vierge, fur le territoire de Crotton, dans la vallée de Touranne. A fon tour, 
Amie, frère de Lambert, approuva cette donation, avec deux de fes fils, Pierre & Hugues {Cart. 
de S.-Viâor, n° 787). En 1047, Amie, ainfi que Roftaing, frère de Raimbaud de Nice dont nous 
avons déjà parlé, confentirent à la donation faite au monaftère de Saint-Victor, par plufieurs 
de leurs vaffaux, de l'églife de Ste-Marie à Gréolières, de celle de S. -Pierre dans la vallée de Tou- 
ranne, &c. {Cart. de S.-Viâor, n° 788). En 1048, Lambert & fa femme Auftrude, avec leurs 
fils & filles, donnèrent en gage aux moines de Saint-Victor un quart de la terre de Cadière, pro- 
venant du patrimoine des Vicomtes de Marfeille. Odila, fœur de Lambert, de concert avec fon 
mari, Foulques, Vicomte de Marfeille, approuva cette donation {Cart. de S.-Viâor, n° 78). 
Enfin, c'eft en io5o que nous voyons figurer les deux frères pour la dernière fois dans un acte 
par lequel Pons, Abbé de Saint-Véran, réunit fon monaftère (fitué au comté de Vence) à celui de 

la) On a vu plus haut (p. 12) que Roftaing d'Agoult époufa Gifla, fille de ce Raimbaud de Nice. 

(b) Les éditeurs du Cartulaire de Lérins placent la date de cette charte vers l'an 990, mais bien à tort, comme M. le Comte de 
Pierlas l'a démontré. 
le) Charte reproduite dans l'ouvrage du Comte de Pierlas, p. 99, d'après l'original confervé aux Archives des Bouches-du- 

Rhôïie. 

Id) Le Comte de Pierlas (p. 44.) prouve que c'eft à tort que les éditeurs du Cartulaire de Saint-Vicïor fixent la date de cette pièce 

à l'an 1060. 



799 de SABRAN-PONTEVES. 191 

Lérins, par le confeil de Raimbaud de Nice, de Lambert & d'Amie (cum conjilio Raimbaldi atque 
Lamberti & Amici), qui étaient toujours les Seigneurs (Seniores) de cette contrée & qui approu- 
vèrent cet acte Cart. de Lérins, n° 147). Quanta Odile, elle vivait encore en io58, où elle 
donna à l'abbaye de Saint-Victor un manfe à Cadière {Cart. de S.-Viâor, n° 82). 

M. le Comte de Pierlas, qui fut le premier à dégager des chartes les personnalités de ces deux 
frères, Lambert & Amie, Cofeigneurs de Vence, fait remarquer cette fingulière coïncidence que 
vers le même temps vivait un autre Lambert, qui avait également pour femme une Auftrude, en 
commun avec laquelle il donna, en 1 o 1 7 , au monaflère de Saint-Victor, un manie dans le territoire 
de Cucurron, au diocèfe d'Apt, près de Cadenet (Cart. de S.-Viâor, n° 3i3).Ce Lambert de Cu- 
curron exerça la haute dignité de Juge dans le comté de Provence, ce qui réfulte d'une charte de 
io38 par laquelle Guillaume, « fils de feu Lambert le Juge » (filins quondam Lamberti judicis) & 
de Laugarde ou Léogarde (fa première femme), de concert avec Prodecta, fon époufe, firent au 
même monaflère un don dans la feigneurie de Tourves (Cart. de S.-Viâor, n° 32i). Prodecta 
était fille de Guigue de Riez & de Gualdrade, & feeur de Gérin, qualifié de Seigneur fouverain de 
Riez (Princeps Regenfis). Lambert le Juge ne vivait déjà plus en 1019, où fon fils Guillaume de 
Cucurron [Wilelmus de Cncurone), ci-deffus, avec fa femme, appelée ici Profecta, avaient donné 
tout d'abord à l'abbaye de Saint-Victor différentes propriétés dans Tourves (Cart. de S.-Viâor, 
n° 325). Lambert le Juge eut de fon mariage avec Auftrude au moins un fils, Geflin (Gelenns, 
Adaltrudis quondam Jilius), qui donna, en 1057, à Saint-Victor un manfe dans Tourves avec l'ap- 
probation de fon frère aîné Guillaume, qui y intervient avec fa femme Prodecta & leur fils Geof- 
froy (Gaufre du s); ainfi qu'avec celle de fon autre frère (on ne fait de quel mariage), Leufred (Lau- 
fredus), & de Guillaume, fils de celui-ci (Cart. de S.-Vidor, n° 323). La première femme de 
Lambert le Juge, Léogarde, femble être la fille ainée de Guillaume I er , Vicomte de Marfeille, ce 
qui expliquerait la potTeffion par leurs enfants de certains fiefs provenant du domaine des Vi- 
comtes de Marfeille. Cette Léogarde eft nommée dans une charte du i5 Octobre 1004, émanant 
de fon père (Leogarda,filia fuajirmavit), où figure auffi, immédiatement après Ermengarde, la 
femme du Vicomte, un Lambert, peut-être fon futur époux. Auftrude, la féconde femme de 
Lambert le Juge, pourrait être, félon la conjecture de M. le Comte de Pierlas, une autre fille de 
Guillaume I er , Vicomte de Marfeille, & fœur de Léogarde, & cette Auftrude aurait enfuite époufé 
(vers 1020) Lambert de Vence. D'après le même auteur, Lambert le Juge pourrait bien être le 
frère de Boniface de Reillane, & fils d'un autre Lambert, qui fut Juge du comté de Provence 
dès 965, & eut pour femme Galburge (voir au commencement de cette notice la mention de 
l'acte palfé par eux en faveur du monaftère de Montmajour). Celui-ci, à fon tour, femble s'iden- 
tifier avec Lambert, frère de Pontius Juvenis (charte de Montmajour, de 971), lequel fut tige des 
maifons de Baux& de Rians. Tout cela paraît plus que probable. 

En rendant compte du beau travail du Comte de Pierlas, la Revuehijl. de Provence (1890, p. 3o) 
exprime au fujet des liens 'de famille de ces différents perfonnages des idées tout autres. Lam- 
bert le Juge, l'époux de Léogarde, puis d'Auftrude, y elt d'abord confondu avec fon homonyme, 
ou peut-être fon père, qui exerçait cette même fonction en 965. On y lit enfuite ce qui fuit : « Les 
defeendants de Lambert [le Juge] étaient Seigneurs de Tourves; Odile, Dame de Tourves, femme 
de Foulque, Vicomte de Marfeille, appartenait donc plutôt à cette famille qu'à celle des Seigneurs 
de Vence, dont on ne trouve, croyons-nous, aucune polîeffion dans les territoires d'Arles, Aix & 
Brignolles, & l'on s'explique aifément dans ce cas qu'Odile & Lambert époufèrent les deux frère 
& fœur, Foulque & Auftrude, des Vicomtes de Marfeille. Lambert, qui paraît avec fa femme Au- 
ftrus en 1017, était fils de Lambert le Juge & frère de Guillaume de Cucuron ». Tout d'abord, 
de ce que les defeendants de Lambert le Juge, Seigneurs de Cucurron, &c, avaient des polfeffions 
dans Tourves, de même qu'Odile, femme de Foulques de Marfeille, il ne s'enfuit point obligatoi- 
rement que celle-ci fût fille de ce Lambert, comme le prétend l'auteur du compte-rendu en 
queftion. Le territoire de Tourves avait appartenu en premier lieu au domaine des Vicomtes de 
Marfeille. La majeure partie en dut paffer, par héritage maternel, aux enfants de Lambert le Juge, 
tandis que Foulques de Marfeille n'y poffédait que certains droits qu'il abandonna, vers 1040, 
à fon beau-frère Lambert de Vence (voir plus haut), lequel ne doit pas être confondu avec fon 
homonyme, le Juge, alors mort depuis longtemps. Quant à Odile, femme Je ce Foulques, elle 



i9 2 de SABRAN-PONTEVÈS. 800 

n'a jamais été Dame de Tourves. D'autre part, contrairement à l'affertion de l'article précité, 
nous avons vu plus haut que celle-ci avait eu, dans fon héritage paternel, des propriétés fituées 
précifément dans les territoires d'Arles, d'Aix & de Brignolles, & qu'elle n'en difpofa en partie 
qu'avec l'approbation de Lambert de Vence, fon frère. En ce qui concerne Lambert, qui paraît 
avec fa femme Auftrude en i o 1 7, on a vu ci-deffus qu'il n'était point le frère, mais bien le père de 
Guillaume de Cucurron. Cette prétendue rectification des opinions émifes par M. le Comte de 
Pierlas n'en eft donc pas une, & aucun document ne prouve qu'Odile, Vicomteffe de Marfeille, 
& fon frère Lambert, aient eu pour père Lambert le Juge vivant en 965, 971, &c. Par 
contre, il n'y a pas à douter, d'accord même avec la très jufte obfervation de M. le Comte 
de Pierlas, de la « communauté de race » entre les Seigneurs de Vence, de Cucurron & de Reillane. 
On peut même admettre l'hypothèfe que Lambert de Vence, ainfi que fon frère Amie & leur 
fœur Odile, fe rattachaient par des liens de proche parenté à Lambert le Juge ci-deffus, époux de 
Galburge ; en raifon des dates, celui-ci aurait pu être leur grand-père ou leur grand-oncle, 
mais nullement leur père. 

Dans fa notice très rapide fur les Seigneurs de Vence au XI e fiècle, M. le Comte de Pierlas ne 
s'eft pas occupé du fort des enfants de Lambert & d'Amie. Il eft cependant poffible de les 
fuivre encore, ou leurs defeendants, pendant un fiècle environ. On a vu plus haut que Lambert 
de Vence eut quatre fils : Foulques, Guillaume l'aîné, Hugues & Guillaume le jeune, dont les 
trois premiers vivaient déjà en io38, tandis que le dernier n'eft cité que dans un acte de 1042. 
Il eut auffi des filles qu'on ne défigne pas nominativement. Parmi ces quatre fils, on ne retrouve 
en dernier lieu que Guillaume l'aîné & Hugues (filii Lamberti & Aujirudis), dans un acte de 
donation, au monaftère de Lérins, des biens fitués au comté de Vence, acte fans date, mais fait 
du temps de l'Abbé Aldebert, qui gouverna ce monaftère de 1066 à 1101 (Cart. de Lérins, 
n° 159). 

Amie eut cinq fils : Pierre, Guillaume (mentionnés en 1028'), Bertrand, Hugues & Milon (ci- 
tés en 1041). L'aîné, Pierre, fit fouche. On le voit (Petrus Amicus), avec fa femme Agnès, & 
leurs fils, Geraud ou Giraud (Geraldus), Bertrand & Pierre, faire au monaftère de Lérins une 
donation au lieu dit les Codous (Codognerius ), fur le territoire relevant du château des Inver- 
funes (de Everfunas), fur la rive droite de l'Argens (canton de Lorgues, arrondiffement de Dragui- 
gnan). Cette charte n'eft pas datée, mais elle appartient aux dernières années du XI e fiècle (Cart. 
de Lérins, n° 279). On ne revoit plus Giraud, mais fes deux frères, Bertrand (Bertrannus Ami- 
eus) & Pierre, de concert avec leur mère Agnès, font encore en 1 1 13 un don au même monaftère 
& fur le même territoire (Cart. de Lérins, n° 280). Parmi les témoins de cet acte, figure Guil- 
laume, fils d'Auger [Guillelmus Augerius), appartenant à la première maifon de Pontevès (voir 
plus haut, p. io5). 

D'autre part, en Mars io63, un Pierre Amie, & fes frères, Guillaume, Ildebert & Amie, fu- 
rent témoins de la fondation du prieuré du Pont-de-Sorgues (Gallia chrijîiana, I, Inftr. , p. 140). 
Ils doivent appartenir auffi à la même maifon. 

Le fécond fils d'Amie, Guillaume (Guillelmus Amicus), eft encore cité à deux reprifes. dans 
une charte du XI e fiècle, comme polTedant des propriétés in Villapifce (Villepey, château près 
de Fréjus) [Cart. de Lérins, n° 3 16). Le dernier des fils d'Amie, Milon, eft identifié par M. le 
Comte de Pierlas (p. 29) avec Milon de Cagnes, qui vivait encore vers 1060. 

A la même branche fans doute fe rattache un Guillaume Amie de Tourrettes-les-Vence (Guil- 
lelmus Amicus de Turretis), marié avec une demoifelle de la maifon de Dalmas, ce qui réfulte 
d'une charte du 25 Juin 1 144 (Cart. de Lérins, n° 83). 

Dans le fécond quart du XII e fiècle on voit reparaître le nom d'Amie à titre de furnom dans 
l'une'dës branches de la maifon de Sabran : c'eft d'abord, en 1 1 33 , Pierre-Amie, fils de Rof- 
taing & petit-fils de Guillaume I er de Sabran, qui s'illuftra à la première croifade (voir plus 
haut, p. 1 14). Nous avons dit à cet égard qu'on eft autorifé à fuppofer que Guillaume I er de Sa- 
bran époufa (avant 1080) l'héritière d'une branche de la maifon Amie. Cette même hvpothèfe 
peut encore mieux s'appliquer à fon fils aîné, à Guillaume II de Sabran. En effet nous ne con- 
naiffons pas davantage le nom de fa femme, mais l'un de fes fils, Giraud, portait déjà en 102 le 
furnom d'Amie, que tous fes defeendants continuèrent de joindre à leur prénom en guife de nom 



8oi 



de SABRAN-PONTEVÈS. 



iq3 



patronymique, en abandonnant même celui de Sabran. Ce fait ne pourrait s'expliquer qu'en rai- 
fon d'une alliance contractée par elle avec la riche & puilïante maifon des Amie, qui paraît 
s'être éteinte en mâles précifément vers le milieu du XI I e fiècle. 

Étant donnée cette circonftance particulière que les defeendants de Giraud I e '-Amic de Sabran, 
fils de Guillaume II, ont porté, dans l'une de leurs branches, pendant fix générations confécu- 
tives, non feulement le furnom d'Amie, mais encore le prénom de Giraud ou Géraud (Geral- 
dus), on peut conjecturer que Guillaume II de Sabran avait époufé une fille de Giraud Amie, fils 
de Pierre Amie & d'Agnès, mentionnés ci-deffus. 

Nous avons fait refibrtir plus haut que les Amie étaient, au XI e fiècle, très proches parents 
de Raimbaud de Nice (ancêtre des Vicomtes fouverains de Nice & de la maifon d'Orange), & 
aufïï de la première maifon de Pontevès, iffue, comme nous l'avons dit (p. io3), par une filia- 
tion inconnue, de Bertillon, frère de Hugues, Comte de Provence, puis Roi d'Italie. D'autre 
part, nous devons faire remarquer que Giraud IV-Amic de Sabran (arrière-petit-fils de Giraud 
I er -Amic, ci-deflus), portait fur fon fceau, en 1221 (voir p. 1 38), d'un côté les armoiries de 
Sabran, de l'autre un château à trois tours, qui conftituait fans doute le blafon des Amie. Or, 
ces dernières armoiries font en même temps celles de la maifon de Cafiellane, qui fut fouve- 
raine du X e au XII e fiècle, d'où l'on peut conclure que les Amie & les Caftellane ont eu en- 
tre eux communauté d'origine. Il reffort d'ailleurs clairement de l'examen des chartes que 
toutes les plus vieilles maifons féodales de Provence étaient iffues d'un petit nombre de fou- 
ches d'origine fouveraine. 



PIECES JUSTIFICATIVES 



LETTRES PATENTES PORTANT ÉRECTION DU COMTE DE CARCES, 

par Charles IX 

EN FAVEUR DE JEAN DE PONTEVÈS, SEIGNEUR DE CaRCES. 

Du mois de Mai 1 5 — 1 . 

CHARLES, PAR LA GRACE DE DlEU RoY DE FRANCE, COMTE DE PROVENCE, FoRCALQUIER ET TERRES 

adjacentes, à tous préfans & advenir, Salut. Les feuz Roys nos prédéceffeurs, confidérans com- 
bien la remmunération & recongnoiffance de ceulx qui avoient mérité d'eulx & de la chofe pu- 
blicque pouvoit profricter au' bien, grandeur & confervation de leurs eftatz, ont de tout temps 
accouftumé non feulement par leurs liberallitez & biensfaietz gratifier, maisaulïi eflever en eftatz, 
honneurs & dignitez les perfonnes vertueufes, félon la grandeur de leurs fervices & mérites; & 
pour ce que nous ne délirons moins que nofdits prédéceffeurs Roys faire congnoiftre en nous ce 
que fe peult efpérer de récompenfe & remmunération, tant pour contenir nos ferviteurs & mi- 
ni lires en leurs premiers bons offices & leur donner occafion d'y perfévérer de bien en mieulx, 
que pour appeler tous autres vertueux perfonnaiges nos fubjeétz à 1ère le femblable. A cefte caufe, 
aiant mis en confédération l'antiauité & noblelïe de la maifon de Carces, dont eft iffu noltre amé 
& féal Chevallier de noftre Ordre Jehan de Pontevès, Seigneur de Carces en Prouvence, Confeil- 
ler en noftre Confeil privé, noftre Lieutenant général au gouvernement dudicl pays & es mers 
de Levant & Cappitaine de cinquante hommes d'armes de noz ordonnances, lequel, à l'exemple 
& imitation de fes progéniteurs, nous a, enfemble à nofdits prédéceffeurs Roys, fait de très bons, 
grans, notables & recommendables fervices tant au faict de noz guerres que fe font préfentées 
dedans & dehors noftre royaume que autrement en plufieurs & maintes manières, comme il fait 
encores & continue chacun jour pour la confervation de ceftuy noftre royaume, dont il s'eft tous- 
jours acquitté avec tel devoir, vaillance, dilligence & dextérité, que nous, défirans, comme il cil 
très raifonnable, faire démonftration envers luy, par grâce fpécialle & particullière, du grand con- 
tentement & fatisfaction que nous en avons, & de la volunté aufli en laquelle nous fommes de 
favorablement traicter pour l'advenir ceulx qui feront imitateurs de fes vertuz cv mérites. Sçavoir 



Regijîre feptième. 



[o 



i94 de SABRAN-PONTEVÈS. 8o2 

faifons que nous eftans bien & deuement advertis que fadicte terre & feigneurie de Carces, qui 
eft affize en noitre dit pays de Prouvence, eft belle, noble & de grand revenu & valleur, & que 
d'icelle font mouvans plufieurs chaftellenyes, fiefs & autres terres & feigneuries, aufïi qu'il 
tient & pofïède en noitre dit pays de Prouvence la baronnie de Cotignac & les feigneuries de 
Flalfans, Pourquerolles, La Clufe, Châteauneuf, Blioux, La Molle, Tavernes, Brûe, Artignolz, 
Tourtour & Chaftellet de Saulfes, avec leurs appartenances & deppendances, prochaines & con- 
tigùes l'une de l'autre, qui font toutes de bon & grand revenu, fuffifant pour maintenir l'eftat & 
dignité de Comte. Pour ces caufes & autres bonnes confidérations à ce nous mouvans, par l'advis 
& délibération d'aucuns Princes & Seigneurs de noftre fang & lignaige, & autres grands & no- 
tables perfonnaiges de noftre Conleil privé, Avons par ces préfentes uny & incorporé, uniffons & 
incorporons à ladicte feigneurie de Carces ladicte baronnye de Cotignac, enfemble lefdites places 
& feigneuries de FlalTans, Pourqueyrolles , La Clufe, Châteauneuf, Blioux, La Molle, Tavernes, 
Brûe, Artignolz, Tourtour & Chaftellet de Saulfes, &, en ce faifant, créé, eflevé & érigé, & par 
la faveur de ces préfentes, de noftre certaine fcience, plaine puilTance & autorité royale, créons, 
eflevons & érigeons icelle feigneurie deCarces, avec fefdites appartenances & dépendances, en nom, 
tiltre & dignité & prééminance de comté, pour en jouir & ufer par ledict de Pontevès, fes hoirs 
fuccelïeurs & aians caufe, perpétuellement & à tousjours, à tels & femblables droictz de noblelïe, 
auctoritez, privilèges, prérogatives, prééminances en faicLz de guerre, affemblées de nobles ou 
autrement, comme jouiiïent & ufent & ont accouftumé jouir & ufer les autres Comtes en noftre 
royaume. Voulions & nous plaift que icelluy Seigneur de Carces & fefdits fuccelïeurs Comtes 
foient tenuz, cenfez & réputez tant en jugement que dehors Comtes de Carces, & que tous 
leurs vaflaulx & emphitéotes efdites terres & feigneuries, faifant cy après leurs hommaiges, ad- 
veux & dénombremens ou recongnoilïances, foient tenuz de les faire audict Comte de Carces & 
fes fuccelïeurs ou aians caufe audict tiltre & qualité de Comte & non autrement, aufquelz pour 
ceft effect nous avons donné & octroyé, donnons & octroyons par ces préfentes pouvoir & faculté 
d'eftablir tous offices néceffaires & accouftumez en femblables cas, & pareillement de prendre & 
porter fur leurs armoryes & blafons telles enfeignes & tiltres qui appartiennent audict tiltre de 
Comte, lequel fera dorefnavant nuement tenu de nous & de noftre couronne à caufe de noftre 
dit comté de Prouvence où il eft affis, aux charges qui nous en font deues & fans aucun accroilïe- 
ment, changement ou mutation d'icelles, ne fans autres chofes en retenir ne réferver à nous ne 
aux noftres, fors la foy & hommaige en ladicte qualité; & oultre aura ledict Comte de Carces 
& fefdits fuccelïeurs fi bon leur femble ung Lieutenant au iieige de ladicte comté, enfemble ung 
Greffier & ung Procureur, auquel fieige congnoiftra ledict Lieutenant des caufes des fubjectz juf- 
ticiables dudict Comte en féconde inftance, les appellations duquel relTortiront en noftre Court 
de Parlement dudict Prouvence. Si donnons en mandement à noz amez & féaulx les gens te- 
nans noftre Court de Parlement & Chambre de noz Comptes & Archifz d'Aix en noftre dict 
pays de Prouvence, & à tous nos autres Jufticiers & Officiers ou leurs Lieutenants & à chacun 
d'eulx fi comme à luy appartiendra, que de nos préfens unyon, érection & de tout le contenu 
cy deffus ilz facent, fouffrent & lailïent ledict de Pontevès, fefdits hoirs, fuccelïeurs & héri- 
tiers ou ayans caufe Comtes de Carces jouir & ufer plainemant, paifiblement & perpétuellement, 
fans en ce leur faire, mectre ou donner, ne fouffrir leur eftre faict, mis ou donné ores ne pour 
l'advenir aucun trouble, deftourbier ou empefchement, au contraire; lefquelz fi faictz, mis ou 
donnez leur avoient efté ou eftoient, les mectent ou facent mectre incontinent & fans délay à 
plaine & entière délivrance & au premier eftat & deu : Car tel eft noftre plaifir, nonobftant 
l'edict par nous faict au mois de Juillet mil cinq cens foixante fix, touchant l'érection des duchez, 
marquifats & comtés de noftre royaume, auquel, & à tous autres édictz & ordonnances à ce 
contraire nous avons dérogé & dérogeons pour ce regard, & fans y préjudicier en autres chofes, 
enfemble à la dérogatoire de la dérogatoire y contenue; &, affin que ce foit chofe ferme & fiable 
à toufiours, Nous avons figné ces préfentes de noftre main & à icelles faict mectre noftre fcel, fauf 
en autres chofes noftre droict & l'autruy en toutes. Donné à Gaillon au moys de May l'an de 
grâce mil cinq cens foixante & unze, & de noftre règne le unziefme. 

Signées au de//bub\ : CHARLES. Et fur le reply : Par le Roy, Comte de Prouvence : Fizes. 
Vifa : Contentor : le Roy. Scellées de cyre verte à laz de foye rouge & verte. 

CHARLES, par la grâce de Dieu Roy de France, Comte de Prouvence, Forcalquier et terrez 
adjacentes. A noz amez & féaulx les gens tenans noftre Court de Parlement & Chambre de nos 
Comptes & Archifz d'Aix en Prouvence, Salut. Pour ce que vous pourriez faire difficulté procéder 
à la vériffication & entérinement de noz lettres cy attachées foubz le contrefcel de noftre chan- 
cellerie, octroyées à noftre amé & féal Chevallier^de noftre Ordre le Comte de Carces, d'aul- 



8o3 



de SABRAN-PONTEVÈ8. iq5 



tant qu'elles ne vous ont elle préfentées dedans Tan de l'impétration d'icelles & qu'elles font 
furannées; A cefte caufe nous vous mandons que vous procédez à la vériffication & entérine- 
ment d'icelles, purement & iimplemeftt ainfi qu'il vous eft mandé, nonobftant qu'elles foient 
furannées, que ne voulons nuyre ne préjudicier audict Comte de Garces, dont nous l'avons re- 
levé & relevons par ces préfentes. 

Donné à Paris, le feptiefme jour d'Aouft l'an de grâce mil cinq cens foixante douze & de noftre 
règne le douziefme. Signées par le Roy, à la relation du Confeil : More, & fcellées à (impie 
queue du grand fcel duditt Seigneur en cyre jaulne. 

Arrest de la Cour de Parlement. 

Après qu'en jugement de la part de Meffire Jehan de Pontevès, Seigneur de Garces, Cheval- 
lier de l'Ordre du Roy, Confeiller en lbn privé Confeil, Lieutenant général pour Sa Magefté au 
gouvernement de ce pays de Prouvence & es mers de Levant, Cappitaine de cinquante hommes 
d'armes de fes ordonnances, a efté remonftré que Sa dicte Magefté ayant mis en confidération 
l'antiquité & nobleffe de la maifon de Carces, dont eft yffu le dict de Pontevès, & les grands, 
notables & recommandables fervices faittz par ycellui de Pontevès à Sa dicte Magefté & à fes 
prédécefteurs Roys, comme faitt encore & coutume chacun jour pour la confervation de ce 
Royaulme, auroitt par fes lettres patentes uny & incorporé à la dicte feigneurie de Carces la 
baronnie de Cotignac & les feigneuries de Flaffans, Pourqueirolles, La Clufe, Chàteauneuf, 
Blieux, La Molle, Tavernes, Brue, Artignolz, Tourtour & Chaftellet de Saulfes, tenues & poffé- 
dées par leditt de Pontevès, & en ce faifant de fa plaine puiffance & auttorité royale, crée, eflève 
& érige icelle feigneurie de Carces, avec fefdites appartenances & deppendances, en nom, tiltre 
& dignité & prééminance de Comté, pour en jouir & ufer par ledict de Pontevès, fes hoirs, fuccef- 
feurs & aians-caufe perpétuellement & à tousjours, à tels & femblables droictz de noblefle, auc- 
toritez, privileiges, prérogatives, prééminances en faictz de guerre, affemblées de nobles, ou au- 
trement, comme jouiffent & ufent & ont accouftumé d'en jouir & ufer les autres Comtes 
duditt Royaulme, avec pouvoir audict Comte de Carces & fefdits fucceffeurs d'avoir ung Lieute- 
nant au lleige de la dicte comté, enfemble ung Greffier & ung Procureur, auquel fieige con- 
gnoiftra des caufes des fubjettz jufticiables dudict Comte en féconde inftance; les appellations 
duquel relfortiront en la Court de céans, ainli que plus à plain eft porté par lefdites lettres 
defquelles en a requis la publication pour en jouir fuivant leur forme & teneur. & extraittz luy 
eftre délivrez pour eftre envoyez es (ieiges tant de cefte ville d'Aix, Draguignan, Digne, Yères 
que autres, efquelz les dictes places & feigneuries reffortiffoient, &, aiant efté lefdites lettres leues, 
données à Gaillon au moys de May mil cinq cens foixante unze, lignées : Charles, & au deffoubz: 
Par le Roy, Comte de Prouvence : Fizes, aufquelles font attachées autres lettres portant 
difpenfe de la furannalité, du feptiefme Aouft dernier pafié, & que le Procureur Général du 
Roy n'a empefché l'obfervation defdites lettres. La Court a ordonné & ordonne que fur le 
reply defdites lettres fera mis : Leues & publiées, préfent & n'empefchant le Procureur Général 
du Roy, & feront enregiftrées es regiftres de laditte Court, pour en jouir par leditt Comte de 
Carces, impétrant, fuivant leur forme & teneur & extraittz d'icelles deuement fignez par le Gref- 
fier de ladite Court feront' délivrez auditt impétrant pour les envoier es fieiges de cefte ville 
d'Aix, Draguignan, Digne, Yères, & autres qu'il appartiendra ez fins par luy requis. Faitt à 
Aixen Parlement, le vingt feptiefme Novembre mil cinq cens foixante douze. Collation eft faitte, 
signé : Fabri. 

Requeste. 

A Noffeigneurs des Comptes. Supplie humblement Meffire Jehan de Pontevès, Comte de Car- 
ces, Chevallier de l'Ordre du Roy, Confeiller en fon privé Confeil, Cappitaine de cinquante 
hommes d'armes de fes ordonnances, Gouverneur & Lieutenant général en ce préfent pais en 
abfence du Seigneur de Tavannes, comme il auroit pieu à Sa Magefté unyr & incorporer la fei- 
gneurie de Carces, baronnie de Cotignac, places de Flaffans, Pourqueyrollcs, La Clufe, Chàteau- 
neuf, Blioux, La Molle, Tavernes, Brùe, Artignolz, Tourtour & Chaftellet de Saulfes, créé <Sc 
érigé laditte feigneurie de Carces avec fes deppendances en tiltre de comté, pour en jouir par 
leditt fuppliant perpétuellement, fes hoirs, fucceffeurs, avec femblables droittz & prééminances 
comme ont accouftumé jouir les autres Comtes au Royaulme de France. A cefte caufe vous 
plaife ordonner que lefdites lettres feront vériffiées & enregiftrées aux regiftres de la Court de 
céans, pour en jouir du fruitt, effett & du bénéfice d'icelles, félon fa forme & teneur & fuivant 



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de SABRAN-PONTEVÈS. 8o 4 



le bon plailir & voullenté du Roy, & ferez bien. De Pontevès. M e Guiran. Décret : Soit monftré 
au Procureur Général du Roy. Faitt en laditte Court, ce quatriefme jour de Décembre mil cinq 
cens foixante douze. Refponce : Aux charges & relervations portées par les fufdites lettres pa- 
tentes de Sa Magefté, n'empêchons la vériffication requife pour en jouir par le Seigneur fup- 
pliant fuivant le bon plailir de Sa dicte Magellé. 

Faitt ce iixiefme Décembre mil cinq cens foixante douze. Signé : Arbaud, Advocat. 

Autre Requeste. 

A Nofléigneurs des Comptes. Supplie humblement Meflire Jehan de Pontevès, Comte de Carces, 
Chevallier de l'Ordre du Roy. Confeiller en fon privé Confeil, Cappitaine de cinquante hommes 
d'armes de fes ordonnances, Gouverneur & Lieutenant général en ce préfent pais de Prouvence 
qu'il a faift monftrer la requefte cy jointe à Monfieur le Procureur Général du Roy, lequel luy a 
faitt la refponce qu'il n'empefche que leditt Seigneur fuppliant ne jouiffe du fruitt & effect por- 
tés par fes lettres patentes fuivant le voulloir de Sa Magefté. A cefte caufe, il vous plaife 
de voz grâces, attendu le confentement de Monfieur le Procureur Général du Rov, ordonner que 
lefdites lettres feront vériffiées & enregiftrées aux regiftres de la Court de céans, pour en jouir 
par leditt Seigneur fuppliant félon fa forme & teneur & félon la voullenté du Roy, & ferez bien. 
Signé : pro de Pontevès, Duranti. 

Arrest de vériffication. 

Sur la requefte préfentée par Meflire Jehan de Pontevès, Seigneur de Carces, Chevallier de l'Or- 
dre du Roy, Confeiller en fon Confeil privé, Cappitaine de cinquante hommes d'armes de les 
ordonnances, Grand-Senefchal, Gouverneur & Lieutenant-général pour Sa Magefté en Prouvence 
en abfence du Seigneur de Tavannes, affin de vériffication & entérinement de lettres patantes du 
moys de May foixante unze par lefquelles & pour les caufes y contenues Sa ditte Magefté a uny & 
incorporé à laditte leigneurie de Carces la baronnie de Cottignac, enfemble les places & feigneu- 
ries de Flaffans, Pourqueirolles, La Clufe, Chàteauneuf, Blioux, La Molle, Tavernes, Brûe, Ar- 
tignolz, Tourtour & Chaftellet de Saulfes, & en ce faifant créé & érigé icelle feigneurie de Carces 
avec fefdites appartenances & deppendances en nom, tiltre, dignité & prééminances de comté, 
pour en jouir & ufer par ledit de Pontevès, fes hoirs, fucceffeurs & ayans caufe perpétuellement 
& à tousjours à tels & femblables droittz de nobleffe, auttoritez, privillèges, prérogatives, préémi- 
nances en faicl de guerre, affemblée de nobles ou autrement, comme jouilîent & ufent & ont 
accouftumé de jouir & ufer les autres du royaume, voullant Sa Magefté que icelluy Seigneur de 
Carces & fefdits fucceffeurs Comtes foient tenuz, cenfezcv repputez tant en jugement que dehors 
Comtes de Carces, & que tous leurs valïaulx & emphitéotes efdites terres & feigneuries faifans 
cy-après leurs hommaiges, adveuz, dénombremens ou recongnoiffances foient tenuz de les fère 
auditt Comte de Carces & fes fucceffeurs ou ayans caufe auditt tiltre &. qualité de Comte & non 
autrement, aufquelz pour ceft effett ledit Seigneur a donné & donne pouvoir & faculté d'eftablir 
tous Officiers néceffaires & accouftumez en femblables cas & pareillement de prendre & porter 
fur leurs armoyries & blafons telles enfeignes & tiltres qui appartiennent auditt tiltre de Comte, 
lequel fera dorefnavant nuement tenu de Sa Magefté & de fa couronne à caufe de la comté de 
Prouvence, où il eft affis, aux charges que luy en font deues & fans aucun accroilïement, change- 
ment ou mutation d'icelles, ne fans autre chofe en retenir, fors les foy & hommaige en laditte qua- 
lité, & oultre que leditt Comte de Carces & fefditts fucceffeurs , fi bon leur femble, ayent ung 
Lieutenant au fieige de laditte comté, enfemble ung Greffier & ung Procureur, auquel fieige con- 
gnoiftra leditt Lieutenant des caufes des fubjettz jufticiables duditt Comte en fegonde inftance, 
les appellations duquel reffbrtiront en la Court de Parlement duditt Prouvence. Veu laditte Re- 
quefte du quatriefme du préfent, refponce de l'Advocat général du Roy en abfence du Procureur: 
n'empefchant les fins requifes; lefdittes lettres patantes d'érettion données à Gaillon , lignées de 
la main duditt Seigneur, &, fur le reply, Fizes, fcellées du grand fcel de Sa Magefté pendant à laz 
de foye verte & rouge en cyre verte; autres lettres patantes pour eftre procédé à l'entérinement cv 
vériffication des deffuldittes, nonobftant leur furannation, que ne veult nuyre ne préjudicier au 
ditt Comte de Carces, données à Paris, le feptiefme Aouft dernier, lignées : More, & fcellées, & 
autre requefte à mefme fin. La Court a entériné & vériffié lefdittes lettres patantes de création & 
érection de laditte comté pour en jouir par leditt Seigneur impétrant félon leur forme & teneur, 



8o5 



de SABRAN-PONTEVÈS. 197 



lans préjudice toutesfois des droictz de lattes appartenans au Roy pour les expofitions de clames 
à faire en vertu des obligations contre les fubjectz dudict Seigneur Comte, & dont à ces fins en- 
joint ladite Court au Greffier d'icelle comté d'en tenir loyal & fidelles regiftres &d'icelluy en expé- 
dier extraie! & coppies de trois en trois moys, deuement lignées, aux Fermiers de Sadicïe Magefté, 
& au Lieutenant du fieige de ladicte comté d'y avoir l'œil & tenir la main à ce qu'aucuns abbuz 
ou déguifemens n'y foient commis fur peine de refpondre en leurs propres & privez noms de tous 
dépens, dommaiges & intéretz, & feront lefdietes lectres enregiftrées ez regiftres & archifz dudict 
Seigneur. Faict en la Court des Comptes, Aydes & Finances en Prouvence, féant à Aix, le trei- 
ziefme jour de Décembre mil cinq cens foixante douze. 

(Archives départementales des Bouches-du-Rhône, férié B, Cour des Comptes, n° 63, fol. 94 & fuiv.) 



LETTRES PATENTES PORTANT ERECTION DU MARQUISAT DE BUOUX 

par Louis XIV 

EN FAVEUR DE LOUIS DE PoNTEVÈS, SEIGNEUR DE BuOUX. 

Du mois de Juillet i65o. 

LOUIS, PAR LA GRACE DE DlEU RoY DE FRANCE ET DE NAVARRE, COMTE DE PrOUVENCE, FORCALQUIER 

et terres adjacentes, à tous, préfens & à venir, Salut. Défirant à l'imitation de noz prédécefleurs 
Roys diftinguer du commun de noz fubjectz ceux qui font d'illuftre familhe & dont l'efclat ne 
procède pas feulement de leur fang, mais encore de la propre vertu de leurs perfonnes, & les 
élever en dignitez, tiltres, prérogatives & prééminences convenables à leurs mérites & fervices 
leur donnant des marques d'honneur & à leurs defeendans afin de fère naiftre aux autres la 
paffion généreufe de s'employer inceffamment au fervice de celte couronne; après avoir confidéré 
l'ancienneté de la maifon de noltre amé & féal Louis de Pontevès, Seigneur de Buous, Baron de 
Caftilhon, Gouverneur pour nous au fort dudit Buous; confidéré les grands & importans fervices 
rendus à ceft Eftat par deffunct Pompée de Pontevès, fon ayeul, Chevalier de noftre ordre, du 
règne de Henry le grand d'heureufe mémoire, s'eftant ledit Pompée de Pontevès en plufieurs & 
belles occafions, fingulièrement en cefte grande & fameufe bataille où il auroit combatu longue- 
ment & valeureufement aux yeux de fon prince, ayant eu cet honneur, par la confidération de 
fa vertu & de fon mérite, d'eftre choifi par noltre dit ayeul Henry le grand pour paroiftre en un 
defïy faict entre l'armée efpagnolle & l'armée françoife & où ledit Pompée de Pontevès feroit 
demeuré plainement victorieux fur le feigneur qui auroit pareu pour l'armée d'Efpaigne au fufdit 
deffy, l'ayant tué à la tefte des deux armées ennemyes rangez en bataille, ce qui feroit arrivé au 
grand contentement de noftre dit ayeul & à la gloire de toute la France. Confidérant en outre les 
grands & importans fervices auffy rendus à ceft Eftat par deffunct Lange de Pontevès, filz dudit 
Pompée & père de Louis, ayant eu pendant le règne de deffunct Louis le Julte, noftre très hon- 
noré feigneur & père, que Dieu abfolve! pleufieurs & grands employs, mefmes divers gouver- 
nemens dont il fe feroit tousjours très dignement acquitté, fans avoir jamais manqué ni à l'affec- 
tion, ni à l'obéilfance, ni à la fidélité qu'il debvoit au Roy fon maiftre & fon feigneur, ce qui a 
rendu la maifon de Pontevès très-illuftre, & l'une des plus renommées & conlidérables de noltre 
'pays de Prouvence. Pour toutes ces caufes & mefmes pour l'inclination généreufe qui cil en la 
perfonne dudict Louis de Pontevès d'imiter lefdits Pompée & Lange de Pontevès, fes ayeul <S: 
père, en l'affection ardente qu'ils ont eue pour leurs Roys & pour l'Eftat & de fère encore mieux, 
s'il luy eft poffible, nous avons voulu accroiftre ladicte maifon de Buoux & baronie de Caitilhon 
du nom, dignité & tiltre de marquifat, & ce d'autant plus volontiers que ladicte baronie de 
Caitilhon eft une baronie très-ancienne, les deux relevant de nous fans moyen, ayant toutes les 
qualitez qui les peuvent rendre confidérables, eftant accompaignées des terres & feigneuries de 
Saint-Martin, Boiifet, Civergues, Aurons & autres places toutes proches les unes des autres, ne 
manquant d'aucunes commoditez les plus néceffaircs, comme fours, moulins & autres embelliffe- 
mens convenables à leur nature & qualité, y ayant pleufieurs autres villages en arrière-fiefs, dont 
ledict Louis de Pontevès nous rend hommage. 

Sçavoir faifons que, pour cefdites caufes cv autres à ce nous mouvans, de l'advis de la Reyne 
Régente, noftre très-honnorée dame èv mère, Nous avons créé & érigé, créons ex érigeons par ces 



19S de SABRAN-PONTEVÈS. 



806 



préfentes {ignées de noftre main ladicte maifon, terre & feigneurie de Buoux & baronie de 
Callilhon en nom, tiltre & dignité de marquifat, pour en jouir & ufer par ledit de Pontevès, fes 
enfans, fucceffeurs & ayans caufe audit nom, tiltre & dignité plainement, pailiblement & perpé- 
tuellement, & que comme tel il fe puiffe dire & qualiffier tant en jugement que dehors & en 
jouiffe & ule en telz & pareils droicts de nobleffe, authoritez, privilèges, prérogatives, préémi- 
nences en faict de guerre, affemblement de nobles & autres dont jouiffent & ont accouftumé de 
jouyr & ufer les autres Marquis de noftre royaume, jaçoit qu'ils ne foyent ycy par le menu fpe- 
ciffiez & déclarés, & que tous les vaffaux & arrière-vaffaux & autres tenant noblement & en routure 
dudit marquifat de Buous, faffent à l'advenir les hommages, & donnent les adveus, dénombre- 
mens Si déclarations de leurs biens & redevances audit Sieur Marquis de Buoux, fes fucceffeurs, 
foubz le nom & qualité de Marquis, enfembleàtous actes de recognoiflance, les appelant & reco- 
gnoiffant pour Marquis de Buouls, fans qu'à caufe de ladite mutation de tiltre ils foient tenus à 
autres charges & redevances qu'ils font de préfent, ni que ledit Sieur Marquis & fes fucceffeurs 
foyent fubjects à autres debvoirs envers nous qu'ils eftoient auparavant ladite création, comme 
auffy que les Officiers de la juftice defdites terres & feigneuries & leurs deppendances nomment & 
qualiffient, facent nommer & qualifier leurs lièges & jurifdiction dudit nom & tiltre de marquifat 
en toutes leurs expéditions ou verbales ou par efcript, pour y eftre la juftice exercée comme au- 
paravant, en laquelle tous les fubjectz, vaffaux, cenfiers & jufticiables dudit marquifat feront 
tenus de refpondre & procéder, tant en matière civile que criminelle, en demandant & deffen- 
dant par devant les juges defdits lieux, à la charge qu'il fera tenu de nous à une feule foy & ho- 
mage & que les appellations qui interviendront des jugemens donnez par lefdits juges reffortiront 
où elles avoyent accouftumé auparavant ladicte création de marquifat, & fans que pour ce nous 
entendions rien innover ni préjudicier aux droits de juftice, foy & homage s'il en appartient à 
autres qu'à nous, ni contrevenir aux caz royaux ni ceux dont la jurifdiction eft attribuée à noz 
fiéges préfidiaux, lefquels demeureront en leur entier; déclarant au furplus que nous n'avons 
entendu ni entendons que, par le déceds dudict Sieur Marquis ni de fes fucceffeurs faulte d'hoirs 
malles nez en loyal mariage, ledit marquifat & fes appartenances foient fubjects à réunion à nous 
& à noitredite couronne, ainfy que les autres terres baillées par nous & noz prédécefleurs Roys 
en appannage, comme il elt porté par l'ordonnance du Roy Charles IX e , du moys de Juillet 1 566, 
& déclarations qui s'en font enfuivies, de laquelle ordonnance & déclarations & de celles qui pour- 
roient eftre en aprez faictes pour ce fubjet, nous avons excepté & réfervé, exemptons, exceptons 
& réfervons de noz grâce & authorité que deflus ledit marquifat de Buoux, fes appartenances & 
deppendances, d'autant que fans icelle exception ledit Pontevès n'eut vouleu prendre ledit tiltre 
de Marquis, & à la charge auffy qu'à faute d'hoirs mafles en ligne droicte ladicte création de ladicte 
terre en marquifat fera & demeurera efteinte & fupprimée. Si donnons en mandement à noz amez 
& féaux Confeillers, les gens tenans noftre Cour de Parlement, Chambre des Comptes, Cour des 
Aydes & Finances en noftredict pays de Prouvence, Préfidens & Tréforiers généraux de France 
au bureau de noz finances eftabli audit lieu & à tous autres noz Officiers chacun en droict foy 
ainfy qu'il appartiendra, que noz préfentes lettres de création & érection de marquifat ils facent 
regiftrer & du contenu en icelles jouyr & ufer ledict Sieur Marquis de Buous, fes enfans, fuccef- 
feurs mafles & ayans caufe plainement, pailiblement & perpétuellement, ceffant & faifant ceffer 
tous troubles & empéchemens au contraire, nonobftant quelconques ordonnances, règlement, dé- 
clarations, arrêts & lettres à ce contraires, auxquelles & aux defrogatoires des defrogatoires y con- 
tenues nous avons pour ce regard defrogé & defrogeons par cefdites préfentes : Car tel eft noftre 
plaiiir. Et afin que ce foit chofe ferme &. ftable à tousjours, nous avons faict mettre noftre fcel à 
cefdites préfentes. Donné à Fontainebleau au mois de Juillet l'an de grâce mil fix cens cinquante, 
& de noftre règne le huictiefme. Signé : LOUIS. Et fur le reply : Parle Roy, la Reyne Régente 
sa mère présente : Le Tellier. Scellées fur lacqz de foye verte & rouge du grand fcel de cire 
verte. 



. . Extrait des registres de la Cour des Comptes, 

Aydes et Finances. 

Sur la requefte préfentée par Louis de Pontevès, Seigneur de Buoulx, Baron de Caftilhon &. 
Gouverneur pour le Roy au fort dudit Buoulx, tendant à vériffication & entérinement de lettres 
patentes par lefquelles Sa Majefté, après avoir confidéré l'ancienneté de la maifon dudit de Pon- 
tevès, & auffy fes grands & importans fervices rendus à l'Eftat par deffunct Pompée de Pontevès, 
fon ayeul, & par Lange de Pontevès, fils d'icelluy & père du fuppliant; & pour l'inclination 



8o 7 de SABRAN-PONTEVÈS. 199 

généreufe qui eft en la perfonne d'icelluy & autres confidérations, Sadite Majefté, de l'advis de 
la Reyne Régente, fa mère, a créé & érigé ladite maifon, terre & feigneurie de Buoulx & baronie 
de Caftilhon en nom, tiltre & dignité de marquifat pour en jouir & ufer par ledit Louis de Pon- 
tevès, fes enfans, fucceffeurs & ayans caufe audid nom, tiltre & dignité plainement, paifible- 
ment & perpétuellement, & comme tel il fe puiffe dire & qualifier tant en jugement que dehors 
& en jouilTe & ufe en telz & pareils droidz de nobleiTe, authoritez, privilèges, prérogatives, préé- 
minences en faid de guerre, allemblées de nobles & autres dont jouilïent & ont accouftumé de 
jouir & ufer. les autres Marquis de ce Royaume, ores qu'ils ne foyent par le menu fpéciffiez & 
déclarez audites lettres, & que tous les vaffaux, arrière-vafiaux & autres tenant noblement ou 
en roture dudit marquifat de Buoux, falfent à l'advenir les hommages & donnent les adveus & 
dénombremens & déclarations de leurs biens & redevances audit Sieur Marquis de Buous, & à fes 
fucceffeurs, foubz le nom & qualité de Marquis, enfemble à tous ades de recognoilïance, les appe 
lans & recognoilfant pour Marquis de Buous, fans qu'à caufe de ladide mutation de tiltre & 
qualité ils foyent tenus à autres charges & redevances qu'ils font de préfent, ni que ledid Sieur 
Marquis & fes fucceffeurs foyent fubjeds à autres debvoirs envers Sa Majefté qu'ils eftoyent aupa- 
ravant ladite création, comme auffy que les Officiers de la juftice defdites terres & feigneuries 
& leurs deppendances nomment & qualiffient, faffent nommer & qualifher leurs lièges & 
jurifdidion dudit nom & tiltre de marquifat en toutes leurs expéditions, foyent verbales ou par 
efcript, pour y eftre la juftice exercée comme auparavant, en laquelle tous les fubjets, vaffaux, cen- 
fiers & jufticiables dudit marquifat feront tenus de refpondre & procéder, tant en matière civile 
que criminelle, en demandant & deffendant par devant les juges defdits lieux & à la charge qu'il 
fera tenu de Sadite Majefté à une feule foy & hommage & que les appellations qui intervien- 
dront des jugemens donnez par lefdits juges reffortiront où elles avoyent accouftumé auparavant 
ladite création de marquifat, & fans que pour ce Sa Majefté entende rien innover ni préjudicier 
aux droids de juftice, foy & homage s'il en appartient à autres qu'à elle, ni contrevenir aux cas 
royaux ni ceux dont la jurifdidion eft attribuée aufdits fièges & préfidiaux, lefquels demeureront 
en leur entier; déclarant au furplus Sadite Majefté qu'elle n'a entendu ni entend que, par le déceds 
dudid Sieur Marquis ni de fes fucceffeurs faute d'hoirs malles nez en loyal mariage, ledit mar- 
quifat & fes deppendances foyent fubjedz à réunion au Roy & à fa couronne, ainfy que les terres 
baillées par Sa Majefté & fes prédéceffeurs Roys en appanage, comme il eft porté par l'ordonnance 
du Roy Charles neufvième, du moys de Juillet mil cinq cens foixante fix, & déclarations qui 
s'en font enfuivies, de laquelle ordonnance & déclarations & de celles qui pourroient en 
aprez eftre faides pour ce fubjed, Sa Majefté a excepté & réfervé, exempte, excepte & réferve 
de fa grâce & authorité que deffus ledid marquifat de Buoux, fes appartenances & deppen- 
dances, d'autant que fans icelle exception ledid de Pontevès n'eut voulu prendre ledid tiltre de 
Marquis, & à la charge auffy que faute d'hoirs mafles en ligne droide ladide création de ladide 
terre en marquifat fera & demeurera efteinte & fupprimée. Veu lefdides lettres patentes 
d'éredion defdites terres en marquifat, données à Fontainebleau au moys de Juillet mil fix 
cens cinquante, fignées : Louis, & fur le reply : Par le Roy, la Reyne Régente fa mère préfente, 
Le Tellier, fcellées fur lacz de foye du grand fceau en cire verte; arreftz de la Cour de Par- 
lement fur la vériffication defdites lettres du xxnr" Septembre & troifième Odobre dernier; 
la requefte préfentée à la Cour à mefme fin le cinquième du préfent moys, appoindée pour eftre 
monftrée au Procureur Général du Roy; la relponce & les conclulions d'icelluy n'empefchant 
la requefte aujourd'huy rechargée & tout conlidéré. Did a efté que la Cour a vériffié & entérine 
lefdites lettres patentes d'éredion de la terre & feigneurie de Buoulx & baronie de Caftilhon en 
marquifat, pour en jouyr par ledit Louis de Pontevès impétrant, les hoirs & fucceffeurs mafles 
conformément aux édidz & ordonnances du Roy, réfervé les lattes & autres droids qui appartien- 
nent à Sa Majefté ou à fes Fermiers fur les habitans dudit Buoux & Caftilhon & autres lieux 
deppendans dudit marquifat, & au furplus fuyvant la forme & teneur defdites lettres qui fe- 
ront à cet effed regiftrées en regiftres des archifs de Sa Majefté. Faid en la Cour des Comp- 
tes, Aydes & Finances du Roy en Prouvence féant à Aix, le neufvième Novembre mil fix cens 
cinquante. Collationné,y?g77e : Menc. 

(Archives départementales des Bouches-du-Rhône, férié B, Cour des Comptes, n° 102, fol. 262 & fuiv.) 



2oo de SABRAN-PONTEVÈS. 



808 



LETTRES PATENTES D'ERECTION EN MARQUISAT 

DE LA TERRE DE GIENS LA MONTAGNE ET ROUBAUD ET DE COMMUTATION DU DIT NOM EN CELUI DE PONTEVEZ. 

Pour MESSIRE FRANÇOIS de PONTEVEZ, Chevalier, Seigneur de Giens, Nibles & du 
Castellar, Sindic du Corps de la Noblesse de ce pays de Provence et Premier Procureur du 
dit pays. 

Du mois d'Oâobre 169 1. 

LOUIS, par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre , à tous préfents & à venir. 
Salut. Les marques les plus glorieufes & fenfibles de la bienveillance des Princes envers leurs fu- 
jets confinant dans les témoignages qu'ils rendent au public de la fatisfaclion qu'ils ont de leur con- 
duite, qui ne paraît jamais avec plus d'efclat que par la diftribution des grâces qui dépandent 
également de leur juftice & de leur libéralité, en attachant aux principales terres qu'ils polTèdent 
des titres d'honneur qui les diftinguent & qui non feulement illuftrent leurs perfonnes & 
leurs familles, mais encore ceux qui leur doivent fuccéder dans cette poffeffion, & bien que les 
fervices confidérables qui nous ont efté rendus dans nos armées tant par le Sieur de Pontevez, 
Premier Procureur de noftre pays de Provence, que par fes ancêtres, nous convie affez de luy 
accorder l'érection en marquifat de la terre de Gien la Montagne & Roubaud fcize proche Tou- 
lon, Nous avons eftimé que nous pouvions auffi joindre la confidération de la naiffance dudit 
Sieur de Pontevez eftant d'une des plus illuftres maifons de noftre dit comté de Provence, pour 
toutes lefquelles confidérations nous n'avons pas voulu différer de laiffer à fa famille un titre 
d'honneur qui porte à la poftérité un fouvenir advantageux de la fatisfaclion que nous avons de 
fes fervices, & comme la terre de Gien la Montagne & Roubaud eft une des plus confidérables 
de noftre comté de Provence & plus fufceptible de Cette dignité y ayant haute, moyenne & baffe 
juftice, relevant de nous à caufe de noftre dit comté, & auffi par fon revenu-, il nous a très 
humblement fait fupplier luy en vouloir accorder l'érection avec commutation dudit nom de 
Gien la Montagne & Roubaud en celuy de Pontevez, qui eft le nom de fa famille dont il eft le 
chef. A ces caufes, de nos grâce fpécialle, plaine puifiance & autorité royalle, nous avons ladite 
terre de Gien la Montagne & Roubaud circonftances & dépandances, créé, érigé & décoré, 
créons, érigeons & décorons par ces préfentes lignées de noftre main en titre, nom & dignité 
de marquifat, & de nos mêmes grâces commué & commuons ledit nom de Gien la Montagne 
& Roubaud en celui de Pontevez pour en jouir par le dit Sieur expofant, fes enfants mâles & 
poftérité naie & à naîftre en légitime mariage, audit nom, titre & dignité de marquifat de Pon- 
tevez; voulons & nous plaît que tels ils fe puilïent dire, nommer & qualiffier en tous actes 
tant en jugement que dehors, qu'ils jouiffent de pareils honneurs, droits d'armes, blafons, au- 
torités, prérogatives, prééminances en fait de guerre, affemblée d'Eftat, de nobletfe & autre- 
ment, tout ainfi que les autres Marquis de noftre royaume, quoy qu'ils ne foient cy particuliè- 
rement exprimées; que tous les vaffaux, arrière-vaffaux ou autres tenant noblement ou en 
roture dudit marquifat de Pontevez le reconnailfent pour Marquis, falfent leur foy & hommages, 
baillent leurs adveux & dénombrements & déclarations le cas y échéant fous [le nomj de Marquis 
de Pontevez, & les Officiers exerçant la juftice d'icelluy intitulent leurs fentences & jugements fous 
le mefme nom, fans toutefois aucune mutation & changement de relfort ni contrevenir aux cas 
royaux dont la juftice appartient à nos Baillifs & Senefchaux, ni que pour raifon de la préfente 
érection & changements de titre ceux en faveur defquels nous le faifons foient tenus envers nous, 
& leurs vaffaux & tenanciers envers eux, à autres & plus grands droits que ceux qu'ils doivent 
à préfent, & à la charge auffi qu'à déffaut d'hoirs mâles en légitime mariage dudit de Pontevez 
la dite qualité de Marquis demeurera eftainte & retournera icelle terre en fa première nature, 
fans qu'au moyen de la préfente érection ni des ordonnances faites par nos prédécelïeurs Roys, 
mefme de l'édit du mois de Juillet mil cinq cent cinquante fix pour l'érection des terres en ti- 
tres de duchez, marquifats, ou comtés, le dit Marquifat de Pontevez puilfe eftre uni ni prétendu 
incorporé à noftre couronne, auxquels édits & ordonnances, attendu les caufes qui nous ont 
meu à faire la préfente érection, nous avons, en faveur dudit Pontevez & à l'avenir de fes en- 
fants malles, dérogé & dérogeons par ces dites préfentes. Sy donnons en mandement à nos 
amés & féaux Confeillers les gens tenant nos Cours de Parlement & de nos Comptes, Aydes & 
Finances audit pays de Provence, Senefchal de... ou fon Lieutenant & autres nos Jufticiers & 
Officiers qu'il appartiendra que ces préfentes nos lettres d'érection ils ayent à faire regiftrer & 
de leur contenu faire jouir & ufer le dit Sieur de Pontevez & fes fucceffeurs malles en loyal 



8o 9 de SABRAN-PONTEVÈS 201 

mariage, plainement, paiftblement & perpétuellement, ceflant & faifant celTer tous troubles & 
empefchements au contraire : Car tel eft noftre plaifir, & affin que ce foit chofe ferme & ftable 
à toujours, nous avons fait mettre noftre fcel à ces dites préfentes données à Fontainebleau au 
mois d'Octobre l'an de grâce mil fix cent quatre vingt onze & de noftre règne le quarante-neu- 
vième. Signé : LOUIS. Et furie reply : Par le roy : Colbert, & a cofté, vifa : Boucherat, 
& fcellée fur lacz de foye verte & rouge du grand fceau de cire verte. 

ARREST DE VÉRIFICATION. 

Extrait des Regiftres de la Cour des Comptes, Aydes & Finances fur la requefte préfentée 
par Meffire Antoine François de Pontevez, Chevalier, Seigneur de Giens, Nibles & du Caftellar, 
Sindic du corps de la Nobletïe de ce pays de Provence & Premier Procureur du dit pays, ten- 
dant à vériffication & enregistrement des lettres pattantes par luy obtenues de Sa Majefté, par 
lefquelles Sa dite Majefté, en confidération des fervices du fuppliant, de fes anceftres & de l'an- 
cienneté de fa noblelle, luy a accordé & à fes enfants malles & poftérité naie & à naître en lé- 
gitime mariage, l'érection en marquifat de la terre de Gien la Montagne & Roubaud, circonstances 
& dépandances, & commué le dit nom de Giens en celui de Pontevez pour en jouir audit 
nom & dignité de marquifat de Pontevez; voulant Sa dite Majefté que tels ils fe puiffent nom- 
mer & qualifier en tous actes tant en jugement que dehors & qu'ils jouiffent de pareils hon- 
neurs, droits d'armes, blazons, autorités, prérogatives, prééminances en fait de guerre, affem- 
blée d'Eftat, de nobleffe & autrement tout- ainfi que les autres Marquis du Royaume, quoy 
qu'ils ne foient particullièrement exprimés; que tous les valîaux, arrière-vaffaux ou autres te- 
nant noblement ou en roture dudit marquifat de Pontevez le reconnaitîent pour Marquis, 
faffent leur foy & hommages, baillent leurs adveux & dénombrements & déclarations le 
cas y efchéant fous le nom de Marquis de Pontevez & les Officiers exerceant la juftice d'icelluy 
intitullent leurs fantances & jugements fous le mefme nom. Veu la ditte requefte appointée le fei- 
ziefme Novembre mil fix cent quatre vingt onze pour eftre monftrée au Procureur Général du 
Roy, fes conclufions n'empefchant, les dites Lettres pattantes données à Fontainebleau au mois 
d'Octobre dernier fignées : Louis, & fur le reply par le Roy, Comte de Provence, Colbert, fcellées 
fur double queue du grand fceau en cire verte fur lacz de foye verte & rouge; la recharge de la 
dite requefte de cejourd'huy, ouy le rapport de Meffire Philippes de Meyronnet, Confeiller du 
Roy & Doyen en la Cour, tout confidéré. Dit a efté que la Cour, ayant égard à la dite re- 
quefte, vériffié & entériné, entérine & vérifie les dites lettres pattantes d'érection en mar- 
quifat de la terre de Giens la Montagne & Roubaud & commutation dudit nom en celuy de 
Pontevez, pour jouir par le fuppliant, fes enfants malles & poftérité nais & à naiftre en légitime 
mariage, de l'effet & fruits des dittes lettres pattantes, lefquelles à cet effet feront enregiftrées en re- 
giftres des archives de Sa Majefté. Fait en la Cour des Comptes, Aydes & Finances du Roy en 
Provence féant à Aix le dix-feptiefme Novembre mil fix cent quatre vingt onze. Collationné: 
figné : Frégier. Regiftré le vingt-trois du dit mois & an. Signé : Gassendy Campagne. Signé : 
Bonnaud. Signé : Pontevez Giens. 

(Archives départementales des Bouches-du-Rhône, série B, Cour des Comptes, 112, fol. 434 & fuiv.) 




Regiflre feptième. \o: 



202 DE SABRAN-PONTEVES. 



810 



ORDONNANCE DU ROI CHARLES X. 



AUTORISANT ElZEAR-LoUIS-ZoZIME, Du,C DE SaBRAN, A CONSTITUER LE MAJORAT DE SA PaIRIE, 

ET A LE TRANSMETTRE AVEC LE TITRE DE DuC A MM. DE PONTEVÈS, 

SES FILS ADOPTIFS, ET A LEUR DESCENDANCE. 



Du 18 Juillet 1828. 

CHARLES, par la grâce de Dieu, Roi de France & de Navarre. A tous ceux qui ces pré- 
fentes verront, Salut. 

Voulant donner à notre très cher, araé, féal & coufm Duc de Sabran, une nouvelle preuve de 
notre bienveillance royale, & perpétuer dans la Pairie un nom dont rilluftration remonte à plu- 
iieurs fiècles; 

Sur le rapport de notre Garde des fceaux, miniftre Secrétaire d'Etat au département de la 
Juftice, 

Nous avons ordonné & ordonnons ce qui fuit : 

article I er 

Le titre de Duc accordé . par l'ordonnance du 3o Mai 1825 à notre cher, amé, féal & coufm 
Elzéar-Louis-Zozime de Sabran, Lieutenant général de nos armées & Commandeur de l'Ordre 
royal & militaire de Saint- Louis, eft attaché, comme nous l'attachons, à la Pairie à laquelle il a 
été élevé par ordonnance du 1 7 Août 1 8 1 5 . 

ARTICLE 2 e 

Notre très cher, amé, féal & coufin le Duc de Sabran eft autorifé & nous l'autorifons à infti- 
tuer le Majorât de cette Pairie, au titre de Duc, conformément aux difpofitions de l'ordonnance 
du 2 5 Août 1817, & à y affecter, dès à préfent, comme commencement de ce majorât, fixé à trente 
mille francs, la penfion dont il jouit fur les fonds de l'ancienne dotation du Sénat; ladite penfion 
déclarée irrévocable & tranfmiffible jufqu'à concurrence de douze mille francs, par décifion 
royale du 3 Décembre 1823 : à l'effet de quoi feront délivrées au Duc de Sabran les Lettres pa- 
tentes fur ce néceffaires. 

article 3 e 

Les rang, titre & qualité de Duc & Pair du royaume, la dite penfion-majorat qui y fera af- 
fectée, & les additions que le Duc de Sabran pourra faire fucceffivement à ce majorât pour le 
compléter, palferont après lui à fes poftérité & defeendants mâles, nés ou à naître en ligne di- 
recte & légitime mariage, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture. 

article 4 e 

A défaut de defeendant mâle ilfu de notre cher, amé, féal & coufin Duc de Sabran, ces dites 
Pairie, titre de Duc, penfion-majorat & additions pour complément, feront tranfmilfibles inté- 
gralement & inféparablement au S r Marc-Edouard de Pontevès, né le 25 Avril 181 1 à Marfeille, du 
S r Comte Louis-Balthafar-Alexandre de Pontevès-Bargème & de Dame Marie-Antoinette de Paul, 
fa femme; que nous autorifons par ces préfentes notre dit coufin le Duc de Sabran à adopter, à la 
charge par lui de le conformer pour la dite adoption aux difpofitions du code civil ;& à défaut 
du S r M arc- Edouard, à fa defeendance directe & légitime, de mâle en mâle; & encore dans le 
cas de défaillance de cette defeendance mafeuline, au frère puîné de Marc-Edouard, Joseph- 
Léonide de Pontevès, né à Marfeille le même jour & du même mariage; & aufïi à fa poftérité cv 
defeendance ilfue en ligne directe & de mâle en mâle, de légitime mariage, & ce par ordre de pri- 



8 1 i 



de SABRAN-PONTEVÈS. 2 o3 



ARTICLE 5 e 

Notre Garde des fceaux, Miniftre Secrétaire d'Etat de la Juftice, eft chargé de l'exécution de la 
préfente ordonnance. 

Donné en notre château de Saint-Cloud, le 18 Juillet de l'an de grâce 1828, & de notre règne 
le quatrième. 



Par le Roi : 

Le Garde des féaux de France, 



Signé : CHARLES. 



Signé : Comte Portalis. 



DECLARATION FAITE PAR ELZEAR-LOUIS-ZOZIME, DUC DE SABRAN, 

EN VUE DE RÉGULARISER LA TRANSMISSION' DE SON NOM, TITRE & TITRES A SES COUSINS DE PoNTEVÈS. 

Du i5 Septembre 1828. 

L'an mil huit cent vingt-huit, & le quinze Septembre.